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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 17:49
Quoi lire dans Inseme de septembre?

Le bulletin «Inseme» de septembre vient de paraître.

 

Vous y trouverez:
 

Edito de Pascale Chauveau p.1

Célébrations p.2

Week-end de recollection p.3 

Billet spirituel p.4

Les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline, par Philippe Péré d'après Le Monde p.5/6

Oscar Rosembly, le Poggiolais au centre du mystère Céline, par Michel Franceschetti p.6/7 

C’est la rentrée, par Françoise Arrighi p.8/9

Noël Casale, par Pascale Chauveau / Stage de polyphonie avec a Filetta / Jean-Claude Acquaviva p.9/11

Dépistages quotidiens au village p.13 

Arca et pestes..., par Jean-Martin Tidori p.14 

Calendrier p.15

 
Bonne lecture en cliquant sur le lien:
 
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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 18:00

 

Grâce au sablier présent en son centre, il était facile de soupçonner que la décoration métallique qui fait l'objet de notre devinette avait un rapport avec la mort. Le sablier montre le temps qui s'écoule. De plus, lui sont accolées deux ailes de corbeau, souvent dessinées avec le squelette de la Mort.

 

Solution de la devinette: où est ce sablier?

 

Ce médaillon orne les deux battants du portail métallique donnant accès à un endroit peu connu des Poggiolais: le cimetière privé.

 

Solution de la devinette: où est ce sablier?

 

Ce cimetière a déjà été présenté dans ce blog en novembre 2010.

 

Situé au-dessus du cimetière communal, de l'autre côté du sentier vers Soccia et Orto, ce terrain privé rassemble des tombes de quelques Poggiolais.

 

Malheureusement, il n'est plus du tout entretenu. Le portail ne ferme plus et les deux battants sont maintenant retenus par un fragile lien en plastique. La végétation cache les tombes et donne une impression de jungle épaisse déjà signalée dans l'article d'août 2020.

 

D'après certains, le sablier (qui est représenté sur chaque battant) et le portail auraient été confectionnés par un DESANTI qui fut forgeron à Poggiolo voici plus d'un siècle et dont le talent était renommé. Il serait désolant qu'une telle œuvre d'art disparaisse.

 

 

 

Photos du 7 août 2021.
Photos du 7 août 2021.
Photos du 7 août 2021.

Photos du 7 août 2021.

 

De son côté, la municipalité poggiolaise a excellemment nettoyé le cimetière municipal en début d'été.

 

Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.
Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.

Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.

 

Si les descendants des personnes reposant ici n'agissent pas rapidement pour honorer leurs ancêtres, le cimetière privé disparaîtra et le sablier n'existera plus.

 

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 18:00

 

Les deux infirmières qui assurent les tests de dépistage du Covid à Soccia continuent à exercer jusqu'au 21 août.

 

Paru dans Corse-Matin de mercredi 18 août:

 

Encore trois jours de dépistage
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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 18:12

 

 

Les victimes de la contagion à Poggiolo

 

 

Pour connaître l'ampleur d'une épidémie, il est important de savoir si les décès viennent bien de la maladie du moment ou d'une autre raison. 

 

Actuellement, les chiffres sont minutieusement collectés et publiés par les hôpitaux et les Agences Régionales de Santé, malgré les soupçons de certains qui pensent qu'ils sont truqués pour ne pas montrer l'ampleur réelle de la mortalité provoquée par le coronavirus.

 

Pour l'étude des périodes passées, les actes d'état-civil sont les seuls moyens d'étudier statistiquement, numériquement, la mortalité. Or, ils n'indiquent pas la cause de la mort.

 

 

Il exista pourtant une exception à Poggiolo en 1830

 

 

Le matin du 6 janvier de cette année-là, le maire PINELLI (il ne donne pas son prénom) consigna sur le registre officiel avoir reçu deux personnes, Jules et Pierre MARTINI, qui ont déclaré le décès, la veille à quatre heures du soir, de leur beau-frère Jules DESANTI, né en 1774 et donc âgé de cinquante-six ans. L'annonce est suivie d'une phrase inhabituelle: "On a anticipé l'enterrement dudit Desanti, attendu qu'on a reconnu que la maladie est Epidémique Contagieuse".

