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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 18:00

Tous les Poggiolais connaissent la fontaine du Lucciu (ou du Luccio pour certains) et il peut paraître curieux de demander ce qu'il lui manque pour être ce pourquoi elle a été construite.

28 juillet 2011

28 juillet 2011

Comme toute fontaine normale, l'eau tombe dans un bassin de réception. Le trop-plein qui part par la gauche était destiné à rejoindre une citerne de stockage pour alimenter des jardins voisins. Depuis la construction de cet édifice en 1898 jusqu'à la mise en place de l'eau courante dans chaque maison en 1968, les habitants se rendaient au Lucciu pour remplir cruches, seaux ou brocs afin de se ravitailler en eau de la vie quotidienne.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

Bien sûr, les analyses ont montré maintenant que sa qualité sanitaire est loin d'être parfaite. Mais, à l'époque, personne ne le savait.

Deux documents anciens montrent l'utilisation de la fontaine:

- Cette image extraite d'un film tourné par Jean-Martin FRANCESCHETTI en 1952. Une femme remplit un broc en tôle émaillée pendant qu'un autre est en attente.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

- cette photo prise par Marie QUAIRÉ et datant du 15 août 1967. Hervé CALDERONI lit le journal en attendant qu'un broc en plastique (le progrès est passé par là!) soit rempli.

Solution de la devinette du mois: Pourquoi la fontaine de Poggiolo est-elle incomplète?

De gauche à droite, on peut reconnaître François OLIVA, Bernard FRANCESCHETTI, Jeanne CECCALDI (maintenant épouse GRIMALDI), Martine CECCALDI, Dominique PINELLI, Michel FRANCESCHETTI, Joël CALDERONI, Hervé CALDERONI.

 

Le problème est là: si, par extraordinaire, l'on voulait de nouveau remplir des récipients, il ne serait pas possible de les poser.

Aucun support n'existe plus.

 

Cette photo le prouve.

15 août 2016

15 août 2016

Auparavant, deux barres métalliques placées sous le jet d'eau permettaient de bien placer les récipients et de les laisser se remplir.

été 2008

été 2008

20 juillet 2009

20 juillet 2009

Depuis plus de deux ans, ces barres ont disparu. Il reste leurs extrémités fixées dans le ciment du bassin.

22 août 2014

22 août 2014

Il n'est pas indispensable de remettre ces barres car elles n'ont plus d'utilité mais il est bon de savoir qu'elles ont existé et que le Lucciu ne peut plus remplir sa fonction originelle.

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 18:00

La fontaine du Lucciu est, avec le clocher de Saint Siméon, l'un des symboles de Poggiolo.

Pourtant, il lui manque quelque chose qui l'empêche d'être ce pourquoi elle a été construite.

De quoi s'agit-il? Réponse dans l'article de demain. 

La devinette du mois: la fontaine incomplète
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 18:08

Le four présenté dans l’article intitulé "Le four oublié" est celui de la maison de la Pisciata.

La maison oubliée
La maison oubliée

Ces deux constructions existent bien dans le village de Poggiolo mais sont très peu connues.

Sur la photo aérienne ci-dessous (extraite de Google), le cercle bleu entoure la maison et le four.

Il est possible d'agrandir ces images en cliquant sur elles.

La maison oubliée

Ces maisons semblent perdues en pleine zone d’arbres et de broussailles. Pourtant, placées entre le cimetière (à côté de l’église cerclée de noir) et la route d’Orto, elles ne sont pas très éloignées des premières habitations du village.

Cette zone s’appelle Pisciata. Elle était bien nommée et représentée sur le cadastre de 1857.

La maison oubliée

Comme sur la photo d’aujourd’hui, l’église St Siméon a été distinguée par un trait noir. La maison est en bleu. Le four, qui était plus visible autrefois, est dans un cercle rouge.

Le plan cadastral permet d’apprendre que Pisciata était le nom d’un ruisseau qui passait en dessous de la maison. Il rejoignait un autre cours d’eau dit Calonica partant approximativement de l’endroit où se trouve maintenant la station de pompage.

