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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 18:00

Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs Poggiolais furent entraînés dans les diverses guerres auxquelles la France participa. Comme de nombreux autres Corses, des jeunes de Poggiolo s'engagèrent dans l'armée pour éviter la misère, ce qui les conduisit parfois fort loin. L'un d'eux, Jean Charles FRANCESCHETTI, alla jusqu'en Chine.

 

Jean Charles FRANCESCHETTI, fils d'Antoine FRANCESCHETTI (1842-1909) et de son épouse Angèle Marie DEMARTINI (1843-1875), naquit à Poggiolo le 21 octobre 1869. Il était d'une branche différente des FRANCESCHETTI vivant actuellement au village.

 

Il s'engagea en mars 1890 dans l'infanterie, puis, en février 1894, dans l'infanterie de marine qui représentait la France dans les colonies et en outre-mer. Il séjourna au Sénégal de juin 1894 à juillet 1897. Il fut ensuite affecté en métropole.

 

A l'autre bout du monde, dans une Chine en pleine décadence, se développait la société secrète des Boxers, mouvement xénophobe et anti-chrétien soutenu en sous-main par le gouvernement impérial. Les Boxers passèrent à l'action en 1900, massacrant les Chinois chrétiens (30.000 furent torturés et assassinés) et les étrangers. Les légations  des grandes puissances présentes dans la capitale chinoise furent assiégées du 20 juin au 14 août.

 

Ce furent les fameux "55 jours de Pékin", qui inspirèrent en 1963 à Hollywood un film célèbre.

 

Jean Charles Franceschetti, un Poggiolais en Chine

 

Allemands, Japonais, Anglais, Russes, Américains, Italiens, Autrichiens et Français envoyèrent des renforts. Le gouvernement français déplaça des troupes d'Indochine et forma un corps expéditionnaire. Jean Charles fit partie du 3e régiment de marche constitué à cet effet le 1er juillet. 

 

Il parvint en Chine après la libération des légations mais participa aux combats qui forcèrent le gouvernement chinois à signer un traité de paix un an plus tard, le 7 septembre 1901. Les opérations de maintien de l'ordre durèrent jusqu'en juillet 1903.

 

Jean Charles FRANCESCHETTI faisait alors partie du 2e RIC (régiment d'infanterie coloniale). Une loi du 7 juillet 1900 avait remplacé la dénomination de troupes de marine par celle de troupes coloniales.

 

Le Poggiolais reçut la médaille commémorative de l'expédition de Chine instituée par la loi du 15 avril 1902 attribuée à plus de 34.500 titulaires.

 

Photo wikipedia

Photo wikipedia

 

Quittant l'armée en 1906, il s'installa à Paris où il épousa, dans la mairie du 8e arrondissement, Angèle Marie VELLUTINI le 25 janvier 1913.

 

L'armée se souvint de lui avec la première guerre mondiale. Rappelé le 8 avril 1915, Jean Charles fut affecté au dépôt de matériel automobile de l'Ecole Militaire. Puis, d'avril à novembre 1917, il fit partie d'un escadron du train des équipages. 

 

Il fut libéré de ses obligations militaires le 1er décembre 1918 et put enfin goûter une retraite bien méritée.

 

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Bande-annonce du film "Les 55 jours de Pékin":

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 18:01
11 novembre: se souvenir des soldats poggiolais

 

En ce jour du 11 novembre, anniversaire de l'armistice de 1918 et alors que la dépouille de Maurice GENEVOIX, l'écrivain des Poilus, entre au Panthéon, ayons une pensée pour les jeunes de Poggiolo qui ont participé à la première guerre mondiale.

 

Sur une centaine de Poggiolais qui ont revêtu l'uniforme, trente ont perdu la vie et ont leurs noms inscrits sur le monument aux morts; les autres ont perdu les illusions de leur jeunesse. 

 

Ils sont emblématiques de ces milliers de soldats qui ont quitté un jour leur terre natale pour accomplir leur devoir et défendre leur patrie.

