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21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 18:00

 

Les vacances d’été sont souvent synonymes de repas au restaurant dans un environnement agréable. «Corse-Matin» de samedi 21 août montre combien ce délassement est réussi quand l’attachement au village est fort comme à Soccia (article  signé Marine Slavitch, paru samedi 21 août).

 

L’ambiance chaleureuse des restaurants de Soccia

 

Niché à 750 mètres d’altitude, sur l’ancienne pieve de Sorroinsù, le village de Soccia est animé par l’ambiance chaleureuse de ses quatre restaurants. L’attachement au village est intergénérationnel et les jeunes qui y ont grandi reviennent lui donner de nouvelles couleurs.

A une heure et demie d’Ajaccio, au terme d’un dédale de virages et de routes escarpées, le village de Soccia apparaît comme une récompense pour les curieux qui sillonnent les routes de la plaine. Certains, en balade autour des piscines naturelles de Guagno-les-Bains, y arrivent par hasard quand d’autres y font escale avant de débuter leur randonnée sur le chemin du lac de Creno.

La centaine d’âmes qui vit ici à l’année n’échangerait de place pour rien au monde. Car au-delà du cadre idéal dans lequel se niche la centaine de maisons en pierre perchées à 750 mètres d’altitude au cœur du parc régional corse, l’esprit festif des habitants donne au village tout son cachet. « La pure tradition socciaise, c’est la fête et l’accueil, insiste Jean-François Bartoli, maire du village, le plus important, ce n’est pas le lieu mais cette envie permanente de Socciais de se retrouver ensemble et de partager des moments de joie. »

 

 

« Le village vit en toute saison »

Dans les rues circulaires où tout le monde se salue, un bar, un snack, une pizzeria, une terrasse gastronomique, un restaurant corse et un hôtel réveillent l’âme de Soccia, village dont la population est multipliée par cinq durant la saison estivale. La cohabitation se déroule en général sans encombremalgré quelques soucis de circulation et de stationnement liés à la petite largeur des routes en pente. « Les touristes apportent un certain dynamisme l’été mais le village vit en toute saison, souligne le maire, pas moins de quatre couples de retraités se sont installés ici l’année dernière ».

 

L’ambiance chaleureuse des restaurants de Soccia

 

Sur la terrasse en bois de Pane i Vinu, restaurant ouvert il y a près de vingt ans avec son mari, Pascale Chauveau confirme : « Nous sommes connus dans tout le canton pour notre sens de la fête. Au-delà des festivités du 15 août, nous animons le village toute l’année avec des bals, des spectacles, des raps… Toutes les occasions sont bonnes pour faire un apéro ! ». Et les jeunes ne manquent pas à l’appel. Leurs études terminées, ceux-ci n’hésitent pas à revenir dans l’écrin dans lequel ils ont grandi pour apporter leur pierre à l’édifice. Certains reprennent ainsi le bar du village quand d’autres, forts de leurs expériences à l’étranger, apportent de nouvelles saveurs.

 

 

Les cuisines socciaises, entre tradition et renouveau

Dans la cuisine du restaurant A Merendella, situé en plein centre du village, Jean-Christophe s’active justement en prévision du service du midi. Après un long voyage en Australie et un passage en Alsace, où le jeune homme a appris le métier de pâtissier en alternance, le retour au village est apparu comme une évidence. « J’ai grandi dans l’établissement de mes parents et j’ai commencé très jeune en faisant la plonge, comme tout cuisinier. Malgré mes voyages, je reviens travailler ici tous les étés. Peut-être qu’un jour, je reprendrai ce restaurant. C’est mon rêve et j’y suis très attaché »,sourit le pâtissier. Après avoir fait le tour du monde, tout ce qu’on veut, c’est être à la maison.

L’ambiance chaleureuse des restaurants de Soccia

 

Diplôme d’hôtellerie en poche, Jean-Christophe apporte un nouveau savoir-faire pâtissier dans les cuisines du restaurant du village. S’il préfère mettre en avant ses glaces, concoctées avec les plantes du maquis qu’il part chercher sur le chemin de la rivière, la clientèle de la jolie terrasse ombragée loue également ses macarons, « pas écœurants comme ceux que l’on peut trouver à Paris ». Attaché aux recette léguées par ses parents, je jeune pâtissier n’hésite pas à travailler des desserts comme le moelleux à la châtaigne ou le fondant au chocolat auxquels il ajoute sa touche personnelle, inspirée de saveurs d’ailleurs découvertes lors de ses voyages.

