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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 18:33
Philippe Franceschetti présente Antoine Mauduit
Philippe FRANCESCHETTI vient de publier son ouvrage: "Antoine Mauduit, une vie en résistance".
 Trois années de recherche lui ont permis d’établir le parcours de ce résistant influent mais méconnu, ayant développé une conception originale de son action avant et durant la guerre, ayant des soutiens à Vichy mais œuvrant pour la lutte contre l'ennemi. Il a, entre autres, fait entrer Mitterrand en résistance et accueilli la famille de Serge Klarsfeld alors traquée...
Une vie passionnante retracée avec des archives inédites (illustrations, cartes, index...).
Ce livre décrit le parcours d’une vie qui évolue entre Vichy et la Résistance, la spiritualité et la lutte armée, le refus du monde moderne et la libération du pays.

Merci de l'accueil que vous réserverez à cet ouvrage publié aux Presses Universitaires de Grenoble !
Philippe Franceschetti présente Antoine Mauduit


La biographie d'un résistant influent mais méconnu qui fit entrer Mitterrand en résistance, abrita les Klarsfeld et qui fut l'un des premiers fondateurs de maquis.

Antoine Mauduit (1902-1945) aurait pu jouir d’une confortable vie bourgeoise. Au lieu de cela, mû par un désir de conversion personnelle, il devient vagabond, légionnaire, avant d’être fait prisonnier de guerre en Allemagne.
Libéré et installé dans les Hautes-Alpes, inspiré par une foi ardente, il crée alors un réseau d’anciens prisonniers qui aide aux évasions puis prépare à la lutte armée. Il trouve ses soutiens parmi le milieu que l’on a appelé vichysto-résistant. Il convainc ainsi le jeune évadé François Mitterrand de passer à l’action clandestine. Mais, peu à peu, Mauduit s’éloigne de Vichy et accueille des juifs persécutés et des réfractaires au STO pour fonder l’un des premiers maquis. Trop confiant en sa mission, il est arrêté et déporté dans les camps nazis où il meurt au lendemain de la victoire.
L’ouvrage, basé sur une documentation fournie et inédite, montre le rôle important de Mauduit dans une résistance ni gaulliste ni communiste : pourquoi et comment mobilise-t-il des groupes sociaux partageant le respect du chef de l’État français et la haine de l’ennemi nazi ?

Vous pouvez feuilleter le livre. 

 

Il peut être commandé en cliquant ICI.

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 18:05

Les vacances d'été permettent aux membres des familles dispersés géographiquement pour leur travail de se retrouver et d'avoir des activités en commun. On peut organiser des repas à la maison et aussi des sorties en montagne avec ou sans spuntinu (pique-nique pour les continentaux). 

Il en a été ainsi à toutes les époques. En voici deux exemples.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Photo Jacques-Antoine Martini.

Photo Jacques-Antoine Martini.

Cette photo, venant de la famille MARTINI, date des années 1960-1968.

On peut y reconnaître, de gauche à droite:

- Edouard MARTINI

- Marie-Madeleine CUSENIER (famille BONIFACY), dite Madie, son épouse

- Noël POLI (de Guagno)

- Marie-Thérèse MARTINI, sœur d'Edouard et maintenant épouse LECCIA

- Antoine POLI (de Guagno)

 

 

De son côté, Michel DESANTI nous a transmis une image de sortie de membres de sa famille. Nous l'en remercions.

Sorties familiales

La photo date de 1927.

Avec le fusil tout à gauche, son arrière-grand-père Jean-Baptiste DESANTI, surnommé "Russignolu".

Né en 1876 et décédé en 1949, il était agent de la Sûreté en Tunisie où il épousa Clémence KETERS, née à Petite Synthe, dans le Nord, en 1878. Sur la photo, elle est à son côté, sur l'âne, .

Puis l'homme debout avec la chemise blanche est leur fils, également prénommé Jean-Baptiste. Né à Tunis en 1905, il a fait toute sa carrière en Tunisie comme instituteur puis directeur d'école. Il est mort à Ajaccio en 1983 et est enterré au village. Il avait quatre frères.

