Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 17:59

 

     Voici exactement un siècle, en 1921, la Corses connut une brusque arrivée d’étrangers venus chercher refuge. Ces migrants étaient des Russes.

 

     Le regretté Mimi CANALE, de Guagno-les-Bains, l’avait rappelé en avril 1998 dans le bulletin «INSEME», lors d’un entretien sur ses souvenirs :

«L’exploitation forestière était très importante. Il y avait plusieurs scieries le long du fleuve (…). En plus, il y avait une scierie de bois et, après la guerre de 14/18, une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café. Les camions venaient charger les billots vendus du côté de Sagone.»

 

Mimi CANALE

Mimi CANALE

 

     Qui étaient ces Russes ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans les Deux Sorru ?

 

     Nous pouvons trouver des réponses dans l’article «Les Russes en Corse» publié en 1998 dans la revue «Études Corses» n°49. L'auteur, Bruno BAGNI, est professeur agrégé d'histoire à Toulon. Le texte suivant s’inspire de ce texte, accessible à l’adresse :

http://leon.tourtzevitch.pagesperso-orange.fr/corse.pdf

 

     En Russie, après la prise du pouvoir par les bolchéviks (communistes) dirigés par LÉNINE  en 1917, une guerre civile éclata. A l’Armée rouge organisée par TROTSKI, s’opposaient les troupes blanches en majorité monarchistes mais comprenant aussi des républicains modérés. Après de grands succès, les troupes de DENIKINE, WRANGEL, KOLTCHAK, KORNILOV, MILLER et IOUDENITCH battirent en retraite.

 

Le général WRANGEL

Le général WRANGEL

 

     Les derniers combats eurent lieu en Crimée avec l’armée WRANGEL. En novembre 1920, les rescapés évacuèrent Sébastopol sous la protection de la flotte française. 146.200 réfugiés, dont 29.000 civils, arrivèrent à Constantinople. Certains trouvèrent ensuite refuge dans les Etats balkaniques, d’autres, croyant à des promesses de pardon, retournèrent dans la Russie communiste.

 

     En avril 1921, il restait encore 55.000 personnes dans les camps de réfugiés dont la France devait s’occuper. Le Brésil accepta d’en recevoir pour servir comme travailleurs agricoles. Le vieux paquebot « Rion », qui avait fait partie de la flotte WRANGEL, quitta la Turquie le 26 avril 1921 en direction de l’Amérique du Sud avec plus de 3700 réfugiés russes à bord. Les avaries provoquèrent une escale à Messine puis l’obligèrent à s’arrêter à Ajaccio.

 

 

Le "Rion"

Le "Rion"

 

     Le matin du 15 mai, les Ajacciens découvrirent ce navire ancré dans le golfe.

 

     Comme l’écrit Bruno BAGNI, «Voilà une petite cité insulaire de 20.000 habitants, qui voit en une journée sa population augmenter de 20%. Et qui sont ces 3.700 nouveaux venus? Des Russes, des Ukrainiens, des Cosaques, bref, quelque chose de plutôt exotique sous ces latitudes... Aucun doute sur ce point: l'arrivée du "Rion" a été L'ÉVÉNEMENT de l'année à Ajaccio».

 

"Le Petit Marseillais", 16 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 16 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 23 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 23 mai 1921.

 

     Les initiatives de la population ajaccienne pour aider les exilés furent nombreuses. A partir du 1er juin, les Russes furent autorisés à chercher un travail en Corse. Ils s’éparpillèrent et l’on compta : 20 Russes à Bastelicaccia, 17 à Zigliara, 14 à Eccica Suarella, 15 à Serra di Terro, 10 à Afa, 13 à Campo, 21 à Guarguale, 24 à Cauro, 30 à Grosseto-Prugna, 14 à Ucciani, 13 à Vico, et 35 à Calcatoggio... Globalement, leur présence fut très paisible.

 

     Cependant, le gouvernement français affrêta deux vapeurs, l'"Aquitaine" et la "Provence", pour les envoyer au Brésil, comme cela avait été prévu: 1.075 Russes embarquèrent… et 458 revinrent, les Brésiliens les ayant jugés inaptes au travail agricole.

 

     Il fut alors décidé de les renvoyer tous à Constantinople. A cet effet, le "Burgeister von Melle" se présenta le 13 septembre dans le port d’Ajaccio. Mais, une rumeur ayant couru que les réfugiés allaient être livrés aux communistes de Russie, nombre d’entre eux s’enfuirent, souvent cachés par la population ajaccienne, scandalisée qu'on envoie ces braves gens à une mort certaine.

 

"Le Petit Marseillais", 15 septembre 1921.

"Le Petit Marseillais", 15 septembre 1921.

 

     Finalement, après de nombreuses péripéties, le "Burgeister von Melle" repartit avec seulement 650 Russes.

 

"Le Petit Marseillais", 18 septembre 1921.

"Le Petit Marseillais", 18 septembre 1921.

 

     A la fin de l’année 1921, il restait 1.500 Russes blancs en Corse.

 

     C'est enfin le 15 juin 1922 que ferma la caserne Livrelli qui servait de centre d’hébergement. Les réfugiés avaient pu s’installer où ils voulaient et où ils pouvaient. En tout cas, ils n’étaient plus à la charge du gouvernement français (et des contribuables). Très vite, un fort courant migratoire fit partir les Russes de Corse vers le continent, où ils espéraient trouver de meilleurs salaires.

