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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 18:00

 

Pendant les vacances d'été, l'envie de cuisiner n'est pas très grande et on  ne veut pas forcément d'un repas très compliqué dans un restaurant. La pizza s'impose alors naturellement.

 

Regardez cette photo qui date d'un matin de l'été 1969 à Poggiolo. La voiture du boulanger vient de passer et ces cinq jeunes ont acheté des portions de pizza pour combler un petit creux. Il n'existait pas de pizzeria à Poggiolo à cette époque-là.

 

Photo Bernard Franceschetti

Photo Bernard Franceschetti

 

De gauche à droite, on reconnaît: Hervé CALDERONI, Michel FRANCESCHETTI, Jeanne CECCALDI (maintenant épouse GRIMALDI), Joël CALDERONI et Martine CECCALDI (maintenant épouse BOUDET).

 

Le groupe est assis sur un muret qui est peut-être celui situé en face du Belvédère, à côté de l'emplacement de la maison de Fosca qui n'était pas encore construite.

 

Maintenant, pour déguster une pizza le soir à Poggiolo, il existe au Belvédère la pizzeria de Ki-Ki, qui propose une grande gamme de spécialités, de la Nustrale, avec pancetta, figatellu et fromage corse, à la Végétarienne, avec poivrons, oignons, etc.

 

Bon appétit.

 

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 18:00

La télévision fit irruption à Poggiolo il y a cinquante-cinq ans.

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Il est dans le passé des faits qu'il ne faut pas oublier car, même s'ils ont pu sembler peu importants, ils eurent pourtant de grandes conséquences.

 

Le magazine de France 2 "13h15 le dimanche" a diffusé dimanche 30 mars 2014 un reportage sur l'arrivée de la télévision à NOGENTEL, petit village de Picardie, en février 1951. 

Il a utilisé des images d'un reportage se retrouvant sur le site de l'INA: https://www.ina.fr/video/I00006758/antenne-de-television-hissee-par-des-techniciens-video.html

 

Donc, ce jour-là, une fourgonnette arriva sur la place communale et des techniciens dressèrent une antenne-râteau pour effectuer des réglages de réception des ondes de télévision.

 

Du coup, dit le commentaire, fini les jeux de cartes, l'accordéon ou les contes près de la cheminée ! Les familles se retrouvaient à 20h30 à l'école pour.... regarder la télévision, ce village connaissant une expérience originale de télévision communautaire (vu le prix de l'appareil à l'époque, les habitants avaient dû se cotiser).

 

Montage de l'antenne à Nogentel (images INA).
Montage de l'antenne à Nogentel (images INA).

Montage de l'antenne à Nogentel (images INA).

 

Ces images peuvent faire penser à l'irruption de la télévision à Poggiolo.

 

Poggiolo attendit quatorze ans de plus que Nogentel. 

 

Le mercredi 28 juillet 1965, ce fut le même cérémonial: arrivée d'une fourgonnette, sortie d'une antenne reliée à des instruments de contrôle, essais de réception à l'angle de la stretta et de la route, puis dans les environs du croisement.

 

Le téléviseur fut ensuite installé, chez les Michelangeli, semble-t-il. Quelques jours plus tard, un autre appareil était placé chez les Tramini.

 

Les essais des techniciens provoquèrent un attroupement et furent la source de discussions animées. Parmi les jeunes gens, certains récriminèrent contre cette intrusion de la modernité. Ces citadins, habitant toute l'année à Ajaccio ou sur le continent, avaient l'habitude de regarder "Le Palmarès des Chansons" ou "Thierry la Fronde". Mais ils considéraient que la télévision n'avait pas sa place au village et qu'elle allait faire disparaître la culture et les habitudes traditionnelles. A la rigueur, ils pouvaient comprendre la nécessité d'une distraction pour les Poggiolais vivant ici l'hiver.

 

Pourtant, un an plus tard, plusieurs de ces intransigeants se regroupèrent devant un des petits écrans qui s'étaient multipliés pour suivre la finale de la coupe du monde de football entre l'Angleterre et l'Allemagne le samedi 30 juillet 1966 !

 

La télé s'était imposée au village.

 

Pendant longtemps, la réception des signaux venant du réémetteur du col de Sorru fut assez irrégulière. Certaines chaînes ne pouvaient pas être captées. Maintenant, la télévision est bien installée partout. Les antennes ont été remplacées par les paraboles (toutes orientées vers le sud, c'est-à-dire vers le Tretorre). Plusieurs maisons sont maintenant équipées de la box et de l'ADSL.

 

 

 

 

 

 

 

         Photos Michel Franceschetti.

 

 

Chacun peut rester dans sa boîte pour regarder sa boîte à images. 

 

Et les rues de Poggiolo sont désertes...

 

 

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 18:00

 

Une discothèque est un lieu où l'on se réunit pour écouter de la musique et pour danser. Mais il est impossible d'oublier que l'on y boit, et parfois beaucoup. Il en était évidemment ainsi "chez Fichet", à Soccia. Dans la nuit, de nombreuses bouteilles de toutes sortes étaient vidées. 

 

Mais il ne faut pas oublier que ce lieu était également un débit de boissons dans la journée. On pouvait venir simplement s'y rafraîchir comme ces cinq Poggiolais un après-midi de l'été 1969. De la bière au pastis en passant par la menthe à l'eau, les contenus des verres sont variés. 

La photo peut être agrandie avec un clic.

 

Photo Bernard Franceschetti.

Photo Bernard Franceschetti.

De gauche à droite: Joël CALDERONI, Marie-Claude FRANCESCHETTI, X, Michel FRANCESCHETTI, Hervé OULIÉ.

