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23 novembre 2022 3 23 /11 /novembre /2022 18:00
Le 30ème carré des écrivains
 
Le Comité du Vieux Marseille organise toute la semaine au Centre-Bourse une exposition et vente du livre sur ce quartier (voir l'article sur les mythes de Napoléon III déjà publié sur ce blog).
 
Le 30ème carré des écrivains se déroulera au même endroit samedi 26 novembre de 14h à 18h.
 
Comme chaque année, il réunira des auteurs marseillais ou ayant écrit sur Marseille.
Cette année, ils seront 125.
 
Parmi eux, Michel FRANCESCHETTI présentera ses livres "Une drôle d'année à Marseille (1939-1940) " et "Berryer, défenseur de la justice, des libertés et du Roi".
 
 
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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 18:00

 

Oui, ils ont vraiment existé, les personnages dont les noms sont gravés sur les monuments aux morts.

 

Chaque 11 novembre, les cérémonies célèbrent des hommes qui ont vécu, grandi, aimé, souffert avant de tomber sur le champ de bataille.

 

Il reste à leurs familles de vieilles photos et aussi des lettres. La correspondance était le seul lien possible entre les soldats et leurs parents ou amis. Ils avaient besoin de ce véritable ballon d'oxygène pour oublier les horreurs du front et pour se sentir faire encore partie de la communauté familiale ou villageoise.

 

Ce blog a récemment publié le premier document de la guerre de 1914-1918 rédigé par François Marie Ceccaldi, document qui est  un texte juridique: un testament.

 

Nous vous présentons maintenant les dernières lettres rédigées peu avant leur mort au combat par deux Poggiolais très différents qui sont mentionnés sur le monument aux morts de Poggiolo. La ponctuation et l'orthographe ont été respectées. Lettres et photos ont été fournies par les familles concernées.

 

 

Tout d'abord, les derniers écrits de Jean-Toussaint DEMARTINI.

Né le 1er novembre 1890, d'Antoine François DEMARTINI et Gracieuse DESANTI, il était timonier dans la Marine. Il dut la quitter pour des raisons liées aux élections municipales à Poggiolo (voir l'article en cliquant ici). Il entra dans l'infanterie coloniale et combattit au Togo, où il obtint une citation à l'ordre des troupes du groupe de l'A.O.F. (Afrique Occidentale Française) pour sa bravoure dans les combats contre les Allemands, puis en France. Il mourut le 9 février 1916 à Cappy dans la Somme.

 

Les dernières lettres

Une lettre:

 

Aux tranchées le 30.1.1916

Mes chers parents

Toujours en bonne santé, je suis aux tranchées depuis trois jours, le 1er jour j'ai pris part à un rude combat, ma compagnie a beaucoup souffert, nous avons reçu des renforts et je crois que les Boches vont finir par croire que dans cette terrible guerre  nous voulons le dernier mot.

Quant à mon ami, c'était un nommé Marcangelli il a trouvé la mort glorieuse; précisément sa permission avait été retardée. C'était un jeune homme plein d'avenir et mon meilleur ami à la compagnie. Son père avait travaillé à la maison Pinelli à guagno les Bains comme maçon, mais maintenant il n'est plus, laissons reposer le jeune héros en paix.

Toujours bien portant, je compte qu'il en sera de même par la suite.

Toujours dispos et le moral meilleur que jamais je vous embrasse bien affectueusement.

Toussaint

Une carte de correspondance:

4.2.1916

Mes chers parents

 

Je me porte toujours bien, et vous en souhaite autant.

Depuis 6 jours on se bat. Tout va bien pour le moment. Je vous embrasse

Toussaint Demartini

sergent 24ème colonial

5ème colonial

secteur postal 13

 

 

 

Deuxième série de lettres: celles de Jean Ary François Léon LOVICHI.

Né le 10 novembre 1893 à Constantine, fils de Charles LOVICHI et Odile DELON, il était licencié de philosophie à la Sorbonne et préparait l'agrégation.

Bien que réformé, il voulut absolument défendre son pays. Aspirant au 2ème RMA, il partit se battre aux Dardanelles. Son attitude lui valut une citation et la promesse du grade de sous-lieutenant mais il fut tué au combat le 14 juillet 1915.

