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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:59

Plusieurs églises de Corse occidentale furent décorées par des artistes russes fuyant la révolution de 1917. L'article "Où sont les traces des Russes ?" a notamment insisté sur l'œuvre d'Ivan CHOUPIK.

Or, les fresques laissées par ce peintre dans l'église St Roch de LETIA se sont dégradées et une restauration de ces œuvres et de tout l'intérieur du bâtiment s'avère indispensable (l'extérieur a été refait les années précédentes). Une convention entre une association créée pour ce sauvetage, la municipalité de Letia et la Fondation du Patrimoine a été signée pour tenter de rassembler les financements nécessaires. Le total des travaux nécessaires s'élève à 195.000 euros. 

"Corse-Matin" s'en est fait l'écho le 20 janvier: 

Sauver Choupik et Rifflard

Mais les soucis ne s'arrêtent pas là pour les habitants de Letia. La chapelle St Martin est également à remettre en état. Pratiquement tout est à restaurer, y compris les fresques de Raymond RIFFLARD, qui avait l'habitude de prendre les figures des habitants du village comme modèles.

Une convention tripartite,  semblable à celle de St Roch, a été conclue pour rassembler les 125.000 euros nécessaires pour les seules peintures intérieures. Le "Corse-Matin" de mardi 9 février nous apprend que, en un an, 26.510 euros ont été recueillis.

Le même article, reproduit ci-dessous, donne un très intéressant historique de l'église St Martin.

Les personnes voulant fournir un don peuvent se renseigner au 06-12-23-59-61 ou sur le site http://www.fondation-patrimoine.org

Sauver Choupik et Rifflard
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 18:04

La Tumbera de Rennu vue par "Corse-Matin" du 1er février.

Succès pour la trentième Tumbera
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 17:59

La Tumbera de Rennu se déroulera dimanche 31 janvier. Il est important de se rendre à cette foire dédiée au cochon et à la cuisine corse traditionnelle qui en est à sa trentième édition.

Le 18 janvier dernier, "Corse-Matin" l'annonçait avec cet article:

La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier

En illustration, quelques photos de l'édition 2015, extraites de la page Facebook de la foire.

La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier
La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier
La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 21:15

L'IMPORTANCE DES FABRIQUES

 

Parmi les articles de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat votée en 1905, il était prévu la suppression des fabriques instituées par le Concordat de 1801. La gestion matérielle de l’église paroissiale était assurée jusque là par un conseil de fabrique ayant ses ressources propres et pouvant les compléter par l’aide du conseil municipal.

Ainsi, le conseil de fabrique de Soccia décida en 1837 de construire une nouvelle église. De même, l’actuel Saint Siméon de Poggiolo résulte d’une décision du conseil de fabrique prise en 1863.

Xavier PAOLI en a décrit la construction dans le numéro 1 du journal «L’Info U Pighjolu» de février 2007 qui fut repris dans un article publié sur ce blog sous le titre "L'église d'en haut": Saint Siméon.

«Le premier argent fut apporté le 4 octobre 1863 par la vente de la "casa chjegale" (presbytère).

Muni de ce premier viatique, la communauté villageoise entama alors un véritable marathon d'opiniâtreté et de volonté qui dura pratiquement 50 ans.

Chaque famille donna soit de l'argent, mais il y en avait peu, soit une part de récoltes: tabac, huile, farine de châtaigne, bétail ...

Il y eu des moments de profond découragement, mais jamais il ne fut envisagé de baisser les bras.

Après bien des vicissitudes, on vint à bout de gros oeuvre le 4 octobre 1874, fête de Notre Dame du Rosaire.

Le curé Pierre-Jean OTTAVY, desservant de la paroisse, spécialement délégué par Monseigneur l'évêque François-Xavier André de GAFFORY, bénit l'église reconstruite. Mais il reste encore beaucoup à faire et, dans une lettre émouvante datée du 7 juillet 1889, le Président du conseil de fabrique, en désespoir de cause, envoie une supplique au ministre des cultes où il dit : "Les habitants, épuisés par les sacrifices énormes qu'ils se sont imposés dans le but d'avoir une église, ne peuvent plus rien donner, malgré toute leur bonne volonté". Avec ou sans subvention, on décide pour la décoration de s'adresser au peintre Jean-Noël COPPOLANI de Marignana.