A sa gauche, avec le chapeau, son épouse Marie GARREC, d'origine bretonne.

 

Très certainement, plusieurs des lecteurs du blog doivent avoir des souvenirs de ces moments de réunions familiales. Ils seront volontiers accueillis sur ces pages.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:32

Même si l'on ne veut pas y penser, la rentrée scolaire revient toujours chaque année en septembre, du moins depuis 1959 (car elle était auparavant placée au 1er octobre). Les enfants étrennent leurs nouveaux cartables et leurs parents ou grands-parents se laissent aller à la nostalgie des années passées sur les bancs d'école.

La nostalgie trouvera sa nourriture avec cette photo de l'année scolaire 1964-1965.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Il s'agit bien de l'école de Poggiolo quelques mois avant sa fermeture.

Les trois élèves sont Christian PINELLI, Angèle ANGELINI et Lucie OTTAVY (dont le père était alors maire de Soccia).

L'institutrice à côté d'eux est Judith OTTAVI qui avait officié l'année précédente à Guagno-les-Bains et fut ensuite nommée à Soccia.

Aujourd'hui encore, le visage de Judith s'éclaire d'un grand sourire quand elle évoque ce qu'elle appelle son "année de congés payés". Enseigner à ce petit nombre d'élèves était très agréable et permettait beaucoup d'initiatives,... même si Christian mettait beaucoup de mauvaise volonté à apprendre à lire.

 

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Un article de ce blog, paru en 2011, a présenté plusieurs des anciens instituteurs de Poggiolo.

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 17:49

Les divers incendies de cet été ont ravagé de grandes étendues de végétation  dans plusieurs parties différentes de la Corse.

Une fois de plus, la zone des Deux-Sorru a été épargnée, bien qu'elle ait également souffert de la sécheresse.

Pourtant, le feu a, certaines années, inquiété les Poggiolais.

 

Le quotidien "L'Eveil de la Corse" signalait un sinistre inquiétant dans son édition du 17 août 1922.

Les Poggiolais contre les incendies

Il fallut attendre quatre jours pour apprendre, dans l'édition du 21 août, que l'incendie avait été maîtrisé.

 

Les Poggiolais contre les incendies

Il est intéressant de remarquer que les lignes consacrées au feu étaient immédiatement suivies d'un écho déplorant la baisse du nombre de touristes à la station thermale de Guagno-les-Bains, comme si l'on avait voulu établir un lien de cause à effet !!!

 

Plus près de notre époque, mais voici quand même un demi-siècle, cette photo prise à Poggiolo montre le panache de fumée s'élevant des environs de Letia un jour de la fin du mois d'août 1968.

Les Poggiolais contre les incendies

 

Mais l'incendie qui marqua les esprits fut celui de la forêt de Libbiu en été 1936. Il ravagea un grand espace et fut si intense que, d'après les dires des témoins de l'époque, on y voyait la nuit comme en plein jour. 

 

En tout cas, en cette année 2017, Poggiolo a échappé à ces dangers.

 

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Commentaire ajouté par Guy TRAMINI sur Facebook:

"Ne pas oublier l'incendie de 1957 ou 1958 au dessus de l'Umbriccia, (route de Guagno) que les Poggiolais suivaient du café Riche."

 

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 18:17
Préparons le centenaire

L'année prochaine, nous serons cent ans après 1918, la dernière année de la Grande Guerre. Comme en 2014, les commémorations seront nombreuses ainsi que les émissions de télévision et les livres.

Poggiolo peut participer à cet anniversaire. Depuis sa création, ce blog a consacré vingt-six (oui: 26 !) articles aux Poggiolais pendant cette guerre. Il y a là matière à réaliser une publication imprimée.

Ces articles vont être revus et modifiés mais ils ont besoin d'être mieux illustrés. 

 

APPEL:

Si vous avez des documents (photos, lettres, ...) sur la guerre de 1914-1918 par les Poggiolais, et sur la vie du village pendant cette époque, faites-les nous connaître à l'adresse:

larouman@gmail.com

 

Merci d'avance.