 

Les victimes de la contagion à Poggiolo
Les victimes de la contagion à Poggiolo

 

La maladie devait être particulièrement grave pour que les deux adjectifs "Epidémique" et "Contagieuse" aient eu droit à des majuscules et, surtout, pour que l'enterrement ait été très rapide, avant même la déclaration à la mairie, si l'on comprend bien.

 

Quelle était cette maladie? Aucun autre renseignement n'est donné.

 

On peut cependant remarquer que, une semaine auparavant, le 30 décembre 1829, Antoinette, dite Antonia, quarante ans, l'épouse de Jules DESANTI, était morte. L'acte de son décès n'en mentionne pas la cause et n'évoque pas un enterrement brusqué. Antonia avait-elle contaminé son mari?

 

Les victimes de la contagion à Poggiolo

 

Curieusement, les trois enfants du couple, Jacques Antoine, Jeanne et Julie, furent indemnes. Jacques Antoine, qui avait seize ans au moment du drame, vécut jusqu'en 1879.

 

Le mystère sur la nature réelle de cette contagion subsiste.

 

 

Une première version de cet article a déjà été publiée sur ce blog le 14 octobre 2018.

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 18:00

 

Le 16 août n'est pas seulement le jour de la procession en l'honneur de saint Roch mais aussi l'occasion de montrer que les Poggiolais forment une communauté.

 

En 2001, l'après-midi commença par une partie de "china" près de la chapelle. Puis, il y eut la traditionnelle procession, à laquelle participa la confraternité di u Padre ALBINI.

 

Ensuite, avant de passer à l'apéritif en commun, les Poggiolais de tout âge se rassemblèrent sur la Piazza Inghjo pour une photo de groupe qui montrait la force de la communauté.

 

Ce moment joyeux et symbolique (et poignant quand on pense à ceux qui sont partis depuis) ne pourrait-il pas être réédité avec les Poggiolais de 2021?

   

 

Cliquer sur la photo pour l'agrandir

Cliquer sur la photo pour l'agrandir

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 18:13

 

Au lieu de se désoler de l'abandon de nos villages, il faut agir. La signature du premier CRTE  de Corse-du-Sud peut donner l'espoir que des actions sérieuses vont être entreprises.

 

Le 12 juillet, le préfet Pascal LELARGE et François COLONNA, président de la communauté de communes (EPCI) de Spelunca-Liamone, ont signé un contrat de relance et de transition écologique (CRTE). L'Etat s'engage à financer pour près de 60 millions d'euros une quarantaine de projets présentés par l'intercommunalité.

 

Quelques exemples des dossiers qui seront aidés sont évoqués dans l'article de Laetitia GIANNECHINI paru dans "Corse-Matin" du 13 juillet et dont nous vous donnons la copie ci-dessous.

 

Mais rien ne se fera seul car le CRTE tient essentiellement dans la capacité de toutes les parties prenantes à fédérer les énergies du territoire pour que les 33 communes construisent leur avenir.

 

Et il faudra savoir quelles conséquences pratiques ce contrat va avoir pour Poggiolo (et pour Soccia, et pour Orto, et pour Guagno). Nous espérons que l'information sera vite diffusée.

 

Jean-Laurent Pinelli, maire de Poggiolo, était présent à la signature du CRTE.

Jean-Laurent Pinelli, maire de Poggiolo, était présent à la signature du CRTE.

