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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 18:00

Voici quatre-vingts ans, à la suite de l'armistice signé avec l'Allemagne le 22 juin 1940 et avec l'Italie le 24 juin, la municipalité de Poggiolo décidait le 27 juillet de mettre fin à son initiative originale de magasin municipal. Quel était ce magasin? 

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La seconde guerre mondiale débuta avec la déclaration de guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Même si les opérations militaires furent limitées pendant les huit mois de la période qui suivit et qui fut appelée la «drôle de guerre», la vie économique fut désorganisée. A Poggiolo, les adultes mobilisés n’étaient plus là pour la production agricole ou aller effectuer les achats à Vico ou Ajaccio. Les importations de produits continentaux se réduisirent, les bateaux devant être protégés contre d’éventuels sous-marins allemands. Et le doute existait sur la durée de la neutralité italienne.

 

 

UNE DÉLIBÉRATION ORIGINALE

Pour faire face à cette nouvelle situation, le conseil municipal poggiolais se réunit le 24 septembre 1939, sous la présidence de Jean PAPADACCI qui était adjoint au maire depuis 1937. Le maire lui-même était absent. Ce maire était Jean François CECCALDI, né en 1876 et décédé en 1968, élu à la tête du conseil municipal depuis décembre 1919.

 

La solution imaginée alors fut assez originale: la création d'un entrepôt municipal qui “aura pour tache d’approvisionner le ou les magasins de façon à éviter toute hausse injustifiée des prix. Il permettra un contrôle rigoureux des prix de vente“.

 

Ce système fut approuvé par le préfet et l'entrepôt fut installé au rez-de-chaussée de la maison MARTINI, là où se trouvait une épicerie depuis 1921 (voir l'article Les maisons poggiolaises: 11- Le magasin). L'entrée en est maintenant fermée par une grille métallique mais l'entrée se nomme toujours "le magasin". 

 

© Michel Franceschetti (juillet 2020)
© Michel Franceschetti (juillet 2020)

© Michel Franceschetti (juillet 2020)

 

Le 18 décembre, le maire désigna comme comptable de l’entrepôt Antoine Dominique MARTINI, dit Antunaccione, né en 1883 et décédé en 1970, qui fut ensuite président de la délégation spéciale de décembre 1941 à septembre 1943.

 

Le registre des recettes et dépenses a été conservé par la famille MARTINI. Il permet de connaître les produits les plus demandés à cette époque. Sur la page du 1er janvier 1940, reproduite ci-dessous, il n'est pas étonnant de voir figurer surtout café et chocolat. Même en période de guerre, on voulait marquer le début d'année.

 

 

Registre du magasin (page du 1er janvier 1940). Photo famille Martini.

Registre du magasin (page du 1er janvier 1940). Photo famille Martini.

 

 

CHANGEMENT D'ORIENTATION

 

Après l’invasion de la France et l’armistice du 22 juin, la zone sud, dont la Corse faisait partie, ne connut pendant deux ans ni occupation ni opérations militaires. Un semblant de retour en ordre s’opéra. Mais le rationnement était devenu indispensable, comme en 1914-1918. Il avait été décidé le 10 mars 1940 et les premières cartes de rationnements furent distribuées dès fin septembre 1940 pour les produits de base: pain, viande, pâtes, sucre.

 

"Le Petit Marseillais", 20 septembre 1940 (Retronews).

"Le Petit Marseillais", 20 septembre 1940 (Retronews).

 

Les édiles poggiolais s’adaptèrent à la nouvelle situation, d’autant que, en vérité, l’expérience de magasin communal n’avait pas parfaitement fonctionné.

 

Le conseil y mit fin le 27 juillet 1940 à 19 h sous la présidence de Jean PAPADACCI, le maire étant encore absent. Voici le texte de la nouvelle délibération (avec texte et ponctuation d'origine).

 

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

« M. le Président ouvre la séance et expose au conseil que la carte d’alimentation doit être mise prochainement en service que par suite le magasin communal pourrait ne plus revêtir d’utilité pour la population ; que d’autre part certaines difficultés ne laissent d’exister pour la régularisation des écritures que dans ces conditions il croit devoir de demander la suppression du Conseil qu’il prie de vouloir se prononcer.

