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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 18:00

 

A Ajaccio, vient d'éclater une affaire qui peut faire réfléchir dans nos villages, notamment à Poggiolo.

 

Un projet immobilier est à l'arrêt car il empiète de quelques mètres carrés sur le terrain voisin. Or, ce terrain recèle un cimetière privé assez abandonné. Le promoteur a fait procéder à la fouille d'une tombe pour en déplacer la sépulture. Mais la loi interdit exhumation et déplacement de dépouille sur un terrain privé sans autorisation des familles. L'acte vient d'être révélé par "Corse-Matin" du 3 août et l'entreprise ne sait plus quoi faire de ce chantier.

 

L'affaire est présentée dans l'article ci-dessous qui peut être agrandi.

 

Un cimetière privé... de soins

 

A Poggiolo, il existe, en plus des caveaux familiaux et de la chapelle funéraire Desanti-Bartoli, un cimetière privé qui est placé un peu plus loin que le cimetière communal. L'affaire ajaccienne montre que l'entretien d'un tel lieu est nécessaire. 

 

L'an dernier, ce terrain était couvert par une dense végétation. Un descendant de Rose et Jean-Martin Desanti avait pu dégager les deux seules tombes de sa famille qui sont sur ce lieu. Mais un gros travail de débroussaillage est nécessaire pour l'ensemble de la douzaine de tombeaux. De plus, la grille d'entrée doit être remise en état. 

 

Toutes les familles concernées se doivent d'agir.

 

Photos d'août 2021.
Photos d'août 2021.

Photos d'août 2021.

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28 juillet 2022 4 28 /07 /juillet /2022 18:00

 

   Contre l'insécurité, il faut avoir la volonté de la combattre et s'en donner les moyens.  Un exemple en fut fourni voici exactement deux cents ans. 

 

 

Le ratage du guet-apens

    Entre 1820 et 1827, le bandit Théodore Poli, de Guagno, faisait régner la terreur dans la région vicolaise. Le 29 juillet 1822, le trésorier-payeur Pozzo di Borgo se trouvait à Guagno-les-Bains et devait se rendre à Vico porteur d'une grosse somme. Mais il avait reçu plusieurs messages de plus en plus menaçants de Brusco, le principal lieutenant de Théodore, qui voulait le racketter (même si le mot n'existait pas encore).

 

    Le maire de Poggiolo décida de faire escorter le fonctionnaire par une quarantaine de villageois armés.

 

   Théodore et Brusco s'étaient postés derrière un rocher, sur la route de Sorru, à environ 4 kilomètres de la station thermale. En voyant arriver la troupe, les bandits renoncèrent à lancer l'assaut. Ils se contentèrent de tirer quatre balles qui tombèrent aux pieds des paysans et ils s'enfuirent en montrant le poing tandis que les Poggiolais se moquaient d’eux.

 

   Il faut reconnaître que de tels actes furent rares et que Théodore poursuivit sa carrière jusqu'à sa mort cinq ans plus tard mais la réputation du maire en fut renforcée.

 

 

 

Pascal Paoli parrain d’un Poggiolais

    L’édile courageux était Carlo Francescu Pasquale Pinelli et il était le filleul de Pascal Paoli.

 

   Pour montrer leur attachement au Général de la Nation, plusieurs familles de notables lui demandèrent d’être le parrain de leurs fils. Jean-Laurent Arrighi a répertorié trois cas à Vico, entre 1756 et 1764, pendant la période de l’indépendance («Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ouvrage collectif, ed. Piazzola, 2016, pages 81 et 82).

 

   Le cas poggiolais est particulier car le baptême eut lieu en l’église Saint Siméon le 30 septembre 1795. Depuis juin 1794, sous l’influence de Pascal Paoli, la rupture avec la France révolutionnaire avait été votée par la Consulte de Corte et le royaume anglo-corse avait été institué. 

 

Fonts baptismaux de l'église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

Fonts baptismaux de l'église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

   

Le nouveau chrétien, fils de Gioan Natale Pinelli et de son épouse Maria Leca, reçut les prénoms de «Carlo francesco Pasquale».

 

   Le dernier prénom est aussi celui du parrain que l'acte de baptême appelle «Sua Xccelonza il Signore Generale Pasquale de Paoli», formule mise en valeur car écrite avec des lettres plus grosses que les autres et avec de grandes boucles. Elle est encadrée en rouge dans la reproduction ci-dessous.

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo

 

   Le doute n’est pas permis: ce personnage est bien Pascal Paoli, u «Babbu di a Patria», le Père de la Patrie corse.

 

   Le parrain n’était pas présent mais cette absence n’avait rien d’étonnant. Pascal Paoli n’était pas venu non plus aux baptêmes vicolais mentionnés ci-dessus. Il était remplacé par un mandataire. 