Pour s'y rendre, le chemin est difficile à trouver. Une fois les broussailles écartées, la façade de la maison s’offre au visiteur.

La maison oubliée

Ce côté, qui est face au sud, présente deux portes en rez-de-chaussée et trois fenêtres en étage. L’autre côté, orienté au nord, n’a qu’une ouverture.

La maison oubliée

Les murs ont été construits avec des pierres semblables aux autres maisons du village. On peut remarquer la grosseur du linteau. Près de la porte, une niche a été creusée et un anneau est encore fixé au mur.

La maison oubliée

Si les murs paraissent toujours solides, le toit a en partie disparu, surtout dans la partie ouest comme le montre la photo aérienne, et la charpente s’est écroulée ou a été envahie par les ronces.

La maison oubliée
La maison oubliée
La maison oubliée

Pourtant, cette ferme était autrefois le centre d’une assez grande exploitation.

Il semblerait que le dernier agriculteur à l’avoir mise en valeur ait été Pascal “Ignace” MARTINI dit «Calzitone», né le 28 janvier 1869 et décédé le 15 avril 1945 à Poggiolo. Il n’eut pas d’enfant et ses trois frères (Dominique Marie dit Picciatinu, “Jules” François et Toussaint) s’étaient installés en Algérie.

La maison fut donc abandonnée et la végétation la fit disparaître peu à peu. Et elle fut oubliée.

Sic transit gloria mundi.

La maison oubliée

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Photos Michel Franceschetti

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 18:01

La période de la Toussaint est le moment des bastelle que l’on cuit traditionnellement dans les fours qui sont remis en marche pour cette occasion.

Qu’ils soient en parfait état ou très abîmés, les fours de Poggiolo sont nombreux. Un recensement avait été tenté en novembre 2010 sur ce blog mais il avait fallu trois articles supplémentaires pour les citer tous. Leurs références sont citées en bas du texte d'aujourd'hui.

Pourtant, il manquait encore un élément à cette liste. Nous vous en offrons des photos exclusives.

Le four oublié
Le four oublié

On voit que ce four est perdu dans les broussailles. Cependant, il n’est pas isolé car il est juste derrière une maison poggiolaise.

Le four oublié

Quelle est cette maison ? Où se trouve-t-elle dans la commune ? Les réponses seront données dans le prochain article.

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 18:09

Patricia BAUDOUX continue à faire connaître la chanson corse sur internet et sur les ondes avec ses émissions "Corsica ... ou la musique corse dans tous ses états" et "Canti sacri di Corsica" sur Facebook (https://www.facebook.com/corsicalemission/?fref=ts) et sur le blog http://corsicacanalbleucorreze.skyrock.com/.

A l'occasion du souvenir de l'armistice du 11 novembre 1918, elle a publié dimanche 13 un bon choix de chants en rapport avec la première guerre mondiale. En voici la liste:

Corsica; Petru Guelfucci; Corsica

Verdun; Jacques Culioli; L'Ossi del Mondu 

Altru sirinatu;  Alemania 14-18

Triste duo; Xinarca; Curemonte; juillet 2010

Sanctus; Chjami Aghjalesi; Cantu Sacru

Ai Maria; Filu d'Amparera; Incanti di Natali

Un omu in Verdun; Christophe Mondoloni; Cresce

Tù babbu in 18; Surghjenti; La source

Stella di ghjornu; Isulatine; Sumena Amore

Entre Corse et Continent; Edgard Julius; Compil

U Focu; Ange Lanzalavi Trio; Dulcezza

U ritrattu; Maryse Nicolai; Anthologie chanson corse vol 4

Paghjella madrigalesca; Madricale; Sempre fidi

A core strintu; Orizonte; Ritruvassi

Chemin Des Dames; Alte Voce; Chants Et Polyphonies Corses

Lettera a mamma; Terra; Les secrets d'une terre

Ciucciarella (variations); A Vuciata; Canti di Natale

Dio VI Salvi Regina; I Muvrini; Pulifunie

Une semaine plus tôt, l'émission 421 du 6 novembre 2016 contenait l'interview exclusive du groupe Surghjenti à l'occasion de sa venue à Objat (Corrèze) le 16 octobre dernier pour un concert à l'invitation de l'association Corsica Aldilà.

