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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:00

 

Le passage du Second Empire à la Troisième République fut compliqué à Poggiolo,  où les années 1870 et 1871 virent cinq maires se succéder, comme décrit dans l'article précédent (4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine ).

 

Qu'en fut-il dans les communes voisines (Soccia, Orto et Guagno) qui formaient alors le canton de Soccia?

 

Les informations publiées dans cet article résultent de la consultation des registres d'état-civil de ces villages, disponibles sur le site des Archives Départementales (http://archives.isula.corsica/Internet_THOT/FrmSommaireFrame.asp).

 

Les dates de début de mandat correspondent à celles des premiers actes signés par les maires mais elles ne sont pas toujours exactement celles de leur entrée en fonction.

 

Cette étude est très partielle également car les tendances politiques des élus n'ont pas pu être recherchées, alors qu'elles expliqueraient certains événements. Ce travail sera à faire.

 

En fin d'article, un tableau récapitulatif permet de comparer l'histoire municipale des quatre communes.

 

 

actuelle mairie de Soccia (photo Franceschetti)

actuelle mairie de Soccia (photo Franceschetti)

 

La vie municipale fut beaucoup plus calme à Orto et Soccia mais assez instable à Guagno.

 

 

 

DES VILLAGES PRESQUE TRANQUILLES

 

A Soccia, malgré le changement de régime et les luttes entre royalistes et républicains, le village ne connut longtemps aucun changement. Jean Simon DEFRANCHI, nommé par le préfet impérial en 1855, resta en place vingt-trois ans, jusqu'en mars 1878 où le relais fut pris par Pierre Toussaint LECA.

 

 

Sans atteindre ce record, Orto eut une longue période de calme. Le maire Dominique François BONIFACY avait dirigé pendant tout l'Empire: il avait été désigné en 1851. Il fut remplacé le 17 novembre 1870 par Jean André MASSIANI qui, sur tous les actes officiels, spécifiait bien qu'il était "Médecin, Maire et officier de l'état-civil". Peut-être fut-il élu lors des élections municipales de septembre-octobre.


 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

 

Mais l'année 1878, l'année même où, au plan national, les républicains obtinrent la majorité aux élections législatives, fut agitée. Trois maires se succédèrent sans que nous en connaissions la raison: Antoine Dominique BONIFAY de février à septembre, Maxime Antoine MASSIMI de septembre à novembre et Jean André PAOLI à partir du 21 novembre.
 

 

 

L'OBSTINATION DE TOUSSAINT CIPRIANI

 

Le cas de Guagno fut particulier en 1871. La commune, présidée depuis 1867 par Toussaint CIPRIANI, avait été une des premières de Corse a avoir manifesté son soutien au gouvernement de Défense Nationale constitué après la chute de l'Empire.

 

Le premier changement de maire s'opéra le 7 janvier 1871. La date en est certaine grâce à une preuve irréfutable.

 

CIPRIANI établit un acte de décès ce jour-là en précisant qu'il était "huit heures du matin" et le même jour un autre acte de décès, dressé à "deux heures de l'après-midi", fut signé par Xavier ANTONINI en tant que "maire et officier de l'état-civil".

 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République
1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

 

Mais le nom de CIPRIANI réapparut le 20 avril, très certainement à la suite de la loi du 14 avril remettant en place les anciens maires pour préparer les nouvelles élections. Celles-ci portèrent à la mairie de Guagno François Brandizio GAFFORY dont la signature apparut sur le registre le 1er juin 1871.

 

Toussaint CIPRIANI n'avait pas abandonné et il reprit le titre de maire en avril 1874. Il se maintint jusqu'en juillet 1878 où le premier magistrat fut Dominique Mathieu POLI.

 

 

Il fallut pratiquement huit ans pour que les républicains s'imposent à Paris. Ils l'emportèrent définitivement aux élections législatives d'octobre 1877 et le maréchal royaliste Patrice de MAC-MAHON démissionna de la présidence de la République en janvier 1878.

