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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 18:11

 

La Corse fut le premier territoire métropolitain à avoir été libéré de l'occupation italo-allemande en 1943. Et Saint Siméon joua un rôle important dans ce morceau d'Histoire.

 

Non, non, non, il ne s'agit pas de l'église Saint Siméon de Poggiolo mais de celle de Revinda, dans la commune de Marignana.

 

A la fin de l'année 1942, fut mise en place la mission Pearl Harbour destinée à coordonner la résistance corse et à préparer le débarquement des troupes françaises.

 

Le premier groupe d'agents envoyés par Alger fut amené par le sous-marin "Casabianca" dans la nuit du 13 au 14 décembre 1942. Au lieu de la baie de Chioni, près de Cargese, comme prévu, ces hommes furent débarqués dans l'anse de Topiti à Piana.

 

Kiosque du "Casabianca" exposé à Bastia (photo Michel Prin)

Kiosque du "Casabianca" exposé à Bastia (photo Michel Prin)

 

Ils rencontrèrent le Père Mattei comme le raconte le texte publié sur Wikipedia (article "Opération Pearl Harbour"): 

 

"À 8 heures, le , le groupe rencontre, sur la colline d'Almazzone, le curé Mattei de Cargèse (Toussaint Mattei dit Prete Santu) monté sur un âne gris, avec lequel il entre à Revinda, un petit village situé au sud-ouest de la commune de Marignana, pour participer à la procession de la Sainte-Lucie à 9 heures puis à la messe à l’église Saint-Siméon avant de solliciter l’aide des villageois. En moins d’une heure, le commando a obtenu le concours d’un ancien militaire Dominique Antonini qui tient à disposition trois mulets. Dans l’après-midi, ils apprennent que près de 2 000 chemises noires stationnent à Cargèse et qu’ils ont bien fait de s’être trompé de baie à l’arrivée."

 

En souvenir de cette rencontre, une plaque a été fixée sur l'église Saint Siméon, à gauche de l'entrée:

 

photos du site http://monumentmort.corse.free.fr/index1.php
photos du site http://monumentmort.corse.free.fr/index1.php

photos du site http://monumentmort.corse.free.fr/index1.php

 

N'oubliez pas saint Siméon. Surtout, n'oubliez pas le Siméon de Poggiolo: 

 

Fête de Saint Siméon:

messe à Poggiolo

samedi 20 février 

à 15 heures. 

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 18:00

 

Suite et fin de la chronologie poggiolaise

 

Evénements concernant Poggiolo et les villages voisins et s'étant déroulés pendant les années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires.

 

 

1941:

- 19 mars: décès de Jean DESANTI, adjudant au 11e RAT, dans le camp de prisonniers de Ravensburg Weingarken (dépôt 231) en Allemagne. Il était né le 19 juin 1914 à Guagno-les-Bains où son corps fut inhumé en 1947 (Les héros de 39-45).

 

Chronologie poggiolaise: les années en 1 et en 6 (de 1941 à nos jours)

 

- septembre: dissolution du conseil municipal et remplacement par une délégation spéciale nommée par le gouvernement de Vichy (Inutile de voter).

 

1946:

les chiffres officiels donnent 653 habitants à Poggiolo (oui: 653), record historique pour le village (Combien de Poggiolais?).

 

1951

18 janvier: décès du poète Petru Santu LECA, d'Arbori (Solution de la devinette: Petru Santu LECA).

 

1956:

après le décès de l'abbé PASTINELLI, le diocèse confie la responsabilité du culte à Guagno et Guagno-les-Bains aux Oblats de Vico. Orto, Poggiolo et Soccia gardent un curé commun (le Père MILLELIRI) (Milleliri, un prêtre de caractère)

 

1966:

- ouverture du "Bowling" à Sagone (Solution à la devinette du mois: cinquante ans maintenant).

 

Chronologie poggiolaise: les années en 1 et en 6 (de 1941 à nos jours)

 

- ouverture, près de la fontaine de St Marcel, du "Robinson", bar-dancing très apprécié pendant quelques années par les jeunes (Un ancien lieu de rencontre).

- août: remplacement, pour l'éclairage public de Poggiolo, des lampes à incandescence par des tubes de néon (Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 5/8: les équipements publics).

 

​​​​​​1971:

le peintre Raymond RIFFLARD reprend les décors d'IVANOFF dans l'église de Soccia (Le général de Gaulle à Orto).