 

   Au moment de la cérémonie de Poggiolo, le vieux chef corse n’était d’ailleurs pas libre de ses mouvements. A Bastia, où il se trouvait alors, il était sous la surveillance constante des Anglais. Le 14 octobre, deux semaines après le baptême, il s’embarqua à Saint-Florent pour son exil en Angleterre où il finit sa vie. 

 

 

L’homme le plus cultivé de Corse

 

   Il est bon de savoir qui était l’homme qui représenta Pascal Paoli.

 

   L’acte du baptême indique que la procuration avait été attribuée «nella persona del Signor Dottor Giovantonio pinelli».

 

   Il est facile de reconnaître sous ces mots Gian Antonio Pinelli, surnommé «l’homme le plus cultivé de Corse».

 

   Né le 6 septembre 1760, Gian Antonio était le grand-oncle du jeune baptisé. Dans le document, il est qualifié de «Signor Dottor» car, entré dans les ordres, il devint docteur en théologie (1785) et en droit (1789).

 

   Au début de la Révolution Française, il fut élu à l’assemblée départementale puis à la consulte de 1794 qui désigna le roi d’Angleterre comme roi de Corse. Gian Antonio serait allé habiter Florence pendant la période du royaume anglo-corse. Mais il était pourtant bien présent au baptême de son petit-neveu. Sa signature est bien visible en bas du document, juste au-dessus de celle du curé Giovanni Bonifacy.

 

   Le nom et la signature sont mis en évidence ici par un soulignage vert. 

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo


 

 Une longue carrière

 

   Le filleul de Pascal Paoli vécut à Poggiolo.

 

   Carlo Francesco Pasquale devint greffier de justice de paix du canton de Soccia, peut-être avec l’aide de son grand-oncle Gian Antonio. Le représentant du Père de la Patrie lors du baptême était devenu un personnage important: dernier vicaire général du diocèse de Sagone, secrétaire général de la préfecture sous Napoléon Ier, invité au mariage de l’empereur avec Marie-Louise, il fut nommé sous la Restauration conseiller général du canton de Soccia, tout en étant curé de deuxième classe de Soccia avec autorité sur les desservants de Guagno, Orto et Poggiolo. 

 

   Il n’est pas interdit de penser qu’il ait permis à Carlo Francesco Pasquale de devenir maire de Poggiolo en été 1821 (à 26 ans!). A cette époque, les maires des petites communes n’étaient pas élus mais désignés par le préfet, donc avec l’accord du gouvernement.

 

    «L’homme le plus cultivé de Corse», qui avait, disait-on, la plus grande bibliothèque de Corse, servit fidèlement l’administration, favorisant la diffusion de la langue française dans la presse et les écoles corses. 

 

    Le filleul de Paoli fit de même dans son domaine. A partir de 1824, tous ses actes d’état-civil furent rédigés en français. En revanche, dans les documents où il fut remplacé par son adjoint Antoine François Pinelli, le texte était entièrement en italien. 

 

   Rappelons que l'obligation de rédiger les actes d'état-civil dans la seule langue française date de 1852.

 

   Le maire de Poggiolo n’utilisait chaque fois que son premier prénom sous la forme française de Charles, oubliant complètement Francesco et surtout Pasquale. Très souvent, il écrivait simplement: «Pinelli maire».

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo

 

   Sa fonction l’entraîna à enregistrer le décès de son grand-oncle Gian Antonio Pinelli, rappelé à Dieu le 26 décembre 1832 en la maison familiale de Poggiolo.   

 

Maison Pinelli (photo Michel Franceschetti).

Maison Pinelli (photo Michel Franceschetti).

 

   Maintenu à la tête de la municipalité poggiolaise sous la Monarchie de Juillet, Charles signa son dernier acte d’état-civil le 2 juillet 1847. Il décéda le 14 avril 1849 à l’âge de 54 ans. Il ne s’était pas marié et n’avait pas d’enfant.

 

    Paradoxalement, le filleul de Pascal Paoli fut un acteur docile de la francisation à Poggiolo.

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La vie de Gian Antonio PINELLI, l'homme le plus cultivé de Corsea fait l'objet de trois articles de ce blog auxquels il est bon de se référer.

 

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29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 09:56

 

 

Par ses recherches continuelles, qu'il conduisit aussi bien aux Archives d'Ajaccio qu'à celles de Gênes, Xavier PAOLI put découvrir de nombreux pans oubliés de l'histoire de Poggiolo et de ses habitants.

 

Il en fit profiter les lecteurs de sa rubrique "Tempi fà" dans le journal "L'info...U Pighjolu" en 2007-2008. Il était souvent sollicité par des demandes de généalogies auxquelles il répondait toujours avec gentillesse et compétence.

 

Le document publié ici est l'histoire abrégée du village qu'il rédigea, à la demande de Jean-Martin FRANCESCHETTI, voici une quinzaine d'années sous forme de prospectus  destiné aux touristes et curieux.

