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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 19:04

La plus récente des maisons datées de Poggiolo est à l'écart du cœur du village. 

La villa MARTINI se trouve sur le côté gauche de la route, après le monument aux morts et la fontaine du Lucciu. Derrière une grille, une allée conduit directement à la maison, en partie cachée par la végétation. 

 

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Elle a les caractéristiques des maisons de notables déjà décrites (dans l'article "Les notables et les routes"): forme massive, presque carrée, balcon en façade, dans un terrain évitant de toucher un autre édifice. Bien évidemment, elle est au bord de la route construite à la fin du XIXème siècle.

La date de construction n'a pas été gravée sur le linteau de l'entrée mais sur une plaque apposée à côté de la porte d'entrée.

© Michel Franceschetti
© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

L'inscription complète est:

Villa

F. A. Martini

1933

 

Elle est donc la plus récente des maisons poggiolaises datées. Parmi elles, aucune n'a la qualification de "Villa". 

D'ailleurs, parmi les anciens du village, on l'appelle plutôt "la maison de Ceccantone".

Les lettres F et A sont les initiales de "François Antoine", "Ceccu Antone" en corse, compacté en "Ceccantone". 

 

Ceccantone (photo Martini)

Ceccantone (photo Martini)

François Antoine MARTINI est né en 1878. Il s'engagea en 1897 dans l'armée, au 12e Régiment d'Infanterie. En novembre 1903, il devint surveillant militaire dans les établissements pénitentiaires de Guyane, plus exactement au camp de Charvein. 

Sa présence dans ce lieu, ainsi que les souvenirs qu'il en ramena, a été décrite dans un article précédent.

Ceccantone prit sa retraite en mai 1928 et s'installa dans sa "Villa" terminée cinq ans plus tard.

A cette époque, elle était la maison la plus éloignée du cœur du village.

Très loin, aux Trois Chemins, se trouvait seulement la maison attenante au "petit four" dont la date de construction est inconnue.

Il fallut attendre une vingtaine d'années pour voir s'édifier, à l'initiative de Martin de Sorru, la maison COLONNA.

 

Maison Colonna  © Michel Franceschetti
Maison Colonna  © Michel Franceschetti

Maison Colonna © Michel Franceschetti

Une photo prise d'avion autour de 1960 montre, au fond et en haut,  le relatif isolement de ces deux maisons.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Mais, depuis les années 1970, de nombreux chantiers ont essaimé le long de la route de Soccia et un nouveau quartier est apparu.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

3: maison Ceccantone - 5: maison Colonna. Cliquez pour agrandir.

3: maison Ceccantone - 5: maison Colonna. Cliquez pour agrandir.

François Antoine MARTINI est décédé le 20 janvier 1968. La famille de son neveu Xavier PINELLI y a logé. Puis, le couple ROSANO  y fut locataire jusqu'en 2011.

En 2013 et 2014, de grands travaux ont complètement restructuré le bâtiment.

 

 

© Michel Franceschetti
© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Les côtés de l'allée d'entrée avaient été transformés par ROSANO en un beau jardin floral qui a maintenant cédé la place à des installations de jeux pour les enfants de la famille.

La maison Ceccantone est toujours vivante.

 

(à suivre)

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 17:21

Un peu plus bas que la chapelle Saint Roch et des deux maisons présentées la dernière fois (voir l'article "Autour de Saint Roch"), il reste à voir autour de la place Inghjo quatre maisons portant des dates de construction très étalées dans le temps: 1766, 1832, 1850 et 1931.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

Maison 1766:

A la Teghia, en face de la maison Franceschetti, se trouve une placette dominant la stretta. L'entrée de la maison MICHELANGELI, où habitent Marie-Paule et Jean-Marc FRANCHI, est surmontée par un linteau allongé.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

La date gravée est 1766, ce qui en fait la deuxième maison la plus ancienne des maisons datées de Poggiolo, après la maison PINELLI 1702), comme vu dans un article précédent.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

 

Maison 1832:

De l'autre côté de la place Inghjo, s'allonge le bâtiment surnommé "la maison de Tata". Une porte à deux battants est en haut d'un terrazzolo, le perron avec quelques marches.

 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Au dessus du linteau, une pierre bien découpée, de forme presque carrée, porte trois lignes gravées:

 

D.O.M.

M.R.F.