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Published by Blog Poggiolo - dans guerre Faits du XX° siècle
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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 18:21

On croit être tranquille dans nos villages éloignés des grandes villes. Pourtant, des faits divers peuvent se produire. Ainsi, un vol et une agression ont eu lieu le même jour à Poggiolo.

 

Le journal raconte ces deux incidents:

- M. CARLOTTI, habitant Poggiolo, a donné l'hospitalité à un nommé MAÏSANI qui s'est enfui après l'avoir dépouillé.

- Alors qu'il marchait sur la route, le Poggiolais François POLI a été frappé par deux personnes, COLONNA Marc Ange et son fils Martin. 

 

De tels faits sont totalement inadmissibles!

 

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

 

Une petite précision a toutefois son importance: ces articles sont parus dans le journal "L'éveil de la Corse"... le 9 octobre 1921!!!

"L'éveil de la Corse" était le quotidien de François COTY, qui avait été élu conseiller général du canton de Soccia le 11 septembre 1921 (voir les articles ICI et ICI).​​​​​​​

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

La sécurité des citoyens n'était donc pas bien assurée voici presque un siècle?

 

De plus, en étudiant les documents, on peut s'apercevoir que ces affaires se sont vite dégonflées.

"L'agression" est expliquée dès le 18 octobre:  Martin COLONNA descendait à Poggiolo quand il vit François POLI et COLONNA Marc Ange se disputer. Il intervint pour aider son père et des coups de poing furent échangés. Il n'y a pas eu d'agression et il n'est pas possible de savoir qui a frappé le premier.

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

 

Les protagonistes de cette querelle étaient:

- François POLI né en 1896 à Marseille

- Archange (Marc Ange) COLONNA (1874-1938)

- son fils, Martin COLONNA, né en 1897 à Orto et décédé en 1961 à Poggiolo.

 

Et le vol?

L'affaire alla jusqu'au tribunal correctionnel d'Ajaccio. Finalement, François MAÏSANI était accusé seulement d'avoir dérobé un pantalon à Dominique CARLOTTI et il fut acquitté, nous apprend "L'éveil de la Corse" du 27 novembre 1921.
 

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

Bizarrement, le jugement est publié sous le titre "Balogna", alors que l'article du 9 octobre indiquait bien que l'auteur du vol était "de passage à Poggiolo".  D'autre part, CARLOTTI n'est pas un nom poggiolais mais est courant à Balogna. Dominique CARLOTTI aurait-il été originaire de ce village et se serait ensuite installé à Poggiolo? 

Peut-être qu'un de nos lecteurs pourrait donner la solution.

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En tout cas, ces deux exemples poggiolais montrent le danger des médias: réagir à chaud sans réfléchir et faire grossir démesurément des petits faits.

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 18:25
photo Corse net infos

photo Corse net infos

Dans les périodes de grande chaleur, de nombreuses précautions sont à observer. Poggiolo est en altitude et les nuits peuvent être très douces l'été mais les journées sont parfois bien chaudes. Il faut veiller, par exemple, à la façon dont on est habillé. Sinon, on peut connaître la même mésaventure que Michel FRANCESCHETTI.

 

Cet été 1963, au matin d'un dimanche de juillet (était-ce le 21 ou le 28?), la messe allait commencer. A l'époque, la célébration avait lieu chaque dimanche. 

Michel, qui avait treize ans et demi, prit soin de s'habiller correctement. Comme on disait alors, et ça avait une réalité, il se mit en dimanche. Il termina avec le blazer amené de Marseille, un beau blazer bleu marine pratiquement neuf. Ce vêtement était bien un peu lourd et chaud mais qu'importe. Il prit bien soin de le fermer en passant les gros boutons métalliques dans les boutonnières. Et en route pour l'église avec sa mère et ses deux sœurs!

Une chapelle étroite et peu aérée.

Une chapelle étroite et peu aérée.