Celui-ci, l'argent manquant, fut le plus souvent rétribué en victuailles diverses: décalitre de pommes de terre, vin, tabac, huile, farine de châtaignes, cabri ...»

 

L'église St Siméon et le cimetière (vus depuis le Tretorre).

L'église St Siméon et le cimetière (vus depuis le Tretorre).

UN PATRIMOINE CONFISQUÉ

 

On conçoit l’inquiétude des paroissiens quand ils apprirent la suppression de ces fabriques et leur remplacement par des associations cultuelles à la composition obscure. Dans son encyclique «Gravissiom officii», le pape Pie X refusa cette nouvelle institution.

Par ce refus, «l’Eglise catholique ne joue pas le jeu, préférant perdre son patrimoine que de s’associer à une loi qui lui a été imposée sans négociation». (Jean SÉVILLIA, «Quand les catholiques étaient hors la loi», Perrin, 2005, page 223).

Mais, comme prévu, le 12 décembre 1906, un an après sa publication, la loi sur la Séparation entra en vigueur. Partout, les bâtiments ecclésiastiques furent mis sous séquestre. A Ajaccio, Mgr Jean-Baptiste DESANTI «est évêque depuis à peine quatre mois que le 18 décembre 1906, il est expulsé du palais épiscopal situé cours Grandval» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, page 227).

A Soccia, Jean-Baptiste PAOLI, trésorier du conseil de fabrique, rendit sa comptabilité : «Les dépenses étant égales aux recettes, toutes les opérations de l’exercice 1906 étaient déclarées définitivement closes et sinon pour toujours, du moins jusqu’à de meilleurs temps» (cité par Jean-Baptiste PAOLI, «Santa Maria Delle Grazie, a nostra ghjesgia», A Mémoria, page 12).

Il faut surtout retenir le beau texte de protestation adopté par ce conseil :

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : La fabrique part dans la dignité (2/6)

Avant de se séparer en vertu de la loi dite de séparation, les membres du conseil de fabrique de Soccia, sentent le besoin et se font un devoir de protester hautement contre une loi qui leur enlève l’administration temporelle d’une Eglise qu’ils ne doivent ni à l’Etat, ni au Département, ni à la Commune. Ils l’ont construite et ornée, grâce à un travail opiniatre, à des libéralités et à des sacrifices sans bornes. Et ils trouvent étrange que l’on vienne les empêcher de travailler pour la plus grande gloire de leur Dieu, alors qu’ils ne troublent en aucune façon l’ordre public et observent religieusement les lois de la justice et de la morale.

On va jusqu’à les dépouiller des biens qu’ils détiennent de bienfaiteurs croyants et généreux, mais ils entendent que les dons faits à leur Eglise, sans être l’objet d’une donation et d’une acceptation en bonne et due forme, ne puissent être soumis à aucun séquestre, ni enlevés par aucun ordre, si ce n’est par la volonté du donateur ou de ceux qui ont mission de diriger et de gouverner l’Eglise.

 

Ad Sempiternam Dei Gloriam.

Cejourd’hui, 11 décembre 1906.

Les membres du Conseil de fabrique de Soccia.

 

L’Eglise catholique avait tout perdu. «On abandonnait, sur consigne de Rome, et sans possibilité de le reconstituer, le maigre patrimoine patiemment reconstitué depuis le Concordat.» (François J. CASTA, op. cit. , page 227).

 

Pour résoudre le blocage, le gouvernement fit voter le 2 janvier 1907 une loi attribuant les églises paroissiales aux communes qui pouvaient ensuite en laisser la jouissance aux curés. Tous les conseils municipaux des Deux Sorru votèrent rapidement cette autorisation.