 

Jean Lovichi avec deux de ses sœurs dont une se prénommait Fanny.

Jean Lovichi avec deux de ses sœurs dont une se prénommait Fanny.

 

 

 

Sans date mais étant une de ses dernières lettes:

J'allais commencer une longue lettre quand l'invitation est venue de repartir. Quelques embarras gastriques ont disparu et j'ai bien apprécié votre eau lithinée.

Je vis comme un capitaine et j'ai l'élixir le plus précieux, la confiance de mes hommes. J'ai vu des blessés qui ne voulaient pas être évacués avant d'avoir de mes nouvelles. Voilà la seule vraie récompense avec l'autre vos lettres qui redeviennent rares et que je lis avec mon cœur.

Vos petits paquets, précieux. Ajoutez livres et journaux, plumes, encre et crayons, une main-serviette pour "m'approprier": je suis chocolat et créole.

Je vous embrasse. Eu la joie de voir Théo Zanetacci ce matin.

 

Lettre du 6 juillet:

Retour de nouveaux combats. Je n'ai que la force, dans une fatigue de 5 jours d'action, de vous promettre une belle lettre.

Au camp, j'ai la joie de trouver deux lettres de maman, une - émouvante - de papa, et trois bons colis qui me comblent d'utile. La joie de ces lectures et de ces découvertes dans de pareils retours est un délice. Ô affection de mes parents!

Votre enfant vraiment à vous.

 

Mot du 11 juillet: 

En action - constamment depuis le 21 -, je reçois une lettre de Fanny dont je suis heureux. J'en aurais voulu de vous tous. Pas trop fatigué et toujours paré. Parfait guerrier, vieux guerrier. Les cuisiniers redescendent*. Je vous embrasse.

 

 

* L'unité étant en première ligne, et afin d'éviter les pertes par trop d'allées et venues, les cuisiniers se chargeaient du courrier en plus de la nourriture.

 

Une lettre écrite par son père arriva aux Dardanelles après sa mort et fut retournée à l'envoyeur.

 

Les dernières lettres

 

Un article a déjà été consacré à Jean LOVICHI: suivez le lien suivant:

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28 octobre 2022 5 28 /10 /octobre /2022 18:00

 

Les Marseillais n'ont pas beaucoup aimé Napoléon Ier et Napoléon III mais leur ville a joué un grand rôle dans les préoccupations des deux empereurs. Aussi, le Souvenir Napoléonien organise-t-il un colloque sur

 

"MARSEILLE, VILLE IMPÉRIALE"

 

le samedi 5 novembre. 

 

Cliquez sur l'image pour mieux lire les renseignements.

Cliquez sur l'image pour mieux lire les renseignements.

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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 18:00

 

Dans les nombreuses histoires de banditisme et de réglements de comptes qui jalonnent l'histoire de notre canton et de toute la Corse, les récits insistent beaucoup plus sur les auteurs des meurtres que sur les victimes et sur l'immense chagrin de leurs familles. C'est le mérite de Marc GIORGI de nous rappeler ce point de vue.

 

 Son site est consacré au village de Pietra di Verde (Haute-Corse) et à la généalogie de sa famille (Giorgi-Valéry).


  Dans cet émouvant récit, il nous donne une version toute différente, celle de la famille du gendarme SALA, de l'affrontement sanglant qui eut lieu à SOCCIA en 1892 et qui a fait l'objet de trois articles sur ce blog.

 

   En voici le texte.

 

 

 

"LE MALHEUR"
 


Alata  Minnanna se tient devant le four à pain. Elle a en main la grande pelle, le pain est cuit, elle va le retirer du four. Dans son visage rond, ferme, énergique, dans ses yeux vifs qui fixent le photographe, on devine une femme de caractère. Elle est tout de noir vêtue. Elle porte un foulard noir sur la tête et, par dessus, le chapeau en paille des femmes alataises, “a paglietta”. Elle était d’ALATA, Minnanna, de familles alataises. Elle y était née en 1848, “l’année de la République“ précisait-elle à ses petits-enfants.

Elle y est revenue après “le malheur“.

