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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 18:01

Un excellent dossier de deux pages sur Vico a été publié dans "Corse-Matin" de vendredi 28 avril. Annoncé en première page par un titre parodiant un slogan publicitaire d'une marque homonyme: "Le roi de la bonne terre, c'est Vico", il montre comment cette commune attire de plus en plus d'habitants.

Un excellent dossier et une grosse erreur

Seulement, une erreur s'est glissée dans le texte de présentation qui est signé par Véronique Emmanuelli. Elle a écrit qu’il existe «un foyer d’accueil médicalisé sur la commune de Guagno, à quelques kilomètres, depuis 2014».

Or, ce foyer se trouve dans le village de Guagno-les-Bains qu’il ne faut pas confondre avec la commune de Guagno.
Le territoire de Guagno-les-Bains est rattaché à la commune de Poggiolo depuis le décret du Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte en date du 19 septembre 1852. Il répondait ainsi à une délibération du 17 septembre 1850 du Conseil Général de la Corse, propriétaire de la source thermale.
Il aurait donc fallu écrire que ce foyer se trouve à Guagno-les-Bains, sur la commune de Poggiolo.
Un message demandant rectification a été envoyé à la journaliste qui nous en a remercié.
 
Le décret de 1852.

Le décret de 1852.

En dehors de ce point, la lecture de des deux pages est particulièrement réjouissante. Depuis 2012, Vico connaît un regain démographique et un véritable réveil économique et culturelle. La liste est longue des nouveautés de toutes sortes qui ont eu lieu en seulement une année:

- parution du livre "Vico-Sagone, Regards sur une terre et des hommes" (voir présentation en cliquant ici) en juillet 2016

- ouverture d'une crèche associative en septembre 2016

- réouverture de la pharmacie (voir l'article "La pharmacie de Vico revit") le 6 mars

- déménagement et modernisation du bureau de Poste en mars 2017 (voir l'article "un nouveau bureau de poste")

- remise à neuf du monument aux morts en mars dernier (cliquer ICI)

- l'inauguration du presbytère rénové le 23 avril 2017 (voir l'article "inauguration")

 

Il est recommandé de lire ce dossier qui montre que les villages de l'intérieur peuvent vivre si les habitants ont de la volonté et sont aidés par leur municipalité. L'extrait ci-dessous donne les témoignages de quatre jeunes qui veulent vivre au pays.

Un excellent dossier et une grosse erreur
Un excellent dossier et une grosse erreur
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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 17:55
Pierrette la bouchère itinérante

Dans la montagne corse, de nombreux villageois sont isolés. Loin des villes, en dehors de la saison touristique, l’activité commerçante est calme. Pour combler ce manque, des marchands ambulants viennent à leur rencontre, comme Pierrette la bouchère.

Dans les Deux Sorru comme dans les Deux Sevi, tout le monde connaît Pierrette MALATESTA, la bouchère de Vico.

Tous les jours, depuis plus de vingt-cinq ans, sa camionnette circule sur les routes de notre micro-région pour proposer viande et charcuterie aux habitants de nos villages. Un reportage diffusé aujourd'hui jeudi 12 janvier dans le journal de 13 heures de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 lui a été consacré. Il a été tourné lors des passages de Pierrette à Letia, Marignana et Evisa. Il montre l'énergie de cette femme et le rôle important qu'elle tient pour les résidents permanents de ces villages de montagne délaissés l'hiver.

 

Le 2 mars 2009, un autre reportage sur les commerçants ambulants (en l'occurrence Francis PIACENTINI le boulanger, Laurent ANGELINI le livreur le journaux et, bien sûr, Pierrette) à Poggiolo et à Soccia avait déjà été diffusé. Il avait été relayé sur ce blog:

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 18:00
Les vieux peuvent servir à quelque chose

Un très intéressant projet va se réaliser à l’EHPAD Jeanne d’Arc de Vico. Des élèves de troisième du collège Camille Borrossi vont rencontrer, deux fois par mois, des pensionnaires de la maison de retraite pour discuter avec eux de leurs souvenirs, de leur vie d’avant « sans portable, télévision ou internet » et aussi pour leur parler de la vie des jeunes d’aujourd’hui. Les collégiens apprendront certainement beaucoup de choses : « Ça peut toucher à l’histoire, avec la guerre d’Algérie, ou à la cuisine, ou encore à des métiers aujourd’hui oubliés. »

Les anciens ont des connaissances et des souvenirs qui ne doivent pas être perdus. Nouer des liens entre les générations permettent à chacun de ne pas se sentir seul et de savoir qui nous sommes et d’où nous venons.