 

Puis, le temps apaisa petit à petit les blessures…

(à suivre: le sauvetage du couvent)

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 18:00

Le village d’Azzana est peu connu des Poggiolais alors qu’il est tout proche, à 7 kilomètres au sud à vol d’oiseau. Seulement, entre les deux, se dressent les hauteurs du Tretorre. 

Le Tretorre vu de Poggiolo.

Le Tretorre vu de Poggiolo.

Par la route, il faut parcourir pratiquement 34 km pour arriver dans cette commune du Cruzini.

Azzana a été fondée au XVIIe siècle par six familles de bergers originaires de Guagno. Elle était une étape sur une des routes les plus courtes pour conduire les troupeaux entre la montagne et la plage. Depuis Guagno, on peut passer par le col de Messicella ou celui de Campu d’Occhiu. De Poggiolo, on peut monter à travers la forêt de Libbio. Les relations entre ces villages ont donc pu exister depuis longtemps avant l’époque de l’automobile.

La devinette du mois : Poggiolo et Azzana. La solution.

Quel est donc le rapport avec l’église Sainte Lucie? La réponse se trouve dans l’Inventaire général du patrimoine culturel, sur le site du Ministère de la Culture. La notice présentant l’église d’Azzana comporte les lignes suivantes:

 

«Mentionnée sur le Plan Terrier dressé en 1785, la chapelle Sainte-Lucie semble avoir été construite au cours du 3e quart du XVIIIe siècle par les familles Battesti et Antonietti "sur un terrain appartenant à feu Battesti François Xavier curé", comme le précise le desservant d'Azzana, Colonna, en 1905 (Archives diocésaines). Elle est partiellement reconstruite en mai 1795, date à laquelle Domenico Battesti déclare qu’elle est pourvue de tout ce qui est nécessaire et qu’il reste simplement à doter le maître-autel d’une pierre sacrée et de reliques. Il précise qu’une ancienne pierre d’autel qui a servi à l’ancienne église paroissiale de Poggiolo a été récupérée et que la communauté s’est également procuré des reliques. Il souhaite que l’évêque de Sagone autorise le curé à déposer sur le maître-autel cette pierre et les reliques et qu’il consacre l’église (A.D.2A : série G, non classée).

En 1823, l'église paroissiale Saint-Nicolas, rendue excentrée par la création de la commune de Scanafaghjaccia, est abandonnée au profit de la chapelle qui est alors érigée en église paroissiale par Mgr Sebastiani.»

Ste Lucie d'Azzana (photo extraite du site www.chibu ou «une écrevisse dans le maquis»).

Ste Lucie d'Azzana (photo extraite du site www.chibu ou «une écrevisse dans le maquis»).

Comment se fait-il qu’une pierre d’autel de Poggiolo ait servi à Azzana ? A-t-elle été achetée ou volée ? Est-ce un don des Poggiolais ? Pourquoi est-il précisé «l’ancienne église paroissiale» de Poggiolo? Serait-ce un vestige abandonné quand St Siméon fut désacralisé à la suite du meurtre de 1634?

Au XIXe siècle, des travaux d’agrandissement, s’étalant de 1839 à 1905, transformèrent totalement Sainte Lucie. On peut donc se demander si cette pierre d’autel est toujours à Azzana.

En tout cas, si les fidèles catholiques d’Azzana purent prier dans leur église, ils le durent en partie à Poggiolo.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 17:54

Les Russes blancs réfugiés en 1921 en Corse après la victoire communiste n’ont pas laissé beaucoup de traces. Peu d’entre eux ont fait souche dans l’île. Il ne reste plus de vestiges de leur village installé près de GUAGNO-LES-BAINS et qui était évoqué par l’article «Des Russes dans les Deux Sorru».

Pourtant, il est encore possible de voir des œuvres picturales de deux d’entre eux: Ivan CHOUPIK et Nicolas IVANOFF.