 

L'Etat s'engage pour la Spelunca-Liamone

 

Laetitia GIANNECHINI

Le CRTE va-t-il vraiment aider nos villages?
Le CRTE va-t-il vraiment aider nos villages?
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Le CRTE va-t-il vraiment aider nos villages?
Le CRTE va-t-il vraiment aider nos villages?
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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 18:00
Jean-Mathieu, l'un des six derniers

 

Oui, Jean-Mathieu CORRIERAS est l'un des six derniers muletiers corses, et aussi le plus jeune. Il est l'un des acteurs du magazine de TF1 "Reportage découverte" consacré aux jeunes qui travaillent pour faire battre le cœur de la Corse. 

 

Sous le titre "Pour l'amour de la Corse", l'émission a été diffusée dimanche 13 juin mais elle est disponible sur le site MYTF1.


 

Jean-Mathieu, l'un des six derniers
Jean-Mathieu, l'un des six derniers

Jean-Mathieu a été filmé lors de deux missions de ravitaillement de refuges et à l'occasion du transport du matériel de débroussaillage pour la chapelle Saint Elysée.

 

De belles images et de beaux témoignages.

 

Comme l'émission est consacrée à plusieurs Corses, si  vous ne voulez voir que Jean-Mathieu, il faut regarder du début jusqu'à 9 minutes 20, puis de 21 minutes 23 à 25 minutes et, enfin, de 38 minutes 40 à 43 minutes.

 

 

UNE SINGULARITÉ:

en plaçant sur une carte de Corse le lieu d'activité de Jean-Mathieu, TF1 a mis le nom de Poggiolo sur une vue de Soccia. Faut-il considérer que les Poggiolais ont annexé Soccia?

 

Ces photos sont des copies d'écran de l'émission.

Ces photos sont des copies d'écran de l'émission.

 

 

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 17:59

 

     Voici exactement un siècle, en 1921, la Corses connut une brusque arrivée d’étrangers venus chercher refuge. Ces migrants étaient des Russes.

 

     Le regretté Mimi CANALE, de Guagno-les-Bains, l’avait rappelé en avril 1998 dans le bulletin «INSEME», lors d’un entretien sur ses souvenirs :

«L’exploitation forestière était très importante. Il y avait plusieurs scieries le long du fleuve (…). En plus, il y avait une scierie de bois et, après la guerre de 14/18, une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café. Les camions venaient charger les billots vendus du côté de Sagone.»

 

Mimi CANALE

Mimi CANALE

 

     Qui étaient ces Russes ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans les Deux Sorru ?

 

     Nous pouvons trouver des réponses dans l’article «Les Russes en Corse» publié en 1998 dans la revue «Études Corses» n°49. L'auteur, Bruno BAGNI, est professeur agrégé d'histoire à Toulon. Le texte suivant s’inspire de ce texte, accessible à l’adresse :

http://leon.tourtzevitch.pagesperso-orange.fr/corse.pdf

 

     En Russie, après la prise du pouvoir par les bolchéviks (communistes) dirigés par LÉNINE  en 1917, une guerre civile éclata. A l’Armée rouge organisée par TROTSKI, s’opposaient les troupes blanches en majorité monarchistes mais comprenant aussi des républicains modérés. Après de grands succès, les troupes de DENIKINE, WRANGEL, KOLTCHAK, KORNILOV, MILLER et IOUDENITCH battirent en retraite.

 

Le général WRANGEL

Le général WRANGEL

 

     Les derniers combats eurent lieu en Crimée avec l’armée WRANGEL. En novembre 1920, les rescapés évacuèrent Sébastopol sous la protection de la flotte française. 146.200 réfugiés, dont 29.000 civils, arrivèrent à Constantinople. Certains trouvèrent ensuite refuge dans les Etats balkaniques, d’autres, croyant à des promesses de pardon, retournèrent dans la Russie communiste.

 

     En avril 1921, il restait encore 55.000 personnes dans les camps de réfugiés dont la France devait s’occuper. Le Brésil accepta d’en recevoir pour servir comme travailleurs agricoles. Le vieux paquebot « Rion », qui avait fait partie de la flotte WRANGEL, quitta la Turquie le 26 avril 1921 en direction de l’Amérique du Sud avec plus de 3700 réfugiés russes à bord. Les avaries provoquèrent une escale à Messine puis l’obligèrent à s’arrêter à Ajaccio.

