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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 18:00

 

Il peut être difficile de croire qu’une simple élection cantonale dans les Deux Sorru ait pu retenir l’attention des hommes politiques et des journaux du continent. Et pourtant ce fut le cas en septembre 1921, voici exactement un siècle, à cause de la personnalité des deux adversaires en lice: Jean-François GALLINI et François COTY.

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ENRICHI PAR SON NEZ

    Jean-Pierre SPORTUNO naquit à Ajaccio le 3 mai 1874, de Jean-Pierre SPORTUNO et de Marie COTI. Son arrière-grand-père, Jean-Baptiste SPORTUNO, fut maire de la cité impériale, entre 1822 et 1826. Mais, son père ayant abandonné le foyer et sa mère étant morte alors qu'il avait quatre ans, il fut élevé modestement par sa grand-mère Anne BELLONI.

   A 22 ans, ayant pris comme nom celui de sa mère avec un "y", il alla à Paris où il fut initié au journalisme par Emmanuel ARENE (qui était aussi président républicain du conseil général de Corse, député puis sénateur) et à la chimie par un pharmacien, Raymond GOERY, qui lui donna l'idée de fabriquer des parfums. Ayant un "nez" exceptionnel et un grand sens de la publicité, il se tailla une grande place dans la parfumerie. Sa société COTY-LANCASTER, fondée en 1904, prit une taille internationale.

 

Le canton était au parfum. 1/3: la richesse et l'humiliation

 

UNE TÊTE POLITIQUE

 

    Devenu très riche grâce à ses parfums, François COTY était torturé par le démon de la politique.

   Il acheta des journaux ("Le Figaro" en 1922, puis "Le Gaulois") ou en créa ("L'Ami du peuple" en 1928).

   Il finança des mouvements politiques monarchistes ou très à droite. De 1924 à 1928, il donna près de 2 millions de Francs au quotidien royaliste "L'Action Française" avant de se brouiller avec Charles MAURRAS. Il soutint financièrement le Faisceau de Georges VALOIS (1925) et les Croix de Feu (1927). Il en arriva à créer sa propre ligue, Solidarité Française, en 1933. Ce mouvement nationaliste, antiparlementaire, antisémite et antimaçonnique joua un rôle important lors de l'émeute du 6 février 1934.

    Le duc de GUISE, prétendant au trône de France de 1926 à 1940, le désigna comme conseiller de son fils le comte de PARIS. Au mariage de celui-ci, COTY offrit à la princesse Isabelle un cadeau qui fit sensation: un diadème de feuillages en diamants sertis de sept grosses émeraudes cabochon.

 

François COTY vers 1926 (photo Wikipedia)

François COTY vers 1926 (photo Wikipedia)

 

L'HUMILIATION SÉNATORIALE

 

    Il s'engagea également très tôt dans la politique insulaire. Il finança la revue autonomiste "A Muvra" du Vicolais Petru ROCCA. Mais c'est à gauche qu'il débuta.

 

   Aux élections législatives de 1919, il soutint, avec ses gros moyens, les candidats dirigés par LANDRY et MORO-GIAFFERI. Seulement, il fut oublié sur la liste des sénatoriales de 1920. Dès lors, la rupture avec la gauche fut définitivement consommée et, lors des sénatoriales partielles du 9 janvier 1921, il fut candidat sur la liste de la Droite Gaviniste, aux côtés de Paul DOUMER, qui fut élu.

 

   La liste du PRDS (gauche) l'emporta et obtint 2 élus: EMILE SARI et Jean-François GALLINI, le maire de SOUSSE en Tunisie, qui fut proclamé élu avec, sur COTY, une majorité de deux voix venant de deux grands électeurs dont la Préfecture avait pourtant préconisé la radiation.

 

 

 

 

Le canton était au parfum. 1/3: la richesse et l'humiliation

 COTY vécut ce déni de justice comme une humiliation et mit tout en œuvre pour se venger. Dans ce but, il devint propriétaire du quotidien ajaccien "Le COLOMBO" (fondé en 1913) qui devint, dès le 20 avril 1921, "L'Eveil de la Corse" ("journal quotidien de grande information politique, économique, agricole et littéraire"), dont les bureaux étaient 14 cours Grandval et qui fut dirigé par le journaliste et romancier Henri OMESSA. Il lui fut vite très utile pour prendre sa revanche sur GALLINI.

