Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 18:00

L'association Letia-Catena déploie une très grande activité dans la recherche sur l'histoire de nos villages.

Elle a publié  en 2012 "Le Patrimoine historique et religieux de la communauté de Letia", puis en 2014 "L'armée du Regnu di Corsica sous le généralat de Pascal Paoli. L'exemple de la compagnie Arrighi" (voir présentation dans l'article "Prochaine publication sur l'histoire des Deux Sorru") et en 2016 "L'attaque du préside génois d'Ajaccio par l’avocat Giuseppe Maria Masseri (1763)" (voir les articles "Les projets de Letia-Catena" et "Quand Letia attaquait Ajaccio").

 

Continuant sur cette lancée, Letia-Catena publiera dans quelques semaines un nouvel ouvrage, résultat d'un travail effectué par les membres de l’association: "L’Agriculture à Letia jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Aspects coutumiers et savoirs traditionnels".

D'après les auteurs, "le sujet porte sur la spoliation des terres des communautés de la montagne du Vicolais (Sorru in Sù et Sorru in giù), qui bénéficiaient des Prese à blé de Paomia jusqu’en 1771."

Ce livre concerne également la culture des céréales, du Néolithique à la première guerre mondiale, l’exploitation de la châtaigneraie, les moulins de la communauté et la vigne qui s’étendait à l’arrivée des Français à quelques 107 hectares.

 

Ecrit par divers membres de l’association, il n'est pas consacré exclusivement à Letia, car il évoque les autres communautés de notre montagne où le savoir-faire était identique.

Les lecteurs du blog seront avertis du moment exact de la parution de l'ouvrage et des endroits où se le procurer.

 

Site internet : http://letia-catena.fr/

 

Un livre sur l'agriculture d'autrefois
Repost 0
Published by Blog Poggiolo - dans Chez nos voisins Tempi fa
commenter cet article
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 18:00

A Sagone, les restes de la cathédrale Sant’Appianu sont bien connus depuis longtemps mais ils se dressaient tout seuls près de l’embouchure du fleuve Sagone. Ces dernières années, les travaux de Daniel ISTRIA ont permis de trouver deux baptistères et beaucoup d’autres vestiges (voir l’article de ce blog: le bilan de l'année 2012).

Mais d’autres éléments sont apparus récemment, comme le révèle «Corse-Matin» du 22 janvier.

Le projet «centre-bourg» de la commune de Vico a été choisi par le gouvernement pour faire partie des 52 communes bénéficiaires de subventions étatiques. Il consiste notamment en la création d’un ensemble administratif de 1.400 m2 qui doit s’élever tout près de l’ancien ensemble religieux. Des fouilles préventives ont été réalisées entre août et octobre derniers (2016) par la société Arkémine, connue pour avoir réalisé l’étude du bâti historique du centre ancien de Bastia et pour avoir fouillé le site du village médiéval déserté de Lazer (Hautes-Alpes). Les chercheurs ont très rapidement découvert de nouveaux et nombreux vestiges antiques, paléochrétiens et médiévaux d’un petit quartier artisanal.

Cette zone sera protégée et mise en valeur pour les touristes qui se rendront ainsi compte de l’importance du port de Sagone dans l’Antiquité. 

Se pose alors la question de savoir quelles furent l’importance et la profondeur des relations entre la ville romaine et les villages de l’intérieur. L’influence romaine, puis chrétienne, a-t-elle pu se faire sentir rapidement à Poggiolo?

Sur les photos ci-dessous, extraites l’une du «Corse-Matin» du 22 janvier, et l’autre de Google Earth, la cathédrale est cerclée de rouge, les baptistères sont en jaune et le quartier artisanal découvert cet été est entouré de bleu.

 
Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.

Vous pouvez lire ici l'intégralité de l'article de "Corse-Matin " du 22 janvier 2017.

Photos et article peuvent être agrandis en cliquant sur leur image.

Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.
Repost 0
4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 18:15

Pour commencer l'année 2017, la devinette du mois posait deux questions concernant un tableau d'une rue de Poggiolo:

 

1- Quel est l'endroit du village qui est représenté ici?

 

2- Quel est l'artiste qui en est l'auteur?

Solution de la devinette du mois: une rue de Poggiolo

1- Quel est l'endroit du village qui est représenté ici?

Pas de problème particulier pour reconnaître la rue qui est montrée ici. Elle est parallèle à la Stretta et va de l'arrière de la chapelle Saint Roch, visible au fond à gauche, jusqu'à la place Inghjo, qui commence au premier plan du tableau. La maison de droite est appelée "maison de Tatanella" ou encore "maison de Tata".

Son état actuel n'est pas très différent de l'œuvre d'art.

 

Solution de la devinette du mois: une rue de Poggiolo

Quelques différences existent entre la peinture et la photo:

- au bout de la rue, le troisième perron est maintenant protégé par un auvent;

- au bout, la maison qui termine la rue (dite "maison de Julie") a été entièrement reconstruite mais a gardé les mêmes dimensions;

- le grand bâtiment clair ("maison Ceccaldi") qui domine tout au fond n'a pas la même cheminée;

- le sol, autrefois dallé, est cimenté depuis les environs de 1965.

On peut remarquer le souci des détails. Le nombre des fenêtres est conforme à la réalité. Les formes des pierres des maisons et des perrons ont été respectées.

 

2- Quel est l'artiste qui en est l'auteur?

La réponse est moins évidente mais on peut distinguer les lettres "R. R." dans le coin inférieur droit. Ces initiales sont celles de Raymond RIFFLARD, né à Paris en 1896 et mort à Sagone en 1981.

Il a laissé de nombreuses œuvres sur la Corse. Il a notamment décoré ou restauré de nombreuses églises de notre micro-région, comme à Soccia, Letia, Evisa, Marignana. Il est l'auteur, en 1958, dans un bar d'Orto, de la fameuse fresque représentant le général de Gaulle (voir l'article "Le général de Gaulle à Orto"). Qu'il ait réalisé un tableau d'une rue de Poggiolo n'a donc rien d'étonnant.

D'autres renseignements sur sa vie et son œuvre se trouvent dans l'article "Sauver Choupik et Rifflard".

 

 

Merci à Claude MARTINI pour son aide.

Félicitations à Jean-Marc TRAMINI qui a été le premier à donner les réponses exactes à cette devinette.

Repost 0
6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:55

Cette photo de la nouvelle statue de Circinellu à Guagnu, vue de côté, permet de mieux distinguer la croix sur la poitrine, qui rappelle son état de prêtre, toute proche du fusil du combattant corse.

Circinellu vu de côté
Repost 0
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 18:01

Après deux ans de travail, l'associu Pà u Ricordu di Circinellu a réussi son pari. Samedi 3 décembre, la statue du curé patriote a été placée à Guagnu.

Après une messe dans l'église San Niculau, la statue de Circinellu a été inaugurée et bénie place de la mairie. Puis, après l'intervention de l'historien Antoine Marie Graziani, ce fut la fête avec le groupe Cuscenza à la salle municipale.

 
La nouvelle statue.

La nouvelle statue.

Texte de l'inscription placée à la base de la statue.

Texte de l'inscription placée à la base de la statue.

Repost 0
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 18:00

Tous les Poggiolais connaissent la fontaine du Lucciu (ou du Luccio pour certains) et il peut paraître curieux de demander ce qu'il lui manque pour être ce pourquoi elle a été construite.

28 juillet 2011

28 juillet 2011

Comme toute fontaine normale, l'eau tombe dans un bassin de réception. Le trop-plein qui part par la gauche était destiné à rejoindre une citerne de stockage pour alimenter des jardins voisins. Depuis la construction de cet édifice en 1898 jusqu'à la mise en place de l'eau courante dans chaque maison en 1968, les habitants se rendaient au Lucciu pour remplir cruches, seaux ou brocs afin de se ravitailler en eau de la vie quotidienne.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

Bien sûr, les analyses ont montré maintenant que sa qualité sanitaire est loin d'être parfaite. Mais, à l'époque, personne ne le savait.