 

 

Le "Rion"

Le "Rion"

 

     Le matin du 15 mai, les Ajacciens découvrirent ce navire ancré dans le golfe.

 

     Comme l’écrit Bruno BAGNI, «Voilà une petite cité insulaire de 20.000 habitants, qui voit en une journée sa population augmenter de 20%. Et qui sont ces 3.700 nouveaux venus? Des Russes, des Ukrainiens, des Cosaques, bref, quelque chose de plutôt exotique sous ces latitudes... Aucun doute sur ce point: l'arrivée du "Rion" a été L'ÉVÉNEMENT de l'année à Ajaccio».

 

"Le Petit Marseillais", 16 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 16 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 23 mai 1921.

"Le Petit Marseillais", 23 mai 1921.

 

     Les initiatives de la population ajaccienne pour aider les exilés furent nombreuses. A partir du 1er juin, les Russes furent autorisés à chercher un travail en Corse. Ils s’éparpillèrent et l’on compta : 20 Russes à Bastelicaccia, 17 à Zigliara, 14 à Eccica Suarella, 15 à Serra di Terro, 10 à Afa, 13 à Campo, 21 à Guarguale, 24 à Cauro, 30 à Grosseto-Prugna, 14 à Ucciani, 13 à Vico, et 35 à Calcatoggio... Globalement, leur présence fut très paisible.

 

     Cependant, le gouvernement français affrêta deux vapeurs, l'"Aquitaine" et la "Provence", pour les envoyer au Brésil, comme cela avait été prévu: 1.075 Russes embarquèrent… et 458 revinrent, les Brésiliens les ayant jugés inaptes au travail agricole.

 

     Il fut alors décidé de les renvoyer tous à Constantinople. A cet effet, le "Burgeister von Melle" se présenta le 13 septembre dans le port d’Ajaccio. Mais, une rumeur ayant couru que les réfugiés allaient être livrés aux communistes de Russie, nombre d’entre eux s’enfuirent, souvent cachés par la population ajaccienne, scandalisée qu'on envoie ces braves gens à une mort certaine.

 

"Le Petit Marseillais", 15 septembre 1921.

"Le Petit Marseillais", 15 septembre 1921.

 

     Finalement, après de nombreuses péripéties, le "Burgeister von Melle" repartit avec seulement 650 Russes.

 

"Le Petit Marseillais", 18 septembre 1921.

"Le Petit Marseillais", 18 septembre 1921.

 

     A la fin de l’année 1921, il restait 1.500 Russes blancs en Corse.

 

     C'est enfin le 15 juin 1922 que ferma la caserne Livrelli qui servait de centre d’hébergement. Les réfugiés avaient pu s’installer où ils voulaient et où ils pouvaient. En tout cas, ils n’étaient plus à la charge du gouvernement français (et des contribuables). Très vite, un fort courant migratoire fit partir les Russes de Corse vers le continent, où ils espéraient trouver de meilleurs salaires.

 

     Leur nombre dans l’île chuta rapidement puis remonta légèrement.

 

     Bruno BAGNI en arrive à estimer que, finalement, «environ 200 passagers du "Rion" ont dû faire souche en Corse».

