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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 18:00

 

La marche de Poggiolo jusqu'à Creno a été le passage obligé pour chaque génération. L'article précédent a montré les acteurs d'une telle excursion en 1954. Voici maintenant les participants d'une sortie auprès du lac en 1962.

 

Photo Joël Calderoni.

Photo Joël Calderoni.

 

De gauche à droite, assis: Jean-Marc OULIÉ, Jean-Martin PINELLI et Jean-Marie PASSONI.

Au deuxième rang: Hervé OULIÉ, Hervé CALDERONI, François ORAZY.

 

Contrairement aux excursionnistes de 1954, ceux-ci n'ont pas connu la guerre. Ils font partie des fameux "baby-boomers" qui ont bousculé la société française et qui ont pu profiter de la prospérité des "trente glorieuses". Et l'on peut remarquer qu'aucun adulte n'est présent.

 

Cette photo est d'autant plus emblématique qu'elle a été prise pendant l'été 1962, au moment de l'indépendance de l'Algérie (proclamée le 5 juillet), au moment où des centaines de milliers de "pieds noirs" et de harkis connaissaient le drame de l'exode vers la métropole par peur d'être massacrés.

 

Plusieurs des jeunes Poggiolais que l'on voit ici avaient d'ailleurs vécu en Algérie ou dans d'autres colonies, comme ce fut le cas pour de nombreuses familles corses.


Le rite initiatique de la visite à Creno ayant été accompli, par ce groupe et par les autres  jeunes de cette génération, les sorties en montagne se multiplièrent, allant de plus en plus loin et plus longtemps.

 

L'expédition à Creno, rite initiatique des enfants des Trente Glorieuses (2/2)

 

Voici, en 1963, encore une photo prise par Joël CALDERONI, cette fois devant la bergerie de Camputile. Au premier plan: François ORAZY. A gauche: Dominique PINELLI (actuellement conseiller municipal). Au centre: François OLIVA. A l'arrière-plan: Hervé CALDERONI.

 

Petit détail qui montre l'époque: François ORAZY a autour du cou une lanière soutenant un petit poste de radio à transistors. Les jeunes d'alors en avaient souvent avec eux, même si dans l'intérieur de la Corse la réception était souvent difficile.

 

Pendant une bonne dizaine d'années, cette génération écuma les montagnes environnantes, connaissant toutes sortes d'aventures, comme en 1965 et 1966 (voir ci-dessous). 

 

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26 janvier 2023 4 26 /01 /janvier /2023 18:00

 

L'hiver n'est pas le moment pour des promenades en montagne, comme pour aller au lac de Creno. Celui-ci est pourtant beau sous la neige, comme le montre la photo de Mathilde DEFRANCHI publiée dans Corse-Matin lundi 23 janvier.

 

Hier et maintenant: expédition à Creno (1/2)v

L'endroit est très recherché l'été. Dans pratiquement toutes les familles poggiolaises, il existe des photos d'excursions près du lac.

 

Ainsi, Philippe PRINCE en a trouvé dans les affaires de sa mère Marie-Antoinette DEMARTINI. Quatre photos sont datées de 1954. Elle montrent une dizaine de personnes sur les bords du lac. Il est assez facile de distinguer, par leur allure et par leurs vêtements, celles qui vivent toute l'année au village (et qui sont venues avec des ânes car elles ne faisaient pas une excursion touristique) et celles qui sont de familles corses installées sur le continent.

 

Seulement, il est bien difficile d'arriver à les identifier.

 

Hier et maintenant: expédition à Creno (1/2)v
Hier et maintenant: expédition à Creno (1/2)v
Hier et maintenant: expédition à Creno (1/2)v

 

Dans la première, le couple au premier plan est celui de Julie et Pascal VECCHI qui avaient alors 30 ans. A côté, il y a François DESANTI, de la Vazzina, et , derrière, avec la casquette, Xavier ou Félix PINELLI. Mais l'image est un peu floue. 