Deux documents anciens montrent l'utilisation de la fontaine:

- Cette image extraite d'un film tourné par Jean-Martin FRANCESCHETTI en 1952. Une femme remplit un broc en tôle émaillée pendant qu'un autre est en attente.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

- cette photo prise par Marie QUAIRÉ et datant du 15 août 1967. Hervé CALDERONI lit le journal en attendant qu'un broc en plastique (le progrès est passé par là!) soit rempli.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

De gauche à droite, on peut reconnaître François OLIVA, Bernard FRANCESCHETTI, Jeanne CECCALDI (maintenant épouse GRIMALDI), Martine CECCALDI, Dominique PINELLI, Michel FRANCESCHETTI, Joël CALDERONI, Hervé CALDERONI.

 

Le problème est là: si, par extraordinaire, l'on voulait de nouveau remplir des récipients, il ne serait pas possible de les poser.

Aucun support n'existe plus.

 

Cette photo le prouve.

15 août 2016

15 août 2016

Auparavant, deux barres métalliques placées sous le jet d'eau permettaient de bien placer les récipients et de les laisser se remplir.

été 2008

été 2008

20 juillet 2009

20 juillet 2009

Depuis plus de deux ans, ces barres ont disparu. Il reste leurs extrémités fixées dans le ciment du bassin.

22 août 2014

22 août 2014

Il n'est pas indispensable de remettre ces barres car elles n'ont plus d'utilité mais il est bon de savoir qu'elles ont existé et que le Lucciu ne peut plus remplir sa fonction originelle.

Repost 0
29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:07

Les villages de notre haut-canton n’ont pas toujours été situés là où ils sont maintenant. Un peu comme les baignoires de Guagno-les-Bains, les habitations se sont déplacées au cours des siècles.

 

POGGIOLO

Avant qu’existe Poggiolo, les hommes du néolithique fréquentaient (vers 4.200 ans avant Jésus-Christ) les hauteurs de Campivu, entre Guagno-les-Bains et les Trois Chemins. Le site était encore occupé pendant l’âge du fer, au IIIème siècle avant notre ère. Voir l’article  «Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres».

Il n’existe pas de vestiges archéologiques permettant de connaître le Moyen Age poggiolais. Ce n’est pas très étonnant car les habitations étaient le plus souvent en bois et surtout car le village fut victime, comme toute la pieve, de la «disabitazione», c’est-à-dire des destructions et des déportations ordonnées par les Génois en 1489 et en 1507 pour punir la population de son soutien aux seigneurs de Leca (voir les articles «Poggiolo les années zéro: 1489»  et «Poggiolo les années zéro: 1501»).

Les familles rescapées purent rentrer vers 1517. En 1530, dans sa "Description de la Corse», l’évêque Agostino GIUSTINIANI, parla du village de "Podiolo" et d'un autre plus petit, les «Soprane», lequel comptait 14 feux sur le registre des "taglie" de 1537. Podiolo doit à peu près correspondre à l’actuel quartier de saint Roch. Le nom de Soprane est utilisé maintenant pour les maisons et terrains qui sont au-dessus de la route, près de Saint Siméon. En fait, les Soprane de l’époque se trouvaient plus haut que l’église. 

