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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 18:02

 

Le respect des morts se perdrait-il à Poggiolo? On pourrait en douter en voyant l'état du ciment!ère privé. Peu connu, ce cimetière est placé au-dessus du cimetière communal, de l'autre côté du chemin menant à Orto. 

 

Extrait du plan cadastral (d'après le site Géoportail).

Extrait du plan cadastral (d'après le site Géoportail).

 

Il contient une douzaine de tombes des familles MARTINI, DEMARTINI et DESANTI. Les dates de décès  encore déchiffrables se situent entre la fin du XIXème siècle et 1945.

 

Depuis dix ans, où ce blog l'avait déjà présenté (voir l'article “Un cimetière privé“), une véritable jungle s'est installée.

 

Le cimetière est bien caché par la végétation. On devine juste une amorce de sentier dans sa direction alors que, en 2010, les murs étaient bien visibles.

 

En juillet 2020.

En juillet 2020.

En août 2010.

En août 2010.

 

A l'époque, la mairie avait fait dégager les abords, sans y être contrainte puisque ce terrain est privé.

 

L'entrée est constituée par un portail métallique à double battant. Il pourrait, mais rien ne le prouve, être l'oeuvre d'un DESANTI qui fut forgeron à Poggiolo voici un bon siècle et dont le talent était renommé.

 

La rouille a fait son travail.

 

Surtout, à travers l'entrée, on voit que l'intérieur a bien changé.

 

Il y a 10 ans...

Il y a 10 ans...

... et maintenant.

... et maintenant.

 

Et c'est bien le cas.

 

Cimetière ou jungle?

 

En face, le mausolée de Toussaint DEMARTINI (1868-1935) se détachait largement.

 

 

Cimetière ou jungle?

 

Maintenant, il est complètement invisible.

 

Cimetière ou jungle?

 

A droite, les croix en pierre ou en métal étaient bien soignées.

 

Cimetière ou jungle?

 

Actuellement, elles ont du mal à émerger de la végétation.

 

Cimetière ou jungle?

 

A gauche de l'entrée, arbustes et fougères s'en donnent à coeur joie.

Ils cachent complètement le coin, bien dégagé en 2010, où reposent Jean Martin DESANTI (1846-1922) et son épouse Rose (1837-1898).

Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?

 

Un de leurs descendants vient de réussir à les dégager le 26 juillet dernier.

 

Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?

 

Mais le reste du terrain? Et le portail? Quel va être l'avenir de ce cimetière privé, cette particularité poggiolaise?

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 18:00

Quel que soit le système de retraite auquel on est soumis, il est fondamental de pouvoir reconstituer sa carrière. Actuellement, la Caisse d'assurance Retraite conserve en principe les traces des salaires versés depuis le premier emploi. Mais, avant la création de la Sécurité Sociale, les preuves étaient parfois difficiles à retrouver.

 

Pour les prêtres, leur diocèse conserve les éléments de leur activité, comme dans le document que le blog présente aujourd'hui. Aimablement communiqué par la famille CHABROLLE, il donne les étapes de la vie religieuse du chanoine Charles DESANTI.

 

 

la carrière du chanoine Desanti.

la carrière du chanoine Desanti.

 

Ce document a été écrit par le Père STEFANI, vicaire général de l'évêque Augustin SIMEONE, né à Marseille en 1863, qui avait été nommé à Ajaccio en 1916.

 

Il est tout à fait officiel avec l'en-tête de l'Evêché d'Ajaccio et le cachet de l'évêque avec son seul prénom d'Augustin. Il date du 4 juin 1918.

 

Augustin Simeone, évêque d'Ajaccio (1916-1926)

Augustin Simeone, évêque d'Ajaccio (1916-1926)

 

Charles DESANTI est né à Poggiolo le 25 mai 1844 et déclaré à la mairie le 26 par son père Jean DESANTI, né en 1808 et décédé en 1883. Sa mère était Julie ANTONINI (1808-1851), l'épouse de Jean.

 

 

Cliquez sur les images pour les agrandir.
Cliquez sur les images pour les agrandir.

Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

Le couple donna naissance à un autre garçon, Pierre François, qui eut plusieurs enfants dont Jean Hyacinthe (1889-1944), lequel fut le grand-père de Rose-Marie CHABROLLE et  de Jean José et François BARTOLI. Charles était donc leur arrière-grand-oncle.

 

La carrière de Jean Hyacinthe a été décrite dans l'article "Un Poggiolais au Mali".

 

D'après le document épiscopal, Charles DESANTI fut ordonné prêtre le 17 décembre 1870, à l'âge de 26 ans. Après 47 ans de carrière ecclésiastique, il démissionna en 1917, à 73 ans.

 

Ce certificat ne précise pas que, étant élève du grand séminaire d'Ajaccio, il fut, conformément à la loi de l'époque, dispensé du service militaire le 6 mai 1865 (précision trouvée dans les registres de matricule militaire).

 

La carrière de Charles débuta comme vicaire à Renno. Puis, après avoir été professeur au pensionnat St Louis de Bastia, il monta en grade: administrateur d'une paroisse, desservant d'une autre, puis curé en 1893. Son affectation la plus courte fut Zicavo (moins d'un mois en 1896) et la plus longue Bastelica (15 ans et demi, jusqu'à sa retraite).