 

Dans la quatrième photo, une identification est plus facile:

 

Hier et maintenant: expédition à Creno (1/2)v

 

Connaissez-vous ce jeune homme en polo blanc et casquette blanche?

Agrandissons un peu l'image.

 

Hier et maintenant: expédition à Creno (1/2)v

 

Aucun doute: nous voyons bien Jean-Martin FRANCESCHETTI (1925-2013) qui fut très actif notamment quand, à sa retraite, il s'installa au village.

 

Quand il fut photographié en 1954, il vivait à Marseille. Ce jour-là, son épouse Marie était restée à Poggiolo car leurs trois enfants (5 ans, 3 ans et tout juste 1 an) étaient trop petits pour marcher. Ils se rattrapèrent plus tard.

 

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22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 18:00

 

 

Hier et maintenant: la petite fille et la ruine

La scène représentée ici peut faire frémir: une petite fille maigre marchant sur une route que l'on devine plus empierrée que goudronnée et, derrière elle, les murs d'un bâtiment en ruines.

 

Le flou, l'utilisation du noir et blanc, la déchirure de l'image ajoutent à l'impression de tristesse, pour ne pas dire de désolation, bien dans la ligne des sentiments dont les médias veulent nous imprégner actuellement.

 

Le film, dont une copie d'écran est ici publiée, a été tourné par Jean-Martin FRANCESCHETTI en 1952 ou 1953 à Poggiolo. Le lieu est reconnaissable avec la construction claire de forme carrée à l'arrière-plan: la maison de la famille COLONNA, la dernière au bord de la route avant le "petit four". On est ici pratiquement devant l'entrée du bar du Belvédère qui, à cette époque, n'était pas encore construit.

 

Quant à la ruine, son état était récent car il existe une photo du même endroit datant de 1947 (photo déjà montrée plusieurs fois sur ce blog). Il s'agissait d'un hangar dont une partie, celle qui a disparu en 52-53, était en planches. On remarquera la joie évidente de ces jeunes gens qui avaient connu la guerre terminée depuis seulement deux ans.

 

Hier et maintenant: la petite fille et la ruine

 

Les anciens Poggiolais se souviennent certainement que, la ruine disparue, il y eut une cabane en bois pendant plusieurs années. Depuis dix ans, un transformateur électrique haute tension a été installé. 

 

Hier et maintenant: la petite fille et la ruine

 

Et, plus bas, ont été construits le bar à droite et la maison de Fosca à gauche.

 

Une photo récente du même endroit que la première vue montre que nous ne sommes plus au temps de la petite fille et de la ruine. Le transformateur est caché par un laurier-rose. La maison COLONNA est encore bien visible.

 

Nous sommes toujours à Poggiolo.

 

Hier et maintenant: la petite fille et la ruine
Toutes les photos de cet article appartiennent à la famille Franceschetti.
Toutes les photos de cet article appartiennent à la famille Franceschetti.

Toutes les photos de cet article appartiennent à la famille Franceschetti.

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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 00:02

 

Tout va mal: guerre en Ukraine, hausse des prix de tous les produits, projet de réforme du système de retraite. Faut-il pleurer sur les malheurs actuels?

 

Pas le moins du monde car, après tout, "Tout a toujours mal marché", comme l'écrivait l'historien Jacques Bainville. On peut réagir en se révoltant. On peut aussi trouver des bons moments avec une bande de copains. Cette photo le démontre.

 

Toutes ces photos peuvent être agrandies en cliquant sur elles.

Hier et maintenant: on s'amusait à Renno

 

Les bouches font de grands sourires, les yeux brillent, la pose est parfaite (sauf les cornes pour un personnage du centre au fond). Tout incite à la détente.

 

Pourtant, au verso, une inscription donne la date du 15 août 1952, soit à peine sept ans après la fin du plus grand massacre de l'Histoire. Mais, après le drame, la vie reprend.

 

Hier et maintenant: on s'amusait à Renno

 

Les petits mots et les signatures pourraient permettre d'identifier ces copains car ils étaient Poggiolais. Ce document a été fourni par Philippe PRINCE qui l'a trouvé dans les affaires de sa mère, Marie-Antoinette, née DEMARTINI.