 

Il constitue la base que devrait savoir chaque Poggiolais pour bien connaître ses racines.

 

 

Xavier ou la mémoire de Poggiolo
Xavier ou la mémoire de Poggiolo
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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 17:59

 

     Voici exactement un siècle, en 1921, la Corses connut une brusque arrivée d’étrangers venus chercher refuge. Ces migrants étaient des Russes.

 

     Le regretté Mimi CANALE, de Guagno-les-Bains, l’avait rappelé en avril 1998 dans le bulletin «INSEME», lors d’un entretien sur ses souvenirs :

«L’exploitation forestière était très importante. Il y avait plusieurs scieries le long du fleuve (…). En plus, il y avait une scierie de bois et, après la guerre de 14/18, une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café. Les camions venaient charger les billots vendus du côté de Sagone.»

 

Mimi CANALE

Mimi CANALE

 

     Qui étaient ces Russes ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans les Deux Sorru ?

 

     Nous pouvons trouver des réponses dans l’article «Les Russes en Corse» publié en 1998 dans la revue «Études Corses» n°49. L'auteur, Bruno BAGNI, est professeur agrégé d'histoire à Toulon. Le texte suivant s’inspire de ce texte, accessible à l’adresse :

http://leon.tourtzevitch.pagesperso-orange.fr/corse.pdf

 

     En Russie, après la prise du pouvoir par les bolchéviks (communistes) dirigés par LÉNINE  en 1917, une guerre civile éclata. A l’Armée rouge organisée par TROTSKI, s’opposaient les troupes blanches en majorité monarchistes mais comprenant aussi des républicains modérés. Après de grands succès, les troupes de DENIKINE, WRANGEL, KOLTCHAK, KORNILOV, MILLER et IOUDENITCH battirent en retraite.

 

Le général WRANGEL

Le général WRANGEL

 

     Les derniers combats eurent lieu en Crimée avec l’armée WRANGEL. En novembre 1920, les rescapés évacuèrent Sébastopol sous la protection de la flotte française. 146.200 réfugiés, dont 29.000 civils, arrivèrent à Constantinople. Certains trouvèrent ensuite refuge dans les Etats balkaniques, d’autres, croyant à des promesses de pardon, retournèrent dans la Russie communiste.

 

     En avril 1921, il restait encore 55.000 personnes dans les camps de réfugiés dont la France devait s’occuper. Le Brésil accepta d’en recevoir pour servir comme travailleurs agricoles. Le vieux paquebot « Rion », qui avait fait partie de la flotte WRANGEL, quitta la Turquie le 26 avril 1921 en direction de l’Amérique du Sud avec plus de 3700 réfugiés russes à bord. Les avaries provoquèrent une escale à Messine puis l’obligèrent à s’arrêter à Ajaccio.

 

 

Le "Rion"

Le "Rion"

 

     Le matin du 15 mai, les Ajacciens découvrirent ce navire ancré dans le golfe.

 

     Comme l’écrit Bruno BAGNI, «Voilà une petite cité insulaire de 20.000 habitants, qui voit en une journée sa population augmenter de 20%. Et qui sont ces 3.700 nouveaux venus? Des Russes, des Ukrainiens, des Cosaques, bref, quelque chose de plutôt exotique sous ces latitudes... Aucun doute sur ce point: l'arrivée du "Rion" a été L'ÉVÉNEMENT de l'année à Ajaccio».

 

"Le Petit Marseillais", 16 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 16 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 23 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 23 mai 1921.

 

     Les initiatives de la population ajaccienne pour aider les exilés furent nombreuses. A partir du 1er juin, les Russes furent autorisés à chercher un travail en Corse. Ils s’éparpillèrent et l’on compta : 20 Russes à Bastelicaccia, 17 à Zigliara, 14 à Eccica Suarella, 15 à Serra di Terro, 10 à Afa, 13 à Campo, 21 à Guarguale, 24 à Cauro, 30 à Grosseto-Prugna, 14 à Ucciani, 13 à Vico, et 35 à Calcatoggio... Globalement, leur présence fut très paisible.

 

     Cependant, le gouvernement français affrêta deux vapeurs, l'"Aquitaine" et la "Provence", pour les envoyer au Brésil, comme cela avait été prévu: 1.075 Russes embarquèrent… et 458 revinrent, les Brésiliens les ayant jugés inaptes au travail agricole.

 

     Il fut alors décidé de les renvoyer tous à Constantinople. A cet effet, le "Burgeister von Melle" se présenta le 13 septembre dans le port d’Ajaccio. Mais, une rumeur ayant couru que les réfugiés allaient être livrés aux communistes de Russie, nombre d’entre eux s’enfuirent, souvent cachés par la population ajaccienne, scandalisée qu'on envoie ces braves gens à une mort certaine.