 

     Leur nombre dans l’île chuta rapidement puis remonta légèrement.

 

     Bruno BAGNI en arrive à estimer que, finalement, «environ 200 passagers du "Rion" ont dû faire souche en Corse».

 

     Il précise :

«Les travailleurs russes ont été soigneusement dispersés dans l'île. En janvier 1922, des réfugiés sont officiellement signalés dans 80 communes corses. Le saupoudrage est étonnant: à l'exception d'Ajaccio, qui abrite dans la première moitié des années 20 une communauté d'une centaine de Russes, on n'observe nulle part ailleurs de concentration importante; tout au plus relève-t-on entre 15 et 20 individus à Bastia en 1924, et 12 à Volpajola la même année. Partout ailleurs, il n'y a jamais plus de dix réfugiés par commune à partir de 1923. Dans beaucoup de villages, "U Russio", comme on l'appelle le plus couramment, est le seul étranger. On signale par exemple un individu isolé au début de 1923 à Zivaco, Grosseto Prugna, Albitreccia, Guagno, Cargèse, Appietto, Evisa, Letia, Urbalacone, Ciamannacce, Cozzano, Vero, Ucciani, Ota, Cutoli, San Nicolao, Penta di Casinca, Ile Rousse, Corte et Giuncheto.

En 1939, le processus de naturalisation est terminé, puisqu'on ne trouve alors en Corse plus que 3 réfugiés russes, lesquels n'ont vraisemblablement pas souhaité devenir français.»

 

     Que se passa-t-il pour les Russes de Guagno-les-Bains ? Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», on peut lire :

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?

- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

 

     En tout cas, le relevé des tombes dans le cimetière de Guagno-les-Bains, effectué par Joëlle LAGRANGE, ne donne aucun nom d’origine slave.

 

     Un exemple d’enracinement existe dans la brochure consacrée à Muna par l’association A Mimoria (aimablement prêtée par Jean-Baptiste PAOLI, de Soccia). Dans la liste des familles autrefois présentes dans ce village, il est écrit :

«BIKODOROFF, nom apparu vers 1939 à la suite du mariage d’une jeune fille NIVAGGIOLI avec un homme d’origine russe».

 

     Des personnes ayant ce patronyme se trouvent maintenant à Murzo, Letia et Appietto.

 

     Même s’il reste quelques noms slaves en Corse, tous les passagers du «Rion» et leurs descendants se sont complètement intégrés et sont devenus de vrais Corses.

 

     Il ne reste donc plus de traces du village russe de Guagno-les-Bains, qui était peut-être au pied de Libbiu. La scierie où les Russes travaillaient aurait-elle été celle qui fut un temps installée dans les ruines de l’ancien hôpital militaire? Pourquoi sont-ils partis? Parce qu’il n’y avait plus de travail?

 

     Mimi CANALE étant né en 1923, ses souvenirs doivent dater des années 30, ce qui pose la question de savoir si ces travailleurs étaient d’anciens passagers du « Rion » ou d’autres exilés passés par le Continent.

 

     Autre question : pourquoi la mémoire collective poggiolaise a-t-elle totalement occulté ces faits?

 

     La question des Russes dans les Deux Sorru est un domaine à étudier. Ce blog accepterait volontiers d’y contribuer en publiant des témoignages ou des documents sur ces immigrants particuliers.

------------------------------------------------------

     Il existe une association de descendants de Russes en Corse. Elle a un site dont l'adresse est: 

http://www.kalinka-machja.com

Partager cet article
Repost0
24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 17:59

 

Qui n'a pas rêvé de voir s'animer les photos de famille et de voir bouger ses ancêtres? Sans d'adonner au spiritisme et sans faire tourner les tables, il est désormais possible de voir un de vos aïeux vous sourire.

 

Il suffit de se créer un compte sur le site MyHeritage, d’y télécharger un portrait quel qu’il soit et d’attendre une trentaine de secondes pour le voir s’animer. Ce service est accessible au grand public et simple d’utilisation, et même gratuit pour les premières photos.

 

La société israélienne MyHeritage utilise le logiciel d'intelligence artificielle Deep Nostalgia qui permet une simulation technologique de la façon dont la personne dans votre photo aurait bougé et regardé si elle était capturée en vidéo.

 

Les résultats sont nombreux sur les réseaux sociaux qui diffusent des portraits animés de personnages illustres ou inconnus. Même si les mouvements sont toujours un peu les mêmes (tête qui tourne légèrement, sourire, clignement des yeux), le résultat peut être saisissant ou émouvant.

 

 

Exemple: voici comment revit Judith CERATI:

 

Née en 1863 à Guagno et décédée à Poggiolo en 1933, Judith épousa Philippe FRANCESCHETTI (1857-1921), dont elle eut sept enfants.

 

Un de ses fils, Jean-Antoine, fut le grand-père de Jean-Pierre, Bernard, Michel, Monique et Marie-Claude.

 

Une de ses filles, Flaminie, mariée au Socciais Dominique Antoine OTTAVI, fut la mère de Félix et Judith, l'ancienne institutrice bien connue dans le canton, qui porte le prénom de sa grand-mère.

 

 

 


Judith Cerati - Kizoa Movie Maker

 

Cette petite vidéo a utilisé la photo ci-dessous.

On remarquera que Deep Nostalgia ne montre que la tête du sujet photographié. Les membres et le reste du corps ne sont pas pris en compte.