 

En dehors des identités, une autre question est celle du lieu du cliché. Une seconde photo peut fournir la réponse.

 

Hier et maintenant: on s'amusait à Renno

Les personnages sont dix au lieu de quinze mais ce sont les mêmes. Soit il s'agit du même jour mais un peu plus tard car ils sont plus couverts, soit le cliché a été pris la veille ou le lendemain. Surtout, on peut distinguer au fond une table et une cabane. Le lieu est la foire de Renno qui se tenait près de la chapelle de Saint Roch, entre ce village et Vico, durant trois ou quatre jours à partir du 16 août. Stands de ventes et jeux de toutes sortes permettaient de s'amuser. Trois des sujets photographiés n'ont-ils pas des chapeaux de fantaisie?

 

Les amusements grandirent à un tel point que le lieu devint une véritable fête foraine avec manèges, auto-tamponneuses, pêche aux canards, sans oublier les jeux d'argent où de grosses sommes disparaissaient pendant de longues soirées.

 

Les scènes suivantes datent de 2010. Nos lecteurs auraient-ils d'autres photos de ces moments?  

 

Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti

Photos Michel Franceschetti

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 18:05

 

Voici la dernière série de dates se terminant par le chiffre "3" qui concernent des événements de l'histoire de Poggiolo.

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Septembre 1943 (il y a 80 ans): Mimi CANALE, de Guagno-les-Bains, débarqué en Corse avec les goumiers, est le premier soldat à entrer dans Vico libéré.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/05/les-heros-poggiolais-de-la-seconde-guerre-mondiale.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/05/la-guerre-de-mimi.html

 

 

Septembre 1943 (il y a 80 ans): Jean-François CECCALDI, élu maire en 1919 et chassé par le gouvernement de Vichy, reprend la tête du conseil municipal. Il resta à ce poste jusqu'en 1959, soit un total de quarante ans.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/11/sous-l-uniforme.html

 

14 octobre 1943 (il y a 80 ans): une des premières décisions du maire réinstallé fut d'interdire la divagation des animaux. Fut-elle efficace?

http://poggiolo.over-blog.fr/article-div-117148298.html

 

 

1953 (il y a 70 ans): l'escalier en bois du clocher de l'église Saint Siméon est reconstruit en béton.

http://poggiolo.over-blog.fr/2020/06/stage-cloches.html

 

 

19 juillet 1963 (il y a 60 ans): le séisme le plus important enregistré dans le Sud de la France (magnitude: 5,9 à 6) au cours du XXème siècle est ressenti à Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-30524055.html

 

 

mars 1973 (il y a 50 ans): après de gros travaux, réouverture des thermes de Guagno-les-Bains par la société d'économie mixte gérée par Charles HOUVER. Le 16 mars 1976, la source est déclarée d'utilité publique par arrêté ministériel. Mais la fermeture intervint vingt ans plus tard.

 

 

1973 (il y a 50 ans): réforme cantonale qui supprime la moitié des cantons de Corse. Vico et Soccia deviennent les Deux Sorru. Dominique COLONNA, maire divers gauche de Vico, est le premier conseiller général de cette nouvelle entité.

http://poggiolo.over-blog.fr/adieu-a-jean-gaffory

 

 

1973-1974: grande souscription pour la réfection de l'église Saint Siméon et son clocher.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/02/les-poggiolais-donnent-1974-1-4.html

 

 

12 juillet 1983 (il y a 40 ans): fiumara (crue provoquée par de fortes pluies) d'un niveau record au pont des Bains.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-gare-a-la-fiumara-67644850.html

 

 

1983 (il y a 40 ans): fermeture du café de Jean-Marie ORAZY. Le Belvédère reste le seul bar de Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-anciens-et-nouveaux-bars-106840106.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2017/04/bar.html

 

 

 

1993 (il y a 30 ans): décès, à 97 ans, de Jean-Baptiste PAOLI, dernier survivant des anciens combattants de 1914-1918. Il est à droite sur la photo.

