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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 17:42

L'article précédent a présenté le site et la page Facebook de l'hôtel-restaurant des Deux-Sorru.

Il faut y ajouter trois vidéos mises en ligne très récemment. Elles montrent l'environnement de l'auberge.

Ces quelques belles images de la nature et de nos villages permettent de s'abstraire un peu du tintamarre politique actuel.

Première vidéo sur "Le lac de Crena depuis Orto".

Ensuite, "Le hameau de Muna".

Et enfin, "La vallée du Fiume Grosso".

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 18:05

Damaso MAESTRACCI n'a pas laissé des œuvres dans les Deux Sorru seulement à Poggiolo et à Vico.

A Orto, il a réalisé également le portrait en platre d'André BATTESTI, arrière-grand-père de Jean-Luc qui a eu la gentillesse d'en envoyer la photo au blog des Poggiolais.

Maestracci est passé à Orto

La signature est bien semblable à celle qui orne le Christ noir de l'église Saint Siméon de Poggiolo.

Maestracci est passé à Orto

La date de 1938 correspond également à la période (1938-1941) à laquelle l'artiste a réalisé les peintures et sculptures évoquées dans l'article précédent.

 

Merci encore à Jean-Luc.

 

Mais certains d'entre vous n'auraient-ils pas quelques trésors ou curiosités artistiques liés à nos villages?

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 17:47

La devinette du mois portait sur l'aspect physique de Jésus et plus précisément sur sa couleur de peau.

 

A Poggiolo, il existe un élément important concernant le possible aspect physique du Christ. 

En entrant dans l'église Saint Siméon, la première chapelle de droite abrite une peinture à huile sur bois de grandes dimensions. Elle représente une descente de croix ou plus exactement la déposition du Christ.

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Le corps supplicié posé sur le sol a bien la peau noire tout en étant de type européen. Ce noir, ou plutôt ce gris très foncé, renforce l'impression que la vie est partie et que la pourriture commence.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Sept autres personnages sont sur ce tableau, quatre femmes et trois hommes. Aucun n'est noir. Selon la tradition, les hommes sont Joseph d'Arimathie et Nicodème qui sont debout et l'apôtre Jean qui tient le cadavre par les épaules.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Parmi les femmes, Marie, la tête nimbée, a les mains jointes près de son fils. La femme dont on ne voit pratiquement que l'abondante chevelure est Marie-Madeleine. Ses cheveux sont dénoués en signe de repentir de la pécheresse. Les deux autres devraient être Marie Salomé, mère de Jean, et Marie Jacobé, mère de Jacques.

 

 Cette peinture très originale est signée, datée et même localisée par une inscription visible dans le coin inférieur droit:

D. Maestracci

Occhiatana 1939

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

 

Ce tableau a été installé dans l'église paroissiale de Poggiolo peu de temps avant la déclaration de guerre de 1939. Il avait été peint à Occhiatana, en Balagne, près de L'Ile-Rousse, village où vivait le peintre Damaso MAESTRACCI.

 

Damaso MAESTRACCI naquit à Occhiatana en 1888 et y décéda en 1976,

Après avoir participé à la Grande Guerre, il s'inscrivit en 1921 aux Beaux-Arts de Marseille et en obtint le premier prix. Comme l'écrit Julia TRISTANI,

"il présente un profil d'artiste-artisan unique en Corse. Il est le premier sculpteur à introduire et à multiplier dans l'île des œuvres réalisées en plâtre, en ciment, voire en béton armé, reproduisant les techniques des rocailleurs de Provence qu'il côtoie à Bargemon, dans le Var, d'où est originaire son épouse (Apollonie)" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", page 573).

Il était donc beaucoup plus sculpteur que peintre.

 

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Quand il se retira dans son village natal, il dirigea un atelier de statues et de bas-reliefs religieux, véritable entreprise dénommée "L'art religieux".

MAESTRACCI fit partie du grand mouvement de renaissance artistique que connut la Corse entre les deux guerres mondiales et qui fut illustré par la revue "A Muvra". Il fit paraître de nombreux placards publicitaires dans cette revue. Par contre, au contraire de certains rédacteurs de celle-ci, il ne fut pas tenté par l'irrédentisme italien, tout en étant un fervent partisan du régime de Vichy.