Bonne chance à cette initiative qui était annoncée dans « Corse-Matin » de jeudi 13 octobre par l’article de Pascale CHAUVEAU, reproduit ci-après.

Les vieux peuvent servir à quelque chose
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 18:00
Les Pokemon sont dans nos villages

La folie de la chasse aux pokémons a touché gravement la France pendant cet été. On a pu voir des jeunes et des moins jeunes déambuler avec leurs téléphones pour essayer de détecter et de capturer ses créatures plus ou moins sympathiques et plus ou moins jolies. Nos villages n’ont pas été à l’écart, même si les adeptes de cette mode ont été moins nombreux que dans les grandes villes.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les amateurs n’en ont pas été pour leurs frais : des pokémons étaient cachés à Soccia, Poggiolo Guagno. Orto semble avoir été épargné. Espérons que les chasseurs ont bien fait leur travail et que personne ne se retrouvera nez à nez avec les monstres de Nintendo.

Les Pokemon sont dans nos villages
Les Pokemon sont dans nos villages
Les Pokemon sont dans nos villages
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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 09:30

Toutes nos condoléances.

Décès dans les familles Lagrange et Pinelli
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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 18:00
Le mois d’août dans le rétroviseur: les jeux d’enfants (2/4)

Un après-midi d’août est, depuis quelques années, consacré aux enfants. Cette année, le mercredi 17 avait été choisi pour proposer à la jeune génération de venir s’amuser sur l’esplanade de la salle des fêtes de Poggiolo.

Or, des enfants, il y en a beaucoup au village pendant l’été et ils se rassemblent quand une occasion leur est présentée.

Le 17, les amusements étaient variés. Le diaporama suivant en donne des exemples.

Un château gonflable permettait de sauter et de glisser.

Les petits pouvaient pêcher les canards en plastique.

Un fusil à flèches permettait de montrer son habileté.

Des divers jeux de balles, le volley a eu le plus de succès.

La course en sac fut un bon moment, surtout quand les pieds des plus grands passèrent à travers le plastique.

Il y eut aussi les jeux d’adresse avec les œufs et les ballons remplis d’eau.

Et il ne faut pas oublier le goûter et les diverses friandises.

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 18:00
Un maire ou un numéro vert ?

Si elle avait pu faire le déplacement au 99ème congrès de l’association des maires de France, Joselyne FAZI aurait certainement fait entendre son désaccord.

En effet, le maire de Renno est très inquiéte de la résolution adoptée par l’AMF. La mort des petites communes semble programmée. D’après «Corse-Matin» de dimanche 5 juin, la présidente des maires de Corse-du-Sud déclare: « 

«On veut faire entrer la France dans un moule européen dont la plupart des pays ne comptent que 8.000 communes. Mais nous ne sommes pas régis par les mêmes textes et la France a toujours été attachée à ses communes. (…)

Pour finir par nous faire rentrer dans ce moule européen, on nous étouffe en nous enlevant des sous, en nous confrontant à des mises aux normes de plus en plus coûteuses».

Madame FAZI donne l’exemple absurde de sa mairie:

«Les services municipaux sont sur deux niveaux. En bas, la salle de délibération, en haut, les bureaux. Pour monter 20 marches, les normes nous obligent à installer un ascenseur. C’est 100.000 euros, 2.000 euros d’entretien par an, pour un outil qui ne va jamais fonctionner, parce que personne ne va prendre l’ascenseur pour monter 20 marches. L’obligation, c’est par rapport aux électeurs handicapés, pour qu’ils puissent voter. On a plus vite fait de descendre l’urne, et c’est moins coûteux».

 

La mairie de Poggiolo est dans la même situation. Les bureaux sont en étage et il faut également gravir une vingtaine de marches.

Un maire ou un numéro vert ?
Un maire ou un numéro vert ?

Mais, pas de problème pour les élections car la salle de vote a déjà été installée au rez-de-chaussée.

Et puis, un escalier est très utile car il donne une situation élevée pour bien montrer l’équipe municipale.

Un maire ou un numéro vert ?

Il permet de se faire bien entendre quand on lit un texte comme lors de la procession de la Saint Roch en 2014.

Un maire ou un numéro vert ?

Mais trêve de plaisanterie. 

La technocratie européenne ne cache pas qu’elle veut supprimer le maire, «dernier service public qui fonctionne encore dans un petit village», comme le déclare Pierre-Marie MANCINI, maire de Costa. Bientôt, prévoit Madame FAZI, «un numéro vert le remplacera pour mettre en ligne avec un répondeur qui dira: «Pour l’eau, tapez 1, etc.» ».