A gauche: Jean-Antoine FRANCESCHETTI, avant-dernier survivant de la guerre, décédé en 1987, à 90 ans.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/10/solution-de-la-devinette-du-mois-deux-soldats-sur-une-photo-centenaire.html

 

 

2013 (il y a 10 ans): lors des travaux de restauration, CORTI, assistant de Marios SEPULCRE et arrière-petit-fils du peintre BASSOUL, décroûte la  peinture verte de la chapelle Saint Roch et retrouve les couleurs originelles en brun marbré des colonnes.

http://poggiolo.over-blog.fr/alors-et-la-surprise-de-saint-roch

 

 

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10 janvier 2023 2 10 /01 /janvier /2023 18:03

 

2023 se situe exactement un siècle après une année 1923 particulièrement chargée.

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1903 (il y a 120 ans): le peintre Jean-Baptiste BASSOUL termine la décoration de l'église Saint Siméon, commencée par Jean-Noël COPPOLANI, mort en 1880.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-eglise-d-en-haut-saint-simeon-44872891.html

 

1er février 1903 (il y a 120 ans): naissance de Martin PAOLI à Poggiolo.

Instituteur, chevalier de la légion d'honneur, conseiller général SFIO (parti socialiste) du canton de Soccia à partir de 1945, élu maire de Poggiolo en 1959, décédé le 1er juin 1968.

 

 

EN 1923, IL Y A CENT ANS

 

- naissance de Marcel ANGELINI

Engagé dans les Forces Françaises Libres et chevalier de la Légion d’honneur, il fut un des nombreux Poggiolais engagés dans la lutte contre l'Allemagne en 1939-1945.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/05/les-heros-poggiolais-de-la-seconde-guerre-mondiale.html

 

- décès de l'abbé Jean-Toussaint Martini.

Né le 17 juin 1842, il embellit l'église de Poggiolo par plusieurs dons comme la statue de Saint Siméon.

http://poggiolo.over-blog.fr/2017/02/le-vrai-simeon.html

 

 

 

- Petru ROCCA fonde le Partitu Corsu d'Azionze.

Né à Vico le 28 septembre 1887, il publia la revue A Muvra en 1920 pour défendre la culture et la langue corse. Il entra dans le domaine politique en créant ce parti, devenu ensuite le Partitu Corsu Autonomistu. Son influence intellectuelle fut très grande.

http://poggiolo.over-blog.fr/2021/07/souvenir-de-petru-rocca.html

 

 

8 juillet: François COTY est élu sénateur, après le décès le 20 avril de Jean-François GALLINI.

Le richissime parfumeur était déjà conseiller général du canton de Soccia depuis le 11 septembre 1921. Mais son élection fut annulée, notamment pour avoir eu le soutien du bandit Nonce ROMANETTI. En 1931, il devint maire d'Ajaccio.

http://poggiolo.over-blog.fr/2021/09/le-canton-etait-au-parfum.3/3-une-revanche-ephemere.html

 

- 12 septembre: naissance de Pierre Marie NIVAGGIOLI, à Sousse, en Tunisie.

D'origine poggiolaise, il fut tué au combat en Indochine en 1950. Une plaque porte son nom devant le monument aux morts.

http://poggiolo.over-blog.fr/2020/04/indochine.html

 

 

décès de Jean Toussaint DESANTI.

Présent sur le monument aux morts de Poggiolo alors qu'il décéda cinq ans après la guerre, il est inscrit comme « DESANTI Jean Toussaint lieutenant», accompagné par une accolade le réunissant avec DESANTI Jean (mort au combat le 26 février 1915) et l’inscription « FRERES ».

- 4 octobre: à Soccia, la procession se termine dans le plus grand désordre.