De l’autre côté du village, le restaurant de Pascale Chauveau, arrivée à Soccia par amour pour Christophe, son bûcheron de mari, joue également sur les goûts et propose des recettes traditionnelles françaises aux accents méditerranéens.

« Nous mixons les saveurs en fonction des arrivages et nous cuisinons beaucoup de poisson frais avec des crevettes issues de la pêche locale ou encore des espadons en été ». Une denrée rare en montagne qui séduit une clientèle d’habitués puisque le restaurant n’est ouvert que le soir.

 

 

 

La solidarité face à la crise sanitaire

Si la crise sanitaire a mis quelques bâtons dans les roues des restaurateurs, ceux-ci se sont adaptés en faisant de la vente à emporter et la clientèle locale a une fois de plus répondu à l’appel. « Ici, c’est un cul-de-sac et le taux de vaccination est de 90%, ajoute Pascale Chauveau. Même si nous demandons à présent le passe sanitaire à nos clients, ils comprennent très bien et nous le présentent volontiers ».

Et pour celles ou ceux qui ne disposent pas encore du précieux sésame, deux infirmières ont pris sur leur temps de vacances pour effectuer des tests antigéniques au village de 15 heures à 17 heures. Même en plein été, la solidarité locale n’est pas prête de s’éteindre.

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 18:00

 

Les deux infirmières qui assurent les tests de dépistage du Covid à Soccia continuent à exercer jusqu'au 21 août.

 

Paru dans Corse-Matin de mercredi 18 août:

 

Encore trois jours de dépistage
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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 18:00

 

Le festival Sorru in Musica a été encore une fois excellent. Il faudrait revenir sur toutes ces soirées réussies. Elles se retrouvent sur la page Facebook du festival. Ceux qui sont inscrits sur ce "réseau social peuvent s'y reporter.

 

Ici, vous trouverez le résumé de la soirée du 25 juillet à Soccia avec une lecture-concert de Robin RENUCCI.

 

A l'année prochaine.

 

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 17:59

 

 

Pour se moquer des cartes postales véhiculant des clichés éculés sur les Corses, comme celles du lac de Crena ou du col de Vergio vues dans l'article du 22 juillet, des jeunes de Soccia prirent l'initiative de réaliser une scène tout aussi "typique".

 

Avec les femmes entièrement couvertes de vêtements noirs et semblant complètement dévouées à l'homme à qui elles présentent ses armes, l'ensemble fut réussi.

 

Parmi nos lecteurs, certains pourront-ils identifier les membres de ce trio?

 

Photo publiée par Pierre Cannamelo le 24 août 2019 sur Facebook.

 

Corse typique: la réponse socciaise
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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 18:00

 

Les vacanciers des années 1950 et 1960 ne manquaient pas d'envoyer à leurs amis et parents des cartes postales de la "Corse typique".

 

Dans ce domaine, la collection "Charmes et couleurs de la Corse" éditée par IRIS (peut-être une filiale de la célèbre maison La Cigogne) eut un grand succès.                                                                                                                                               

 

Deux de ses plus grandes ventes pendant longtemps furent deux images du lac de Crena. On pouvait y admirer le paysage mais ces cartes étaient aussi des prétextes pour montrer des autochtones "typiques". Avec les ânes, tous les poncifs étaient réunis: fusil, ceinture rouge, gilet en velours, chapeau et même la zucca, la gourde traditionnelle​​.

 

Les hommes qui furent photographiés n'avaient pas été trouvés très loin: ils venaient des villages de Sorru in Su.

 

L'un d'eux était surnommé Tattana, un homme très souriant et affable qui fut un temps facteur.


Le personnage central de la  première photo pourrait être Alphonse d'Orto, mais là aussi pas de nom de famille.
 

Un de nos lecteurs aurait-il des renseignements supplémentaires?

 

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Une Corse tout à fait typique
Une Corse tout à fait typique

 

Dans cette série, une mention particulière pour la vue du col de Vergio qui, reprenant le mythe du Corse paresseux, était carrément insultante.