 

"Le Petit Marseillais", 15 septembre 1921.

"Le Petit Marseillais", 15 septembre 1921.

 

     Finalement, après de nombreuses péripéties, le "Burgeister von Melle" repartit avec seulement 650 Russes.

 

"Le Petit Marseillais", 18 septembre 1921.

"Le Petit Marseillais", 18 septembre 1921.

 

     A la fin de l’année 1921, il restait 1.500 Russes blancs en Corse.

 

     C'est enfin le 15 juin 1922 que ferma la caserne Livrelli qui servait de centre d’hébergement. Les réfugiés avaient pu s’installer où ils voulaient et où ils pouvaient. En tout cas, ils n’étaient plus à la charge du gouvernement français (et des contribuables). Très vite, un fort courant migratoire fit partir les Russes de Corse vers le continent, où ils espéraient trouver de meilleurs salaires.

 

     Leur nombre dans l’île chuta rapidement puis remonta légèrement.

 

     Bruno BAGNI en arrive à estimer que, finalement, «environ 200 passagers du "Rion" ont dû faire souche en Corse».

 

     Il précise :

«Les travailleurs russes ont été soigneusement dispersés dans l'île. En janvier 1922, des réfugiés sont officiellement signalés dans 80 communes corses. Le saupoudrage est étonnant: à l'exception d'Ajaccio, qui abrite dans la première moitié des années 20 une communauté d'une centaine de Russes, on n'observe nulle part ailleurs de concentration importante; tout au plus relève-t-on entre 15 et 20 individus à Bastia en 1924, et 12 à Volpajola la même année. Partout ailleurs, il n'y a jamais plus de dix réfugiés par commune à partir de 1923. Dans beaucoup de villages, "U Russio", comme on l'appelle le plus couramment, est le seul étranger. On signale par exemple un individu isolé au début de 1923 à Zivaco, Grosseto Prugna, Albitreccia, Guagno, Cargèse, Appietto, Evisa, Letia, Urbalacone, Ciamannacce, Cozzano, Vero, Ucciani, Ota, Cutoli, San Nicolao, Penta di Casinca, Ile Rousse, Corte et Giuncheto.

En 1939, le processus de naturalisation est terminé, puisqu'on ne trouve alors en Corse plus que 3 réfugiés russes, lesquels n'ont vraisemblablement pas souhaité devenir français.»

 

     Que se passa-t-il pour les Russes de Guagno-les-Bains ? Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», on peut lire :

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?

- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

 

     En tout cas, le relevé des tombes dans le cimetière de Guagno-les-Bains, effectué par Joëlle LAGRANGE, ne donne aucun nom d’origine slave.

 

     Un exemple d’enracinement existe dans la brochure consacrée à Muna par l’association A Mimoria (aimablement prêtée par Jean-Baptiste PAOLI, de Soccia). Dans la liste des familles autrefois présentes dans ce village, il est écrit :

«BIKODOROFF, nom apparu vers 1939 à la suite du mariage d’une jeune fille NIVAGGIOLI avec un homme d’origine russe».

 

     Des personnes ayant ce patronyme se trouvent maintenant à Murzo, Letia et Appietto.

 

     Même s’il reste quelques noms slaves en Corse, tous les passagers du «Rion» et leurs descendants se sont complètement intégrés et sont devenus de vrais Corses.

 

     Il ne reste donc plus de traces du village russe de Guagno-les-Bains, qui était peut-être au pied de Libbiu. La scierie où les Russes travaillaient aurait-elle été celle qui fut un temps installée dans les ruines de l’ancien hôpital militaire? Pourquoi sont-ils partis? Parce qu’il n’y avait plus de travail?

 

     Mimi CANALE étant né en 1923, ses souvenirs doivent dater des années 30, ce qui pose la question de savoir si ces travailleurs étaient d’anciens passagers du « Rion » ou d’autres exilés passés par le Continent.

 

     Autre question : pourquoi la mémoire collective poggiolaise a-t-elle totalement occulté ces faits?

 

     La question des Russes dans les Deux Sorru est un domaine à étudier. Ce blog accepterait volontiers d’y contribuer en publiant des témoignages ou des documents sur ces immigrants particuliers.

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     Il existe une association de descendants de Russes en Corse. Elle a un site dont l'adresse est: 

http://www.kalinka-machja.com

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 17:59

 

Qui n'a pas rêvé de voir s'animer les photos de famille et de voir bouger ses ancêtres? Sans d'adonner au spiritisme et sans faire tourner les tables, il est désormais possible de voir un de vos aïeux vous sourire.

 

Il suffit de se créer un compte sur le site MyHeritage, d’y télécharger un portrait quel qu’il soit et d’attendre une trentaine de secondes pour le voir s’animer. Ce service est accessible au grand public et simple d’utilisation, et même gratuit pour les premières photos.