I Surghjenti à Objat.

I Surghjenti à Objat.

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 18:00

Les Poggiolais rendent hommage à leurs morts début novembre comme partout ailleurs. Mais ils ne vont pas tous au même cimetière.

Trois endroits sont possibles pour porter des fleurs aux restes des ancêtres.

Le plus évident et le plus utilisé est évidemment le cimetière communal.

Mais il existe aussi un cimetière privé qui abrite une douzaine de tombes et qui a été présenté le 2 novembre 2010 dans l’article «Un cimetière privé».

Enfin, il ne faut pas oublier les caveaux. Il en existe plusieurs de différentes tailles dans l’enceinte du cimetière.

Les caveaux poggiolais

La coutume de l’arca, l’enfouissement dans une fosse commune creusée sous l’église, avait été combattue par les Génois et par la monarchie française. Finalement, Napoléon Ier imposa l’usage du cimetière avec fosses individuelles sur un terrain communal. L’arca disparut presque partout entre 1810 et 1830. Pour cette raison, le cimetière de Poggiolo ne contient pas de tombeaux du XVIIIème siècle.

Mais certaines familles, voulant montrer leur puissance ou leur indépendance, préférèrent garder leurs morts sur des terrains personnels.

Pour avoir plus de renseignements sur ces questions, se référer à l’article «A la recherche de l'arca perdue ».

A Poggiolo, il existe, en dehors du cimetière privé, un caveau qui se remarque aisément de loin, juste en dessous de l’église St Siméon.

Les caveaux poggiolais
Les caveaux poggiolais
Les caveaux poggiolais

Sa construction fut décidée au printemps 1880 par un nommé Jean DESANTI, tout près de l’église mais sur un terrain lui appartenant.

Le bâtiment est totalement anonyme. Aucune inscription n'est visible à l'extérieur. Le caveau est de grande ampleur mais sa décoration est très simple. La façade ressemble à une église avec un fronton triangulaire surmonté d’une croix en pierre et le dessin de quatre piliers plats verticaux légèrement en relief se terminant par une corniche en saillie. A part les piliers qui sont en beige, la peinture est blanche.

Les caveaux poggiolais

Une porte en bois toute simple sur laquelle une croix est fixée permet d’entrer.

Les caveaux poggiolais

 L’intérieur rassemble les restes de la famille DESANTI derrière un petit autel. Cette bâtisse n’est pas un simple caveau mais une chapelle funéraire. La dernière messe qui y fut célébrée il y a quelques années était présidée par Mgr ZEVACO, Vicolais et ancien évêque de Madagascar.

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Un autre caveau familial existe un peu plus bas mais il est bien moins visible car de dimensions moindres et car il est en partie caché par la végétation.

Les caveaux poggiolais

Maisonnette surmontée d’une croix, avec des murs décorés de pierres alternativement grises et rouges, sa construction date de la fin du XXème siècle. L’inscription «FAMILLE L. A. PINELLI» permet de savoir que ce caveau est celui de cette branche de la famille qui a été l’une des plus anciennes et des plus nombreuse de Poggiolo.

La façade est constituée par douze plaques fermant les casiers destinées aux cercueils. Six places sont occupées.

Les caveaux poggiolais

Au pied du caveau, de nombreuses fleurs et décorations témoignent de l’attention portée par la famille.

 

Quel que soit le lieu, les Poggiolais tiennent à respecter les ancêtres qui leur ont permis d’être ce qu’ils sont.

Les quatre lieux consacrés aux morts de Poggiolo.

Les quatre lieux consacrés aux morts de Poggiolo.