L’avenir est sombre pour l’existence et l’identité des villages dans lesquels sont nos racines.

 

La page de « Corse-Matin » du 5 juin citée dans cet article est visible ci-dessous.

Par ailleurs, ce blog a consacré en mars et avril 2014 une série de six articles présentant la mairie de Poggiolo.

Un maire ou un numéro vert ?
Un maire ou un numéro vert ?
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 18:15

Retrouver sa généalogie est complexe pour différentes raisons, notamment le manque ou l'imprécision des documents. A Poggiolo, comme dans toute la Corse, l'utilisation du même prénom par plusieurs générations est une difficulté. Les homonymies demandent des vérifications soigneuses. En effet, les Jean, Antoine, François, Marie sont extrêmement nombreux.

Mais chaque famille a également ses prénoms préférés qui sont beaucoup moins donnés dans d'autres.

Ainsi, plusieurs CECCALDI ont eu (et ont encore) le prénom Valere.

Chez les PINELLI, Laurent a été plusieurs fois utilisé.

 

La famille FRANCESCHETTI a eu une préférence pour PHILIPPE.

Parmi les descendants de Lorenzo, premier membre connu de la famille, qui vivait entre 1640 et 1671, les recherches ont permis de savoir qu'il y a eu:

- trois enfants qui n'ont vécu que quelques mois: Philippe (1857), Philippe Antoine (1859-1860) et Ours Philippe Antoine (1865)

- Filippo Antonio (1807-1836), fils d'Anton Francesco (vers 1733-1818)

-Philippe-Antoine (1840-1924), fils d'Antoine-François (1811-1885). Il fut prêtre.

Les prénoms préférés des familles

- Philippe (1857-1921), fils de Jean-Antoine (1831-1922). Il fit carrière dans l'armée et obtint la médaille militaire en 1889.

Les prénoms préférés des familles

- Philippe Antoine Pascal, dit Filippone (1901-1970), fils du Philippe précédent et frère de Jean-Antoine (1897-1987). Il fut fonctionnaire municipal à Marseille. Militant socialiste, il présida l'Amicale laïque de la Blancarde, créée par son oncle Philippe CERATI (voir l'article "La réponse à la devinette guagnaise"), et participa à la Résistance au sein des Milices Socialistes.

Filippone pendant son service militaire.

Filippone pendant son service militaire.

- Philippe (1922-1996), fils de Jean-Antoine (1897-1987), et dont la biographie a été publiée dans l'article "Souvenir de Philippe Franceschetti".

Les prénoms préférés des familles

Donc, huit Philippe FRANCESCHETTI ont existé.

Un neuvième Philippe FRANCESCHETTI, né en 1978, fils de Michel,  vit actuellement sur le continent.

Les prénoms préférés des familles
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 18:00

Les Corses ont plus de mal que les autres Français à pouvoir accéder aux différents services. Le fait est connu depuis longtemps mais il vient d’être confirmé par une étude de Marie-Pierre NICOLAÏ publiée jeudi 7 janvier. Intitulée «Une nouvelle approche du territoire: densité de population et accessibilité aux services», elle est disponible sur le site de l’INSEE Corse :

http://www.insee.fr/fr/themes/document.aspreg_id=6&ref_id=23678#inter1

 

La vie quotidienne est très difficile pour les habitants des petites communes à cause à la fois de la faible population et du relief compliqué. 

Types de densité des communes

Types de densité des communes

«Résider dans une commune très peu dense implique un accès particulièrement long aux services. Ainsi, accéder aux équipements du panier de vie courante, tels qu’un supermarché, un médecin, ou un collège, nécessite un temps moyen de 21 minutes dans la région, quand 10 minutes suffisent en moyenne sur le continent. Sur l’île, le temps d’accès est aussi plus élevé que dans les autres départements à dominante rurale: 14 minutes en moyenne dans les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence, en Lozère ou dans la Nièvre.»

Or, les villages des Deux Sorru font partie des communes très peu denses (moins de 25 habitants au kilomètre carré et moins de 300 habitants) sauf Vico qui a 885 habitants (chiffres INSEE de 2010) dont 78% dans la catégorie peu dense.

 

Curieuse coïncidence: par le «Corse-Matin» de vendredi 8 janvier, on apprend que les bureaux de la Trésorerie d’Evisa (déplacée à Piana) et de Vico ont fusionné depuis le 1er janvier. Pour le moment, les conséquences sont faibles (Piana ne vend plus de timbres fiscaux !).