 

La société israélienne MyHeritage utilise le logiciel d'intelligence artificielle Deep Nostalgia qui permet une simulation technologique de la façon dont la personne dans votre photo aurait bougé et regardé si elle était capturée en vidéo.

 

Les résultats sont nombreux sur les réseaux sociaux qui diffusent des portraits animés de personnages illustres ou inconnus. Même si les mouvements sont toujours un peu les mêmes (tête qui tourne légèrement, sourire, clignement des yeux), le résultat peut être saisissant ou émouvant.

 

 

Exemple: voici comment revit Judith CERATI:

 

Née en 1863 à Guagno et décédée à Poggiolo en 1933, Judith épousa Philippe FRANCESCHETTI (1857-1921), dont elle eut sept enfants.

 

Un de ses fils, Jean-Antoine, fut le grand-père de Jean-Pierre, Bernard, Michel, Monique et Marie-Claude.

 

Une de ses filles, Flaminie, mariée au Socciais Dominique Antoine OTTAVI, fut la mère de Félix et Judith, l'ancienne institutrice bien connue dans le canton, qui porte le prénom de sa grand-mère.

 

 

 


Judith Cerati - Kizoa Movie Maker

 

Cette petite vidéo a utilisé la photo ci-dessous.

On remarquera que Deep Nostalgia ne montre que la tête du sujet photographié. Les membres et le reste du corps ne sont pas pris en compte.

 

Admirez le sourire de Judith
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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 18:00

 

Parmi les anniversaires concernant nos villages, il ne faut pas oublier le décès, voici un siècle exactement, le 26 février 1921, de Philippe CERATI, Guagnais qui eut un rôle important pour les Marseillais et les Poggiolais.

 

 

MILITANT ET ELU

     Philippe CERATI naquit à Guagno le 5 janvier 1867. Après des études de pharmacie, il devint employé, rue de l'Arbre (actuelle rue Vincent Scotto) à Marseille, chez un pharmacien dont il épousa la fille.

 

     Il se lança très vite dans l'action politique. Militant du Parti Socialiste S.F.I.O., il se présenta aux élections de 1908 dans le quartier de la Belle-de-Mai et fut élu conseiller municipal de 1908 à 1912, puis en 1919 sur la liste de Siméon FLAISSIERES. Il en devint sixième adjoint, délégué aux emplacements. Il fut également administrateur du bureau de bienfaisance. Sa position lui permit de placer quelques compatriotes de Guagno ou de Poggiolo dans l'administration marseillaise.

 

     Libre penseur et anticlérical, il fut secrétaire adjoint de la section marseillaise de la Ligue des droits de l’Homme dès la fondation de celle-ci. Par ailleurs, il fut le fondateur des A.I.L. (Amis de l'Instruction Laïque) du sixième canton.

 
 
MORT DANS LA NUIT
     Il mourut accidentellement dans la nuit du 25 au 26 février 1921 asphyxié par une fuite de gaz, comme le raconte l'article paru dans "Le Petit Marseillais" du 27 février 1921:
 
Cliquer sur l'article pour le lire plus facilement.

Cliquer sur l'article pour le lire plus facilement.

 
     L'émotion fut intense dans les milieux de gauche.
 
     "Le Petit Marseillais", quotidien de droite, ne fit aucune relation des obsèques qui eurent lieu le 27 au 69 boulevard Saint-Charles (actuel boulevard Camille Flammarion). Dans l'autre camp, "Le Petit Provençal" en fit un grand compte-rendu.
 
 
DES OBSÈQUES PUREMENT CIVILES
     Le corbillard, dont le poële (le drap mortuaire) était tenu par six adjoints, était suivi par le fils et le frère du défunt (Antoine, lui-même conseiller général), puis le sénateur-maire FLAISSIÈRES et tout le conseil municipal, la plupart des membres du conseil général et les chefs des services de la mairie. Une "affluence considérable" était venue, d'après l'article.
 
    Le discours du maire fut une longue suite de compliments:
"homme politique ardent, convaincu, plein de loyauté courageuse, plein de haute droiture", il "était une conscience, il ne connut jamais la peur, sa pensée resta libre sous le seul contrôle définitif de sa froide raison".
Il y a cent ans, le décès accidentel de Philippe CERATI
     Ces obsèques avaient été annoncées comme "purement civiles". D'ailleurs, elles eurent lieu un dimanche, ce que les catholiques ne font jamais. Cela correspondait bien aux idées du défunt.
 
     La tête du cortège, avant même le corbillard, était formée par  les Amis de l'Instruction Laïque de la Blancarde, la Libre Pensée de Saint-Antoine et la Libre Pensée du groupe Anatole-de-la-Forge. de nombreuses associations de gauche étaient présentes: la SFIO, tout comme le groupe antireligieux Le Chêne.
 
     Ensuite, le cercueil fut "placé au dépositoire en attendant qu'on le transporte dans son pays natal", c'est-à-dire à Guagno.
 