 

1976

ouverture à Soccia de l'hôtel "U Paese", œuvre de Santa BATTISTELLI (U Paese est triste).

 

1981:

mort à Sagone du peintre Raymond RIFFLARD (une rue de Poggiolo)

 

1996:

- fondation de la Cunfraternita di u Padre Albini (Le prieur est une femme)

- décembre: parution du premier numéro de "Inseme", mensuel interparoissial "per a communicazione a fraternita e a fédé", édité, sous l'impulsion du Père Jean-Pierre BONNAFOUX, par l'association des Amis du couvent de Vico. Le bulletin «Inseme» en route pour ses vingt ans.

 

Le comité de rédaction d'Inseme.

Le comité de rédaction d'Inseme.

 

2001

16 août: à la fin d'une journée d'animations et de la procession de saint Roch, le village est rassemblé pour une photo de la communauté poggiolaise (Tous unis comme en 2001?)

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

 

2011:

restauration de la chapelle St Roch par le peintre Mario SEPULCRE qui découvre la peinture d'origine du XVIIe siècle (St Roch 2012 (2/5): Les idées et le talent de Mario Sepulcre).

 

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 18:00

 

Suite de la chronologie poggiolaise

 

Evénements concernant Poggiolo et les villages voisins et s'étant déroulés pendant les années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires.

 

 

1851:

-violents incidents entre Poggiolais et Socciais au sujet des limites des deux communes au Fialello (Les qualités poggiolaises (4/7): les Poggiolais sont calmes).

-construction du pont actuel de Guagno-les-Bains (entre 1851 et 1857) (Les ponts de Guagno-les-Bains).

Pont sur le Grosso, aquarelle de Jean-Jérôme LEVIE (1857).

Pont sur le Grosso, aquarelle de Jean-Jérôme LEVIE (1857).

1856:

- fermeture de l'hôpital militaire de Guagno-les-Bains (Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 1/2: le temps des huttes.).

 

Printemps 1871:

trois Poggiolais sont présents dans l'armée versaillaise qui réprime le soulèvement de la Commune de Paris (Les soldats poggiolais de la guerre 1870-1871).

 

1886:

-l'abbé Jean-Toussaint MARTINI offre à la paroisse la statue de Saint Siméon (Le vrai Siméon)

-l'école de Poggiolo compte 32 élèves garçons et 26 filles (Fin prêt pour la rentrée scolaire)

 

1896:

- 12 janvier: mariage du poète Dumenicu Antoniu VERSINI, dit MAISTRALE, et de la Poggiolaise Marie-Thérèse LOVICHI (MAISTRALE de Marignana (et de Poggiolo ?)).

- Jean-Baptiste FRANCESCHETTI est le premier Poggiolais à être décoré de la Légion d'Honneur (1870, la guerre oubliée)

 

1901:

- élections municipales annulées par le Conseil d'Etat, le maire ayant ajouté des électeurs de sa propre initiative (Péripéties municipales : gagner ou perdre le droit de vote)

-l'abbé Antoine-Louis OTTAVI élu conseiller général du canton de Soccia. Seul prêtre à avoir occupé cette fonction (La liste des conseillers généraux de Sorru in sù).

 

1906: 

-mars: incidents à Soccia et à Guagno lors de l'inventaire des églises prévu par la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat (La Laïcité en action dans les Deux Sorru : des inventaires difficiles (1/6)).

La population socciaise groupée devant l'église pour empêcher l'inventaire.

La population socciaise groupée devant l'église pour empêcher l'inventaire.

 

- 9 septembre: première réunion publique du parti socialiste SFIO à l'établissement thermal de Guagno-les-Bains (Pas de vacances pour la propagande)

 

1921:

-15 mai: arrivée à Ajaccio, à bord du bateau "Rion", de Russes blancs chassés par la guerre civile. Certains s'établissent dans les Deux Sorru comme travailleurs agricoles ou peintres comme CHOUPIK ou IVANOFF (Des Russes dans les Deux Sorru - Où sont les traces des Russes ?).

- septembre: le richissime parfumeur François COTY est élu conseiller général du canton de Soccia après une ardente lutte contre Jean-François GALLINI (En 1921, le canton était au parfum (début) - En 1921, le canton était au parfum (fin)).

 

1926:

installation de la cloche de la chapelle St Antoine de Guagno-les-Bains (Réponse à la devinette du mois : où est le saint ?)