 

La carte de ses nominations montre que, à part son professorat à Bastia, il est resté dans la partie occidentale de la Corse, du côté d'Ajaccio.

 

 

Même les prêtres doivent préparer leur retraite

 

Nous ne connaissons pas encore sa date ni son lieu de décès et nous espérons recevoir plus de précisions sur sa vie.

 

En tout cas, il est un bon exemple de ces Poggiolais dont les familles (Desanti, Franceschetti, Martini, Pinelli, ...) tenaient, jusqu'au début du XXe siècle, à avoir, presque à chaque génération, un de leurs membres sous l'habit religieux.

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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 18:00

Pour reconstituer le passé des Poggiolais, comme de toute communauté, quand il n'existe plus de témoins, on se sert de documents. Mais encore faut-il qu'ils ne soient pas erronés. Même des papiers officiels peuvent comporter des erreurs. 

 

Après la seconde guerre mondiale, des dossiers furent ouverts pour attribuer le titre de résistant aux Français ayant lutté contre l'occupation allemande. Ils sont consultables au Service Historique de la Défense à Vincennes où ils ont été rassemblés.

 

On peut y trouver une attestation officielle attribuée le 9 juillet 1946 à Philippe FRANCESCHETTI, né à Poggiolo et résidant au 102 boulevard Chave, à Marseille.

 

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Ce papier est tout à fait officiel et sérieux. Il est signé par Jean PAOLI qui commandait le groupe "Paris" des Milices Socialistes (regroupant des militants des Jeunesses Socialistes et de la SFIO), sous la direction du responsable régional Paul TROMPETTE (ce n'était pas un pseudonyme mais son véritable nom).

 

Nous pouvons ainsi savoir que ce Poggiolais faisait partie de ce groupe de résistants depuis le 1er janvier 1944 et que

 

"Agent de liaison et de renseignements, a participé les armes à la main, aux combats de rues livrés pour la libération de Marseille, du 19 au 31 AOUT 1944, dans le secteur: Bd Merentié, Cannebière-Castellane-Réformés."

 

Point de détail: il ne faut pas s'étonner de voir écrit "Canebière" avec deux "n" car l'orthographe actuelle date de 1927 et mit du temps à s'imposer.

 

Un "certificat d'appartenance" de Philippe FRANCESCHETTI aux FFI (Forces Françaises de l'Intérieur), établi quatre ans plus tard, le 17 mai 1950, précise:

 

"Agent de liaison inter-groupe, a contribué également à recruter des combattants pour nos corps-francs".

 

On peut être content: ces documents permettent de bien connaître l'activité d'un résistant et ils sont incontestables car bardés de signatures et de tampons officiels.

 

Pas si simple: une lettre remet tout en cause.

 

 

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Un courrier du colonel CHASSON, directeur régional du recrutement et de la statistique, daté du 8 décembre 1955, demande au général de Corps d'Armée GROSSIN commandant la 9ème Région Militaire une vérification de l'appartenance aux FFI de Philippe FRANCESCHETTI. La raison en est une incohérence:

 

"L'intéressé déclare avoir été déporté en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire d'octobre 1943 au 29/6/1945. Or, le présent certificat lui attribue des services FFI pendant une partie de cette période".

 

La contradiction est flagrante.

 

Le dossier de Vincennes contient la façon dont le problème fut résolu. La semaine suivante, le général GROSSIN envoya une lettre à Philippe FRANCESCHETTI au 102 boulevard Chave et une autre, toujours à Philippe FRANCESCHETTI, au 3 rue Breteuil pour une convocation à l'Etat-Major de la Région, 57 boulevard Périer. Tout s'éclaircit alors: il y avait deux Philippe FRANCESCHETTI.

 

L'un, Philippe Antoine Pascal, surnommé Filippone, était né le 26 mai 1901. Militant laïc et socialiste de toujours, il avait bien été dans la Résistance.

 

L'autre Philippe, son neveu, était né le 5 novembre 1922 et, requis par le STO, il avait été déporté en Allemagne orientale. Au moment des combats de la Libération, il se trouvait à Wittenberg, la ville où vécut Martin LUTHER.

 

Les deux Philippe.Les deux Philippe.

Les deux Philippe.

 

Du coup, tous les documents du dossier ont été rectifiés... avec dix ans de retard!

La date de naissance de 1922 a été barrée et l'année 1901 a été ajoutée à la main.

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.
Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Les homonymies sont fréquentes dans les familles corses à cause de l'habitude de donner le même prénom à presque chaque génération. Des exemples ont été donnés dans un article précédent.

 

Ainsi, dans la généalogie des FRANCESCHETTI, on compte huit Philippe décédés et un vivant.

 

Mais il n'empêche que les services dépendant de l'Etat doivent faire attention quand ils mettent en forme des documents officiels...

 

... Et, surtout, la recherche historique oblige à bien étudier, comparer et critiquer toutes les sources.

 

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Renseignements supplémentaires sur les adresses:

le 102 boulevard Chave fut le domicile de Jean-Antoine, le frère du Philippe résistant et le père du Philippe déporté du travail et de Jean-Martin;

le 3 rue Breteuil fut le domicile de Jean-Martin, le frère du Philippe STO, jusqu'en 1953, date à laquelle il s'installa avec épouse et enfants à la rue d'Endoume.