Elle a eu trois enfants, Minnanna. Les deux garçons, l’armée les a accueillis, les a éduqués. Ils furent “enfants de troupe”. (...)
La fille de Minnanna resta avec sa mère à ALATA. Elle était belle, avec des yeux clairs. A dix-neuf ans, elle épousa l’instituteur dont elle eut cinq enfants. Minnanna vécut toujours avec eux, aimée de ses petits-enfants, aidant sa fille du mieux qu’elle pouvait, cousant, tricotant, crochetant, cuisant le pain de la famille, aidant aux travaux du ménage.
Personne ne parlait du “malheur” dans cette famille. Mais, les jours d’élection, la fille de Minnanna fermait les portes, les fenêtres et les volets, à l’heure du dépouillement...

 



gendarmes-en-groupe_p.jpgLe mari de Minnanna venait d’un village des Pyrénées catalanes conquises par la France au temps de Louis XIV et qui garde encore son nom catalan: Prats-de-Mollo. Nommé gendarme, il fut affecté en Corse où il connut sa future femme. Mariés, ils partirent dans le Sud de la France où sont nés leurs trois enfants. Puis le gendarme revint en Corse, à SOCCIA.



C’est là que “le malheur” s’est produit, le 26 septembre 1892. On sait parfaitement ce qui s’est passé ce jour-là. Les élections au Conseil d’Arrondissement venaient d’avoir lieu et on ne savait toujours pas qui avait gagné dans le canton de SOCCIA. Des gens d’un village voisin, GUAGNO, voulurent aller à SOCCIA, le chef-lieu, afin d’obliger le maire à proclamer vainqueur leur candidat. Le maire fit appel aux gendarmes pour les empêcher d’entrer dans le village. Les “Guagnesi” tirèrent. Deux gendarmes furent touchés, ils devaient mourir quelques instants plus tard. L’un d’eux était le mari de Minnanna. A son fils aîné, accouru aux coups de feu, il ne put que dire : “Pour moi, c’est fini”. L’adolescent rassembla tout son courage et alla prévenir sa mère, son jeune frère et sa petite soeur.

Pendant la nuit qui suivit le drame, il se passa dans ce village une chose incroyable. Les deux veuves et leurs enfants veillaient leurs morts. Dehors, on faisait la fête. On avait tiré tout à l’heure pour tuer, on tirait maintenant pour se réjouir. Ce fut une fête démente, sans pitié pour la douleur des familles, la douleur des enfants, une fête sauvage.

Il y eut un procès, des condamnations...

 


Les années ont passé, les trois enfants vont bien, les petits-enfants naissent... Mais comment vit-on avec le souvenir d’un époux, d’un père assassiné et de cette nuit de fête infernale ? Seuls ceux, qui, cinquante ans après, continuaient à fermer, les soirs d’élections, les portes, les fenêtres et les volets, auraient pu le dire. Dans cette famille, où l’on n’en parlait jamais, “le malheur” est resté dans toutes les têtes, génération après génération.

Parmi les petits-enfants et arrières-petits-enfants de Minnanna, plusieurs sont allés à SOCCIA, POGGIOLO, ORTO et dans le beau village de GUAGNO y compris, cent ans après, le 26 septembre 1992. Tous ont admiré ces paysages splendides, assurément parmi les plus beaux de Corse, où tant de rage meurtrière s’était déchaînée, parmi des gens que l’on avait excités, au fond, pour rien: la proclamation d’un simple conseiller d’arrondissement.

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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 07:11

 

LA RIPOSTE DU MAIRE DE SOCCiA


    (suite du récit publié dans "Le Journal de la Gendarmerie" du 21 juin 1893)

 

   A la nouvelle que que les Guagnais en armes marchaient sur Soccia pour faire modifier les résultats des élections, une inquiétude bien légitime s’était emparée de des habitants du village, et le maire, pressé de tous côtés, se décida à prendre un arrêté interdisant à tout individu armé de pénétrer dans la commune et de se tenir à une distance moindre de 200 mètres de la maison d’école où devait se tenir le bureau de recensement, réunion qui n’avait pu avoir lieu à l’heure fixée, le procès-verbal de Guagno notamment n’étant pas arrivé.

