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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 18:00

 

Parmi les anniversaires poggiolais à se rappeler en 2022, voici une série d'événements du XIXème siècle.

 

Ne perdons pas la mémoire, ne perdons pas nos racines.

 

26 décembre 1832 (il y a 200 ans):

mort à 72 ans de Gian Antonio PINELLI à Poggiolo. L’homme le plus cultivé de Corse, dernier vicaire général du diocèse de Sagone, secrétaire général de la préfecture sous Napoléon Ier, fut nommé sous la Restauration conseiller général du canton de Soccia. Il possédait au village une des plus grandes bibliothèques de la Corse (L’homme le plus cultivé de Corse n°1, L’homme le plus cultivé de Corse n°2, L’homme le plus cultivé de Corse n°3)

 

 

juillet 1837 (il y a 185 ans):

prédication du Père ALBINI à Guagno et Orto (Les 180 ans du Père ALBINISuivons le Père Albini)  

 

Les anniversaires de l'histoire poggiolaise, années en 2 et en 7: 1832 à 1897

 

19 septembre 1852 (il y a 170 ans):

par décret du prince-président Louis-Napoléon BONAPARTE, Guagno-les-Bains est rattaché à la commune de Poggiolo  (Poggiolo n’existe pas

 

 

2 juin 1872 (il y a 150 ans):

François-Antoine DEMARTINI reçoit la médaille d’honneur du courage pour avoir sauvé un homme de la noyade (Les Poggiolais sont courageuxLes Poggiolais sont courageux addendum

 

Les anniversaires de l'histoire poggiolaise, années en 2 et en 7: 1832 à 1897

 

1872 (il y a 150 ans):

le conseil général donne son accord à la construction d’une fontaine à Poggiolo, qui ne sera construite qu’en … 1898 (U Lucciu est toujours là

 

 

1877 (il y a 145 ans) :

Simon UCCIANI élu premier conseiller général républicain du canton de Soccia (on ne peut pas se fier au petit personnel 2/2)  

 

 

22 mai 1887 (il y a 135 ans) :

inauguration de la chapelle ND de Lavasina au col de Sorru à l’initiative de François PASTINELLI (En passant par Sorru)

Les anniversaires de l'histoire poggiolaise, années en 2 et en 7: 1832 à 1897

 

26 septembre 1892 (il y a 130 ans):

une cinquantaine de Guagnais armés, dirigés par le maire du village, lance une expédition punitive à Soccia pour contester les résultats d’une élection. Deux gendarmes sont tués. Plusieurs agresseurs seront condamnés aux travaux forcés à perpétuité (Les Mexicains arrivent

 

 

1892 (il y a 130 ans) :

annulation des élections municipales de Poggiolo (plus de bulletins que d’émargements) (Les habitués du Palais-Royal)

 

 

1892 (il y a 130 ans):

construction du clocher de l’église Saint Siméon (Quand on apprenait à sonner les cloches

 

 

19 janvier 1897 (il y a 125 ans):

création, par décret du président de la République, d’un adjoint spécial à Guagno-les-Bains chargé, entre autres, des registres d'état-civil du hameau (Guagno-les-Bains, c’est spécial

 

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 18:00

 

Bien savoir ce que nous sommes implique de savoir d’où nous venons, donc de connaître notre histoire.

 

Un des buts de ce blog est de rappeler ce passé aux personnes originaires de Poggiolo et aussi des villages voisins.

 

L’année 2022 qui commence est un moyen pour se souvenir d’éléments du passé poggiolais. 

 

Voici une liste d'événements s'étant déroulés pendant les années se terminant par 2 ou 7, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires. Ainsi, 235 ans pour la venue de Napoléon Bonaparte avec sa mère à Guagno-les-Bains (1787) ou 130 ans pour la construction du clocher de l’église Saint Siméon (1892).

 

Chaque fait de cette liste est accompagné d'un lien vers un article du blog donnant plus de renseignements.

 

Ne perdons pas la mémoire, ne perdons pas nos racines.

