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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 09:55

 

Le mystère des manuscrits de l'écrivain CÉLINE réapparus voici un an avait passionné le monde littéraire pendant tout l'été 2021.

 

Il a connu de nouvelles péripéties pendant les vacances avec les révélations distillées peu à peu par Jean-Pierre THIBAUDAT qui fut longtemps dépositaire de ces précieux papiers. Il a fini par révéler qu'il avait reçu ce dépôt de la part des héritiers d'Yvon MORANDAT à qui l'appartement de l'écrivain antisémite avait été attribué à la Libération. 

 

Mais l'ancien critique littéraire reconnaît, dans l'entretien ci-dessous, diffusé sur France-Inter le 30 août,  qu'il reste des mystères. Pourquoi CÉLINE n'est-il pas venu reprendre les feuilles que le résistant disait tenir à sa disposition? Pourquoi a-t-il plusieurs fois accusé Oscar ROSEMBLY de vol? N'y avait-il vraiment rien dans la maison de Poggiolo? N'y a-t-il vraiment pas d'autres documents?

 

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 17:53
Fourmis à Piedi Pidocchio (Poggiolo)

Fourmis à Piedi Pidocchio (Poggiolo)

 

 

Toi, petite fourmi, tu fais lever mes yeux

Vers ces mondes géants qui roulent dans les cieux

Car je crois qu’en plein jour, à travers le bleu voile,

Tu sais prendre pour guide une lointaine étoile,

Tu as, comme autrefois le mage et le berger,

Ta boussole céleste quand tu dois voyager.

Oui, le ciel te conduit, diligente ouvrière,

Unie à l’astre d’or par un fil de lumière !

Et malgré cette gloire, au travail, ton ami,

Modestement tu vas, toi, petite fourmi !

 

Poggiolo, septembre 1922

 

 

 

Ainsi que l'indique la dernière ligne, ce poème a bien été écrit à Poggiolo il y a exactement cent ans. Un centenaire à ne pas oublier et qu'il aurait fallu fêter.

 

 

Mais ce poème ne vient pas d'un Poggiolais ni même d'un écrivain. Il est l’œuvre d’un Suisse et d’un savant, Félix SANTSCHI, dont la découverte est exposée dans ces vers.

 

 

 

 

DE LA SUISSE À POGGIOLO

 

Né à Bex (canton de Vaud, en Suisse) en 1872 et mort à Lausanne en 1940, Félix SANTSCHI a connu une carrière qui est résumée ainsi par le «Dictionnaire historique de la Suisse» :

 

Sa famille s'installe à Menton, puis à Buenos Aires, avant de revenir à Lausanne. Aide-préparateur à l'université de Lausanne, engagé comme assistant d'anatomie par Edouard Frédéric Bugnion (1895-1897). En 1896, S. voyage en Colombie et au Venezuela avec Auguste Forel et Bugnion pour récolter des fourmis. Soutenu par celui-ci, il fait des études de médecine (1895-1900, doctorat), mais, n'ayant pas de maturité fédérale, il n'est pas autorisé à pratiquer. Il s'établit à Tunis en 1901, puis à Kairouan (premier médecin étranger autorisé à y ouvrir un cabinet). S. a décrit quelque 2000 espèces et variétés de fourmis, découvrant certaines de leurs capacités de navigation (d'après le soleil et les odeurs qu'elles sécrètent). Membre de la Société suisse d'entomologie. S. revient en Suisse en 1940. Une fondation créée à l'université de Zurich en 1985 porte son nom.

http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F41562.php

 

 

 

Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science

 

Observateur infatigable du monde des fourmis, il observa près de 2.000 types de fourmis et publia 188 articles ou ouvrages entre 1906 et 1939 (liste complète sur le site spécialisé: http://www.antcat.org/references pages 266 à 272). Les Tunisiens le surnommaient Tabib-en-neml, le docteur des fourmis.

 

Dans ses listes de fourmis, il cite plusieurs variétés observées à Poggiolo. Il est difficile, dans l’état actuel de notre documentation, de préciser combien de séjours il fit dans le village mais il est certain qu’il y passa trois mois entre juillet et septembre ou octobre 1922.

 

L'entomologiste y fit une expérience fondamentale, dont il sera question ci-dessous, le 12 août 1922.