 

 

La photo est intéressante car il est difficile de trouver un cliché pris en nuitée, et aussi parce qu'elle contraste terriblement avec l'excitation de la nuit. La fatigue de la soirée précédente se faisait-elle encore sentir ou prenait-on des forces avant la prochaine?

 

Pour les sceptiques qui douteraient du lieu où cette photographie a été prise, nous leur conseillons de bien regarder la clôture métallique et les piquets de 1969 et de les comparer avec ce que montre Google Maps en 2008: l'identité est totale.

 

Boire et pas seulement danser
Boire et pas seulement danser

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 18:00

 

 
Alors que certains secteurs ont pu progressivement reprendre leur activité, tous les lieux festifs, clubs et discothèques doivent garder leurs portes fermées jusqu'en septembre. On est loin de la joie de vivre et de s'amuser des "Trente Glorieuses".
 

Pour les membres de la génération 68, cette époque fut symbolisée par Antoine et François DEMARTINI.
 
Les deux frères étaient un symbole, le symbole des soirées que passaient les adolescents qui, de Soccia, Poggiolo, Guagno-les-Bains, Orto, Guagno et des autres villages, allaient "Chez Fichet" pour se rencontrer.
 
 
Cette "boîte" située près du pont à l'entrée de Soccia, entre l'actuelle mairie et l'hôtel "U Paese" (alors en construction), occupait le rez-de-chaussée de la maison photographiée par Google Maps. D'après certains souvenirs, son ouverture aurait eu lieu en 1966.
 
Copie d'écran Google Maps.

Copie d'écran Google Maps.


Ecouter les 45 ou 33 tours de Johnny, de Claude François, des Beatles, etc, danser, jouer au flipper, au baby-foot ou au billard, boire un (ou plusieurs) verres, tout y était possible. 
 
Le dynamisme et le sourire des deux frères donnaient une ambiance très particulière. Combien de flirts ou d'amours sérieux ont commencé là! Combien de fois a-t-on bu un peu plus que la mesure! Combien de discussions se sont enflammées autour des tables dans l'atmosphère de l'après-mai 68!
 
 
Cette photo publiée sur le groupe Facebook du Village d'Orto rend bien cette atmosphère. 
 
 
Quand les discothèques n'étaient pas fermées

 

On aperçoit certaines des affiches et des pochettes de disques (on ne disait pas encore vinyls) qui décoraient les murs. Cette image laisse apercevoir les inconfortables banquettes qui bordaient les côtés: de simples planches recouvertes de tissu rouge et reposant sur des quérons.  

 

Malheureusement, les photos de "chez Fichet" sont extrêmement rares car les appareils  n'avaient la légèreté des smartphones actuels... et car on avait bien d'autres choses à s'occuper.

 

Le lieu fut animé jusqu'au début des années 1980 mais Antoine, qui avait enregistré des disques, continua à chanter pour les fêtes de village et dans des cabarets. Il mourut en août 2009, sur la scène du restaurant "U Rasagju" de Cargese, en plein tour de chant.

 

Quelqu'un a, dès le lendemain de son décès, mis sur Youtube un film montrant un extrait de son spectacle de Cargese.
 
Un moyen pour les anciens d'aujourd'hui de se souvenir de leurs 20 ans.
 
 

 

PS: pendant plusieurs années, "Fichet" fut en concurrence avec un autre lieu, "Le Robinson de St Marcel", placé entre Poggiolo et Soccia. Un article lui a déjà été consacré sur ce blog.

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 18:00

 

En 1966, réapparut le même projet d’excursion à Belle e Buone et Bocca-Soglia que l’année précédente (voir le dernier article). Cette fois, il était prévu de passer une nuit dans les bergeries pour avoir tout le temps d’aller jusqu’au bout.

 

 

UNE PRÉPARATION MINUTIEUSE

 

Le tracé fut bien étudié avec les cartes et les guides imprimés. Les quantités et les qualités de nourriture furent minutieusement calculées. Chacun devait avoir le même nombre de biscuits Figolu et les mêmes portions de crème dessert Mont Blanc.

 

Figolu (photo Le Parisien)

Figolu (photo Le Parisien)

 

Comme il était habituel à cette époque, les provisions furent achetées et commandées la veille à Guagno-les-Bains, chez Mimi CANALE. Elles n’arrivèrent pas par le car de Dominique-Antoine comme prévu, ce qui inquiéta les jeunes jusqu’à ce que le paquet, pris dans la boutique par Jean-Pierre FRANCESCHETTI, arrive un peu plus tard par la voiture de Noël SICHI.

 

Car de Dominique-Antoine dans les années 60.

Car de Dominique-Antoine dans les années 60.

 

 

Mercredi 27 juillet 1966, ils furent dix à partir :

- Jean-José et Rose-Marie BARTOLI (maintenant, épouse CHABROLLE)

- Joël et Hervé CALDERONI

- Bernard et Michel FRANCESCHETTI

- Jacques-Antoine et Marie-Thérèse MARTINI (maintenant, épouse LECCIA)

- François ORAZY

- Dominique (dit Doumé) PINELLI (le seul à habiter toute l’année au village)

 

Les CECCALDI et les OULIÉ, pas encore arrivés au village, n’en firent pas partie, de même que certains autres échaudés par l’aventure de l’année précédente. Jean-José et Bernard n’avaient pas connu l’expérience de 1965 car le premier était parti pour un séjour en Angleterre deux semaines auparavant et car le second n’avait pas du tout passé cet été-là en Corse.