 

     Il précise :

«Les travailleurs russes ont été soigneusement dispersés dans l'île. En janvier 1922, des réfugiés sont officiellement signalés dans 80 communes corses. Le saupoudrage est étonnant: à l'exception d'Ajaccio, qui abrite dans la première moitié des années 20 une communauté d'une centaine de Russes, on n'observe nulle part ailleurs de concentration importante; tout au plus relève-t-on entre 15 et 20 individus à Bastia en 1924, et 12 à Volpajola la même année. Partout ailleurs, il n'y a jamais plus de dix réfugiés par commune à partir de 1923. Dans beaucoup de villages, "U Russio", comme on l'appelle le plus couramment, est le seul étranger. On signale par exemple un individu isolé au début de 1923 à Zivaco, Grosseto Prugna, Albitreccia, Guagno, Cargèse, Appietto, Evisa, Letia, Urbalacone, Ciamannacce, Cozzano, Vero, Ucciani, Ota, Cutoli, San Nicolao, Penta di Casinca, Ile Rousse, Corte et Giuncheto.

En 1939, le processus de naturalisation est terminé, puisqu'on ne trouve alors en Corse plus que 3 réfugiés russes, lesquels n'ont vraisemblablement pas souhaité devenir français.»

 

     Que se passa-t-il pour les Russes de Guagno-les-Bains ? Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», on peut lire :

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?

- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

 

     En tout cas, le relevé des tombes dans le cimetière de Guagno-les-Bains, effectué par Joëlle LAGRANGE, ne donne aucun nom d’origine slave.

 

     Un exemple d’enracinement existe dans la brochure consacrée à Muna par l’association A Mimoria (aimablement prêtée par Jean-Baptiste PAOLI, de Soccia). Dans la liste des familles autrefois présentes dans ce village, il est écrit :

«BIKODOROFF, nom apparu vers 1939 à la suite du mariage d’une jeune fille NIVAGGIOLI avec un homme d’origine russe».

 

     Des personnes ayant ce patronyme se trouvent maintenant à Murzo, Letia et Appietto.

 

     Même s’il reste quelques noms slaves en Corse, tous les passagers du «Rion» et leurs descendants se sont complètement intégrés et sont devenus de vrais Corses.

 

     Il ne reste donc plus de traces du village russe de Guagno-les-Bains, qui était peut-être au pied de Libbiu. La scierie où les Russes travaillaient aurait-elle été celle qui fut un temps installée dans les ruines de l’ancien hôpital militaire? Pourquoi sont-ils partis? Parce qu’il n’y avait plus de travail?

 

     Mimi CANALE étant né en 1923, ses souvenirs doivent dater des années 30, ce qui pose la question de savoir si ces travailleurs étaient d’anciens passagers du « Rion » ou d’autres exilés passés par le Continent.

 

     Autre question : pourquoi la mémoire collective poggiolaise a-t-elle totalement occulté ces faits?

 

     La question des Russes dans les Deux Sorru est un domaine à étudier. Ce blog accepterait volontiers d’y contribuer en publiant des témoignages ou des documents sur ces immigrants particuliers.

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     Il existe une association de descendants de Russes en Corse. Elle a un site dont l'adresse est: 

http://www.kalinka-machja.com

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 17:56
"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)
Pour eux, "le village, une évidence".

 

 

Ce titre est celui de l'excellent dossier de Pascale CHAUVEAU sur les retraités vivant toute l'année à Soccia que vient de publier "Settimana" (le supplément hebdomadaire de "Corse-Matin") du 16 avril

L'isolement peut faire peur mais les témoignages recueillis dans le village montrent les bons côtés de ce choix, loin du stress et de l'isolement ressentis dans les grandes villes.

A lire absolument.

 

 

A l’heure de la retraite, ils sont restés ou sont revenus vivre au village. Malgré les difficultés liées à l’éloignement, la fermeture de la plupart des commerces, l’absence de toute administration, et un dépeuplement évident, leur choix n’est pas vécu comme une punition, mais comme une évidence, témoin d’un attachement viscéral à leurs racines profondes.

 

"J’ai dû partir travailler à Paris, mais je considère que pendant 30 ans, j’étais juste de passage ailleurs.’’ Pour Madeleine, la question de revenir dans son village de Soccia à l’heure de la retraite ne s’est jamais posée. «Tous mes souvenirs sont ici, tout me parle». Profitant d’un rayon de soleil pour faire un tour de village avec sa fille, d’autres promeneuses leur emboîtent le pas. Madeleine fait une pause devant le mur d’une maison, sur lequel sont plantés une rangée de clous.