Le Conseil ouï l’exposé de Mr le maire à l’unanimité des présents décide que le magasin cal créé par délibération du 24 7le 1939 sera supprimé.

Il prie Mr Martini, Antoine, Dque, désigné par arrêté du 18-12-39, comme comptable de l’entrepôt de bien vouloir reverser, dans le minimum de temps possible, dans la caisse du percepteur de vico, receveur mal, la somme de quatorze mille francs perçu par lui, chez ce comptable, pour l’exploitation du sus-dit magasin. »

 

 

Mais les difficultés de ravitaillement continuèrent et même empirèrent, surtout quand la libération de septembre 1943 coupa la Corse de ses liaisons maritimes et aériennes avec le continent pendant un an. Pendant cette période, les châtaignes fournirent un aliment précieux. La mairie ne prit alors aucune initiative particulière.

 

Le rationnement persista en France jusqu’à la fin de l’année 1949.

 

Il serait intéressant de savoir si d’autres communes suivirent la même voie que Poggiolo.

 

 

Une des dernières cartes de rationnement en France (novembre 1949) - photo Michel Franceschetti

Une des dernières cartes de rationnement en France (novembre 1949) - photo Michel Franceschetti

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 18:00
La devinette du mois: les conséquences de l'armistice

 

2020 est le quatre-vingtième anniversaire d'un triste événement: l'invasion et la défaite de la France de 1940.

 

A Rethondes, dans la forêt de Compiègne, fut signé le 22 juin l'armistice qui reconnaissait la victoire allemande et l'occupation de la moitié Nord du pays.

 

Les Poggiolais furent aussi tristes que tous les Français mais la fin des combats eut une conséquence directe sur une initiative originale prise à Poggiolo quelques mois plus tôt.

 

 

A quoi mit fin l'armistice de 1940 dans notre village?

 

 

Réponse demain.

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 17:01

Comme la silhouette de l'église Saint Siméon domine largement le village de Poggiolo, tout le monde croit la connaître. Pourtant, certains des lecteurs de ce blog ne se souvenaient pas de l'existence de la statue de Jeanne d'Arc qui a fait l'objet d'un article récent.

Il serait peut-être utile de procéder à une visite du bâtiment. 

 

 

Copie d'écran Google Maps.

Copie d'écran Google Maps.

 

Sa construction fut décidée en 1863 pour remplacer l'ancienne église qui était trop vétuste. Le gros œuvre fut achevé en 1874.

 

L'ancien édifice est décrit dans l'article A quoi ressemblait l'ancienne église? (1/2)

 

Comme la majorité des églises catholiques, Saint Siméon est en forme de croix latine. 

 

Le chœur montre l'Est, ainsi qu'il en est traditionnel. Il est à fond plat et non pas arrondi.

 

La nef est large tandis que les branches Nord et Sud du transept sont assez courtes. Ces deux branches forment deux chapelles: celle du Nord (à gauche) est dédiée à la Vierge et celle du Sud (à droite) à Saint Jean-Baptiste.

 

Les voisines de Jeanne

 

En bordure de la nef, ont été placés quatre autels.

 

A gauche, un est consacré à Notre Dame de Miséricorde. A droite, un est pour Sainte Lucie et l'autre est occupé par le "sepolcro" (voir les articles "Le Christ était noir" et "Le sepolcro de Poggiolo a été oublié").

 

 

Dans cet article, il va seulement être question de la chapelle St Jean Baptiste où se trouve la statue de Jeanne d'Arc. Elle a plusieurs voisines: cette chapelle regroupe 5 des 18 statues et 3 des 6 ex-voto dénombrés dans cette église.

 

Les voisines de Jeanne

 

En partant du chœur et en allant vers la droite, on voit la statue de Saint Martin, puis celle de Sainte Thérèse. Il est à remarquer que la petite sainte de Lisieux a été reconnue par l'Eglise à la même époque que la libératrice d'Orléans: béatifiée en 1923 et canonisée en 1925 (1909 et 1920 pour Jeanne).