 

Aucun des excursionnistes n’ayant d’automobile, le départ eut donc lieu à 3 heures et demi du matin.

 

 

VERS L’OBJECTIF

 

La première partie de l’expédition consistait, comme en 1965, à rejoindre Guagno à pied. Au Fragnu, au début de la route d’Orto, ils prirent l’ancien chemin qui commençait toujours dans le dépotoir de Poggiolo. Ils descendirent jusqu’à la rivière puis grimpèrent pour arriver à Guagno…, bien évidemment dans la décharge municipale (tout cela a été décrit dans l'article précédent). 

 

Le village traversé, ils marchèrent tranquillement sur le même embryon de route qui avait été tracée pour aller vers Corte, mais qui n’y arrivera jamais.

 

Ensuite, sentier de moins en moins visible, des pentes parfois assez raides, un terrain s’éboulant de temps en temps. En tout cas, on resta groupé et personne ne s’égara. Finalement, les bergeries de Belle e Buone furent atteintes. 

 

 

Vue aérienne des bergeries (image Géoportail)

Vue aérienne des bergeries (image Géoportail)

 

Une partie des bagages y fut abandonnée pour s’alléger et l’on grimpa vers le col de Bocca Soglia. Mais ce fut difficile: on passait de pratiquement 1400 à 2000 mètres d’altitude en peu de distance et la pente était très forte. 

 

Bergeries et col (carte IGN)

Bergeries et col (carte IGN)

 

Après le repas pris à mi-hauteur, trois membres de l’expédition obliquèrent vers un névé, une plaque de neige, pour une bataille de boules de neige (le réchauffement climatique n’existait pas encore) avant de rejoindre les autres, qui s’étaient obstinés à aller directement jusqu’à la crête d’où ils purent admirer le paysage du lac de Melo, bien qu’étant un peu trop à droite. Ils étaient à la limite des deux Corse: le Deça des Monts (ou Cismonte) et le  Delà des Monts (ou Pumonte).

 

Il fallut redescendre précipitamment aux bergeries à cause de la pluie qui se mit à tomber brutalement. Les Poggiolais furent rejoints par des bergers qui apportèrent des planches pour alimenter le feu de la cheminée. Quand, la pluie ayant cessé, ils partirent pour rechercher leurs bêtes, les jeunes s’aperçurent que ces bergers avaient détruit une partie de la table et des bancs de l’extérieur pour servir de combustible ! 

 

 

LA SURPRISE DU MATIN

 

Répartis entre deux cabanes de la bergerie, les randonneurs passèrent une bonne nuit pour se remettre de leur fatigue. Mais, au matin du jeudi, surprise ! 

 

Tout le paysage était caché par le brouillard. Les masses blanches descendaient, montaient, tourbillonnaient, mais elles étaient épaisses et empêchaient de voir au-delà des bergeries et de la source. 

 

Les jours où Poggiolo crut avoir perdu sa jeunesse. 2/2 : en 1966

Cette photo a été prise par Jacques-Antoine MARTINI lors d’une autre excursion, au lac de Goria, en 1968.

Mais elle peut servir à illustrer la surprise du réveil. De gauche à droite : Rose-Marie BARTOLI, Hervé CALDERONI, Michel FRANCESCHETTI, Joël CALDERONI. 

 

 

On sut plus tard que la météo avait prévu un risque de mauvais temps mais aucun membre de l’expédition ne l’avait écoutée à la radio. A cette époque, les prévisions météorologiques étaient encore souvent imprécises

 

En tout cas, tenter de rentrer aurait été une folie. On attendit vainement une éclaircie toute la matinée. François ORAZY et Bernard FRANCESCHETTI prirent leurs sacs pour tenter de rentrer quand même mais ils durent se rendre à l’évidence du danger et rebroussèrent vite le chemin. 


A 15h, il fut décidé de rester et de songer à bien préparer la nouvelle nuit. On choisit une troisième cabane afin d’être moins serré pour dormir. On charria des pierres pour caler les lits de bois. On coupa des fougères pour en faire des matelas. Doumé PINELLI, qui avait l’habitude de la montagne, fut particulièrement efficace dans cette préparation.

 

Dominique PINELLI (avant-dernier à droite) fait partie du conseil municipal élu cette année à Poggiolo.

Dominique PINELLI (avant-dernier à droite) fait partie du conseil municipal élu cette année à Poggiolo.

 

On mit de côté la quantité de bois nécessaire pour l’entretien du feu. Les provisions étaient largement suffisantes pour survivre une journée de plus que prévu.

 

L’ambiance était détendue. Les discussions et les blagues allaient bon train.

Etat actuel de la bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

Etat actuel de la bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

 

UN VILLAGE INQUIET

 

A Poggiolo, la même journée du jeudi avait vu l’inquiétude grandir dans l’après-midi. De plus, le temps y avait été également mauvais. Il faut bien avoir à l’esprit que, en 1966, le téléphone portable n’existait pas et le GPS n’était pas imaginable. Aucune communication n’était possible.

 

Le soir, des voitures avaient été envoyées à Guagno comme l’été précédent tandis que des vieilles, parentes des disparus (notamment Xavière MARTINI, tante de Jacques et Marie-Thérèse, Rosine FRANCESCHETTI, grand-mère de Bernard et Michel, Elisabeth VENTURINI, grand-tante de Joël et Hervé), groupées au pied de la croix du Fragnu, priaient.  

 

D'autre part, il ne faut pas oublier que presque tous ces jeunes étaient mineurs, l'âge de la majorité était alors de 21 ans (il passa à 18 ans en 1974).