Il en reste encore des traces dans le maquis, mais complètement enfouies par la végétation. Seules deux ou trois personnes du village se souviennent encore d’avoir vu quelques pierres il y a très, très longtemps…

 
Les villages actuels sont en jaune. Les emplacements anciens sont en rouge. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Les villages actuels sont en jaune. Les emplacements anciens sont en rouge. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

SOCCIA


Le Soccia actuel est le résultat de plusieurs déplacementss.
Anna-Maria LECA et Noëlle MEDURIO, dans leur "Inventaire préliminaire du patrimoine bâti du Canton des Deux-Sorru” (consultable sur le site de La Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses: http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1163), rapportent que, d’après la tradition orale, la première implantation aurait été "u Petricaghju, proche de la limite communale de Letia, qui aurait été fondé par des habitants fuyant au sujet d’un différent dans leur village de Petricaggio en Castagniccia".
La seconde a été Aghja, sur la rive droite de la rivière
de Filiccioni (surnommée «le fleuve» par les Socciais). Des ruines y sont toujours bien visibles. Le hameau «fut cultivé et habité jusqu'à la fin du siècle dernier (XIXème siècle). Une tuilerie y fonctionnait», précise Jean-Baptiste PAOLI dans «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud». L’érudit socciais répète la tradition orale qui explique la localisation actuelle de Soccia:


«Quatre frères ayant pour prénoms Mainettu, Francu, Lucha et Martinu, issus d’une famille installée à Aghjia, auraient, dit-on, découvert le site du village actuel en suivant leurs chèvres qui fréquentaient volontiers cet endroit particulièrement agréable et ensoleillé».

 

ruines d'Aghjia par Denise Peres, Panoramio (17 mai 2008)

ruines d'Aghjia par Denise Peres, Panoramio (17 mai 2008)

ORTO


Même pour Orto, l’emplacement a connu des variations. Anna-Maria LECA et Noëlle MEDURIO l’ont écrit:

«Orto avait un village premier, San Cervone, dont il ne reste pas de vestiges visibles. La nouvelle implantation présente des édifices de la fin du 18e siècle pour les plus anciens. Le cimetière actuel se trouve sur l’ancien site du village et a, pour mur d’enceinte, les pierres de l’ancienne chapelle. Orto est construit sur un versant rocheux, ce qui lui aurait très certainement valu son nom.»

 

cimetière d'Orto

cimetière d'Orto

Contrairement à ce que l’on peut croire, l’histoire de nos villages a été très active. Mais il reste beaucoup à découvrir.

Repost 0
Published by Blog Poggiolo - dans Tempi fa Chez nos voisins
commenter cet article
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 18:08

Le four présenté dans l’article intitulé "Le four oublié" est celui de la maison de la Pisciata.

La maison oubliée
La maison oubliée

Ces deux constructions existent bien dans le village de Poggiolo mais sont très peu connues.

Sur la photo aérienne ci-dessous (extraite de Google), le cercle bleu entoure la maison et le four.

Il est possible d'agrandir ces images en cliquant sur elles.

La maison oubliée

Ces maisons semblent perdues en pleine zone d’arbres et de broussailles. Pourtant, placées entre le cimetière (à côté de l’église cerclée de noir) et la route d’Orto, elles ne sont pas très éloignées des premières habitations du village.

Cette zone s’appelle Pisciata. Elle était bien nommée et représentée sur le cadastre de 1857.

La maison oubliée

Comme sur la photo d’aujourd’hui, l’église St Siméon a été distinguée par un trait noir. La maison est en bleu. Le four, qui était plus visible autrefois, est dans un cercle rouge.

Le plan cadastral permet d’apprendre que Pisciata était le nom d’un ruisseau qui passait en dessous de la maison. Il rejoignait un autre cours d’eau dit Calonica partant approximativement de l’endroit où se trouve maintenant la station de pompage.

Pour s'y rendre, le chemin est difficile à trouver. Une fois les broussailles écartées, la façade de la maison s’offre au visiteur.

La maison oubliée

Ce côté, qui est face au sud, présente deux portes en rez-de-chaussée et trois fenêtres en étage. L’autre côté, orienté au nord, n’a qu’une ouverture.

La maison oubliée

Les murs ont été construits avec des pierres semblables aux autres maisons du village. On peut remarquer la grosseur du linteau. Près de la porte, une niche a été creusée et un anneau est encore fixé au mur.

