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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 18:00

Pour les non-initiés, l'histoire de la Corse paraît particulièrement complexe. Il faut donc saluer l'heureuse initiative des Editions Albiana de publier "Les grandes dates de l'histoire corse" par Jean-Marie ARRIGHI.

Les grandes dates de l'histoire corse

La quatrième de couverture présente ainsi ces 152 pages:

L’histoire de la Corse est singulière pour des raisons à la fois géographiques et circonstancielles.

Placée au cœur de la Méditerranée, au voisinage direct de l’Italie et de la Sardaigne, elle appartient au monde latin. Conquise au xviiie  siècle par la monarchie française, elle est européenne depuis lors.

Son histoire suit plus ou moins fidèlement celle des puissances tutélaires qui l’ont tour à tour administrée, plus d’une douzaine depuis l’Antiquité !

Sur cette terre battue par les flots, vit un peuple plurimillénaire qui s’est parfois farouchement opposé, jusqu’à l’indépendance, parfois a su composer, voire adhérer avec détermination, jusqu’à la mort de ses enfants, aux puissances qui l’administraient sans jamais perdre son originalité.

Construit par ces échanges, ce peuple a traversé les siècles et porte une histoire dont la richesse reste parfois à explorer.

Dates, événements, personnages marquants, permettront au lecteur de se familiariser avec les mouvements d’une histoire passionnante.

Les grandes dates de l'histoire corse

Jean-Marie Arrighi est inspecteur d’académie, inspecteur pédagogique régional en retraite. Auteur de nombreux ouvrages historiques, notamment d’une Histoire de la Corse et des Corses (coauteur O. Jehasse, Perrin, 2008). Il a codirigé le tome VII du Mémorial des Corses (Albiana, 2000).

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 18:16

Depuis le 1er janvier 2017, les cigarettes sont vendues dans des emballages neutres, tous semblables, avec des photos horribles et des textes de mise en garde, alors que les noms des marques sont écrits en tout petit, tout cela dans le but d'inciter les fumeurs à réduire leur consommation.  

Il n'est donc absolument pas imaginable de voir des paquets décorés par des photos de Poggiolo ou de Guagno-les-Bains.

Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo

Pourtant, au XIXème siècle et au début du XXème, de tels paquets auraient pu exister. Le village avait alors une richesse qui est maintenant totalement oubliée mais qui assura de bons compléments de revenus:

 

L'ERBA CORSA

 

ou, si vous préférez, 

 

LE TABAC.

 

La culture du tabac a été introduite en Corse depuis l'Italie du Nord dès la fin du XVIème siècle. La production et la vente en étaient libres sous les Génois.

Même après avoir instauré en 1810 le monopole de l'Etat sur les tabacs, Napoléon Ier, pour ne pas ruiner les paysans insulaires, accorda aux Corses le privilège de planter et de vendre librement l'herbe à Nicot.

Dans les villages, on cultivait la nicotiana rustica, appelée l'erba corsa, pour la consommation locale.

La plante était souvent semée en avril dans les enclos à bétail momentanément abandonnés. Elle profitait du fumier qui avait engraissé la terre et la récolte avait lieu en août. Puis, les feuilles étaient séchées à l'air libre.

Le détail de toutes ces opérations se trouve dans l'article "La culture du tabac en Corse" de Cyprien GABRIEL (Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 1922).

Plant de tabac sauvage à Lopigna (photo Pipe club de Corse http://pipeclubdecorse.e-monsite.com)

Plant de tabac sauvage à Lopigna (photo Pipe club de Corse http://pipeclubdecorse.e-monsite.com)

Au milieu du XIXème siècle, des variétés plus élaborées furent implantées près de Corte, d'Ajaccio (à Campo dell'Oro) et de Cargese. En 1925, la production corse atteignit 400 tonnes, dont 20 à Cargese.

