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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 17:56
Manuscrits cachés à Poggiolo

 

Jean-Baptiste CROCE revient, dans Settimana du 17 septembre, sur les manuscrits volés de L-F CELINE et qui auraient été cachés en Corse (page 12).

 

Il reprend l'idée, largement déjà évoquée sur ce blog (notamment ICI et ICI, du rôle important joué par Oscar ROSEMBLY dans la disparition des feuillets de l'écrivain et, évidemment, mentionne Poggiolo.

 

Le journaliste expose clairement les connaissances actuelles sur l'affaire littéraire de l'été, ce qui est bien utile pour les personnes qui n'auraient pas tout suivi.

 

L'image peut être agrandie en cliquant sur elle.

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 18:00

 

LE COMBAT DE SOCCIA

 

    Le 11 septembre 1921, se joua le sort du siège de conseiller général de SOCCIA. Il fallait élire, au Conseil Général de la Corse (qui n'était alors qu'un seul département), le représentant de l'ancienne piève de Sorru in Sù (POGGIOLO, SOCCIA, ORTO, GUAGNO). Mais le hasard fit que, au même moment, il fallut trouver un nouveau titulaire pour le canton de VICO (l'ancien Sorru in giù: VICO, ARBORI,  BALOGNA, COGGIA, LETIA, MURZO, RENNO). En effet, l'élection de Jean-François GALLINI (pourtant conseiller général depuis 1909) avait été invalidée pour fraude électorale par le Conseil d'Etat.

 

    Jean-François GALLINI ne se présenta pas à VICO et laissa la place au docteur Philippe CHIAPPINI, de MURZO, collaborateur de "A Muvra". Par contre, il ne pouvait accepter que François COTY prenne pied dans la terre voisine. Le parfumeur ne se présenta pas  au  premier tour mais réussit à obtenir le désistement en sa faveur de trois des candidats qui s'étaient affrontés le 3 septembre, MARTINI, OTTAVY et SANTINI.

 

   Ne restait en lice contre lui que Jean-François CECCALDI, maire de POGGIOLO depuis le 8 décembre 1919. Il était prévu que, en cas de victoire, CECCALDI cède ensuite le siège à GALLINI pour lui permettre un redémarrage de sa carrière. Voilà pourquoi la présence de COTY était insupportable à celui qui était surnommé "l'empereur du Sahel". La campagne du second tour fut très âpre et paradoxale, entre un candidat de dernière minute et une personnalité non-candidate.

Caricature de J-F Gallini en "empereur du Sahel" (1922), coll Philippe Martinetti.

Caricature de J-F Gallini en "empereur du Sahel" (1922), coll Philippe Martinetti.

 

 "L'Eveil de la Corse" en donne un récit, évidemment très partisan:

 

"M. GALLINI, non content d'avoir volé le siège sénatorial de M. COTY, résolut de tout tenter pour lui ravir le siège de conseiller général: l'homme malade de VICO puisa des forces nouvelles dans sa haine incompréhensible. (...)

Oui, il se traîna à SOCCIA, à GUAGNO, à POGGIOLO, partout; il alla de porte en porte quémander, promettre, supplier ou menacer, il se démena, semant en des oreilles naïves ou ignorantes la perfidie de propos fantaisistes dont M. COTY faisait naturellement les frais. (...)

Le vieil empereur du Sahel avait en même temps fait donner la garde: parallèlement à ses manœuvres stratégiques, la grosse artillerie des lettres et des télégrammes, sous le commandement du député LANDRY et du sénateur-maire SARI, dirigeait son tir sur tout le canton. C'étaient des appels désespérés, avec des trémolos et des attendrissements, au nom de la République, ou de la parenté, ou du passé, ou de l'avenir. (...) Tout le monde était sur le pont, et l'abordage fut mené par un ancien ministre et deux sénateurs, sans compter quelques comparses de moindre importance qui formaient l'équipage de cette galère.

Et la galère sombra."

 

 

    Toute autre est la description de la tournée électorale de François COTY le 10 septembre, la veille du scrutin. Voici quelques extraits: 

 

"A GUAGNO, une manifestation enthousiaste, accompagnée de salves de coups de fusil, l'a accueilli."

"A ORTO, un arc de triomphe avait été dressé. M. le capitaine PAOLI, assisté de M. le Maire, a prononcé l'éloge de M. COTY."