Mais Pascale CHAUVEAU, correspondante du quotidien, annonce que:

«à terme, il est prévu que les deux antennes disparaissent au profit d’une seule qui sera implantée à SAGONE, dans la zone de la cathédrale.»

Et, pour aller de Poggiolo à Sagone, il faut bien plus que les 21 minutes trouvées par l’INSEE.

 

 

« Quand le désert avance.

C'est la vie qui s'en va »,

chantait France GALL en 1989.

« Quand le désert avance… »
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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:59

La tradition corse d’hospitalité a souvent été évoquée à l’occasion de l’afflux récent en Europe d’immigrants venant du Proche-Orient et d’Afrique. La Corse n’est actuellement pas vraiment touchée directement. Mais il y eut des moments où elle connut une brusque arrivée d’étrangers. En 1921, les migrants aboutissant en Corse étaient des Russes.

Le regretté Mimi CANALE l’avait rappelé en avril 1998 dans le bulletin «INSEME», lors d’un entretien sur ses souvenirs :

«L’exploitation forestière était très importante. Il y avait plusieurs scieries le long du fleuve (…). En plus, il y avait une scierie de bois et, après la guerre de 14/18, une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café. Les camions venaient charger les billots vendus du côté de Sagone.»

Mimi CANALE

Mimi CANALE

Qui étaient ces Russes ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans les Deux Sorru ?

Nous pouvons trouver des réponses dans l’article «Les Russes en Corse» publié en 1998 dans la revue « Études Corses» n°49. L'auteur, Bruno BAGNI, est professeur agrégé d'histoire à Toulon. Le texte suivant s’inspire de ce texte, accessible à l’adresse :

http://leon.tourtzevitch.pagesperso-orange.fr/corse.pdf

 

En Russie, après la prise du pouvoir par les bolchéviks (communistes) dirigés par LÉNINE  en 1917, une guerre civile éclata. A l’Armée rouge organisée par TROTSKI, s’opposaient les troupes blanches en majorité monarchistes mais comprenant aussi des républicains modérés. Après de grands succès, les troupes de DENIKINE, WRANGEL, KOLTCHAK, KORNILOV, MILLER et IOUDENITCH battirent en retraite.

général WRANGEL

général WRANGEL

Les derniers combats eurent lieu en Crimée avec l’armée WRANGEL. En novembre 1920, les rescapés évacuèrent Sébastopol sous la protection de la flotte française. 146.200 réfugiés, dont 29.000 civils, arrivèrent à Constantinople. Certains trouvèrent ensuite refuge dans les Etats balkaniques, d’autres, croyant à des promesses de pardon, retournèrent dans la Russie communiste. En avril 1921, il restait encore 55.000 personnes dans les camps de réfugiés dont la France devait s’occuper. Le Brésil accepta d’en recevoir pour servir comme travailleurs agricoles. Le vieux paquebot « Rion », qui avait fait partie de la flotte WRANGEL, quitta la Turquie le 26 avril 1921 en direction de l’Amérique du Sud avec plus de 3700 réfugiés russes à bord. Les avaries provoquèrent une escale à Messine puis l’obligèrent à s’arrêter à Ajaccio.

 

Le matin du 15 mai, les Ajacciens découvrirent ce navire ancré dans le golfe. Comme l’écrit Bruno BAGNI, «Voilà une petite cité insulaire de 20.000 habitants, qui voit en une journée sa population augmenter de 20%. Et qui sont ces 3.700 nouveaux venus? Des Russes, des Ukrainiens, des Cosaques, bref, quelque chose de plutôt exotique sous ces latitudes... Aucun doute sur ce point: l'arrivée du "Rion" a été L'ÉVÉNEMENT de l'année à Ajaccio».

le "Rion"

le "Rion"

Les initiatives de la population ajaccienne pour aider les exilés furent nombreuses. A partir du 1er juin, les Russes furent autorisés à chercher un travail en Corse. Ils s’éparpillèrent et l’on compta : 20 Russes à Bastelicaccia, 17 à Zigliara, 14 à Eccica Suarella, 15 à Serra di Terro, 10 à Afa, 13 à Campo, 21 à Guarguale, 24 à Cauro, 30 à Grosseto-Prugna, 14 à Ucciani, 13 à Vico, et 35 à Calcatoggio... Globalement, leur présence fut très paisible.

Cependant, le gouvernement français affrêta deux vapeurs, l'"Aquitaine" et la "Provence", pour les envoyer au Brésil, comme cela avait été prévu: 1.075 Russes embarquèrent… et 458 revinrent, les Brésiliens les ayant jugés inaptes au travail agricole.