 

1931: 

- 5 avril: troisièmes élections municipales en deux ans à Poggiolo à la suite de plusieurs annulations pour fraudes et divers incidents (Péripéties municipales: et le dépouillement eut lieu... à Nice !)

- 17 août: François CAVIGLIOLI et sa bande attaquent et rançonnent les hôtels de Guagno-les-Bains. Un curiste est tué (Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains. N°1: la folle agression).

- novembre: l'agression du 17 août sert de prétexte au gouvernement pour envoyer en Corse d'importantes forces de l'ordre afin d'opérer l'épuration du maquis. Une série de 31 articles sur ce sujet a été publiée sur le blog en novembre 2011, le premier étant: LES 80 ANS DE L'ÉPURATION DU MAQUIS. Explications et méthodologie.

Caricature parue dans "Le Petit Provençal" du 27 novembre 1931.

Caricature parue dans "Le Petit Provençal" du 27 novembre 1931.

 

(à suivre)

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 18:00

D'une certaine façon, l'année 1931 s'est terminée comme commence l'année 2021: par un couvre-feu et une forte limitation des déplacements.

 

Il y a presque quatre-vingt-dix ans, le 13 novembre 1931, les journaux publiaient le communiqué officiel suivant émanant des autorités gouvernementales françaises:

 

"Le Petit Provençal" 13 novembre 1931.

"Le Petit Provençal" 13 novembre 1931.

 

Transcription du texte de l'article:

"Si l'état de siège n'a point été proclamé, comme on l'a dit, la circulation des habitants et des automobiles est, du moins, strictement réglementée. A 21 heures, dans les villages de Sari-d'Orcino, domaine de Spada; de Guagno et de Vico, domaine de Caviglioli, au Nord d'Ajaccio; de Guitera, où opérait Bornéa, et Palneca, où opérait Bartoli, à l'Est du chef-lieu, tout le monde doit avoir regagné son habitation.

    Quant à la circulation des automobiles, elle est plus rigoureusement encore réglementée. Ne peuvent franchir les postes de gardes, installés sur toutes les routes, que les automobilistes dûment autorisés. Les consignes, données aux gardes, sont extrêmement sévères. En aucun cas, un garde ne peut circuler seul et tous doivent être constamment armés. Dans les secteurs où les bandits se sont réfugiés, gardes et gendarmes ont l'ordre de tirer sur toute personne qui ne s'arrêterait pas à la première sommation. Telle est la rigueur des consignes."

 

A partir de ce 12 novembre 1931, tous les habitants de Sari d'Orcino, de Guagno et de Vico étaient confinés à 21 heures. Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia et Orto étaient également concernés. En complément de ce couvre-feu, un contrôle strict (on ne disait pas encore "drastique") de la circulation automobile était institué.

 

Quelle était l'épidémie à combattre?

 

Maladie qui empoisonnait la Corse depuis longtemps, le banditisme avait connu une puissante poussée en 1931, illustrée par l'attaque le 17 août des hôtels de Guagno-les-Bains par la bande de François CAVIGLIOLI. Un curiste avait été tué. Le 2 novembre, une bataille rangée entre gendarmes et bandits à Balogna avait fait trois morts et trois blessés.

 

Le gouvernement dirigé par Pierre LAVAL envoya, selon un plan en fait élaboré depuis de nombreux mois, une armée de près de 600 gardes mobiles, avec auto-mitrailleuses et équipement de campagne, ... ainsi que de nombreux journlistes.

 

Paru dans "Le Petit Provençal" du 15 novembre 1931.

Paru dans "Le Petit Provençal" du 15 novembre 1931.

 

Débarquées le 8 novembre, les forces de l'ordre se concentrèrent sur le foyer d'infection le plus important (on ne disait pas alors "cluster"), c'est-à-dire les Deux Sorru, les Deux Sevi, la Cinarca et le Cruzzini.

"Le Petit Parisien" 11 novembre 1931.

"Le Petit Parisien" 11 novembre 1931.

"Le Petit Provençal" 11 novembre 1931.

"Le Petit Provençal" 11 novembre 1931.

 

Cette "épuration du maquis" dura pratiquement un mois. Le récit quotidien en a été donné sur ce blog à partir de trois journaux continentaux de l'époque (Le Petit Provençal, L'Humanité et l'Action Française) dans une série de 40 articles parus à partir du 3 novembre 2011.

 

 

Vous pouvez les lire l'un après l'autre à partir de celui intitulé:

LES 80 ANS DE L'ÉPURATION DU MAQUIS. Explications et méthodologie

 

Vous pouvez également suivre le lien L'épuration du maquis mais les articles y apparaissent dans l'ordre chronologique inverse.