La chapelle Saint Roch est connue pour avoir de petites dimensions. Elle donnait encore plus l'impression de petitesse car un grand nombre de Poggiolais allait à la messe. Plus exactement, les femmes et les enfants entraient dans le bâtiment tandis que les hommes, toujours sur leur "trente et un", restaient sur la place pour discuter un peu. Il fallait parfois qu'un paroissien sorte pour leur dire de parler moins fort. Mais, au moment de l'offertoire, la quêteuse venait leur présenter le panier pour qu'ils y déposent leur écot. Une des sœurs de Michel savait insister pour que personne ne se défile.

Ce jour-là, Michel était donc à l'intérieur et suivait la cérémonie. Qui la présidait? Le chanoine DEMARTINI ou le curé MILLELIRI? Pas d'importance car Michel commença à dodeliner et à fermer les yeux. 

......

 

Quand il se réveilla, il était à demi-allongé sur la place St Roch et sa mère lui passait un linge mouillé sur le visage. Il apprit qu'il était tombé, entraînant une chaise en paille dans sa chute, et qu'il avait été évacué complètement inconscient. Bref, il avait eu un gros coup de chaleur.

Il se remit rapidement d'aplomb mais le blazer ne fut plus utilisé ni à Poggiolo, ni sur le continent.

 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 17:59
Coll. Ange Tomasi

Coll. Ange Tomasi

Le tabac produit en Corse (voir l'article "Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo") a longtemps été consommé beaucoup plus dans les pipes que sous forme de cigarettes. La pipe était toujours présente dans les veillées où l'on écoutait un conteur parler de sorcières et de revenants.

"Comme le disait Austin de Croze, témoin de ces mémorables veghje (veillées) au début du XXème siècle: "En Corse, la fumée est l'horloge des veillées campagnardes". La fumée du fucone ajoutée à  celle des pipes des hommes s'épaississait tant qu'on avait beau s'accroupir, se tasser, venait le moment où elle finissait par atteindre toutes les têtes. Alors on se levait en silence, chacun se serrait la main et, reprenant son fusil à l'aveuglette, quittait les lieux que le maître aérait un instant pour y rentrer dormir avec les siens." ("Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997)

Les belles pipes de Soccia

Les pipes corses furent d'abord en terre, puis en buis et enfin en bruyère. Les qualités de cet arbuste pour la consommation de tabac furent découvertes vers le milieu du XIXème siècle, ce qui fit la richesse de Saint-Claude. Les fabricants de pipes jurassiens utilisèrent beaucoup la scopa corse.

Il se raconte qu'un Corse détenu dans le Jura avait été employé en prison à travailler sur les souches de bruyère et que, à sa libération, il incita des artisans de son village à fabriquer des pipes. Ainsi s'expliquerait que cette activité fut très importante à Valle d'Orezza.

En 1918,  les usines d'ébauchons faisaient vivre 860 personnes en Corse.

La scopa (souche) provenant de l'erica arborea (bruyère arborescente) était extraite de la terre entre octobre et mai. Elle était débitée en ébauchons dans des scieries. Au début du XXème siècle, il y en avait une à Vico et une à Guagno-les-Bains.

Les ébauchons sont "de petits cubes de racine de bruyère grossièrement ébauchés, prêts à être travaillés par le fabricant de pipes", d'après le dictionnaire Larousse.

"La Corse" 20/12/1989
"La Corse" 20/12/1989

"La Corse" 20/12/1989

Il faut les mouiller pour qu'elles ne se fendent pas et les bouillir pour éliminer la sève.

Une bruyère met trente ans pour former une souche de trois kilos. Les pipiers achetaient les ébauchons prêts à l'emploi.

A Soccia, les flancs de montagne dominant l'ancien hameau de l'Aghja produisaient des racines de bonne qualité.

Vers 1955, Gino CAPRINO arrachait de quoi produire près d'un quintal de souches par jour.

Un artisan socciais eut une célébrité peu enviable.

Jean SANTONI était né à Soccia en 1866. Il eut un frère, Joseph Antoine, né en 1877, qui devint prêtre en 1904 et termina sa carrière comme curé d'Orto de 1922 à 1952. Jean était armurier à Cargese quand il creva un oeil à un camarade de beuverie. Après cinq ans de prison (1893-1898), il s'établit dans son village de naissance comme forgeron puis comme scieur d'ébauchons et fabricant de pipes, dont il avait peut-être appris la technique en détention.