 

Les voisines de Jeanne
Les voisines de Jeanne

 

Thérèse de l'Enfant Jésus eut rapidement une très grande popularité, dont témoigne la présence, sous le tableau voisin, d'un ex-voto datant de 1931.

 

Les voisines de Jeanne

 

Entre les statues de Jeanne et de Thérèse, une peinture à l'huile est accrochée. Elle mesure 1,52m sur 1,16m et représente le baptême du Christ par Jean Baptiste.

 

Les voisines de Jeanne

 

Ce tableau est classé au titre d'objet par les Monuments Historiques depuis le 26 septembre 2016. Trois autres objets de cette église sont également classés, et depuis plus longtemps. Ils seront présentés dans d'autres articles. 

 

Ce blog l'écrit et le rabâche depuis toujours: il existe vraiment des richesses à Poggiolo !!!

 

L'auteur de cette œuvre n'est pas connu. Il serait un Corse du XIXe siècle.

 

La scène du baptême est reproduite sur la voûte de la chapelle grâce au talent du peintre Mario SEPULCRE qui a restauré en 2007 les fresques originelles de COPPOLANI et BASSOUL datant de 1903.

  

Les voisines de Jeanne

 

Au fond de la chapelle, a été placé un autel parfaitement identique à celui de la Vierge qui se trouve dans la chapelle d'en face. Mais celui-ci supporte la statue de Jean Baptiste reconnaissable à son vêtement en poils de chameau cité dans l'Evangile.

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

 

La photo ci-dessus date de juillet 2013, dans le cadre de la collecte de renseignements opérée par Noelle MEDURIO et Anna-Maria LECA pour un travail universitaire (voir l'article  "Deux jeunes filles ont enquêté sur notre patrimoine").

 

Mais la statue a une autre allure dans une photo du 21 août 2016: les poils de chameau sont devenus dorés !

 

Les voisines de Jeanne

 

Entretemps, elle a été restaurée par l'artiste Ewa POLI. 

Ewa POLI

Ewa POLI

 

Cette statue est ancienne car elle est mentionnée dans l'inventaire de juin 1905. Elle était alors placée au même endroit. Elle fut offerte par Jean-Baptiste PAOLI (1824-1907) en 1875 et avait une valeur de 30 francs.

 

Les autres statues de la chapelle n'étant pas citées dans cet inventaire, elles ont donc été installées après 1905.

 

La statue de Saint Restitute est dans ce cas. Cette sainte, ici représentée agenouillée, était la patronne seconde du diocèse de Sagone depuis 1729. Une plaque de 1925 exprime sa reconnaissance pour une prière, avec une faute d'orthographe qui a transformé son nom en Restitude. La statue a donc été installée entre 1905 et 1925. Plus de renseignements sur Restitute en cliquant ICI.

 

Les voisines de Jeanne
Les voisines de Jeanne

 

La statue de Jeanne d'Arc évoquée dans un article précédent n'est vraiment pas toute seule.

 

Mais, si la chapelle St Jean Baptiste vient d'être décrite, la visite de l'église de Poggiolo n'est pas terminée.

 

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En dehors de la copie d'écran Google, d'Ewa Poli et de la photo de l'autel St Jean Baptiste, tous les schémas et toutes les photographies de cet article sont de Michel Franceschetti.

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 19:25

 

Que l'on ait été appointé ou bénévole, faire sonner les cloches de Saint Siméon avant leur électrification demandait à la fois du doigté, de l'oreille, de la force musculaire et le sens de l'équilibre. Le son pouvait se produire en tirant les cordes mais aussi en actionnant les battants à la main.

 

C'est de cette seconde manière que, par exemple, le 10 août 2008, Bernard Franceschetti annonça le décès de Pascal Vecchi, comme le montrent les photos suivantes.

 

Comment sonnaient les cloches
Comment sonnaient les cloches
Comment sonnaient les cloches
Comment sonnaient les cloches

 

Mais quelle musique sort du clocher? Il est possible de l'entendre grâce à "Comment sonnent les cloches poggiolaises", film réalisé par Thierry Calderoni à l'occasion de la Toussaint 2008.