 

Dans le même temps, les quatre communes du canton,  avec un peu plus de temps à Soccia, renouvelèrent leurs équipes municipales.

 

 

PS: nous serions heureux de recevoir des renseignements supplémentaires sur la vie municipale entre 1870 et 1878. Eventuellement, ils pourront être publiés sur ce blog.

 

 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 18:00

 

Voici juste 150 ans, un véritable coup de tonnerre retentit en Corse quand on y apprit la capitulation de Napoléon III à Sedan le 2 septembre 1870 et la proclamation de la République le 4 septembre.

 

L'île avait bénéficié de nombreuses attentions de la part du neveu de Napoléon Bonaparte et en était fière, à tel point que, à Guagno-les-Bains, une plaque entretient toujours la légende de la cure suivie par l'empereur et son épouse, alors qu'ils ne mirent jamais les pieds dans la station thermale (voir l'article Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)).

 

Le plébiscite du 8 mai 1870 avait été un triomphe: les électeurs corses avaient approuvé les réformes libérales de l'Empire par 57.892 voix contre seulement 523 non et 34 nuls.

 

 

 

POUR LA RÉPUBLIQUE

 

Le ralliement de la Corse à la République n'allait pas de soi.

 

Léon GAMBETTA, devenu ministre de l'Intérieur, eut l'idée de nommer préfet de Corse un républicain convaincu, Dominique-François CECCALDI, né en 1833 à Ota. Il connaissait donc bien le département et surtout les Deux Sevi et les Deux Sorru.

 

 

 

Dominique François Ceccaldi © Assemblée nationale

Dominique François Ceccaldi © Assemblée nationale

 

Dès le 7 septembre, le nouveau représentant de l'Etat envoya une lettre aux 363 maires insulaires pour les informer de la constitution du gouvernement de Défense Nationale et des premières mesures républicaines.

 

D'après le livre d'Ange Rovere et Jean-Paul Pellegrinetti "La Corse et la République: la vie politique de la fin du second Empire au début du XXIe siècle" (Le Seuil, 2013), quatorze communes répondirent en témoignant de leur soutien au nouveau gouvernement. GUAGNO en fit partie ainsi que: Appietto, Balogna, Bastelica, Bocognano, Evisa, Grosseto-Prugna, Guarguale, Moca-Croce, Porto-Vecchio, Sartene, Altiani, Ghisoni et Olmeto--di-Tuda.

 

Mais POGGIOLO alla plus loin en proclamant son adhésion à la République avec dix-huit autres municipalités: Petreto-Bicchisano, Pila-Canale, Rosazia, Sorbollano, Antisanti, Avapessa, Calvi, Casamaccioli, Cassano, Cateri, Corte, Montemaggiore, San-Giovanni, San-Lorenzo, San-Nicolao, Santo-Pietro-di-Venaco, Santa-Reparata et Urtaca.

 

4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine

 

Selon Rovere et Pellegrinetti, dans ces communes, l'acclamation de la République "est l'œuvre de maires, de conseillers municipaux ou d'une partie de la population qui, réunis en un comité communal provisoire, célèbrent la naissance d'une ère nouvelle, annonciatrice d'ordre et de liberté, par le biais de déclarations affichées sur les places publiques ou sur les façades des mairies".

 

En fut-il ainsi à Poggiolo, dont le maire de Poggiolo était, depuis mars 1867, Pierre MARTINI (1837-1907)? Nous l'ignorons.

 

Il ne semble pas que Pierre MARTINI ait fait partie des 70 maires de l'époque impériale qui furent maintenus en fonctions par Dominique-François CECCALDI, sur un total de 363, soit 19,3%. Il faut savoir que, si les conseillers municipaux étaient élus au suffrage universel, les maires étaient désignés par le chef de l'Etat pour les villes de plus de 3.000 habitants et par le préfet pour les autres. Ils correspondaient donc à l'orientation du régime en place.