 

   Il alla lui-même afficher cet arrêté sur le mur de la maison Ottavioli situé à 80 mètres du village, et en remit une copie à la gendarmerie en l’invitant à en assurer l’exécution.


    Les gens de Guagno étaient encore à la fontaine Saint-Marcel lorsqu’ils apprirent l’existence de cet arrêté. L’un d’eux, Caviglioli (Jean-Charles), dit Carlone, s’écria aussitôt: “J’en ferai des bourres pour mon fusil”, et un autre, Casanova (Jean-Toussaint), s’empressa, suivant l’expression employée par un témoin, de rafraîchir son fusil, c’est-à-dire de le décharger pour en renouveler la charge.

 

   Enfin, vers deux heures, Poli, dit Formiculello, le maire de Guagno et Pinelli (Jean-Antoine) ayant rejoint leurs concitoyens, ceux-ci furent disposés en colonne par trois. Les hommes armés marchant en tête, puis Poli, dit Formiculello, et le maire de Guagno ayant repris leur place au premier rang, à côté de Poli (Antoine-Joachim), cette colonne reprit sa marche en avant.

 

 

LES GENDARMES S’INTERPOSENT


   gendarmes 1892    La brigade de Soccia ne comprenait que le gendarme Sala, commandant par intérim en l’absence du brigadier, et les gendarmes Ferrandet, Pisella et Jourdan; mais celui-ci, qui s’était foulé le poing la veille, était incapable de tout service. En recevant l’arrêté municipal, Sala avait ordonné à ses hommes de se mettre en tenue de résidence et revêtit lui-même cette tenue qui ne comporte que le revolver.


    Il se dirigea ensuite avec Pisella au-devant des Guagnais. Les ayant rencontrés à environ 200 mètres de la maison d’école, Pisella serra la main aux chefs, les engageant au calme et les invitant à respecter l’arrêté du maire.


   Leca (François-Xavier) et Poli, dit Formiculello, ayant demandé à lire ce document, ils s’avancèrent tous jusqu’à la maison Ottavioli; mais, après avoir pris connaissance de l’arrêté, le maire de Guagno s’écria: “Ni cet arrêté, ni les gendarmes, ni les habitants de Soccia ne nous empêcheront d’entrer dans le village, et le sang coulera”, et au cri “En avant”, aussitôt poussé par Poli (Antoine-Joachim), succéda le même cri poussé par Caviglioli (Jean-Charles), qui tout en brandissant son fusil prenait place lui aussi à la tête de la colonne.

 

 

  LA POUDRE PARLE


    Celle-ci s’ébranla de nouveau, entraînant les gendarmes Pisella et Sala qui, les bras tendus, s’efforçaient de l’arrêter. Les deux agents de la force publique venaient d’être refoulés jusqu’à 20 mètres de la maison d’école, lorsque survint le gendarme Ferrandet; à son tour il engagea vivement les Guagnais à déposer leurs armes, et il venait à peine de proférer les mots: “Nous mourrons plutôt que de ne pas faire notre devoir”, que Poli (Antoine-Joachim) commandait: “En tirailleurs”, et qu’une autre voix, qui, d’après le gendarme Pisella, ne serait que celle du maire de Guagno, commandait “Feu de peloton”.

 

   En commandant: “En tirailleurs”, Poli (Antoine-Joachim) s’était armé d’un revolver, et, pendant qu’il faisait feu, Caviglioli Jean-Charles, de son côté, épaulait son fusil et pressait la détente. Il avait visé le gendarme Ferraudet qui tomba inanimé, son revolver à la main, mais sans en avoir fait usage, frappé par deux balles au cou et à la poitrine. Une vive fusillade suivit ces deux premières détonations. Le gendarme Sala s’affaissa à son tour, déchargea son revolver sans résultat, et expira peu d’instants après. Il avait reçu plusieurs projectiles à la cuisse et à la hanche. Quant à Pisella, il n’a échappé à la mort que parce qu’il était mêlé aux Guagnais, qui ne pouvaient faire feu sur lui sans s’atteindre entre eux.