La maison oubliée

Si les murs paraissent toujours solides, le toit a en partie disparu, surtout dans la partie ouest comme le montre la photo aérienne, et la charpente s’est écroulée ou a été envahie par les ronces.

La maison oubliée
La maison oubliée
La maison oubliée

Pourtant, cette ferme était autrefois le centre d’une assez grande exploitation.

Il semblerait que le dernier agriculteur à l’avoir mise en valeur ait été Pascal “Ignace” MARTINI dit «Calzitone», né le 28 janvier 1869 et décédé le 15 avril 1945 à Poggiolo. Il n’eut pas d’enfant et ses trois frères (Dominique Marie dit Picciatinu, “Jules” François et Toussaint) s’étaient installés en Algérie.

La maison fut donc abandonnée et la végétation la fit disparaître peu à peu. Et elle fut oubliée.

Sic transit gloria mundi.

La maison oubliée

-------------------------

Photos Michel Franceschetti

Repost 0
25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:00

 D’abord unité religieuse, la pieve fut rapidement, notamment sous la domination génoise, une unité administrative. Elle avait surtout une grande unité géographique.

UNITÉ GÉOGRAPHIQUE

Sorru in sù correspond au haut bassin du Liamone, c’est-à-dire le territoire placé à l’intérieur des terres, au-delà du col de Sorru et jusqu’aux montagnes environnantes. Cette situation est bien présentée par la carte publiée en page 14 du remarquable ouvrage «Vico Sagone. Regards sur une terre et des hommes» (éditions Piazzola).

 

 

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

Depuis le col de Sorru, la limite de la pieve remonte le cours du Liamone vers le nordjusqu’au lac de Ninu, puis passe vers le sud-est entre la montagne de la Cimatella et le plateau de Camputile pour atteindre les premiers contreforts du Monte Ritondu. De là, la frontière est constituée par les hauteurs de la vallée du Fiume Grosso: Tritorre, Ciarbellu et Libbiu. La cohérence de l’ensemble est évidente si l’on regarde une carte du relief de cette zone. 

Cette pieve est restée immuable pendant les siècles génois. La «Carte militaire de l'isle de Corse où sont marquées toutes les paroisses et tous les principaux hameaux de chaque pieve / rectifiée en l'année 1740, suivant les ordres de Monsieur le marquis de Maillebois» (chef du détachement français qui venait d’intervenir en Corse) montre que le nom de la pieve était bien connu. Par contre, on peut remarquer quelques incertitudes sur l’emplacement exact de Soccia et Pogiola (!), l’oubli d’Orto et la désignation du lac de Creno comme source du Liamone.

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

DES INSTITUTIONS QUI FONCTIONNENT

Les institutions locales instaurées par les Génois en 1571 fonctionnèrent assez régulièrement.

Les premières élections de podestat et de pères du commun connues à Soccia sont relatées par Jean-Baptiste PAOLI dans son étude «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud». Elles eurent lieu dans l’église paroissiale le jeudi 5 août 1773. Teodoro POLI fut proclamé podestat.

Dans l’"Histoire de l'éducation en Corse" publiée aux éditions Albiana sous la direction de Jacques FUSINA, le chapitre sur "La Corse du début des Temps Modernes à la Révolution française", dû à Antoine Laurent SERPENTINI, nous apprend que, en avril 1783, Francesco FRANCESCHETTI était Podestat de Poggiolo tandis que les padre del comune se nommaient Gio-Stefano PINELLI et Paolo MARTINI.

Les assemblées de la pieve se tenaient à Poggiolo, siège de l’église piévane, avant de présenter des doléances au luogotenente (lieutenant) génois de Vico.

Quant fut créé le royaume anglo-corse (1794-1796), chaque pieve était représentée par deux députés. Pour Sorru in sù, les élus furent le même Francesco FRANCESCHETTI (1750-1818) avec Filippo LECA.