 

 

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 18:51

L'installation des conseils municipaux élus au premier tour a pu avoir lieu dans de très nombreuses communes. Les nouvelles municipalités vont enfin commencer à travailler pour le bien des habitants.

 

Nous vous proposons ici une photo de l'installation du conseil municipal de Poggiolo. 

 

Le conseil municipal a été installé

 

Vous voyez les dix membres réunis dans la salle de réunion de la mairie, autour du maire et de l'adjoint ceint de leur écharpe.

 

On peut reconnaître de gauche à droite:

- Jacques-Antoine MARTINI

- François DESANTI, dit François de Marosu (en grande partie caché)

- Jean-Marie ORRAZI

- Raymond MARTINI (assis)

- Yvette TRAMINI 

- le maire Bernard PAOLI (assis)

- Christian PINELLI

- Louis DEMARTINI (premier adjoint)

- M. LECA, dit Patinellu, de Guagno-les-Bains

- Etienne PINELLI

 

Vous ne reconnaissez pas les candidats qui s'étaient présentés cette année?

 

Rien de plus normal: il s'agit du conseil élu en mars 1977.

La présence sur le mur de la photo officielle du président Valéry GISCARD d'ESTAING le prouve.

 

Ce document, publié par Jean-Marc TRAMINI, permet de faire quelques remarques:

 

- Le cliché a été pris dans l'ancienne mairie, à côté de la chapelle St Roch. 

 

- En 1977, Yvette TRAMINI fut la première femme à être élue au conseil poggiolais. En 1995, il y avait deux femmes sur neuf élus. En 2008, on en comptait cinq sur neuf. En 2014, elles étaient cinq sur sept. Cette année, elles sont deux sur onze. La parité est très irrégulière.

 

- Sur les dix édiles de 1977, quatre (Jacques-Antoine, Bernard, Louis et Christian) sont toujours vivants et un habite en permanence dans la commune.

 

- Dominique PINELLI, qui vient d'être élu en 2020, est le fils d'Etienne PINELLI qui siégeait en 1977.

 

 

Ce blog a publié en 2017 (voir article ICI) une autre photo, fournie par Jacques-Antoine MARTINI, des élus de 1977 devant la mairie.

Le conseil municipal a été installé

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 18:00
Les investissements scolaires poggiolais

 

Les articles précédents ont montré que les communes d'Orto (voir ICI) et de Soccia (voir ICI) se sont longtemps démenées pour construire des écoles permettant d'accueillir les élèves et d'offrir des logements décents à leurs instituteurs. Poggiolo n'a pas investi dans des constructions mais dans des locations.

 

Parmi les documents (très incomplets) concernant Poggiolo aux Archives Départementales d'Ajaccio, on trouve les preuves qu'une école fut installée en 1878, si elle n'existait pas avant.

 

Cette année-là, la mairie loua à un nommé Martin PAOLI une salle pour recevoir des élèves au prix de 50 francs par an. Un bail de six ans prenant effet au 1er février 1878 fut signé entre le maire DEMARTINI Baptiste et le même propriétaire afin de loger l'instituteur. Le logement comprenait une cuisine et une chambre ainsi qu'une cave. Le loyer, également de 50 francs par an, devait être versé par trimestre ou semestre "selon qu'il plaira au propriétaire de la maison".

 

Les investissements scolaires poggiolais

 

Le montant du loyer était plus important à Guagno-les-Bains où la municipalité loua le 31 juillet 1882 à Lucie CASALTA, veuve de la ROCCA, un logement de trois pièces avec cave pour un montant de 100 francs par an.

 

Les fournitures scolaires étaient payées par la municipalité. Comme exemple, on peut se référer à l'article "Fin prêt pour la rentrée scolaire" qui donne un devis du matériel acheté pour 1884.

 

 

Les élèves de l'école de Poggiolo en 1900.

Les élèves de l'école de Poggiolo en 1900.

 

Bien évidemment, les dépenses et les soucis étaient moindres quand l'enseignant était Poggiolais ou venait d'un village voisin. 