"A SOCCIA, au cours d'une réunion que présidait M. le capitaine COLONNA, maire de la commune, un échange de déclarations a eu lieu. La présence aux côtés de M. COTY de MM. MARTINI, OTTAVY et SANTINI, candidats du premier tour, a donné à cette manifestation le caractère le plus significatif."

 

    Bien sûr, la réception poggiolaise fut d'un autre genre:

"A POGGIOLO, un accueil affable a été réservé à M. COTY, dont la première visite de courtoisie a été pour le maire, M. CECCALDI, qu'on désigne comme son adversaire probable de demain, et avec lequel il s'est fort courtoisement entretenu."

 

 

Il ne restait plus qu'à attendre le verdict des urnes.

 

(à suivre)

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 18:00

 

Il peut être difficile de croire qu’une simple élection cantonale dans les Deux Sorru ait pu retenir l’attention des hommes politiques et des journaux du continent. Et pourtant ce fut le cas en septembre 1921, voici exactement un siècle, à cause de la personnalité des deux adversaires en lice: Jean-François GALLINI et François COTY.

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ENRICHI PAR SON NEZ

    Jean-Pierre SPORTUNO naquit à Ajaccio le 3 mai 1874, de Jean-Pierre SPORTUNO et de Marie COTI. Son arrière-grand-père, Jean-Baptiste SPORTUNO, fut maire de la cité impériale, entre 1822 et 1826. Mais, son père ayant abandonné le foyer et sa mère étant morte alors qu'il avait quatre ans, il fut élevé modestement par sa grand-mère Anne BELLONI.

   A 22 ans, ayant pris comme nom celui de sa mère avec un "y", il alla à Paris où il fut initié au journalisme par Emmanuel ARENE (qui était aussi président républicain du conseil général de Corse, député puis sénateur) et à la chimie par un pharmacien, Raymond GOERY, qui lui donna l'idée de fabriquer des parfums. Ayant un "nez" exceptionnel et un grand sens de la publicité, il se tailla une grande place dans la parfumerie. Sa société COTY-LANCASTER, fondée en 1904, prit une taille internationale.

 

Le canton était au parfum. 1/3: la richesse et l'humiliation

 

UNE TÊTE POLITIQUE

 

    Devenu très riche grâce à ses parfums, François COTY était torturé par le démon de la politique.

   Il acheta des journaux ("Le Figaro" en 1922, puis "Le Gaulois") ou en créa ("L'Ami du peuple" en 1928).

   Il finança des mouvements politiques monarchistes ou très à droite. De 1924 à 1928, il donna près de 2 millions de Francs au quotidien royaliste "L'Action Française" avant de se brouiller avec Charles MAURRAS. Il soutint financièrement le Faisceau de Georges VALOIS (1925) et les Croix de Feu (1927). Il en arriva à créer sa propre ligue, Solidarité Française, en 1933. Ce mouvement nationaliste, antiparlementaire, antisémite et antimaçonnique joua un rôle important lors de l'émeute du 6 février 1934.

    Le duc de GUISE, prétendant au trône de France de 1926 à 1940, le désigna comme conseiller de son fils le comte de PARIS. Au mariage de celui-ci, COTY offrit à la princesse Isabelle un cadeau qui fit sensation: un diadème de feuillages en diamants sertis de sept grosses émeraudes cabochon.

 

François COTY vers 1926 (photo Wikipedia)

François COTY vers 1926 (photo Wikipedia)

 

L'HUMILIATION SÉNATORIALE

 

    Il s'engagea également très tôt dans la politique insulaire. Il finança la revue autonomiste "A Muvra" du Vicolais Petru ROCCA. Mais c'est à gauche qu'il débuta.

 

   Aux élections législatives de 1919, il soutint, avec ses gros moyens, les candidats dirigés par LANDRY et MORO-GIAFFERI. Seulement, il fut oublié sur la liste des sénatoriales de 1920. Dès lors, la rupture avec la gauche fut définitivement consommée et, lors des sénatoriales partielles du 9 janvier 1921, il fut candidat sur la liste de la Droite Gaviniste, aux côtés de Paul DOUMER, qui fut élu.

 

   La liste du PRDS (gauche) l'emporta et obtint 2 élus: EMILE SARI et Jean-François GALLINI, le maire de SOUSSE en Tunisie, qui fut proclamé élu avec, sur COTY, une majorité de deux voix venant de deux grands électeurs dont la Préfecture avait pourtant préconisé la radiation.