Elle se souvient que, jadis, il y avait un reposoir à cet endroit. Pour la procession du mois de mai, on accrochait aux clous des draps et des fleurs, au-dessus d’un autel avec des lampes, et le cortège s’arrêtait quelques minutes faire des prières. Plus loin, il suffira d’une odeur pour lui rappeler d’autres souvenirs.

 

Comme elle, Judith, 84 ans, est revenue après une carrière dans l’enseignement en région parisienne. « Je n’ai jamais regretté d’être partie, pour l’ouverture d’esprit que ça m’a apportée et toutes les belles rencontres que j’ai faites, mais j’avais ma terre chevillée au corps : pas la Corse, ni même Ajaccio, mais mon village ! Et ma maison fait partie de ma vie. Une partie a été construite par mon arrière-grand-père, l’autre par mon père que j’ai vu en train de casser les pierres et les charrier à dos d’âne. Et quand il avait besoin de petites pierres pour faire les jointures, c’est moi-même qui les lui ramassais. »

 

"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)

 

Au village il y a l’essentiel et peut-être même plus

 

Pourtant, Judith refuse de sombrer dans la nostalgie, même si elle glisse que l’eau courante dans les maisons, en apportant un confort bien agréable, a quand même remplacé les bavardages joyeux des séances de lavage du linge à la rivière. « Le village ne peut plus être celui qu’on a connu avant, et c’est normal. Beaucoup de gens de ma génération ont disparu, et ce n’est pas facile tous les jours car on est loin de tout, mais finalement, il y a l’essentiel et peut-être même plus ! ». 

Les deux médecins du canton montent chaque semaine, les infirmiers tous les jours, mais aussi le kiné, la pédicure, la coiffeuse. Sans compter l’ADMR qui offre ses services pour le ménage, le repassage, les courses et même le jardinage.

Autant de prestations à domicile et sur mesure qui assurent le bien-vieillir au village. « Ce qui marche le moins bien, c’est le service public ! », fulmine Judith« malgré toutes les promesses faites par les politiques pour soutenir la ruralité. » Concrètement, elle cite en vrac les deux mois d’attente pour que sa ligne fixe en panne soit réparée, l’absence de moyens de transport pour se rendre en ville, l’impossibilité de faire des retraits à La Poste sans demande préalable, ou de renouveler ses papiers périmés à la mairie. « Heureusement, il y a l’entraide villageoise qui pallie bien des problèmes. »

 

L’âme de la Corse

« Entraide et solidarité », des mots qui reviennent dans toutes les bouches. Et notamment dans celle de Ceccè. La retraite au village, c’était pour lui une évidence, mais aussi un engagement politique personnel. 

« Pour construire quelque chose de cohérent et d’acceptable pour ce pays, le modèle de société qu’on pouvait créer ne pouvait se faire qu’à partir du village. L’âme de la Corse, je ne la trouve qu’ ici. Ce qui avait fait la Corse, ce n’était pas les villes, qui ont tendance à créer des inégalités, à coups de violences et d’écrasement des individus. Au village, on se connaît tous, ce qui n’empêche pas les antagonismes car on est tous différents. Ne faisons pas d’angélisme. Mais la notion d’entraide et de solidarité qui ressort a toujours été une obligation pour tenir le coup : la survie de la microsociété que représente le village est au-dessus de tout. La société agropastorale a disparu de façon foudroyante, mais la résistance des gens qui continuent à vivre au village me fascine ».

 

"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)

 

« Il y a toujours quelque chose à bricoler, quelque chose à faire au village »

 

Sanvito, 71 ans.

« J’aurais pu rester à l’étranger où j’ai fait carrière, et constitué un large cercle d’amis, mais c’est ici au village que j’ai la sensation d’être chez moi. Mais sans une maison confortable et une voiture, j’aurais peut-être hésité. »

 

Marie-Rose, 60 ans, jeune retraitée.