 

Ainsi, Hélène DUBREUIL se rappelle du Socciais Jojo ANTONINI (en poste à Poggiolo de 1945 à 1954) "surgissant sur sa moto flamboyante, tel un destrier de l'apocalypse" (voir l'article "Hélène évoque Jojo"). Judith OTTAVI-PAOLI, elle aussi de Soccia, n'avait pas de moyen de locomotion et, quand personne ne la conduisait, elle marchait, sauf les jours de neige!!! 

 

Orto, Soccia, Poggiolo, trois villages voisins et des manières différentes d'investir dans le domaine scolaire.

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 17:59

 

La question posée par Martine CHITI était toute simple. Le 29 avril, elle avait demandé à l'animateur du groupe Facebook "Village d'Orto" quel était le grand bâtiment en ruines visible sur la photo de profil de ce groupe. Curiosité tout à fait normale.

 

Ecole éphémère, ruines durables

 

Il en a résulté pendant une huitaine de jours une intense discussion avec des dizaines de commentaires. Contrairement à ce qui se passe trop souvent par internet, les interventions ont été sérieuses et constructives, alternant souvenirs familiaux et recherches documentaires.

 

Nous allons résumer les résultats de ce débat qui peut intéresser tous les villages de notre haut-canton.

 

Ce bâtiment disproportionné par rapport aux maisons d'Orto était une école. Mais quelles furent ses dates de construction et de fonctionnement?

 

Le site ortu.free.fr montre une autre photo du même lieu.

Ecole éphémère, ruines durables

 

La grande maison est un peu moins délabrée et surtout, au contraire de la photo de Facebook, le clocher de l'église voisine est plat. Il n'a pas son sommet avec horloge et lanternon pointu.

 

Cette vue est donc plus ancienne mais elle n'a pas de date. On peut supposer qu'elle est certainement d'avant 1914.

 

Le site indique qu'il s'agit du "groupe scolaire" qui "a gardé longtemps la belle allure Napoléon III de ses heures de gloire".

 

En fait, la construction n'a certainement pas été opérée pendant le Second Empire, même si cette période s'en était préoccupée. En rendant la scolarité obligatoire, la Troisième République inonda la France d'écoles qui ont souvent des plans très similaires. Détails sur le site le temps des instituteurs.

 

Ainsi, il n'est pas étonnant que la mairie (et ex-école) de Rosazia ait eu la même allure.

 

Photo tirée du site http://preciosa.eklablog.com/

Photo tirée du site http://preciosa.eklablog.com/

 

Le bâtiment d'Orto paraît immense mais il faut se rappeler qu'il avait plusieurs parties: salles de classe (séparées pour garçons et filles), logement de fonction des instituteurs et salle de réunion du conseil municipal.

 

Cette école a dû être construite entre, grosso modo, 1880 et 1900. Les élèves étaient nombreux car, en 1891, la population ortigaise comptait 546 personnes, d'après le recensement officiel. Soccia en avait alors 787. Poggiolo atteignit son optimum en 1901 avec 598 habitants. Son école avait alors 29 élèves filles et 26 garçons (voir l'article La cent dixième rentrée scolaire).

 

La municipalité d'Orto décida la construction d'une école, financée par la mairie avec des prêts et des subventions de l'Etat. Poggiolo préféra l'option de la location de parties de maisons particulières.

 

Le maître d'œuvre fut  un certain ALZIPIEDI de Murzo.

 

Mais, au bout de très peu d'années, vers 1900, le bâtiment fut fermé à cause de la fragilité de la poutre maîtresse qui faisait craindre l'effondrement du plancher de l'appartement du couple d'instituteurs. Les élèves furent transférés dans la maison de Jeanne ROCCA.

 

La ruine resta en place durablement. Jean-Luc, le rédacteur du site ortu.free.fr se souvient avoir connu "ses poutres tombées à terre nous servant de terrain d'entraînement à un équilibre rendu indispensable par les ronces qu'elles surplombaient". 

 

Les débris furent enlevés au début des années 60 pour laisser la place à une nouvelle école édifiée en un  style que Jean-Luc qualifie de "néo-ceaucescu" (Ceaucescu était le dictateur de la Roumanie communiste de 1965 à 1989). 