Liste des planteurs corses aidés par le conseil général en 1930 (photo Pierre-Jean Luccioni)

Liste des planteurs corses aidés par le conseil général en 1930 (photo Pierre-Jean Luccioni)

Les feuilles ramassées étaient vendues aux industriels comme Henri ALBAN. Déjà propriétaire d'une usine de tabac à Bône, ALBAN fonda en 1913, au 89 du cours Napoléon, la manufacture d'Ajaccio célèbre par sa façade de style néo-mauresque décorée de mosaïques, classée depuis 1992 comme monument historique.

Concurrencé par l'usine Job-Bastos de Toga près de Bastia, l'établissement ferma en 1940.

 

photo msoldi1 (https://www.flickr.com)

photo msoldi1 (https://www.flickr.com)

Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo

Pendant la seconde guerre mondiale, la production recula pour faire place aux cultures vivrières. Malgré un rebond après 1945, le tabac corse cessa peu à peu d'être cultivé et disparut entre 1950 et 1970.

 

Certains Poggiolais se souviennent encore d'avoir goûté cette "herbe" au goût particulièrement âpre et fort.

Les animateurs de l'excellente série documentaire "Fora di strada", diffusée le samedi sur Via Stella, ont évoqué cette production dans l'épisode sur les "Lacs des cimes". Paul, allongé sur les bords du lac de Creno, suçote une tige de nénuphar, fleur qui est une des particularités de ce lieu, et il explique à Karine ce qu'était ce tabac corse.

Veillez à augmenter le volume sonore car le son est un peu faible.

Les anciens fumaient l'erba corsa comme tabac à pipe. Ils la chiquaient parfois.

Le tabac était conservé dans dans des zani ou zanetti, petites bourses en peau de chat.

Pour l'allumer, on se servait de l'amadou, matière inflammable extraite de l'amadouvier (u pane d'esca), champignon parasite des arbres.

Photo extraite de http://pipeclubdecorse.e-monsite.com/

Photo extraite de http://pipeclubdecorse.e-monsite.com/

Poggiolo et Soccia (où cette culture est avérée dès avant 1850) produisaient suffisamment de tabac pour la consommation des villageois et dégageaient même un excédent qui était écoulé surtout dans le Niolu en échange notamment de fromages. Les Poggiolais manquaient de produits laitiers car ils étaient plus cultivateurs qu'éleveurs. Mais leur "erba", dont la qualité était assez réputée, permettait au village de retirer un bénéfice appréciable.

Cette richesse a été complètement abandonnée et son existence disparaît rapidement des mémoires.

Maintenant, pour s'enfumer les poumons, il n'est plus possible d'utiliser du tabac autochtone.

Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo

Documents utilisés:

- Jean COPPOLANI: "Cargèse. Essai sur la géographie humaine d'un village corse" (1949)

- Cyprien GABRIEL: "La culture du tabac en Corse" (Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 1922)

- Pierre-Jean LUCCIONI: "Tempi fà, arts et traditions populaires de Corse" (ed. Albiana, 2007)

- Jean-Baptiste PAOLI: "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud"

- site du Pipe Club de Corse: http://pipeclubdecorse.e-monsite.com/

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 18:00

L'association Letia-Catena déploie une très grande activité dans la recherche sur l'histoire de nos villages.

Elle a publié  en 2012 "Le Patrimoine historique et religieux de la communauté de Letia", puis en 2014 "L'armée du Regnu di Corsica sous le généralat de Pascal Paoli. L'exemple de la compagnie Arrighi" (voir présentation dans l'article "Prochaine publication sur l'histoire des Deux Sorru") et en 2016 "L'attaque du préside génois d'Ajaccio par l’avocat Giuseppe Maria Masseri (1763)" (voir les articles "Les projets de Letia-Catena" et "Quand Letia attaquait Ajaccio").

 

Continuant sur cette lancée, Letia-Catena publiera dans quelques semaines un nouvel ouvrage, résultat d'un travail effectué par les membres de l’association: "L’Agriculture à Letia jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Aspects coutumiers et savoirs traditionnels".