S'étant querellé le 28 juillet 1907 avec le maréchal des logis Jean MICHEL, il le blessa d'un coup de fusil et tua le gendarme Marius LATOUR le 2 janvier 1909. Le 6 janvier, Jean SANTONI fut tué par d'autres gendarmes lors d'une embuscade qu'il avait organisée à Guagno-les-Bains.

 

Plus de renseignements dans l'article "Du sang à Guagno-les-Bains"

 

On trouva dans son atelier un millier d'ébauchons et de pipes plus ou moins finies.

 

Petit à petit, la fabrication locale de pipes disparut.

Certains de nos lecteurs auraient-ils chez eux des exemplaires de cet art disparu?

Photo Pierre-Jean Luccioni

Photo Pierre-Jean Luccioni

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Cet article a été rédigé grâce aux documents suivants:

- notes de Jean-Baptiste PAOLI et du Père DOAZAN

- "La Corse" 20/12/1989

- "Tempi fà, Arts et traditions populaires de Corse" par Pierre-Jean LUCCIONI, Albiana, 2007

- "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 18:00

A priori, Poggiolo n'a jamais eu beaucoup de relations commerciales, familiales ou politiques avec Calenzana. Aucune famille d'une de ces localités n'est venue s'installer dans l'autre.

Il existe pourtant un point commun du point de vue religieux:

 

le culte rendu à sainte Restitute.

 

Cette sainte est une sainte née en Corse et qui fut martyrisée pour sa foi sous l'empire romain. Tuée à Calvi après un long supplice avec cinq autres chrétiens, elle fut, après diverses péripéties, enterrée avec ses compagnons à Calenzana où sa tombe se trouve toujours. 

Les détails de sa vie, extraits de "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, se trouvent en fin de cet article.

Sainte Restitute est fêtée le 21 mai par les habitants de Calenzana.

 

 

affiche de la fête de sainte Restitute en 2017 à Calenzana.

affiche de la fête de sainte Restitute en 2017 à Calenzana.

En 1729, elle fut nommée seconde patronne du diocèse de Sagone (le patron en est saint Appien à qui est dédiée la cathédrale de Sagone). Il n'est donc pas étonnant de trouver des restes de dévotion dans des églises de cet ancien diocèse.

A Poggiolo, l'église Saint Siméon contient près d'une vingtaine de statues. Celle de sainte Restitute se trouve dans la chapelle de droite la plus proche du chœur, tout près de la représentation de Jeanne d'Arc. La sainte corse est représentée en prière, agenouillée, alors que la statue de Calenzana la montre debout.

Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana
Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana

Cette statue n'a pas été placée pour faire simplement de la décoration. La preuve est fournie par la présence sur le mur d'une plaque en marbre (ou en stuc) avec l'inscription:

 

DON  

DE RECONNAISSANCE

A STE. RESTITUDE

M. M.

1925

Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana

 

Cette plaque soulève deux questions.

Tout d'abord, à qui est-elle vraiment dédiée? Il est écrit Restitude et non pas Restitute. Il existe bien deux saintes appelées Restitude mais elles sont très peu connues et n'ont aucun rapport avec la Corse. On peut donc supposer que le graveur du texte a commis une faute d'orthographe.

L'autre interrogation est de savoir qu'elle est la personne qui a remercié la sainte pour son aide. Les deux initiales M. M. laissent supposer qu'il s'agit d'un membre de la famille Martini mais les prénoms commençant par M ont été portés par de très nombreuses personnes autrefois.

En tout cas, en 1925, un culte était bien rendu à sainte Restitute. Cet ex-voto en montre d'autant plus l'importance que les murs de l'église de Poggiolo ne comportent au total que six plaques de dévotions diverses. Un autre article en parlera.

Une troisième question peut être posée: actuellement, combien des saints présents à Saint Siméon sont-ils encore priés? 