 

Admirez le sourire de Judith
Partager cet article
Repost0
4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 18:00

 

Parmi les anniversaires concernant nos villages, il ne faut pas oublier le décès, voici un siècle exactement, le 26 février 1921, de Philippe CERATI, Guagnais qui eut un rôle important pour les Marseillais et les Poggiolais.

 

 

MILITANT ET ELU

     Philippe CERATI naquit à Guagno le 5 janvier 1867. Après des études de pharmacie, il devint employé, rue de l'Arbre (actuelle rue Vincent Scotto) à Marseille, chez un pharmacien dont il épousa la fille.

 

     Il se lança très vite dans l'action politique. Militant du Parti Socialiste S.F.I.O., il se présenta aux élections de 1908 dans le quartier de la Belle-de-Mai et fut élu conseiller municipal de 1908 à 1912, puis en 1919 sur la liste de Siméon FLAISSIERES. Il en devint sixième adjoint, délégué aux emplacements. Il fut également administrateur du bureau de bienfaisance. Sa position lui permit de placer quelques compatriotes de Guagno ou de Poggiolo dans l'administration marseillaise.

 

     Libre penseur et anticlérical, il fut secrétaire adjoint de la section marseillaise de la Ligue des droits de l’Homme dès la fondation de celle-ci. Par ailleurs, il fut le fondateur des A.I.L. (Amis de l'Instruction Laïque) du sixième canton.

 
 
MORT DANS LA NUIT
     Il mourut accidentellement dans la nuit du 25 au 26 février 1921 asphyxié par une fuite de gaz, comme le raconte l'article paru dans "Le Petit Marseillais" du 27 février 1921:
 
Cliquer sur l'article pour le lire plus facilement.

Cliquer sur l'article pour le lire plus facilement.

 
     L'émotion fut intense dans les milieux de gauche.
 
     "Le Petit Marseillais", quotidien de droite, ne fit aucune relation des obsèques qui eurent lieu le 27 au 69 boulevard Saint-Charles (actuel boulevard Camille Flammarion). Dans l'autre camp, "Le Petit Provençal" en fit un grand compte-rendu.
 
 
DES OBSÈQUES PUREMENT CIVILES
     Le corbillard, dont le poële (le drap mortuaire) était tenu par six adjoints, était suivi par le fils et le frère du défunt (Antoine, lui-même conseiller général), puis le sénateur-maire FLAISSIÈRES et tout le conseil municipal, la plupart des membres du conseil général et les chefs des services de la mairie. Une "affluence considérable" était venue, d'après l'article.
 
    Le discours du maire fut une longue suite de compliments:
"homme politique ardent, convaincu, plein de loyauté courageuse, plein de haute droiture", il "était une conscience, il ne connut jamais la peur, sa pensée resta libre sous le seul contrôle définitif de sa froide raison".
Il y a cent ans, le décès accidentel de Philippe CERATI
     Ces obsèques avaient été annoncées comme "purement civiles". D'ailleurs, elles eurent lieu un dimanche, ce que les catholiques ne font jamais. Cela correspondait bien aux idées du défunt.
 
     La tête du cortège, avant même le corbillard, était formée par  les Amis de l'Instruction Laïque de la Blancarde, la Libre Pensée de Saint-Antoine et la Libre Pensée du groupe Anatole-de-la-Forge. de nombreuses associations de gauche étaient présentes: la SFIO, tout comme le groupe antireligieux Le Chêne.
 
     Ensuite, le cercueil fut "placé au dépositoire en attendant qu'on le transporte dans son pays natal", c'est-à-dire à Guagno.
 

     Trois ans plus tard, le 15 janvier 1924, à la demande du groupe socialiste, le conseil municipal décida de donner son nom à la place, au début du boulevard de la Blancarde, pour l'aménagement de laquelle Philippe CERATI s'était dévoué.

 

Plaque de l'artiste marseillais Bernard BRANDI, décorant la place Philippe CERATI.

Plaque de l'artiste marseillais Bernard BRANDI, décorant la place Philippe CERATI.

 

SES LIENS POGGIOLAIS

 

     Judith (1863-1933), la soeur de Philippe CERATI, épousa Philippe FRANCESCHETTI (1857-1921), lieutenant de la territoriale, originaire de Poggiolo.

 

De leur fils aîné Jean-Antoine (1897-1987), descendent les actuels FRANCESCHETTI, ALESSANDRI, ATLAN, CALDERONI et CAO.

 

Partager cet article
Repost0
28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 19:10

 

Un grand journaliste est mort samedi 27 février à Monaco: Jean-Luc GALLINI.

 

Ce nom est lié à l'histoire de RMC (Radio Monte Carlo) dont il dirigea longtemps les informations puis toute la station. Son nom évoque les années 60-70-80 où, en Corse, la radio monégasque était pratiquement la seule qui pouvait être captée sur les transistors que l'on amenait à la rivière ou à la plage de Sagone.

 

La biographie parue dans "La Provence" de dimanche 28 février est reproduite à la fin de cet article.

 

 © photo Yves Mugler, illustrant le tweet de Jean-Pierre Foucault annonçant le décès de son ancien collègue et patron.

© photo Yves Mugler, illustrant le tweet de Jean-Pierre Foucault annonçant le décès de son ancien collègue et patron.

 

Les habitants des Deux Sorru sont plus particulièrement touchés par ce décès car il touche l'un des leurs.