 

 

 

DES MAIRES EN CASCADE

 

Les registres d'état-civil de Poggiolo montrent que, avec cinq maires en un an, la commune subit les aléas de l'instabilité politique de l'époque où le pays hésitait entre République et Monarchie.

 

Des élections municipales eurent lieu dans toute la France le 25 septembre 1870. Dans notre village, elles tournèrent à l’avantage d’Antoine François FRANCESCHETTI qui enregistra pour la première fois une naissance, le 23 décembre, avec le titre de «Maire et officier de l’état-civil».

 

Il garda ce titre jusqu’au 9 avril 1871 où une déclaration de naissance fut recueillie par Etienne PINELLI, «membre de la Commission faisant les fonctions de Maire». Il y a peut-être un rapport avec la nomination d’un nouveau préfet, Paul d’HERMOYS, nommé le 23 février par Adolphe THIERS, élu chef du pouvoir exécutif par la nouvelle Chambre des députés à majorité royaliste le 17 février.

 

 

Mais dix jours plus tard, le 19 avril, un acte de décès fut signé de nouveau par Antoine François FRANCESCHETTI en tant que maire car la loi du 14 avril 1871 avait décidé de remettre provisoirement en fonction les élus de septembre 1870, jusqu’aux nouvelles élections fixées au 30 avril. Celles-ci furent favorables à Pierre MARTINI dont le nom réapparut sur les registres municipaux le 12 mai 1871 comme «Maire et officier de l’état-civil».

 

Pierre MARTINI resta en place jusqu'en 1876. L'année suivante, 1877, fut importante car le canton de Soccia (regroupant Guagno, Orto, POGGIOLO et Soccia), qui avait élu un conseiller général bonapartiste  (François POZZO di BORGO) en 1872, choisit alors pour la première fois un républicain en la personne de l'avocat Simon UCCIANI (voir l'article "Péripéties municipales: on ne peut pas se fier au petit personnel (2/2)"). La république s'était implantée à Sorru in Sù.

 

 

L'AIGLE RÉSISTE

 

Poggiolo fut longtemps la commune la plus à gauche du canton, comme le montrèrent par exemple les élections législatives de 1914 (voir l'article "Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise").


Mais le destin est parfois malicieux. Le premier village républicain du canton conserva un tampon avec une aigle impériale pour les documents officiels.

 

4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine

 

Il fallut que Pierre MARTINI envoie une lettre de réclamation au Préfet, qui, depuis le 9 août 1872, était  Antoine Charles Léon DAUNASSANSpour obtenir un modèle avec l'inscription "République française" à la fin de l'année 1872.

 

Poggiolo était vraiment devenu républicain.

 

4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 18:25

Les enseignants nommés loin de chez eux peuvent bénéficier de logements de fonction. Mais ces logements ne sont pas toujours de grande qualité quand ils ne risquent pas de s'effondrer comme ce fut le cas à Orto vers 1900 (voir article Ecole éphémère, ruines durables).

 

Au XIXe siècle, les municipalités avaient également à charge le logement des curés car, depuis le Concordat de 1801, ceux-ci étaient rémunérés comme des fonctionnaires.

 

Le 13 octobre 1859, Bonaventure CAMILLI fut nommé curé de Poggiolo à la place de Toussaint MARTINI qui venait d'être désigné à la paroisse de Guagno.

 

Depuis le décès de Jean-Baptiste COLONNA, le 26 février 1840, les Poggiolais avaient connu quatre prêtres en 19 ans:

- Raphaël BATTINI (de 1840 à 1843),

- Etienne BIANCHI (de 1844 à 1847),

- Jean-Baptiste GRISONI (trois mois, du 4 octobre 1847 au 12 janvier 1848)

- et Toussaint MARTINI (de 1848 à 1859).

 

Eglise St Siméon de Poggiolo en 1856 (Archives Départementales).

Eglise St Siméon de Poggiolo en 1856 (Archives Départementales).