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Rappel de la vie et du martyre de Sainte Restitute

Santa Ristituta. L'Eglise corse célèbre aujourd'hui la fête d'une sainte très populaire dans l'lIe: santa Ristituta di Calinzana (sainte Restitute de Calenzana). La vie de santa Ristituta est assez obscure: certains hagiographes situent son martyre en l'an 225; les autres, en 303. Née en Corse, sainte Restitute était la petite-fille d'un ex-centurion de la flotte prétorienne de Ravenne, nommé Caïus Caninus Germanus, qui vint s'établir à Lurinum, en Balagne. Il commandait là une cohorte recrutée dans la région d'Ulmia après avoir obtenu une concession territoriale. Ristituta naquit donc dans une famille païenne et se convertit au christianisme lorsqu'elle fut jeune fille. Très vite, elle fut dénoncée à Pyrrhus, le préfet de Corse et de Sardaigne.
La cruauté de ce chrétien apostat fut sans limite pour tenter de faire renoncer la jeune fille à sa foi. D’abord battue avec des nerfs de bœuf, puis lapidée, Ristituta fut jetée dans un brasier mais ne brûla pas. Elle survécut encore miraculeusement à toute succession de supplices: sa chair fut d'abord labourée avec des peignes de fer; du lait et non du sang suinta de ses plaies, prodige qui provoqua la conversion d'un certain nombre de soldats. On voulut ensuite la noyer en mer, mais elle fut sauvée par un morceau de liège qui la ramena vivante sur le rivage, tandis que ceux qui cherchèrent à l'immerger, périrent noyés. Confrontée de nouveau au préfet, santa Ristituta le traita de renégat. Ses bourreaux eurent finalement raison de sa vie en lui tranchant la tête; cela se passait à Calvi, un 21 mai. Elle mourut en même temps que cinq autres martyrs: Parthée, Parthénopée, Pargoire, Domnisius et Veranus. D'après la légende, les six martyrs se relevèrent, ramassèrent chacun leur tête et parcoururent ainsi environ quatre kilomètres pour aller la déposer en un lieu appelé Mara (proche de Sainte-Catherine). Dans la nuit qui suivit, des chrétiens vinrent ramasser leurs corps pour les ensevelir à Ulmia, au lieu-dit Loru. Là, on y bâtit un petit mausolée, et plus tard, une église.
L’histoire des reliques de santa Ristituta fut pour le moins extravagante, et les Calzaninchi (habitants de Calenzana) ont bien mérité de les conserver après s'être battus pendant des siècles pour les récupérer et les protéger. Après la conversion de Constantin au IVe siècle, selon les uns, mais au VIe siècle selon les autres, les reliques des six martyrs furent placées dans un sarcophage. La tradition locale donne ensuite différentes versions détailIant les translations de ces reliques au cours des nombreuses invasions qui se succédèrent dans le pays. Quoi qu'il en fût, les reliques égarées furent un beau jour retrouvées sur la plage de Calvi.

"Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 18:00

L'histoire de la Poste à Poggiolo est très simple car le village n'a jamais eu de bureau de Poste. Mais la commune en avait une dans le hameau de Guagno-les-Bains.

 

Le 25 octobre 1912, Charles Chaumet, sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes, décida la création d'un établissement de facteur-receveur à Guagno-les-Bains (décision publiée au "Journal Officiel" du lendemain). Le nombre important de curistes fréquentant les lieux à l'époque avait certainement pesé sur cette décision.

Par la voix d'Antoine LECA, alors conseiller général du canton, le village de Guagno avait pourtant demandé l'année précédente (le 2 octobre 1911) l'ouverture d'un bureau de Poste particulier car les Guagnais devaient parcourir dix kilomètres pour retirer des mandats au bureau de Soccia. Mais le gouvernement lui avait répondu quelques mois plus tard que cette commune n'était pas prioritaire et qu'il n'était "pas possible d'indiquer, même approximativement, l'époque à laquelle pourra être réalisé le vœu que" le Conseil général avait adopté...

 ... et Guagno-les-Bains passa devant Guagno!