     Trois ans plus tard, le 15 janvier 1924, à la demande du groupe socialiste, le conseil municipal décida de donner son nom à la place, au début du boulevard de la Blancarde, pour l'aménagement de laquelle Philippe CERATI s'était dévoué.

 

Plaque de l'artiste marseillais Bernard BRANDI, décorant la place Philippe CERATI.

Plaque de l'artiste marseillais Bernard BRANDI, décorant la place Philippe CERATI.

 

SES LIENS POGGIOLAIS

 

     Judith (1863-1933), la soeur de Philippe CERATI, épousa Philippe FRANCESCHETTI (1857-1921), lieutenant de la territoriale, originaire de Poggiolo.

 

De leur fils aîné Jean-Antoine (1897-1987), descendent les actuels FRANCESCHETTI, ALESSANDRI, ATLAN, CALDERONI et CAO.

 

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 19:10

 

Un grand journaliste est mort samedi 27 février à Monaco: Jean-Luc GALLINI.

 

Ce nom est lié à l'histoire de RMC (Radio Monte Carlo) dont il dirigea longtemps les informations puis toute la station. Son nom évoque les années 60-70-80 où, en Corse, la radio monégasque était pratiquement la seule qui pouvait être captée sur les transistors que l'on amenait à la rivière ou à la plage de Sagone.

 

La biographie parue dans "La Provence" de dimanche 28 février est reproduite à la fin de cet article.

 

 © photo Yves Mugler, illustrant le tweet de Jean-Pierre Foucault annonçant le décès de son ancien collègue et patron.

© photo Yves Mugler, illustrant le tweet de Jean-Pierre Foucault annonçant le décès de son ancien collègue et patron.

 

Les habitants des Deux Sorru sont plus particulièrement touchés par ce décès car il touche l'un des leurs.

 

Jean-Luc GALLINI, né en 1938 à Tunis, était le fils de Martin et le petit-fils de Jean-François, qui fut avocat-défenseur à Sousse, conseiller général de Vico entre 1908 et 1921, et sénateur de Corse de 1920 à sa mort en 1923. Jean-François GALLINI contribua à fournir en Tunisie de nombreux emplois pour les compatriotes de Vico, Soccia, Poggiolo et des villages voisins.

 

Sa carrière a déjà été racontée sur ce blog.

 

Dans le livre collectif "Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes" (ed. Piazzola, 2016), une contribution de Michel FRANCESCHETTI fournit la biographie de celui qui fut surnommé "l'empereur du Sahel".

 

Nous adressons toutes nos condoléances à la famille GALLINI, et notamment à Philippe, le fils de Jean-Luc, journaliste à "La Provence".

Décès de Jean-Luc Gallini
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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:03

 

"Les Mexicains arrivent. Il y a la Riboluzione contre la force armée! Les Mexicains, i Mexicani!".

 

 

En poussant ces cris dans un mélange de français, de corse et d'espagnol, Marc Antoine CECCALDI se mit à courir dans la maison de la famille CECCALDI et dans la rue de Poggiolo. Il fut difficile de le calmer. Il est vrai que, en ce matin du 26 septembre 1892, le village avait un aspect inhabituel. Un groupe d'hommes armés venait d'arriver et se rafraîchissait chez le maire Pierre MARTINI.

 

 

 

UNE EXPÉDITION SANGLANTE

 

Ces hommes n'étaient pas Mexicains mais Guagnais. Sous la direction du maire de Guagno Jean-François LECA, cinquante-deux villageois, dont trente-quatre avec des fusils, avaient monté cette expédition pour aller à Soccia, chef-lieu du canton, s'opposer à la proclamation des résultats de l'élection d'un conseiller d'arrondissement. L'affaire tourna très mal car, à l'entrée de Soccia, ils affrontèrent les gendarmes dont deux furent tués (voir l'article Les Mexicains arrivent (première partie)).

 

L'affaire fit grand bruit dans toute la France et même à l'étranger (voir l'article La conclusion de l'affaire de 1892 dans la presse). En juin 1893, trois Guagnais dont le maire furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, sept à vingt ans de bagne et une dizaine à diverses peines.

 

De Poggiolo au Mexique et retour avec les Ceccaldi père et fils

 

Mais pourquoi l'arrivée de cette troupe avait-elle provoqué un tel émoi chez cet homme de soixante ans?

 

Marc Antoine CECCALDI était né à Poggiolo en 1832. Son père Saverio (1784-1865) avait eu également deux filles, Maria Lilla (1830-1903) et Marie Magdeleine (1836-1898), et un autre fils François Marie, né en 1829.

 

Mais François Marie avait été tué en 1851, à l'âge de 21 ans, dans une bagarre à la sortie d'un bal à Soccia.