 

 

Xavière Martini (copie d'écran extraite d'un film de Michel Franceschetti).

Xavière Martini (copie d'écran extraite d'un film de Michel Franceschetti).

 

Tout le monde finit, avec difficulté, par se coucher. Mais, vers 4 heures du matin, morte d’inquiétude, Xavière alla frapper à toutes les portes.

 

Le groupe des vieilles se reconstitua dans la cour des FRANCESCHETTI et se mit à égréner le chapelet.

 

Gendarmes et gardes-forestiers, prévenus par la mairie, étaient prêts à lancer une expédition de secours.

 

 

UN RETOUR FACILE ET ÉPUISANT

 

Au petit matin, les dix randonneurs quittèrent les bergeries après avoir terminé leurs dernières nourritures. Le retour fut facile: tout le monde avait bien dormi, les sacs étaient très légers et le  brouillard avait totalement disparu. Arrivés à Guagno, au bureau de poste, il leur fut bien sûr impossible d’avoir la communication avec Poggiolo.

 

Mais plusieurs voitures poggiolaises avaient été envoyées en éclaireurs et, en sortant de Guagno, les jeunes rencontrèrent celle de Xavier PAOLI. Ils refusèrent d’être ramenés et, le village allant être prévenu, ils décidèrent de rentrer par eux-mêmes pour montrer qu’ils étaient capables de réaliser seuls toute l’excursion.

 

La dernière montée depuis la rivière, au Canapello, fut très dure, d’autant que midi s’approchait et que le soleil brûlait. La fatigue se faisait de plus en plus sentir. Pour trouver la force de continuer, Michel FRANCESCHETTI, exténué et les pieds endoloris par des pataugas trop serrés, se mit à réciter à haute voix des dates d’événements historiques. Beaucoup s’en souviennent encore.

 

Finalement, le groupe émergea du Fragnu et entra au village en chantant avec aplomb sous les yeux des nombreux Poggiolais sortis dans la rue.

 

Marie, la mère de Michel, eut la présence d’esprit de prendre la caméra de son fils pour filmer le retour. On y voit (ci-dessous) les égarés expliquer leur aventure, notamment à Raymonde, la nounou des BARTOLI, qui s’occupait des enfants alors que les parents n’étaient pas encore arrivés pour leurs congés.

 

Raymonde discutant avec Marie-Thérèse MARTINI (de face : Hervé CALDERONI)

Raymonde discutant avec Marie-Thérèse MARTINI (de face : Hervé CALDERONI)

 

SURSAUT D’ORGUEIL

 

Rassemblant le peu de forces qu’il leur restait, les excursionnistes eurent un sursaut d’orgueil. Ils montèrent la stretta en courant pour rejoindre la véranda des BARTOLI qui leur servait alors de quartier général. Le film montre qu’ils furent accompagnés par François, le frère de Jean-José et Rose-Marie, et par les frères OULIÉ qui venaient à peine d’arriver d’un séjour en Grande-Bretagne. Ils en ramenaient d'ailleurs des talkies-walkies qui furent utiles lors d'une excursion suivante.

 

Tous s’effondrèrent ensuite sur des chaises et burent de nombreux litres d’eau mais l’honneur était sauf: ils avaient montré leur énergie et leur volonté. 

 

D’autres aventures en montagne suivirent mais aucune ne fut plus épique que celles de 1965 et 1966.

 

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 17:30

 

Dans une petite communauté villageoise, les jeunes sont importants. Ils représentent le dynamisme et l’avenir. Même si leurs jeux et leurs facéties troublent la sieste des vieux, chacun est heureux de les voir et de les entendre. Finalement, ils sont les enfants de telle ou telle famille mais ils sont surtout les enfants de tout le monde, de toute la communauté. Aussi, quand ils semblent être en danger, tout le village en est affecté et s’inquiète.

 

Ce fut le cas pendant les étés 1965 et 1966, quand on crut qu’un bon nombre de ces jeunes avait disparu en pleine montagne.

 

 

Attention:

ce texte est un peu plus long que les articles habituels du blog

mais il faut le lire jusqu'au bout.

 

 

LE PRÉCÉDENT DE 1965

 

Pour comprendre ce qui s’est alors passé, il faut revenir à l’été 1965.

 

Les jeunes de ce qui pourra être nommée la génération 68 (ceux qui eurent vingt ans autour de 1968) étaient entichés d’excursions en montagne.

 

Le samedi 7 août 1965, ils furent dix-huit, de plusieurs familles du village, (plus les chiens Tango et Wolf) à quitter Poggiolo en direction, bien au-delà de Guagno, du col de Bocca Soglia, à 2026 mètres. Le but était d’y monter pour admirer le panorama sur les lacs de Melo et de Capitello.

 

Tango (avec Hervé Calderoni) et Wolf (copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti).
Tango (avec Hervé Calderoni) et Wolf (copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti).

Tango (avec Hervé Calderoni) et Wolf (copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti).

 

Les noms des dix-huit audacieux:

- Rose-Marie BARTOLI (maintenant épouse CHABROLLE)

- Joël et Hervé CALDERONI

- Jeanne CECCALDI (maintenant épouse GRIMALDI)

- Jérôme DUGAS et sa sœur Marie-Claude (maintenant décédée, elle fut la mère de Marie et de Mathilde BENDLER)

- Paule FATTACIOLI (maintenant épouse ALLARD)

- Jean-Pierre et Michel FRANCESCHETTI

- Jacques-Antoine MARTINI (que tout le monde appelait alors simplement Jacques)

- Marie-Thérèse MARTINI (maintenant épouse LECCIA)

- François OLIVA

- François ORAZY

- Hervé et Jean-Marc OULIÉ

- Christian PINELLI

- Dominique (dit Doumé) PINELLI 

- Jean-Marc TRAMINI

 

Le départ du village eut lieu à 4 heures du matin. Comme les voitures automobiles étaient rares, la première tâche dans ce genre d’excursion était de joindre à pied par la route goudronnée le village d’où partait le sentier à suivre. Le moment du départ était donc toujours très tôt. On évitait aussi la forte chaleur estivale de la journée. 