 

Nous reviendrons plus tard sur ce fait majeur de l'histoire corse du XXe siècle.

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 17:53

 

Parmi les Poggiolais qui se battirent très loin de leur village, la palme revient à Jean-Noël Martini (1891-1965), dit «Natale Prete», qui alla vers l’Orient le plus extrême.

 

Si Jean Charles FRANCESCHETTI avait participé à l'expédition de Pékin en 1900, Jean-Noël fut envoyé au fin fond de la Sibérie en 1918.

 

Pourtant, Jean-Noël faillit ne jamais revêtir l'uniforme. Fils de Jean Toussaint Martini et son épouse Marie DESANTI, il naquit le 1er mars 1891 mais le registre d'état-civil de Poggiolo n'en porte pas de trace à cette date-là. Oubli des parents ou du maire de l'époque, Pierre MARTINI?

 

L'erreur fut découverte au moment du conseil de révision et il fallut un jugement du tribunal civil de première instance d'Ajaccio en date du 27 avril 1912 pour rendre la date de naissance officielle.

 

Une telle mésaventure (déclaration de naissance non transcrite et décision judiciaire) était arrivée en 1877 à Antoine François FRANCESCHETTI, qui fut ensuite le militaire le plus gradé et le plus décoré des militaires poggiolais morts pendant la guerre de 1914-1918. Voir l'article Les surprises de l'état-civil: le capitaine a failli ne pas exister (1/3)

 

Jean-Noël MARTINI est le numéro 14 de cette photo de l'école de Poggiolo en 1900. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Jean-Noël MARTINI est le numéro 14 de cette photo de l'école de Poggiolo en 1900. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

Incorporé dans les chasseurs à pied, Jean-Noël MARTINI s'engagea en 1913 dans le 23e RIC (régiment d'infanterie coloniale). En avril 1914, il fut envoyé au Tonkin. C'est là qu'il se trouvait au moment de la déclaration de guerre. Il y resta pour des opérations de maintien de l'ordre et fut même blessé par balle à l'épaule droite le 6 octobre 1917, ce qui lui valut une citation. Cette blessure le fit souffrir toute sa vie.

 

Il fut désigné pour faire partie du bataillon colonial sibérien (BCS) constitué le 14 juillet 1918. Le BCS fut envoyé à l'extrémité Est de l'ancien empire russe, officiellement pour aider à l'évacuation de la Légion Tchèque (volontaires armés tchèques et slovaques ayant combattu du côté des puissances alliées) et pour empêcher les Allemands de mettre la main sur le matériel de guerre livré à la Russie avant la révolution communiste d'octobre 1917. En réalité, il s'agissait d'arrêter l'avancée des bolcheviks.

 

Débarquement des troupes coloniales françaises à Vladivostok en août 1918. Site Revue Méthode (http://www.revuemethode.org/sf021725.html)

Débarquement des troupes coloniales françaises à Vladivostok en août 1918. Site Revue Méthode (http://www.revuemethode.org/sf021725.html)

 

Le détachement français avait un effectif de 1140 hommes, puisés dans les troupes d’Indochine dont le 16e RIC auquel appartenait alors Jean-Noël MARTINI. Le BCS débarqua à Vladivostok le 9 août, puis, suivant la voie de chemin de fer du Transsibérien, appuyé par les Tchèques et les Japonais, il traversa toute la Sibérie vers l’Ouest jusqu’à 400 kilomètres de Kazan.

 

Dans le froid hivernal, il s’installa à Tchélianbinsk le 1er janvier 1919 et eut comme mission d’escorter des convois ferroviaires et d’instruire des Russes blancs (les contre-révolutionnaires) dans l’Oural (à Perm et à Ekaterinbourg).

 

Carte Encyclopédie Larousse

Carte Encyclopédie Larousse

Sur cette carte de la Russie actuelle, les villes citées sont entourées de jaune et le trajet approximatif du Transibérien est en rose.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

 

 

La première guerre mondiale était officiellement terminée depuis le 11 novembre 1918 mais notre Poggiolais et le BCS se trouvaient impliqués dans un des 27 conflits violents comptabilisés entre 1917 et 1923 par l’historien Robert Gerwarth (« Les Vaincus », Seuil, 2017).