 

 

 

LE SÉJOUR MEXICAIN

 

Un peu plus tard, profitant de l'expédition militaire française au Mexique (1862-1867), Marc Antoine s'installa dans ce pays et y resta après le départ de l'armée de Napoléon III.

 

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

 

Il s'installa à La Piedad, dans l'Etat de Michoacan, sur la côte de l'Océan Pacifique. C'est là que naquit son fils le 4 janvier 1869. Il l'appela François Marie en souvenir de son malheureux frère. La tradition orale poggiolaise lui donne comme mère une Mexicaine. Mais, sur le registre matricule militaire (fiche 9 NUL 30/2147– Archives Pumonti), il est inscrit le nom de "feue Thérèse COLONNA", une Corse donc, et morte avant 1891, date de la rédaction de sa notice individuelle.

 

Marc Antoine revint en Corse, longtemps après, en 1892, avec son fils François Marie, semble-t-il. Arrivé à Vico en voiture à cheval, il continua à pied. Mais, ayant quitté le village depuis trente ans, il se trompa de route après Sorru et arriva à Guagno, d'où il repartit, toujours à pied, pour Poggiolo. 

 

Il était donc arrivé depuis quelques mois dans la maison familiale quand, le 26 septembre 1892, il entendit le remue-ménage provoqué par la troupe des Guagnais en route pour leur coup de force à Soccia. Surpris par ce bruit et la vue des armes, il s'affola, se crut revenu dans les turbulences mexicaines et se mit crier et à gesticuler comme décrit au début de cet article.

 

 

Fut-ce le choc de cet événement? Toujours est-il qu'il mourut le 21 novembre 1893.

 

 

 

UN MEXICAIN DANS L'ARMÉE FRANÇAISE

 

Que devint le fils de Marc Antoine?

 

François Marie, inscrit sur les listes françaises de recensement militaire, fut déclaré insoumis le 30 juin 1891 pour ne pas s'être présenté au conseil de révision. Mais il obtint un non-lieu en se présentant volontairement au bureau de recrutement d'Ajaccio le 3 juin 1893. Il semble que, avant de quitter le continent américain, il ait servi dans l'armée mexicaine.

 

En tout cas, il fit ensuite carrière dans les troupes coloniales françaises pendant une quinzaine d'années, jusqu'en 1909: 4e, 13e et 4e régiments de marine, puis 22e régiment d'infanterie coloniale. Il servit notamment pendant la seconde campagne de conquête de Madagascar, d'avril 1895 à juin 1900, ce qui lui permit de recevoir plusieurs décorations. Il servit également à La Martinique.

 

François Marie vint habiter à Poggiolo où il était surnommé "El Mexicano". Six mois après avoir quitté l'armée, il se maria le 30 octobre 1909 avec Angèle Françoise MARTINI (1867-1928), veuve de Xavier VINCIGUERRA (1850-1905).

 

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

 

 

 

SOLDAT ET AGRICULTEUR

 

Quand éclata la première guerre mondiale, en août 1914, l'armée française le rappela. Il fut versé dans l'infanterie, puis dans l'artillerie. Contre l'Allemagne, ses états de service enregistrés concernèrent la période du 2 aout 1914 au 23 février 1917. A cette dernière date, François Marie fut "détaché agricole comme propriétaire exploitant à Poggiolo".

 

Libéré de toute obligation militaire le 1er décembre 1918, "El Mexicano" put profiter de sa retraite jusqu'à son décès le 12 novembre 1931.

 

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Certains renseignements qui ont permis de rédiger cet article ont été trouvés dans le registre matricule militaire des Archives de Corse et dans les fiches généalogiques rédigées par Pierre LECCIA sur le site GENEANET. D'autres ont été fournis par Xavier PAOLI.

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Articles en rapport avec l'affaire de 1892:

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 18:02

 

Le respect des morts se perdrait-il à Poggiolo? On pourrait en douter en voyant l'état du ciment!ère privé. Peu connu, ce cimetière est placé au-dessus du cimetière communal, de l'autre côté du chemin menant à Orto. 

 

Extrait du plan cadastral (d'après le site Géoportail).

Extrait du plan cadastral (d'après le site Géoportail).

 

Il contient une douzaine de tombes des familles MARTINI, DEMARTINI et DESANTI. Les dates de décès  encore déchiffrables se situent entre la fin du XIXème siècle et 1945.

 

Depuis dix ans, où ce blog l'avait déjà présenté (voir l'article “Un cimetière privé“), une véritable jungle s'est installée.

 

Le cimetière est bien caché par la végétation. On devine juste une amorce de sentier dans sa direction alors que, en 2010, les murs étaient bien visibles.

 

En juillet 2020.

En juillet 2020.

En août 2010.

En août 2010.

 

A l'époque, la mairie avait fait dégager les abords, sans y être contrainte puisque ce terrain est privé.