 

Une Corse tout à fait typique
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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 18:12

 

Raymond RIFFLARD, un peintre bien de chez nous

 

Le peintre Raymond RIFFLARD a laissé de grandes traces dans les Deux Sevi et les Deux Sorru.

 

Cet artiste décéda à Sagone en 1981, voici quarante ans, ce qui justifie de se souvenir de lui.

 

Né à Paris en 1902, Rifflard était de famille continentale. Mais, à partir où, dès le milieu des années 20, il s’installa à Ajaccio, il devint parfaitement corse.

 

Habitant rue du Roi de Rome, il fréquenta la galerie Bassoul, lieu de rencontre de nombreux artistes corses : José Fabri-Canti, François Corbellini, Lucien Peri, le photographe Ange Tomasi, etc. Il y avait aussi Suzanne Cornillac, dont il était le voisin. Plus tard, en 1959, il fit le portrait de sa fille Catherine.

 

« Portrait de Catherine à l’âge de vingt ans » © Raphaël Van den Driessche

« Portrait de Catherine à l’âge de vingt ans » © Raphaël Van den Driessche

 

Il illustra la revue « L’Almanaccu di a Muvra» en 1927. Il fut l’auteur de nombreux tableaux de paysages montrant une Corse attachée à ses traditions avec un style pictural moderne, comme par exemple avec « La sérénade » et « Une charrette en Corse». Il signait « Raymond Rifflard » mais aussi « Raymond Rif », « Rif » ou même « R.R. ».

 

Signature Raymond Rif

Signature Raymond Rif

« La sérénade » https://www.auction.fr/

« La sérénade » https://www.auction.fr/

« Une charrette en Corse » https://www.gazette-drouot.com

« Une charrette en Corse » https://www.gazette-drouot.com

 

Décorateur d’églises

Il est surtout connu pour sa décoration de nombreuses églises, à Cozzano, Loreto-di-Tallano, Moca-Croce, Sollacaro, Propriano. Mais ses œuvres furent particulièrement nombreuses près de nous.

 

Il confectionna en 1936 dans la chapelle St Martin de Letia des fresques en prenant des habitants du village comme modèles.

 

A Vico, où il fit un séjour prolongé, entre 1942 et 1945, à cause de la guerre, Raymond Rifflard procéda à de nombreuses peintures murales dans l’église paroissiale. En 1955, il fut chargé de la réfection de la toiture de Sainte Lucie d’Azzana. En 1971, il décora l’église de Cristinacce et reprit les peintures de Nicolas Ivanoff à Saint Martin d’Evisa.

 

Il fit de même à Soccia. A St Jacques de Marignana, il restaura le décor peint par Jean-Noël Coppolani.

 

Chemin de croix (église de Moca Croce) © Collectivité Territoriale de Corse

Chemin de croix (église de Moca Croce) © Collectivité Territoriale de Corse

 

De Gaulle à Orto

L’activité de Rifflard ne se limita pas aux établissements religieux. Il décora la Maison des Combattants d’Ajaccio et plusieurs bars.

 

Justement, il fut l’auteur, dans un bar d’Orto, de la fresque représentant le général de Gaulle en uniforme sur fond de drapeau tricolore. Cette peinture murale, mesurant 1,40 m sur 1,35 m, aurait résulté d’un défi lancé à l’artiste par Etienne Massiani, patron du Café de la Paix, à la suite du retour au pouvoir du chef de la France Libre en 1958. Cette œuvre, si originale, mériterait d’être plus connue.

 

Photo Ariane Chemin

Photo Ariane Chemin

 

Rifflard et Poggiolo

On sait encore moins que Raymond Rifflard était particulièrement attaché à Poggiolo.

Son épouse était née dans ce village le 22 février 1901. Prénommé Barbe Marie, elle était la fille de Jean André Papadacci, lui-même né à Poggiolo en 1875 mais dont la famille était originaire de Cargese. La mère de Barbe Marie, Gracieuse Martini, appartenait à une vieille famille poggiolaise.

 

Il n’est donc pas étonnant qu’au moins un de ses tableaux, signé « R.R. », montre une partie de Poggiolo. Il représente une petite rue très facile à reconnaître : celle qui va de l’arrière de la chapelle St Roch à la place Inghjo en longeant la maison dite «de Tatanella ». Le peintre a été très précis dans de nombreux détails que l’on retrouve car l’endroit n’a pas changé.