 

Si l’on passait par Soccia, il fallait monter jusqu’à la croix (Croce Maio) mais la route actuelle aboutissant à la pizzeria n’existait pas. Pour aller plus vite, on grimpait tout droit la grande montée sous les châtaigniers. 

 

 

AU-DELA DE GUAGNO

 

Ce jour-là, le trajet passait par Guagno.

 

L'ancienne croix du Fragnu.

L'ancienne croix du Fragnu.

 

Sortant de Poggiolo, l’expédition partit de la croix du Fragnu (numéro 1 sur la carte ci-dessous)… et du dépôt d’ordures qui s’y trouvait, car il n’existait pas de déchetterie intercommunale. Il fallut marcher entre les boîtes de conserve aux bords coupants, les bouteilles en verre brisées (les bouteilles en plastique, inventées deux ans plus tôt, n'étaient pas encore commercialisées), les matelas éventrés et les débris de toutes sortes pour atteindre l’antique sentier utilisé pendant des générations avant la création de la route goudronnée (numéro 2 sur la carte).

 

La première partie du chemin. ​​​​​​​Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

La première partie du chemin. ​​​​​​​Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

 

Aprés avoir traversé le Fiume Grosso sur un pont branlant (numéro 3), il fallut gravir une longue montée (numéro 4) pour entrer à Guagno par son dépôt d’ordures (numéro 5), avec le même décor que près du Fragnu.

 

La traversée de Guagno se fit sous les yeux de quatre ou cinq villageois étonnés de voir tant de jeunes de si bon matin. Puis, le groupe marcha tranquillement sur les 4 ou 5 kilomètres d’embryon de la route D 23 (numéro 6) qui avait été tracée pour aller vers Corte (à 23 km à vol d’oiseau), mais qui n’y arrivera jamais (voir l’article « La route oubliée » du 29 octobre 2018). 

 

De mauvaises langues prétendent que, de l’autre côté, le projet routier capota parce que la famille Giacobbi ne voulait pas que le village de Venaco qu’elle dirige depuis un siècle fut ouvert à d’autres influences politiques. Mais ce ne sont certainement que de très mauvaises langues !!!

 

De nombreuses péripéties ponctuèrent l’expédition.

 

La couture du pantalon d’une fille céda mais, par chance, le secours de deux épingles de sûreté lui évita d’avoir les fesses à l’air. 

 

Surtout, à cause des différences de vitesse et de plusieurs erreurs d’itinéraires, le groupe se divisa en deux, puis trois tronçons. 

 

Il en avait été de même une semaine plus tôt, le 31 juillet, lors d’une excursion à Canale, en face de Soccia, où les treize membres de l’expédition s’étaient totalement éparpillés et où certains avaient pratiquement dû faire de l’alpinisme, l'un d'eux ayant eu le ventre râpé en glissant le long d'un rocher.

 

 

 

DIVISION ET RÉUNIFICATION

 

Seconde partie du chemin. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

Seconde partie du chemin. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

 

Le haut cours du Fiume Grosso fut franchi par la passerelle de Trayette ou des Spelonche (numéro 7).

 

 

Passerelle des Spelonche (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

Passerelle des Spelonche (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

 

 Les onze membres du groupe principal arrivèrent aux bergeries de Belle e Buone (numéro 8) à 11 h 30 et n’allèrent pas plus loin. 

 

Avant de continuer jusqu’au col de Bocca Soglia, il fallait se restaurer et attendre les autres. Le lieu était agréable. 

 

 

Bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

Bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

 

Devant la cabane principale, près d’une source, à l’ombre d’un arbre, des bancs et une table en bois permirent de bien s’installer pour vider les sacs et se partager la nourriture. Il manquait juste les desserts qui se trouvaient dans les sacs des retardataires. Ensuite, on pourrait reprendre l'ascension en bonne condition.

 

Mais le temps passait et les sept autres n’arrivaient pas. 

 

Finalement, à 14 heures, sur la crête d’en face, plus à l’ouest, apparut la silhouette de Jean-Pierre FRANCESCHETTI. Il était parti depuis plus d'une demi-heure en éclaireur en laissant les égarés (dont le chien Tango). Après avoir traversé le haut cours du fleuve, ils étaient allés trop à gauche, avaient dû escalader des versants très raides et se trouvaient à bout de souffle, presque sans nourriture et sans eau. Ils en avaient été réduits à boire le jus des boîtes d’ananas prévues pour le dessert. 

 

Jacques MARTINI et Jean-Marc OULIÉ n'hésitèrent pas à s’élancer pour grimper sur le massif, bardés de gourdes remplies, afin de les secourir.

 

La jonction avec les derniers égarés ne se réalisant qu’à 16 h, il n’était pas possible de grimper au col pour atteindre le but prévu à l’origine. Tout le monde repartit à 17 h après avoir réalisé quelques photos.

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Douze des participants après la réunification. Debout, de gauche à droite :  Michel Franceschetti, Jean-Marc Oulié, Marie-Claude Dugas, Doumé Pinelli, François Orazy, Paule Fattacioli, Hervé Oulié, Hervé Calderoni. Assis : Fraçois Oliva, Jérôme Dugas, Jean-Marc Tramini, Christian Pinelli.