 

L'abbé CAMILLI, qui semble avoir été originaire de Cristinacce, avait une certaine expérience. Né en 1795, il avait donc 64 ans quand il arriva à Poggiolo... et il en partit immédiatement pour se mettre à l'abri dans un autre village.

 

Très mécontent, il se plaignit que le presbytère où il devait loger était "exigu et inhabitable".

 

Après avoir prévenu le préfet de cet état de chose, le conseil municipal de Poggiolo, présidé, depuis le 8 décembre 1848, par Antoine François FRANCESCHETTI qui resta maire jusqu'au 28 août 1860, dut s'incliner. Il octroya la somme de 40 francs à Jean Dominique MARTINI, dit Citarinu, (1833-1895) pour qu'il fournisse un logement au curé.

 

Quant au presbytère, il fut acheté par Jean Baptiste PAOLI (1924-1907).

 

Finalement, satisfait de son installation, le Père Bonaventure CAMILLI resta à Poggiolo jusqu'à son décès, le 4 septembre 1873.

 

 

Les renseignements utilisés pour cet article proviennent de la série 1 V des Archives Départementales.

 

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 18:51

L'installation des conseils municipaux élus au premier tour a pu avoir lieu dans de très nombreuses communes. Les nouvelles municipalités vont enfin commencer à travailler pour le bien des habitants.

 

Nous vous proposons ici une photo de l'installation du conseil municipal de Poggiolo. 

 

Le conseil municipal a été installé

 

Vous voyez les dix membres réunis dans la salle de réunion de la mairie, autour du maire et de l'adjoint ceint de leur écharpe.

 

On peut reconnaître de gauche à droite:

- Jacques-Antoine MARTINI

- François DESANTI, dit François de Marosu (en grande partie caché)

- Jean-Marie ORRAZI

- Raymond MARTINI (assis)

- Yvette TRAMINI 

- le maire Bernard PAOLI (assis)

- Christian PINELLI

- Louis DEMARTINI (premier adjoint)

- M. LECA, dit Patinellu, de Guagno-les-Bains

- Etienne PINELLI

 

Vous ne reconnaissez pas les candidats qui s'étaient présentés cette année?

 

Rien de plus normal: il s'agit du conseil élu en mars 1977.

La présence sur le mur de la photo officielle du président Valéry GISCARD d'ESTAING le prouve.

 

Ce document, publié par Jean-Marc TRAMINI, permet de faire quelques remarques:

 

- Le cliché a été pris dans l'ancienne mairie, à côté de la chapelle St Roch. 

 

- En 1977, Yvette TRAMINI fut la première femme à être élue au conseil poggiolais. En 1995, il y avait deux femmes sur neuf élus. En 2008, on en comptait cinq sur neuf. En 2014, elles étaient cinq sur sept. Cette année, elles sont deux sur onze. La parité est très irrégulière.

 

- Sur les dix édiles de 1977, quatre (Jacques-Antoine, Bernard, Louis et Christian) sont toujours vivants et un habite en permanence dans la commune.

 

- Dominique PINELLI, qui vient d'être élu en 2020, est le fils d'Etienne PINELLI qui siégeait en 1977.

 

 

Ce blog a publié en 2017 (voir article ICI) une autre photo, fournie par Jacques-Antoine MARTINI, des élus de 1977 devant la mairie.

Le conseil municipal a été installé

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 12:02
Angèle toujours à la barre

 

Le gouvernement a fait une mauvaise surprise aux conseillers municipaux des communes où l'élection a été acquise dimanche.

Les conseils municipaux déjà élus dimanche dernier devront attendre un rapport gouvernemental prévu pour le 10 mai afin de savoir quand ils pourront se réunir et élire maires et adjoints. Pour le moment, les sortants restent en place.

Ainsi, à Poggiolo, Angèle PINELLI doit toujours rester à la barre. Attendons.

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 18:00

L'inter-communalité étant devenue une réalité, les Poggiolais doivent connaître la composition des conseils municipaux des communes voisines de Poggiolo.