 

Est-ce à Poggiolo ou à Sagone de célébrer la mémoire de Raymond Rifflard?

 

Un artiste si talentueux et si actif ne mériterait-il pas que les quarante ans de son décès soient célébrés avec un éclat particulier dans notre ensemble de villages ?

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 17:56
"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)
Pour eux, "le village, une évidence".

 

 

Ce titre est celui de l'excellent dossier de Pascale CHAUVEAU sur les retraités vivant toute l'année à Soccia que vient de publier "Settimana" (le supplément hebdomadaire de "Corse-Matin") du 16 avril

L'isolement peut faire peur mais les témoignages recueillis dans le village montrent les bons côtés de ce choix, loin du stress et de l'isolement ressentis dans les grandes villes.

A lire absolument.

 

 

A l’heure de la retraite, ils sont restés ou sont revenus vivre au village. Malgré les difficultés liées à l’éloignement, la fermeture de la plupart des commerces, l’absence de toute administration, et un dépeuplement évident, leur choix n’est pas vécu comme une punition, mais comme une évidence, témoin d’un attachement viscéral à leurs racines profondes.

 

"J’ai dû partir travailler à Paris, mais je considère que pendant 30 ans, j’étais juste de passage ailleurs.’’ Pour Madeleine, la question de revenir dans son village de Soccia à l’heure de la retraite ne s’est jamais posée. «Tous mes souvenirs sont ici, tout me parle». Profitant d’un rayon de soleil pour faire un tour de village avec sa fille, d’autres promeneuses leur emboîtent le pas. Madeleine fait une pause devant le mur d’une maison, sur lequel sont plantés une rangée de clous.

Elle se souvient que, jadis, il y avait un reposoir à cet endroit. Pour la procession du mois de mai, on accrochait aux clous des draps et des fleurs, au-dessus d’un autel avec des lampes, et le cortège s’arrêtait quelques minutes faire des prières. Plus loin, il suffira d’une odeur pour lui rappeler d’autres souvenirs.

 

Comme elle, Judith, 84 ans, est revenue après une carrière dans l’enseignement en région parisienne. « Je n’ai jamais regretté d’être partie, pour l’ouverture d’esprit que ça m’a apportée et toutes les belles rencontres que j’ai faites, mais j’avais ma terre chevillée au corps : pas la Corse, ni même Ajaccio, mais mon village ! Et ma maison fait partie de ma vie. Une partie a été construite par mon arrière-grand-père, l’autre par mon père que j’ai vu en train de casser les pierres et les charrier à dos d’âne. Et quand il avait besoin de petites pierres pour faire les jointures, c’est moi-même qui les lui ramassais. »

 

"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)

 

Au village il y a l’essentiel et peut-être même plus

 

Pourtant, Judith refuse de sombrer dans la nostalgie, même si elle glisse que l’eau courante dans les maisons, en apportant un confort bien agréable, a quand même remplacé les bavardages joyeux des séances de lavage du linge à la rivière. « Le village ne peut plus être celui qu’on a connu avant, et c’est normal. Beaucoup de gens de ma génération ont disparu, et ce n’est pas facile tous les jours car on est loin de tout, mais finalement, il y a l’essentiel et peut-être même plus ! ». 

Les deux médecins du canton montent chaque semaine, les infirmiers tous les jours, mais aussi le kiné, la pédicure, la coiffeuse. Sans compter l’ADMR qui offre ses services pour le ménage, le repassage, les courses et même le jardinage.

Autant de prestations à domicile et sur mesure qui assurent le bien-vieillir au village. « Ce qui marche le moins bien, c’est le service public ! », fulmine Judith« malgré toutes les promesses faites par les politiques pour soutenir la ruralité. » Concrètement, elle cite en vrac les deux mois d’attente pour que sa ligne fixe en panne soit réparée, l’absence de moyens de transport pour se rendre en ville, l’impossibilité de faire des retraits à La Poste sans demande préalable, ou de renouveler ses papiers périmés à la mairie. « Heureusement, il y a l’entraide villageoise qui pallie bien des problèmes. »

 

L’âme de la Corse

« Entraide et solidarité », des mots qui reviennent dans toutes les bouches. Et notamment dans celle de Ceccè. La retraite au village, c’était pour lui une évidence, mais aussi un engagement politique personnel. 