 

1487 (il y a 535 ans) :

 pour mater la révolte de Giovan Paolo de Leca, une armée génoise débarque à Sagone en avril et s’empare du château de Cinarca, puis de Vico, Leca et Arbori (La fin de la Cinarca) 

 

1517 (il y a 505 ans) :

les habitants des villages des Deux Sorru, chassés en 1503 par la politique génoise de déportation, dite disabitazione, peuvent rentrer dans leurs villages (Poggiolo les années zéro) 

 

1537 (il y a 485 ans) :

sur le registre des « taglie », le quartier des « Soprane » à Poggiolo compte 14 feux (Les déplacements de nos villages) 

 

1587 (il y a 435 ans)

Première description de Poggiolo dans le rapport de la visite apostolique de Monseigneur MASCARDI, évêque du Nebbio (L’église d’en haut) 

 

28 août 1782 (il y a 240 ans):

fixation des limites entre les communautés de Soccia et de Poggiolo (L’œil de Maria Francesca) 

mais les contestations dureront encore plusieurs dizaines d’années (Les Poggiolais sont calmes)

 

1787 (il y a 235 ans) :

Napoléon Bonaparte accompagne sa mère Laetizia aux Bains de Guagno (Napoléon Ier à Guagno-les-Bains) 

 

Voici comment devrait être modifiée la plaque sur la façade de l'établissement thermal.

Voici comment devrait être modifiée la plaque sur la façade de l'établissement thermal.

 

 

1807 (il y a 215 ans):

Rétablissement de la chapelle Saint Antoine de Guagno-les-Bains, abandonnée avec la Révolution (La chapelle de Guagno-les-Bains) 

 

26 juin 1822 (il y a 200 ans):

Jean MULTEDO est autorisé par le roi à construire un hôpital militaire à Guagno-les-Bains (La dégradation de l’hôpital militaire) 

 

29 juillet 1822 (il y a 200 ans):

Carlo Francesco Pasquale PINELLI, filleul de Pascal PAOLI et  maire de Poggiolo, fait échouer une tentative d’agression du bandit Théodore POLI contre le trésorier-payeur (n°4 Le maire de Poggiolo) 

 

 

Un voltigeur corse.

Un voltigeur corse.

 

6 novembre 1822 (il y a 200 ans):

pour lutter contre le banditisme, et notamment Théodore POLI, le roi Louis XVIII crée le corps des voltigeurs corses (n°2 Mort aux gendarmes) 

 

Février 1827 (il y a 195 ans):

Théodore Poli tué dans un affrontement avec des voltigeurs (n°6 La mort et la disparition)

 

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16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 17:59
Garde champêtre, un poste qui se mérite

 

En dehors des téléspectateurs qui suivent la série "Alex Hugo", peu de Français connaissent la police rurale. Autrefois, ses membres étaient plus connus sous le nom de gardes champêtres.

 

 

Agents de la police judiciaire, ils étaient présents dans tous les villages mais, depuis 1958, leur existence n'est plus obligatoire. Il n'en reste qu'un millier, dont deux en Corse. A celui de Porto-Vecchio, vient de s'ajouter celui qui vient d'être nommé à Coggia, comme l'a signalé un article paru dans Corse-Matin le 21 novembre.

 

 

Garde champêtre, un poste qui se mérite

 

 

Peu de documents existent sur les personnes et les activités des gardes champêtres de Poggiolo mais deux lettres officielles trouvées aux Archives départementales montrent que, au XIXe siècle, cette fonction n'était pas attribuée à n'importe qui et qu'il fallait savoir la garder.

 

Le 18 juin 1856, le capitaine de la 57e légion de gendarmerie écrivit au préfet de la Corse que, après enquête du lieutenant de la gendarmerie de Vico, "le sieur OBINO (Joseph) ancien brigadier de gendarmerie demeurant à Guagno (...) est de bonne vie et mœurs et très capable de bien remplir l'emploi pour lequel il est proposé".

 

Joseph OBINI eut ainsi l'accord du préfet pour devenir garde champêtre de la commune de Poggiolo.

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Francesco Giuseppe OBINO était un Italien, né le 19 octobre 1803 à Cagliari en Sardaigne, qui vint s'établir en Corse.

 

Il s'engagea comme gendarme à pied puis devint brigadier de gendarmerie.

 

Il demanda la nationalité française en 1840 et l'obtint facilement, d'autant plus qu'il s'était marié le 18 janvier 1838 à Guagno avec Angela Francesca LECA. Le couple eut quatre enfants: 2 garçons et 2 filles.