 

Jean-Luc GALLINI, né en 1938 à Tunis, était le fils de Martin et le petit-fils de Jean-François, qui fut avocat-défenseur à Sousse, conseiller général de Vico entre 1908 et 1921, et sénateur de Corse de 1920 à sa mort en 1923. Jean-François GALLINI contribua à fournir en Tunisie de nombreux emplois pour les compatriotes de Vico, Soccia, Poggiolo et des villages voisins.

 

Sa carrière a déjà été racontée sur ce blog.

 

Dans le livre collectif "Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes" (ed. Piazzola, 2016), une contribution de Michel FRANCESCHETTI fournit la biographie de celui qui fut surnommé "l'empereur du Sahel".

 

Nous adressons toutes nos condoléances à la famille GALLINI, et notamment à Philippe, le fils de Jean-Luc, journaliste à "La Provence".

Décès de Jean-Luc Gallini
Partager cet article
Repost0
29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:03

 

"Les Mexicains arrivent. Il y a la Riboluzione contre la force armée! Les Mexicains, i Mexicani!".

 

 

En poussant ces cris dans un mélange de français, de corse et d'espagnol, Marc Antoine CECCALDI se mit à courir dans la maison de la famille CECCALDI et dans la rue de Poggiolo. Il fut difficile de le calmer. Il est vrai que, en ce matin du 26 septembre 1892, le village avait un aspect inhabituel. Un groupe d'hommes armés venait d'arriver et se rafraîchissait chez le maire Pierre MARTINI.

 

 

 

UNE EXPÉDITION SANGLANTE

 

Ces hommes n'étaient pas Mexicains mais Guagnais. Sous la direction du maire de Guagno Jean-François LECA, cinquante-deux villageois, dont trente-quatre avec des fusils, avaient monté cette expédition pour aller à Soccia, chef-lieu du canton, s'opposer à la proclamation des résultats de l'élection d'un conseiller d'arrondissement. L'affaire tourna très mal car, à l'entrée de Soccia, ils affrontèrent les gendarmes dont deux furent tués (voir l'article Les Mexicains arrivent (première partie)).

 

L'affaire fit grand bruit dans toute la France et même à l'étranger (voir l'article La conclusion de l'affaire de 1892 dans la presse). En juin 1893, trois Guagnais dont le maire furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, sept à vingt ans de bagne et une dizaine à diverses peines.

 

De Poggiolo au Mexique et retour avec les Ceccaldi père et fils

 

Mais pourquoi l'arrivée de cette troupe avait-elle provoqué un tel émoi chez cet homme de soixante ans?

 

Marc Antoine CECCALDI était né à Poggiolo en 1832. Son père Saverio (1784-1865) avait eu également deux filles, Maria Lilla (1830-1903) et Marie Magdeleine (1836-1898), et un autre fils François Marie, né en 1829.

 

Mais François Marie avait été tué en 1851, à l'âge de 21 ans, dans une bagarre à la sortie d'un bal à Soccia.

 

 

 

LE SÉJOUR MEXICAIN

 

Un peu plus tard, profitant de l'expédition militaire française au Mexique (1862-1867), Marc Antoine s'installa dans ce pays et y resta après le départ de l'armée de Napoléon III.

 

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

 

Il s'installa à La Piedad, dans l'Etat de Michoacan, sur la côte de l'Océan Pacifique. C'est là que naquit son fils le 4 janvier 1869. Il l'appela François Marie en souvenir de son malheureux frère. La tradition orale poggiolaise lui donne comme mère une Mexicaine. Mais, sur le registre matricule militaire (fiche 9 NUL 30/2147– Archives Pumonti), il est inscrit le nom de "feue Thérèse COLONNA", une Corse donc, et morte avant 1891, date de la rédaction de sa notice individuelle.

 

Marc Antoine revint en Corse, longtemps après, en 1892, avec son fils François Marie, semble-t-il. Arrivé à Vico en voiture à cheval, il continua à pied. Mais, ayant quitté le village depuis trente ans, il se trompa de route après Sorru et arriva à Guagno, d'où il repartit, toujours à pied, pour Poggiolo. 

 

Il était donc arrivé depuis quelques mois dans la maison familiale quand, le 26 septembre 1892, il entendit le remue-ménage provoqué par la troupe des Guagnais en route pour leur coup de force à Soccia. Surpris par ce bruit et la vue des armes, il s'affola, se crut revenu dans les turbulences mexicaines et se mit crier et à gesticuler comme décrit au début de cet article.

 

 

Fut-ce le choc de cet événement? Toujours est-il qu'il mourut le 21 novembre 1893.

 

 

 

UN MEXICAIN DANS L'ARMÉE FRANÇAISE

 

Que devint le fils de Marc Antoine?

 

François Marie, inscrit sur les listes françaises de recensement militaire, fut déclaré insoumis le 30 juin 1891 pour ne pas s'être présenté au conseil de révision. Mais il obtint un non-lieu en se présentant volontairement au bureau de recrutement d'Ajaccio le 3 juin 1893. Il semble que, avant de quitter le continent américain, il ait servi dans l'armée mexicaine.

 

En tout cas, il fit ensuite carrière dans les troupes coloniales françaises pendant une quinzaine d'années, jusqu'en 1909: 4e, 13e et 4e régiments de marine, puis 22e régiment d'infanterie coloniale. Il servit notamment pendant la seconde campagne de conquête de Madagascar, d'avril 1895 à juin 1900, ce qui lui permit de recevoir plusieurs décorations. Il servit également à La Martinique.