I°. M°. 1832

 

On retrouve l'expression D.O.M., abrégé de l'expression latine Deo optima maximo, c'est-à-dire "à Dieu très bon, très grand", vue dans l'article précédent.

L'un de nos lecteurs pourrait-il donner l'explication de la deuxième ligne?

En tout cas, la date de construction est bien 1832.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village
Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village
Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

Le linteau fut à une époque couvert par le mot "CAFÉ" tracé à la peinture. Un tableau analysé dans l'article "Le café de la ruelle derrière St Roch" le montre bien.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

 

 

Maison 1850:

En sortant de la place par les marches de droite, on rejoint la stretta. Juste à l'angle que fait la ruelle, se trouve dans le mur une pierre qui a été préservée du crépissage recouvrant cette dépendance de la maison de Louis DEMARTINI.

On peut y voir les quatre chiffres qui forment l'année 1850.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Très curieusement, elle ne se trouve pas au-dessus d'une entrée mais à environ un mètre de hauteur. Aurait-elle été déplacée d'une autre partie de la maison ou viendrait-elle d'un autre édifice?

 

 

Maison 1931

En face, de l'autre côté de la rue, une inscription plus discrète surmonte la porte de la maison.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village
Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

La particularité de cette date est d'être du XXème siècle alors que toutes les autres sont des XVIIIème et XIXème siècles.

La coutume a disparu au siècle suivant. Une seule autre maison porte une date d'après 1900. Elle est près de la fontaine, au début de route vers Soccia. Elle sera présentée dans un autre article. 

Ici, les initiales

D. A.

sont suivies de l'année

1931

 

 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

La date interroge: cet édifice a-t-il été construit en 1931 ou n'est-ce que le moment de sa réorganisation?

Le cadastre de 1857 montre qu'une maison existait alors. Elle portait le numéro de parcelle 441 (cercle vert).

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Les photos aériennes récentes montrent une construction un  peu différente (cercle bleu).

 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Un grand réaménagement a donc dû se produire en 1931.

 

Une autre  modification a eu lieu tout récemment, en 2017: la porte n'existe plus!

 

Elle a été remplacée par une fenêtre moderne à double vitrage. 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Vannina BERNARD, qui habite là, explique que cette modification a été imposée pour des raisons d'isolation, d'autant que, lors des orages, la pluie du ruisseau entrait dans la maison.

Mais elle a tenu, et elle a eu bien raison, à conserver la date.

 

Tradition et modernité peuvent parfois s'accommoder.

(à suivre)

 

Photos © Michel Franceschetti (sauf le cadastre et les deux vues aériennes)

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 12:32

A l'occasion des 20 ans de l'appellation,

les apiculteurs en AOP Miel de Corse

vous invitent sur leurs exploitations !

Les vendredi 6 et samedi 7 juillet, les apiculteurs vous ouvrent leurs mielleries dans différentes micro-régions de Corse. Venez les rencontrer et déguster la gamme des 6 miels en AOP !

Des animations et visites sont organisées par les apiculteurs pour vous permettre de découvrir ou redécouvrir le monde fascinant des abeilles et le métier «d’éleveur d’abeilles».

A Murzu, atelier et rencontre avec Jean-Luc Battesti à la Casa di u mele.

Réservation au 06 82 89 60 18. 

Les mielleries sont ouvertes pour vous vendredi et samedi

Et n'oubliez surtout pas:

 

U Mele in Festa

Dumenica 23 di Sittembre

in Murzu !

 

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 17:59

Après les Case Suprane et les maisons de notables échelonnées le long de la route, il reste à voir les habitations voisines de la chapelle et de la stretta.

Six portent des dates de construction, sur un total de treize dans l'ensemble de Poggiolo.

Deux sont proches de la chapelle Saint Roch: les maisons 1816 et 1828.

Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch

 

 

La maison 1816

A gauche de Saint Roch, l'endroit encore appelé par les anciens "maison de Santa Joffre", a la particularité de présenter une datation gravée en chiffres romains.

Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch

On peut lire:

MDCCCXVI

Dans notre écriture, ces lettres signifient:

1816

 

On peut remarquer que le D des 500 a été gravé à l'envers.

D'autre part, l'inscription se trouve au premier étage, contrairement à toutes les maisons précédemment présentées.