 

Le choix du personnage paraissait excellent pour faire régner la loi dans la commune poggiolaise.

 

Pourtant, le même préfet de Corse, dans un arrêté daté du 21 octobre 1857, remarqua "qu'il résulte de divers rapports qui nous sont parvenus que le garde-champêtre de Poggiolo néglige habituellement son service et qu'il fait des absences sans autorisation".

 

En conséquence, il destitua Joseph OBINO de sa fonction.

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Par qui ces "divers rapports" avaient-ils été établis? Peut-être par le maire de Poggiolo. Peut-être par la gendarmerie qui avait un droit de regard sur les gardes champêtres. La documentation manque pour le savoir. Mais il y avait eu là un complet revirement en un an et demi !

 

Joseph OBINO décéda le 30 août 1881 à l'âge de 77 ans à Guagno où il avait fait souche.

 

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Garde champêtre, un poste qui se mérite
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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 18:00
Messe bilingue le 8 décembre

 

Depuis 1735, le 8 décembre est la date de A festa di a Nazione, la fête de la Nation Corse. Cette date marque l'élaboration de la Constitution Corse. A cette occasion, l'île fut placée sous la protection de la Vierge Marie que l’on fêtait alors le 8 décembre.

 

Pour l’Immaculée Conception qui est aussi la fête de la Corse et aussi la fête des Oblats, la messe aura lieu à l'église du couvent de Vico

 

mercredi le 8 décembre à 18h.

 

 

Ce sera également l'occasion de découvrir le nouveau carrelage.

 

Messe bilingue le 8 décembre
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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 18:00

 

Dans son deuxième article sur l'histoire de notre village, Marina CHOVIN s'est concentrée sur Guagno-les-Bains. Le premier avait été consacré aux églises et cimetières (voir ICI).

 

Texte et photo (tirée du Blog des Poggiolais) parus dans ARRITTI, "settimanale naziunalistu corsu", numéro 2721 (du 4 au 10 novembre).

 

Guagno-les-Bains dans Arritti

U Pighjolu (siconda parte)

 ikke barnet ut med badevannet.
Ùn ghjittate u ciucciu cù l’acqua di u bagnu. (pruverbiu Norvegianu)

Salute à tutte è à tutti. Cuntinuemu à nostra scuperta di u paisolu di u Pighjolu è, per esse precisa di più, di I Bagni. Fate casu chì Guagnu è i Bagni sò sfarenti : a ghjente di i Bagni sò i Bagnighjanti è quelli di Guagnu sò i Guagnesi. Sò i Francesi ch’anu chjamatu i Bagni Guagno-les-Bains, chì à l’epica I Bagni facìanu parte amministrativamente di Guagnu. Hè un prifettu à u XIXsèculu chì hà cacciatu I Bagni à Guagnu par dalli à u Pighjolu.

Si tròvanu accantu à una via d’impiaghjera impurtantìssima, è era l’occasione pè i pastori d’addunìscesi à e Caldanne, cum’ella si dicia tandu. Ma ci vole à aspettà 1711 da chì l’abitatu si sviluppi, è ch’elli sìanu stallati trè bacini di granitu.
Avete i rumatìsimi, e dermatosi ? Andate puru à I Bagni chì l’acque termale zulfurate è sòdiche fàcenu prò. Sò duie e surghjente: quella Venturini, a principale, è quella Coghja, l’acque surtendu trà 33 è 49 gradi. Oghje, hè scrittu nant’à una lastra chì quì « Napulione III è a so moglie anu pigliatu l’acque». Or’si sà chì ghjè falsu. Eppuru, ci sarebbe da chì fà una storia più interessante. Èccuci di 1787: Napulione u Primu è a so mamma Letizia fàcenu una cura, cum’è una astra figura stòrica impurtante, Pasquale Pàoli, chì ci andava guasgi tutti l’anni. Ci vole à ammintà chì, à l’èpica, I Bagni èranu i più famosi di Còrsica.
Astra leia cù Napulione u Primu: ghjè ellu chì, u 18 d’aostu di u 1808, stallò un cuntrollu medicale è un mèdicu incaricatu di ispettà l’acque minerale, marchendu u veru principiu di a spluttazione di a stazione termale.
À pàrtesi da 1845 è sin’à 1856, mentre u regnu di Louis- Philippe è Napulione III, si custruisce u casamentu in forma di U, tìpicu di u Sicondu Imperu. Eppuru di 1883 l’uspedale militare hè chjosu è lasciatu à caternu.
À u principiu di u XXsèculu, u rughjone era cuntrullatu da u banditu Francescu Caviglioli. U 17 d’aostu 1931, ellu è i so dui nipoti Ghj. B. Torre è S. Caviglioli ghjùnsenu à I Bagni è sottu à a minaccia di fucili arrubonu i clienti di parechje usterie. Dopu, chjamonu à Michele Simongiovanni, u patrone di e terme, chì t’avia ricusatu di pagà quant’ellu vulia u banditu. Cum’è Michele ùn rispose, i trè banditi si n’andonu, tirendu ver’di u stabilimentu è tumbendu à un omu. Ghj. B. Torre fù arrestatu u 10 di ferraghju 1932, addurmintatu da frittelle chì c’era un supurificu, ma fù a ruina di i Bagni. 