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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 18:00

La recherche des ancêtres est une activité qui a beaucoup de succès. Mais les difficultés peuvent rebuter les débutants, surtout pour les familles corses.

Nous pouvons donc saluer la parution du numéro 244 (octobre-novembre 2019) de "La Revue Française de Généalogie" qui consacre un dossier aux particularités de la Corse.

 

 

Une aide précieuse pour les généalogistes corses

L’organisation du Congrès national de généalogie à Ajaccio offre l’occasion pour cette revue de dresser une photographie des particularités généalogiques et archivistiques de la Corse.

 

Ainsi, on tord le cou à la légende selon laquelle il n'existait pas de patronymes en Corse avant 1769.

 

La revue met en avant des particularités comme les traités de paix entre les familles pour mettre fin à une vendetta.

 

Tony LEPORATI donne les significations des abréviations les plus courantes 

- Fu': personne décédée

- Spurio: enfant illégitime

- Avo: grand-père

- N. Nob. n.: noble

- Cap.: capitano

- Ms: messer

- Sig. (Signor): monsieur

 

Une place est évidemment faite aux archives italiennes (et pas seulement génoises) et aux archives mises en ligne par le département.

Le plus ancien document d'état-civil de Poggiolo: actes de baptême de 1739.  Cliquez dessus pour l'agrandir.

Le plus ancien document d'état-civil de Poggiolo: actes de baptême de 1739. Cliquez dessus pour l'agrandir.

 

 

Depuis 40 ans, La Revue française de Généalogie est le partenaire des généalogistes. Elle apporte méthodes et conseils pour les guider précisément dans leurs recherches.

Elle est disponible chez les marchands de journaux au prix de 5,90 € ou sur le site de la revue.

 

 

Sommaire de ce numéro:

MAGAZINE

 

Grand angle • Le casse-tête des noms de lieux qui changent

La réforme territoriale modifie et crée de nombreux toponymes de manière heureuse… ou malheureuse. Comment se sont opérés ces changements et quels impacts pour le généalogiste ?

Portrait • Sylvain Athénour

Responsable FamilySearch des projets pour l’Europe francophone

L’homme-orchestre de la numérisation mormone

Avec Sylvain Athénour, FamilySearch dispose d’une carte maîtresse dans les discussions à mener avec les services d’Archives. Chargé de négocier et suivre les projets de numérisation en France et en Europe francophone, ce Toulousain, discret mais efficace, enchaîne les initiatives dans les Hautes-Alpes, en Seine-Saint-Denis, dans le Gers ou encore à Paris.

 

Vous avez le droit : La communicabilité des documents électoraux • Echos du monde • Simplifier l’accès aux instruments de recherche

 

METHODES & RESSOURCES

 

Grand angle • Les recherches généalogiques en Corse

L’organisation du Congrès national de généalogie à Ajaccio nous offre l’occasion de dresser une photographie des particularités généalogiques et archivistiques de la Corse.

 

Les cas pratiques de Jean-Louis Beaucarnot • L’identité mystérieuse révélée par un accident

Une légende familiale, un petit papier encadré de noir… Voici de quoi titiller l’intérêt d’un jeune généalogiste de 30 ans, curieux d’identifier la femme qui aurait été la bien-aimée de son aïeul. C’est un pari gagné grâce aux arbres en ligne, à la presse ancienne et aux possibilités offertes par les formulaires de recherche.

 

Bon à savoir • Comment calculer un lien de parenté ?

En généalogie, on le répète à l’envi : « nous sommes tous cousins ». Oui, mais encore ? Dans quelle mesure ? La parenté est la clef de voûte de la généalogie puisque toute quête de ses aïeux vise à établir les liens de parenté entre différents individus. D’où la nécessité de bien appréhender cette notion et de savoir définir sans ambigüité le degré de parenté entre deux personnes.

 

Nos spécialistes vous répondent

 

Paléographie • écritures manuscrites imprimées

Double dose pour ce numéro avec ces deux extraits l’un d’un manuscrit l’autre d’un livre imprimé. Ils permettent de constater que le passage de l’écriture scripturale vers l’imprimerie ne s’est pas faite sans tâtonnement.

 

Repères historiques • Le Bon-Pasteur : refuges pour filles turbulentes

Jugées de mauvaises mœurs, orphelines ou en danger dans leur famille, nombre de jeunes filles furent accueillies dans des refuges tenus par des religieuses. Ce furent prières, travail et brimades qui composèrent le quotidien de ces pensionnaires.

 

Le testament, décrypter généalogique

 

BOITE À OUTILS

 

Grand angle • Le cru 2020 de Généatique

Comme chaque année, le CDIP profite de l’arrivée de l’automne pour sortir la nouvelle version de son logiciel de saisie familiale, Généatique. Présentation des innovations et améliorations majeures qui faciliteront à coup sûr le travail généalogique.

 

Heredis 2020 mise sur la localisation

 

Les noms de famille par Pierre-Gabriel Gonzalez

ALAPHILIPPE, CLÉRY, BERLIOZ VERDET, BOILOT, CASTEUBLE, CHAMOUILLET, KARST, LARDON, MANGIN, PARIS, VANAKER

 

Auteurs : Laurence Abensur-Hazan, Pierre-Valéry Archassal, Gabriel Audisio, Jean-Yves Baxter, Jean-Louis Beaucarnot, Marie Cappart, Pierre-Gabriel Gonzalez, Tony Leporati, Guillaume de Morant, Tony Neulat, Brigitte Rochelandet, Frédéric Ville

  • Nombre de pages : 68
  • Date d'édition : Octobre 2019

 

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 20:04

En quoi un chantier de rénovation de rue à Marseille peut-il intéresser des gens de Guagno ou de Poggiolo?