Nous vous proposons les résultats des élections à Guagno, Letia, Murzo, Orto, Renno, Soccia et Vico (tirés de "Corse-Matin"). Ceux de Poggiolo, publiés dans l'article précédent, ont été remis ici.

 

Quelques remarques s'imposent:

- La participation a été très forte quand deux listes s'opposaient (95,20% à Renno, 90,62% à Guagno et 81,98% à Vico);

- Dans ces trois villages, le maire sortant s'est largement imposé, sauf à Renno où Joselyne Mattei-Fazi a gagné de très peu;

- Tous les sièges ont été pourvus sauf un à Renno;

- Dans les villages à liste unique, Poggiolo a connu le plus grand nombre de votants (86,18%);

 

Les élus autour de Poggiolo

 

 

 

Les élus autour de Poggiolo
Les élus autour de Poggiolo
Les élus autour de Poggiolo
Les élus autour de Poggiolo
Les élus autour de Poggiolo
Les élus autour de Poggiolo
Les élus autour de Poggiolo
Les élus autour de Poggiolo

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 17:59
Inutile de voter

 

Depuis 1884, les maires sont élus par les conseillers municipaux, eux-mêmes choisis par leurs concitoyens. Auparavant, ils étaient souvent nommés par le préfet. Mais au XXe siècle, l'élection fut supprimée à un moment: à l'époque de l'Etat Français de PÉTAIN.

 

Le maréchal PETAIN, ayant obtenu les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940, fit procéder à la dissolution de nombreuses municipalités jugées trop peu favorables à l'Etat Français et à son œuvre de Révolution Nationale.

 

Il en fut ainsi pour le conseil municipal de Poggiolo présidé depuis 1919 par Jean-François CECCALDI. Il fut supprimé par un décret de Pierre PUCHEU publié dans le "Journal Officiel" du 17 septembre 1941.

 

Le motif est bien précisé en préambule: "Considérant que le conseil municipal de Poggiolo (Corse) est, dans sa majorité, hostile à l'œuvre de rénovation nationale et se désintéresse de la gestion des affaires communales".

 

Les Poggiolais votaient à gauche depuis longtemps mais à quoi pouvait faire allusion ce désintérêt "de la gestion des affaires communales"? S'agissait-il d'une accusation mise ici pour renforcer celle d'être opposé au régime ou la commune était-elle vraiment mal gérée?

 

Une délégation spéciale de trois membres fut mise en place. Elle était dirigée par Antoine-Dominique MARTINI, dit Antunaccione, né en 1883 et décédé en 1970, qui avait été adjudant-chef dans l’artillerie coloniale en Algérie pendant la première guerre mondiale.
 
Les deux autres membres étaient Jean-Baptiste DESANTI et Pierre MARTINI.
 
Inutile de voter
Inutile de voter

 

Mais l'affaire connut une péripétie inattendue avec Guagno-les-Bains.

 

Les membres de la délégation envoyèrent le 22 octobre suivant une lettre au préfet Paul Louis Emmanuel BALLEY (dont l'attitude pendant la guerre est décrite ICI) pour lui faire remarquer que la dissolution du mois précédent ne faisait pas allusion à l'adjoint spécial des Bains. Celui-ci, Joseph Antoine LECA, était donc, bien involontairement, resté en place. Mais, comme il se déclarait solidaire de l'ancienne équipe municipale, la délégation spéciale proposait sa révocation et son remplacement par Jules LECA, ce qui fut fait. Puis, à  son tour,  le 24 mars 1943, Pierre CASANOVA devint l'adjoint spécial.

 

   Nouveau changement avec la libération de la Corse. Comme l'écrit Ours Jean CAPOROSSI sur son site consacré à l'histoire de la Corse, "toutes les municipalités indignes sont déchues. Sur 365, seules 130 restent en place". Dès les premiers jours de septembre 1943, Jean-François CECCALDI reprit sa place à la tête du conseil municipal et changea l'adjoint spécial. Il fut réélu en avril 1945.

