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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 18:01

Pour trouver la clef de l'énigme qu'il veut résoudre, le héros du roman policier de Didier DAENINCKX "Têtes de Maures" séjourne un temps à l'auberge des Deux Sorru, au-dessus de Guagno-les-Bains.

Guagno-les-Bains, cadre de roman (2/3: hôtel et fanfare)

Voici comment il y passe sa soirée (pages 98 et 99):

Assis près de la baie vitrée qui donnait sur la vallée sauvage du Fume Grosso, avec les inévitables chants polyphoniques en fond sonore, je m'étais régalé d'un sauté de veau corse suivi d'un flan à la châtaigne, effaçant les fatigues du voyage avec deux verres de vaccelli et un alcool de myrte offert par la maison. Avant de remonter dans ma chambre, je m'étais attardé devant la collection d'agrandissements de cartes postales anciennes qui décoraient les murs de l'accueil. La visite des scouts de Menton, la cuisson du pain au four communal, la bénédiction des cochons, les vieux devant la source d'eau chaude, le repas de mariage d'un Colonna et d'une Pinelli au café de la Liberté, un enterrement dans le cimetière en pente...

Guagno-les-Bains, cadre de roman (2/3: hôtel et fanfare)

Ces différentes remarques rendent immédiatement l'atmosphère des lieux.

Il est à remarquer que, dans le livre, la rivière est nommée "Fume" et non pas "Fiume".

Seulement, la topographie est un peu modifiée.

Le personnage est réveillé par "le passage d'une fanfare dans la rue en contrebas". Il va alors s'accouder à la rambarde du balcon et il observe:" on se rassemble devant la façade fraîchement ripolinée des thermes, dont j'aperçois l'ovale des fenêtres." Il se rend vite sur "la petite place décorée de drapeaux" où le conseiller général (dont le nom n'est pas donné) inaugure la maison médicalisée.

Ceux qui connaissent les lieux savent que la distance et la dénivellation entre l'hôtel et les thermes rendent ce réveil et cette observation impossibles. Quant à la place devant l'établissement thermal, elle n'a jamais existé.

Mais, au total, une bonne publicité pour le village.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 18:02

Guagno-les-Bains est un élément central du roman de Didier DAENINCKX "Têtes de Maures". Même si l'histoire se déroule au printemps 2012, toute l'intrigue est basée sur l'attaque de la station thermale par François CAVIGLIOLI en 1931.

Cette agression des hôtels du lieu est bien décrite dans les pages 88 à 91. Ce texte peut être comparé à la relation faite alors par "Le Petit Marseillais" et reproduite dans ce blog: Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains. N°1: la folle agression

L'auteur s'appuie sur les articles de journaux de l'époque qu'il a lus aux archives départementales d'Ajaccio décrites page 116:

"Les archives départementales sont reléguées près d'un parking abandonné, au milieu d'une cité mal finie. Une sculpture métallique, qui avait sûrement l'ambition de mettre un peu de fantaisie dans ce paysage utilitaire, finit de rouiller devant l'entrée du bâtiment. Installée dans un renfoncement du hall, une employée me demande mes papiers d'identité pour m'établir une carte de lecteur. La salle de consultation se trouve au premier étage, installée comme une classe d'école, avec ses tables et ses chaises alignées devant une estrade équipée d'un bureau".

La description est conforme aux faits sauf qu'il n'y a pas d'estrade dans cette salle.

(photo Google Maps)

(photo Google Maps)

Dans le roman, l'attaque des bandits aboutit à la mort d'un homme et de deux filles alors que, en réalité, seul l'adulte fut tué. Son nom est d'ailleurs transformé dans le livre.

L'activité de la station thermale avant le drame du 17 août 1931 est bien décrite par Didier DAENINCKX:

"Il était 9 heures du matin et la cloche de la chapelle Saint-Antoine résonnait encore dans la vallée. Devant le Grand Hôtel Continental, un autobus Citroën déposait un groupe de curistes arrivés la veille à Bastia par le paquebot de la compagnie Fraissinet. Les touristes quittaient la table du déjeuner pour se rendre vers les sources, les bains d'eau sulfureuse, la vaste baignoire de marbre, près de la source de la Voccia où, dit-on, se prélassait l'impératrice Eugénie. On s'affairait dans les chambres et les couloirs du Central, de la Villa des Fleurs, tandis que des camions montés de Vico livraient leurs cargaisons de produits frais aux restaurants. Un pêcheur proposait aux cuisiniers ses truites fario piégées au lever du jour dans les ruisseaux qui cascadent depuis le lac de Creno.