 

Mais il était tard et la population diminuait à grande vitesse. Après Guagno-les-Bains en 1964 et Poggiolo en 1965, l'école d'Orto ferma en 1970. Celles de Soccia et de Guagno subsistèrent quelques années de plus.

 

L'école abrite maintenant la mairie et la salle des fêtes.

 

tiré du site http://www.nuvellaghju.com/

tiré du site http://www.nuvellaghju.com/

 

L'aspect de cette partie du village a bien changé. Mais il reste des photos qui étonnent toujours.

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 18:00

Si elle avait pu "bouter les Anglais hors du royaume de France" au XVe siècle, Jeanne d'Arc est chassée cette année par le coronavirus.

 

Plus exactement, les cérémonies qui étaient prévues au mois de mai en son honneur ont dû être annulées alors qu'elles devaient être particulièrement importantes.

 

En effet, 2020 marque à la fois le centenaire de la canonisation de "la bonne Lorraine", comme la nomma François Villon, et de l'instauration de sa fête comme fête nationale du patriotisme.

 

L'Eglise reconnut Jeanne d'Arc comme sainte le 16 mai 1920, sa fête étant placée au 30 mai, anniversaire de sa mort sur le bûcher de Rouen. En 1922, elle fut proclamée sainte patronne secondaire de la France.

La même année, sur proposition de Maurice Barrès, la loi du 10 juillet créa une fête nationale du patriotisme fixée au "deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la libération d'Orléans".

 

Extrait du "Journal Officiel" du 14 juillet 1920.
Extrait du "Journal Officiel" du 14 juillet 1920.

Extrait du "Journal Officiel" du 14 juillet 1920.

 

Il n'est donc pas étonnant d'avoir, comme dans presque toutes les églises de France continentale et de Corse, une statue de Jeanne d'Arc dans l'église Saint Siméon de Poggiolo. 

 

Elle est placée dans la chapelle placée dans le bras droit du transept (la plus proche du chœur). La sculpture de celle qui permit le sacre de Charles VII à Reims est placée à gauche, entre le tableau du baptême de Jésus  et l'autel dédié à saint Jean-Baptiste.

 

 

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

Photo extraite du numéro 2 de "L'Info U Pighjolu" (mars 2007).

Photo extraite du numéro 2 de "L'Info U Pighjolu" (mars 2007).

Il faut reconnaître qu'elle n'est pas un chef d'œuvre.

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Des nationalistes corses peuvent s'offusquer de la place faite à "la sainte de la patrie" (de la patrie française), à l'instar de Christian Mondoloni qui, à la page 187 de son livre "Corse: Indépendance", écrit:

L'Eglise catholique corse avait été l'une des colonnes de soutienne la révolution au XVIIIe siècle. Elle fut mise au pas dès le commencement de l'occupation, cette politique fut accentuée au moment de la Révolution française, poursuivie jusqu'à nos jours. Rome en Corse se couche, depuis, devant les exigences de Paris. A la fin du XIXe et au début du XXe siècles l'évêché d'Ajacciu astreignit toutes les paroisses à installer dans les lieux de cultes des statues de Jeanne d'Arc, sainte politique proclamée en 1922 sainte patronne secondaire de la France. Elle exalte le nationalisme français, ses statues sont inexistantes hors de France. Cette sainte étrangère à la catholicité des Corses fut brûlée par les Anglais en 1431 soit 338 ans avant que les Français n'envahissent et n'occupent la Corse.

 

Cette démonstration contient une erreur chronologique. Jeanne d'Arc a été canonisée en 1920. Elle a bien été béatifiée en 1909 mais il n'est pas possible de penser que des statues à son effigie aient été installées dans des églises avant sa béatification.

 

Pour Poggiolo, un document prouve que Jeanne d'Arc n'était pas présente à Saint Siméon en 1905. Cette année-là, alors que la loi de séparation entre l'Eglise et l'Etat était en discussion, "l'évêché [d'Ajaccio], pour contrer la "spoliation" annoncée, lança une enquête diocésaine destinée à dresser l'état des paroisses et à inventorier leurs biens" (Michel CASTA, page 193, dans "Histoire de la Corse", tome 2, dirigée par Antoine-Marie GRAZIANI, ed. Piazzola).