 

Marina Chovin

 

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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 18:00

 

Pour bien commencer le mois d'octobre, prenez le temps de lire "Inseme", le bulletin qui fait le lien entre les villages de notre coin de Corse.

 

 

En octobre, lisez "Inseme"

 

 

Au sommaire:

 

- Edito: Fin d'été, fin de vies... par Pascale CHAUVEAU

- Célébrations religieuses du mois

- Le billet spirituel de Jean SERVEL: Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi

- A la recherche de l'arca perdue par Michel FRANCESCHETTI (l'histoire des différentes sortes de sépultures à Poggiolo)

- JocelyneMattei-Fazi laisse sa place à la mairie de Renno, après sept mandats par Sébastien BONIFAY

- Docteur Lagrange par Pascale CHAUVEAU (présentation d'un chirurgien et écrivain prolifique)

- Octobre sent les châtaignes par Françoise ARRIGHI (avec des dictions sur les châtaignes et une délicieuse recette)

- Renno et son patrimoine cultuel par Jeanine GERONIMI-PAOLI (nouveaux vitraux dans l'église paroissiale)

- Enfants d'ici et d'ailleurs par Jean-Yves TORRE

- CLAPE par Pascale CHAUVEAU (initiatives d'une association pour aider parents et enfants)

- Calendrier des activités du mois qui vient

 

Cliquez sur le lien ci-dessous:

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 18:00

 

La chaîne de télévision CNews est critiquée par la gauche pour des émissions et des journalistes catalogués "à droite". Il n'empêche qu'elle est la seule, en dehors de France 2 qui en a l'obligation légale, à accorder une place à des émissions religieuses avec "En quête d'esprit" et "Les belles figures de l'Histoire".

 

Dans cette dernière série, le numéro consacré à saint Roch a été diffusé le 4 septembre.

 

Pour tout connaître sur ce saint si populaire en Corse et dans tout le Midi, regardez l'émission présenté par  Aymeric Pourbaix avec Véronique Jacquier.

 

 

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11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 18:00

A l'occasion des journées du patrimoine,

redécouverte des Musiques et danses traditionnelles corses

dimanche 19 septembre 2021 à 16 heures, 

Hôtel de la Collectivité de Corse, Ajaccio. 

 

Au programme:
-« A Lavandera » (danse des lavandières).
-« U quadrigliu », dansé durant la première partie du xxe siècle dans les bals des cercles militaires et dans les villes de garnison comme Aiacciu.


Mais surtout 

- Evocation et adaptation de la Moresca donnée à Guagnu par Teodoro Poli en 1823», avec tableaux dansés (danse des bâtons). La Moresca était une sorte de fête dansée qui ne se donnait que dans de très rares occasions, et pour des réjouissances publiques vraiment solennelles.

 

Photo Alexandra Padovani – CdC

Photo Alexandra Padovani – CdC

 

 

La fête à laquelle il est fait référence est décrite avec minutie dans la biographie écrite en 1934 par Henri PIERHOME sous le titre « La vie du bandit Théodore » pour raconter la vie de Théodore POLI (1799-1831).