Douze des participants après la réunification. Debout, de gauche à droite : Michel Franceschetti, Jean-Marc Oulié, Marie-Claude Dugas, Doumé Pinelli, François Orazy, Paule Fattacioli, Hervé Oulié, Hervé Calderoni. Assis : Fraçois Oliva, Jérôme Dugas, Jean-Marc Tramini, Christian Pinelli.

 

 

UN RETOUR DIFFICILE

 

L’épisode le plus spectaculaire du retour fut la grosse chute, heureusement sans trop de gravité (quelques belles égratignures), d’une des filles, mais qui fut suivie d’une impressionnante crise de nerfs.

 

Les excursionnistes joignirent Guagno à la tombée de la nuit, qui était plus tôt qu’actuellement car l’heure d’été ne fut instituée qu’en 1976.

 

Ils purent se reposer un peu chez les cousins des ORAZY, pour une partie, et des FRANCESCHETTI pour les autres, avant de reprendre la route. Les communications téléphoniques étaient interrompues, comme souvent à l’époque, et il n’était pas possible de joindre les familles.

 

Mais Raymonde, la nounou des BARTOLI, s’était avancée à la recherche des jeunes sur le sentier de la rivière et les appelait. Elle fut entendue par Rose-Marie et Michel qui descendaient la départementale en avant-garde. Mise au courant de la situation, elle rentra informer le village.

 

Les parents des randonneurs, qui s’inquiétaient du retard, envoyèrent neuf voitures (soit pratiquement tout le parc automobile poggiolais de l’époque), Toussaint MICHELANGELI en tête, pour les récupérer. Vers 22 heures, transportés par ce convoi de 404, Dauphine, 2 CV, 4L, R 8…, tous les jeunes avaient réintégré le village.

 

 

404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.
404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.

404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.

Toussaint Michelangeli en 4L.

Toussaint Michelangeli en 4L.

 

 

APPLAUDISSEMENTS

 

A Poggiolo, tout le monde était dehors et attendait le retour des retardataires. Pour être sûrs de ne pas en avoir oublié, les parents les firent s’aligner contre le mur bordant la route en face de la maison des Ceccaldi et les comptèrent à la lueur des lampes de poche, l’éclairage municipal étant déficient. Une grande ovation salua le retour des aventureux.

 

Puis, on ne sait qui, quelqu’un se mit à applaudir et tout le village battit des mains. Moment émouvant et symbolique: jeunes et vieux, résidents permanents ou saisonniers du village, tous se sentaient partie intégrante de la communauté poggiolaise. Tout le monde était concerné et se trouvait soulagé de cette angoissante soirée.

 

 Mais c’était un échec: les jeunes n’avaient pu arriver au but fixé et n’étaient pas rentrés par leurs propres moyens.

 

Ils étaient bien décidés à prendre leur revanche l’année suivante.

 

A toutes les époques, on s’est aligné le long du mur. Photo Michel Franceschetti.

A toutes les époques, on s’est aligné le long du mur. Photo Michel Franceschetti.

 

(à suivre)

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 18:09

 

A Soccia, dans le quartier de l'Umbriccia, il existe une maison d'habitation dont le style est très nettement celui des années 60. Sur sa façade, se lit toujours l'inscription "groupe scolaire François ANTONINI".

 

Elle fut l'école de cette commune et des villages voisins pendant quelques années.

 

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “groupe scolaire,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “groupe scolaire,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

 

Après la seconde guerre mondiale, quand Orto construisait son école de style "néo-ceaucescu" (voir l'article précédent), Soccia édifiait la sienne. 

 

Comme il est écrit sur la plaque posée sur la maison de l'Umbriccia, "ce groupe a été construit à l'initiative du docteur François ANTONINI, maire de Soccia de 1929 à 1962".

 

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “groupe scolaire,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “groupe scolaire,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

 

François ANTONINI fut également conseiller général du canton de 1933 (après deux scrutins annulés pour fraude) à 1945. Il avait été auparavant un très bon combattant de 1914-1918, comme en témoignent les décorations placées sur ce marbre: croix de guerre (étoile de bronze), croix de guerre des TOE (étoile d'argent), médaille commémorative du Levant, Légion d'honneur (chevalier puis officier), ainsi que la Palmes académiques.

 

Les jeunes Socciais habitant toute l'année au village n'étaient pas très nombreux mais ils méritaient des locaux corrects.

 

La photo ci-dessous, trouvée sur le site Copains d'avant, montre seize élèves pour, semble-t-il, l'année 1950.

 

L'inauguration du groupe scolaire de Soccia

 

Le docteur ANTONINI se battit longuement pour obtenir cette construction dont il ne vit pas l'achèvement. Il mourut le 4 août 1966 à Ajaccio, quelques mois avant l'inauguration.

 

Le groupe scolaire comprenait deux classes et le logement pour un instituteur. Il fut inauguré le 12 novembre 1966, le maire de Soccia étant alors le docteur Antoine OTTAVY. 

 

Les photos de cette cérémonie viennent du journal "Le Provençal Corse" et ont été reprises dans "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", historique de Soccia écrit par Jean-Baptiste PAOLI. On voudra bien excuser la faible qualité de ces images.

 

L'allocution du docteur OTTAVY fut suivie par celles du docteur CASANOVA, président du Conseil de l'ordre des médecins, du vice-recteur DUCHESNE et du préfet Maurice LAMBERT.