 

François Marie vint habiter à Poggiolo où il était surnommé "El Mexicano". Six mois après avoir quitté l'armée, il se maria le 30 octobre 1909 avec Angèle Françoise MARTINI (1867-1928), veuve de Xavier VINCIGUERRA (1850-1905).

 

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

 

 

 

SOLDAT ET AGRICULTEUR

 

Quand éclata la première guerre mondiale, en août 1914, l'armée française le rappela. Il fut versé dans l'infanterie, puis dans l'artillerie. Contre l'Allemagne, ses états de service enregistrés concernèrent la période du 2 aout 1914 au 23 février 1917. A cette dernière date, François Marie fut "détaché agricole comme propriétaire exploitant à Poggiolo".

 

Libéré de toute obligation militaire le 1er décembre 1918, "El Mexicano" put profiter de sa retraite jusqu'à son décès le 12 novembre 1931.

 

----------------------------------------------

Certains renseignements qui ont permis de rédiger cet article ont été trouvés dans le registre matricule militaire des Archives de Corse et dans les fiches généalogiques rédigées par Pierre LECCIA sur le site GENEANET. D'autres ont été fournis par Xavier PAOLI.

---------------------------------------------- 

 

Articles en rapport avec l'affaire de 1892:

Partager cet article
Repost0
12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 18:02

 

Le respect des morts se perdrait-il à Poggiolo? On pourrait en douter en voyant l'état du ciment!ère privé. Peu connu, ce cimetière est placé au-dessus du cimetière communal, de l'autre côté du chemin menant à Orto. 

 

Extrait du plan cadastral (d'après le site Géoportail).

Extrait du plan cadastral (d'après le site Géoportail).

 

Il contient une douzaine de tombes des familles MARTINI, DEMARTINI et DESANTI. Les dates de décès  encore déchiffrables se situent entre la fin du XIXème siècle et 1945.

 

Depuis dix ans, où ce blog l'avait déjà présenté (voir l'article “Un cimetière privé“), une véritable jungle s'est installée.

 

Le cimetière est bien caché par la végétation. On devine juste une amorce de sentier dans sa direction alors que, en 2010, les murs étaient bien visibles.

 

En juillet 2020.

En juillet 2020.

En août 2010.

En août 2010.

 

A l'époque, la mairie avait fait dégager les abords, sans y être contrainte puisque ce terrain est privé.

 

L'entrée est constituée par un portail métallique à double battant. Il pourrait, mais rien ne le prouve, être l'oeuvre d'un DESANTI qui fut forgeron à Poggiolo voici un bon siècle et dont le talent était renommé.

 

La rouille a fait son travail.

 

Surtout, à travers l'entrée, on voit que l'intérieur a bien changé.

 

Il y a 10 ans...

Il y a 10 ans...

... et maintenant.

... et maintenant.

 

Et c'est bien le cas.

 

Cimetière ou jungle?

 

En face, le mausolée de Toussaint DEMARTINI (1868-1935) se détachait largement.

 

 

Cimetière ou jungle?

 

Maintenant, il est complètement invisible.

 

Cimetière ou jungle?

 

A droite, les croix en pierre ou en métal étaient bien soignées.

 

Cimetière ou jungle?

 

Actuellement, elles ont du mal à émerger de la végétation.

 

Cimetière ou jungle?

 

A gauche de l'entrée, arbustes et fougères s'en donnent à coeur joie.

Ils cachent complètement le coin, bien dégagé en 2010, où reposent Jean Martin DESANTI (1846-1922) et son épouse Rose (1837-1898).

Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?

 

Un de leurs descendants vient de réussir à les dégager le 26 juillet dernier.

 

Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?

 

Mais le reste du terrain? Et le portail? Quel va être l'avenir de ce cimetière privé, cette particularité poggiolaise?

Partager cet article
Repost0
13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 18:00

Quel que soit le système de retraite auquel on est soumis, il est fondamental de pouvoir reconstituer sa carrière. Actuellement, la Caisse d'assurance Retraite conserve en principe les traces des salaires versés depuis le premier emploi. Mais, avant la création de la Sécurité Sociale, les preuves étaient parfois difficiles à retrouver.

 

Pour les prêtres, leur diocèse conserve les éléments de leur activité, comme dans le document que le blog présente aujourd'hui. Aimablement communiqué par la famille CHABROLLE, il donne les étapes de la vie religieuse du chanoine Charles DESANTI.

 

 

la carrière du chanoine Desanti.

la carrière du chanoine Desanti.

 

Ce document a été écrit par le Père STEFANI, vicaire général de l'évêque Augustin SIMEONE, né à Marseille en 1863, qui avait été nommé à Ajaccio en 1916.

 

Il est tout à fait officiel avec l'en-tête de l'Evêché d'Ajaccio et le cachet de l'évêque avec son seul prénom d'Augustin. Il date du 4 juin 1918.

 

Augustin Simeone, évêque d'Ajaccio (1916-1926)

Augustin Simeone, évêque d'Ajaccio (1916-1926)

 

Charles DESANTI est né à Poggiolo le 25 mai 1844 et déclaré à la mairie le 26 par son père Jean DESANTI, né en 1808 et décédé en 1883. Sa mère était Julie ANTONINI (1808-1851), l'épouse de Jean.