 

Il en est pourtant ainsi avec les travaux du boulevard de la Blancarde. L'agrandissement des trottoirs et la création d'une voie cyclable ont lieu sur cette artère, et notamment devant la place CERATI. Le président du CIQ (comité d'intérêts de quartier) vient de protester contre les retards du chantier, contre le manque de concertation de la mairie et contre les défauts du projet de rénovation.

 

Il demande que la place Philippe CERATI, fermée depuis longtemps à cause de vandalisme sur son aire de jeux, soit transformée en "place de village, vivante, comme elle le fut autrefois, où l'on pourrait organiser des animations, des fêtes" ("La Provence" dimanche 22 septembre).

"La Provence" dimanche 22 septembre. Cliquer sur l'article pour l'agrandir.

"La Provence" dimanche 22 septembre. Cliquer sur l'article pour l'agrandir.

 

Cette place a reçu son nom en 1924, en mémoire de Philippe CERATI, adjoint au maire de Marseille, mort accidentellement en 1921. Né à Guagno en 1867, il devint pharmacien. Militant au parti socialiste, il fut élu à la mairie où il joua un rôle important.

 

Sa biographie a été publiée sur ce blog dans un article intitulé "La réponse à la devinette guagnaise".

 

Judith, la soeur de Philippe CERATI, épousa Philippe FRANCESCHETTI, lieutenant de la territoriale, originaire de Poggiolo. De leur union, descendent les FRANCESCHETTI, ALESSANDRI, ATLAN, CALDERONI et CAO.

 

 

Voici à quoi ressemblait l'aire de jeux de la place Cerati avant d'être vandalisée.

 Photo Michel Franceschetti (2008)

Photo Michel Franceschetti (2008)

 

Et la voici maintenant fermée, taguée, démontée et non entretenue.

Photo Michel Franceschetti (septembre 2019).

Photo Michel Franceschetti (septembre 2019).

 

La place est toujours signalée sur son côté gauche par une belle plaque, œuvre du grand artiste marseillais Bernard BRANDI.

 

Photo Michel Franceschetti 20 janvier 2008

Photo Michel Franceschetti 20 janvier 2008

Une plaque du même style et du même artiste existe quelques centaines de mètres plus loin, avenue Maréchal Foch.

Photo Google Maps (mai 2019).

Photo Google Maps (mai 2019).

 

Il n'est pas donc pas inutile de s'inquiéter de ce que devient le seul lieu de Marseille dédié à un Guagnais. 

 

Rappel: avec la place Philippe FRANCESCHETTI, un Poggiolais a également été honoré à Marseille. Voir l'article "Souvenir de Philippe Franceschetti".

 

Avez-vous connaissance d'autres villes où des voies portent le nom de personnes originaires de Poggiolo, Guagno, Orto ou Soccia?

 

 

Article rédigé par Michel Franceschetti,

arrière-petit-neveu de Philippe Cerati

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 18:00

La mort de Jean-Mathieu MICHEL, maire de Signes dans le Var, a causé une émotion considérable. Il a été renversé par une camionnette dont le conducteur avait été surpris en train de déposer des décombres dans un lieu non autorisé.

Le travail d'un maire est exigeant, prenant et finalement dangereux, s'il veut accomplir réellement ce qui est nécessaire pour le bien de sa commune.

 

Photo AFP/Gérard Julien

Photo AFP/Gérard Julien

Poggiolo a connu des interruptions de mandats de maire pour cause de décès, mais de façon moins dramatique. Deux cas se sont produits.

 

De nombreux Poggiolais se souviennent encore de Martin PAOLI qui, conseiller général du canton de Soccia depuis 1945, fut élu maire de Poggiolo en 1959. Il s'éteignit brutalement en mai 1968.

 

 

Beaucoup moins connu est le cas de Jean-Martin CECCALDI qui mourut en 1918.

 

Jean-Martin était le troisième des quatre fils de Jean-Noël CECCALDI et de son épouse Toussainte PAOLI. Il naquit à Poggiolo le 27 avril 1883.

 

Comme de nombreux autres Poggiolais, il s'établit en Tunisie. Se destinant à l'enseignement, il était élève-maître au moment du conseil de révision. D'après le registre des matricules militaires, il mesurait alors 1,64 mètre, avait cheveux, sourcils et yeux châtain foncé, un nez long et un menton court dans un visage ovale.

 

Il existe un portrait de lui sous la forme d'une peinture réalisée à partir d'une photo dans un cadre de verdure. Ses frères ont été représentés avec la même technique. 

 

Jean-Martin Ceccaldi (photos Jeanne Grimaldi).
Jean-Martin Ceccaldi (photos Jeanne Grimaldi).

Jean-Martin Ceccaldi (photos Jeanne Grimaldi).

 

Il fit son service militaire à partir d'octobre 1904 dans la 25e section de commis et ouvriers d'administration. Au bout d'un an, le 16 octobre 1905, il fut mis en disponibilité, certainement pour raison médicale.