« Pour construire quelque chose de cohérent et d’acceptable pour ce pays, le modèle de société qu’on pouvait créer ne pouvait se faire qu’à partir du village. L’âme de la Corse, je ne la trouve qu’ ici. Ce qui avait fait la Corse, ce n’était pas les villes, qui ont tendance à créer des inégalités, à coups de violences et d’écrasement des individus. Au village, on se connaît tous, ce qui n’empêche pas les antagonismes car on est tous différents. Ne faisons pas d’angélisme. Mais la notion d’entraide et de solidarité qui ressort a toujours été une obligation pour tenir le coup : la survie de la microsociété que représente le village est au-dessus de tout. La société agropastorale a disparu de façon foudroyante, mais la résistance des gens qui continuent à vivre au village me fascine ».

 

"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)

 

« Il y a toujours quelque chose à bricoler, quelque chose à faire au village »

 

Sanvito, 71 ans.

« J’aurais pu rester à l’étranger où j’ai fait carrière, et constitué un large cercle d’amis, mais c’est ici au village que j’ai la sensation d’être chez moi. Mais sans une maison confortable et une voiture, j’aurais peut-être hésité. »

 

Marie-Rose, 60 ans, jeune retraitée.

« La qualité de vie est supérieure, loin de la frénésie de la ville. En s’éloignant de toutes les tentations factices, tu te rends compte que ça ne te manque pas. Il y a toujours quelque chose à bricoler dans la maison, ou à faire pour son village, et c’est valorisant. »

 

"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)

 

Jean-Thomas, 95 ans, doyen du village.

« J’étais cordonnier à Ajaccio. Dans mon quartier, tout le monde se connaissait et se parlait, on prenait le café ensemble, on était tous des personnalités. Maintenant, les gens ont pris une mentalité parisienne et sont devenus orgueilleux. Quand je restais en bas, tous les membres de ma famille travaillaient, et je restais seul à m’embêter. Ici, c’est la liberté. »

 

Simone.

« Quand tu restes au village, ça oblige ceux de ta famille qui travaillent en bas à monter régulièrement pour te voir. Grâce à ça, le lien avec le village est maintenu. Mon frère avait fait une grave dépression en région parisienne. Son psy lui avait dit de trouver un endroit où il pourrait taper, casser, crier. Il est revenu au village et n’en est plus jamais reparti. C’est là qu’il se sentait apaisé. »

 

Pascale CHAUVEAU

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 18:00

 

 

TOUTES NOS CONDOLÉANCES

 

 

Décès dans la famille Preziosi
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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 18:00

 

Parmi les saints célébrés dans les Deux Sorru, il en est un qui n'a jamais droit à sa fête. Il s'agit de saint Marcel. Ironie du sort: cette année 2021, la messe célébrée à Guagno-les-Bains en l'honneur de saint Antoine a eu lieu samedi 16 janvier, jour de la saint Marcel dans le calendrier chrétien.

 

Pourtant, saint Marcel est bien présent sous trois formes:

- saint Marcel est un personnage représenté sur un tableau à Soccia

- saint Marcel est le nom d'un lieu entre Poggiolo et Soccia

- saint Marcel fait partie des souvenirs de jeunesse de la génération qui eut 20 ans autour de 1968.

 

 

Présence 1: l'œuvre d'art

 

L'église de Soccia contient un triptyque qui est classé Monument Historique depuis 1957.

 

Cette peinture sur bois, d'1 m sur 1,09 m, date de la fin du XVème siècle et serait, selon certains experts, l'œuvre d'un peintre corse inconnu, et non pas d'un Italien comme beaucoup d'autres objets d'art insulaires de cette époque.

Elle est composée de trois volets composé chacun de deux parties.

La partie centrale représente une Vierge à l'enfant (à la cerise) entre, à droite, Saint Marcel coiffé de la mitre épiscopale et, à gauche, Saint Pierre revêtu du costume d'évêque.

Dans le registre supérieur, la partie centrale montre un Christ de pitié à demi enfoncé dans un sarcophage entouré par l'ange de l'Annonciation agenouillé ailes déployées (volet droit) et la Vierge de l'Annonciation (volet gauche).

 

Dans l'émission de Via Stella consacrée à Soccia en juillet 2020 (voir https://youtu.be/bi9LF8_QydI), l'image du triptyque, comme on peut le voir ci-dessous, est amputée de sa partie supérieure.