Le contraste est total avec l'apocalypse qui suivit immédiatement l'acte criminel dont la station thermale ne se releva pas:

La panique s'empara des curistes, des vacanciers. Un véritable exode précipita des centaines de familles sur les quais d'embarquement d'Ajaccio. En quelques jours, le bourg de Guagno-les-Bains fut déserté, on dut rapidement fermer les restaurants, les pensions de famille, on licencia le personnel des thermes, les services de voitures depuis Vico ou Ajaccio furent interrompus, et tous ceux qui travaillaient la terre, qui élevaient de la volaille, pétrissaient de la pâte, réduisirent leur activité.

Comme Didier DAENINCKX le fait dire au conseiller général des Deux Sorru (dont le nom n'est pas cité):

"Chacun a ici la nostalgie de l'âge d'or de Guagno-les-Bains, quand des centaines de curistes se succédaient tout au long de l'été, faisant vivre le commerce local".

Il ne fait pas de doute que cet "âge d'or" reviendra si chacun travaille pour y parvenir.

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 17:56
Correspondant de "Corse-Matin": un métier à risque

Une triste nouvelle: le grave accident qui a grièvement blessé la journaliste représentant "Corse-Matin" dans notre canton.

En voici l'annonce telle qu'elle a été publiée:

"Notre consœur Dominique Balotti, correspondante locale pour la région de Guagno-les Bains, a été victime d'une sortie de route inexpliquée alors qu'elle circulait à moto sur la route qui relie Vico au golfe de Sagone. Selon les médecins de l'hôpital d'Ajaccio où elle a été transférée, son pronostic vital est engagé."
Corse-Matin, 7 novembre 2012

On pourrait être étonné que ce blog répercute l'événement si longtemps (huit mois) après les faits. Mais qui savait que les articles sur notre canton étaient écrits par une femme? La signature qui apparaît dans le quotidien est J-M F, initiales d'un homme bien connu dans nos villages.

En réalité, la correspondante est fictive. Elle est un personnage du roman "Têtes de Maures" écrit par Didier DAENINCKX (édition L'Archipel) et qui est paru en avril dernier. Une partie de l'action se déroule à Guagno-les-Bains où le héros de l'histoire rencontre cette Dominique Balotti.

La journaliste est décrite comme "Une jolie brune élancée, habillée d'un blouson et d'un pantalon en cuir noir" qui utilise un smartphone et circule avec une "grosse Yamaha aux chromes étincelants". Elle habite "Grassa Coda, un hameau près de Vico" (???).

A la page 99, le héros du livre fait des recherches sur la zone de Guagno-les-Bains par internet et est "impressionné par la quantité de vidéos de massacres mises en ligne par les chasseurs de sangliers. Pas mal de reportages aussi sur les réfections de chapelles, à propos du renouveau des processions ou du balisage des sentiers de randonnée".

Correspondant de "Corse-Matin": un métier à risque

Il trouve une image du bandit François Caviglioli devant l'écriteau qu'il avait posé pour se réserver un territoire de chasse. Et, à partir de là,"un lien permettait d'accéder à un site comportant une série de courts articles consacrés aux principaux épisodes de la carrière du hors-la-loi". La page 100 nous apprend que le bloggeur est la journaliste.

Des points de ressemblance peuvent être facilement trouvés avec le Blog des Poggiolais, que l'auteur a réellement consulté, mais ce livre est un roman. Il mélange donc des éléments de réalité et d'imagination.

En tout cas, nous sommes désolés mais l'animateur du blog de Poggiolo ne ressemble pas non plus à cette charmante journaliste.

Correspondant de "Corse-Matin": un métier à risque

Il est à noter que l'annonce de l'accident dont elle est victime se trouve placée à la fin du livre, entre les avis de décès de Maître Sollacaro et de Jacques Nacer, qui, eux, ont été bien réels.

Le lecteur peut ainsi être amené à penser que l'accident a peut-être été provoqué, que le travail de correspondant local de "Corse-Matin" est très dangereux et qu'il faut bien du courage pour l'assumer sérieusement!!!