Une grande partie des renseignements cités ici est extraite des pages 37, 38 et 39 de «Patrimoine religieux de la communauté de Letia», publication éditée en 2012 par l’association Letia-Catena. Ces pages ont été reprises par le site http://www.kalinka-machja.com/

LA CARRIÈRE DE CHOUPIK

Ivan CHOUPIK

Ivan CHOUPIK

Ivan CHOUPIK , né en 1898 dans le village de Prokovskoïe, district de Zaporog, en Ukraine combattit dans l’armée WRANGEL et fit partie des émigrés du «RION» débarqués en Corse.

Voulant rester en Corse, il fut, avec une dizaine de compatriotes, engagé en 1921 comme journalier à LETIA par Minighella ARRIGHI, dite Paiona, pour entretenir des vignes et des oliveraies.

«Ces ouvriers se réunissaient régulièrement dans le café de la Murella, tenu par Jean Arrighi, dit Ghjuvani di Rosa. Ils étaient célibataires et festoyaient, en appréciant les alcools locaux qu’ils découvraient dans cet établissement où ils dansaient et chantaient régulièrement leurs airs traditionnels. La monnaie tsariste, dont ils n’étaient pas démunis, n’ayant plus cours et donc de valeur, ils en faisaient cadeau aux enfants de Cugugnana qui ont longtemps conservé le souvenir de billets de grande taille que les émigrés russes distribuaient libéralement, devant le café de la Murella.» («Patrimoine religieux de la communauté de Letia»)

Cette partie fait penser au témoignage de Mimi CANALE publié sur ce blog :

 «une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café.»

S’agit-il de deux groupes de Russes différents ou des mêmes hommes qui circulaient entre les deux villages qui ne sont pas si éloignés ?

 

Remarqué par sa patronne, Ivan CHOUPIK exécuta des tableaux de paysages. Puis, le conseil de fabrique de la paroisse de LETIA lui demanda de décorer l’église de San Roccu. En voyant le résultat, le curé de PALNECA lui commanda un travail pour son église. La carrière du nouveau peintre était lancée. Mais elle ne dura qu’une dizaine d’années.

 

intérieur de San Roccu de Letia

intérieur de San Roccu de Letia

Résidant souvent dans la ville impériale, CHOUPIK fit partie de l’école d’Ajaccio qui avait pour animateur BASSOUL, décorateur de l’église Saint Siméon de POGGIOLO.

Le style de CHOUPIK se rapprochait beaucoup des maîtres baroques du XVIIe siècle.

Il décora l’église d’Evisa en 1925, les deux églises de Cargese, celle de Pietranera en 1927, celles de Rosazia et de Salice en 1929, et aussi celle d’Appietto. Il signait souvent ses œuvres CHOUPIC.

église d'Appietto

église d'Appietto

Ayant obtenu la nationalité française en 1929, il voulut épouser une native de Letia mais sa religion orthodoxe était un obstacle pour les familles corses catholiques. Il partit s’installer en Tunisie, avec la famille ARRIGHI-RAGAZZACCI, et devint employé de l’administration. Il y épousa une jeune fille d’origine italienne ou maltaise dont il eut un fils Serge. Ivan CHOUPIK décéda à Tunis en 1941.

 

 

SOCCIA AVEC IVANOFF

Son talent se montra également à SOCCIA.

En effet, les comptes de la paroisse, analysés par Jean-Baptiste PAOLI, comportent parmi les dépenses la mention suivante :

«2 mai 1925: travaux de peinture confiés à peintres russes (YVANOV et CHOUPIK) - voûtes des chapelles latérales Annonciation et prédication de St Jean-Baptiste – 1.100 fr + 32 fr de fournitures ».

 

intérieur de l'église de Soccia

intérieur de l'église de Soccia

plan de l'église de Soccia avec indication des deux chapelles restaurées par Choupik et Ivanoff

plan de l'église de Soccia avec indication des deux chapelles restaurées par Choupik et Ivanoff

Nicolas IVANOFF

Le second restaurateur des fresques socciaises était aussi un passager du «Rion».