(à suivre)

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 18:00

 

Les élections territoriales, qui ont une nouvelle fois montré l’importance du sentiment national corse, auraient fait plaisir à Petru ROCCA, le grand défenseur de l’identité insulaire.

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Décédé voici exactement cinquante-cinq ans, le 7 juin 1966, à Vico, Pierre, dit Petru, Rocca y était né le 28 septembre 1887.

 

Fils d’un boucher, il fut attiré très jeune par les lettres, sous l’influence de sa mère, née Pozzo di Borgo, qui descendait des imprimeurs Marchi.

 

Après une période d’engagement dans l’armée, il s’installa à Paris où il fut employé dans une imprimerie. Il commença à écrire, notamment dans la revue «A Tramuntana» de Santu Casanova.

 

Petru Rocca participa à la guerre de 1914-1918 et en sortit avec le grade d’officier et le titre de chevalier de la légion d’honneur.

 

A partir du 15 mai 1920, il publia la revue « A Muvra » pour défendre la langue et la culture corse. Son imprimerie, transférée à Ajaccio, publia de très nombreux ouvrages d’écrivains corses.

 

Extrait du site L'Histoire par l'image (https://histoire-image.org/de/etudes/autonomisme-corse-entre-deux-guerres-muvra)

Extrait du site L'Histoire par l'image (https://histoire-image.org/de/etudes/autonomisme-corse-entre-deux-guerres-muvra)

 

Petru Rocca passa rapidement à la politique en créant en 1923 le Partitu Corsu d’Azione, devenu en 1927 le Partitu Corsu Autonomistu qui réclamait l’autonomisme de l’île, puis, progressivement, l’indépendance.

 

Le dynamisme et les talents de tribun de l’écrivain vicolais lui donnèrent une grande audience. Ainsi, il lança une souscription publique pour édifier la Croce di u ricordu à Ponte Novu. La bataille décisive de 1769 entre soldats français et corses, alors tombée dans l’oubli, fut célébrée pour la première fois le 3 août 1925 devant une foule considérable avec un discours historique du chef de « A Muvra ».

 

Petru Rocca voulait s’en tenir à l’action culturelle et refusa l’action directe. Mais son parti fut de plus en plus attiré par l’irrédentisme italien. En 1938, Petru Rocca fut exclu de l’ordre de la légion d’honneur. En septembre 1939, quand le conflit mondial débute, « A Muvra » fut interdite et son imprimerie fermée.

 

A la fin de la guerre, Petru Rocca fut condamné à plusieurs années de prison. Libéré, il continua à écrire des poésies et contribua à de nombreux journaux.

 

SOUVENIR DE PETRU ROCCA

 

De Petru Rocca, décédé et enterré à Vico voici cinquante-cinq ans, on se souvient de son incroyable énergie et de l’ampleur de son œuvre littéraire qui est toujours admirée. Et combien de fois les militants régionalistes, autonomistes et nationalistes, et aussi les Corses non militants, n’ont-ils pas entonné U Culombu, l’hymne laïc et politique écrit par Petru Rocca en 1937 pour équilibrer l’hymne religieux Dio vi salvi regina ?

Qui ne vibre pas au son de ces vers ?

 

Un son di cornu da li monti

Stende lu volu cun furor

A stu cennu siamu pronti

Riscassi da lu patriu ardor

Svanisce la diminticanza

Cresce la nostra voluntà

Disceta la speranza

A voce di colombu

Chjama di u so ribombu

A santa libertà.

 

Le livre « Vico Sagone. Regards sur une terre et des hommes » (ed. Alain Piazzola), toujours disponible en librairie, contient un article de François-Aimé Arrighi sur la vie de Petru Rocca et une étude détaillée de Jean-Laurent Arrighi sur le poème « Scàlanu ».

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 18:00

 

Le village de Letia reçoit chaque année des conférenciers sur l'histoire de la Corse. 

 

Dans un mois, dimanche 8 août, une nouveauté aura lieu. Sous le nom des "I scontri di Letia" ("les rencontres de Letia"), l'association Letia-Catena a invité quatre historiens  qui viendront le même jour présenter leurs travaux sur des époques corses différentes à partir de 10h30.