Sa notoriété était grande et il n'hésitait pas à répondre à de nombreuses commandes publiques et privées. Ses productions se trouvent dans toute la Corse, comme le montre cette carte:

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Les détails sont disponibles en cliquant ici.

 

L'article de Julia TRISTANI cité plus haut donne la liste des réalisations de Damaso MAESTRACCI à Vico:

 

- statue de la Vierge de Lourdes (couvent)

- statue du Père ALBINI (au couvent)

- Ste Thérèse d'Avila (bas-relief installé dans l'église paroissiale en 1939)

- chemin de croix (église paroissiale Ste Marie), bas-relief monumental béni en 1941 et enlevé dans les années 1980 à cause de la dégradation du plâtre

- reproduction de la grotte de Notre-Dame de Lourdes, installée près du couvent St François en 1938

Photo CTC

Photo CTC

- tombeau du chanoine FRANCHI (cimetière communal)

Photo CTC

Photo CTC

- vase décoratif à l'entrée du cimetière

 

Photo CTC

Photo CTC

- buste en bronze de l'ancien maire François PADRONA, mort en 1938; réquisitionné et fondu par l'armée italienne en 1942, il en reste toujours la base sur la place PADRONA.

Photo CTC

Photo CTC

Il faut y ajouter, tout près de Vico, le chemin de croix de l'église d'Arbori et, bien sûr, le tableau de Poggiolo

Les réalisations effectuées dans les Deux Sorru datent des années 1938 à 1941, créneau dans lequel s'insère parfaitement le tableau de St Siméon.

 

Poggiolo a donc la double particularité de posséder une des rares peintures de Damaso MAESTRACCI et, surtout, de montrer que le Christ était noir.

 

Une vidéo:

une conférence de Julia TRISTANI sur le sculpteur MAESTRACCI est disponible sur le site de TéléPaese en cliquant ICI.

 

Lectures conseillées:

"La commande publique et religieuse au sculpteur Damaso Maestracci: le cas de Vico" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", pages 572 à 576, ed. Alain Piazzola)

"La maison du sculpteur corse Damaso Maestracci, entre lieu de mémoire et demeure d’artiste", article disponible sur internet: https://insitu.revues.org/13438

"Les rocailles, une architecture oubliée", excellente présentation des rocailles de Marseille et notamment du quartier du Roucas-Blanc, par Yves GAUTHEY (ed. Mémoires millénaires)

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 18:00
La devinette du mois: le Christ était noir

Une des grandes énigmes historiques est l'aspect physique de Jésus.

Les Evangiles, ni aucun texte contemporain de sa vie, ne donnent le moindre renseignement sur la taille, la robustesse, la couleur des yeux ou des cheveux du Christ. Le physique d'un homme de type européen avec une petite barbe a été adopté au cours du Moyen Age et a été diffusé sur tous les continents, mais avec beaucoup d'adaptations locales. De nombreuses autres théories furent énoncées, y compris, au XXème siècle, celle d'un Christ noir dont Martin Luther King aurait été partisan.

Cette dernière idée semble avoir été adoptée à Poggiolo.

 

Devinette du mois:

Pourquoi les Poggiolais savent-ils que Jésus était noir?

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 18:00

Grâce à un tableau représentant une ruelle de Poggiolo, il a été possible d'apprendre qu'il avait existé un café, maintenant complètement oublié (voir l'article "Le café de la ruelle derrière St Roch").

Il existe aussi dans le village un café caché. Ce débit de boissons est resté dans les mémoires car il a fermé plus récemment. Il se trouvait devant la chapelle Saint Roch. C'était le bar de Jean-Marie ORAZY.

Jean-Marie en 1977.

Jean-Marie en 1977.

Il n'avait pas de nom officiel mais cet endroit était parfois surnommé "le bar des hommes". Il y régnait une ambiance très corsiste avec un large emploi  de la lingua nustrale et des bruyantes conversations dans lesquelles les récits de chasse dominaient. Les soirées se terminaient souvent par des chants.