 

Il nous fournit des indications sur la nature poggiolaise de cette époque, même sur les pluies de septembre de cette année-là en écrivant:

 

«A Poggiolo (Corse), par 750 m. d’altitude, j’ai pu observer par les nuits étoilées mais fraîches du 17 au 26 septembre (il avait plu abondamment les jours précédents) les Crematogaster scutellaris dont j’ai déjà parlé, se presser nombreuses, alertes et actives, comme en plein jour, dans leurs longues files» («L’orientation sidérale des fourmis…», Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923, page 151).

 

 

Nous ignorons où il logeait mais nous savons à quelle heure il commençait sa journée car il nota :

 

«Poggiolo, 30 août 1922. Une seule femelle (de Bothriomyrmex meridionalis Rog., v. corsica), prise au vol pendant mon déjeuner à 7 ½ h du matin. Je n’ai pas pu trouver d’autres individus ni aucun nid durant trois mois de recherches.» («Note sur les fourmis paléoarctiques», Boletin de la Real Sociedad Espanola de Historia Natural, marzo 1923, page 136).

 

Ce spécimen était particulier par rapport à d’autres variétés proches car «elle diffère par ses antennes, surtout les scapes (partie des antennes), plus minces.». Félix SANTSCHI remarquait que de nombreuses fourmis poggiolaises ont des différences par rapport au modèle général, comme la Bothriomyrmex corsicus ou la Leptothorax tuberum, «découverte par moi-même sous l’écorce d’un abricotier» à Poggiolo (ce qui prouve qu'il existait alors bien plus d'arbres fruitiers que maintenant) et dont la reine est «plus robuste que le type» («Messor et autres fourmis paléarctiques» dans «Revue suisse de zoologie», vol. 30, n°12, septembre 1923, p. 331-332).

 

Il serait fastidieux d’énumérer toutes les observations faites dans notre village mais elles furent très nombreuses et fructueuses.

 

Ce spécialiste des fourmis ne dédaignait cependant pas les autres insectes puisque, dans «le compte-rendu de l’administration municipal de la ville de Genève pendant l’année 1922», il est fait mention d’un don de «une série d'Araignées de la Corse», effectuée par «M. le Dr F. SANTSCHI, à Poggiolo per Soccia (Corse)»

 

 

 

 

LA BOUSSOLE CÉLESTE

 

Mais la célébrité de ce savant et de Poggiolo vient de ses travaux sur la façon dont les fourmis pouvaient s’orienter.

 

L’article, déjà cité, sur «L’orientation sidérale des fourmis…», publié dans les "Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923", montre que, après avoir éliminé diverses hypothèses, SANTSCHI pensa que le soleil jouait un grand rôle dans les déplacements de ces animaux.

 

En utilisant un miroir, il fit déplacer l’image du soleil selon des angles différents et, chaque fois, les fourmis modifièrent leur déplacement.

 

Les expériences décisives eurent lieu à Poggiolo le 12 août 1922.

 

Les cobayes étaient des Aphaenogaster spinosa de fourmilières différentes et qui avaient été isolées de leur nid. Chaque fois, le reflet solaire artificiel entraîna une déviation. Le miroir retiré, les fourmis rejoignirent leurs congénères sans encombre. La figure reproduite ci-dessous décrit l’expérience.

 

Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science
Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science

 

L’énigme était résolue. L’émotion que ressentit alors Santschi se manifesta avec la composition du poème cité au début de cet article. Cet homme cultivé, ami du peintre Paul KLEE, rédigea ces vers à Poggiolo même.

 

 

SANTSCHI accomplit en Afrique du Nord d’autres essais qui donnèrent les mêmes résultats.

 

 

Ces travaux firent autorité pendant cinquante ans, jusqu’à ce que Karl von Frisch complète l'explication en apprenant que la lumière du Soleil est polarisée, et en vérifiant que les insectes peuvent le percevoir.

 

 

Les fourmis poggiolaises ont permis à la science de faire un pas important. Nous devons donc les respecter en souvenir de leur contribution. 

 

Nous pouvons aussi sourire en imaginant le spectacle de ce Suisse moustachu et barbichu, armé de loupe, pinces, carnet de notes, miroir, etc., examinant les herbes, les mousses, les arbres et les pierres des murs du village sous les yeux de nos aïeux.