D'après les auteurs, "le sujet porte sur la spoliation des terres des communautés de la montagne du Vicolais (Sorru in Sù et Sorru in giù), qui bénéficiaient des Prese à blé de Paomia jusqu’en 1771."

Ce livre concerne également la culture des céréales, du Néolithique à la première guerre mondiale, l’exploitation de la châtaigneraie, les moulins de la communauté et la vigne qui s’étendait à l’arrivée des Français à quelques 107 hectares.

 

Ecrit par divers membres de l’association, il n'est pas consacré exclusivement à Letia, car il évoque les autres communautés de notre montagne où le savoir-faire était identique.

Les lecteurs du blog seront avertis du moment exact de la parution de l'ouvrage et des endroits où se le procurer.

 

Site internet : http://letia-catena.fr/

 

Un livre sur l'agriculture d'autrefois
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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 18:00

A Sagone, les restes de la cathédrale Sant’Appianu sont bien connus depuis longtemps mais ils se dressaient tout seuls près de l’embouchure du fleuve Sagone. Ces dernières années, les travaux de Daniel ISTRIA ont permis de trouver deux baptistères et beaucoup d’autres vestiges (voir l’article de ce blog: le bilan de l'année 2012).

Mais d’autres éléments sont apparus récemment, comme le révèle «Corse-Matin» du 22 janvier.

Le projet «centre-bourg» de la commune de Vico a été choisi par le gouvernement pour faire partie des 52 communes bénéficiaires de subventions étatiques. Il consiste notamment en la création d’un ensemble administratif de 1.400 m2 qui doit s’élever tout près de l’ancien ensemble religieux. Des fouilles préventives ont été réalisées entre août et octobre derniers (2016) par la société Arkémine, connue pour avoir réalisé l’étude du bâti historique du centre ancien de Bastia et pour avoir fouillé le site du village médiéval déserté de Lazer (Hautes-Alpes). Les chercheurs ont très rapidement découvert de nouveaux et nombreux vestiges antiques, paléochrétiens et médiévaux d’un petit quartier artisanal.

Cette zone sera protégée et mise en valeur pour les touristes qui se rendront ainsi compte de l’importance du port de Sagone dans l’Antiquité. 

Se pose alors la question de savoir quelles furent l’importance et la profondeur des relations entre la ville romaine et les villages de l’intérieur. L’influence romaine, puis chrétienne, a-t-elle pu se faire sentir rapidement à Poggiolo?

Sur les photos ci-dessous, extraites l’une du «Corse-Matin» du 22 janvier, et l’autre de Google Earth, la cathédrale est cerclée de rouge, les baptistères sont en jaune et le quartier artisanal découvert cet été est entouré de bleu.

 
Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.

Vous pouvez lire ici l'intégralité de l'article de "Corse-Matin " du 22 janvier 2017.

Photos et article peuvent être agrandis en cliquant sur leur image.

Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.
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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 18:15

Pour commencer l'année 2017, la devinette du mois posait deux questions concernant un tableau d'une rue de Poggiolo:

 

1- Quel est l'endroit du village qui est représenté ici?

 

2- Quel est l'artiste qui en est l'auteur?

Solution de la devinette du mois: une rue de Poggiolo

1- Quel est l'endroit du village qui est représenté ici?

Pas de problème particulier pour reconnaître la rue qui est montrée ici. Elle est parallèle à la Stretta et va de l'arrière de la chapelle Saint Roch, visible au fond à gauche, jusqu'à la place Inghjo, qui commence au premier plan du tableau. La maison de droite est appelée "maison de Tatanella" ou encore "maison de Tata".

Son état actuel n'est pas très différent de l'œuvre d'art.