 

Une occasion à ne pas rater!

 

 

i scontri di Letia
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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 18:10

 

La très dynamique association Letia-Catena vient de publier un nouveau livre sur la mémoire et le patrimoine de ce village.

 

Sous le titre "Letia. Témoignages et documents", sont présentés les éléments du patrimoine naturel, du patrimoine bâti, du patrimoine historique, du patrimoine humain, du patrimoine linguistique et du patrimoine religieux de cette communauté placée Sorru in sù et Sorru in giù.

 

Cette grand livre (près de 300 pages) est l'œuvre de toute une équipe: Patrick Cerutti, Martin Arrighi, Jean-Matthieu Mercuri, Jean-Claude Stefanini, Christian Tolla.

 

Après le livre sur Vico-Sagone paru en 2016 et celui-ci, quel village aura sa mémoire sauvegardée?

 

En vente à Letia, à Ajaccio (librairie "Le Mouflon", 19 bd Fred Scamaroni) et à Sagone (Villa Romana). 

 

La quatrième de couverture explique combien ce travail est urgent et important:

Nos villages enterrent aujourd’hui les derniers détenteurs de leur mémoire. Nous n’aurons bientôt plus de témoignage direct de ce passé pas si ancien où nos communautés étaient vivantes. Avec ce livre, l’Association Letia-Catena entreprend de reconstituer quelques bribes d’un patrimoine humain et matériel dont nous ne mesurons presque plus la richesse. La mémoire orale doit maintenant s’appuyer directement sur l’écrit et le recours aux archives si l’on veut sauver quelque chose d’une histoire commencée au début du IXème siècle, quand Orlandino Colonna fit construire à Letia un château appelé castello della Catena.

 

La mémoire de Letia
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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 18:01
Tuer l'empereur

Le 5 mai 1821, mourait Napoléon Ier dans l'île de Sainte-Hélène. Les cérémonies et les controverses actuelles ont fait connaître cette date à nos jeunes contemporains pourtant de plus en plus incultes en matière historique.

 

Pourtant, on peut toujours imaginer que le destin de l'empereur ait pu être différent. Ainsi, Philippe CHIAVERINI, dans "Tuer l'Empereur", a imaginé un complot visant à assassiner Napoléon quand il était exilé sur l'île d'Elbe.

 

Son éditeur, Hervé Cheuzeville, fondateur des Edizione Vincentello d'Istria, présente ce livre original dans la vidéo qu'il vient d'enregistrer.

 

Adresse: ed.vincentello@gmail.com

Facebook: https://www.facebook.com/vincentellodistria.edizione/

 

 

Commentaire d'un lecteur enthousiaste:

Nous sommes plongés, dès les premières pages, dans la Corse du XVIII° siècle, siège d'affrontements entre les partisans de PAOLI, soutenant la monarchie à l'anglaise, et les Bonapartistes, se ralliant à la Révolution.
Fort du prestige que lui donnaient ses victoires, Napoléon afficha dès lors une prétention qui lui sera fatale, celle de l'échec cuisant lors de l'expédition de la Maddalena.
Ce rappel historique, conté avec une précision d'horloger, introduit dans son récit la vie d'un paoliste, Orsu, dont le chagrin et la colère seront son antidote contre sa haine de vouloir assassiner l'Empereur, accusé d'être à l'origine de la mort de son féal ami, alors qu'ils s'étaient engagés dans le régiment provincial.
Un contenu orné de brillantes connaissances historiques, et une histoire imprégnée de culture corse.
Un livre fort captivant. A lire absolument.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 18:00

 

Suite et fin de la chronologie poggiolaise

 

Evénements concernant Poggiolo et les villages voisins et s'étant déroulés pendant les années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires.

 

 

1941:

- 19 mars: décès de Jean DESANTI, adjudant au 11e RAT, dans le camp de prisonniers de Ravensburg Weingarken (dépôt 231) en Allemagne. Il était né le 19 juin 1914 à Guagno-les-Bains où son corps fut inhumé en 1947 (Les héros de 39-45).

 

Chronologie poggiolaise: les années en 1 et en 6 (de 1941 à nos jours)

 

- septembre: dissolution du conseil municipal et remplacement par une délégation spéciale nommée par le gouvernement de Vichy (Inutile de voter).