Demande de création d'un poste de facteur-receveur à Guagno (réunion du Conseil Général de Corse du 2 octobre 1911)

Demande de création d'un poste de facteur-receveur à Guagno (réunion du Conseil Général de Corse du 2 octobre 1911)

 

Désormais, pour envoyer une lettre à Poggiolo, à une époque où, jusqu'en 1964, le code postal n'existait pas encore, il fallait écrire sur l'enveloppe:

 

"Poggiolo par Guagno-les-Bains".

 

Le courrier était oblitéré avec un cachet particulier.

Des bureaux de Poste très nomades. 2/2: Poggiolo, Guagno et Guagno-les-Bains

Même si l'inscription est difficile à lire, on peut voir sur cette carte postale de 1922 qu'il est écrit dans la couronne:

"GUAGNO-LES-BAINS CORSE"

Au centre, on a la date qui montre que l'envoi a été effectué pendant l'été 1922:

"10 - 8

22"

 

En 2013, les commentaires suscités sur le blog par l'article "Poggiolo vu par un adolescent de 1963" avaient permis de préciser où se trouvait le bureau de Poste et l'importance qu'il avait jusqu'à sa fermeture.

 

maria canale chailloux14/02/2013 22:57


La poste se trouvait derrière l'établissement dans une maison occupée maintenant, de façon épisodique, par la famille Colonna. Elle se situait au troisième niveau et le soir à l'arrivée du car nous étions regroupés sur le muret en attendant la distribution du courrier. Elle a dû disparaître dans les années 68-70.

 

 

 

 

Maryse moretti15/02/2013 19:35

Bonjour, juste pour confirmer que la poste de Guagno les Bains se situait derrière l'établissement thermal, derrière la maison des FRANCO (où se situait d'ailleurs l'école de Guagno les Bains que j'ai pu fréquenter avec quelques enfants du village et quelques enfants d'ouvriers italiens de l'époque).

 Quant au"courrier" comme nous disions, nous allions le chercher tous les soirs vers 18 ou 19 h à l'arrivée du car de Toussaint et le facteur de l'époque (dont j'ai oublié le nom et qui avait 3 petites filles), puis ensuite M. Roméo, qui a pris la relève au poste de receveur, faisait la distribution et l'on attendait tous sur la petite passerelle de bois devant le bureau de poste - tout près se situait une ruine qui est devenue bien des années plus tard le gîte - cette ruine était pleine de puces et n'avait plus de toit - le "courrier" était un rituel que nous n'aurions manqué pour rien -
on s'y retrouvait tous les soirs, puis ensuite venait la corvée d'eau chaude à l'établissement puisque à l'époque, nous n'avions pas l'eau courante dans les maisons -et des rituels, nous en avions:
-aller chercher l'eau fraîche à la fontaine vers 11 h 30, l'eau chaude à l'établissement pour la vaisselle, la rivière l'après-midi (laver le linge et baignade) et le courrier le soir, avant le grand tour du "Genice" pendant que les "vieux" jouaient à la pétanque devant la maison de mon grand-père. De merveilleux et inoubliables souvenirs. Pace et Salute à tuti

 

Maintenant, le bureau des Bains n'existe plus et les enveloppes doivent afficher le code 20125 qui est aussi celui de Soccia, prétexte pour des Socciais d'annexer Poggiolo à leur commune !!!

 

 

Informations pratiques:

Dans le haut-canton, le bureau de Poste de Guagno (Guagno-Village) est ouvert le matin de 8h30 à 11h. de 8h30 à 11h.

A Soccia, les heures d'ouverture sont de 13h30 à 16h15. de 9h à 11h30.

La Poggiolaise Jeanne Grimaldi au guichet de la Poste de Soccia.

La Poggiolaise Jeanne Grimaldi au guichet de la Poste de Soccia.

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  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

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Fête de la Toussaint

Mercredi 1er novembre:

SOCCIA 11h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

ORTO 15h messe Toussaint et bénédiction du cimetière;

GUAGNO Les BAINS 16h30 bénédiction du cimetière

Jeudi 2 novembre:

SOCCIA 11h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

ORTO 15h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

GUAGNO 11h messe Défunts et bénédiction du cimetière;

POGGIOLO15h messe Défunts et bénédiction du cimetière;

La météo poggiolaise

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Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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