MAISTRALE, poète ayant des liens familiaux avec Poggiolo, la raconta de façon humoristique dans la revue A Muvra.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/10/une-procession-tragi-comique-a-soccia-racontee-par-maistrale-une-belle-organisation-1-3.html

 

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L'ANNÉE 1933 (il y a 90 ans)

 

- 1933: construction de la Villa Martini (dite maison de Ceccantone), dernière des maisons de Poggiolo comportant une date de construction.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/07/maison-de-ceccantone.html

 

 

 

- 29 mai 1933: André SPADA capturé à Coggia  

Après l'expédition militaro-policière de novembre 1931, il était le seul bandit à avoir échappé à l'arrestation. Errant entre San Bastiano et Pastricciola, il chercha refuge dans la maison familiale où les gendarmes vinrent le cueillir.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-80-ans-de-l-epuration-du-maquis-les-105749699.html

 

- 20 novembre 1933: Jean-Baptiste TORRE condamné à mort pour l'assassinat d'Antoine Guagno le 17 août 1931 à Guagno-les-Bains.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-80-ans-de-l-epuration-du-maquis-2-de-89986490.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2022/02/torre-rattrape-a-muna.html

 

 

 

 

 

 

 

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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 18:00

 

L'histoire de la Poste à Poggiolo est très simple car le village n'a jamais eu de bureau de Poste. Mais la commune en avait une dans le hameau de Guagno-les-Bains.

 

Le 25 octobre 1912, Charles Chaumet, sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes, décida la création d'un établissement de facteur-receveur à Guagno-les-Bains (décision publiée au "Journal Officiel" du lendemain). Le nombre important de curistes fréquentant les lieux à l'époque avait certainement pesé sur cette décision.

 

Journal Officiel du 26 octobre 1912

 

Par la voix d'Antoine LECA, alors conseiller général du canton, le village de Guagno avait pourtant demandé l'année précédente (le 2 octobre 1911) l'ouverture d'un bureau de Poste particulier car les Guagnais devaient parcourir dix kilomètres pour retirer des mandats au bureau de Soccia. Mais le gouvernement lui avait répondu quelques mois plus tard que cette commune n'était pas prioritaire et qu'il n'était "pas possible d'indiquer, même approximativement, l'époque à laquelle pourra être réalisé le vœu que" le Conseil général avait adopté...

 

 ... et Guagno-les-Bains passa devant Guagno!

 

Demande de création d'un poste de facteur-receveur à Guagno (réunion du Conseil Général de Corse du 2 octobre 1911)

Demande de création d'un poste de facteur-receveur à Guagno (réunion du Conseil Général de Corse du 2 octobre 1911)

 

 

Désormais, pour envoyer une lettre à Poggiolo, à une époque où, jusqu'en 1964, le code postal n'existait pas encore, il fallait écrire sur l'enveloppe: 

 

"Poggiolo par Guagno-les-Bains".

 

Le courrier était oblitéré avec un cachet particulier.

Des bureaux de Poste très nomades. 2/2: Poggiolo, Guagno et Guagno-les-Bains

 Même si l'inscription est difficile à lire, on peut voir sur cette carte postale de 1922 qu'il est écrit dans la couronne:

"GUAGNO-LES-BAINS CORSE"

Au centre, en plus de la mention écrite par l'expéditeur, on a la date qui montre que l'envoi a été effectué pendant l'été 1922, voici cent ans:

"10 - 8

22"

 

La poste se trouvait derrière l'établissement dans une maison occupée maintenant, de façon épisodique, par la famille Colonna. Elle se situait au troisième niveau. Elle était derrière l'établissement thermal, derrière la maison des Franco (où se situait d'ailleurs l'école de Guagno les Bains). Elle a dû disparaître dans les années 68-70.

 

Maintenant, le bureau des Bains n'existe plus et les enveloppes doivent afficher le code 20125 qui est aussi celui de Soccia, beau prétexte pour des Socciais d'annexer Poggiolo à leur commune !!! 

 

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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 18:00

 

Oui, ils ont vraiment existé, les personnages dont les noms sont gravés sur les monuments aux morts.

 

Chaque 11 novembre, les cérémonies célèbrent des hommes qui ont vécu, grandi, aimé, souffert avant de tomber sur le champ de bataille.