 

Marcel trois fois présent: œuvre d'art, lieu, souvenirs.

 

La photo suivante, réalisée en 2017 par Michel FRANCESCHETTI, montre l'œuvre entière mais l'éclairage n'est pas excellent.

 

Marcel trois fois présent: œuvre d'art, lieu, souvenirs.

 

 

Présence 2: le lieu

 


Saint Marcel est le nom d'un lieu situé entre Poggiolo et Soccia, plus exactement d'une fontaine.

 

 

Marcel trois fois présent: œuvre d'art, lieu, souvenirs.

 

Le point d'eau n'est pas visible de la route car situé en contrebas.

 

Marcel trois fois présent: œuvre d'art, lieu, souvenirs.
Marcel trois fois présent: œuvre d'art, lieu, souvenirs.

 

Mais une croix placée en face permet de repérer l'endroit.

 

Marcel trois fois présent: œuvre d'art, lieu, souvenirs.

 

 Pourquoi cette croix?

On en plantait souvent près des points d'eau. Mais, ici, elle rappelle qu'il existait autrefois une chapelle ou un ermitage nommé San Marcellu et dont il ne reste pratiquement aucun vestige. Les documents ne mentionnent plus ce bâtiment depuis le XVIIème siècle. Et c'est à cette époque que le triptyque a été installé à Soccia. Le triptyque vient de cette chapelle.

 

 

Présence 3: les souvenirs de jeunesse

 

Saint Marcel fait également partie des souvenirs de jeunesse de la génération 68.

Certains se souviennent que, juste à côté de la fontaine, se trouvait "LE ROBINSON DE SAINT-MARCEL". Ce nom avait été donné à la cabane en planches installée par  les Poggiolais Joseph et Félix PINELLI en 1966.

Une cabane avec un comptoir pour vendre les boissons, des tables bancales en fer, un petit espace cimenté pour danser en plein air, un électrophone passant des disques de rock, de twist et de slow, grâce à un groupe électrogène pas trop bruyant. Voilà ce qui attirait la jeunesse du canton pendant quelques années.

Toute la nuit, la route était arpentée (à pieds, bien sûr) par les adolescents qui, depuis cette enclave poggiolaise en terre socciaise, pouvaient aller aussi à SOCCIA, au "bar des amis" des frères DEMARTINI (voir l'article consacré à Antoine).

Tous ceux de cette génération ont des souvenirs de flirts, de rigolades ou d'exploits alcooliques (!) au "ROBINSON".

Il est inutile de tomber dans le rétro et la nostalgie. Simplement, il était bon de signaler ce passé.

 

Sur place, les traces sont infimes. Voici la piste de danse:

 

Marcel trois fois présent: œuvre d'art, lieu, souvenirs.

 

Mais la fontaine coule toujours imperturbablement et propose toujours d'étancher la soif des marcheurs.

 

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En dehors de la copie d'écran de Via Stella, toutes les photos sont de Michel Franceschetti.

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 09:15

 

Mardi matin, de nombreux habitants du canton avaient fait le déplacement pour encourager l’enfant du pays, originaire de Soccia, qui se prêtait pour la première fois à une séance de dédicaces à la librairie l’Alinéa de Sagone.

 

A l’Alinéa, Mathieu Henry accueillait ses lecteurs avec du café, des frappe et des cannistrelli.

A l’Alinéa, Mathieu Henry accueillait ses lecteurs avec du café, des frappe et des cannistrelli.

 

Le premier roman de Mathieu Henry, Anna, est une enquête policière sur l’assassinat d’une jeune fille, ayant pour cadre un village de montagne. À travers ses deux enquêteurs, l’auteur y explore les secrets, les grandeurs, et les bassesses des habitants, jusqu’à l’ultime rebondissement.

 

Le jeune auteur est en passe de réaliser son objectif de 500 ouvrages vendus pour la première édition, mais a d’ores et déjà été contacté pour de futures séances de dédicaces, à la librairie la Marge d’Ajaccio, au café National de Vico au printemps, à l’Alinéa dans le courant de l’été, et à la prochaine foire au miel de Murzu en septembre.

 

Pascale CHAUVEAU

(Corse-Matin du jeudi 24 décembre)

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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Dimanche 31 octobre.

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