    Sur les cinquante-deux hommes qui avaient quitté Guagno pour se rendre à Soccia, six, dont deux parmi eux qui étaient armés, s’étaient éloignés de la troupe avant d’arriver dans cette dernière commune. Les quarante-six autres ont tous pris part aux faits criminels dont ils ont aujourd’hui à rendre compte à la justice.


    Les débats commencés le 20 juin, se sont terminés le 27. Les principaux accusés ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité.

 

(à suivre)

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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 16:00
La furie barbaresque

 

Un pan important de l'histoire insulaire est présenté sans le dernier numéro de Settimana, le supplément hebdomadaire de Corse-Matin: "La Corse au temps des razzias barbaresques".

 

Ce dossier rassemblé par Jean-Pierre GIROLAMI rappelle que, du XVIe au XVIIIe siècle, les Corses ont vécu dans la terreur des raids des pirates barbaresques venant des pays musulmans d'Afrique du Nord.

 

Malgré les tours mises en place par les Génois, les côtes étaient ravagées et de très nombreux hommes, femmes et enfants étaient pris comme esclaves, comme toute la population de Sartène en 1583.

 

Leur sort était ensuite de travailler jusqu'à leur mort en Algérie ou en Tunisie, sauf s'ils avaient la chance d'être rachetés.

 

La furie barbaresque

 

Le dossier rappelle que, en 1779, le roi Louis XVI versa 250.000 livres pour libérer 57 esclaves corses dont deux étaient de Sagone. Certains étaient captifs depuis une ou plusieurs dizaines d'années. Voir l'article : http://poggiolo.over-blog.fr/article-louis-xvi-et-esclaves-90637187.html

 

Un cas très original fut la capture de cent cinquante corailleurs corses par les Algériens en 1794, à l'époque du royaume anglo-corse. Ce fut aux Anglais de négocier leur libération.

 

Même si ce danger s'atténua, il ne trouva son terme qu'avec la prise d'Alger par les troupes françaises du roi Charles X en 1830.

 

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4 août 2022 4 04 /08 /août /2022 23:00

 

Faire le point sur la recherche historique est toujours nécessaire. L'association Letia-Catena l'a bien compris en organisant cet été une nouvelle rencontre d'historiens corses, le 7 août à Letia.

 

Les historiens se rencontrent à Letia le 7 août

 

Communiqué:

 

Le dimanche 7 août 2022, notre association organise

                     I SCONTRI DI LETIA

                     Les rencontres de Letia   

 

I Scontri di Letia  se dérouleront place de l’église à San Martinu, le dimanche 7 août.

 

  À l’occasion de ces rencontres, divers historiens et essayistes viendront exposer  les résultats de leurs recherches et présenter leurs dernières publications.

 

    - Nous recevrons tout d’abord Jean Pierre POLI, avocat et essayiste. Il est l’auteur, en 2007, du livre Autonomistes corses et irrédentisme fasciste. En mai 2019, il a publié aux éditions Piazzola Vingt ans de résistance corse 1769-1789. Il interviendra en début d’après-midi pour nous présenter son livre Autonomistes corses et Irrédentisme fasciste et pour évoquer le journal «A Muvra », créé à Paris par les frères Rocca. Organe de combat de la mouvance autonomiste corse et de leur parti, le journal A Muvra disparaîtra en 1939, parce qu’on l’assimilait à une revue irrédentiste.

 

      -Ghjuvan  Ghjaseppiu FRANCHI, écrivain et poète, qui a dirigé la revue en langue Corse Rigiru, fera un exposé sur les écrivains et poètes du Vicolais, Santu Casanova,  Petru Santu Leca et Paul Arrighi.

 

      -Antoine Marie GRAZIANI, historien et chercheur, viendra, comme chaque année depuis 2011, animer nos conférences, et clôturer ce cycle. Il fera un exposé sur l’un de ses livres intitulé La Corse vue de Gênes. Il est à l’origine des recherches les plus approfondies sur la Sérénissime dont il a exploré les archives, commenté et disséqué les contenus. Il est aussi l’auteur du livre La Corse Génoise.

                    

 

        Nous comptons sur votre présence amicale et active.

 

    Ouverture du Site, place de l’église, Letia Saint Martin,

à compter de 13H,

début à 14H00.