 

Il commença une carrière d'instituteur à Tunis. 

 

Il se présenta aux élections municipales des 5 et 12 mai 1912 et devint maire de Poggiolo, succédant à Pascal Antoine MARTINI. Il n'avait que 29 ans.

 

Quant éclata la guerre mondiale, Jean-Martin fut rappelé par l'armée mais immédiatement réformé le 15 août 1914 par la commission spéciale d'Ajaccio pour "bacillose pulmonaire", c'est-à-dire pour tuberculose.

 

Cette décision fut confirmée par le conseil de révision de l'année suivante.

 

Son métier d'enseignant ne lui permettant pas d'être présent dans la commune en-dehors des vacances scolaires, la plupart des actes d'état-civil des deux premières années de son mandat était dressée et signée par son premier adjoint, Philippe FRANCESCHETTI (1857-1921), officier retraité.

 

Philippe était le père de Jean-Antoine et, donc, l'aïeul des FRANCESCHETTI actuels.

Philippe Franceschetti

Philippe Franceschetti

 

Jean-Martin et Philippe eurent la pénible tâche d'enregistrer les décès des trente militaires  poggiolais qui moururent pendant la première guerre mondiale.

 

Jean-Martin ne vit pas la fin du conflit car il décéda le 28 avril 1918 "d'une longue et douloureuse maladie", ainsi que l'écrivit le quotidien "L'Œuvre" du 6 mai 1918. Il venait d'avoir 35 ans.

Site RétroNews.

Site RétroNews.

 

Après les élections du 30 novembre et du 7 décembre 1919, le frère de Jean-Martin, Jean-François CECCALDI devint maire de Poggiolo dès le 8 décembre. Il le resta jusqu'en 1959 (avec une interruption en 1941-1943).

Sa carrière a été évoquée dans l'article "Poggiolais sous l'uniforme".

 

Jean-François Ceccaldi (photo Nicolas Martini).

Jean-François Ceccaldi (photo Nicolas Martini).

 

Jean-Martin CECCALDI avait épousé Jeanne PAOLI, née à Coggia mais d'une famille d'Orto. Ils eurent un fils, Antoine, en 1912, qui lui aussi fut instituteur. Il disparut dans l'accident de la Caravelle Ajaccio-Nice en 1968 (voir l'article "Jeanne et Valère parlent de la Caravelle").

 

Le souvenir de Jean-Martin subsiste d'une certaine manière avec les prénoms des deux filles d'Antoine: Jeanne (qui a aussi le prénom de sa grand-mère) et Martine.

 

En dehors des CECCALDI et des GRIMALDI, qui se souvient encore de ce jeune maire mort dans l'exercice de ses fonctions?

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 18:00

Au moment où l'on célèbre les 250 ans de la bataille de Ponte Novu qui marqua la fin de l'indépendance corse, on peut se rappeler que Poggiolo et les villages voisins des Deux Sorru ont soutenu Pascal Paoli contre les Génois puis contre les troupes françaises.

 

Ce soutien s’est parfois montré de façon originale comme le montre le document suivant, remarqué par Xavier PAOLI, l'historien poggiolais.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

 

Il s’agit d’un acte de baptême établi le 30 septembre 1795. Le nouveau chrétien était un membre de la famille PINELLI, fils de Gioan Natale et de son épouse Maria LECA, auquel on donna les prénoms de «Carlo francesco Pasquale».

 

Le dernier prénom est aussi celui du parrain que le document appelle «Sua Xccelonza il Signore Generale Pasquale de Paoli», formule écrite avec des lettres plus grosses que les autres et avec de grandes boucles.

 

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

 

 

Le doute n’est pas permis: ce personnage est bien Pascal PAOLI, u «Babbu di a Patria», le Père de la Patrie corse.

 

 

Le choix de ce parrain n’était pas innocent. Les parents avaient voulu montrer leur attachement à celui qui avait permis l’indépendance de la Corse avant son rattachement au royaume de France en 1768. D’autres familles insulaires firent le même choix pour le baptême de leurs enfants. Jean-Laurent ARRIGHI a compté trois cas similaires chez des notables de Vico, entre 1756 et 1764, pendant la période de l’indépendance («Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ouvrage collectif, ed. Piazzola, 2016, pages 81 et 82).

 

A Poggiolo, le cas n'est pas le même car en septembre 1795 le contexte était totalement différent. Depuis juin 1794, sous l’influence de Pascal PAOLI, la rupture avec la France révolutionnaire avait été votée par la Consulte de Corte et le royaume anglo-corse avait été institué.

 

 

Pasquale Paoli par W. Beckey

Pasquale Paoli par W. Beckey

 

Le baptême eut lieu en septembre à Poggiolo alors que d’importantes révoltes rurales s’étaient déclenchées dans le Vicolais en juin, par opposition à la politique fiscale mise en place par Charles André POZZO di BORGO, président du Conseil d’Etat sous l’autorité du vice-roi britannique sir Gilbert ELLIOT. Les familles aisées soutenaient ce mouvement par crainte de la révocation de la nationalisation des terres d’Eglise. L’agitation se répandit rapidement dans la partie occidentale de l’île.