 

D'autres personnalités étaient présentes: le docteur François COLONNA, maire de Murzo et conseiller général de Vico, l'abbé CASTAGNINI de Vico, le curé MILLELIRI de Soccia...

 

L'inauguration du groupe scolaire de Soccia

 

La première photo montre une assistance concentrée au moment des discours. Le docteur OTTAVY est au centre, à côté du docteur CASANOVA. A gauche, avec un chapeau, la veuve de François ANTONINI était présente. Tout à droite, ne serait-ce point Judith qui avait enseigné auparavant à Poggiolo et qui était l'institutrice de Soccia?

 

Sur la seconde photo, pour le vin d'honneur, l'ambiance est beaucoup plus détendue.

Le personnage qui est tout à fait à gauche ressemble beaucoup à Laurent-Antoine PINELLI, dit "Antunarellu", le premier adjoint du maire de Poggiolo.

 

L'inauguration du groupe scolaire de Soccia

 

Mais, après un tel démarrage, l'école ne dura pas longtemps. Même avec les élèves des villages voisins, les effectifs étaient faibles et l'administration rectorale finit par imposer le regroupement de tout le primaire à Vico. 

 

Et maintenant l'ex-groupe scolaire garde toujours son nom mais sa vocation est simplement de servir de logement.

 

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 17:59

 

La question posée par Martine CHITI était toute simple. Le 29 avril, elle avait demandé à l'animateur du groupe Facebook "Village d'Orto" quel était le grand bâtiment en ruines visible sur la photo de profil de ce groupe. Curiosité tout à fait normale.

 

Ecole éphémère, ruines durables

 

Il en a résulté pendant une huitaine de jours une intense discussion avec des dizaines de commentaires. Contrairement à ce qui se passe trop souvent par internet, les interventions ont été sérieuses et constructives, alternant souvenirs familiaux et recherches documentaires.

 

Nous allons résumer les résultats de ce débat qui peut intéresser tous les villages de notre haut-canton.

 

Ce bâtiment disproportionné par rapport aux maisons d'Orto était une école. Mais quelles furent ses dates de construction et de fonctionnement?

 

Le site ortu.free.fr montre une autre photo du même lieu.

Ecole éphémère, ruines durables

 

La grande maison est un peu moins délabrée et surtout, au contraire de la photo de Facebook, le clocher de l'église voisine est plat. Il n'a pas son sommet avec horloge et lanternon pointu.

 

Cette vue est donc plus ancienne mais elle n'a pas de date. On peut supposer qu'elle est certainement d'avant 1914.

 

Le site indique qu'il s'agit du "groupe scolaire" qui "a gardé longtemps la belle allure Napoléon III de ses heures de gloire".

 

En fait, la construction n'a certainement pas été opérée pendant le Second Empire, même si cette période s'en était préoccupée. En rendant la scolarité obligatoire, la Troisième République inonda la France d'écoles qui ont souvent des plans très similaires. Détails sur le site le temps des instituteurs.

 

Ainsi, il n'est pas étonnant que la mairie (et ex-école) de Rosazia ait eu la même allure.

 

Photo tirée du site http://preciosa.eklablog.com/

Photo tirée du site http://preciosa.eklablog.com/

 

Le bâtiment d'Orto paraît immense mais il faut se rappeler qu'il avait plusieurs parties: salles de classe (séparées pour garçons et filles), logement de fonction des instituteurs et salle de réunion du conseil municipal.

 

Cette école a dû être construite entre, grosso modo, 1880 et 1900. Les élèves étaient nombreux car, en 1891, la population ortigaise comptait 546 personnes, d'après le recensement officiel. Soccia en avait alors 787. Poggiolo atteignit son optimum en 1901 avec 598 habitants. Son école avait alors 29 élèves filles et 26 garçons (voir l'article La cent dixième rentrée scolaire).

 

La municipalité d'Orto décida la construction d'une école, financée par la mairie avec des prêts et des subventions de l'Etat. Poggiolo préféra l'option de la location de parties de maisons particulières.

 

Le maître d'œuvre fut  un certain ALZIPIEDI de Murzo.

 

Mais, au bout de très peu d'années, vers 1900, le bâtiment fut fermé à cause de la fragilité de la poutre maîtresse qui faisait craindre l'effondrement du plancher de l'appartement du couple d'instituteurs. Les élèves furent transférés dans la maison de Jeanne ROCCA.

 

La ruine resta en place durablement. Jean-Luc, le rédacteur du site ortu.free.fr se souvient avoir connu "ses poutres tombées à terre nous servant de terrain d'entraînement à un équilibre rendu indispensable par les ronces qu'elles surplombaient". 

 

Les débris furent enlevés au début des années 60 pour laisser la place à une nouvelle école édifiée en un  style que Jean-Luc qualifie de "néo-ceaucescu" (Ceaucescu était le dictateur de la Roumanie communiste de 1965 à 1989). 

 

Mais il était tard et la population diminuait à grande vitesse. Après Guagno-les-Bains en 1964 et Poggiolo en 1965, l'école d'Orto ferma en 1970. Celles de Soccia et de Guagno subsistèrent quelques années de plus.

 

L'école abrite maintenant la mairie et la salle des fêtes.

 

tiré du site http://www.nuvellaghju.com/

tiré du site http://www.nuvellaghju.com/

 

L'aspect de cette partie du village a bien changé. Mais il reste des photos qui étonnent toujours.

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 18:00

 

La mort du chanteur Christophe a fortement attristé les anciens jeunes des années 60 qui avaient crié "Aline" dans leurs soirées.