 

Solution de la devinette du mois: une rue de Poggiolo

Quelques différences existent entre la peinture et la photo:

- au bout de la rue, le troisième perron est maintenant protégé par un auvent;

- au bout, la maison qui termine la rue (dite "maison de Julie") a été entièrement reconstruite mais a gardé les mêmes dimensions;

- le grand bâtiment clair ("maison Ceccaldi") qui domine tout au fond n'a pas la même cheminée;

- le sol, autrefois dallé, est cimenté depuis les environs de 1965.

On peut remarquer le souci des détails. Le nombre des fenêtres est conforme à la réalité. Les formes des pierres des maisons et des perrons ont été respectées.

 

2- Quel est l'artiste qui en est l'auteur?

La réponse est moins évidente mais on peut distinguer les lettres "R. R." dans le coin inférieur droit. Ces initiales sont celles de Raymond RIFFLARD, né à Paris en 1896 et mort à Sagone en 1981.

Il a laissé de nombreuses œuvres sur la Corse. Il a notamment décoré ou restauré de nombreuses églises de notre micro-région, comme à Soccia, Letia, Evisa, Marignana. Il est l'auteur, en 1958, dans un bar d'Orto, de la fameuse fresque représentant le général de Gaulle (voir l'article "Le général de Gaulle à Orto"). Qu'il ait réalisé un tableau d'une rue de Poggiolo n'a donc rien d'étonnant.

D'autres renseignements sur sa vie et son œuvre se trouvent dans l'article "Sauver Choupik et Rifflard".

 

 

Merci à Claude MARTINI pour son aide.

Félicitations à Jean-Marc TRAMINI qui a été le premier à donner les réponses exactes à cette devinette.

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:55

Cette photo de la nouvelle statue de Circinellu à Guagnu, vue de côté, permet de mieux distinguer la croix sur la poitrine, qui rappelle son état de prêtre, toute proche du fusil du combattant corse.

Circinellu vu de côté
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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 18:01

Après deux ans de travail, l'associu Pà u Ricordu di Circinellu a réussi son pari. Samedi 3 décembre, la statue du curé patriote a été placée à Guagnu.

Après une messe dans l'église San Niculau, la statue de Circinellu a été inaugurée et bénie place de la mairie. Puis, après l'intervention de l'historien Antoine Marie Graziani, ce fut la fête avec le groupe Cuscenza à la salle municipale.

 
La nouvelle statue.

La nouvelle statue.

Texte de l'inscription placée à la base de la statue.

Texte de l'inscription placée à la base de la statue.

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 18:00

Tous les Poggiolais connaissent la fontaine du Lucciu (ou du Luccio pour certains) et il peut paraître curieux de demander ce qu'il lui manque pour être ce pourquoi elle a été construite.

28 juillet 2011

28 juillet 2011

Comme toute fontaine normale, l'eau tombe dans un bassin de réception. Le trop-plein qui part par la gauche était destiné à rejoindre une citerne de stockage pour alimenter des jardins voisins. Depuis la construction de cet édifice en 1898 jusqu'à la mise en place de l'eau courante dans chaque maison en 1968, les habitants se rendaient au Lucciu pour remplir cruches, seaux ou brocs afin de se ravitailler en eau de la vie quotidienne.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

Bien sûr, les analyses ont montré maintenant que sa qualité sanitaire est loin d'être parfaite. Mais, à l'époque, personne ne le savait.

Deux documents anciens montrent l'utilisation de la fontaine:

- Cette image extraite d'un film tourné par Jean-Martin FRANCESCHETTI en 1952. Une femme remplit un broc en tôle émaillée pendant qu'un autre est en attente.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

- cette photo prise par Marie QUAIRÉ et datant du 15 août 1967. Hervé CALDERONI lit le journal en attendant qu'un broc en plastique (le progrès est passé par là!) soit rempli.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

De gauche à droite, on peut reconnaître François OLIVA, Bernard FRANCESCHETTI, Jeanne CECCALDI (maintenant épouse GRIMALDI), Martine CECCALDI, Dominique PINELLI, Michel FRANCESCHETTI, Joël CALDERONI, Hervé CALDERONI.