 

 

 

 

Le canton était au parfum. 1/3: la richesse et l'humiliation

 COTY vécut ce déni de justice comme une humiliation et mit tout en œuvre pour se venger. Dans ce but, il devint propriétaire du quotidien ajaccien "Le COLOMBO" (fondé en 1913) qui devint, dès le 20 avril 1921, "L'Eveil de la Corse" ("journal quotidien de grande information politique, économique, agricole et littéraire"), dont les bureaux étaient 14 cours Grandval et qui fut dirigé par le journaliste et romancier Henri OMESSA. Il lui fut vite très utile pour prendre sa revanche sur GALLINI.

(à suivre)

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 18:09
Poggiolo et Oscar Rosembly dans l'hebdomadaire "Marianne"

 

L'affaire de la découverte des manuscrits inédits de l'écrivain CÉLINE continue à agiter le monde littéraire et de nouveaux articles paraissent encore sur ce sujet. Dernier en date: l'hebdomadaire Marianne.

 

Dans son numéro daté du 27 août, le magazine de Natacha POLONY publie une enquête de Laurent VALDIGUIÉ intitulée "Louis-Ferdinand Céline, l'enfant caché".

 

Dans ce texte fouillé et précis, le journaliste évoque longuement la "piste corse", et plus exactement poggiolaise, pour expliquer où ces documents ont pu disparaître si longtemps, depuis 1944 jusqu'à cette année.

 

Il est amplement question d'Oscar ROSEMBLY à propos des témoignages de Jacques-Antoine et Pierre MARTINI qui évoquent diverses anecdotes sur la personnalité de celui qui était "fin lettré" mais se faisant passer pour "l'idiot du village". Le maire de Sampolo se souvient de sa mort en 1990: "C'est moi qui ai fait la croix de sa tombe, au cimetière de Poggiolo, et son enterrement était d'une tristesse inouïe, il n'y avait personne, ni sa fille ni ses petits-enfants."

 

Nous vous donnons ci-dessous la partie de cette enquête consacrée à Poggiolo et à ROSEMBLY mais il est conseillé d'acheter Marianne pour lire l'ensemble de l'article, d'autant que cet hebdomadaire est une des rares publications ne trempant pas dans la bien-pensance du politiquement correct.

 

Petite précision: la photo de la maison du Luccio (où vécut Oscar ROSEMBLY) qui illustre l'article est extraite de Google Maps et date de novembre 2008. En cadeau, voici une photo du même lieu actualisée car prise par Michel Franceschetti le 6 août 2021.

 

 

Poggiolo et Oscar Rosembly dans l'hebdomadaire "Marianne"
Poggiolo et Oscar Rosembly dans l'hebdomadaire "Marianne"
Poggiolo et Oscar Rosembly dans l'hebdomadaire "Marianne"
Poggiolo et Oscar Rosembly dans l'hebdomadaire "Marianne"
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19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 18:00

 

    Le début du XXème siècle, fut un "âge d'or" pour Guagno-les-Bains, au moins jusqu'à l'attaque sanglante du 17 août 1931.

 

    Même après la fermeture de l'hôpital militaire en 1883, le hameau recevait de nombreux curistes et touristes. Le "Guide bleu" de 1939 écrivit que ce lieu "est non seulement une station thermale très fréquentée, mais aussi une villégiature et un centre d'excursions recommandables dans une contrée accidentée et pittoresque.". Et d'énumérer ensuite les hôtels du lieu:

 

- Grand Hôtel Continental (ouv. toute l'année; autos et calèche à Vico à l'arrivée de l'autobus t. l. j. pendant la saison; gar.)  

- Central

- de la Terrasse 

- Martini

- Villa des Fleurs

- de l'Etablissement thermal (du 1er juin au 30 septembre)

 

La folle et sanglante agression de Guagno-les-Bains (17 août 1931)

 

   Il faisait bon vivre à Guagno-les-Bains mais, voici 90 ans, un drame troubla la fête et fit une très mauvaise publicité à la station thermale. Ce fut le 17 août 1931.

 

   Reprenons le récit qui parut le 24 août dans "Le Petit Provençal", journal marseillais qui avait une importante rubrique corse.