 

Dans un tout autre domaine, ils viennent d'apprendre une nouvelle qui leur a donné un peu de baume au cœur: le vrai Figolu est de retour.

 

Ce biscuit avait disparu depuis 2015 pour être remplacé par un succédané peu appétissant. Une pétition lancée par la journaliste de France Inter Fabienne SINTES avait réclamé son retour. Finalement, la direction de LU vient d'annoncer officiellement le retour du vrai Figolu.

 

Photo Le Parisien

Photo Le Parisien

 

Cette histoire de Figolu peut sembler obscure pour les générations récentes. Et, en plus, pourquoi l'évoquer dans le blog consacré à Poggiolo?

 

Commercialisé à partir de 1961, Figolu est une sorte de "madeleine de Proust" pour les enfants des Trente Glorieuses car il permet de retrouver des bons moments du passé.

 

Chaque paquet comportait seize portions de biscuit sablé fourré de pâte de figue.

 

En plus d'un goût agréable, il avait la vertu de bien remplir l'estomac et d'avoir (du moins on en était persuadé) des vertus énergétiques. Il était donc très utile en promenade ou en excursion car il occupait un faible volume dans le sac de plage ou le sac à dos.

 

Les jeunes Poggiolais de l'époque ne manquaient pas d'emporter des Figolu dans leurs sorties en montagne pour se remettre de leurs efforts.

 

Bien entendu, ils se fournissaient à l'épicerie de Mimi CANALE à Guagno-les-Bains. Certains doivent se souvenir des savants calculs effectués lors des séances de préparation d'excursion pour savoir, à l'unité près, combien on emporterait de portions par personne!!!

 

L'autre calcul important était celui de boîtes de crème Mont Blanc à avoir pour les desserts. Par contre, charcuterie, fromage, pain, etc., tout cela se comptait grossièrement et sans histoire.

 

Le Figolu est de retour

Photo d'une pause en août 1968 au col Bocca à Verghio sur la route de Muna, un moment où le Figolu était utile.

 

De gauche à droite: Madeleine Oliva (maintenant épouse Paoli), Michel Franceschetti (chemise à carreaux rouges), Monique Franceschetti (de dos en blanc), Jean-Pierre Franceschetti. Puis, debout: Bernard Franceschetti et Hervé Calderoni. Au premier plan: Christian Pinelli et Martine Ceccaldi.

 

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 18:10

L'arrêt surprise du fonctionnement, dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 mars, de l'émetteur en AM (modulation d'amplitude) de RMC à Roumoules (Alpes de Haute-Provence) est tombé dans la plus grande indifférence.

L'émetteur de Roumoules

L'émetteur de Roumoules

 

 

Pourtant, cette installation était le symbole d'une époque dont de nombreux septuagénaires et sexagénaires ont parfois la nostalgie: les années 60 et 70.

 

Après la seconde guerre mondiale, les enfants du "baby-boum" voulaient s'amuser et profiter d'une vie qui paraissait devoir être heureuse grâce à ce que l'on n'appelait pas encore les "trente glorieuses".

 

Mais la radio d'Etat, la RTF (devenue ORTF en 1964), était trop guindée. Les quelques radios privées, dites périphériques (Europe n°1, RTL, Radio Monte Carlo, Radio des Vallées d'Andorre, devenue Sud Radio), étaient plus dynamiques et proches des aspirations de la jeunesse. La fameuse émission "Salut les copains" passait sur Europe n°1, devenue Europe 1 en 1968.

 

"Logo" de RMC entre 1965 et 1974.

"Logo" de RMC entre 1965 et 1974.

 

La seule de ces stations à pouvoir être captée à peu près correctement en Provence et en Corse était RMC qui émettait en OM (ondes moyennes) jusqu'en 1965. A cette date,  son nouvel émetteur de la Madone, sur le Mont Agel, près de Nice, permit à la radio monégasque de se faire entendre plus facilement en passant sur GO (grandes ondes).

 

Le temps du transistor

 

En même temps, le poste de radio à transistors se popularisait. Fini le gros poste à lampes que l'on écoutait en famille dans la salle à manger. On pouvait emporter son transistor à la plage ou à la rivière de Guagno-les-Bains pour entendre sur RMC les chanteurs de rock et les émissions présentées par les très jeunes débutants Jean-Pierre Foucault et Julien Lepers.

 

Si le téléphone portable n'existait pas, les appareils sonores (électrophone Teppaz à piles, magnétophone Philips à cassette) devenaient plus petits et très maniables. On pouvait écouter la musique que l'on voulait et où l'on voulait: sur la route de Soccia, dans les rues de Poggiolo ou même... la nuit près du cimetière à côté de l'église St Siméon.

 

Michel Franceschetti écoutant des disques dans la stretta de Poggiolo (été 1968).

Michel Franceschetti écoutant des disques dans la stretta de Poggiolo (été 1968).

 

L'émetteur de Roumoules fut inauguré en 1974. Sa puissance permit à Monte Carlo de diffuser facilement dans toute la moitié Sud de la France. Ce fut l'âge d'or pour la station. Cette époque se termina en 1981 avec l'accession de François Mitterrand à la présidence de la république et l'ouverture des fréquences de FM (modulation de fréquence) aux "radios libres".

 

Mais les "baby-boumers" avaient grandi; ils travaillaient et avaient fondé des familles. Les goûts musicaux des générations suivantes furent différents et passent maintenant par des canaux inimaginables il y a un demi-siècle.

 

 

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Vidéo recommandée: écoute de disques sur la terrasse de la maison Bartoli (maintenant maison Chabrolle), avec Jean-José, Joël, Marie-Thérèse et Rose-Marie.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
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