 

L’armée rouge bolchévique attaqua et battit les troupes blanches en juillet 1919. Les Français durent battre en retraite pour revenir à Vladivostok le 14 septembre. Jean-Noël, qui avait été blessé lors de l’avancée de 1918, fut de nouveau blessé et dut être évacué vers la Chine le 22 juillet 1919.

 

Le BCS quitta la Sibérie en février 1920. A ce moment-là, Jean-Noël MARTINI était rentré en Europe pour participer à l’occupation de la ville allemande de Mayence. Sa carrière continua au Levant et en Afrique jusqu'en 1926.

 

Il rentra à Poggiolo où il décéda le 13 avril 1965. Il était titulaire de la croix de guerre avec étoile de bronze, de la médaille coloniale avec agrafe Tonkin et de la médaille commémorative de la Grand Guerre. Jusqu'à la fin de sa vie, il lui arrivait de raconter quelques anecdotes de sa période sibérienne.

 

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Sur l'histoire du BCS, lire: 

"Intervention en Sibérie" (fiche Wikipedia)

et

"La section photographique et cinématographique de l’armée en Sibérie et Russie du Nord" par Véronique Goloubinoff (Janvier 2010) http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/spca.pdf

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 17:54
   
Parmi les personnages assez particuliers originaires de Poggiolo, Oscar ROSEMBLY est certainement l’un des plus oubliés.
 
 
Un avis de décès vient de rappeler son souvenir. Le 6 novembre, «Corse-Matin» a publié l’annonce du décès à Corte de "Marie-Luce ROULOT-ROSEMBLY née ROSEMBLY". Elle était la fille d’Oscar.
 
 
Oscar Louis Jean ROSEMBLY naquit à Poggiolo le 4 avril 1909.
 
 
Son père, Oscar Louis Ernest, ouvrier imprimeur devenu commis de l'octroi, né à Paris en 1874, était mort dans la capitale le 23 octobre 1908 à l’âge de 34 ans. Son épouse, Marie Olive MARTINI, couturière, était enceinte. Elle retourna à Poggiolo où elle était née en 1883, pour attendre la naissance dans sa famille. Oscar était donc un enfant posthume.
 
 
Sa grand-mère, Marie-Marfise MARTINI, née FRANCESCHETTI (1838-1909), déclara le bébé à la mairie mais ne signa pas l'acte car "ne sachant ni lire ni écrire".
 
 
Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo
Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo
Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo

Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo

 
 
Sa mère retourna ensuite à Paris où elle reçut un secours financier de la municipalité. Elle mourut dans cette ville en 1970.
 
 
Oscar grandit et trouva un travail d’employé à la mairie du XVIIIe arrondissement. Il eut une vie de bohème à Montmartre et il devint très proche, dans les années 30 et pendant la seconde guerre mondiale, du peintre GEN PAUL et surtout de Louis-Ferdinand CÉLINE, l’auteur de «Voyage au bout de la nuit», «Mort à crédit» et «Bagatelles pour un massacre».
 
 
Louis-Ferdinand Céline en 1932 (photo Wikipedia)

Louis-Ferdinand Céline en 1932 (photo Wikipedia)

 
 
Il s’occupait de la comptabilité de l’écrivain. Oscar apparaît d'ailleurs dans des romans de CÉLINE sous les prénoms d’Alexandre, Alex et Oscar.
 
 
En 1947, Oscar ROSEMBLY épousa à Paris Mathé Eugénie Angèle GUALANDI, décédée en 1998, dont la famille était originaire de Corte. Ils eurent une fille, Marie-Luce, qui vient de mourir.
 
 
Après une vie mouvementée (il fut journaliste, antiquaire et même consul, disent certains), Oscar vint s’établir à Poggiolo dans les années 1980, dans la maison située au-dessus de la fontaine du Lucciu.
 
 
Il décéda à Ajaccio le 25 septembre 1990, âgé de 81 ans. 
 
 
 
Post-scriptum: commentaire de Jacques-Antoine MARTINI
 
Et surtout le seul Poggiolais qui pouvait se promener dans le village vêtu seulement d'un peu d'huile d'olive et prendre son bain dans la vasque de la fontaine du Lucciu, été comme hiver, sans que personne n'y trouve à redire. Grand amateur d'opéra à la voix de baryton, il était capable de chanter seul des grands airs de Mozart ou de Verdi.
 