 

La liste de Poggiolo, rédigée le 2 juin 1905 et signée par les membres du conseil de fabrique (on distingue bien les noms de Desanti, Franceschetti et Pasquilini parmi les signataires), est très précise, détaillant chaque objet, avec sa valeur marchande, ainsi que la nature (don ou achat) et la date de son acquisition.

 

Aucune statue de Jeanne d'Arc n'est mentionnée. L'actuelle est venue plus tard, après 1905. 

 

Jeanne d'Arc est-elle corse?

 

Que Jeanne d'Arc n'ait pas été Corse ne pose aucun problème pour un catholique qui invoque des saints de toutes les époques et de toutes les origines.

 

Quant à son instrumentalisation au profit de la francisation de la Corse, la question peut être posée et débattue mais cela dépasse le cadre de ce blog.

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 18:05

 

L'épidémie a eu raison du soixante-quinzième anniversaire de la victoire contre l'Allemagne le 8 mai 1945. Partout, les cérémonies officielles ont eu lieu en petit comité.

 

A Poggiolo, si on a souvent organisé des dépôts de fleurs le 8 mai, l'habitude est de célébrer les morts de toutes les guerres essentiellement le 11 novembre. La célébration se déroule au monument aux morts du Lucciu.

 

Mais savez-vous qu'il existe un lieu particulièrement dédié à la mémoire des Poggiolais décédés lors de la seconde guerre mondiale?

 

Il consiste en une partie du cimetière communal où ont été réunis les tombeaux de plusieurs des six enfants de Poggiolo dont les noms sont inscrits sur le monuments aux morts pour 1939-1945.

 

 

Le carré de la mémoire

 

Ce carré de la mémoire est placé dans l'angle en bas de la partie originelle du cimetière communal, à la limite de la première et de la deuxième extension.

 

Le carré de la mémoire

1: église St Siméon

2: cimetière communal originel

3: carré 1939-1945 (en jaune)

4: première extension

5: deuxième extension

6: cimetière privé

7: chapelle funéraire Desanti-Bartoli

8: caveau Pinelli

 

Trois tombes sont ainsi à part. Elles sont de taille et de style différents mais leur caractéristique est d'avoir en médaillon la photo du soldat.

 

Le carré de la mémoire
Le carré de la mémoire

 

En avant, en marbre rose, se trouve celle de François Marie DESANTI, tué le 2 octobre 1944 à ROMCHAMP FOUR A COKE (Haute-Saône) près de BELFORT.

 

Le carré de la mémoire

 

Derrière, sur le côté gauche, la plaque porte le nom de François Mathieu ORAZI, lui aussi mort dans l'est, dans le Haut-Rhin.

Un second nom est inscrit, celui de Jean-Marie ORAZI, mais qui décéda plus tard. 

 

Le carré de la mémoire
Le carré de la mémoire

 

Enfin, un peu caché par la sépulture Desanti, est placé le tombeau de Paul VINCIGUERRA, mort en Allemagne le 23 avril 1945, soit deux semaines seulement avant la capitulation allemande.

 

Le carré de la mémoire
Le carré de la mémoire

 

Un lieu de mémoire peu connu mais qui mérite d'être honoré.

 

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En dehors de la photo aérienne qui vient du site géoportail, toutes les photos sont de Michel Franceschetti.

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 18:00

Avec l'isolement imposé à tous, et malgré les moyens électroniques appelés réseaux sociaux, il existe un réel besoin de sortir et de rencontrer du monde pour discuter et pour faire quelque chose ensemble. Il va être possible de réaliser des photos de groupe qui montrent que l'on est membre d'une communauté.

 

A Poggiolo, un tel cliché fut réalisé, place Inghio, en 2001 (dix-neuf ans déjà!), le 16 août, à l'issue de la procession de Saint Roch.

 

Il vaut la peine d'être republié. Il donne l'impression de gens heureux d'être ensemble. Il est l'occasion également de reconnaître ceux qui ont disparu et de voir ceux qui ont bien grandi depuis cette époque. 

 

Les mêmes visages se trouvent aussi dans le film qui montre des jeux, la procession et l'apéritif partagés durant cette journée. 

 

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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