____________________________

Les événements liés au banditisme et à sa répression en 1931 ont été contés sur ce blog dans les séries d'articles

Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains (5 articles)

et

L'épuration du maquis (35 articles)

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 17:47
Appel aux Aixois et Marseillais

Les lecteurs du blog des Poggiolais qui habitent Aix-en-Provence, Marseille et les communes voisines sont conviés à participer aux signatures de livres de Didier DAENINCKX:

- jeudi 27 juin 2013 de 18h à 19h30 à la librairie Goulard, 37 Cours Mirabeau, à Aix-en-Provence

- vendredi 28 juin 2013 à partir de 17h30 à la librairie Prado Paradis, 19 avenue de Mazargues, Marseille 8e.

L'auteur présentera son roman à suspense "Têtes de Maures" dont une partie de l'action se déroule à Guagno-les-Bains en 2012 et qui a pour base de départ le banditisme et l'épuration du maquis de 1931.

Présentation par l'éditeur: http://www.editionsarchipel.com/livres/tetes-de-maures

De prochains articles évoqueront ce livre.

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 18:00

   Google a récemment mis en ligne une partie des archives de Cinecittà, la ville du cinéma italien. Cette initiative permet de voir des extraits de nombreux films et, surtout, des bandes d'actualité. Plus de 30 000 extraits d'archives conservés par la société publique italienne "Luce Cinecittà" sont ainsi accessibles aux internautes sur Youtube via une chaîne dédiée.

    Un de ces films d'actualité peut servir à illustrer le feuilleton publié l'automne dernier sur ce blog. Sous le titre "L'épuration du maquis", il portait sur la chasse aux bandits corses par la police française en 1931.

    On peut voir dans le reportage italien (intitulé "Le operazioni del corpo di spedizione francese per il rastrellamento dei banditi") des gendarmes mobiles investir un village insulaire et arrêter des habitants (dont les noms sont prononcés à haute voix) soupçonnés d'aider les personnes recherchées. Les imperméables des officiers et la boue présente sur le sol dans les dernières images montrent que cet épisode date des premiers jours de l'opération, commencée le 8 novembre 1931. Quelqu'un peut-il identifier cette localité?


 

    En demandant la recherche du mot "Corsica" sur le site de Cinecittà, on a accès à onze autres films dont plusieurs montrent l'occupation italienne en Corse et un autre une exposition sur "l'Italianità della Corsica". Voir ICI.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 18:39

     Après la reddition de Bastien (voir article précédent), il fallut encore un an pour arrêter son frère André SPADA, celui qui se faisait appeler "le tigre de la Cinarca".

    Une importante somme d'argent fut proposée pour sa capture, mais sans succès.

    Du col de San BASTIANO à la forêt de PASTRICCIOLA, André SPADA errait seul mais il n'avait plus de refuge. Il décida de se rapprocher de la maison de COGGIA où vivaient ses parents et ses frères.

La solitude et la crainte de l'arrestation avaient accentué son mysticisme. Ainsi, Lucia MOLINELLI-CANCELLIERI (dans "Spada, dernier bandit corse") écrit:

    "Le 25 mai 1933, jour de l'Ascension, on le vit en chemise dans un état de grande exaltation. Tandis que la messe était célébrée à l'intérieur de l'église, vers 11 h 30, Spada chantait des cantiques à quelques centaines de mètres du village (de Coggia) en brandissant un crucifix."

    Le 29 mai 1933, à la suite d'un renseignement, le chef d'escadron BRICE, avec douze gendarmes d'AJACCIO et de CALCATOGGIO, renforcés par les gendarmes de VICO, trouva à l'aube une cachette du bandit mais elle était vide.

    Le groupe se dirigea alors vers la maison des parents SPADA. Le "sanglier" fut surpris et rapidement ceinturé.

    Il fut conduit à VICO avant d'être transféré à la prison d'Ajaccio en fin de journée.