 

 

Cliquez sur les images pour les agrandir.
Cliquez sur les images pour les agrandir.

Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

Le couple donna naissance à un autre garçon, Pierre François, qui eut plusieurs enfants dont Jean Hyacinthe (1889-1944), lequel fut le grand-père de Rose-Marie CHABROLLE et  de Jean José et François BARTOLI. Charles était donc leur arrière-grand-oncle.

 

La carrière de Jean Hyacinthe a été décrite dans l'article "Un Poggiolais au Mali".

 

D'après le document épiscopal, Charles DESANTI fut ordonné prêtre le 17 décembre 1870, à l'âge de 26 ans. Après 47 ans de carrière ecclésiastique, il démissionna en 1917, à 73 ans.

 

Ce certificat ne précise pas que, étant élève du grand séminaire d'Ajaccio, il fut, conformément à la loi de l'époque, dispensé du service militaire le 6 mai 1865 (précision trouvée dans les registres de matricule militaire).

 

La carrière de Charles débuta comme vicaire à Renno. Puis, après avoir été professeur au pensionnat St Louis de Bastia, il monta en grade: administrateur d'une paroisse, desservant d'une autre, puis curé en 1893. Son affectation la plus courte fut Zicavo (moins d'un mois en 1896) et la plus longue Bastelica (15 ans et demi, jusqu'à sa retraite).

 

La carte de ses nominations montre que, à part son professorat à Bastia, il est resté dans la partie occidentale de la Corse, du côté d'Ajaccio.

 

 

Même les prêtres doivent préparer leur retraite

 

Nous ne connaissons pas encore sa date ni son lieu de décès et nous espérons recevoir plus de précisions sur sa vie.

 

En tout cas, il est un bon exemple de ces Poggiolais dont les familles (Desanti, Franceschetti, Martini, Pinelli, ...) tenaient, jusqu'au début du XXe siècle, à avoir, presque à chaque génération, un de leurs membres sous l'habit religieux.

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 18:00

Pour reconstituer le passé des Poggiolais, comme de toute communauté, quand il n'existe plus de témoins, on se sert de documents. Mais encore faut-il qu'ils ne soient pas erronés. Même des papiers officiels peuvent comporter des erreurs. 

 

Après la seconde guerre mondiale, des dossiers furent ouverts pour attribuer le titre de résistant aux Français ayant lutté contre l'occupation allemande. Ils sont consultables au Service Historique de la Défense à Vincennes où ils ont été rassemblés.

 

On peut y trouver une attestation officielle attribuée le 9 juillet 1946 à Philippe FRANCESCHETTI, né à Poggiolo et résidant au 102 boulevard Chave, à Marseille.

 

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Ce papier est tout à fait officiel et sérieux. Il est signé par Jean PAOLI qui commandait le groupe "Paris" des Milices Socialistes (regroupant des militants des Jeunesses Socialistes et de la SFIO), sous la direction du responsable régional Paul TROMPETTE (ce n'était pas un pseudonyme mais son véritable nom).

 

Nous pouvons ainsi savoir que ce Poggiolais faisait partie de ce groupe de résistants depuis le 1er janvier 1944 et que

 

"Agent de liaison et de renseignements, a participé les armes à la main, aux combats de rues livrés pour la libération de Marseille, du 19 au 31 AOUT 1944, dans le secteur: Bd Merentié, Cannebière-Castellane-Réformés."

 

Point de détail: il ne faut pas s'étonner de voir écrit "Canebière" avec deux "n" car l'orthographe actuelle date de 1927 et mit du temps à s'imposer.

 

Un "certificat d'appartenance" de Philippe FRANCESCHETTI aux FFI (Forces Françaises de l'Intérieur), établi quatre ans plus tard, le 17 mai 1950, précise:

 

"Agent de liaison inter-groupe, a contribué également à recruter des combattants pour nos corps-francs".

 

On peut être content: ces documents permettent de bien connaître l'activité d'un résistant et ils sont incontestables car bardés de signatures et de tampons officiels.

 

Pas si simple: une lettre remet tout en cause.

 

 

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Un courrier du colonel CHASSON, directeur régional du recrutement et de la statistique, daté du 8 décembre 1955, demande au général de Corps d'Armée GROSSIN commandant la 9ème Région Militaire une vérification de l'appartenance aux FFI de Philippe FRANCESCHETTI. La raison en est une incohérence:

 

"L'intéressé déclare avoir été déporté en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire d'octobre 1943 au 29/6/1945. Or, le présent certificat lui attribue des services FFI pendant une partie de cette période".

 

La contradiction est flagrante.

 

Le dossier de Vincennes contient la façon dont le problème fut résolu. La semaine suivante, le général GROSSIN envoya une lettre à Philippe FRANCESCHETTI au 102 boulevard Chave et une autre, toujours à Philippe FRANCESCHETTI, au 3 rue Breteuil pour une convocation à l'Etat-Major de la Région, 57 boulevard Périer. Tout s'éclaircit alors: il y avait deux Philippe FRANCESCHETTI.

 

L'un, Philippe Antoine Pascal, surnommé Filippone, était né le 26 mai 1901. Militant laïc et socialiste de toujours, il avait bien été dans la Résistance.

 

L'autre Philippe, son neveu, était né le 5 novembre 1922 et, requis par le STO, il avait été déporté en Allemagne orientale. Au moment des combats de la Libération, il se trouvait à Wittenberg, la ville où vécut Martin LUTHER.