 

11 novembre: se souvenir des soldats poggiolais

Photos de:

Laurent-Antoine PINELLI, Félix-Antoine DESANTI, François DEMARTINI, Hyacinthe DESANTI, Louis Antoine ANTONINI, Joseph CASALONGA, Jean-Baptiste PAOLI, Jean Baptiste DEMARTINI, Jean Antoine FRANCESCHETTI, Jean François CECCALDI, Jean Toussaint DEMARTINI, Noël PINELLI, Pierre Toussaint ANTONINI.                                                                                                                     

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 17:04
Un 11 novembre difficile
 
 
Pour le 11 novembre, la mairie d'Orto a tenu, en respectant les consignes sanitaires, à démontrer le respect dû à ceux qui ont laissé leur vie pour préserver la nôtre.
 
 
 
 
Photo Bernadette Pietri

Photo Bernadette Pietri

 

Des fleurs ont été déposées devant le monument aux morts de Soccia.

 

Photo Marie Ottavy-Danielli

Photo Marie Ottavy-Danielli

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 18:00

 

En publiant la liste des Poggiolais ayant participé à la guerre de 1870-1871, nous demandions aux lecteurs qui auraient des renseignements supplémentaires de nous les signaler. Nous avons eu une réponse: un de nos abonnés nous a signalé l'oubli d'Antoine François LECA.

 

Cet oubli est d'autant plus regrettable que pratiquement toutes les personnes qui sont entrées au cimetière de Poggiolo ont dû remarquer son nom. Il en sera question un peu plus tard.

 

 

 

ANTOINE FRANÇOIS, LE CLAIRON

 

Fils de Giovan "Martino" LECA et de sa deuxième épouse Angèle Marie DESANTI, Antoine François LECA naquit à Poggiolo le 6 juillet 1850.

 

Le conseil de révision du 7 septembre 1870 le déclara "bon pour le service" et il se présenta le 27 octobre au 48e régiment d'infanterie de ligne, d'après sa fiche matricule (9 NUM 11/116 - Archives Pumonti).

 

Cette date est importante car elle prouve qu'Antoine François n'a pas participé aux combats des premiers mois, quand son régiment faisait partie de l'armée du Rhin commandée par MAC-MAHON. Il le rejoignit au moment où le 48e fut agrégé au 17e corps d'armée au sein de l'Armée de la Loire. Notre Poggiolais participa peut-être aux combats de Loigny et du Mans où ces troupes affrontèrent les Allemands. Les renseignements sur le 48e proviennent de la fiche Wikipedia.

 

Le registre matricule note qu'Antoine François LECA participa à la campagne contre l'Allemagne du 16 novembre 1870 au 5 juin 1871 (le traité de paix avait été signé à Francfort le 10 mai).

 

Resté dans l'armée, il passa le 12 mars 1872 au 22e de ligne comme clairon. Après  la fin de son service militaire, qui durait six ans, il passa dans la territoriale en 1879. Antoine François LECA devint garde forestier (à Murzo, semble-t-il) et décéda à Poggiolo le 28 juillet 1887 (et non pas le 1er août comme consigné sur le registre matricule), à l'âge de 37 ans.

 

Un clairon de la guerre de 1870 par Edouard Detaille (forum des Amis du Souvenir Napoléonien)

Un clairon de la guerre de 1870 par Edouard Detaille (forum des Amis du Souvenir Napoléonien)

 

 

LE CAPORAL ET LE DISPENSÉ

 

Mais il avait deux frères:

 

 - Son frère aîné, François Antoine, était né le 27 juin 1846 à Poggiolo et décéda au village le 9 janvier 1872. Le registre d'état-civil précise qu'il était caporal au 32e de ligne et qu'il se trouvait alors en convalescence (d'une maladie ou de blessures?).

 

Acte de décès de François Antoine LECA.

Acte de décès de François Antoine LECA.

 

Peut-être participa-t-il lui aussi à la guerre franco-allemande. Le régiment, cantonné à Metz, se distingua dans plusieurs combats au début du conflit. Il est impossible de connaître les réels états de service de François Antoine car, très curieusement, il est totalement inconnu du registre des matricules militaires. Impossible également de savoir s'il était appelé ou engagé.