« La qualité de vie est supérieure, loin de la frénésie de la ville. En s’éloignant de toutes les tentations factices, tu te rends compte que ça ne te manque pas. Il y a toujours quelque chose à bricoler dans la maison, ou à faire pour son village, et c’est valorisant. »

 

"J’avais ma terre chevillée au corps" (Judith)

 

Jean-Thomas, 95 ans, doyen du village.

« J’étais cordonnier à Ajaccio. Dans mon quartier, tout le monde se connaissait et se parlait, on prenait le café ensemble, on était tous des personnalités. Maintenant, les gens ont pris une mentalité parisienne et sont devenus orgueilleux. Quand je restais en bas, tous les membres de ma famille travaillaient, et je restais seul à m’embêter. Ici, c’est la liberté. »

 

Simone.

« Quand tu restes au village, ça oblige ceux de ta famille qui travaillent en bas à monter régulièrement pour te voir. Grâce à ça, le lien avec le village est maintenu. Mon frère avait fait une grave dépression en région parisienne. Son psy lui avait dit de trouver un endroit où il pourrait taper, casser, crier. Il est revenu au village et n’en est plus jamais reparti. C’est là qu’il se sentait apaisé. »

 

Pascale CHAUVEAU

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 18:20

 

Le verdict est tombé: il n'y a que 42 communes derrière Poggiolo dans le classement, sur l'ensemble de la France, des villes et villages où il fait bon vivre.

 

Annecy, Bayonne et Angers sont en tête pour les villes. Les villages de Peltre (57), Guéthary (64) et Epron (14) forment le trio de tête pour le classement des villages de moins de 2 000 habitants.

 

Poggiolo est à la 34.795ème position. Mais les communes voisines ne sont guère mieux placées: 34.633 pour Soccia, 34.676 pour Guagno et 34.706 pour Orto. Vico réussit à être 16.851ème.

 

Où fait-il bon vivre?
Où fait-il bon vivre?
Où fait-il bon vivre?
Où fait-il bon vivre?
Où fait-il bon vivre?

 

Ces résultats, qui viennent d'être publiés dans les journaux, se trouvent sur le site de l'association Villes et villages où il fait bon vivre.

 

L'association a classé 34 837 communes d'après 183 critères objectifs publiés durant l'année 2020 par l'INSEE ou par des organismes étatiques. Ces critères concernent la qualité de vie, la sécurité, les commerces et services, les transports, la santé, l'éducation, la solidarité, les sports et loisirs. On y trouve notamment le taux de chômage, l'espérance de vie, la présence d'une gare, d'une boucherie, d'un collège, l'éloignement d'une maternité ou d'un plan d'eau. La qualité de la couverture internet a même été comptée.

 

 

Ces critères ne suffisent pas car ils sont objectifs et matériels.

Or, il peut faire bon vivre sans une gare ou sans capter la 5G.

On peut aimer vivre dans un endroit calme et isolé.

On peut se sentir bien là où on a des souvenirs et des amis,

là où ont vécu les ancêtres,

là où les racines sont profondes.

 

 

Poggiolo et Soccia (photo Klape).

Poggiolo et Soccia (photo Klape).

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

Lisez "INSEME" de septembre en cliquant ICI:

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CALENDRIER DES MESSES DE SEPTEMBRE:

suivre le lien

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Marché communal

mercredi 15 septembre 

place Padrona à Vico,

de 9h à midi.

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Le comité des fêtes organise confection et dégustation de bastelle à Poggiolo

Dimanche 31 octobre.

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Vacances scolaires:

- Toussaint: du 23 octobre au 8 novembre

- Noël: du 18 décembre au 3 janvier

- Février: du 19 février au 7 mars

- Pâques: du 23 avril au 9 mai

- Fin des classes: 8 juillet

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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