Nicolas IVANOFF (orthographe officielle) était ingénieur de profession. Il participa à l’équipe de BASSOUL qui décora l’église d’Ota. Il fut associé à CHARPIK pour Evisa en 1925, puis la même année à SOCCIA, et ensuite pour les deux églises de Cargese. Il put se fixer en Corse, plus précisément à Cargese où il épousa une demoiselle VERSINI et y décéda, devenu centenaire, en 2000. Son petit-fils, qui se prénomme également Nicolas, est un champion de voltige aérienne de réputation internationale.

 

Le souvenir des Russes n’est pas perdu car il suffit de regarder les murs et les plafonds de certaines de nos églises des Deux-Sorrù et des Deux-Sevi.

Mais est-ce le cas à Poggiolo? IVANOFF et CHARPIK ont-ils laissé quelque chose à Saint Siméon ou à Saint Roch? Ont-ils aidé BASSOUL pendant ses travaux dans cette paroisse?

Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de donner une réponse. Un de nos lecteurs aurait-il des renseignements ?

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 18:00

L’aiutu est une belle tradition corse. Ce mot, qui se traduit par «aide» ou «entraide», désigne le fait d’aider gratuitement ses voisins lors d’événements importants. Peut-être cet aiutu est-il nécessaire maintenant, après les attentats du 13 novembre?

 

Dans la Corse rurale d'autrefois, l'aiutu pouvait être pour des bergers de s’associer afin de tondre les moutons en commun. Dans un village, chacun pouvait charrier des pierres pour la construction d’une maison ou d’une église, comme ce fut le cas au XIXème siècle pour Santa Maria delle Grazie à Soccia ou Saint Siméon à Poggiolo. Voir l'article: A quoi ressemblait l'ancienne église? (2/2)

L’aiutu est la marque de l’existence d’une communauté à l’intérieur de laquelle les liens restent assez puissants pour considérer comme normal de donner des heures de travail.

Cette entraide se manifeste encore. Ainsi, Pascale CHAUVEAU, dans son article paru le 5 novembre dans « Corse-Matin », a bien fait de placer son récit de la fête des bastelle à Soccia le 2 novembre dernier dans le cadre de l’aiutu.

Ce texte montre bien les différentes formes d'aiutu qui ont été nécessaires pour réussir cette fête.

Les bastelles de l'aiutu à Soccia
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:00

 Le bâti patrimonial a besoin d’être constamment entretenu, même s’il se trouve en pleine montagne et loin des villages.

Il en est ainsi de la chapelle Saint Elisée (San Eliseu) au-dessus d’Orto. Un article de Pascale CHAUVEAU publié dans le «Corse-Matin» de jeudi 22 octobre dernier (voir ci-dessous) nous apprend que les travaux de restauration du toit de la chapelle et de la statue du saint ont commencé.

Le site a été entouré par une nouvelle clôture en palissade traditionnelle, avec un portail d’entrée surmonté d’une croix, réalisée par Christophe CHAUVEAU. L’outillage et les matériaux ont été amenés par des hélicoptères du Parc Naturel et par les mules de Dominique CORRIERAS. De nombreuses autres bonnes volontés se sont manifestées.

La journaliste montre l’importance de Saint Elisée comme lieu de pèlerinage en faisant référence à un bon article de Véronique EMMANUELLI paru le 20 décembre 2013 et repris le lendemain dans le Blog des Poggiolais.

Mais ce n'est pas la première fois que que cet édifice connaît des transformations. Le site Corse romane, qui donne une étude très précise de la chapelle, estime qu’il devait y avoir autrefois un bâtiment plus grand que l’actuel, lequel pourrait dater de 1800 (1810 d’après «Corse-Matin»). L’article est accompagné d’une série de photos montrant tous les détails de l’édifice.