 

    "Mardi dernier, vers 9 heures du matin, le bandit CAVAGLIOLI François et ses deux neveux TORRE Jean-Baptiste et CAVAGLIOLI Toussaint - ce dernier âgé de 17 ans - sont arrivés à GUAGNO-les-BAINS. Ils étaient tous trois armés de fusils et de pistolets avec cartouchières garnies.

   Dès leur arrivée dans cette station d'été, très fréquentée par les malades et les estivants, ils sont allés aux hôtels Casta, Martini Pascal et au débit Leca. Sous la menace de leurs fusils braqués dans la direction des patrons de ces établissements, ils ont exigé le versement de sommes variant de 1.000 à 5.000 francs.

   Après quoi, le bandit CAVAGLIOLI François a posté ses deux neveux au coin de l'établissement thermal tenu par M. Michel SIMONGIOVANNI et lui-même est rentré dans la cour de l'hôtel, a fait lever les mains en l'air aux clients de l'établissement qu'il a rencontrés, puis se plaçant au bas d'une fenêtre, il a appelé le patron: "Michel!  Michel!", son fusil braqué dans la direction de la fenêtre où le propriétaire était susceptible de paraître."

 

    Michel SIMONGIOVANNI, concessionnaire de l'établissement, avait refusé, quelque temps auparavant, le racket établi par le bandit et avait déclaré: "Plutôt que de verser à Caviglioli la somme qu'il me réclame, je suis prêt à lui flanquer cinq balles dans le front" (extrait de Jean BAZAL "Avec les derniers bandits corses", 1973).


   

 

Publicité parue dans "La Corse touristique" en 1926.

Publicité parue dans "La Corse touristique" en 1926.

 

 Le quotidien raconte ensuite:

   "Ce dernier n'ayant pas répondu, CAVAGLIOLI s'est retiré et, de la route, ses neveux et lui ont tiré une trentaine de coups de fusils sur les fenêtres de l'établissement.

   Notre malheureux concitoyen, M. Antoine GUAGNO, qui se trouvait dans sa chambre avec sa jeune femme, atteint à la tête par une balle, fut foudroyé."

 

    Certains textes, mis en référence par Pierre LECCIA sur GENEANET dans sa notice sur Antoine GUAGNO, évoquent l'imprudence de la victime qui se serait mise à la fenêtre pour regarder ("Le Figaro", 26/08/1931, p. 4) ("L'Humanité", 26/08/1931, p. 1) ("Ric et Rac", n° 140, 14/11/1931, p. 2). Les articles se partagent pour localiser l'impact de la balle (tête ou cœur).

 

    Antoine GUAGNO était né en 1900 à Ajaccio où son père Sébastien dirigeait un important garage. La publicité ci-dessous est extraite de la revue "A Muvra".

 

La folle et sanglante agression de Guagno-les-Bains (17 août 1931)

 

Le journal continue:

  "Avant de se retirer vers les collines de LETIA, les bandits ont mis le feu au pré qui s'étend en contrebas de l'établissement thermal."

Il s'agit du terrain sur lequel a été ensuite construit l'Hôtel des Thermes.

 

    Cet article fut complété le 26 août par le même journal qui, dans un nouveau récit de l'événement, donna des détails supplémentaires sur la fuite des bandits:

   "En s'éloignant, les malandrins croisèrent sur leur route le capitaine LECA et M. OTTAVI qui, avec leurs épouses, se rendaient à la source sulfureuse. Sous l'œil noir des fusils, les quatre personnes furent en un tournemain dépouillées de leur argent et de leurs bijoux.

   Quelques heures plus tard, le receveur des Postes de Vico recevait à son tour la visite des bandits qui le prévinrent qu'ils lui interdisaient, sous peine d'être tué sans pitié, de donner à qui que ce soit la communication téléphonique pour Ajaccio."

 

    "All in all it was a successful day for les Caviglioli" (traduction: "Dans l'ensemble, ce fut une journée réussie pour les Caviglioli"), écrivit ironiquement, dans un article intitulé "Again Caviglioli" (voir ICI)le magazine américain "TIME" du 7 septembre 1931 (car l'affaire de GUAGNO-les-BAINS n'eut pas seulement un retentissement français mais véritablement international).     