 

Il reste à leurs familles de vieilles photos et aussi des lettres. La correspondance était le seul lien possible entre les soldats et leurs parents ou amis. Ils avaient besoin de ce véritable ballon d'oxygène pour oublier les horreurs du front et pour se sentir faire encore partie de la communauté familiale ou villageoise.

 

Ce blog a récemment publié le premier document de la guerre de 1914-1918 rédigé par François Marie Ceccaldi, document qui est  un texte juridique: un testament.

 

Nous vous présentons maintenant les dernières lettres rédigées peu avant leur mort au combat par deux Poggiolais très différents qui sont mentionnés sur le monument aux morts de Poggiolo. La ponctuation et l'orthographe ont été respectées. Lettres et photos ont été fournies par les familles concernées.

 

 

Tout d'abord, les derniers écrits de Jean-Toussaint DEMARTINI.

Né le 1er novembre 1890, d'Antoine François DEMARTINI et Gracieuse DESANTI, il était timonier dans la Marine. Il dut la quitter pour des raisons liées aux élections municipales à Poggiolo (voir l'article en cliquant ici). Il entra dans l'infanterie coloniale et combattit au Togo, où il obtint une citation à l'ordre des troupes du groupe de l'A.O.F. (Afrique Occidentale Française) pour sa bravoure dans les combats contre les Allemands, puis en France. Il mourut le 9 février 1916 à Cappy dans la Somme.

 

Les dernières lettres

Une lettre:

 

Aux tranchées le 30.1.1916

Mes chers parents

Toujours en bonne santé, je suis aux tranchées depuis trois jours, le 1er jour j'ai pris part à un rude combat, ma compagnie a beaucoup souffert, nous avons reçu des renforts et je crois que les Boches vont finir par croire que dans cette terrible guerre  nous voulons le dernier mot.

Quant à mon ami, c'était un nommé Marcangelli il a trouvé la mort glorieuse; précisément sa permission avait été retardée. C'était un jeune homme plein d'avenir et mon meilleur ami à la compagnie. Son père avait travaillé à la maison Pinelli à guagno les Bains comme maçon, mais maintenant il n'est plus, laissons reposer le jeune héros en paix.

Toujours bien portant, je compte qu'il en sera de même par la suite.

Toujours dispos et le moral meilleur que jamais je vous embrasse bien affectueusement.

Toussaint

Une carte de correspondance:

4.2.1916

Mes chers parents

 

Je me porte toujours bien, et vous en souhaite autant.

Depuis 6 jours on se bat. Tout va bien pour le moment. Je vous embrasse

Toussaint Demartini

sergent 24ème colonial

5ème colonial

secteur postal 13

 

 

 

Deuxième série de lettres: celles de Jean Ary François Léon LOVICHI.

Né le 10 novembre 1893 à Constantine, fils de Charles LOVICHI et Odile DELON, il était licencié de philosophie à la Sorbonne et préparait l'agrégation.

Bien que réformé, il voulut absolument défendre son pays. Aspirant au 2ème RMA, il partit se battre aux Dardanelles. Son attitude lui valut une citation et la promesse du grade de sous-lieutenant mais il fut tué au combat le 14 juillet 1915.

 

Jean Lovichi avec deux de ses sœurs dont une se prénommait Fanny.

Jean Lovichi avec deux de ses sœurs dont une se prénommait Fanny.

 

 

 

Sans date mais étant une de ses dernières lettes:

J'allais commencer une longue lettre quand l'invitation est venue de repartir. Quelques embarras gastriques ont disparu et j'ai bien apprécié votre eau lithinée.

Je vis comme un capitaine et j'ai l'élixir le plus précieux, la confiance de mes hommes. J'ai vu des blessés qui ne voulaient pas être évacués avant d'avoir de mes nouvelles. Voilà la seule vraie récompense avec l'autre vos lettres qui redeviennent rares et que je lis avec mon cœur.

Vos petits paquets, précieux. Ajoutez livres et journaux, plumes, encre et crayons, une main-serviette pour "m'approprier": je suis chocolat et créole.