 

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28 juillet 2022 4 28 /07 /juillet /2022 18:00

 

   Contre l'insécurité, il faut avoir la volonté de la combattre et s'en donner les moyens.  Un exemple en fut fourni voici exactement deux cents ans. 

 

 

Le ratage du guet-apens

    Entre 1820 et 1827, le bandit Théodore Poli, de Guagno, faisait régner la terreur dans la région vicolaise. Le 29 juillet 1822, le trésorier-payeur Pozzo di Borgo se trouvait à Guagno-les-Bains et devait se rendre à Vico porteur d'une grosse somme. Mais il avait reçu plusieurs messages de plus en plus menaçants de Brusco, le principal lieutenant de Théodore, qui voulait le racketter (même si le mot n'existait pas encore).

 

    Le maire de Poggiolo décida de faire escorter le fonctionnaire par une quarantaine de villageois armés.

 

   Théodore et Brusco s'étaient postés derrière un rocher, sur la route de Sorru, à environ 4 kilomètres de la station thermale. En voyant arriver la troupe, les bandits renoncèrent à lancer l'assaut. Ils se contentèrent de tirer quatre balles qui tombèrent aux pieds des paysans et ils s'enfuirent en montrant le poing tandis que les Poggiolais se moquaient d’eux.

 

   Il faut reconnaître que de tels actes furent rares et que Théodore poursuivit sa carrière jusqu'à sa mort cinq ans plus tard mais la réputation du maire en fut renforcée.

 

 

 

Pascal Paoli parrain d’un Poggiolais

    L’édile courageux était Carlo Francescu Pasquale Pinelli et il était le filleul de Pascal Paoli.

 

   Pour montrer leur attachement au Général de la Nation, plusieurs familles de notables lui demandèrent d’être le parrain de leurs fils. Jean-Laurent Arrighi a répertorié trois cas à Vico, entre 1756 et 1764, pendant la période de l’indépendance («Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ouvrage collectif, ed. Piazzola, 2016, pages 81 et 82).

 

   Le cas poggiolais est particulier car le baptême eut lieu en l’église Saint Siméon le 30 septembre 1795. Depuis juin 1794, sous l’influence de Pascal Paoli, la rupture avec la France révolutionnaire avait été votée par la Consulte de Corte et le royaume anglo-corse avait été institué. 

 

Fonts baptismaux de l'église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

Fonts baptismaux de l'église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

   

Le nouveau chrétien, fils de Gioan Natale Pinelli et de son épouse Maria Leca, reçut les prénoms de «Carlo francesco Pasquale».

 

   Le dernier prénom est aussi celui du parrain que l'acte de baptême appelle «Sua Xccelonza il Signore Generale Pasquale de Paoli», formule mise en valeur car écrite avec des lettres plus grosses que les autres et avec de grandes boucles. Elle est encadrée en rouge dans la reproduction ci-dessous.

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo

 

   Le doute n’est pas permis: ce personnage est bien Pascal Paoli, u «Babbu di a Patria», le Père de la Patrie corse.

 

   Le parrain n’était pas présent mais cette absence n’avait rien d’étonnant. Pascal Paoli n’était pas venu non plus aux baptêmes vicolais mentionnés ci-dessus. Il était remplacé par un mandataire. 

 

   Au moment de la cérémonie de Poggiolo, le vieux chef corse n’était d’ailleurs pas libre de ses mouvements. A Bastia, où il se trouvait alors, il était sous la surveillance constante des Anglais. Le 14 octobre, deux semaines après le baptême, il s’embarqua à Saint-Florent pour son exil en Angleterre où il finit sa vie. 

 

 

L’homme le plus cultivé de Corse

 

   Il est bon de savoir qui était l’homme qui représenta Pascal Paoli.

 

   L’acte du baptême indique que la procuration avait été attribuée «nella persona del Signor Dottor Giovantonio pinelli».

 

   Il est facile de reconnaître sous ces mots Gian Antonio Pinelli, surnommé «l’homme le plus cultivé de Corse».

 

   Né le 6 septembre 1760, Gian Antonio était le grand-oncle du jeune baptisé. Dans le document, il est qualifié de «Signor Dottor» car, entré dans les ordres, il devint docteur en théologie (1785) et en droit (1789).