Se connecter sur l’adresse : http://corse-romane.eu/spip.php?article173

Saint Elisée sera plus beau

Après la très réussie restauration des bergeries de Livru, les travaux à San Eliseu montrent l’intérêt de la communauté d’Orto, et de l’ensemble de Sorru in Sù, à la préservation du patrimoine.

Le prochain pèlerinage du 29 août n'en aura que plus d’éclat.

Saint Elisée sera plus beau
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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 18:00

Depuis quelques jours, le territoire de Poggiolo a vu l’installation de cinq curieux édicules métalliques en forme de Z. La partie supérieure supporte un plateau rectangulaire décoré de textes et d’images et fabriqué en matériau destiné à résister aux intempéries. La partie verticale est évidée pour lire l’inscription «Corse du Sud» au-dessous d’une demi-tour génoise, symbole du département dont le chef-lieu est à Ajaccio.

Cette installation a été décidée par le conseil général, avant qu’il devienne conseil départemental. Les pupitres font partie de la signalétique du PDIPR (plan départemental des itinéraires de promenades et de randonnées). Toutes les communes traversées par les quelques 2.000 kilomètres de sentiers de Corse du Sud doivent progressivement recevoir cet équipement.

Cette excellente initiative permettra de mieux faire connaître aux touristes les richesses naturelles et historiques des villages par où ils passent.

 

Qu’est-il donc montré sur les panneaux poggiolais ?

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

 

Le premier se trouve dans un lieu hautement stratégique, près du pont de Guagno-les-Bains, au début du sentier qui va vers le confluent, et de là à Letia, et de celui qui monte vers Soccia par les Trois Chemins.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

La plaque, intitulée «I Bagni di Guagnu», comporte un texte, écrit en français et en corse, sur l’historique des Bains et les caractéristiques des deux sources. Dommage que le mythe de l’impératrice Eugénie curiste régulière de l’établissement thermal ait été repris.

Pour la réalité des rapports entre Eugénie et les Bains, se référer aux articles "La baignoire de l'impératrice" et "Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)".

La carte postale qui est au milieu a été bien choisie car elle montre le bâtiment de l’ancien hôpital militaire.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

A l’entrée de Poggiolo, tout près du sentier se dirigeant vers Guagno, il est impossible de râter l’ensemble de trois pupitre alignés au bord de la route.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

L’un d’eux est bilingue, mais français-anglais cette fois.

Un petit texte décrit fort bien l’apparition des premiers hameaux de POGGIOLO.

Il est fait mention de l’importance de St Siméon, de sa désacralisation et de sa reconstruction.

Ces éléments sont repris dans une frise chronologique qui situe le village par rapport à l’histoire de la Corse.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Pour la Préhistoire, le site de Campivu est cité deux fois. Mais il est précisé qu’il est «au-dessus des bagni» alors que ce nom concerne la butte qui est en face du village, de l’autre côté de la rivière.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

D’autre part, il est écrit que l’on y a trouvé «un épandage de rhyolithe» alors que l’orthographe consacrée par les dictionnaires est «RHYOLITE». Comme la Corse est pauvre en silex et en obsidienne, les hommes du Paléolithique utilisaient cette pierre volcanique pour leurs outils et leurs armes.

 

La deuxième borne repète le texte de sa voisine, mais en langue corse. 

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Elle utilise la carte du cadastre napoléonien pour donner l’explication des noms, liés à la nature ou au travail humain, de quatre lieux de la commune. Elle donne aussi, d’après le texte du Socciais Antomari OTTAVY, le récit de la légende du Tretorre fendu par les pattes de la jument guagnaise du Diable.

Une autre version a été publiée sur le blog des Poggiolais. Voir l'article: "Les légendes de chez nous (5/7): les trois tours du Tretorre".

Le sommet tripartite est illustré par une photographie vue de… Guagno car on ne voit pas les trois tours depuis Poggiolo.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Sur le troisième pupitre de ce groupe, une carte montre les différents sentiers du PDIPR autour de Poggiolo avec leurs différents balisages. Curieusement, elle est accompagnée du même texte (en français) sur les Bains de Guagno que celui se trouvant sur la borne du pont des Bains.