 

 

Précision: tous les documents cités sont en libre accès sur internet.

 

Fourmis à Vignarella (Poggiolo)

Fourmis à Vignarella (Poggiolo)

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12 août 2022 5 12 /08 /août /2022 10:37
Hier et maintenant: la fontaine des élégances

 

La fontaine du Lucciu, bien abandonnée maintenant, fut un centre d'animation important à Poggiolo. Avant l'installation de l'eau courante, pratiquement chaque famille venait remplir cruches, brocs ou seaux pour la boisson ou même pour la toilette.

 

De nombreuses personnes pouvaient se retrouver en ce lieu et elles en profitaient pour raconter les dernières nouvelles, et surtout les ragots les plus déplaisants. Il valait donc mieux ne pas paraître trop négligé en allant remplir son récipient.

 

Les personnages de cette photo l'avaient bien compris.

 

 

Hier et maintenant: la fontaine des élégances

 

Ils étaient habillés de façon décontractée mais très correcte.

 

Leurs noms?

A gauche, Marcel ANGELINI.

Au centre, Gisèle ANGELINI.

A droite, accroupi, Félix PINELLI, et, derrière lui, Jules OLIVA.

 

La date n'est pas précisée mais la scène pourrait se situer dans les années 1950. Nous serions heureux qu'un lecteur nous donne plus de précision.

 

Un indice existe: "le bar des fauchés".

 

Hier et maintenant: la fontaine des élégances

 

Cette inscription humoristique, tracée soigneusement à la peinture noire (ou au goudron, disent certains) en arc de cercle au-dessus de la sortie de l'eau, daterait des années 1930 et aurait subsisté longtemps, jusqu'au début des années 1960.

 

Autre photo, autre date, mais toujours avec de beaux habits:

 

Hier et maintenant: la fontaine des élégances

 

De gauche à droite, on reconnaît facilement:

- François OLIVA

- Bernard FRANCESCHETTI

- Jeanne CECCALDI

- Martine CECCALDI

- Dominique PINELLI

- Michel FRANCESCHETTI

- Joël CALDERONI

- Hervé CALDERONI

 

La photo est bien datée: le 15 août 1967. Ce jour étant la fête de l'Assomption, on peut penser que l'habillement avait été un peu plus soigné que d'habitude.

 

Attention, cette photo est historique: L'eau courante ayant été installée dans les maisons poggiolaises lors des mois suivants, nous avons certainement là le dernier cliché de la corvée d'eau.

 

 

Le retour de la fontaine avait été photographié vingt ans auparavant, en 1947, avec cette bande de joyeux drilles eux aussi tirés à quatre épingles. 

 

Hier et maintenant: la fontaine des élégances

 

La scène se déroulait sur la route, un peu plus haut que l'entrée du bar Le Belvédère, pratiquement en face de l'actuelle maison de Fosca, qui n'était pas encore construite. En revanche, la casette du fond n'existe plus depuis très longtemps. On peut remarquer, près du monument aux morts, la grande croix en bois remplacée maintenant par une croix en maçonnerie. 

 

Le porteur de seau était Jean-Martin FRANCESCHETTI. Près de lui, se trouvait André PINELLI. Qui peut identifier les autres membres du groupe?

 

 

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6 août 2022 6 06 /08 /août /2022 10:58

 

   En août dernier, le monde littéraire était en effervescence car des manuscrits inédits de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline avaient été révélés. Le rôle du Poggiolais Oscar Rosembly dans la disparition et la réapparition ces documents fut souvent évoqué, sans que l'on sache son importance exacte.

 

   Jean-Pierre Thibaudat, journaliste à Libération, qui fut le dépositaire de ces feuillets avant de les transmettre aux héritiers de l'écrivain, commence aujourd'hui 6 août une série de neuf vidéos pour expliquer cette histoire hors du commun.

 

   Dans la vidéo de présentation, il évoque Rosembly à partir de 4 minutes 50.

 

 

Le premier épisode du feuilleton peut être lu aujourd'hui ici sur Médiapart:

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/030822/celine-le-tresor-retrouve-la-revelation-19 

 

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18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 18:00

 

L'article sur Pierrette la bouchère rappelait qu'il exista de nombreux commerçants itinérants. Ils vendaient essentiellement des produits alimentaires mais pas tous.