 

 

 

 

La maison 1828

Juste après la chapelle, sur le bord droit de la stretta, près de l'entrée de l'ancien bar de Jean-Marie ORAZY (voir l'article "Après le café oublié, le café caché"), voici une autre belle indication.

Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch

La partie en demi-cercle est bien visible grâce à un filet récent de peinture noire. 

Elle comprend un cercle surmonté d'une croix au-dessus de l'inscription F.D.O.M., du moins si l'on interprète ce cercle comme servant aussi de lettre O.

Le globe avec la croix se retrouve sur la façade de la maison DESANTI-CHABROLLE déjà présentée dans les Case Suprane (voir l'article ici).

Ne serait-ce pas un orbe? Ce mot vient de l'expression latine orbis terrarum qui se traduit par «cercle des pays» et symbolise la domination du Christ sur le monde.

De plus, F.D.O.M. fait penser à l'expression D.O.M., abrégé de l'expression latine Deo optima maximo, c'est-à-dire "à Dieu très bon, très grand".

Si des lecteurs nous proposent d'autres significations, nous les accueillerons volontiers.

 

Quoi qu'il en soit, l'imprégnation catholique est évidente. Chaque nouvelle construction était placée sous la protection de Dieu, protection renouvelée chaque année avec la traditionnelle bénédiction des maisons (voir les articles sur la "spergiata" ICI et ICI).

 

La base du demi-cercle est encadrée par deux volutes. L'année 1828 est encadrée par deux groupes de deux lettres peu lisibles. 

 

(à suivre)

 

© Photos Michel Franceschetti

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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 18:00

Les images anciennes provoquent toujours un peu de nostalgie. Mais elles sont également des témoignages à analyser pour découvrir de nombreux éléments du passé, et notamment de la vie quotidienne.

Il en est ainsi de la photo publiée dans "Settimana" vendredi 29 juin. Dans la série "I ricordi di i Tomasi", ce numéro a montré une vue de Soccia dont la date est inconnue mais se situe juste avant ou juste après la seconde guerre mondiale..

On pourra retenir l'erreur contenue dans le titre de l'article: "Jadis dans la verte pieve de Sarroinsù", puisque la pieve se nommait Sorroinsù.

De même, il existe dans le texte de description de cette image deux autres erreurs que sont suivies par la mention (sic).

 

Regardez bien cette belle photo et cherchez quel est l'endroit précis de Soccia qui est montré. Elle peut être agrandie en cliquant sur elle.

Soccia, jadis

"Le village de Soccia, à une date indéterminée. Dans la micro région des Dui-Sorri (sic), le découpage administratif de l'époque en avait fait deux cantons: le Sorru d'en haut, celui d'en bas. Dans la haute vallée, Soccia était le chef-lieu d'une pieve composée des communes d'U Pughjolu (sic), d'Ortu et de Guagnu. 

Sur ce cliché, le village était sans doute plus peuplé qu'aujourd'hui. Plus de 700 âmes au début du vingtième siècle, la population à (sic) chuté à 300 au sortir de la guerre avant de se stabiliser à environ 150 aujourd'hui. 

Dans ce paysage villageois séculaire, les signes d'une certaine modernité sont déjà visibles. Des câbles (pas encore ceux de la fibre) amènent l'électricité et même l'éclairage public dans les ruelles du village, comme en atteste le lampadaire situé sur la façade de droite. La charrette en bois et l'âne en charge de la tirer auraient sans doute besoin d'un peu de lumière à la nuit tombée, mais pas les premières automobiles. 

La rue, large et bétonnée, trahit en effet leur présence à cette époque. Sur la façade de gauche, une cabine de toilette installée sur le balcon indique que l'eau courante est arrivée dans les maisons." 

Jean-François Pacelli 

 

Toutes les photos présentes dans cette rubrique "I ricardi di i Tomasi" sont disponibles chez Photo Hall, 18 Cours Napoléon à Ajaccio. 

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 18:05

Les quatre maisons construites à Poggiolo entre 1879 et 1899 ont de nombreux points communs dans leur architecture, évoqués dans les articles précédents.

Leur situation dans le village est également particulière. 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

Elles sont placées entre les Case Suprane et le quartier Saint Roch.

Elles n'ont pas pris la place d'habitations plus anciennes car, comme le prouve le relevé cadastral de 1857, cette partie intermédiaire n'était pas encore habitée au milieu du XIXème siècle.