  Spada à Vico

     

 

   Mais son état mental préoccupant nécessita un examen psychiatrique à la prison du boulevard Chave à Marseille. Les experts psychiatriques indiqueront dans leur rapport que SPADA simulait la folie et le déclareront pleinement responsable de ses actes. Ce rapport comporte de nombreuses erreurs et des contradictions mais qu'importe! Grâce à lui, SPADA pouvait être jugé.
    Incarcéré à la prison Sainte-Claire de BASTIA, il attendit son procès qui débuta le 4 mars 1935 et dura trois jours. dans une salle de cour d'assises pleine à craquer. Défendu par Charles CANCELLIERI et Tito BRONZINI de CARAFFA, il suivit les débats avec une profonde indifférence et accepta l'annonce de sa condamnation à mort sans manifester la moindre émotion.


http://fabiani.photos.club-corsica.com/watermark2.php?o=ygysb&c=90&idsit=138
     Spada fut condamné à mort. Il fut guillotiné à l'aube de ce 21 juin 1935, devant la prison de Bastia, exactement à 4 h 12.


http://farm8.staticflickr.com/7035/6602697401_b1f9206aac_z.jpg

   Le bourreau DEIBLER, n'ayant pu trouver à se loger ni à l'hôtel, ni chez l'habitant, dut coucher à bord du bateau qui l'avait amené avec sa machine. Plus jamais, la guillotine ne refit son apparition en Corse. Une époque était terminée.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:03

   Aujourd'hui, nous sommes pratiquement quatre-vingts ans après la reddition de Bastien SPADA en 1932.

    Après l'expédition militaro-policière de novembre 1931 dont ce blog a donné un large compte-rendu (voir les articles parus dans la catégorie "L'épuration du maquis"), il ne restait plus dans le maquis que les deux frères André et Bastien SPADA.

    Abandonnés de tous, ils erraient dans le Cruzzini de grotte en bergerie, subsistant avec de plus en plus de difficultés. Finalement, épuisé, Bastien quitta son frère et se constitua prisonnier à Ajaccio le 31 mai 1932.


3 juin 1932 La Croix

    Il fut ensuite condamné à cinq ans de prison (qu'il accomplit à Nîmes) pour sa participation à l'attaque de la voiture postale Ajaccio-Lopigna le 18 mai 1930 (voir le récit de cette agression ICI). Interdit de séjour, il résida à Perpignan jusqu'en 1939 où il fut mobilisé au Troisième Régiment d'Infanterie Alpine. Après la défaite, il rejoignit son village de COGGIA et s'installa dans la maison familiale du Liamone.

maison Liamone

   Bastien fut soupçonné d'y avoir tué un ou deux soldats italiens qui pillaient ses récoltes. Il fut encore mobilisé lors de la libération de la Corse et fut ensuite chargé de la démoustication de la plaine du Liamone avant de mourir dans les années 60.

 

Spada Bastien

 

Photos et renseignements extraits du livre de Jean BAZAL "Avec les derniers bandits corses".

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 17:02

    La spectaculaire expédition militaro-policière de novembre 1931 en Corse (voir la série d'articles ICI) n'avait pas abouti à l'arrestation des principaux bandits.

    Il fallut attendre le 11 février 1932 (et nous en sommes pratiquement à l'anniversaire)  pour prendre Jean-Baptiste TORRE.

    "La Croix" annonce le 12 février que "A la suite de l'arrestation d'un jeune homme de 14 ans, qui ravitaillait le bandit Torre, les gardes mobiles réussirent à rencontrer ce dernier aux environs du hameau de Muna, commune de Murzo, dans le canton de Vico. Le bandit réussit néanmoins à regagner le maquis, non sans avoir abandonné ses armes: un fusil-mitrailleur et deux revolvers, et après avoir été blessé à la tête. Toutefois, on pense que son arrestation est proche."

    Elle était tellement proche que cette information était périmée. La rencontre dans laquelle le bandit fut blessé avait eu lieu le 10 février. La suite se trouve dans "Le Petit Journal" du 12 février.

 

Petit Journal 12-02-32

 

    Soldat au 6e régiment colonial au Maroc, Jean-Baptiste TORRE avait déserté en juillet 1930, alors qu'il devait comparaître pour une agression, et pris le maquis avec son oncle Caviglioli. Le 20 octobre 1930, il abattait Ange Siméon. Le 17 août 1931, il participa à l'agression de Guagno-les-Bains.