 

Pendant longtemps, il y eut GRIFFONI qui proposait vêtements, chaussures et draps dans les villages quand il quittait son magasin vicolais pour faire sa tournée hebdomadaire, le plus souvent. Sa boutique se trouvait à l'entrée de Vico, en venant de Poggiolo, en face de l'étude notariale.

 

Boutique Griffoni à Vico.

Boutique Griffoni à Vico.

 

En août 1968, Jacques-Antoine MARTINI photographia un groupe de Poggiolaises devant une exposition de textiles. On peut supposer que GRIFFONI venait de faire halte au village. En dehors de Rosine FRANCESCHETTI et Françoise PAOLI, tout à gauche, qui bavardent, ces femmes examinent avec sérieux les articles proposés. Saurez-vous les identifier?

 

 

Les clientes des commerçants ambulants

Petite remarque: la datation a été facilitée par l'inscription peinte sur la maison des GRIMALDI. Pour la comprendre, il faut lire l'article "Un tag ésotérique" .

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 18:00

 

La réouverture des Bains de Caldanelle est l'occasion de se souvenir de la façon dont se passait le séjour des curistes. Le Docteur Bernard ALLIEZ a décrit la vie quotidienne dans cette station thermale, dite des bains de Vico avant 1939. On pourra y voir beaucoup de points communs avec ce qui se passait autrefois à Guagno-les-Bains.

 

Ce texte est extrait  du livre "Vico-Sagone. Regards sur une terre et des hommes", publié chez Alain Piazzola en 2016 et qui est toujours accessible en librairie ou par internet.

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Les repas étaient pris en commun, la literie et le matériel de cuisine étaient apportés par chacun, les "curistes"" séjournaient une à plusieurs semaines, des jeux, des amuseurs, des musiciens souvent Italiens mais également de la région animaient les veillées, on dansait, on jouait de l'accordéon, on chantait, on jouait aux cartes et au loto sous la treille; on péchait même la truite dans la rivière voisine. Le chemin "carrossable" date de 1920. Une caravane de mulets amenait chaque jour le nécessaire, les visiteurs et les curistes.

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6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 09:28

 

 

Une vieille photo de deux Poggiolais près de la croix du Fragnu a été récemment publiée. Le photographe se trouvait près de l'actuelle maison Oliva-Paoli et de l'ancien atelier-garage Michelangeli. 

 

 

Placé au même endroit, mais en étant tourné vers la droite, un autre photographe a visé un groupe de trois personnes sur le bord de la route.

 

Cliquer sur cette photo permet de l'agrandir, tout comme les autres illustrations de cet article.

Cliquer sur cette photo permet de l'agrandir, tout comme les autres illustrations de cet article.

 

Le cliché date d'environ 1970. On reconnait, de gauche à droite, François OLIVA, Dominique PINELLI et Hervé CALDERONI. Assis sur le muret en pierre de la route, ils jouent avec un chien.

 

Au fond, deux maisons et une camionnette, d'un modèle qui était déjà ancien à l'époque.

 

 

Et qu'en est-il maintenant?

 

Hier et maintenant: La suite  du Fragnu

 

Cette vue date d'avril 2022.

 

Le bord de la route est parfaitement identique à ce qu'il était cinquante ans plus tôt. Une des maisons n'a presque pas changé. Mais celle de droite, où habite Angèle PINELLI, l'ancien maire, a été complètement transformée. Les voitures sont, bien entendu, très différentes.

 

Le schéma ci-dessous montre ces lieux, la zone où se trouvait le trio étant encerclée de rouge.

 

D'après Géoportail.

D'après Géoportail.

 

A priori, aucun autre commentaire n'est nécessaire.

 

Mais pourtant...

 

Mais pourtant...

 

 

Mais pourtant, il existe un film de vacances réalisé en août 1952 par Jean-Martin FRANCESCHETTI. Regardons une copie d'écran d'une séquence.

 

Hier et maintenant: La suite  du Fragnu

 

Pour montrer une bande de copains, âgés d'environ 25 ans, marchant sur la route de Guagno-les-Bains dans l'intention de se baigner, Jean-Martin se trouvait pratiquement au même endroit que les photographes précédents.