 

1946:

les chiffres officiels donnent 653 habitants à Poggiolo (oui: 653), record historique pour le village (Combien de Poggiolais?).

 

1951

18 janvier: décès du poète Petru Santu LECA, d'Arbori (Solution de la devinette: Petru Santu LECA).

 

1956:

après le décès de l'abbé PASTINELLI, le diocèse confie la responsabilité du culte à Guagno et Guagno-les-Bains aux Oblats de Vico. Orto, Poggiolo et Soccia gardent un curé commun (le Père MILLELIRI) (Milleliri, un prêtre de caractère)

 

1966:

- ouverture du "Bowling" à Sagone (Solution à la devinette du mois: cinquante ans maintenant).

 

Chronologie poggiolaise: les années en 1 et en 6 (de 1941 à nos jours)

 

- ouverture, près de la fontaine de St Marcel, du "Robinson", bar-dancing très apprécié pendant quelques années par les jeunes (Un ancien lieu de rencontre).

- août: remplacement, pour l'éclairage public de Poggiolo, des lampes à incandescence par des tubes de néon (Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 5/8: les équipements publics).

 

​​​​​​1971:

le peintre Raymond RIFFLARD reprend les décors d'IVANOFF dans l'église de Soccia (Le général de Gaulle à Orto).

 

1976

ouverture à Soccia de l'hôtel "U Paese", œuvre de Santa BATTISTELLI (U Paese est triste).

 

1981:

mort à Sagone du peintre Raymond RIFFLARD (une rue de Poggiolo)

 

1996:

- fondation de la Cunfraternita di u Padre Albini (Le prieur est une femme)

- décembre: parution du premier numéro de "Inseme", mensuel interparoissial "per a communicazione a fraternita e a fédé", édité, sous l'impulsion du Père Jean-Pierre BONNAFOUX, par l'association des Amis du couvent de Vico. Le bulletin «Inseme» en route pour ses vingt ans.

 

Le comité de rédaction d'Inseme.

Le comité de rédaction d'Inseme.

 

2001

16 août: à la fin d'une journée d'animations et de la procession de saint Roch, le village est rassemblé pour une photo de la communauté poggiolaise (Tous unis comme en 2001?)

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

 

2011:

restauration de la chapelle St Roch par le peintre Mario SEPULCRE qui découvre la peinture d'origine du XVIIe siècle (St Roch 2012 (2/5): Les idées et le talent de Mario Sepulcre).

 

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 18:00

 

Suite de la chronologie poggiolaise

 

Evénements concernant Poggiolo et les villages voisins et s'étant déroulés pendant les années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires.

 

 

1851:

-violents incidents entre Poggiolais et Socciais au sujet des limites des deux communes au Fialello (Les qualités poggiolaises (4/7): les Poggiolais sont calmes).

-construction du pont actuel de Guagno-les-Bains (entre 1851 et 1857) (Les ponts de Guagno-les-Bains).

Pont sur le Grosso, aquarelle de Jean-Jérôme LEVIE (1857).

Pont sur le Grosso, aquarelle de Jean-Jérôme LEVIE (1857).

1856:

- fermeture de l'hôpital militaire de Guagno-les-Bains (Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 1/2: le temps des huttes.).

 

Printemps 1871:

trois Poggiolais sont présents dans l'armée versaillaise qui réprime le soulèvement de la Commune de Paris (Les soldats poggiolais de la guerre 1870-1871).

 

1886:

-l'abbé Jean-Toussaint MARTINI offre à la paroisse la statue de Saint Siméon (Le vrai Siméon)

-l'école de Poggiolo compte 32 élèves garçons et 26 filles (Fin prêt pour la rentrée scolaire)

 

1896:

- 12 janvier: mariage du poète Dumenicu Antoniu VERSINI, dit MAISTRALE, et de la Poggiolaise Marie-Thérèse LOVICHI (MAISTRALE de Marignana (et de Poggiolo ?)).