Une curiosité : au jour de la rédaction de cet article, l’adresse internet du site d’actualisation du PDIPR, inscrite sous le plan, ne fonctionne pas.

 

A l’intérieur de Poggiolo, sur la place Saint Roch, un pupitre a été scellé prés de la cabine téléphonique. 

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres
Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Intitulé «Un territoire nature», le texte vante la large «palette des disciplines sportives disponibles» dans l’ensemble de la Corse-du-Sud et insiste sur les randonnées pédestres. Exactement les mêmes recommandations que dans la précédente borne sont données aux marcheurs. Il vaut mieux répéter pour éviter les risques d’accident.

L’emplacement a été très bien choisi car, de cette place, on a un beau panorama sur Libbiu, Guagno-les-Bains et Sorru, à condition, bien sûr, de ne pas laisser les arbres voisins prendre trop de place.

 

Ces pupitres, malgré leurs imperfections, devraient permettre aux touristes de s’arrêter pour connaître quelques attraits de Poggiolo et Guagno-les Bains. Aux habitants de montrer ensuite qu’il existe beaucoup d’autres atouts.

 

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Photos Nicolas MARTINI

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 17:59
Le Vésuve et Pompéi : la solution

Le Vésuve et les ruines de Pompéi, montrés la dernière fois, font partie d’une fresque qui comporte également des montagnes (très certainement les Apennins).

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Le décor est très fleuri.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Le golfe de Naples et les montagnes sont vus depuis les arcades à demi-ruinées d’une terrasse en trompe-l’œil.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Toutes sortes d’oiseaux volent sur le plafond.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

La pièce est toute entière recouverte par ce décor qui permet d’oublier les murs épais qui sont de chaque côté.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Cette décoration se trouve tout simplement… au couvent de Vico.

Au XIXème siècle, Mgr CASANELLI d’ISTRIA, évêque d’Ajaccio de 1833 à 1869, résidait l’été au couvent. Il y avait fait aménager, au rez-de-chaussée de l’aile Est, cette pièce de réception qui fut peinte par Aglaé MEURON, artiste corse née à Calenzana en 1836 et décédée à Ajaccio en 1925. Parmi ses œuvres, figurent des représentations de paysages et de personnes de Vico (comme Mme Rose SANVITO ALATA dont le portrait se trouve au Musée Fesch).

Egalement, d’après le Père Louis DOAZAN, «Aglaé MEURON aurait décoré de motifs religieux la chambre de l’évêque» (page 71 de son livre «Le couvent Saint François de Vico»).

 

Evoquer ce lieu est d’actualité. Les fresques de cette pièce ont été restaurées par Sophie (originaire d’Orto) et Yves TOTI-LUTET. Les habitués du salon des artistes-peintres de Poggiolo ont déjà eu l’occasion de voir des œuvres de ce couple et connaissent le soin apporté à ses travaux.

Un article paru dans "Corse-Matin" du mercredi 28 octobre 2015 présente cette «médecine artistique» réalisée à Vico. Le texte fait une petite erreur en donnant à Madame MEURON le prénom d’Agathe.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

La salle de réception se trouve dans l’aile qui est à droite de la photo.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

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Photos Michel Franceschetti, sauf la dernière.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

Dimanche 19 novembre:

messe à Soccia à 11h.

Samedi 25 novembre au couvent de Vico, à partir de 19 h:

 soirée de rencontre, partage et débat sur le thème "La Mission aujourd'hui, pour nous" avec Bertrand EVELIN, omi.

Dimanche 26 novembre:

fête du marron à Evisa.

Samedi 2 décembre:

soirée soupe corse au couvent St François à partir de 20h. Prix: 20€.

S'inscrire auprès de Mme BASSI (04-95-26-62-29) ou au secrétariat du couvent, le matin uniquement, au 04-95-26-83-83.

Vacances de Noël:

du samedi 23 décembre au lundi 8 janvier.

 

La météo poggiolaise

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Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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