 

Il apporte des éléments nouveaux car il nous montre les deux côtés de la route:

 

- à droite, l'on peut voir la porte du garage CALDERONI qui existait donc il y a soixante-dix ans;

 

- à gauche, la route n'a pas une bordure en pierre mais des piquets en bois supportant un grillage métallique;

 

- la route elle-même semble être assez étroite et son revêtement ne paraît pas être de la même qualité que dans les périodes suivantes.

 

 

Cet endroit, que l'on peut penser immuable, s'est surtout transformé entre 1952 et 1970.

 

 

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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 17:55

 

Actuellement toujours synonyme de retour des beaux jours, des vacances et des moments agréables, le mois de juin n'eut pas cette saveur voici exactement cent ans.

 

En juin 1922, dans les villages corses, on se préparait à accueillir des cercueils.

 

Pendant longtemps, les cadavres jonchant les champs de bataille étaient ensevelis sur place, sauf pour quelques grands généraux.

 

Avec la première guerre mondiale, des nécropoles et des ossuaires rassemblèrent les restes de nombreux soldats. Mais des familles voulaient que leur enfants reposent dans leur ville ou village d'origine. De nombreux transports furent organisés et il fallut du temps.

 

 

Ainsi, ce fut le cas pour au moins un Poggiolais qui est mentionné dans un journal quotidien. "Le Petit Marseillais" du 12 juin 1922 contient un encadré intitulé "Le Retour de nos Morts Glorieux". il annonce que, ce jour-là, le navire "Liamone" doit partir pour la Corse avec les cercueils de vingt-cinq soldats insulaires provenant de Creil et d'Orient.

 

Le retour des morts à Poggiolo

Le Liamone devant l'entrée du Vieux Port de Marseille. 

 

Le dernier nom de la liste est "Desanti Jean, sergent, Poggiolo".

 

Il s'agit de Jean Toussaint DESANTI, fils de François-Marie DESANTI (1865-1902) et de son épouse Françoise COLONNA (1868-1942). Il est né le 29 avril 1892 à Poggiolo.

 

Alors que, comme beaucoup de Sorrinesi, il habitait en Tunisie, il s'engagea dans l'armée à l'âge du service militaire. Le 18 mars 1913, il entra au 4e régiment de marche des tirailleurs algériens. Il devint sergent au début de la guerre, le 12 septembre 1914.

 

Mais, quelques semaines plus tard, le 2 octobre 1914, il mourut au combat à Crouy, dans la Somme. Il fut le quatrième des trente Poggiolais victimes de cette guerre. Il est inscrit sur le monument aux morts de Poggiolo sous l'identité de "DESANTI JEAN" et il lui est donné le grade de "sergent major" au lieu de "sergent".

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Son corps, placé dans la nécropole de Creil, fut ramené par train jusqu'à Marseille le 11 juin 1922 et embarqué le 12 pour être inhumé dans son village de naissance presque huit ans après son décès.

 

Un cœur gravé signale toujours sa présence dans la chapelle funéraire de la famille DESANTI-BARTOLI..

 

Photo Michel Franceschetti

Inscription sur la tombe de Jean Toussaint DESANTI à l'intérieur de la chapelle funéraire. Photo J-P CHABROLLE

 

D'autres familles durent attendre pour voir revenir les cendres de leurs héros.

 

Ce ne fut pas spécifique à 1914-1918. A la fin de la seconde guerre mondiale, plusieurs années furent nécessaires avant le retour du corps de Marc Jean OTTAVY, mort le 19 novembre 1944 à Pont-de-Roide (Doubs) où il fut d'abord inhumé. Sa tombe fut entretenue par une famille de cette commune jusqu'à ce que le transfert vers le caveau familial à Poggiolo put être organisé.

 

 

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23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 18:00

 

La rédaction du Blog des Poggiolais a reçu un appel d'une descendante des Russes débarqués  du navire "Rion" il y a un siècle. Voir l'article "Le centenaire du Rion" .

Nous le publions. Il ne s'agit pas de notre partie de Corse mais sait-on jamais?

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Le "Rion".

Le "Rion".

Bonjour, 


Je suis en recherche de photos, informations et anecdotes de mon grand père Basile Lougovoy et de ses amis russes (Nicolas ? , Serge ? et ? Ostinoski de Calenzana) arrivés dans le Rion en 1921.