 

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 17:51

Après Orto (voir "Orto fait bloc") et Poggiolo (voir "Unis pour quel programme?"), Pascale CHAUVEAU a présenté les candidats à la mairie de Guagno. Ici, deux listes sont en présence.

Dans l'article paru dans "Corse-Matin" mardi 10 mars, le maire sortant Paul COLONNA donne son bilan et ses projets. Tout n'a pas été réalisé mais les retards (salle des fêtes) seront comblés et la construction de la micro-centrale électrique donne de grands espoirs. On pourra remarquer la place des vieux dans ses préoccupations. 

Vous lirez ensuite l'entretien avec Marlène CIPRIANI, paru aujourd'hui jeudi 12 mars. Les Poggiolais noteront qu'elle fait allusion à la source de la Soccia qui, bien que se trouvant au-dessus de Guagno-les-Bains, appartient à la commune de Guagno.

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Paul Colonna et ses co-listiers

Paul Colonna et ses co-listiers

Samedi après-midi, Paul Colonna présentait en réunion publique sa nouvelle équipe. L’occasion de dresser le bilan des travaux réalisés et présenter son programme à venir. « Je ne dis pas qu’on a été excellent, mais on a fait », annonçait-il d’emblée, reconnaissant plus tard avoir failli au sujet de la salle des fêtes promise, mais qui sera réalisée d’ici deux ans.

 

Sa grande fierté : l’aménagement de six logements sociaux dans l’ancienne gendarmerie, appartenant à la famille Antonini ; la mairie s’étant porté garante de l’emprunt auprès de l’office de l’habitat. Mais aussi l’église du village, construite en trois siècles par les anciens, dont huit vitraux ont été remplacés en 2018.

 

Future centrale micro-électrique

« Mais nous avons essuyé aussi quelques tempêtes, qui ont cruellement impacté la forêt de Guagno », glisse le maire sortant. Paul Colonna rappelle alors le soutien de la Collectivité de Corse pour stocker et évacuer les grumes à terre. Un travail facilité par les pistes forestières et agricoles, créées et entretenues pour désenclaver 11 hectares de forêts à ce jour, et y faciliter l’installation d’exploitants forestiers et d’agriculteurs.

 

Son projet phare : les anciens. « Les fêtes c’est bien, mais les anciens restent au village toute l’année, et même si on ne le claironne pas, on respecte leur dignité et on est là pour eux au quotidien, pour déneiger si besoin, et plutôt que de distribuer des chocolats, couper et livrer du bois gratuitement à ceux qui en ont besoin. » Une déclaration qui provoquera une réaction virulente dans l’assistance : « Vivre au village est un rêve, mais il faut pouvoir y gagner sa vie ! C’est bien de respecter les anciens, mais sans jeunes qui partent faute de travail, il n’y aura plus de village ! »

 

En réponse, Paul Colonna se félicite d’avoir permis l’installation de cinq jeunes agriculteurs, créé un emploi municipal et un emploi de secrétaire, les deux à mi-temps, ainsi que deux emplois saisonniers pour tendre la main à tous ceux qui en avaient besoin.

 

« Deux gros dossiers seront traités lors de la prochaine mandature, si je suis élu », a par ailleurs souligné le candidat. A savoir, la centrale micro-électrique, initiée il y a dix ans, dont les travaux débuteront au printemps 2021 pour une mise en fonction à l’horizon 2024. Un projet générateur d’emplois et de retombées financières pour la commune.

 

La mairie a également acquis la maison du capitaine Manudritta (dite maison Masclet), ainsi que tous les terrains attenants. Les terrains seront loués à des agriculteurs sous forme de baux commerciaux. Quant à la maison en elle-même, l’idée d’y aménager des logements sociaux est abandonnée, car la compétence en incombe à la communauté de communes.

 

Les projets tournent autour de la création de chambres d’accueil pour personnes âgées non dépendantes, ou d’un centre d’immersion pour des élèves, voire d’un petit musée du village. « Mais, si un privé arrive avec une idée concrète et des financements, nous sommes ouverts à toute proposition », a suggéré Paul Colonna.