 

D’après Antoine CASANOVA et Ange ROVERE («La Révolution française en Corse», Payot, 1989, page 258), «Paoli manifeste sa sympathie pour le mouvement populaire» mais s’inquiète de son ampleur, déclarant que «li popoli del delà da Monti sono piu furiosi che da questa parte».

 

Faudrait-il donc interpréter le baptême poggiolais comme un acte éminemment politique? Serait-il une manifestation d’attachement au Père de la Patrie et de méfiance envers le gouvernement anglo-corse?

 

La date est curieuse. Carlo Francesco Pasquale fut baptisé  le 30 septembre 1795 alors qu’il était né le 11 janvier 1794. Il avait donc 1 an et 8 mois, ce qui est inhabituellement tardif pour l’époque.

 

L’absence du parrain à Poggiolo n’a rien d’étonnant. Pascal PAOLI n’était pas venu non plus aux baptêmes vicolais mentionnés ci-dessus.  Il était remplacé par un mandataire.

 

Au moment de celui de Poggiolo, il n’était d’ailleurs pas libre de ses mouvements. A Bastia, où il se trouvait alors, il était sous la surveillance constante des Anglais. Le 14 octobre, le vieux chef corse s’embarqua à Saint-Florent pour son exil en Angleterre où il finit sa vie.

 

Deux semaines plus tôt, son filleul avait reçu la «ceremonie battesemale al sacro fonte di questa parochia», c’est-à-dire sur les fonts baptismaux de l’église Saint Siméon.

 

 

Fonts baptismaux (classés aux Monuments historiques) de St Siméon à Poggiolo.

Fonts baptismaux (classés aux Monuments historiques) de St Siméon à Poggiolo.

D'autres éléments curieux concernent ce baptême. Ils seront présentés dans le prochain article.

 

(à suivre)

 

PS: Merci à Pierre LECCIA pour ses travaux généalogiques publiés sur le site GENEANET.

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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 17:49

Au temps de sa splendeur, l'empire colonial français était un bon ascenseur social pour les Corses. Venus de leurs villages, ils étaient nombreux à chercher fortune aux colonies ou à s'engager dans les troupes chargées de l'ordre outre-mer. Certains s'installaient dans ces territoires à l'expiration de leur service militaire.

Un exemple est fourni par cette photo qui a été réalisée à Constantine, en Algérie. Cette ville fut le second foyer de concentration des Poggiolais, après la Tunisie où les Poggiolais bénéficiaient des bienfaits de Jean-François GALLINI (voir l'article sur "l'empire sahélien des Sorrinesi").

 

Les Poggiolais de Constantine

L'homme qui est en uniforme, à gauche, se nomme Antoine François PINELLI. Il naquit en 1864 à Guagno-les-Bains. Il était surnommé Pinnillone.

En 1883, il s'engagea dans l'armée et fit partie du 1er régiment de zouaves qui venait de conquérir le Mzab en Algérie et qui se battit ensuite en Tunisie. Antoine François participa aux campagnes militaires jusqu'en 1887. Ayant quitté l'armée, il devint facteur dans la petite ville de Terriet El Haad, près d'Orléansville, de 1887 à 1889.

En 1890, il épousa à Poggiolo Marie Dominique MARTINI, née en 1865, que l'on voit à droite de la photo. Deux enfants vinrent au monde, tous deux à Poggiolo: Jean Toussaint en 1891 et Elisabeth en 1894 (en arrière-plan de la photo).

Installée à Constantine en 1895 où Antoine François travailla comme agent de police, puis comme inspecteur, la famille s'agrandit d'Antoinette née en 1897 (au milieu de la photo).

La photographie doit dater des environs de l'année 1905. Malgré l'air grave et la raideur résultant du temps de pose des appareils de l'époque, cette photo est celle du bonheur d'une famille bien installée dans une grande ville coloniale.

Le cliché vient du studio de J. GUIGLION. Ancien retoucheur de l'illustre photographe NADAR à Paris, ce professionnel s'était établi à Constantine et avait repris à son compte, vers 1900, la maison de J. CHAZAL au 46 de la rue Damrémont. Il produisit des cartes postales du Constantinois et surtout de nombreux portraits de militaires.  

Les Poggiolais de Constantine

 

Mais le temps des chagrins arriva avec deux décès:

- Marie Dominique décéda en 1909. Antoine François se remaria bien plus tard, à Poggiolo, en 1930, avec Angeluccia MARTINI (1885-1970).

- Jean Toussaint, employé de commerce, fut incorporé en octobre 1912 au 4ème régiment de zouaves. Il passa ensuite au 1er. En poste en Tunisie, il participa à la guerre contre l'Allemagne dès août 1914. Faisant preuve d'une grand héroïsme, il devint sous-lieutenant du 3ème RMZT (régiment de marche zouaves et tirailleurs) et obtint, pendant la seule année 1917, trois citations (à l'ordre du régiment, du corps d'armée et de la division). Blessé, il expira le 14 avril 1918 dans une ambulance à Vendeuil-Caply, dans la Meuse. Son nom fut inscrit sur les monuments aux morts de Poggiolo et de Constantine.

 

Antoine François termina sa vie à Poggiolo où il mourut le 14 décembre 1944.

Ses filles vécurent plusieurs années en Algérie où elles se marièrent. Elles reposent dans le caveau familial décrit dans un article précédent.

Antoinette était la grand-mère de Joël et Hervé CALDERONI.