 
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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 18:01
11 novembre: se souvenir des soldats poggiolais

 

En ce jour du 11 novembre, anniversaire de l'armistice de 1918 et alors que la dépouille de Maurice GENEVOIX, l'écrivain des Poilus, entre au Panthéon, ayons une pensée pour les jeunes de Poggiolo qui ont participé à la première guerre mondiale.

 

Sur une centaine de Poggiolais qui ont revêtu l'uniforme, trente ont perdu la vie et ont leurs noms inscrits sur le monument aux morts; les autres ont perdu les illusions de leur jeunesse. 

 

Ils sont emblématiques de ces milliers de soldats qui ont quitté un jour leur terre natale pour accomplir leur devoir et défendre leur patrie.

 

11 novembre: se souvenir des soldats poggiolais

Photos de:

Laurent-Antoine PINELLI, Félix-Antoine DESANTI, François DEMARTINI, Hyacinthe DESANTI, Louis Antoine ANTONINI, Joseph CASALONGA, Jean-Baptiste PAOLI, Jean Baptiste DEMARTINI, Jean Antoine FRANCESCHETTI, Jean François CECCALDI, Jean Toussaint DEMARTINI, Noël PINELLI, Pierre Toussaint ANTONINI.                                                                                                                     

 

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 18:00

Le 10 novembre 1970, les Français apprenaient que le général de Gaulle était mort la veille dans sa résidence de Colombey-les-Deux-Eglises. L'émotion fut vive dans tout le pays et particulièrement en Corse où l'homme du 18 juin 1940 était très populaire.

 

Orto était le plus gaulliste des villages de Sorru in Sù depuis la Libération et il resta la commune la plus à droite pendant longtemps alors que Poggiolo était très à gauche.

 

Cette photo d'habitants d'Orto enthousiastes brandissant le portrait du chef de la France Libre daterait de 1945. S'agirait-il des élections législatives du 21 octobre ?  

 

De Gaulle mourait le 9 novembre 1970

Et n'oublions pas que le bar d'Orto est peut-être le seul de France à avoir sur un mur une fresque du général de Gaulle, peinte par Raymond RIFFLARD en 1958 (voir l'article "Le général de Gaulle à Orto").

 

 

Photo J-M F, juin 2009.

Photo J-M F, juin 2009.

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 19:43

 

Et oui Poggiolo a eu une école !

 

Merci au blog de nous l'avoir rappelé à deux reprises ces dernières semaines par la photo de classe de 1905 et les photos de ses derniers instituteurs.

 

Enfant, j'ai eu la chance d'aller à l'école du village.

 

Le maître était Jojo ANTONINI, un véritable hussard de la république qui aux beaux jours nous emmenait herboriser dans le maquis. C'est grâce à lui que j'ai au cœur l'amour indéfectible de mon village. Il arrivait chaque matin sur sa moto pétaradante devant nos yeux émerveillés pour nous ouvrir au monde.

 

Qu'il lui soit rendu, comme à Samuel Paty et à tous les enseignants d'ici et d'ailleurs, un vibrant hommage.

 

N'est-ce pas Jules FERRY qui disait "De l'instruction nait la grandeur des nations" ?

 

L'ignorance fait le lit de la barbarie. Prenons garde: il n'y a aucune excuse à la barbarie.

 

 

Hélène–Pascale Dubreuil-Vecchi

 

 

Et oui Poggiolo a eu une école !

On voudra bien excuser la mauvaise qualité de cette photo parue dans "L'info U Pighjolu" d'octobre 2007. A côté de Jojo ANTONINI, se trouvent: Toussaint COLONNA, Antoine SECCHI, Jacques DEFRANCHI, Mélanie PASSONI, Ernestine MALACETTI, Marie BATTESTI et François PINELLI.

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 19:10
Une rentrée scolaire très ordinaire à Poggiolo en 1900

 

 

La rentrée scolaire 2020 n'a été la seule perturbée. "Settimana" consacre un dossier à celle de 1945 à Bastia qui fut très particulière avec la fin de la guerre. 

 

A l'inverse, aucune inquiétude particulière ne transparaît sur la photo des écoliers de Poggiolo en 1900.

 

Ce document a déjà été publié sur ce blog en 2010 et en 2014 mais son importance vaut la peine de le montrer encore une fois.

 

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

 

 

En 1900, pour la dernière année du XIXème siècle, ils étaient alors cinquante-quatre à être bien alignés sur trois rangs, avec 29 filles d'un côté, 26 garçons de l'autre et l'instituteur Xavier OTTAVI (originaire de Soccia) au centre.