 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

 

La route départementale n'existait pas encore. Les quatre maisons qui nous intéressent bordent cette route. Elles ont certainement été placées pour profiter des avantages de la proximité avec la route dont les travaux ont été très longs.

 

Pendant des siècles, Poggiolo n'a été reliée à Soccia et Orto que par des sentiers partant de Saint Siméon. Pour rejoindre Guagno-les-Bains et Vico, le chemin débutait aux Trois Chemins.

L'image ci-dessous montre l'ancien cadastre sur lequel ont été placées les quatre habitations et, en rouge, la nouvelle route.

 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

 

Routes et "maisons de notables" ont provoqué un grand changement dans la structure du village. Les deux ensembles séparés ont été assemblés et la circulation qui était surtout nord-sud est devenue est-ouest, le long de la route. Le mouvement s'est accéléré à la fin du XXème siècle où les nouvelles maisons ont été installées en suivant la voie vers Soccia.

Elles se reconnaissent bien dans l'illustration suivante, qui utilise une vue photographique de Google Maps.

La lettre N a été placée sur les quatre maisons "de notables".

Cliquez sur la photo pour voir les détails.

Cliquez sur la photo pour voir les détails.

 

De Poggiolo aux Trois Chemins, toutes les constructions datent d'après 1950, sauf les numéros:

- 1: maison PASSONI

- 2: maison PAOLI (ex-LOVICHI)

- 3: maison dite "de Ceccantone"

- 4: maison DUBREUIL (dite "petit four")

 

Il reste une question: pourquoi la maison MARTINI, pourtant bien au bord de la route, lui tourne-t-elle le dos et a-t-elle son entrée principale du côté Saint Roch?

Certains descendants de Pierre MARTINI disent que, au moment de sa construction, en 1879, la route n'existait pas encore et que, quand le tracé devait être décidé, il fut demandé à "Muschino" s'il préférait que la route passât devant ou derrière la maison. La réponse fut: "derrière", choix dont la famille n'eut qu'à se réjouir, surtout quand on voit le flot quotidien de voitures vers le lac de Crenu l'été.

 

 

Muschino (photo Martini)

Muschino (photo Martini)

 

 

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Bien évidemment, si vous constatez des erreurs dans ce texte, vous pouvez en faire la remarque en écrivant dans la partie "Commentaires" sous cet article. 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 18:00

Les riches familles poggiolaises construisirent à la fin du XIXème siècle quatre belles maisons entre les Case Suprane et la place St Roch. La maison de Marione a été montrée la dernière fois. Voyons les trois autres.

Contrairement à la précédente, elles sont occupées régulièrement.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

Juste au-dessus de la maison de Marione, sur le terrain de Vignarella, se trouve celle de Bernard et Marie-Claude FRANCESCHETTI.

La maison de Marione à gauche et celle des Franceschetti à droite.

La maison de Marione à gauche et celle des Franceschetti à droite.

Elle fut construite en 1899 par leur arrière-grand-père Jean-Martin DESANTI (1846-1922), après qu'il eut reçu la Légion d'Honneur et pris sa retraite de sous-officier de carrière.

 

Jean-Martin Desanti décoré de la médaille militaire.

Jean-Martin Desanti décoré de la médaille militaire.

Deux articles de ce blog lui ont été seront consacrés:

Jean-Martin couche chez Leonore. 1/2 : LE SOLDAT

Jean-Martin couche chez Leonore. 2/2 : LA VIE FAMILIALE

 

Ses initiales (DJM: DESANTI Jean-Martin) sont gravées avec la date 1899 dans la pierre au-dessus de l'imposte.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

En continuant la route, sur le côté gauche, se trouve la maison de la famille CECCALDI.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

Là aussi, une porte à deux vantaux est surmontée d'une imposte métallique (alors qu'elle est en bois dans la maison précédente) au centre de laquelle se trouve la date de 1885. Les initiales N et C sont gravées de part et d'autre du demi-cercle.

NC signifie Noël CECCALDI. Né en 1850 et décédé en 1925, il fut forgeron et maire de Poggiolo de 1894 à 1901.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

Juste après, en traversant la stretta, il y a la maison MARTINI. Mais, bizarrement, sur le côté de la route, il n'existe qu'une petite porte, sans date ni initiales, qui est en vérité la porte de derrière de cette maison.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

L'entrée du bâtiment est de l'autre côté, avec la double porte et son imposte.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

Les indications habituelles (ici 1872 et MP) sont regroupées sur la pierre surplombant la partie haute de l'imposte.