- Jean-Baptiste FRANCESCHETTI est le premier Poggiolais à être décoré de la Légion d'Honneur (1870, la guerre oubliée)

 

1901:

- élections municipales annulées par le Conseil d'Etat, le maire ayant ajouté des électeurs de sa propre initiative (Péripéties municipales : gagner ou perdre le droit de vote)

-l'abbé Antoine-Louis OTTAVI élu conseiller général du canton de Soccia. Seul prêtre à avoir occupé cette fonction (La liste des conseillers généraux de Sorru in sù).

 

1906: 

-mars: incidents à Soccia et à Guagno lors de l'inventaire des églises prévu par la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat (La Laïcité en action dans les Deux Sorru : des inventaires difficiles (1/6)).

La population socciaise groupée devant l'église pour empêcher l'inventaire.

La population socciaise groupée devant l'église pour empêcher l'inventaire.

 

- 9 septembre: première réunion publique du parti socialiste SFIO à l'établissement thermal de Guagno-les-Bains (Pas de vacances pour la propagande)

 

1921:

-15 mai: arrivée à Ajaccio, à bord du bateau "Rion", de Russes blancs chassés par la guerre civile. Certains s'établissent dans les Deux Sorru comme travailleurs agricoles ou peintres comme CHOUPIK ou IVANOFF (Des Russes dans les Deux Sorru - Où sont les traces des Russes ?).

- septembre: le richissime parfumeur François COTY est élu conseiller général du canton de Soccia après une ardente lutte contre Jean-François GALLINI (En 1921, le canton était au parfum (début) - En 1921, le canton était au parfum (fin)).

 

1926:

installation de la cloche de la chapelle St Antoine de Guagno-les-Bains (Réponse à la devinette du mois : où est le saint ?)

 

1931: 

- 5 avril: troisièmes élections municipales en deux ans à Poggiolo à la suite de plusieurs annulations pour fraudes et divers incidents (Péripéties municipales: et le dépouillement eut lieu... à Nice !)

- 17 août: François CAVIGLIOLI et sa bande attaquent et rançonnent les hôtels de Guagno-les-Bains. Un curiste est tué (Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains. N°1: la folle agression).

- novembre: l'agression du 17 août sert de prétexte au gouvernement pour envoyer en Corse d'importantes forces de l'ordre afin d'opérer l'épuration du maquis. Une série de 31 articles sur ce sujet a été publiée sur le blog en novembre 2011, le premier étant: LES 80 ANS DE L'ÉPURATION DU MAQUIS. Explications et méthodologie.

Caricature parue dans "Le Petit Provençal" du 27 novembre 1931.

Caricature parue dans "Le Petit Provençal" du 27 novembre 1931.

 

(à suivre)

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 18:00

 

 

Le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, est devenu le jour de A festa di a nazione. Martine STOMBONI en a fait le thème du dossier publié vendredi 4 décembre dans la page spéciale Corse "Campà Corsu" de "La Provence".

 

Vous pouvez lire ci-dessous les éléments de ce dossier et notamment l'entretien avec l'historien Antoine-Marie GRAZIANI.

 

 

 

Le 8 décembre, une fête particulière pour la Corse

Le jour où la Corse s’est dotée d’une fête nationale

 

 

Au sujet de A festa di a nazione, beaucoup de choses ont été dites et écrites. Concernant son texte fondateur, ses auteurs ou l’année à partir de laquelle la fête de la nation corse a été célébrée comme telle, le 8 décembre. Mais l’important est ailleurs. Ce qui réunit les Corses ce jour-là, ce n’est pas le souvenir. C’est la conscience. Celle d’appartenir à une terre et de célébrer son histoire, de partager des traditions et une culture commune. La conscience de faire partie d’une même unité, de se retrouver autour d’un hymne, d’un drapeau, d’une langue. La conscience d’être une "nation".

Par Marine STROMBONI

 

 

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A festa di a nazione. Chaque année la Corse célèbre la fête de la nation le 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception. Une date choisie en référence à un texte rédigé lors de la consulta des 6-8 janvier 1735 où les insulaires en lutte contre la présence gênoise se sont réunis à Orezza. Sur ce texte, de nombreuses choses ont été écrites, le mythe prenant souvent le pas sur la réalité historique. Antoine-Marie Graziani est professeur à l’université de Corse, historien moderniste auteur de nombreux articles et ouvrages traitant de la Corse et de la Méditerranée occidentale, il revient sur cette période complexe de l’histoire des révolutions corses.