 

 

 - Un frère plus jeune, Paul, né le 16 septembre 1853, fut dispensé du service militaire car "frère au service", d'après le registre matricule. En 1873, François Antoine étant mort l'année précédente, ce frère devait être Antoine François qui se trouvait alors au sein du 22e de ligne. Le clairon a évité à son petit frère de revêtir l'uniforme.

 

Paul décéda à Poggiolo à 26 ans, le 6 septembre 1876, avant son aîné.

 

 

Avec Antoine François, le clairon, et François Antoine, le caporal, nous avons donc le 24ème et le 25ème soldat poggiolais de la guerre de 1870-1871.

 

 

Si les frères LECA ont été oubliés en tant que soldats, une raison très particulière fait qu'ils ne peuvent pas être ignorés des Poggiolais qui se rendent au cimetière.

Ce sera l'objet du prochain article.

 

 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 19:00

 

Pendant la guerre de 1870, quatre frères DEMARTINI de Poggiolo firent partie de l'armée française mais avec des situations très différentes qui illustrent les difficultés des familles corses de cette époque.

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Dominique DEMARTINI (1806 ou 1807-1880) et son épouse Madeleine (1810-1871) eurent six garçons. L'aîné Jean Baptiste et le benjamin Dominique Antoine n'avaient pas l'âge pour participer aux combats de 1870.

 

 

Maison Demartini à Poggiolo. Etait-ce celle des frères Demartini? photo Michel Franceschetti

Maison Demartini à Poggiolo. Etait-ce celle des frères Demartini? photo Michel Franceschetti

 

 

DEUX MARINS

 

Le second des enfants du couple, Antoine Mathieu, né le 4 avril 1841, fut appelé à l'armée en mars 1862. Il fut envoyé par le conseil de révision comme apprenti marin à Toulon. Il participa à la guerre dans la Marine où il fit carrière. Il décéda comme matelot vétéran le 14 juillet 1885 à l'hôpital maritime de Toulon.

 

 

Son frère Antoine, né en 1844, fut convoqué en 1865 par le conseil de révision qui l'envoya chez les apprentis marins de Brest. Mais, en février 1866, l'armée s'aperçut qu'une erreur avait été commise: il n'aurait pas dû être mobilisé car il était frère d'un militaire déjà sous les drapeaux (Antoine Mathieu).

 

Il fut renvoyé dans ses foyers à Poggiolo et ne participa pas aux opérations militaires. Cependant, quand il déclara le décès de sa mère Madeleine le 22 juin 1871 à la mairie de Poggiolo, le registre d'état-civil le mentionna comme "marin domicilié à Poggiolo". Il ne fut libéré des obligations militaires que le 31 décembre 1871. Il décéda en avril 1873 à l'hôpital d'Angoulême.

 

Antoine qualifié de "marin" en 1871.

Antoine qualifié de "marin" en 1871.

 

 

MORT EN INDOCHINE

 

Né le 25 avril 1847, François Marie était berger quand il se présenta au conseil de révision du 14 juillet 1868. Versé dans la garde mobile, il aurait pu ne pas prendre l'uniforme tout de suite mais il fut désigné (car cela était alors possible) comme remplaçant d'un appelé de Gironde. Il dut partir dans les troupes coloniales (on disait alors troupes de marine) vers l'Indochine alors en voie de conquête. Saïgon avait été prise par une expédition franco-espagnole en 1859.

 

Prise de Saïgon en 1859 (image Wikipedia)

Prise de Saïgon en 1859 (image Wikipedia)

 

"Canonnier à la première batterie du régiment d'artillerie de marine et des colonies", il mourut de dysenterie dans l'hôpital de cette ville le 27 juin 1870, donc quelques semaines avant le début de la guerre avec l'Allemagne.

 

L'annonce officielle de ce décès fut retranscrit à Poggiolo pratiquement deux mois après, vers la mi-août.

 

 

MORT EN LORRAINE

 

Pour Antoine-Laurent, né le 28 juillet 1850, l'armée était un choix: il s'engagea volontairement le 17 février 1869 au 6e de ligne de l'armée du Rhin.