 

Les deux Philippe.Les deux Philippe.

Les deux Philippe.

 

Du coup, tous les documents du dossier ont été rectifiés... avec dix ans de retard!

La date de naissance de 1922 a été barrée et l'année 1901 a été ajoutée à la main.

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.
Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Les homonymies sont fréquentes dans les familles corses à cause de l'habitude de donner le même prénom à presque chaque génération. Des exemples ont été donnés dans un article précédent.

 

Ainsi, dans la généalogie des FRANCESCHETTI, on compte huit Philippe décédés et un vivant.

 

Mais il n'empêche que les services dépendant de l'Etat doivent faire attention quand ils mettent en forme des documents officiels...

 

... Et, surtout, la recherche historique oblige à bien étudier, comparer et critiquer toutes les sources.

 

--------------------------

Renseignements supplémentaires sur les adresses:

le 102 boulevard Chave fut le domicile de Jean-Antoine, le frère du Philippe résistant et le père du Philippe déporté du travail et de Jean-Martin;

le 3 rue Breteuil fut le domicile de Jean-Martin, le frère du Philippe STO, jusqu'en 1953, date à laquelle il s'installa avec épouse et enfants à la rue d'Endoume.

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 18:00

La recherche des ancêtres est une activité qui a beaucoup de succès. Mais les difficultés peuvent rebuter les débutants, surtout pour les familles corses.

Nous pouvons donc saluer la parution du numéro 244 (octobre-novembre 2019) de "La Revue Française de Généalogie" qui consacre un dossier aux particularités de la Corse.

 

 

Une aide précieuse pour les généalogistes corses

L’organisation du Congrès national de généalogie à Ajaccio offre l’occasion pour cette revue de dresser une photographie des particularités généalogiques et archivistiques de la Corse.

 

Ainsi, on tord le cou à la légende selon laquelle il n'existait pas de patronymes en Corse avant 1769.

 

La revue met en avant des particularités comme les traités de paix entre les familles pour mettre fin à une vendetta.

 

Tony LEPORATI donne les significations des abréviations les plus courantes 

- Fu': personne décédée

- Spurio: enfant illégitime

- Avo: grand-père

- N. Nob. n.: noble

- Cap.: capitano

- Ms: messer

- Sig. (Signor): monsieur

 

Une place est évidemment faite aux archives italiennes (et pas seulement génoises) et aux archives mises en ligne par le département.

Le plus ancien document d'état-civil de Poggiolo: actes de baptême de 1739.  Cliquez dessus pour l'agrandir.

Le plus ancien document d'état-civil de Poggiolo: actes de baptême de 1739. Cliquez dessus pour l'agrandir.

 

 

Depuis 40 ans, La Revue française de Généalogie est le partenaire des généalogistes. Elle apporte méthodes et conseils pour les guider précisément dans leurs recherches.

Elle est disponible chez les marchands de journaux au prix de 5,90 € ou sur le site de la revue.

 

 

Sommaire de ce numéro:

MAGAZINE

 

Grand angle • Le casse-tête des noms de lieux qui changent

La réforme territoriale modifie et crée de nombreux toponymes de manière heureuse… ou malheureuse. Comment se sont opérés ces changements et quels impacts pour le généalogiste ?

Portrait • Sylvain Athénour

Responsable FamilySearch des projets pour l’Europe francophone

L’homme-orchestre de la numérisation mormone

Avec Sylvain Athénour, FamilySearch dispose d’une carte maîtresse dans les discussions à mener avec les services d’Archives. Chargé de négocier et suivre les projets de numérisation en France et en Europe francophone, ce Toulousain, discret mais efficace, enchaîne les initiatives dans les Hautes-Alpes, en Seine-Saint-Denis, dans le Gers ou encore à Paris.

 

Vous avez le droit : La communicabilité des documents électoraux • Echos du monde • Simplifier l’accès aux instruments de recherche

 

METHODES & RESSOURCES

 

Grand angle • Les recherches généalogiques en Corse

L’organisation du Congrès national de généalogie à Ajaccio nous offre l’occasion de dresser une photographie des particularités généalogiques et archivistiques de la Corse.

 

Les cas pratiques de Jean-Louis Beaucarnot • L’identité mystérieuse révélée par un accident

Une légende familiale, un petit papier encadré de noir… Voici de quoi titiller l’intérêt d’un jeune généalogiste de 30 ans, curieux d’identifier la femme qui aurait été la bien-aimée de son aïeul. C’est un pari gagné grâce aux arbres en ligne, à la presse ancienne et aux possibilités offertes par les formulaires de recherche.

 

Bon à savoir • Comment calculer un lien de parenté ?

En généalogie, on le répète à l’envi : « nous sommes tous cousins ». Oui, mais encore ? Dans quelle mesure ? La parenté est la clef de voûte de la généalogie puisque toute quête de ses aïeux vise à établir les liens de parenté entre différents individus. D’où la nécessité de bien appréhender cette notion et de savoir définir sans ambigüité le degré de parenté entre deux personnes.

 

Nos spécialistes vous répondent

 

Paléographie • écritures manuscrites imprimées

Double dose pour ce numéro avec ces deux extraits l’un d’un manuscrit l’autre d’un livre imprimé. Ils permettent de constater que le passage de l’écriture scripturale vers l’imprimerie ne s’est pas faite sans tâtonnement.