 

Que s’est-il passé à Corte, du 6 au 8 janvier 1735 ?

1735 est une période un peu difficile pour les révolutionnaires corses. À l’époque, les généraux de la nation, Andrea Ceccaldi, Luiggi Giafferi et Giacinto Paoli (le père de Pasquale) sont en grandes difficultés. Sur cette consulta, qui est la réunion des responsables des différentes pièves (circonscriptions, NDLR) on sait très peu de chose. On sait qu’un texte a été rédigé, un texte relativement important pour l’histoire des révolutions corses. 

 

Que dit ce texte ?

Il existe deux versions. La première est reproduite par l’historien Ambroggio Rossi et au début, il y a une invocation à l’Immaculée Conception ce qui n’est pas étonnant, l’Immaculée Conception étant une sorte de marque de fabrique des franciscains, et il y en avait beaucoup autour de Giacinto Paoli. Ce texte a été conçu dans une période où les généraux devaient reprendre en main le mouvement révolutionnaire. Son objectif était de remobiliser les troupes et il explique comment va fonctionner la Corse libérée de la présence gênoise. Mais le problème est qu’il existe une seconde version de ce texte, provenant des Mémoire de Sebastiano Costa, publiées par madame Luciani en 1972. Dans cette version, la partie religieuse a été expurgée. J’ai retrouvé la version d’Ambroggio Rossi à l’Archivio di Stato de Gênes qui en explique le contexte.

 

Bannière à la Vierge Marie, église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti)

Bannière à la Vierge Marie, église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti)

 

 

Est-ce ce texte qui place la Corse sous la protection de l’Immaculée Conception ?

Oui, tout en sachant que mettre la Corse sous le gouvernement de la Vierge n’est pas une nouveauté. Les Gênois l’avaient déjà fait un siècle auparavant et la France également, sous Louis XIII. On met souvent des choses dans ce texte qui n’y sont pas. Cela fait partie des deux travers relatifs à l’histoire de la Corse.

Le premier est de déplacer les objets. Le second de vouloir tout mettre sous Pasquale Paoli. Ce texte de 1735 pose les bases d’un cadre politique et juridique de la nation corse. Ce jour-là, les éléments de l’État sont posés et il est notamment question de monnaie mais ce n’est pas une constitution. La constitution date de 1755 et pour moi, ce texte n’est pas une constitution. C’est un texte riche, qui comporte beaucoup d’éléments mais plus institutionnel que constitutionnel. Le mot "constitution" d’ailleurs n’y figure pas.

 

Est-ce néanmoins bien ce texte qui est à l’origine d’une fête de la nation célébrée le 8 décembre ?

Le choix de cette date se base sur l’invocation à l’Immaculée Conception en début de ce texte. Et c’est à la fin du XIXe siècle, dans la période de trouble qui en Corse a précédé la loi de 1905 que l’on parle pour la 1ère fois d’une fête nationale le 8 décembre.

 

Propos recueillis par Marine STROMBONI

 

 

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Les étudiants en première ligne des revendications

 

C’est dans les années 1990 que les étudiants de l’université Pascal Paoli à Corte ont remis sur le devant de la scène cette journée du 8 décembre. "Ils ont décidé de prendre une journée, raconte Antoine-Marie Graziani. Comme beaucoup d’événements de ce type, les revendications sont rapidement passées des étudiants aux lycéens."

Et si l’université décide alors de rendre le jour de l’Immaculée Conception férié, il n’en va pas de même pour le rectorat. "D’abord, la réponse a été ’non, poursuit l’historien. Puis le phénomène a été récupéré pour devenir une journée où on parle de la Corse."

Des ateliers et interventions sont organisés sur l’histoire de la Corse, sa musique, ses chants… le 8 décembre devient l’occasion pour les élèves de se réapproprier la culture insulaire.

Aujourd’hui, certaines associations et communes organisent également des festivités ponctuées de débats, conférences historiques et soirées culturelles mais aussi des messes et processions bien que la fête de la nation corse dépasse largement le cadre religieux.

M.S.

 

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:00

 

Le passage du Second Empire à la Troisième République fut compliqué à Poggiolo,  où les années 1870 et 1871 virent cinq maires se succéder, comme décrit dans l'article précédent (4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine ).