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Sites utilisés:

- Engival 

- Généanet

- Geneawiki

- photographes en outremer

- registres matricules de Corse

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 18:01

La question de la laïcité revient de plus en plus souvent au premier plan de l'actualité, qu'il s'agisse de l'hésitation du président de la République à saisir le goupillon pour bénir le cercueil de Johnny Hallyday ou de diverses décisions judiciaires sur la présence ou non d'une crèche ou d'une croix dans des lieux publics. 

L'application de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat (voir "La laïcité en action dans les Deux Sorru") n'est pas toujours conçue de la même façon. 

 

Avant cette date, de telles questions ne se posaient pas. Certains documents en conservent de curieuses traces, comme ce fut le cas à Poggiolo en 1885.

Le registre d'état-civil de cette année-là a noté la découverte d'un enfant abandonné. 

 

Tous les documents qui suivent peuvent être agrandis en cliquant sur leur image.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes
Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Le 15 mars 1885, DESANTI Jules Martin Marie, qui fut maire de Poggiolo de 1880 à 1888, a vu arriver à "la maison commune" Joseph COLONNA, habitant Guagno-les-Bains, pour lui présenter un bébé de sexe masculin. Il déclara "l'avoir trouvé à la porte de sa maison dans la nuit du treize au quatorze mars. Le père et la mère sont inconnus".

Nous avons là un exemple typique d'abandon d'enfant, dont la littérature a souvent donné des exemples jusqu'au début du XXème siècle.

Mais, ici, il s'agissait d'un être en chair et en os.

Que fit alors le maire? 

Une inscription à l'état-civil?

Oui, mais tout d'abord un baptême !

 

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Jules DESANTI écrit en toutes lettres sur le registre officiel: "nous lavons fait Baptisé".

L'apostrophe manquant à "lavons" a été rajoutée au dessous du mot. Quant à "Baptisé", il aurait fallu écrire "baptiser". Mais ce sont des détails. 

Pour un chrétien, le salut de l'âme est primordial. Et, surtout à cette époque, il fallait baptiser rapidement pour faire partie de l'Eglise et effacer le péché originel. Or, les chances de vie terrestre étaient faibles pour un nouveau-né abandonné dans la nuit.

Le maire a rapidement organisé la cérémonie. On peut supposer qu'il a fait quérir le curé, à moins qu'il n'ait emporté le nourrisson au presbytère. Nous ignorons si le baptême a eu lieu sur les fonts baptismaux de l'église  Saint Siméon.

Fonts baptismaux de St Siméon.

Fonts baptismaux de St Siméon.

 

De même, nous ignorons l'identité du parrain et de la marraine. Il est vrai que, dans les cas d'extrême urgence, on peut se passer de ces deux personnes. Or, l'enfant pouvait passer à tout instant de vie à trépas. Il faudrait pouvoir consulter les registres paroissiaux pour avoir des renseignements plus précis.

Il fallait aussi donner une identité à cet enfant trouvé. Le maire écrit donc: "nous lui avons donné les prénoms de Desanti saint antoine Bains de Guagno" (nous avons respecté les majuscules et les minuscules employées dans le registre).

Le premier prénom, qui devint son nom officiel, est tout simplement celui du maire. Le reste de sa nouvelle identité faisait référence au saint protecteur du village où il avait été trouvé.

 

Jules DESANTI n'en était pas à sa première déclaration d'enfant trouvé. Six mois auparavant, le 7 octobre 1884, GROS Pierre, habitant lui aussi à Guagno-les Bains, lui avait présenté un enfant de sexe masculin qu'il avait trouvé devant sa maison à cinq heures du matin. Le maire lui avait donné "le nom de BOURGAMANO et les prénoms de françois bains de Guagno". Il avait alors bien fait la distinction entre nom et prénoms. Le choix de BOURGAMANO reste obscur. Mais, grosse différence, il n'est pas fait mention de baptême en 1884.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes
Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Pourquoi l'acte religieux a-t-il été noté en 1885? Même si la séparation de l'Eglise et de l'Etat n'intervint que vingt ans plus tard, l'état-civil était laïc depuis la Révolution.

Est-ce une erreur du maire qui avait peut-être fait procéder au baptême pour BOURGOMANO mais qui fut certainement pris par l'émotion pour l'enfant suivant?

Ces deux actes posent une infinité de questions.

 

Si BORGOMANO n'apparaît plus dans aucun acte officiel, même dans les décès, il existe quelques renseignements sur ce que devint DESANTI Saint Antoine.

La partie finale de ses prénoms "Bains de Guagno" ne semble plus usitée. Le registre des matricules militaires le mentionne comme "né à Guagno", au lieu de Guagno-les Bains, avec la profession de "cultivateur". La partie consacrée à la filiation porte la mention "enfant assisté". Ses véritables parents n'ont jamais été identifiés et il fut confié à l'Assistance publique. Dans quelle village et dans quelle famille?

Le registre signale qu'il fut condamné en 1903 par le tribunal d'Ajaccio "pour violences et voies de fait à 10 mois de prison". Mais il fut amnistié et il   incorpora l'armée le 7 octobre 1906.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Bénéficiant d'une permission, il se rendit à Guagno (le village, pas les Bains). Peut-être est-ce là qu'il avait été élevé?

Mais le 30 décembre 1906, deux cantonniers guagnais vinrent déclarer à la mairie le décès de Saint Antoine la veille 29 décembre.