 

Pourquoi écrire qu'il s'agit d'un "café caché"?

D'abord, parce que rien ne permet de reconnaître son existence depuis la rue. La porte n'a aucune inscription, aucun vestige d'enseigne ou d'écriteau.

Après le café oublié, le café caché

Mais, une fois à l'intérieur, on se retrouve dans une salle de bar où le temps semble s'être arrêté. Les chaises sont bien rangées autour des tables en bois. Le petit comptoir est toujours intact, au fond, avec les verres et les bouteilles, sur des étagères, comme si tout était prêt à reprendre vie trente-quatre ans après sa fermeture. 

Après le café oublié, le café caché

Depuis le décès de Jean-Marie, le Belvédère reste le seul bar du village à exister et à maintenir l'esprit traditionnel.

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 17:53
Les traditions de Pâques vues par Francine

La fête chrétienne de Pâques a longtemps eu une telle importance que les habitudes alimentaires en ont été marquées. Les œufs en chocolat n'en sont qu'un avatar finalement très récent en comparaison de traditions séculaires que Francine MASSIANI vient de présenter dans "Prima Inseme"

Diffusée sur France 3 Via Stella du lundi au vendredi  à partir de 12h25, ce magazine d'informations pratiques est présenté par Celia PETRONI qui sert de chef d'orchestre aux divers chroniqueurs. Jeudi 6 avril, Francine a donné l'inventaire des plats corses de Pâques en donnant leurs caractéristiques et leurs explications religieuses:

- la morue

- les pois chiches en sauce

- l'agneau et le cabri

- le broccio (dont il faut rappeler que la saison dure de novembre à juin et dont le meilleur serait celui de Piana, d'après un invité))

- le fiadone et l'ambrucciata

- le cacavellu en forme de couronne (mais allongé à Cargese)

- la panetta

De quoi se régaler!

Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez que tout est expliqué dans la bonne humeur.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:59

Des peintres ont réalisé des tableaux des rues de Poggiolo comme ceux qui ont été montrés dans les articles "une rue de Poggiolo" et "Le café de la ruelle derrière St Roch".

Mais ces lieux ont été également immortalisés par le crayon ou le fusain de dessinateurs.

Philippe PRINCE doit être vivement remercié pour avoir envoyé au blog le dessin suivant, malheureusement sans date et avec une signature illisible.

 
Un dessin de la stretta

Sans aucune difficulté, tout Poggiolais peut reconnaître le morceau de la rue principale, la Stretta, entre la chapelle St Roch et la Teghia. Nous voyons l'avant de la chapelle et non son arrière comme dans les deux tableaux mentionnés au début de l'article.

Deux personnages masculins, à la tête couverte, sont dessinés en train de discuter près de la porte du lieu de culte, ainsi que deux petits ânes, plus bas, devant le chemin qui, à gauche, descend à la maison FRANCESCHETTI.

La chaussée est empierrée, comme les deux tableaux déjà montrés, ce qui prouve que l’œuvre date d’avant le bitumage qui a été réalisé entre 1963 et 1966.

Ce dessin ressemble beaucoup à une photo de 1936 prêtée par Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA et qui a été publiée dans l’article "Les changements de la stretta" pour être comparée à la situation du XXIème siècle:

 
Un dessin de la stretta

Quelques différences peuvent être notées:

Le dessin rapetisse fortement la hauteur de la chapelle mais élargit la dimension de la Stretta; il manque une porte à la maison de gauche.

 

De ces images, l’impression qui se dégage est celle d’une vie villageoise qui se déroulait tranquillement.

 

Pour avoir une image plus récente et plus animée du même endroit, voici une photo du début de la procession du 16 août 2001, pour saint Roch. Marie-Ange PAOLI conduit des enfants qui, depuis seize ans, ont certainement bien changé. Pouvez-vous les identifier?

On peut reconnaître facilement le Père BONNAFOUX, actuel supérieur du couvent de Vico, et Philippe DUBREUIL comme porte-croix.