 

Il prit part aux combats dès la déclaration de guerre et il fut déclaré comme mort le 26 août 1870 à Pont-à-Mousson. Comme la ville avait été prise par les Allemands le 14 août après deux jours de violents combats, on peut supposer qu'Antoine Laurent mourut dans le camp de prisonniers français installé dans cette ville, peut-être à la suite de blessures reçues les jours précédents.

 

 

Soldats allemands à Pont-à-Mousson le 14 août 1870, dessin d'Auguste Lançon, Musée Carnavalet.

Soldats allemands à Pont-à-Mousson le 14 août 1870, dessin d'Auguste Lançon, Musée Carnavalet.

 

Curieusement, son décès ne fut retranscrit sur le registre d'état-civil de Poggiolo que le 25 décembre 1871, soit plusieurs mois après la fin de la guerre. Retard dû à des difficultés de communications entre autorités françaises et allemandes?

 

 

A cette date, sa mère était trépassée depuis le 22 juin 1871.  Elle avait eu le temps d'apprendre la disparition de François Marie. La notification officielle du décès d'Antoine Laurent n'était pas encore parvenue au village mais son silence depuis dix mois ne laissait plus d'espoir.

 

 

 La guerre de 1870-1871 est oubliée. Elle fit souffrir de nombreuses familles sur lesquelles nous n'avons pas beaucoup d'informations mais ces deux années furent particulièrement éprouvantes pour la famille DEMARTINI de Poggiolo.

 

Avec l'exemple de ces quatre frères, nous avons l'illustration des malheurs de la guerre de 1870, du début de l'expansion coloniale (ici, en Indochine) et du désordre administratif de l'armée du Second Empire. Et, surtout, nous voyons que le sort de nombreux enfants des familles corses de cette époque était de quitter le village.

 

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Une très grande partie des informations ayant servi à cet article vient des registres militaires matricules et des registres de la garde mobile (fiches 9 NUM 78/39, 9 NUM 11/111, 9 NUM 3/681 et 9 NUM 74/897 – Archives Pumonti), avec l’autorisation de Madame Laure FRANCK, directrice des archives de la Collectivité de Corse. Une autre partie provient des registres d'état-civil de Poggiolo également consultables sur le site des archives.

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 17:59

 

La liste des 23 soldats poggiolais de 1870 publiée dans l’article précédent entraîne quelques observations sur leur situation et leurs actions pendant cette guerre franco-allemande. Les renseignements viennent des fiches des registres matricules entreposés aux archives de la Collectivité de Corse et dont les coordonnées (suivies de l'indication "Archives PUMONTI") ont été données dans l'article du 9 octobre.

 

 

 

 

SITUATION DES POGGIOLAIS DANS L’ARMÉE FRANÇAISE

 

Quand la guerre éclata en juillet 1870, douze d’entre eux étaient déjà sous les drapeaux, cinq comme engagés et sept comme appelés.

 

Juste avant le début du conflit, le conseil de révision exempta Jules DEMARTINI en qualité de soutien de famille et à cause de sa petite taille.

 

A l’inverse, par patriotisme, deux s'engagèrent pour la durée de la guerre: Jean Baptiste, dit Jules Baptiste, DEMARTINI le 14 août et Darius Jean VINCIGUERRA le 26 août.

 

Six Poggiolais partirent comme remplaçants de jeunes (des Bouches-du-Rhône, de Garonne ou de Gironde) ayant tiré un mauvais numéro mais dont les familles avaient pu payer la prestation prévue par la loi de 1855.

 

 

 

DANS QUELLES UNITÉS COMBATTIRENT-ILS?

 

La majorité (dix d’entre eux) furent placés dans l’infanterie (on disait alors «infanterie de ligne»).

 

Cinq participèrent à la guerre comme membres de la garde mobile.

Monument à la mémoire des Mobiles à Marseille (photo Michel Franceschetti).

Monument à la mémoire des Mobiles à Marseille (photo Michel Franceschetti).

 

Deux étaient dans la marine. Plus exactement, Antoine Mathieu DEMARTINI  était matelot depuis 1862, tandis que son frère Antoine DEMARTINI, enrôlé à Brest par erreur, avait été renvoyé dans ses foyers.