 

   Au début de la Révolution Française, il fut élu à l’assemblée départementale puis à la consulte de 1794 qui désigna le roi d’Angleterre comme roi de Corse. Gian Antonio serait allé habiter Florence pendant la période du royaume anglo-corse. Mais il était pourtant bien présent au baptême de son petit-neveu. Sa signature est bien visible en bas du document, juste au-dessus de celle du curé Giovanni Bonifacy.

 

   Le nom et la signature sont mis en évidence ici par un soulignage vert. 

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo


 

 Une longue carrière

 

   Le filleul de Pascal Paoli vécut à Poggiolo.

 

   Carlo Francesco Pasquale devint greffier de justice de paix du canton de Soccia, peut-être avec l’aide de son grand-oncle Gian Antonio. Le représentant du Père de la Patrie lors du baptême était devenu un personnage important: dernier vicaire général du diocèse de Sagone, secrétaire général de la préfecture sous Napoléon Ier, invité au mariage de l’empereur avec Marie-Louise, il fut nommé sous la Restauration conseiller général du canton de Soccia, tout en étant curé de deuxième classe de Soccia avec autorité sur les desservants de Guagno, Orto et Poggiolo. 

 

   Il n’est pas interdit de penser qu’il ait permis à Carlo Francesco Pasquale de devenir maire de Poggiolo en été 1821 (à 26 ans!). A cette époque, les maires des petites communes n’étaient pas élus mais désignés par le préfet, donc avec l’accord du gouvernement.

 

    «L’homme le plus cultivé de Corse», qui avait, disait-on, la plus grande bibliothèque de Corse, servit fidèlement l’administration, favorisant la diffusion de la langue française dans la presse et les écoles corses. 

 

    Le filleul de Paoli fit de même dans son domaine. A partir de 1824, tous ses actes d’état-civil furent rédigés en français. En revanche, dans les documents où il fut remplacé par son adjoint Antoine François Pinelli, le texte était entièrement en italien. 

 

   Rappelons que l'obligation de rédiger les actes d'état-civil dans la seule langue française date de 1852.

 

   Le maire de Poggiolo n’utilisait chaque fois que son premier prénom sous la forme française de Charles, oubliant complètement Francesco et surtout Pasquale. Très souvent, il écrivait simplement: «Pinelli maire».

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo

 

   Sa fonction l’entraîna à enregistrer le décès de son grand-oncle Gian Antonio Pinelli, rappelé à Dieu le 26 décembre 1832 en la maison familiale de Poggiolo.   

 

Maison Pinelli (photo Michel Franceschetti).

Maison Pinelli (photo Michel Franceschetti).

 

   Maintenu à la tête de la municipalité poggiolaise sous la Monarchie de Juillet, Charles signa son dernier acte d’état-civil le 2 juillet 1847. Il décéda le 14 avril 1849 à l’âge de 54 ans. Il ne s’était pas marié et n’avait pas d’enfant.

 

    Paradoxalement, le filleul de Pascal Paoli fut un acteur docile de la francisation à Poggiolo.

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La vie de Gian Antonio PINELLI, l'homme le plus cultivé de Corsea fait l'objet de trois articles de ce blog auxquels il est bon de se référer.

 

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19 juillet 2022 2 19 /07 /juillet /2022 18:00

 

Il n'existe plus aucune trace de l'hôpital militaire qui eut pourtant pendant soixante ans un rôle important dans la renommée de Guagno-les-Bains comme station thermale. Son histoire commença il y a deux cents ans.

 

 

L'AUTORISATION OFFICIELLE

 

Voici exactement deux siècles, en 1822, en même temps que put être édifié l'établissement thermal. Cette année-là, Jean MULTEDO, originaire de Vico, obtint l'autorisation du roi Louis XVIII de construire un hôpital destiné aux soldats malades ou blessés. 

L'ordonnance est datée du 26 juin 1822. Elle est signée par le roi et par "le Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur" Jacques-Joseph CORBIÈRE.