 

 

La liste:

Laurent Angelini; Jeanne Antonini, épouse Poli; Angela Charmillon-Rubini; Paul-Joseph Colonna; Jean-Claude Leca; Rose Leca; Marie-Françoise Pietri; Paul Poli; Marie-Jeanne Quiriconi; Jean-Jacques Royneau; Marie-Madeleine Sichi, née Poli.

 

 

Marlène Cipriani

Marlène Cipriani

 

Pourquoi monter une liste pour ces municipales ?

Que ce soit clair, nous ne montons pas une liste contre Paul Colonna, mais pour Guagno. Notre démarche est de créer une nouvelle dynamique dans un village qui s’endort de plus en plus. Ce n’est pas parce qu’on vit au village qu’on le fait vivre! Bien sûr, il faut des projets structurants, comme refaire le réseau d’eau, enfouir les lignes, entretenir les rues et fontaines… Cela apporte du confort.

Mais à Guagno, les habitants restent chez eux, et ceux qui n’y habitent pas n’ont pas envie de retourner au village car ce qui les attirait avant n’existe plus. L’association Circinella a organisé quelques manifestations, mais c’est aussi le rôle de la municipalité de s’impliquer dans la vie sociale du village.

Notre priorité sera de développer le lien social, pour casser l’isolement, en provoquant toutes les occasions de rencontres intergénérationnelles. Par le biais d’animations régulières dans une salle des fêtes refaite mais aussi par l’aménagement d’un lieu d’accueil communal, avec une bibliothèque, la création d’un terrain de jeux pour les enfants, l’ouverture d’une épicerie communale, la réhabilitation du stade, des journées d’aiutu.

Créer du lien social, c’est aussi faire livrer aux personnes âgées, par les entreprises locales, un camion de bois en début d’hiver ; mettre en place un service d’accompagnement pour leurs déplacements ; désigner chaque semaine un « aidant » pour les courses ou réagir immédiatement s’il y a besoin de déneiger.

 

Vous prônez davantage de démocratie participative. Comment ?

Pour commencer, je ne me définis pas comme une tête de liste mais comme la porte-parole d’une équipe où toutes les décisions seront prises collectivement. Les maîtres-mots seront : information et dialogue.

Il est important que chaque Guagnais puisse s’impliquer dans la commune. Pour cela, nous voulons des conseils municipaux publics pour une plus grande transparence, des commissions mixtes composées d’élus et d’habitants, des affichages réguliers de ce qui se passe et une boîte à idées. D’autre part, la transparence budgétaire est essentielle pour renforcer la notion de confiance entre l’équipe municipale et les habitants.

 

Et en matière de vie économique, d’environnement et de patrimoine ?

Nous aiderons bien entendu à l’installation de jeunes agriculteurs. La gestion de la forêt communale est aussi à privilégier. Nous n’avons pas d’éléments précis sur les projets en cours de centrale micro-électrique ou de la maison Masclet. Mais la modernisation du gîte communal et la remise en état de la source A Goccia sont dans nos projets.

 

L’existence de deux listes crée des tensions… Une réaction ?

Une élection, c’est la démocratie, pas la guerre. Nous avons voulu rester sereins et pas agressifs. Nous avons mis de l’énergie, mais pas de violence. J’espère qu’il n’y aura pas de séquelles. Quel que soit le vainqueur du scrutin, j’espère qu’il y aura un panachage des conseillers des deux listes. L’opposition est toujours bénéfique.

 

La liste:

Maria-Francesca Andreotti, Maria-Anghjulella Caviglioli, Marie-Paule Caviglioli, Marlène Cipriani Fleury, Patrick Gaffory, Pierre-Jean Leca, Sylviane Mariani, Noëlle Medurio, Patricia Pieragi, Ange Poli, Jacqueline Schaekis Pozzo di Borgo.