1: Cimetière communal

2: Cimetière privé

3: chapelle funéraire DESANTI

4: caveau PINELLI

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 17:55

Un reportage de France 3 vient de rappeler l'importance de la tradition des bastelle à Soccia.

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 18:00
Un monstre d’Halloween à Poggiolo

Une figure grimaçante ressemblant à une citrouille rouge-orangée avec une bouche et des yeux lumineux. Quelle est cette horreur photographiée à Poggiolo par Thierry CALDERONI ? Les monstres d’Halloween auraient-ils attaqué le village ?

Pas du tout car, en regardant bien, on peut se rendre compte qu’il s’agit du clocher de Saint Siméon éclairé le soir. Confondre ce vénérable monument catholique avec une créature païenne est un véritable sacrilège.

Un monstre d’Halloween à Poggiolo

Le 31 octobre, Halloween, antique coutume celte adoptée par les Américains, pollue le début novembre en détournant la fête dédiée le 1er à tous les saints et le jour de recueillement et d’espérance en une autre vie qu’est le 2. En Corse, les habitudes mercantiles anglo-saxonnes sont d’autant plus mal venues qu’il y existe la tradition de la saint André se déroulant le 30 novembre.

Cette fête est bien expliquée sur le site du village de Rutali (http://www.rutali.fr/) où la tradition est toujours vivace.

"Sant’ Andria : La fête de Sant’ Andria était jadis présente sur l’ensemble de la Corse, cette tradition s’est maintenue dans certains villages de l’île. A Sant' Andria est une coutume corse, quelque peu oubliée, dans la société traditionnelle, elle consistait à fêter le passage de l’automne à l’hiver. A la fin des récoltes, on partageait avec les plus démunis dans un souci de solidarité.

Cette fête concerne essentiellement les enfants; les adultes doivent en revanche les encourager et participer en leur offrant des friandises, des bonbons…

La tradition voulait que les jeunes gens se réunissent sous la conduite d'un responsable qui connaît la comptine appelée en corse « a pricantula », pour ensuite la chanter tous ensemble et du porteur du sac « u saccu » pour aller faire le tour des maisons du village et frapper de porte en porte en chantant :

"Sant’Andria piscadore, piglia un pesciu è falli onore

Pigliane un antru pè curtesia, falli onore è mandalu via".

Les propriétaires des maisons visitées donnent aux enfants des fruits, des friandises, des bonbons... Après avoir fait le tour du village, les jeunes se réunissent alors dans la salle commune du village et tous ensemble font la fête.

Description :

Les enfants sont vêtus de vieux habits plutôt sombres,

Leurs visages sont recouverts de noir par du charbon,

Certains enfants se cachent le visage avec des foulards noirs ou des masques confectionnés à partir d’écorce de liège,

Ils traînent de vieux seaux, casseroles… accrochés par une corde,

Pour faire référence à la société agro-pastorale, les enfants utilisent et portent des clochettes de bergers."

 

   L'affiche annonçant la fête dans cette commune est illustrée par une image de distribution de friandises extraite de la page 42 du livre du CRDP de Corse intitulé justement: "Sant'Andria".

Un monstre d’Halloween à Poggiolo

A San’Andria avait également lieu dans les Deux Sorru, comme en témoigne Marina CLEMENTI DAVID qui nous a transmis ce souvenir la 2 décembre 2012:

"En novembre 1959, nous étions au village, à Soccia. Avec ma petite soeur Eva, nous sommes allées à l'école du village, mon meilleur souvenir scolaire; et cette année la, la coutume était bien vivace au village. Nos cousins, plus grands que nous, s'étaient noirci le visage au charbon, avaient revêtu des sacs de pomme de terre en jute et frappaient aux portes, la nuit tombée, munis de bâtons. Tante Angèle-Marie et notre grand-mère avaient prévu des paquets de biscuits à leur donner, sans quoi nous risquions qu'ils nous lancent le mauvais oeil! Jolis et chaleureux souvenirs!"