 

Elle comporte deux articles dont voici le texte:

Art. 1er

Le maire de Guagno, département de la Corse, est autorisé à vendre, au nom de cette commune, au Sr MULTEDO un terrain de vingt-trois mètres vingt-neuf centimètres de long sur quatorze mètres quatre vingt six centimètres de large, moyennant la somme de deux cent quarante francs; montant de l'estimation, et à la charge pour l'acquéreur d'y élever un bâtiment propre à recevoir douze officiers et cinquante sous-officiers ou soldats, en exécution d'un projet arrêté par notre Ministre secrétaire d'Etat au Département de la guerre.

Art 2

Notre Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur est chargé de l'exécution de la présente ordonnance.

 

L'hôpital militaire autorisé le 26 juin 1822, il y a deux cents ans
L'hôpital militaire autorisé le 26 juin 1822, il y a deux cents ans

 

 

La décision royale intervenait après tout un processus administratif:

 

"Le montant de l'estimation avait été préalablement fixé de manière contradictoire par MM. Jean PINELLI et Jean-Toussaint CASANOVA, maçons de la commune de Guagno, experts nommés par délibération de cette commune le 30 septembre 1821. Vu l'enquête de commode et incommodo faite à Guagno le 13 février 1822, le préfet de la Corse avait autorisé cette aliénation le 28 février 1822" (François VAN CAPPEL DE PRÉMONT, Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme).

 

 

 

LA CREATION

 

Le terrain acquis par MULTEDO et sur lequel fut construit l'établissement destiné aux militaires se trouvait à l'endroit où la route venant de Vico se divise entre, d'un côté, la direction de Guagno et, de l'autre côté, celle d'Orto, Poggiolo et Soccia.

 

Le plan général "dressé et présenté" par l'architecte COTIN le 20 décembre 1838 permet de connaître la forme et les dimensions de ce bâtiment (qui est entouré de vert sur le plan).

 

L'hôpital militaire autorisé le 26 juin 1822, il y a deux cents ans

 

Le cadastre napoléonien de 1857 le montre également.

 

Les images de l'irrésistible dégradation de l'hôpital militaire

 

Les lettres E.T. signifient: Etablissement Thermal.

Les lettres H. M. (Hôpital Militaire) montrent que la construction de Jean MULTEDO était composée de deux parties. La parcelle 169 (cerclée de rouge ici) correspond à la chapelle Saint-Antoine. Elle était englobée dans l'ensemble.

 

Mais on ne voit pas les "petites cellules placées à l'extérieur et adossées à la chapelle de Saint-Antoine et à l'une des ailes de l'hôpital militaire, (qui) servent logemens (sic) de domestiques", mentionnées par le docteur Jean-Baptiste THIRIAUX, à la page 4 de son Essai sur la topographie physique et médicale de Saint-Antoine de Guagno, publié en 1829.

 

Progressivement, après une période glorieuse sous le Second Empire, l'hôpital fut délaissé. Un décret décida de sa fermeture définitive le 1er juin 1883.

 

La ruine du bâtiment fut ensuite une longue agonie. Il n'en reste plus rien. Sur le terrain autrefois occupé par l'hôpital, il ne reste plus que la chapelle Saint Antoine.

 

Etat actuel de la chapelle Saint Antoine.

Etat actuel de la chapelle Saint Antoine.

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 18:00

 

Le récit quotidien de la répression policière de 1931, entamé le 8 novembre, sur le Blog des Poggiolais s'est terminée le 5 décembre, la majorité des forces de l'ordre engagées ayant alors rembarqué.

 

Une synthèse de la question du banditisme et de sa répression à l'époque a été publiée par le quotidien La Provence vendredi 3 décembre. Dans sa rubrique hebdomadaire "Campà corsu", Marine STROMBONI a signé un article intitulé "Le jour où l'Etat a décidé "d'épurer le maquis" corse"". Elle remet l'expédition de 1931 dans le cadre de l'ensemble de l'histoire du banditisme dans l'île.

 

Une seule remarque: l'arrestation d'André SPADA n'eut lieu que le 29 mai 1933, un an et demi après la "répression du maquis". Mais il est vrai que le bandit avait perdu sa tranquillité, ses complices et ses abris à cause de l'opération de retour à la loi et à l'ordre.

 

Les documents peuvent être agrandis en cliquant sur eux.

La débanditisation en un seul article
La débanditisation en un seul article
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POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
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