Il fut alors décidé de les renvoyer tous à Constantinople. A cet effet, le "Burgeister von Melle" se présenta le 13 septembre dans le port d’Ajaccio. Mais, une rumeur ayant couru que les réfugiés allaient être livrés aux communistes de Russie, nombre d’entre eux s’enfuirent, souvent cachés par la population ajaccienne, scandalisée qu'on envoie ces braves gens à une mort certaine. Finalement, le "Burgeister von Melle" repartit avec seulement 650 Russes.

A la fin de l’année 1921, il restait 1.500 Russes blancs en Corse.

C'est finalement le 15 juin 1922 que ferma la caserne Livrelli qui servait de centre d’hébergement. Les réfugiés avaient pu s’installer où ils voulaient et où ils pouvaient. En tout cas, ils n’étaient plus à la charge du gouvernement français (et des contribuables). Très vite, un fort courant migratoire fit partir les Russes de Corse vers le continent, où ils espéraient trouver de meilleurs salaires.

Leur nombre dans l’île chuta rapidement puis remonta légèrement.

Bruno BAGNI en arrive à estimer que, finalement, «environ 200 passagers du "Rion" ont dû faire souche en Corse».

Il précise :

«Les travailleurs russes ont été soigneusement dispersés dans l'île. En janvier 1922, des réfugiés sont officiellement signalés dans 80 communes corses. Le saupoudrage est étonnant: à l'exception d'Ajaccio, qui abrite dans la première moitié des années 20 une communauté d'une centaine de Russes, on n'observe nulle part ailleurs de concentration importante; tout au plus relève-t-on entre 15 et 20 individus à Bastia en 1924, et 12 à Volpajola la même année. Partout ailleurs, il n'y a jamais plus de dix réfugiés par commune à partir de 1923. Dans beaucoup de villages, "U Russio", comme on l'appelle le plus couramment, est le seul étranger. On signale par exemple un individu isolé au début de 1923 à Zivaco, Grosseto Prugna, Albitreccia, Guagno, Cargèse, Appietto, Evisa, Letia, Urbalacone, Ciamannacce, Cozzano, Vero, Ucciani, Ota, Cutoli, San Nicolao, Penta di Casinca, Ile Rousse, Corte et Giuncheto.

En 1939, le processus de naturalisation est terminé, puisqu'on ne trouve alors en Corse plus que 3 réfugiés russes, lesquels n'ont vraisemblablement pas souhaité devenir français.»

 

Que se passa-t-il pour les Russes de Guagno-les-Bains ? Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», on peut lire :

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?

- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

En tout cas, le relevé des tombes dans le cimetière de Guagno-les-Bains, effectué par Joëlle LAGRANGE, ne donne aucun nom d’origine slave.

Voir liste complète à l’adresse :

http://www.francegenweb.org/~cimgenweb/result_com.php3?id=12&dpt=20

 

Un exemple d’enracinement existe dans la brochure consacrée à Muna par l’association A Mimoria (aimablement prêtée par Jean-Baptiste PAOLI, de Soccia). Faisant la liste des familles autrefois présentes dans ce village, il est écrit :

«BIKODOROFF, nom apparu vers 1939 à la suite du mariage d’une jeune fille NIVAGGIOLI avec un homme d’origine russe».

Des personnes ayant ce patronyme se trouvent maintenant à Murzo, Letia et Appietto.

Même s’il reste quelques noms slaves en Corse, tous les passagers du «Rion» et leurs descendants se sont complètement intégrés et sont devenus de vrais Corses.

 

Il ne reste donc plus de traces du village russe de Guagno-les-Bains, qui était peut-être au pied de Libbiu. La scierie où les Russes travaillaient aurait-elle été celle qui fut un temps installée dans les ruines de l’ancien hôpital militaire ? Pourquoi sont-ils partis ? Parce qu’il n’y avait plus de travail ?

Mimi étant né en 1923, ses souvenirs doivent dater des années 30, ce qui pose la question de savoir si ces travailleurs étaient d’anciens passagers du « Rion » ou d’autres exilés passés par le Continent.

Autre question : pourquoi la mémoire collective poggiolaise a-t-elle totalement occulté ces faits?

La question des Russes dans les Deux Sorru est un domaine à étudier. Ce blog accepterait volontiers d’y contribuer en publiant des témoignages ou des documents sur ces immigrants particuliers.

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il existe une association de descendants de Russes en Corse. Elle a un site dont l'adresse est: 

http://www.kalinka-machja.com

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