 

Deux furent infirmiers: Philippe MARTINI et Darius Jean VINCIGUERRA, déjà mentionné ci-dessus.

 

Il y eut aussi :

- un dragon: Antoine Albert François DEMARTINI

- un chasseur à cheval: Jean Baptiste DESANTI

- un fantassin de marine: François Xavier VINCIGUERRA

- Enfin, Pierre François DESANTI fut déclaré «bon pour le service» mais le registre matricule n’indique pas dans quelle unité il fut aiguillé.

 

 

 

LES POGGIOLAIS CONTRE LES ALLEMANDS ET CONTRE LES PARISIENS

 

Les renseignements manquent pour savoir à quelles batailles chacun participa, sauf pour Jean Baptiste PINELLI qui était à Metz dans l’armée de BAZAINE et pour Jean Baptiste FRANCESCHETTI dont le dossier de légion d’honneur permet de savoir qu’il reçut quatre blessures lors de la bataille de Gravelotte le 16 août 1870.

 

Ainsi, on ignore si les cinq gardes mobiles restèrent en Corse ou s’ils firent partie des 2.600 hommes qui embarquèrent à Ajaccio le 27 juillet et «qui, n’ayant jamais servi sous l’uniforme, devront être formés sur le continent», d’après ce qu’a écrit Jean-Pierre GIROLAMI dans «Settimana» du 18 septembre 2020.

 

illustration publiée dans «Settimana» du 18 septembre 2020.

illustration publiée dans «Settimana» du 18 septembre 2020.

 

Toujours est-il que trois Poggiolais furent prisonniers:

- Antoine Laurent DEMARTINI, décédé le 26 août 1870 à Pont-à-Mousson, ville prise le 14 par les Allemands (il semble avoir été le seul Poggiolais mort pendant cette guerre);

- Jean Baptiste PINELLI, capturé quand l’armée de Bazaine capitula le 29 octobre;

- Jean Baptiste FRANCESCHETTI, pris à la suite des blessures reçues à la bataille de Gravelotte.

 

 

Trois se battirent contre des Parisiens car ayant été affectés à l’armée du gouvernement de Versailles qui combattit la Commune en mai 1871:

-Jean Baptiste DEMARTINI

-Jean Martin DESANTI

-Jean Baptiste PINELLI, après qu’il eut été libéré de sa captivité le 14 mai 1871, comme 60.000 autres soldats à la demande d’Adolphe THIERS, chef du gouvernement, pour écraser les révolutionnaires.

 

 

 

LEUR IDENTITÉ

 

Les différences d’âge n’étaient pas grandes (neuf ans). Au début de la guerre, le Poggiolais le plus ancien, Antoine Mathieu DEMARTINI, né le 4 avril 1841, avait 29 ans. Les plus jeunes, nés en 1850, étaient au nombre de cinq.

 

Lors de la première guerre mondiale, il y eut 51 ans entre le plus ancien (Jean Baptiste PINELLI né le 21 août 1848) et le benjamin (François Antoine Noël DEMARTINI né le 24 décembre 1899) des «poilus» poggiolais.

 

Le nom de famille le plus présent parmi eux était DEMARTINI (9 représentants) avant DESANTI (5 membres). Il est curieux de s'apercevoir que le nom très courant de PINELLI n’ait été cité qu’une seule fois, alors qu’il est troisième dans les noms des soldats poggiolais de la guerre 1914-1918.

 

Pour les prénoms, dix-sept de ces soldats en avaient deux et un en avait trois. En les comptant tous, il y en a dix-huit différents. Le plus courant était Jean, cité douze fois, largement devant Baptiste, cité sept fois. En 1914-1918, les prénoms les plus courants furent Jean, François et Toussaint, Baptiste n’apparaissant qu’une fois. On peut remarquer un Polo et un Darius.

 

 

 

ET APRÈS LA GUERRE ?