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 18:00

 

Même dans de petites communes et même quand la pratique d'internet se répand, les moyens classiques de propagande électorale sont utilisées.

Les tracts (n'employons pas l'affreux mot de flyers qui est à la mode) sont toujours imprimés et diffusés. Ils permettent de lire les promesses des candidats. Ils présentent aussi, et peut-être surtout, leurs visages.

Mais les moyens techniques ont changé. Pour preuve, comparons les images de la liste qui se présente cette année à Poggiolo et celle dite "Poggiolo-Avenir" qui sollicitait les suffrages en 1989.

 

Deux époques pour la propagande électorale poggiolaise

 

Il y a trente et un ans, les neuf candidats étaient montrés sous forme de photos individuelles, souvent de simples photos d'identité. Et elles étaient en noir et blanc.

 

Deux époques pour la propagande électorale poggiolaise

 

En 2020, les onze membres de la liste se sont rassemblés pour un seul cliché en couleur pratiquement en face du bar "Le Belvédère", avec le Tretorre dans leur dos.

 

Autres temps, autres façon de se présenter. 

 

Le principal est de fournir un travail de qualité pour le bien de la commune.

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 18:00

Après Napoléon III, le cachet de Poggiolo a connu plusieurs changements.

La République est proclamée le 4 septembre 1870. Le 17 février 1871, Adolphe THIERS devient "chef du pouvoir exécutif de la République Française". Mais, à Poggiolo, ces changements n'apparaissent pas tout de suite sur les documents officiels. 

Ce certificat délivré par la mairie le 10 janvier 1872 est encore marqué du tampon du Second Empire.

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Le changement finit par s'opérer mais de façon curieuse, comme le montre cette lettre datée du 9 juillet 1872.

Le maire, Pierre MARTINI, demande au Préfet de lui envoyer des feuillets supplémentaires pour les registres d'état-civil et il en profite pour l'informer

"en outre que le cachet de la commune de Poggiolo n'est pas correcte (sic), ainsi au lieu de dire Poggiolo, il dit Poggiola, ce qui pourrait amener souvent des erreurs avec d'autres communes, veuillez donc, Monsieur le Préfet, me faire savoir a ce que je dois me tenir (sic)."

Ainsi donc, au cours de l'année 1872, le tampon impérial a finalement été abandonné et l'on a repris l'ancien, celui qui contenait cette faute d'orthographe, et que l'on a déjà vu dans l'article précédent.

Il faut quand même savoir que Poggiola est le nom d'un quartier ou d'un hameau dans huit communes corses (Corscia, Peri, Asco, Erbajolo, Castello-di-Rostino, Sant'Andrea-di-Bozio, Moltifao et Speloncato) et qu'il existe aussi le village de PIOGGIOLA.

 

La réponse du Préfet, écrite en marge de la lettre, ne concerne que l'achat des feuillets et pas du tout le cachet mais, quelques mois après, les actes de la commune peuvent être officiellement républicains et poggiolais.

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Le nouveau modèle est très sobre: l'inscription "Mairie de Poggiolo" encerclée par "République française (Corse)". Ce modèle va servir très longtemps.

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Il est ensuite complété par un tampon particulier destiné à l'adjoint spécial de Guagno-les-Bains, fonction créée par l'Etat en 1897. Voir l'article Guagno-les-Bains, c'est spécial.

La bordure porte l'inscription "GUAGNO-LES-BAINS Section de POGGIOLO".

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Comme Poggiolo est toujours en retard sur les changements politiques, la commune conserve le cachet républicain pendant la guerre, alors que le régime du Maréchal PÉTAIN se nomme officiellement "l'Etat Français".

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Et maintenant?

Le tampon officiel de la mairie de Poggiolo est bien plus chargé, reprenant le sceau officiel de l'Etat avec un personnage symbolisant la République.

 

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

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Cliquer sur les images pour les agrandir.

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A part la dernière photo, tous les documents présentés ici sont consultables aux Archives Départementales d'Ajaccio.

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Article publié initialement le 3 mars 2014.

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Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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