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 18:00

Même si, pour le calendrier officiel de l’Eglise catholique, le 1er novembre est un jour de joie où l’on célèbre tous les saints, la tradition populaire mélange la Toussaint avec le 2 novembre, jour dédié aux trépassés, à tous ceux qui ont quitté la vie terrestre.

Pour répondre à la ferveur des fidèles qui vont honorer les défunts de leur famille, plusieurs cérémonies ont été organisées dans le haut-canton.

Mardi 1er novembre

- SOCCIA: Messe à 11 h, suivie de la bénédiction du cimetière

- ORTO: Messe à 15 h, suivie de la bénédiction du cimetière

- GUAGNO-LES-BAINS: bénédiction du cimetière à 16h30

 

 

Mercredi 2 novembre

- GUAGNO: Messe à 11 h, suivie de la bénédiction du cimetière

- POGGIOLO: Messe à 15 h, suivie de la bénédiction du cimetière

 

A cette époque de l’année, on a l’habitude de fabriquer et de déguster en commun des bastelle. Voir à ce sujet l’article "Les bastelle des morts".

 

Profitant de l’occasion, l'associu pà u ricordu di Circinellu, samedi 29 octobre, à GUAGNO, confectionnera des bastelle qui seront vendues pour aider à l’érection de la statue du fameux patriote Circinellu.

Les célébrations des 1 et 2 novembre
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 19:05

Appelé de façon habituelle «le blog des Poggiolais», ce blog porte en haut de sa page d’accueil le titre «Poggiolo-Guagno-les-Bains, U Pighjolu-I Bagni di Guagnu, Une communauté de Sorru in sù». En effet, il est impossible de décrire le passé et le présent de la communauté poggiolaise si l’on ne mentionne pas son appartenance à une de ces pieves dont la possible renaissance a été récemment évoquée par Eric BOISTARD (voir article précédent : "Faut-il ressusciter la pieve ?").

En l’occurrence, notre village faisait partie de la pieve de Sorru in sù.

Cette pieve regroupait les communes actuelles de Guagno, d’Orto, de Poggiolo et de Soccia.

 

SAINTE MARIE

A l’origine, se trouvait une église qui a disparu mais que Geneviève MORACCHINI-MAZEL avait décrite dans sa remarquable thèse Les Églises romanes de Corse, Klincksieck, 1967 :

 

«On nous a signalé sur place, notamment le Chanoine A. M. Pastinelli, curé de Soccia, le lieu-dit Sant’Anorilla, très bien situé au centre de la vallée à une croisée de chemins muletiers. Les petites pierres bien taillées que nous y avons vues dans les murs des propriétés alentour sembleraient effectivement indiquer un édifice du Xème siècle».

 

Cette église fut donc édifiée pendant la domination pisane. A cette époque, jusqu’au XIIIème siècle, les Pisans organisèrent le réseau des pièves: dans chaque vallée, ils établirent une église-mère, la piévanie, dont dépendaient un baptistère et plusieurs oratoires dispersés, comme San Marcellu (entre Poggiolo et Soccia) ou Santa Maria de Soccia.

Sant’Anorilla était l’église-mère où se retrouvaient les habitants de Poggiolo, Aghja (premier emplacement de Soccia), Guagno, Orto, et Soccia. Elle était située près des Trois Chemins, où se rejoignent les sentiers venant de ces différents villages.

Selon les documents, elle se nomme également Sant Anarilla, Santa Anaria (sur le cadastre de 1857), Santa Naria, Santa Nuria, Santa Noria ou Sannaria. En fait, il s’agit simplement de la déformation de Santa Maria.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Toutes les illustrations de cet article peuvent être agrandies en cliquant sur elles.

Pourquoi cette église n’existe-t-elle plus ?

La tradition orale, rapportée à Michel Franceschetti par son grand-oncle Filippone, raconte que les habitants des différentes communautés ont fini par se disputer et se sont partagés les objets religieux pour l’église de chaque village.