L'enfant baptisé grâce au maire de Poggiolo avait rendu son âme à Dieu.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 18:00

Le 11 novembre est le jour du souvenir de tous les soldats morts pendant la guerre de 1914-1918 et aussi pendant toutes les autres guerres. On peut avoir aussi une pensée pour les militaires qui n'ont pas péri au combat mais qui se sont dévoués pour le pays, comme Martin OTTAVY.

 

La plaque qui se trouve en haut à gauche du troisième caveau de Poggiolo (PINELLI-VENTURINI-OTTAVY) (voir l'article "Le caveau caché") est celle de Martin OTTAVY décédé en 1957. La décoration gravée sur sa plaque évoque sa longue carrière militaire.


 

Martin Ottavy, le soldat de toutes les guerres

Martin OTTAVY naquit le 1er novembre 1890 à Philippeville, qui était alors dans le département de Constantine, en Algérie.

Ses parents, Marc Antoine OTTAVY et Marie DEFRANCHI, étaient originaires de Soccia et s'étaient mariés à Philippeville où ils s’étaient installés.

Le 1er octobre 1912, il fut incorporé dans l’armée et commença une longue carrière qui peut être reconstituée grâce au registre des matricules militaires conservé aux ANOM (archives nationales d’outre-mer).

Il fit partie du 40ème RI puis du 4ème Zouaves et participa à la campagne de conquête du Maroc d'octobre 1912 à novembre 1913, puis passa dans la réserve le 8 novembre 1913.

Avec la première guerre mondiale, il fut mobilisé le 1er septembre 1915 et passa des zouaves au 8ème Génie. Affecté au détachement télégraphique, il fut blessé à la cuisse droite par des éclats d'obus à Maurepas (Somme) le 22 septembre 1916, ce qui lui vaudra une invalidité partielle. Sorti de l'hôpital le 8 février 1917, il partit le 26 avril de Marseille pour débarquer à Salonique. Il resta au sein de l'AFO (armée française d'Orient) jusqu'en janvier 1919 et fut démobilisé le 13 août.

Monument aux morts de l'armée d'Orient (Marseille)

Monument aux morts de l'armée d'Orient (Marseille)

Il put alors se retirer à La Soccia (ancien nom de Soccia, utilisé par le registre  des matricules militaires) pendant quelque temps avant de retrouver l'Algérie comme employé des PTT.

Il épousa Antoinette PINELLI, née en 1897 à Constantine mais de famille poggiolaise et dont le frère Jean Toussaint était mort pour la France le 14 avril 1918. Ils eurent deux enfants Marc "Jean", dit Jeannot, et Maryvonne.

 

Martin s'engagea, écrit le registre, "le 15 novembre 1925 au titre de la Poste Militaire aux Armées pour participer aux campagnes du Rif et de la tache de Taza (Maroc)" et fut "renvoyé dans ses foyers le 25 décembre 1927".

 

Camp militaire français de Taza en 1925.

Camp militaire français de Taza en 1925.

A partir de 1929, il fixa son domicile à Constantine, au numéro 4 de la rue Mercuri (ou rue Mercury selon certains documents), devenue maintenant rue Mohamed Belakroun.

Martin Ottavy, le soldat de toutes les guerres

Après avoir été plusieurs années affecté spécial à la Poste aux Armées, Martin fut rattrapé par la seconde guerre mondiale. Il fut mobilisé le 2 septembre 1939 et démobilisé le 1er août 1940, à la suite de l'armistice.

Mais, après le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 et l'entrée en guerre de l'Afrique du Nord Française aux côtés des alliés, Martin fut rappelé et affecté au CEF (Corps Expéditionnaire Français) le 20 novembre 1942, d'après le registre. N'y aurait-il pas une erreur sur le registre? Si des unités françaises de l'armée d'Afrique participèrent aux combats de Tunisie aussitôt après le débarquement, le CEF qui combattit vaillamment en Italie ne fut constitué qu'en novembre 1943.

Sa carrière se termina le 17 juillet 1945, quand il fut rayé des contrôles.

 

Ses services dans l’armée française avaient été récompensés par plusieurs décorations: médaille commémorative d’Orient, médaille commémorative de la Grande Guerre, médaille interalliée, médaille coloniale et, par décret du 7 juin 1928, médaille militaire pour la guerre du Rif (reproduite sur sa plaque funéraire).

Mais auparavant, il avait eu le chagrin de perdre son fils Jean qui, mobilisé en 1942, tomba pour la France à la suite d’une embuscade pendant la bataille des Vosges en 1944 (voir l’article « De l’Algérie aux rives du Doubs »).

 

 

Conquête du Maroc, première guerre mondiale avec la bataille de la Somme et l’armée d’Orient dans les Balkans, guerre du Rif, seconde guerre mondiale avec la « drôle de guerre » de 1939-1940 et le corps expéditionnaire français d’Afrique du Nord, Martin OTTAVY avait été de tous les combats de la première moitié du XXème siècle.

Arbre généalogique de Martin Ottavy, sur le site Généanet, d'après les recherches de Pierre Leccia. Cliquer pour l'agrandir.

Arbre généalogique de Martin Ottavy, sur le site Généanet, d'après les recherches de Pierre Leccia. Cliquer pour l'agrandir.

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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