 

 

 
Un dessin de la stretta
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 17:51

Les huit ans du blog des Poggiolais ne sont pas passés inaperçus à l"attention de Pascale CHAUVEAU, la dynamique correspondante de "Corse-Matin" dans les Deux Sorru. Elle a réalisé un entretien de Michel FRANCESCHETTI qui a été publié en bonne place dans le quotidien d'aujourd'hui mardi 21 mars.

Merci pour cette initiative!

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir et mieux lire le texte.

Le blog des Poggiolais dans "Corse-Matin"
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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 18:00

A Sagone, les restes de la cathédrale Sant’Appianu sont bien connus depuis longtemps mais ils se dressaient tout seuls près de l’embouchure du fleuve Sagone. Ces dernières années, les travaux de Daniel ISTRIA ont permis de trouver deux baptistères et beaucoup d’autres vestiges (voir l’article de ce blog: le bilan de l'année 2012).

Mais d’autres éléments sont apparus récemment, comme le révèle «Corse-Matin» du 22 janvier.

Le projet «centre-bourg» de la commune de Vico a été choisi par le gouvernement pour faire partie des 52 communes bénéficiaires de subventions étatiques. Il consiste notamment en la création d’un ensemble administratif de 1.400 m2 qui doit s’élever tout près de l’ancien ensemble religieux. Des fouilles préventives ont été réalisées entre août et octobre derniers (2016) par la société Arkémine, connue pour avoir réalisé l’étude du bâti historique du centre ancien de Bastia et pour avoir fouillé le site du village médiéval déserté de Lazer (Hautes-Alpes). Les chercheurs ont très rapidement découvert de nouveaux et nombreux vestiges antiques, paléochrétiens et médiévaux d’un petit quartier artisanal.

Cette zone sera protégée et mise en valeur pour les touristes qui se rendront ainsi compte de l’importance du port de Sagone dans l’Antiquité. 

Se pose alors la question de savoir quelles furent l’importance et la profondeur des relations entre la ville romaine et les villages de l’intérieur. L’influence romaine, puis chrétienne, a-t-elle pu se faire sentir rapidement à Poggiolo?

Sur les photos ci-dessous, extraites l’une du «Corse-Matin» du 22 janvier, et l’autre de Google Earth, la cathédrale est cerclée de rouge, les baptistères sont en jaune et le quartier artisanal découvert cet été est entouré de bleu.

 
Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.

Vous pouvez lire ici l'intégralité de l'article de "Corse-Matin " du 22 janvier 2017.

Photos et article peuvent être agrandis en cliquant sur leur image.

Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 18:00

La Journée internationale des droits des femmes ou Journée internationale de la femme vient rappeler une fois par an, le 8 mars, que les femmes ont souvent été (et sont encore souvent) obligées d'accomplir des besognes pénibles.

Ce fut le cas en Corse. On connaît l'image folklorique de la paysanne corse portant la tinella, le baquet rempli d'eau, sur la tête quand il fallait aller chercher de l'eau à la fontaine.

Sur son tableau de la ruelle derrière la chapelle Saint Roch, le peintre RIFFLARD avait représenté une Poggiolaise accomplissant cette tâche (voir l'article "Une rue de Poggiolo").

Les droits des femmes à Poggiolo

Ce portage assuré par les femmes n'était pas un simple thème artistique mais une réalité de chaque jour.

Photo pris à la Teghia et publiée dans "L'info U Pighjolu" en août 2007.

Photo pris à la Teghia et publiée dans "L'info U Pighjolu" en août 2007.

Chaque génération reproduisait l'attitude des précédentes, jusqu'à l'installation de l'eau courante dans les maisons de Poggiolo en 1968.

La photo suivante montre un des derniers moments de cette soumission féminine car elle date du 15 août 1967. Bien que ce fut le jour d'une grande fête religieuse, deux jeunes filles portent de lourds brocs remplis à la fontaine du Lucciu. Rentrant au centre du village, elles viennent de passer devant le monument aux morts. Entre elles, un "macho" sans cœur s'amuse de leur peine et surveille que le travail se fasse vite.

Depuis cinquante ans, il y a prescription de tels faits. Mais il est préférable de laisser anonymes ces victimes, très certainement traumatisées pour le restant de leur vie, et leur infâme bourreau.

Les droits des femmes à Poggiolo
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