 

Le problème est là: si, par extraordinaire, l'on voulait de nouveau remplir des récipients, il ne serait pas possible de les poser.

Aucun support n'existe plus.

 

Cette photo le prouve.

15 août 2016

15 août 2016

Auparavant, deux barres métalliques placées sous le jet d'eau permettaient de bien placer les récipients et de les laisser se remplir.

été 2008

été 2008

20 juillet 2009

20 juillet 2009

Depuis plus de deux ans, ces barres ont disparu. Il reste leurs extrémités fixées dans le ciment du bassin.

22 août 2014

22 août 2014

Il n'est pas indispensable de remettre ces barres car elles n'ont plus d'utilité mais il est bon de savoir qu'elles ont existé et que le Lucciu ne peut plus remplir sa fonction originelle.

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:07

Les villages de notre haut-canton n’ont pas toujours été situés là où ils sont maintenant. Un peu comme les baignoires de Guagno-les-Bains, les habitations se sont déplacées au cours des siècles.

 

POGGIOLO

Avant qu’existe Poggiolo, les hommes du néolithique fréquentaient (vers 4.200 ans avant Jésus-Christ) les hauteurs de Campivu, entre Guagno-les-Bains et les Trois Chemins. Le site était encore occupé pendant l’âge du fer, au IIIème siècle avant notre ère. Voir l’article  «Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres».

Il n’existe pas de vestiges archéologiques permettant de connaître le Moyen Age poggiolais. Ce n’est pas très étonnant car les habitations étaient le plus souvent en bois et surtout car le village fut victime, comme toute la pieve, de la «disabitazione», c’est-à-dire des destructions et des déportations ordonnées par les Génois en 1489 et en 1507 pour punir la population de son soutien aux seigneurs de Leca (voir les articles «Poggiolo les années zéro: 1489»  et «Poggiolo les années zéro: 1501»).

Les familles rescapées purent rentrer vers 1517. En 1530, dans sa "Description de la Corse», l’évêque Agostino GIUSTINIANI, parla du village de "Podiolo" et d'un autre plus petit, les «Soprane», lequel comptait 14 feux sur le registre des "taglie" de 1537. Podiolo doit à peu près correspondre à l’actuel quartier de saint Roch. Le nom de Soprane est utilisé maintenant pour les maisons et terrains qui sont au-dessus de la route, près de Saint Siméon. En fait, les Soprane de l’époque se trouvaient plus haut que l’église. 

Il en reste encore des traces dans le maquis, mais complètement enfouies par la végétation. Seules deux ou trois personnes du village se souviennent encore d’avoir vu quelques pierres il y a très, très longtemps…

 
Les villages actuels sont en jaune. Les emplacements anciens sont en rouge. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Les villages actuels sont en jaune. Les emplacements anciens sont en rouge. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

SOCCIA


Le Soccia actuel est le résultat de plusieurs déplacementss.
Anna-Maria LECA et Noëlle MEDURIO, dans leur "Inventaire préliminaire du patrimoine bâti du Canton des Deux-Sorru” (consultable sur le site de La Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses: http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1163), rapportent que, d’après la tradition orale, la première implantation aurait été "u Petricaghju, proche de la limite communale de Letia, qui aurait été fondé par des habitants fuyant au sujet d’un différent dans leur village de Petricaggio en Castagniccia".
La seconde a été Aghja, sur la rive droite de la rivière
de Filiccioni (surnommée «le fleuve» par les Socciais). Des ruines y sont toujours bien visibles. Le hameau «fut cultivé et habité jusqu'à la fin du siècle dernier (XIXème siècle). Une tuilerie y fonctionnait», précise Jean-Baptiste PAOLI dans «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud». L’érudit socciais répète la tradition orale qui explique la localisation actuelle de Soccia:


«Quatre frères ayant pour prénoms Mainettu, Francu, Lucha et Martinu, issus d’une famille installée à Aghjia, auraient, dit-on, découvert le site du village actuel en suivant leurs chèvres qui fréquentaient volontiers cet endroit particulièrement agréable et ensoleillé».