 

Photo émouvante d'un temps révolu où Poggiolo était un village peuplé et actif. Photo émouvante qui montre les visages d'ancêtres de nombreux Poggiolais de ce début de XXIème siècle.

 

 

Ce document historique se trouve dans la salle des délibérations de la mairie, bien protégé par une vitre et un cadre. Au verso, une inscription précise qu'il a été "donné le 1er mai 1990 à la municipalité par Françoise, Marie-Jeanne et Dominique-François DESANTI, en souvenir de leur mère Marthe DESANTI née DEMARTINI (n°4 du groupe)."

 

 

L'intérêt de cette photo est que les donateurs ont pris la peine de numéroter chaque personnage et d'inscrire au verso leur identité avec dates de naissance et de décès, quand ils les connaissaient. 

 

 

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

 

 

Voici les identités données pour chaque numéro:

1: PINELLI Laurence (7/6/1892 - 8/1/1922)

2: PAPADACCI Marie-Cécile (1/1/1894 - 19/1/1977)

3: PINELLI Damienne-Marie (23/9/1893 - 3/12/1987)

4: DEMARTINI Marthe (9/3/1892 - 23/10/1982)

5: PAOLI Marie-Mattéa (30/11/1891 - ?)

6: DEMARTINI Marie-Dominique (9/10/1892 - 25/6/1979)

7: CELLI Pauline (16/2/1895 - 3/7/1964)

8: CELLI ? (? - ?)

9: MARTINI Ange-Marie (3/7/1893 - 21/2/1901)

10: MARTINI Joséphine (11/7/1889 - ?)

11: DESANTI Jules-François (6/8/1887 - 25/6/1955)

12: CECCALDI Jean-Jules (4/6/1889 - 22/12/1959)

13: CECCALDI Joseph-Marie (1/6/1892 - 11/3/1971)

14: MARTINI Jean-Noël (1/3/1891 - 13/4/1965)

15: PINELLI Laurent-Antoine (20/9/1891 - 26/4/1974)

16: VINCIGUERRA Paul-Joseph (8/10/1893-21/12/1913)

17: PINELLI Antoine-François-Léonard (30/6/1893 - 15/12/1964)

18: FRANCESCHETTI Antoine-François (31/7/1893 - 23/9/1913)

19: DESANTI Jean (8/10/1892 - 28/2/1915)

20: DESANTI François-Marie (5/1/1893 - 21/12/1962)

21: ? ? (? - ?)

22:VINCIGUERRA Marie-Lilla (3/11/1888 - 23/12/1957)

23: MARTINI Pauline-Félicité (29/2/1888 - 28/3/1920)

24: MARTINI Marie-Baptistine (14/8/1890 - 7/7/1980)

25: MARTINI Angèle (29/2/1892 - ?)

26: FRANCESCHETTI Thérésine-Marguerite (29/3/1889 - 2/2/1968)

27: FRANCESCHETTI Marie-Françoise (15/12/1896 - 26/11/1987)

28: DESANTI Marie-Célestine (8/8/1890 - 10/9/1971)

29: OTTAVI Xavier, de SOCCIA (instituteur), né en 1866

30: DEMARTINI Joseph (29-1-1886 - 4/4/1957), d'Orto

31: DESANTI Joseph (1/2/1889 - 16/6/1959)

32: DESANTI Dominique-Xavier (31/1/1890 - guerre de 14-18)

33: ? Toussaint de GUAGNO (? - ?)

34: VINCIGUERRA Charles-Marie (10/3/1891 - 13/2/1917)

35: ? (? - ?)

36: PINELLI Laurent-Antoine (20/4/1893 - 25/5/1918)

37: PAPADACCI Paul (31/12/1895 - 12/9/1975)

38: DESANTI Paul-Baptiste (11/3/1884 - 16/11/1948)

39: ANTONINI Angèle, de SOCCIA, nièce du curé (? - ?)

40: PINELLI Marie (? - ?)

41: VINCIGUERRA Marie-Thérèse (6/9/1886 - 28/3/1965)

42: CELLI ? (? - ?)

43: CELLI ? (? - ?)

44: LECA Marie-Dominique (16/11/1886 - 25/9/1954)

45: MARTINI Marie-Catherine (12/10/1885 - ?)

46: PINELLI Suzanne (? - ?)

47: enfant de l'instituteur

48: enfant de l'instituteur

49: CELLI Jérôme (? - ?)