LA CENTRALISATION SOCCIAISE

La remise en ordre napoléonienne, continuant les lois de la Révolution, remplaça les pieve par les cantons. Souvent, ce fut un simple changement de nom. Notre pieve devint le canton de Soccia, du nom de la commune qui devint le chef-lieu. Son territoire fut pratiquement le même. Une fois réglées les contestations entre villages, les limites furent repérées et balisées. Ainsi, comme, en venant de Murzo, la commune de Poggiolo ne commence que dans la descente du col, au pont de Riosecco, le canton ne débute plus au point le plus élevé de Sorru.

Le canton était représenté au Conseil général du département par un conseiller général, nommé puis élu.

Soccia bénéficia des administrations attribuées au chef-lieu: brigade de gendarmerie et justice de paix par exemple. Elle était également la résidence du curé de la paroisse. Le Concordat signé avec le pape en 1801 (et surtout les Articles Organiques ajoutés par Napoléon) calquait la carte paroissiale sur celle des cantons. Les églises de Poggiolo, Orto et Guagno étaient des succursales occupées par des desservants dont le traitement versé par l’Etat n’avait pas le même niveau que celui du curé de la capitale cantonale.

En 1973, la réforme des cantons divisa par deux le nombre de cantons en Corse. Accolés, le canton de Soccia forma avec celui de Vico le nouveau canton des Deux-Sorru.

Depuis 2014, un nouvel agrandissement décida de former le Canton de Sevi-Sorru-Cinarca.

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

La désertification des villages a facilité la création d’un ensemble mélant, malgré la diversité de leur géographie, plusieurs anciennes pieves.

Mais on continue à avoir le sentiment d’être, au-delà de Sorru, dans une zone particulière. Et, si le terme de Sorru in sù est peu employé, on parle toujours du haut canton.

Repost 0
23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 19:05

Appelé de façon habituelle «le blog des Poggiolais», ce blog porte en haut de sa page d’accueil le titre «Poggiolo-Guagno-les-Bains, U Pighjolu-I Bagni di Guagnu, Une communauté de Sorru in sù». En effet, il est impossible de décrire le passé et le présent de la communauté poggiolaise si l’on ne mentionne pas son appartenance à une de ces pieves dont la possible renaissance a été récemment évoquée par Eric BOISTARD (voir article précédent : "Faut-il ressusciter la pieve ?").

En l’occurrence, notre village faisait partie de la pieve de Sorru in sù.

Cette pieve regroupait les communes actuelles de Guagno, d’Orto, de Poggiolo et de Soccia.

 

SAINTE MARIE

A l’origine, se trouvait une église qui a disparu mais que Geneviève MORACCHINI-MAZEL avait décrite dans sa remarquable thèse Les Églises romanes de Corse, Klincksieck, 1967 :

 

«On nous a signalé sur place, notamment le Chanoine A. M. Pastinelli, curé de Soccia, le lieu-dit Sant’Anorilla, très bien situé au centre de la vallée à une croisée de chemins muletiers. Les petites pierres bien taillées que nous y avons vues dans les murs des propriétés alentour sembleraient effectivement indiquer un édifice du Xème siècle».

 

Cette église fut donc édifiée pendant la domination pisane. A cette époque, jusqu’au XIIIème siècle, les Pisans organisèrent le réseau des pièves: dans chaque vallée, ils établirent une église-mère, la piévanie, dont dépendaient un baptistère et plusieurs oratoires dispersés, comme San Marcellu (entre Poggiolo et Soccia) ou Santa Maria de Soccia.

Sant’Anorilla était l’église-mère où se retrouvaient les habitants de Poggiolo, Aghja (premier emplacement de Soccia), Guagno, Orto, et Soccia. Elle était située près des Trois Chemins, où se rejoignent les sentiers venant de ces différents villages.

Selon les documents, elle se nomme également Sant Anarilla, Santa Anaria (sur le cadastre de 1857), Santa Naria, Santa Nuria, Santa Noria ou Sannaria. En fait, il s’agit simplement de la déformation de Santa Maria.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Toutes les illustrations de cet article peuvent être agrandies en cliquant sur elles.