 

Onze anciens combattants de 1870-1871 étaient encore vivants quand la première guerre mondiale se déclencha. L’un d’eux, Jean Baptiste DESANTI, né en 1850, connut même le début de la seconde. Il mourut le 8 octobre 1939, à 88 ans, un mois après la déclaration de guerre (3 septembre 1939).

 

Médaille commémorative de la guerre de 1870 (site www.loire1870.fr/.jpg)

Médaille commémorative de la guerre de 1870 (site www.loire1870.fr/.jpg)

 

Les combattants de 1870 furent oubliés. Les monuments qui leur sont dédiés sont rares. Orto est une des rares communes à avoir inscrit sur le marbre le nom d’un mort de cette guerre.

 

Une médaille commémorative ne fut instituée qu’en 1911. Combien de Poggiolais la reçurent-ils?

 

Comment étaient-ils considérés au village ?

 

Malheureusement, nous n’avons pas assez de renseignements pour répondre à ces questions.

 

En tout cas, l’existence de ces vingt-trois soldats prouve que, comme les autres villages corses, Poggiolo ne resta pas à l’écart de la guerre franco-allemande de 1870.

 

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 18:00

 

La guerre de 1870, qui eut lieu voici juste 150 ans, est maintenant bien oubliée mais les Poggiolais de l’époque la subirent fortement. Une vingtaine d’entre eux y participa sous l’uniforme. Toutes les familles de Poggiolo furent touchées, comme le montre la liste qui est proposée ici. 

 

 

 

Avant de la regarder, il importe de savoir comment était recrutée l’armée de Napoléon III.

 

Le service militaire était en principe obligatoire mais tous les jeunes de 20 ans ne le faisaient pas. Il y avait un tirage au sort pour avoir le nombre de militaires correspondant aux besoins. Ceux qui avaient tiré un mauvais numéro pouvaient payer pour être remplacés. Le service durait 7 ans et fut réduit à 5, à la veille de la guerre, en 1868, avec la réforme NIEL qui créa une garde mobile servant de réserve à l’armée impériale.

 

Quelques dates sont également à retenir pour comprendre les carrières de ces soldats:

19 juillet 1870: la France déclare la guerre à la Prusse.

2 septembre 1870: Napoléon III est battu à Sedan et se rend aux Allemands.

28 janvier 1871: armistice (fin des combats).

21-28 mai (semaine sanglante): la Commune de Paris est écrasée par l’armée fidèle au gouvernement de Thiers installé à Versailles.

10 mai 1871: traité de Francfort (fin de la guerre).

 

Les renseignements ci-dessous viennent en grande partie des registres militaires matricules et des registres de la garde mobile. Ils sont publiés avec l’autorisation de Madame Laure FRANCK, directrice des archives de la Collectivité de Corse. Chaque fiche est donc accompagnée de l’indication des cotes consultées et de leur lieu de conservation (– Archives Pumonti).

 

Les fiches généalogiques réalisées par Pierre LECCIA et accessibles sur Généanet ont été également utilisées.

 

Avertissement: Les renseignements qui vont suivre ne sont peut-être pas complets car la documentation sur cette guerre est assez rare. Si nos lecteurs ont des renseignements complémentaires, qu'ils n'hésitent pas à nous en faire part.

 

 

Dans le prochain article, un certain nombre d'observations sera tiré de cette liste.

 

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LES 23 SOLDATS POGGIOLAIS DE 1870-1871

(ordre alphabétique)

 

 

 

CECCALDI Jean (1844-?): fils de Valerio et Agathe Marie ARRIGHI. Frère de Jean Noël. Etant élève du grand séminaire d’Ajaccio, il est dispensé du service par le conseil de révision du 6 mai 1865. Mais il renonce à la dispense et part au 37e RI (régiment d’infanterie). 9 NUM 78/37 – Archives Pumonti.