 

ruines d'Aghjia par Denise Peres, Panoramio (17 mai 2008)

ruines d'Aghjia par Denise Peres, Panoramio (17 mai 2008)

ORTO


Même pour Orto, l’emplacement a connu des variations. Anna-Maria LECA et Noëlle MEDURIO l’ont écrit:

«Orto avait un village premier, San Cervone, dont il ne reste pas de vestiges visibles. La nouvelle implantation présente des édifices de la fin du 18e siècle pour les plus anciens. Le cimetière actuel se trouve sur l’ancien site du village et a, pour mur d’enceinte, les pierres de l’ancienne chapelle. Orto est construit sur un versant rocheux, ce qui lui aurait très certainement valu son nom.»

 

cimetière d'Orto

cimetière d'Orto

Contrairement à ce que l’on peut croire, l’histoire de nos villages a été très active. Mais il reste beaucoup à découvrir.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 18:08

Le four présenté dans l’article intitulé "Le four oublié" est celui de la maison de la Pisciata.

La maison oubliée
La maison oubliée

Ces deux constructions existent bien dans le village de Poggiolo mais sont très peu connues.

Sur la photo aérienne ci-dessous (extraite de Google), le cercle bleu entoure la maison et le four.

Il est possible d'agrandir ces images en cliquant sur elles.

La maison oubliée

Ces maisons semblent perdues en pleine zone d’arbres et de broussailles. Pourtant, placées entre le cimetière (à côté de l’église cerclée de noir) et la route d’Orto, elles ne sont pas très éloignées des premières habitations du village.

Cette zone s’appelle Pisciata. Elle était bien nommée et représentée sur le cadastre de 1857.

La maison oubliée

Comme sur la photo d’aujourd’hui, l’église St Siméon a été distinguée par un trait noir. La maison est en bleu. Le four, qui était plus visible autrefois, est dans un cercle rouge.

Le plan cadastral permet d’apprendre que Pisciata était le nom d’un ruisseau qui passait en dessous de la maison. Il rejoignait un autre cours d’eau dit Calonica partant approximativement de l’endroit où se trouve maintenant la station de pompage.

Pour s'y rendre, le chemin est difficile à trouver. Une fois les broussailles écartées, la façade de la maison s’offre au visiteur.

La maison oubliée

Ce côté, qui est face au sud, présente deux portes en rez-de-chaussée et trois fenêtres en étage. L’autre côté, orienté au nord, n’a qu’une ouverture.

La maison oubliée

Les murs ont été construits avec des pierres semblables aux autres maisons du village. On peut remarquer la grosseur du linteau. Près de la porte, une niche a été creusée et un anneau est encore fixé au mur.

La maison oubliée

Si les murs paraissent toujours solides, le toit a en partie disparu, surtout dans la partie ouest comme le montre la photo aérienne, et la charpente s’est écroulée ou a été envahie par les ronces.

La maison oubliée
La maison oubliée
La maison oubliée

Pourtant, cette ferme était autrefois le centre d’une assez grande exploitation.

Il semblerait que le dernier agriculteur à l’avoir mise en valeur ait été Pascal “Ignace” MARTINI dit «Calzitone», né le 28 janvier 1869 et décédé le 15 avril 1945 à Poggiolo. Il n’eut pas d’enfant et ses trois frères (Dominique Marie dit Picciatinu, “Jules” François et Toussaint) s’étaient installés en Algérie.

La maison fut donc abandonnée et la végétation la fit disparaître peu à peu. Et elle fut oubliée.

Sic transit gloria mundi.

La maison oubliée

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Photos Michel Franceschetti

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Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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