Pourquoi cette église n’existe-t-elle plus ?

La tradition orale, rapportée à Michel Franceschetti par son grand-oncle Filippone, raconte que les habitants des différentes communautés ont fini par se disputer et se sont partagés les objets religieux pour l’église de chaque village.

 

SAINT SIMÉON

La date de cette séparation n’est pas connue. Mais elle ne fut pas définitive. En 1545, l’église Saint Siméon fut construite au-dessus de Poggiolo, à un endroit, comme les Trois Chemins, qui était un carrefour de sentiers (voir l’article «A quoi ressemblait l’ancienne église»).

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

 Lors de sa visite apostolique, en 1589, Mgr Nicolò Mascardi, évêque de Mariana, la nomme «l’église San Simeone, canonicat et pieve de Poggiolo de Sorunsù». Il ajoutait : «Les jours de fêtes solennelles, on célèbre dans cette église, à la satisfaction des populations de la pieve» (texte relevé et traduit par le Père DOAZAN). 

L’église poggiolaise était donc bien l’église piévane.

Elle le resta malgré l’interruption temporaire du culte à cause du meurtre abominable commis en 1634 à l’intérieur de Saint Siméon (voir l’article «du sang à St Siméon»).

L’érection, en 1713, de Santa Maria delle Gratie della Soccia en église paroissiale ne changea rien. Les quatre paroisses avaient chacune un curé qui reconnaissait celui de Poggiolo comme leur piévan.

 

 

 

LA QUESTION GUAGNAISE

Par contre, le 26 juin 1781, l’Assemblée des Etats de Corse, étudiant la liste des curés piévans dont la désignation faisait problème, évoqua notre piève :

«Que la Piève de Sorrinsù manque de Piévan de droit ;

Que l’Eglise réputée la plus ancienne est celle de la communauté de Poggiolo, composée de vingt feux environ ;

 

Que Mgr de Guasco (évêque de Sagone) dans sa première visite, n’ayant trouvé dans cette Piève aucun Piévan décoré de ce titre, nomma le curé de Guagno, comme étant le lieu le plus nombreux et faisant par lui-même presque la moitié de la Piève ;

 

Qu’il est à croire que cette paroisse sera plus que les autres, pourvue d’un bon curé et auquel on pourrait attribuer le droit à l’Assemblée.»

 (extrait de «Procès-verbal de l'assemblée des états de Corse convoquée à Bastia le 1er juin en 1781 » par l'abbé Letteron, Ollagnier, Bastia, 1904).

L’Assemblée entérina cette décision. Pourtant, cette rupture avec la tradition se basait sur le seul critère du nombre d’habitants et ne tenait pas compte des difficultés de circulation.

 

A partir du 25 décembre 1783, le curé de Guagno signa désormais tous ses actes de baptême, mariage et sépulture avec le titre «Piev° di Sorroinsu», comme les registres d’état-civil accessibles sur le site du conseil général de Corse-du-sud.

 

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Mais Giovanni Bonifacy, le curé de Poggiolo, continua à signer «Pievano di detto luogo» (piévan du dit lieu) !!!

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Ce problème ne fut pas réglé rapidement par la Révolution.

Le curé de Poggiolo signa simplement «curato» en 1791, quand s’appliqua la Constitution Civile du Clergé. Mais il prit le titre de «curato Pievano» en 1794, quand la Corse se détacha de la République Française. En 1796, quand la France revint sur l’île, la signature fut simplement suivie de «curato del Poggiolo».

(à suivre)

Repost 0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

Vacances de Pâques: du samedi 18 avril midi jusqu'au mardi 2 mai matin.

Début des vacances d'été: samedi 8 juillet midi.

Fête de saint Roch: mercredi 16 août.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

.

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Votre blog est maintenant sur Facebook. https://www.facebook.com/pages/ Poggiolo/167056470125907