 

L'entrée est constituée par un portail métallique à double battant. Il pourrait, mais rien ne le prouve, être l'oeuvre d'un DESANTI qui fut forgeron à Poggiolo voici un bon siècle et dont le talent était renommé.

 

La rouille a fait son travail.

 

Surtout, à travers l'entrée, on voit que l'intérieur a bien changé.

 

Il y a 10 ans...

Il y a 10 ans...

... et maintenant.

... et maintenant.

 

Et c'est bien le cas.

 

Cimetière ou jungle?

 

En face, le mausolée de Toussaint DEMARTINI (1868-1935) se détachait largement.

 

 

Cimetière ou jungle?

 

Maintenant, il est complètement invisible.

 

Cimetière ou jungle?

 

A droite, les croix en pierre ou en métal étaient bien soignées.

 

Cimetière ou jungle?

 

Actuellement, elles ont du mal à émerger de la végétation.

 

Cimetière ou jungle?

 

A gauche de l'entrée, arbustes et fougères s'en donnent à coeur joie.

Ils cachent complètement le coin, bien dégagé en 2010, où reposent Jean Martin DESANTI (1846-1922) et son épouse Rose (1837-1898).

Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?

 

Un de leurs descendants vient de réussir à les dégager le 26 juillet dernier.

 

Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?
Cimetière ou jungle?

 

Mais le reste du terrain? Et le portail? Quel va être l'avenir de ce cimetière privé, cette particularité poggiolaise?

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 18:00

Quel que soit le système de retraite auquel on est soumis, il est fondamental de pouvoir reconstituer sa carrière. Actuellement, la Caisse d'assurance Retraite conserve en principe les traces des salaires versés depuis le premier emploi. Mais, avant la création de la Sécurité Sociale, les preuves étaient parfois difficiles à retrouver.

 

Pour les prêtres, leur diocèse conserve les éléments de leur activité, comme dans le document que le blog présente aujourd'hui. Aimablement communiqué par la famille CHABROLLE, il donne les étapes de la vie religieuse du chanoine Charles DESANTI.

 

 

la carrière du chanoine Desanti.

la carrière du chanoine Desanti.

 

Ce document a été écrit par le Père STEFANI, vicaire général de l'évêque Augustin SIMEONE, né à Marseille en 1863, qui avait été nommé à Ajaccio en 1916.

 

Il est tout à fait officiel avec l'en-tête de l'Evêché d'Ajaccio et le cachet de l'évêque avec son seul prénom d'Augustin. Il date du 4 juin 1918.

 

Augustin Simeone, évêque d'Ajaccio (1916-1926)

Augustin Simeone, évêque d'Ajaccio (1916-1926)

 

Charles DESANTI est né à Poggiolo le 25 mai 1844 et déclaré à la mairie le 26 par son père Jean DESANTI, né en 1808 et décédé en 1883. Sa mère était Julie ANTONINI (1808-1851), l'épouse de Jean.

 

 

Cliquez sur les images pour les agrandir.
Cliquez sur les images pour les agrandir.

Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

Le couple donna naissance à un autre garçon, Pierre François, qui eut plusieurs enfants dont Jean Hyacinthe (1889-1944), lequel fut le grand-père de Rose-Marie CHABROLLE et  de Jean José et François BARTOLI. Charles était donc leur arrière-grand-oncle.

 

La carrière de Jean Hyacinthe a été décrite dans l'article "Un Poggiolais au Mali".

 

D'après le document épiscopal, Charles DESANTI fut ordonné prêtre le 17 décembre 1870, à l'âge de 26 ans. Après 47 ans de carrière ecclésiastique, il démissionna en 1917, à 73 ans.

 

Ce certificat ne précise pas que, étant élève du grand séminaire d'Ajaccio, il fut, conformément à la loi de l'époque, dispensé du service militaire le 6 mai 1865 (précision trouvée dans les registres de matricule militaire).

 

La carrière de Charles débuta comme vicaire à Renno. Puis, après avoir été professeur au pensionnat St Louis de Bastia, il monta en grade: administrateur d'une paroisse, desservant d'une autre, puis curé en 1893. Son affectation la plus courte fut Zicavo (moins d'un mois en 1896) et la plus longue Bastelica (15 ans et demi, jusqu'à sa retraite).

 

La carte de ses nominations montre que, à part son professorat à Bastia, il est resté dans la partie occidentale de la Corse, du côté d'Ajaccio.

 

 

Même les prêtres doivent préparer leur retraite

 

Nous ne connaissons pas encore sa date ni son lieu de décès et nous espérons recevoir plus de précisions sur sa vie.

 

En tout cas, il est un bon exemple de ces Poggiolais dont les familles (Desanti, Franceschetti, Martini, Pinelli, ...) tenaient, jusqu'au début du XXe siècle, à avoir, presque à chaque génération, un de leurs membres sous l'habit religieux.

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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
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Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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