Mon grand père a épousé en 1932 à Cassano ma grand mère maternelle Natalina Colombani (fille de Marie Lunette Franchi et d'antoine Colombani).


Basile nommé "Bobo" et Natalina ont vécu à Cassano - Montemaggiore puis Calvi.


Mon Grand père travaillait la terre et faisait du miel. Il a travaillé aussi au Clos Landry. Je souhaite trouver les noms de famille de ses deux amis corses : Serge et Nicolas... ainsi que des copies de photos d'époque que je pourrais recevoir par mail ou par sms : loduvar1@gmail.com


Merci pour votre aide. Je souhaite transmettre ces souvenirs et informations à mon fils, curieux comme moi de ses origines russo-corses. Basile est décédé à Montemaggiore, et je suis en recherche (aussi) des courriers qu'il aurait pu recevoir de sa mère (de Tchernigov Anissov) et de photos d'archives ou ses amis et lui seraient présents.

 

Merci à mes amis corses pour leur aide.



Bien cordialement


Laurence

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 18:00

 

Le lieu montré par cette photo est connu: le Fragnu, à l'entrée de Poggiolo, avec la route qui, venant de Guagno-les-Bains, se sépare entre la partie conduisant à Orto et celle allant à Soccia.

 

Cet endroit, qui doit son nom à la présence ancienne d'un moulin à huile, a toujours été marqué par la présence d'une croix en bois qui a plusieurs fois été remplacée, la dernière fois en février 2015. Elle est plantée sur des rochers qui peuvent servir de sièges plus ou moins confortables, comme l'ont fait les deux hommes de cette photographie. Ils sont bien habillés à la mode de 1925-1930: costume, chemise blanche, cravate, chapeau. Peut-être était-ce un dimanche ou un jour de fête.

 

Leurs identités ont été données par le regretté Xavier PAOLI qui avait utilisé cette image pour l'exposition du 16 août 1999 (voir l'article "Quand les Poggiolais regardaient leurs ancêtres").

 

Hier et maintenant: repos au Fragnu

Le personnage de gauche se nommait Toussaint CECCALDI. Nous n'avons pas pu faire des recherches sur lui mais il faisait partie d'une famille connue  Si vous avez des renseignements, faites-en part au blog.

 

A droite et en avant, se trouve François SIAS. Nous allons porter notre attention sur lui.

 

Son nom n'a rien de corse. Son père, Napoléon Auguste SIAS, était né à Marseille en 1855. Il s'établit à Poggiolo comme cordonnier. A cette époque-là, les artisans étaient nombreux dans les villages dont les habitants allaient rarement faire des achats en ville.

 

De son union avec Marie-Hélène BONIFACJ (d'après l'état-civil d'Orto) ou BONIFACCI (d'après l'état-civil de Poggiolo) qui était née en 1861 à Orto, naquit François le 18 août 1899.

 

Il s'engagea le 19 janvier 1918 dans l'armée et fut l'un des près de quatre-vingt-dix Poggiolais ayant participé à la première guerre mondiale. Il fut affecté à l'artillerie lourde. Après l'armistice du 11 novembre 1918, il fit partie de l'armée du Levant jusqu'à sa démobilisation, le 12 février 1922.

 

La seconde guerre mondiale le rattrapa: il dut reprendre l'uniforme le 2 septembre 1939 pour rejoindre un dépôt du train des équipages. Il fut démobilisé le 6 août 1940, après la défaite française.

 

Il décéda à Poggiolo le 1er octobre 1958.

 

 

Hier et maintenant: repos au Fragnu
Hier et maintenant: repos au Fragnu

 

Même s'ils ont été légèrement arrangés et un peu réduits pour mieux installer les diverses versions de la croix, les rochers sur lesquels s'assirent Toussaint et François sont toujours là. Mais, à l'époque, l'arbre du fond ne s'était pas encore développé.

Hier et maintenant: repos au Fragnu
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

Lisez "INSEME" de juillet en cliquant sur l'image:

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Le marché de Vico:

Le mardi soir place Casanelli (place de la fontaine) de 19h à 23h

Le mercredi matin place de l’ancienne mairie de 9h à 13h

 

 

- à partir du 5 septembre, sortez vos sacs de déchets avant 8 h du matin.

- Dimanche 25  septembre:

u Mele in Festa à Murzo.

 

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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