MP signifie MARTINI Pierre. Surnommé "Muschino", il vécut de 1837 à 1907, eut huit enfants avec son épouse Antoinette DESANTI (1838-1908) et fut maire de Poggiolo de 1888 à 1894.

Comme aucune habitation n'existait à cet endroit auparavant, ses occupants furent surnommés "I Martini di a casa nova".

 

Mais l'énigme n'est pas résolue: pourquoi ces maisons ont-elles été construites à la même époque dans cette partie de Poggiolo?

Il s'y ajoute un autre mystère: pourquoi la maison MARTINI tourne-t-elle le dos à la route?

 

(à suivre)

 

En dehors de la première image tirée de Géoportail, toutes les photos utilisées dans cet article sont de Michel FRANCESCHETTI.

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 18:01

Une série de quatre grandes maisons se trouve à l'entrée de Poggiolo. Leur construction a eu lieu pendant le dernier quart du XIXème siècle. Pourquoi à ce moment? Pourquoi sont-elles là?

 

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

 

En entrant dans le village (ce dont les touristes ne s'aperçoivent pas car le panneau d'entrée a disparu depuis bien longtemps) par le Fragnu, une grande maison se remarque en sortant du premier tournant à droite, à  Chioso a noce: la maison de Marione.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

La date de 1886 et les initiales P et J qui l'entourent n'ont pas été gravées dans la pierre. Elles sont en fer forgé dans l'imposte placée au-dessus de la porte d'entrée.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione
Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

L'école du village, qui a plusieurs fois changé de lieu, fut quelques années au rez-de-chaussée. La porte ci-dessous, à droite de la porte principale, aurait été l'entrée d'une classe.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

Malheureusement, cette maison a été abandonnée depuis la mort de Marione, sa dernière occupante, voici plusieurs dizaines d'années, et elle se dégrade de plus en plus vite. Les portes tiennent difficilement et, l'une après l'autre, les fenêtres s'écroulent.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione
Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

Images désolantes qui ne sont pas spécifiques à Poggiolo. Elles se retrouvent partout où des héritiers n'arrivent pas à s'entendre pour régler la succession. La maison devient ruine.

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 17:47

La plus vieille maison de Poggiolo est celle de la famille Pinelli, ainsi que l'a rappelé l'article précédent.

La date de 1702 gravée sur son linteau prouve cette ancienneté sans contestation. Cette maison fut construite soixante-six ans avant que la Corse devint française.

Quatorze habitations poggiolaises sont ainsi bien situées dans le temps.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

Si vous comptez bien, vous ne voyez que treize années de construction sur cette photo. Il manque le lieu nommé "maison de Ceccantone" qui est un peu plus loin que la fontaine du Lucciu, hors du cadre de ce cliché. Elle sera présentée comme les autres, à la fin de cette série d'articles.

Les maisons datées se répartissent dans tous les quartiers. Trois ont été édifiées au XVIIIème siècle, cinq dans la première moitié du XIXème, quatre dans la seconde moitié et une au XXème (deux en comptant celle de Ceccantone).

Cette série ne concernant que les logements, les autres édifices (fours à pain, chapelles, fontaines, caveaux) en sont exclus. 

 

 

MAISON 1787

Juste au-dessus de la maison Pinelli, on passe devant un petit bâtiment avec une date illisible.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

La montée prend un fort virage à droite pour arriver à un lieu marqué 1787. Il est même doublement marqué.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane
Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane
Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

En effet, deux entrées très proches ont cette même date, suivie, comme dans pratiquement toutes les inscriptions, de lettres évoquant la famille du constructeur. Les propriétaires actuels sont les familles TEYSSEDOU et PRINCE, descendants des DEMARTINI qui habitaient ici.

porte de droite
porte de droite

porte de droite

Le linteau de la porte de droite est plus lisible que celui de la porte de gauche mais l'année 1787 est bien apparente.

porte de gauche
porte de gauche

porte de gauche

 

MAISON 1834

 

Après être passé devant ces deux portes, on se trouve en face de la maison de la famille CHABROLLE, ancienne maison BARTOLI et plus anciennement maison DESANTI.