 

La danse de Théodore Poli

 

 

La moresca était une danse racontant la lutte entre les musulmans qui occupaient la Corse et le comte Ugo COLONNA qui aurait été envoyé dans l’île par le pape à l’époque carolingienne. L’existence de cette danse pendant plusieurs siècles montre combien la mémoire collective corse a été marquée par les attaques barbaresques. Entre Corses et Maures, le voisinage ne fut pas un long fleuve tranquille. Il reste des descriptions de moresca par des voyageurs des XVIIIème et XIXème siècles qui insistent chaque fois sur l’aspect communautaire de ce spectacle auquel toute la population du village participait.

 

 

 En 1820, Théodore prit le maquis après avoir tué un gendarme qui l’avait fait arrêter. Ses exploits lui permirent de rassembler de nombreux bandits. En 1823, lors de la création de son organisation, juste avant de prendre les décisions importantes comme celle d’autoriser l’assassinat du bourreau de Bastia, il offrit aux Guagnais une représentation de moresca. C’est du moins ce qu’indique l’auteur (qui utilise l’orthographe de « Mauresca »).

 

 

 

 

"La Mauresca était une sorte de fête dansée qui ne se donnait que dans de très rares occasions, et pour des réjouissances publiques vraiment solennelles.

 

 

C'était, en somme, un ballet où, si l'on préfère, une pantomime chorégraphique destinée à évoquer et à styliser les luttes soutenues contre les Maures. Pendant des siècles, les Corses avaient eu à se défendre contre les Sarrasins, contre les corsaires de l'Afrique du Nord, contre les troupes de Barberousse. Le fameux pirate Dragut, notamment, fut un de leurs plus terribles ennemis. Ses felouques rapides surgissaient subrepticement des profondeurs du large et débarquaient leurs équipages qui se jetaient sur les innocents habitants des côtes, en massacraient une partie et emmenaient le reste en esclavage.

 

(...)

 

Ainsi la Mauresca était une représentation dramatique, une danse guerrière qui évoquait ces combats. Elle se donnait en plein air, exigeait une mise en scène grandiose et un nombre exceptionnel de personnages.

 

*

*     *

 

C'est dans la forêt de Guagno que Théodore avait imaginé de donner ce spectacle qui devait attirer un grand nombre des habitants de la région. Le chef des bandits avait choisi, pour sujet de la Mauresca, "la prise de Mariana par Ugo Colonna".

 

 

Sur une esplanade très vaste, adossée à la montagne, Théodore avait fait établir un camp de plusieurs tentes figurant l'armée chrétienne commandée par Ugo Colonna, dont il incarnait lui-même le personnage. Dans la châtaigneraie, sur les pentes de la colline, les bergeries habilement transformées représentaient des tours fortifiées, reliées entre elles par des remparts crénelés qui n'étaient autres que de légéres constructions en bois. Bien que rudimentaire, le décor était suffisamment évocateur pour donner à l'assistance une intéressante approximation de la réalité. L'espace demeuré libre entre le camp et les remparts représentait le champ de bataille, où les combats allaient se succéder.

 

Le drame commença par l'arrivée d'une estafette maure annonçant aux sentinelles postées sur les remparts l'approche des chrétiens.

 

Aussitôt, la ville se met hâtivement en état de défense. Les portes sont barricadées, tandis que les créneaux se garnissent de piquiers et d'archers. Dans le même temps, par un portillon dérobé, des Sarrasins courent occuper des retranchements qui ont été aménagés au-devant de la forteresse.

 

Le son du cor annonce l'entrée en scène des chrétiens. Théodore joue le rôle d'Ugo Colonna: richement chamarré, il approche, monté sur un superbe cheval noir et suivi d'un brillant état-major de chevaliers. Les bannières et les panaches flottent au vent...

A ce moment, les troupes sarrasines sortent de leurs retranchements. Elles sont menées par Brusco [un adjoint de Théodore] qui, pour la circonstance, a revêtu une tenue d'aspect oriental, avec un superbe turban à aigrette et un manteau de soie qui est, visiblement, une nappe d'autel. Mais il n'y faut pas regarder de trop près ...