 

SAINT SIMÉON

La date de cette séparation n’est pas connue. Mais elle ne fut pas définitive. En 1545, l’église Saint Siméon fut construite au-dessus de Poggiolo, à un endroit, comme les Trois Chemins, qui était un carrefour de sentiers (voir l’article «A quoi ressemblait l’ancienne église»).

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

 Lors de sa visite apostolique, en 1589, Mgr Nicolò Mascardi, évêque de Mariana, la nomme «l’église San Simeone, canonicat et pieve de Poggiolo de Sorunsù». Il ajoutait : «Les jours de fêtes solennelles, on célèbre dans cette église, à la satisfaction des populations de la pieve» (texte relevé et traduit par le Père DOAZAN). 

L’église poggiolaise était donc bien l’église piévane.

Elle le resta malgré l’interruption temporaire du culte à cause du meurtre abominable commis en 1634 à l’intérieur de Saint Siméon (voir l’article «du sang à St Siméon»).

L’érection, en 1713, de Santa Maria delle Gratie della Soccia en église paroissiale ne changea rien. Les quatre paroisses avaient chacune un curé qui reconnaissait celui de Poggiolo comme leur piévan.

 

 

 

LA QUESTION GUAGNAISE

Par contre, le 26 juin 1781, l’Assemblée des Etats de Corse, étudiant la liste des curés piévans dont la désignation faisait problème, évoqua notre piève :

«Que la Piève de Sorrinsù manque de Piévan de droit ;

Que l’Eglise réputée la plus ancienne est celle de la communauté de Poggiolo, composée de vingt feux environ ;

 

Que Mgr de Guasco (évêque de Sagone) dans sa première visite, n’ayant trouvé dans cette Piève aucun Piévan décoré de ce titre, nomma le curé de Guagno, comme étant le lieu le plus nombreux et faisant par lui-même presque la moitié de la Piève ;

 

Qu’il est à croire que cette paroisse sera plus que les autres, pourvue d’un bon curé et auquel on pourrait attribuer le droit à l’Assemblée.»

 (extrait de «Procès-verbal de l'assemblée des états de Corse convoquée à Bastia le 1er juin en 1781 » par l'abbé Letteron, Ollagnier, Bastia, 1904).

L’Assemblée entérina cette décision. Pourtant, cette rupture avec la tradition se basait sur le seul critère du nombre d’habitants et ne tenait pas compte des difficultés de circulation.

 

A partir du 25 décembre 1783, le curé de Guagno signa désormais tous ses actes de baptême, mariage et sépulture avec le titre «Piev° di Sorroinsu», comme les registres d’état-civil accessibles sur le site du conseil général de Corse-du-sud.

 

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Mais Giovanni Bonifacy, le curé de Poggiolo, continua à signer «Pievano di detto luogo» (piévan du dit lieu) !!!

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Ce problème ne fut pas réglé rapidement par la Révolution.

Le curé de Poggiolo signa simplement «curato» en 1791, quand s’appliqua la Constitution Civile du Clergé. Mais il prit le titre de «curato Pievano» en 1794, quand la Corse se détacha de la République Française. En 1796, quand la France revint sur l’île, la signature fut simplement suivie de «curato del Poggiolo».

(à suivre)

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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
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Le calendrier poggiolais

Dimanche 19 novembre:

messe à Soccia à 11h.

Samedi 25 novembre au couvent de Vico, à partir de 19 h:

 soirée de rencontre, partage et débat sur le thème "La Mission aujourd'hui, pour nous" avec Bertrand EVELIN, omi.

Dimanche 26 novembre:

fête du marron à Evisa.

Samedi 2 décembre:

soirée soupe corse au couvent St François à partir de 20h. Prix: 20€.

S'inscrire auprès de Mme BASSI (04-95-26-62-29) ou au secrétariat du couvent, le matin uniquement, au 04-95-26-83-83.

Vacances de Noël:

du samedi 23 décembre au lundi 8 janvier.

 

La météo poggiolaise

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