Au dessus de la porte d'entrée, on remarque une grosse pierre polygonale avec une croix et la date de 1834.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

En réalité, cette date est peu lisible. Anna-Maria LECA et Noelle MEDURIO, dans leur travail pour l'Université de Corte, ont réussi à prendre un cliché qui permet de décrypter un peu l'inscription. La dernière ligne semble comporter le nom de la famille DESANTI.

 

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

Cette grande maison pourrait avoir été construite en 1834 mais ce n'est pas une certitude. En effet, l'auteur de ces lignes se souvient que cette pierre se trouvait dans les années 1960 de l'autre côté de la terrasse, au bord de la stretta. Et Rose-Marie CHABROLLE affirme que son déplacement avait été une initiative de son père, le docteur BARTOLI. L'inscription se trouvait sur un four à pain aujourd'hui détruit.

Alors, maison construite avant, en même temps ou après ce four?

 

Des détails supplémentaires sur cette énigme sont à lire dans l'article
"QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?" publié le 28 juin 2015

 

En dehors de la première image qui a utilisé Géoportail et du cliché réalisé par Anna-Maria LECA et Noelle MEDURIO, les photos viennent toutes de Michel FRANCESCHETTI.

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 17:25

La devinette du mois vous demandait laquelle, parmi les vieilles maisons de Poggiolo, est la plus ancienne et quelle est sa date de construction.

 

Plusieurs vieilles bâtisses du village portent une date gravée au-dessus de leur porte d'entrée. Beaucoup sont du XIXème siècle, d'autres du XVIIIème.

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo
Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

 

On ne sera pas surpris d'apprendre que la doyenne est la maison PINELLI, aux Case Suprane, car cette famille est une des plus anciennes du village, et peut-être même la plus ancienne.

Quelle est donc sa date de construction?

 

 

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

Au bord de la streta, sur la façade où se trouvent les portes d'entrée de cette maison, aucune date n'est visible.

Dans leur inventaire du patrimoine bâti du canton (consultable sur le site de la Médiathèque Culturelle de la Corses et des Corses), Noëlle MEDURIO et Anna Maria LECA ont pourtant noté la présence d'"un linteau gravé donnant une datation (1702)".

Mais elles n'ont pas précisé de quel côté est ce linteau.

D'ailleurs, l'ancienneté du bâtiment est encore plus grande si l'on en croit la brochure sur les PINELLI écrite voici plusieurs années par Toussaint PINELLI.

On y lit:

"Les PINELLI entreprennent dans la première décennie XVIIème siècle la constrution à Poggiolo de leur maison familiale sur un mur de laquelle on peut remarquer, gravée dans le granit, la date de 1610 (partie appartenant actuellement à nos cousins PINELLI qui l'occupent).

Cette première construction fut agrandie ultérieurement pour satisfaire à l'accroissement familial et atteignit ses dimensions actuelles dès l'année 1702 (date gravée sur la façade est)."   

Mais il y a une erreur: la date 1702 se trouve sur la façade OUEST, ou plus exactement SUD-OUEST, du côté appartenant à Ernestine.

Cliquer pour agrandir l'image.

Cliquer pour agrandir l'image.

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo
Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

Si la date est lisible, le reste de l'inscription est vraiment indéchiffrable. Mais le doute n'est pas permis: la maison PINELLI est la plus ancienne de Poggiolo.

 

A la suite de partage d'héritage, la maison est maintenant divisée en deux. Dominique PINELLI et sa sœur Félicie, descendants directs des premiers bâtisseurs, habitent toujours la partie la plus ancienne, celle de 1610, dont la porte est bien placée du côté EST, ou plus exactement NORD-EST. Mais la pierre portant cette date a disparu lors de travaux.

Merci à Dumé pour ces renseignements.

Dominique Pinelli.

Dominique Pinelli.

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Cet article a déjà été publié le 3 octobre 2017.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de janvier et février dans les Deux Sorru:

cliquer ici.

 

Fête de Saint Siméon:

messe à Poggiolo

samedi 20 février

à 15 heures. 

 

VACANCES SCOLAIRES DE FÉVRIER

fin des cours: 

samedi 13 février

reprise des cours:

lundi 1er mars

 

La nouvelle formule du mensuel "INSEME":

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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