 

"Time" du 7 septembre 1931

"Time" du 7 septembre 1931

 

   Mais l'affolement était général à GUAGNO-les-BAINS. "Le Petit Provençal" du 24 août continuait par le paragraphe suivant:

    "Dans la soirée, toutes les voitures qui se trouvaient à Guagno et dans les environs ont été réquisitionnées pour permettre aux estivants et aux malades de quitter GUAGNO-les-BAINS qui est complètement désert à l'heure actuelle."

 

   Didier DAENINCKW décrit cette désolation dans son roman «Têtes de Maures» paru en 2013 :

« La panique s’empara des curistes, des vacanciers. Un véritable exode précipita des centaines de familles sur les quais d’embarquement d’Ajaccio. En quelques jours, le bourg de Guagno-les-Bains fut déserté, on dut rapidement fermer les restaurants, les pensions de famille, on licencia le personnel des thermes, les services de voitures depuis Vico ou Ajaccio furent interrompus, et tous ceux qui travaillaient la terre, qui élevaient de la volaille, pétrissaient la pâte, réduisirent leur activité. »

 

   Guagno-les-Bains n’a plus jamais retrouvé son «âge d’or». L’attaque du 17 août 1931, qui eut une si grande importance, est maintenant bien oubliée. Ne serait-il pas utile qu’une plaque posée sur un mur des thermes rappelle la mémoire d’Antoine GUAGNO, victime innocente de la brutalité et de la stupidité de certains ?

 

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 17:59

 

 

Pour se moquer des cartes postales véhiculant des clichés éculés sur les Corses, comme celles du lac de Crena ou du col de Vergio vues dans l'article du 22 juillet, des jeunes de Soccia prirent l'initiative de réaliser une scène tout aussi "typique".

 

Avec les femmes entièrement couvertes de vêtements noirs et semblant complètement dévouées à l'homme à qui elles présentent ses armes, l'ensemble fut réussi.

 

Parmi nos lecteurs, certains pourront-ils identifier les membres de ce trio?

 

Photo publiée par Pierre Cannamelo le 24 août 2019 sur Facebook.

 

Corse typique: la réponse socciaise
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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 18:00

 

Les élections territoriales, qui ont une nouvelle fois montré l’importance du sentiment national corse, auraient fait plaisir à Petru ROCCA, le grand défenseur de l’identité insulaire.

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Décédé voici exactement cinquante-cinq ans, le 7 juin 1966, à Vico, Pierre, dit Petru, Rocca y était né le 28 septembre 1887.

 

Fils d’un boucher, il fut attiré très jeune par les lettres, sous l’influence de sa mère, née Pozzo di Borgo, qui descendait des imprimeurs Marchi.

 

Après une période d’engagement dans l’armée, il s’installa à Paris où il fut employé dans une imprimerie. Il commença à écrire, notamment dans la revue «A Tramuntana» de Santu Casanova.

 

Petru Rocca participa à la guerre de 1914-1918 et en sortit avec le grade d’officier et le titre de chevalier de la légion d’honneur.

 

A partir du 15 mai 1920, il publia la revue « A Muvra » pour défendre la langue et la culture corse. Son imprimerie, transférée à Ajaccio, publia de très nombreux ouvrages d’écrivains corses.

 

Extrait du site L'Histoire par l'image (https://histoire-image.org/de/etudes/autonomisme-corse-entre-deux-guerres-muvra)

Extrait du site L'Histoire par l'image (https://histoire-image.org/de/etudes/autonomisme-corse-entre-deux-guerres-muvra)

 

Petru Rocca passa rapidement à la politique en créant en 1923 le Partitu Corsu d’Azione, devenu en 1927 le Partitu Corsu Autonomistu qui réclamait l’autonomisme de l’île, puis, progressivement, l’indépendance.

 

Le dynamisme et les talents de tribun de l’écrivain vicolais lui donnèrent une grande audience. Ainsi, il lança une souscription publique pour édifier la Croce di u ricordu à Ponte Novu. La bataille décisive de 1769 entre soldats français et corses, alors tombée dans l’oubli, fut célébrée pour la première fois le 3 août 1925 devant une foule considérable avec un discours historique du chef de « A Muvra ».

 

Petru Rocca voulait s’en tenir à l’action culturelle et refusa l’action directe. Mais son parti fut de plus en plus attiré par l’irrédentisme italien. En 1938, Petru Rocca fut exclu de l’ordre de la légion d’honneur. En septembre 1939, quand le conflit mondial débute, « A Muvra » fut interdite et son imprimerie fermée.