 

Repères historiques • Le Bon-Pasteur : refuges pour filles turbulentes

Jugées de mauvaises mœurs, orphelines ou en danger dans leur famille, nombre de jeunes filles furent accueillies dans des refuges tenus par des religieuses. Ce furent prières, travail et brimades qui composèrent le quotidien de ces pensionnaires.

 

Le testament, décrypter généalogique

 

BOITE À OUTILS

 

Grand angle • Le cru 2020 de Généatique

Comme chaque année, le CDIP profite de l’arrivée de l’automne pour sortir la nouvelle version de son logiciel de saisie familiale, Généatique. Présentation des innovations et améliorations majeures qui faciliteront à coup sûr le travail généalogique.

 

Heredis 2020 mise sur la localisation

 

Les noms de famille par Pierre-Gabriel Gonzalez

ALAPHILIPPE, CLÉRY, BERLIOZ VERDET, BOILOT, CASTEUBLE, CHAMOUILLET, KARST, LARDON, MANGIN, PARIS, VANAKER

 

Auteurs : Laurence Abensur-Hazan, Pierre-Valéry Archassal, Gabriel Audisio, Jean-Yves Baxter, Jean-Louis Beaucarnot, Marie Cappart, Pierre-Gabriel Gonzalez, Tony Leporati, Guillaume de Morant, Tony Neulat, Brigitte Rochelandet, Frédéric Ville

  • Nombre de pages : 68
  • Date d'édition : Octobre 2019

 

Partager cet article
Repost0
26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 20:04

En quoi un chantier de rénovation de rue à Marseille peut-il intéresser des gens de Guagno ou de Poggiolo?

 

Il en est pourtant ainsi avec les travaux du boulevard de la Blancarde. L'agrandissement des trottoirs et la création d'une voie cyclable ont lieu sur cette artère, et notamment devant la place CERATI. Le président du CIQ (comité d'intérêts de quartier) vient de protester contre les retards du chantier, contre le manque de concertation de la mairie et contre les défauts du projet de rénovation.

 

Il demande que la place Philippe CERATI, fermée depuis longtemps à cause de vandalisme sur son aire de jeux, soit transformée en "place de village, vivante, comme elle le fut autrefois, où l'on pourrait organiser des animations, des fêtes" ("La Provence" dimanche 22 septembre).

"La Provence" dimanche 22 septembre. Cliquer sur l'article pour l'agrandir.

"La Provence" dimanche 22 septembre. Cliquer sur l'article pour l'agrandir.

 

Cette place a reçu son nom en 1924, en mémoire de Philippe CERATI, adjoint au maire de Marseille, mort accidentellement en 1921. Né à Guagno en 1867, il devint pharmacien. Militant au parti socialiste, il fut élu à la mairie où il joua un rôle important.

 

Sa biographie a été publiée sur ce blog dans un article intitulé "La réponse à la devinette guagnaise".

 

Judith, la soeur de Philippe CERATI, épousa Philippe FRANCESCHETTI, lieutenant de la territoriale, originaire de Poggiolo. De leur union, descendent les FRANCESCHETTI, ALESSANDRI, ATLAN, CALDERONI et CAO.

 

 

Voici à quoi ressemblait l'aire de jeux de la place Cerati avant d'être vandalisée.

 Photo Michel Franceschetti (2008)

Photo Michel Franceschetti (2008)

 

Et la voici maintenant fermée, taguée, démontée et non entretenue.

Photo Michel Franceschetti (septembre 2019).

Photo Michel Franceschetti (septembre 2019).

 

La place est toujours signalée sur son côté gauche par une belle plaque, œuvre du grand artiste marseillais Bernard BRANDI.

 

Photo Michel Franceschetti 20 janvier 2008

Photo Michel Franceschetti 20 janvier 2008

Une plaque du même style et du même artiste existe quelques centaines de mètres plus loin, avenue Maréchal Foch.

Photo Google Maps (mai 2019).

Photo Google Maps (mai 2019).

 

Il n'est pas donc pas inutile de s'inquiéter de ce que devient le seul lieu de Marseille dédié à un Guagnais. 

 

Rappel: avec la place Philippe FRANCESCHETTI, un Poggiolais a également été honoré à Marseille. Voir l'article "Souvenir de Philippe Franceschetti".

 

Avez-vous connaissance d'autres villes où des voies portent le nom de personnes originaires de Poggiolo, Guagno, Orto ou Soccia?

 

 

Article rédigé par Michel Franceschetti,

arrière-petit-neveu de Philippe Cerati

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

Lisez "INSEME" de septembre en cliquant ICI:

--------------------------------------

CALENDRIER DES MESSES DE SEPTEMBRE:

suivre le lien

--------------------------------------

 

 

Marché communal

mercredi 15 septembre 

place Padrona à Vico,

de 9h à midi.

--------------------------------------

Le comité des fêtes organise confection et dégustation de bastelle à Poggiolo

Dimanche 31 octobre.

--------------------------------------

 

Vacances scolaires:

- Toussaint: du 23 octobre au 8 novembre

- Noël: du 18 décembre au 3 janvier

- Février: du 19 février au 7 mars

- Pâques: du 23 avril au 9 mai

- Fin des classes: 8 juillet

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

.

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Votre blog est maintenant sur Facebook. https://www.facebook.com/pages/ Poggiolo/167056470125907