   Les Assises de Corse qui le jugèrent en novembre 1933 en même temps que Toussaint CAVIGLIOLI considérèrent qu'il était l'auteur du coup de feu qui tua le garagiste Guagno.

  Torre et Caviglioli

    Le 2 novembre 1931, lors de la fusillade de Balogna, il abattit le maréchal des logis Tomi et le gendarme Klein, et blessa grièvement le lieutenant Neuveglise et le gendarme Soyer.

gendarmes tués

       Il fut condamné à mort et guillotiné à Bastia le 13 avril 1934.

       Voici comment "Le Petit Journal" décrivit ses derniers moments.

exécution Torre

 

Il restait encore les deux frères SPADA. Nous verrons leur fin le 1er juin.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:01

   L'abondance de la documentation sur l'expédition policière de novembre 1931 est telle que tout n'a pas été publié dans les articles de ce blog consacrés à ce moment de l'histoire corse, du 7 novembre au 5 décembre (voir le premier article ICI). Comme cadeaux de Nouvel An, nous proposons à nos lecteurs deux bonus extraits du "PETIT PROVENÇAL" du 15 novembre 1931.


   Tout d'abord, voici une photo, parue en première page, de l'industriel SIMONETTI qui tua le bandit BARTOLI. Il pose souriant avec un fusil dans les mains. Il semble heureux de son titre de gloire. Il est vrai que la presse favorable à la démonstration de force de l'Etat lui a souvent donné le beau rôle: celui du justicier. Mais il est un peu paradoxal de donner comme exemple aux lecteurs continentaux l'utilisation de la force que l'on condamnait chez les Corses. SIMONETTI n'eut absolument aucun souci avec la justice alors que son "exploit" n'était pas de la légitime défense mais ressemblait plutôt à un assassinat programmé. Il n'est pas étonnant que les communistes le mirent plusieurs fois en accusation.

 

novembre 15 Simonetti

   Sur un mode plus léger, la même édition du quotidien marseillais, toujours en page 1, montrait une voiture de police bloquée par un âne. Comme pour les caricatures montrées dans des notes précédentes, on voulait montrer que tout n'était pas noir et que l'on pouvait voir "une scène amusante". Seulement, le journal ajoutait qu'elle se plaçait "dans un village occupé". Ce dernier mot annule le sentiment que l'on pouvait ressentir au premier regard. Le "bourrage de crânes" avait eu là un petit râté.

novembre 15 scène amusante

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 12:00

   L'alerte était passée. L'expédition avait réussi. L'ordre et la loi étant rétablis en Corse, le dispositif policier pouvait se relâcher. "LE PETIT PROVENÇAL"  le montra jeudi 5 décembre 1931 en publiant en première page deux photos de gardes mobiles débarquant à Marseille et montant dans des camions. En plus des hommes arrivés par  le "Ville d'Ajaccio" le 2 décembre (voir article ICI), le journal annonçait qu'un autre contingent venait d'arriver avec le "Cap Corse". La cause était entendue.


decembre-5.JPG

 

   La boucle était bouclée. Pratiquement un mois après l'appareillage de l'armada, le maquis corse avait été "épuré".


   En réalité, les grandes vedettes se cachaient encore dans les Deux Sorru et la Cinarca. Les villages comme POGGIOLO subiront encore pendant de longs mois une forte surveillance policière. Il faudra attendre le 11 février 1932 pour prendre Jean-Baptiste TORRE à MUNA, le 1er juin pour que Bastien SPADA se constitue prisonnier et, enfin, le 29 mai 1933 pour capturer André SPADA à COGGIA.

 


   Ainsi s'achève la série d'articles consacrée à cette expédition qui secoua fortement la Corse et dans laquelle POGGIOLO, GUAGNO-LES-BAINS et SORRU se trouvèrent en position centrale. Un grand merci aux lecteurs qui nous ont suivi et encouragé dans cette étude.

 


 

   Aujourd'hui, le banditisme existe encore. Il n'a absolument rien à voir avec les figures hautes en couleur des années 20 et 30. Voici la carte, publiée par "CORSE-MATIN", des assassinats réussis ou tentés entre janvier et novembre 2011.


banditisme 2011


    La géographie est différente de l'époque précédente: rien dans les Deux Sorru et concentration dans les villes et dans les centres touristiques. La lutte contre la criminalité est un travail sans cesse recommencé.

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