Je vous embrasse. Eu la joie de voir Théo Zanetacci ce matin.

 

Lettre du 6 juillet:

Retour de nouveaux combats. Je n'ai que la force, dans une fatigue de 5 jours d'action, de vous promettre une belle lettre.

Au camp, j'ai la joie de trouver deux lettres de maman, une - émouvante - de papa, et trois bons colis qui me comblent d'utile. La joie de ces lectures et de ces découvertes dans de pareils retours est un délice. Ô affection de mes parents!

Votre enfant vraiment à vous.

 

Mot du 11 juillet: 

En action - constamment depuis le 21 -, je reçois une lettre de Fanny dont je suis heureux. J'en aurais voulu de vous tous. Pas trop fatigué et toujours paré. Parfait guerrier, vieux guerrier. Les cuisiniers redescendent*. Je vous embrasse.

 

 

* L'unité étant en première ligne, et afin d'éviter les pertes par trop d'allées et venues, les cuisiniers se chargeaient du courrier en plus de la nourriture.

 

Une lettre écrite par son père arriva aux Dardanelles après sa mort et fut retournée à l'envoyeur.

 

Les dernières lettres

 

Un article a déjà été consacré à Jean LOVICHI: suivez le lien suivant:

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24 octobre 2022 1 24 /10 /octobre /2022 18:00

 

Comme souvent, trop souvent, les occasions manquées pour mettre en valeur notre patrimoine s'ajoutent les unes aux autres.

 

Un exemple vient d'être donné avec le message reçu à l'adresse de contact du Blog des Poggiolais. Madame Michèle Renous a écrit:

 

 

Bonjour, je suis la nièce de Raymond Rifflard, la fille de sa soeur Raymonde. J’aimerais participer à toute célébration en mémoire de Raymond et correspondre avec toute personne qui l’aurait connu ou qui s’intéresserait à ses oeuvres. J’aimerais offrir 2 tableaux de Raymond à un musée corse, et j’aurais besoin de conseils et d’avis sur ce sujet !

 

Cordialement,

 

Mic (michele.r01@orange.fr)

 

 

L'an dernier, le 12 juillet 2021, le Blog des Poggiolais avait publié un article décrivant la richesse de l'œuvre de Raymond Rifflard décédé quarante ans auparavant, en 1981, à Sagone.

 

Ce peintre avait exercé son talent en Corse, mais surtout dans les Deux Sevi et les Deux Sorru, à Letia, Vico, Evisa, Soccia, Orto (avec la fameuse fresque représentant le général de Gaulle).

 

Photo Ariane Chemin.

Photo Ariane Chemin.

 

Son épouse était d'origine poggiolaise et au moins un de ses tableaux représente une partie de Poggiolo.

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Après l'oubli des quarante ans de son décès, Raymond Rifflard, né en 1902, souffrira-t-il également de l'ignorance des 120 ans de sa naissance?

 

En attendant, quel est le maire ou le responsable culturel qui va répondre à la nièce de notre artiste?

 

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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 09:55

 

Le mystère des manuscrits de l'écrivain CÉLINE réapparus voici un an avait passionné le monde littéraire pendant tout l'été 2021.

 

Il a connu de nouvelles péripéties pendant les vacances avec les révélations distillées peu à peu par Jean-Pierre THIBAUDAT qui fut longtemps dépositaire de ces précieux papiers. Il a fini par révéler qu'il avait reçu ce dépôt de la part des héritiers d'Yvon MORANDAT à qui l'appartement de l'écrivain antisémite avait été attribué à la Libération. 

 

Mais l'ancien critique littéraire reconnaît, dans l'entretien ci-dessous, diffusé sur France-Inter le 30 août,  qu'il reste des mystères. Pourquoi CÉLINE n'est-il pas venu reprendre les feuilles que le résistant disait tenir à sa disposition? Pourquoi a-t-il plusieurs fois accusé Oscar ROSEMBLY de vol? N'y avait-il vraiment rien dans la maison de Poggiolo? N'y a-t-il vraiment pas d'autres documents?

 

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