 

CECCALDI Jean Noël (1850-1925): fils de Valerio et Agathe Marie ARRIGHI. Frère de Jean. Forgeron. Appelé dans la garde mobile le 27 septembre 1870. Licencié le 31 décembre 1872. Père de Jean-François qui fut maire de Poggiolo de 1919 à 1959. 9 NUM 77/22 – Archives Pumonti

 

DEMARTINI Antoine (1844-1873): Fils de Dominique et de Madeleine DEMARTINI. Frère d’Antoine Laurent, d’Antoine Mathieu et de François Marie. Appelé en octobre 1865 à l’école des apprentis marins de Brest, il est renvoyé dans ses foyers en février 1866, étant frère d’un militaire. Mais il reste considéré comme militaire jusqu'au 31 décembre 1871. 9 NUM 78/39 – Archives Pumonti

 

 

Ecole des apprentis de Brest.

Ecole des apprentis de Brest.

 

DEMARTINI Antoine Albert François (1847-?): Fils d’Antoine et Marie DEMARTINI. Menuisier. Incorporé au 17e Dragons en octobre 1868 comme remplaçant. En captivité en Allemagne du 2 septembre 1870 au 1er juillet 1871. Libéré des obligations militaires, devient gendarme. 9 NUM 74/909 – Archives Pumonti

 

DEMARTINI Antoine Laurent (1850-1871): Frère d’Antoine, d’Antoine Mathieu et de François Marie. Engagé volontaire en 1869 au 6e de ligne de l’armée du Rhin. Mort le 26 août 1870 à Pont-à-Mousson (prisonnier des Allemands?). Décès retranscrit sur l’état-civil de Poggiolo le 25 décembre 1871. Semble avoir été le seul Poggiolais tué pendant cette guerre. 9 NUM 11/111 – Archives Pumonti

 

DEMARTINI Antoine Mathieu (1841-1885): Fils de Dominique et de Madeleine DEMARTINI. Frère d’Antoine, d’Antoine Laurent et de François Marie. Appelé en 1862 à l’école des apprentis marins de Toulon et fait carrière dans la Marine jusqu’à sa mort. 9 NUM 3/681 – Archives Pumonti

 

DEMARTINI Jean Baptiste (1849-1919): fils de Jean Toussaint et Marthe MARTINI. Frère de Jules Baptiste. Incorporé le 14 août 1870 comme remplaçant au 68e de ligne, puis au 113e. Fait la campagne contre l’Allemagne jusqu’au 7 mars 1871, puis fait partie, du 18 mars au 7 juin 1871, de l’armée de Versailles qui écrase la Commune de Paris. Continue une carrière militaire jusqu’à sa retraite. 9 NUM 76/934 – Archives Pumonti

 

 

Combats entre Communards et Versaillais ("Le Cri du peuple" de Tardi).

Combats entre Communards et Versaillais ("Le Cri du peuple" de Tardi).

 

DEMARTINI Jules (1849-1927): fils de Jean Baptiste et de Julie DESANTI. Exempté par le conseil de révision du 24 juin 1870 pour défaut de taille et soutien de famille. 9 NUM 10/509 – Archives Pumonti

 

DEMARTINI Jean Baptiste dit Jules Baptiste (1846-1908): fils de Jean Toussaint et Marthe MARTINI. Frère de Jean Baptiste. incorporé le 9 août 1870, s’engage pour la durée de la guerre au 68e de ligne. 9 NUM 73/185 – Archives Pumonti

 

DEMARTINI Nicolas dit Colaté (1846-?): fils de Martin et Marie Marthe VINCIGUERRA. Déclaré bon pour le service et remplaçant par le conseil de révision du 16 juillet 1868. 9 NUM 73/186 – Archives Pumonti

 

DESANTI Pierre François ou François Pierre (1847-1927): fils de Jean et de Julie ANTONINI. Déclaré bon pour le service par le conseil de révision du 14 juillet 1868. Fut le père de Hyacinthe, gouverneur au Dahomey et au Soudan français.  9 NUM 8/788 – Archives Pumonti

 

DESANTI Jean Baptiste (1849-1909): fils de François Antoine et de Julie CARLI. Frère de Jean Martin. Déclaré bon pour le service et remplaçant par le conseil de révision du 24 juin 1870. 9 NUM 76/933– Archives Pumonti

 

DESANTI Jean Baptiste (1850-1939): fils de Jacques et d’Estelle Marie DEMARTINI. Frère de Jules François. Appelé le 25 octobre 1870 pour le 12e régiments de chasseurs à cheval. Fut le dernier des combattants de 1870-1871 à décéder, un mois après le déclenchement de la seconde guerre mondiale. 9 NUM 11/110 – Archives Pumonti

 

 

Jean Martin DESANTI (tableau peint entre 1885 et 1897) (photo Michel Franceschetti).