 

A la fin de la guerre, Petru Rocca fut condamné à plusieurs années de prison. Libéré, il continua à écrire des poésies et contribua à de nombreux journaux.

 

SOUVENIR DE PETRU ROCCA

 

De Petru Rocca, décédé et enterré à Vico voici cinquante-cinq ans, on se souvient de son incroyable énergie et de l’ampleur de son œuvre littéraire qui est toujours admirée. Et combien de fois les militants régionalistes, autonomistes et nationalistes, et aussi les Corses non militants, n’ont-ils pas entonné U Culombu, l’hymne laïc et politique écrit par Petru Rocca en 1937 pour équilibrer l’hymne religieux Dio vi salvi regina ?

Qui ne vibre pas au son de ces vers ?

 

Un son di cornu da li monti

Stende lu volu cun furor

A stu cennu siamu pronti

Riscassi da lu patriu ardor

Svanisce la diminticanza

Cresce la nostra voluntà

Disceta la speranza

A voce di colombu

Chjama di u so ribombu

A santa libertà.

 

Le livre « Vico Sagone. Regards sur une terre et des hommes » (ed. Alain Piazzola), toujours disponible en librairie, contient un article de François-Aimé Arrighi sur la vie de Petru Rocca et une étude détaillée de Jean-Laurent Arrighi sur le poème « Scàlanu ».

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 18:12

 

Raymond RIFFLARD, un peintre bien de chez nous

 

Le peintre Raymond RIFFLARD a laissé de grandes traces dans les Deux Sevi et les Deux Sorru.

 

Cet artiste décéda à Sagone en 1981, voici quarante ans, ce qui justifie de se souvenir de lui.

 

Né à Paris en 1902, Rifflard était de famille continentale. Mais, à partir où, dès le milieu des années 20, il s’installa à Ajaccio, il devint parfaitement corse.

 

Habitant rue du Roi de Rome, il fréquenta la galerie Bassoul, lieu de rencontre de nombreux artistes corses : José Fabri-Canti, François Corbellini, Lucien Peri, le photographe Ange Tomasi, etc. Il y avait aussi Suzanne Cornillac, dont il était le voisin. Plus tard, en 1959, il fit le portrait de sa fille Catherine.

 

« Portrait de Catherine à l’âge de vingt ans » © Raphaël Van den Driessche

« Portrait de Catherine à l’âge de vingt ans » © Raphaël Van den Driessche

 

Il illustra la revue « L’Almanaccu di a Muvra» en 1927. Il fut l’auteur de nombreux tableaux de paysages montrant une Corse attachée à ses traditions avec un style pictural moderne, comme par exemple avec « La sérénade » et « Une charrette en Corse». Il signait « Raymond Rifflard » mais aussi « Raymond Rif », « Rif » ou même « R.R. ».

 

Signature Raymond Rif

Signature Raymond Rif

« La sérénade » https://www.auction.fr/

« La sérénade » https://www.auction.fr/

« Une charrette en Corse » https://www.gazette-drouot.com

« Une charrette en Corse » https://www.gazette-drouot.com

 

Décorateur d’églises

Il est surtout connu pour sa décoration de nombreuses églises, à Cozzano, Loreto-di-Tallano, Moca-Croce, Sollacaro, Propriano. Mais ses œuvres furent particulièrement nombreuses près de nous.

 

Il confectionna en 1936 dans la chapelle St Martin de Letia des fresques en prenant des habitants du village comme modèles.

 

A Vico, où il fit un séjour prolongé, entre 1942 et 1945, à cause de la guerre, Raymond Rifflard procéda à de nombreuses peintures murales dans l’église paroissiale. En 1955, il fut chargé de la réfection de la toiture de Sainte Lucie d’Azzana. En 1971, il décora l’église de Cristinacce et reprit les peintures de Nicolas Ivanoff à Saint Martin d’Evisa.

 

Il fit de même à Soccia. A St Jacques de Marignana, il restaura le décor peint par Jean-Noël Coppolani.

 

Chemin de croix (église de Moca Croce) © Collectivité Territoriale de Corse

Chemin de croix (église de Moca Croce) © Collectivité Territoriale de Corse

 

De Gaulle à Orto

L’activité de Rifflard ne se limita pas aux établissements religieux. Il décora la Maison des Combattants d’Ajaccio et plusieurs bars.