 

Les deux phalanges sont magnifiquement costumées et armées. L'imagination naïve des contumaces s'est donné libre cours, et chacun, selon sa fantaisie et les ressources locales, a tenté de réaliser ce que, dans le théâtre moderne, il est convenu d'appeler un rôle de composition. S'il y a quelques défaillances dans le détail, l'ensemble est vraiment réussi... 

 

 

La danse des bâtons (photographiée ici à Moita en 1954) est un des vestiges de la moresca.

La danse des bâtons (photographiée ici à Moita en 1954) est un des vestiges de la moresca.

 

 

C'est alors que commence la danse de la Mauresca, laquelle se déroulera en douze figures, dont chacune traduit une phase du combat. Il y a la figure de l'enveloppement par les ailes, où les Sarrasins exécutent une course bien réglée autour de l'armée chrétienne. Il y a la figure de la percée du centre, où les chrétiens arrivent jusque sous les portes de la ville fortifiée. Il y a la figure de la contre-attaque, et celle de la retraite, et celle du combat, où s'affrontent le chef des chrétiens et le chef des Maures en de brillants exercices équestres.

 

Enfin, voici la dernière figure, la resa, la reddition des Sarrasins. Voyant son armée décimée, le chef maure s'avance au-devant d'Ugo Colonna et, mettant un genou en terre, lui tend son épée.

 

La foule éclate en acclamations ... La fête est terminée ..."

 

 

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Les exploits du bandit Théodore ont fait l'objet de six articles sur ce blog:

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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 18:12

 

 

Les victimes de la contagion à Poggiolo

 

 

Pour connaître l'ampleur d'une épidémie, il est important de savoir si les décès viennent bien de la maladie du moment ou d'une autre raison. 

 

Actuellement, les chiffres sont minutieusement collectés et publiés par les hôpitaux et les Agences Régionales de Santé, malgré les soupçons de certains qui pensent qu'ils sont truqués pour ne pas montrer l'ampleur réelle de la mortalité provoquée par le coronavirus.

 

Pour l'étude des périodes passées, les actes d'état-civil sont les seuls moyens d'étudier statistiquement, numériquement, la mortalité. Or, ils n'indiquent pas la cause de la mort.

 

 

Il exista pourtant une exception à Poggiolo en 1830

 

 

Le matin du 6 janvier de cette année-là, le maire PINELLI (il ne donne pas son prénom) consigna sur le registre officiel avoir reçu deux personnes, Jules et Pierre MARTINI, qui ont déclaré le décès, la veille à quatre heures du soir, de leur beau-frère Jules DESANTI, né en 1774 et donc âgé de cinquante-six ans. L'annonce est suivie d'une phrase inhabituelle: "On a anticipé l'enterrement dudit Desanti, attendu qu'on a reconnu que la maladie est Epidémique Contagieuse".

 

Les victimes de la contagion à Poggiolo
Les victimes de la contagion à Poggiolo

 

La maladie devait être particulièrement grave pour que les deux adjectifs "Epidémique" et "Contagieuse" aient eu droit à des majuscules et, surtout, pour que l'enterrement ait été très rapide, avant même la déclaration à la mairie, si l'on comprend bien.

 

Quelle était cette maladie? Aucun autre renseignement n'est donné.

 

On peut cependant remarquer que, une semaine auparavant, le 30 décembre 1829, Antoinette, dite Antonia, quarante ans, l'épouse de Jules DESANTI, était morte. L'acte de son décès n'en mentionne pas la cause et n'évoque pas un enterrement brusqué. Antonia avait-elle contaminé son mari?

 

Les victimes de la contagion à Poggiolo

 

Curieusement, les trois enfants du couple, Jacques Antoine, Jeanne et Julie, furent indemnes. Jacques Antoine, qui avait seize ans au moment du drame, vécut jusqu'en 1879.

 

Le mystère sur la nature réelle de cette contagion subsiste.

 

 

Une première version de cet article a déjà été publiée sur ce blog le 14 octobre 2018.

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 18:00

 

Le 29 mai est le 150e anniversaire de la fin de la Semaine Sanglante, ces combats acharnés qui, du 21 au 29 mai 1871, opposèrent les troupes versaillaises aux Communards. 