50: FRANCESCHETTI Jean-Baptiste (9/2/1885 - 9/7/1906)

51: DESANTI Valère (31/10/1882 - 24/6/1947)

52: PAOLI Jean-Noël François (2/1/1885 - 24/3/1906)

53: ? Paul, de SOCCIA, fils de Padoue (? - ?)

54: CELLI Toto (? - ?)

55: DEMARTINI Jean-Toussaint (3/12/1893 - 23/1/1972)

 

 

Les familles présentes

 

Les noms des familles présentes au village depuis pratiquement toujours sont bien là.

Les DESANTI sont 8, les MARTINI  et les PINELLI 7, les DEMARTINI, VINCIGUERRA et FRANCESCHETTI 4 chacun. On compte aussi 2 PAPADACCI, 2 PAOLI et 2 CECCALDI. Il y a aussi 1 ANTONINI (de SOCCIA) et 1 LECA.

 

Une curiosité est la présence de 6 CELLI. Elle s'explique par le fait qu'il s'agissait des enfants du garde-forestier Charles CELLI. Plusieurs étaient nés hors de POGGIOLO. Pauline (n°7) naquit dans le village (ainsi que deux frères qui moururent très vite et n'étaient pas sur cette photo). Combien de temps le garde-forestier fut-il en poste ici? Difficile à savoir mais les registres d'état-civil dépouillés par Pierre LECCIA apprennent que Pauline se maria en 1925 au Maroc et y resta jusqu'à la fin de sa vie en 1964.

 

Autre famille de fonctionnaire: les n° 47 et 48 sont les enfants de l'instituteur Xavier OTTAVI, originaire de SOCCIA. Faut-il supposer qu'ils venaient chaque jour à la suite de leur père ou bien que celui-ci logeait à POGGIOLO ou bien encore qu'ils ne vinrent que pour la photo?

 

 

Natalité et mortalité

 

Les familles nombreuses étaient-elles importantes? Le nombre de fratries peut donner des idées sur ce sujet. La famille DESANTI qui a fait le don de cette photo a énuméré les frères et sœurs suivants:

- 2 et 37 (PAPADACCI)

- 4, 30 et 55 (DEMARTINI)

- 7, 8, 42, 43, 49 et 54 (CELLI)

- 9 et 10 (MARTINI)

- 11, 20, 32 et 38 (DESANTI)

- 12 et 13 (CECCALDI)

- 16, 22, 34 et 41 (VINCIGUERRA)

- 19, 28, 31 et 51 (DESANTI)

- 23 et 24 (MARTINI)

- 26 et 27 (FRANCESCHETTI)

- 40 et 46 (OTTAVI)

 

 La plus jeune de toutes ces personnes était FRANCESCHETTI Marie-Françoise (n°27) qui était née le 15/02/1896 (4 ans au moment de la photo), alors que le plus vieux était DESANTI Valère (n° 51), né le 31/10/1882, et qui avait alors 18 ans. 14 ans de différence entre eux!

 

 L'espérance de vie peut être calculée. Pour les 35 sujets dont les dates de naissance et de décès sont données, l'âge moyen de la mort fut de 61 ans et 1/3.

 

L'existence la plus longue fut celle de PINELLI Damienne-Marie (n°3) qui vécut jusqu'à 94 ans.

 

 

Un monde disparu

 

 Parmi ces 50 visages, au moins 10 (sur les 35 dont nous avons les dates) avaient disparu vingt ans plus tard.

 

Celle qui mourut la première, dès février 1901, fut MARTINI Ange-Marie (n°9).

 

Le n° 18, FRANCESCHETTI Antoine-François, engagé dans l'armée, périt de dysenterie amibienne à Rabat en 1913.

 

Quatre (n° 19, 32, 34 et 36) ont leurs noms gravés sur le monument aux morts de 14-18: DESANTI Jean (n°19), DESANTI Dominique Xavier (n°32), VINCIGUERRA Charles Marie (n°34) et PINELLI Laurent Antoine (n°36) (voir l'article qui leur est consacré en cliquant ICI).

 

Le cadre dans lequel cette jeunesse de 1900 a vécu a été complètement bouleversé au XXème siècle. L'école n'existe plus. Les enfants qui vivent toute l'année au village sont très rares. Le travail agro-pastoral a presque totalement disparu. Les relations avec le reste du monde sont bien plus importantes. Mais nous descendons de ces jeunes de 1900 qui croyaient en leur village et qui voudraient que nous y croyions encore.

 

 

Aux lecteurs de ce blog:

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