 

Justement, il fut l’auteur, dans un bar d’Orto, de la fresque représentant le général de Gaulle en uniforme sur fond de drapeau tricolore. Cette peinture murale, mesurant 1,40 m sur 1,35 m, aurait résulté d’un défi lancé à l’artiste par Etienne Massiani, patron du Café de la Paix, à la suite du retour au pouvoir du chef de la France Libre en 1958. Cette œuvre, si originale, mériterait d’être plus connue.

 

Photo Ariane Chemin

Photo Ariane Chemin

 

Rifflard et Poggiolo

On sait encore moins que Raymond Rifflard était particulièrement attaché à Poggiolo.

Son épouse était née dans ce village le 22 février 1901. Prénommé Barbe Marie, elle était la fille de Jean André Papadacci, lui-même né à Poggiolo en 1875 mais dont la famille était originaire de Cargese. La mère de Barbe Marie, Gracieuse Martini, appartenait à une vieille famille poggiolaise.

 

Il n’est donc pas étonnant qu’au moins un de ses tableaux, signé « R.R. », montre une partie de Poggiolo. Il représente une petite rue très facile à reconnaître : celle qui va de l’arrière de la chapelle St Roch à la place Inghjo en longeant la maison dite «de Tatanella ». Le peintre a été très précis dans de nombreux détails que l’on retrouve car l’endroit n’a pas changé.

 

Est-ce à Poggiolo ou à Sagone de célébrer la mémoire de Raymond Rifflard?

 

Un artiste si talentueux et si actif ne mériterait-il pas que les quarante ans de son décès soient célébrés avec un éclat particulier dans notre ensemble de villages ?

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 18:00
La vipère d'autrefois

 

Parmi les chansons d'autrefois qui n'étaient pas spécifiquement corses mais qui furent de très grands succès au "Son des guitares" d'Ajaccio et dans les bals de nos villages, "La vipère du trottoir" tient une grande place.

 

Les couples dansaient avec chaleur sur cette œuvre dont la musique fut composée par Vincent SCOTTO en 1919 et dont les paroles, qui paraîtraient totalement inimaginables aujourd'hui, furent écrites par Jean RODOR.

 

A Poggiolo, quelques-uns se souviennent peut-être de l'interprétation qu'en donnait Visconti OLIVA (le père de François et de Madeleine) certains soirs d'été.

 

Embarquez sur le Sebasto avec Pascal Marcelli, accompagné par Antoine BONELLI et ses guitares. Extrait de l'album "Au son des guitares".

 

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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 18:00

 

Mai, le mois de Marie, a été considéré pendant longtemps comme le mois des communions, comme le moment de l'année où avaient lieu premières communions et communions solennelles. Progressivement, ces cérémonies, qui s'accompagnent toujours de grandes fêtes de famille, se placent désormais surtout au mois de juin. La modification n'est pas très importante.

 

Plus important est le fait que ces moments sont rares dans les villages maintenant désertés.

 

Regardez cette photo: elle montre les nouveaux communiants de Poggiolo et Guagno-les-Bains voici quatre-vingts ans, vraisemblablement autour de 1940. Ils étaient dix-sept.

 

Sauf pour l'un d'eux, leurs identités sont indiqués. Si l'identification proposée comporte des erreurs, n'hésitez pas à le signaler.

 

Cette photo a fait partie de l'exposition de vieilles images qui eut lieu à Poggiolo en août 1999. Elle a déjà été publiée sur ce blog le 17 février 2018.

 

Cliquez sur ces photos pour les agrandir.

Les dix-sept communiants
Les dix-sept communiants
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

Lisez "INSEME" de septembre en cliquant ICI:

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CALENDRIER DES MESSES DE SEPTEMBRE:

suivre le lien

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Marché communal

mercredi 15 septembre 

place Padrona à Vico,

de 9h à midi.

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Le comité des fêtes organise confection et dégustation de bastelle à Poggiolo

Dimanche 31 octobre.

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Vacances scolaires:

- Toussaint: du 23 octobre au 8 novembre

- Noël: du 18 décembre au 3 janvier

- Février: du 19 février au 7 mars

- Pâques: du 23 avril au 9 mai

- Fin des classes: 8 juillet

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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