 

Après les défaites des troupes françaises devant les Allemands, l'armistice avait été décidé en janvier avant le traité signé à Francfort le 10 mai 1871. Les milieux populaires parisiens, opposés à la majorité conservatrice issue des élections de février, formèrent une Commune qui refusa d'obéir au gouvernement dirigé par Adolphe Thiers et qui entreprit des réformes sociales. Installé à Versailles, Thiers réorganisa une armée pour entreprendre la reprise de la capitale.

 

Les Versaillais comme les troupes communardes luttèrent avec une grande sauvagerie. Si les historiens donnent des chiffres s'étendant entre 5.000 (Robert Tombs) et 30.000 morts (Prosper-Olivier Lissagaray), il n'en est pas moins vrai que cette guerre civile fut atroce.

 

images extraites du site https://paris-luttes.info/
images extraites du site https://paris-luttes.info/

images extraites du site https://paris-luttes.info/

 

Des Poggiolais participèrent-ils à la Semaine Sanglante? Il n'y aurait rien d'étonnant car des natifs de Poggiolo ont pratiquement toujours été présents aux grands moments de l'histoire française depuis 1768.

 

Un article précédent a donné la liste des 23 Poggiolais qui furent sous l'uniforme pendant la guerre de 1870-1871 (cliquer ici pour le relire). Malheureusement, les renseignements manquent sur les détails de leur carrière.

 

 

 

LES ABSENTS

 

Aucune contestation n'existe pour certains pour qui leur participation est impossible.

 

Ainsi, Antoine DEMARTINI (1844-1873), bien que considéré comme militaire jusqu'à la fin de l'année 1871, avait été renvoyé dans ses foyers depuis février 1866.

 

Etant marin, Antoine Mathieu DEMARTINI (1841-1885) n'était certainement pas dans la région parisienne.

 

Antoine Albert François DEMARTINI (né en 1847) fut captif en Allemagne du 2 septembre 1870 au 1er juillet 1871. Il ne pouvait donc être à Paris.

 

La situation de Jean Baptiste FRANCESCHETTI (1848-1916) était identique: il fut prisonnier du 16 août 1870 au 8 juillet 1871.

 

 

 

LES VERSAILLAIS

 

Jean Baptiste PINELLI (1848-1917) avait été fait prisonnier avec l’armée de Bazaine à Metz le 29 octobre 1870. Il fit partie des militaires français libérés par les Allemands pour être intégrés à l'armée de Versailles, avec le 119e régiment de ligne, à partir du 14 mai 1871, comme en témoigne son dossier de la Légion d'honneur. Quel fut son rôle dans cette semaine? Difficile à savoir. 

 

Jean Baptiste DEMARTINI (1849-1919) ne fut pas prisonnier. Il était soldat au 113e régiment de ligne, régiment qui prit une part active dans la répression des Communards.

 

Enfin, Jean-Martin DESANTI (1846-1922), alors sergent, fit toute la guerre contre l'Allemagne. Le 7 mars 1871, il fut placé dans le 120e régiment de ligne qui participa aux combats. Dans son dossier de la Légion d'Honneur, la période de la Commune est mentionnée comme une campagne "à l'intérieur (Paris)" avec la pudique précision "pour mémoire".  Ces jours ne comptaient pas dans les 17 années de campagne de l’ensemble de sa carrière militaire car il s'agissait de combats contre des Français et non pas contre des étrangers. 

 

Pour lui aussi, il n'est pas possible d'avoir plus de précision sur son activité pendant ces moments douloureux. Ses descendants d'une branche FRANCESCHETTI n'ont aucun document sur ses exploits militaires. Peut-être en existe-t-il chez d'autres descendants.

 

Portrait de Jean-Martin Desanti entre 1885 et 1897 (photo Michel Franceschetti).

Portrait de Jean-Martin Desanti entre 1885 et 1897 (photo Michel Franceschetti).

 

Pour les autres militaires originaires du village, aucune certitude ne peut être avancée.

Rien ne permet non plus de dire que certains se trouvèrent dans le camp communard.

 

Mais, encore une fois, les Poggiolais ont connu les tourments des XIXe et XXe siècles: conquêtes coloniales, guerres mondiales, résistance, guerre d'Indochine, guerre d'Algérie. Pourrait-on imaginer de raconter l'histoire de la France contemporaine du seul point de vue poggiolais?

 

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