 

Qu'en fut-il dans les communes voisines (Soccia, Orto et Guagno) qui formaient alors le canton de Soccia?

 

Les informations publiées dans cet article résultent de la consultation des registres d'état-civil de ces villages, disponibles sur le site des Archives Départementales (http://archives.isula.corsica/Internet_THOT/FrmSommaireFrame.asp).

 

Les dates de début de mandat correspondent à celles des premiers actes signés par les maires mais elles ne sont pas toujours exactement celles de leur entrée en fonction.

 

Cette étude est très partielle également car les tendances politiques des élus n'ont pas pu être recherchées, alors qu'elles expliqueraient certains événements. Ce travail sera à faire.

 

En fin d'article, un tableau récapitulatif permet de comparer l'histoire municipale des quatre communes.

 

 

actuelle mairie de Soccia (photo Franceschetti)

actuelle mairie de Soccia (photo Franceschetti)

 

La vie municipale fut beaucoup plus calme à Orto et Soccia mais assez instable à Guagno.

 

 

 

DES VILLAGES PRESQUE TRANQUILLES

 

A Soccia, malgré le changement de régime et les luttes entre royalistes et républicains, le village ne connut longtemps aucun changement. Jean Simon DEFRANCHI, nommé par le préfet impérial en 1855, resta en place vingt-trois ans, jusqu'en mars 1878 où le relais fut pris par Pierre Toussaint LECA.

 

 

Sans atteindre ce record, Orto eut une longue période de calme. Le maire Dominique François BONIFACY avait dirigé pendant tout l'Empire: il avait été désigné en 1851. Il fut remplacé le 17 novembre 1870 par Jean André MASSIANI qui, sur tous les actes officiels, spécifiait bien qu'il était "Médecin, Maire et officier de l'état-civil". Peut-être fut-il élu lors des élections municipales de septembre-octobre.


 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

 

Mais l'année 1878, l'année même où, au plan national, les républicains obtinrent la majorité aux élections législatives, fut agitée. Trois maires se succédèrent sans que nous en connaissions la raison: Antoine Dominique BONIFAY de février à septembre, Maxime Antoine MASSIMI de septembre à novembre et Jean André PAOLI à partir du 21 novembre.
 

 

 

L'OBSTINATION DE TOUSSAINT CIPRIANI

 

Le cas de Guagno fut particulier en 1871. La commune, présidée depuis 1867 par Toussaint CIPRIANI, avait été une des premières de Corse a avoir manifesté son soutien au gouvernement de Défense Nationale constitué après la chute de l'Empire.

 

Le premier changement de maire s'opéra le 7 janvier 1871. La date en est certaine grâce à une preuve irréfutable.

 

CIPRIANI établit un acte de décès ce jour-là en précisant qu'il était "huit heures du matin" et le même jour un autre acte de décès, dressé à "deux heures de l'après-midi", fut signé par Xavier ANTONINI en tant que "maire et officier de l'état-civil".

 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République
1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

 

Mais le nom de CIPRIANI réapparut le 20 avril, très certainement à la suite de la loi du 14 avril remettant en place les anciens maires pour préparer les nouvelles élections. Celles-ci portèrent à la mairie de Guagno François Brandizio GAFFORY dont la signature apparut sur le registre le 1er juin 1871.

 

Toussaint CIPRIANI n'avait pas abandonné et il reprit le titre de maire en avril 1874. Il se maintint jusqu'en juillet 1878 où le premier magistrat fut Dominique Mathieu POLI.

 

 

Il fallut pratiquement huit ans pour que les républicains s'imposent à Paris. Ils l'emportèrent définitivement aux élections législatives d'octobre 1877 et le maréchal royaliste Patrice de MAC-MAHON démissionna de la présidence de la République en janvier 1878.

 

Dans le même temps, les quatre communes du canton,  avec un peu plus de temps à Soccia, renouvelèrent leurs équipes municipales.

 

 

PS: nous serions heureux de recevoir des renseignements supplémentaires sur la vie municipale entre 1870 et 1878. Eventuellement, ils pourront être publiés sur ce blog.

 

 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République
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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 18:04

La Corse génoise à Letia le 22 août

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
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