Jean Martin DESANTI (tableau peint entre 1885 et 1897) (photo Michel Franceschetti).

 

DESANTI Jean Martin (1846-1922): fils de François Antoine et de Julie CARLI. Frère de Jean Baptiste. Engagé le 15 mai 1865 au 46e de ligne. Quitte l’armée comme sergent le 19 mars 1870. Est rappelé le 21 juillet 1870 pour le 117e de ligne, puis le 120e. Opérations contre l’armée allemande jusqu’au 7 mars 1871. Puis, opérations contre la Commune de Paris du 18 mars au 7 juin. Reste dans l’armée jusqu’à sa retraite en 1897 où il a le grade de portier-consigne de première classe et la médaille de la Légion d’honneur. Est le père de Rosine de laquelle descendent les FRANCESCHETTI actuels.  9 NUM 7/702 – Archives Pumonti

 

DESANTI Jules François (1845-1902): fils de Jacques et d’Estelle Marie DEMARTINI. Frère de Jean Baptiste. Déclaré bon pour le service et remplaçant par le conseil de révision en juillet 1868 au 32e de ligne (?). 9 NUM 72/164 – Archives Pumonti

 

FRANCESCHETTI Jean Baptiste (1848-1916): fils de Jean Charles et de Marie Françoise PAOLI. Frère de Jean Polo. Engagé le 22 août 1868. Est caporal au 32e RI au début de la guerre. Le 16 août 1870, reçoit quatre blessures à Gravelotte avant d’être capturé par les Allemands: 

        un coup de feu au dessus de l'oreille droite,

​​​        un coup de feu à la cuisse gauche,

       un coup de feu au pied gauche qui a brisé la phalange de l'orteil,

        un coup de feu à la cuisse droite.

 

 

 

Bataille de Gravelotte (site La Croix).

Bataille de Gravelotte (site La Croix).

 

Libéré le 8 juillet 1871, reprend du service jusqu’à la retraite. Capitaine dans la territoriale, reçoit la légion d’honneur en 1896. 9 NUM 9/39 – Archives Pumonti

 

FRANCESCHETTI Jean Polo (1845-1921): fils de Jean Charles et de Marie Françoise PAOLI. Frère de Jean Baptiste. Appelé dans la garde mobile en août 1870 et libéré en mai 1871. 9 NUM 72/163 – Archives Pumonti

 

MARTINI Antoine Dominique (1849-1933): fils de Martin et Françoise MARTINI. Engagé volontaire le 22 août 1868 au 32e régiment d’infanterie. Libéré le 23 août 1871. 9 NUM 76/929 – Archives Pumonti

 

MARTINI Jean Baptiste (1850-1882): fils d’Antoine et de Marie Antoinette PINELLI. Frère de Philippe. Déclaré bon pour le service dans la garde mobile par le conseil de révision du 27 septembre 1870. Licencié le 31 décembre 1872. S’installe à Constantine où il se marie et décède. 9 NUM 77/23 – Archives Pumonti

 

MARTINI Philippe (1847-1938): fils d’Antoine et de Marie Antoinette PINELLI. Frère de Jean Baptiste. Part comme appelé le 20 octobre 1868 à la 6e section d’infirmiers. Participe à la guerre contre l’Allemagne. 9 NUM 8/786 – Archives Pumonti

 

PINELLI Jean Baptiste (1848-1917): fils de Noël et Lucie NESA. Engagé volontaire en 1866. En 1870, à la déclaration de guerre, est sergent-fourrier au 28e de ligne. Prisonnier avec l’armée de Bazaine à Metz le 29 octobre 1870, est libéré le 14 mai 1871.

 

 

Soldats français de l'armée de Bazaine à Metz.

Soldats français de l'armée de Bazaine à Metz.

 

Fait partie de l’armée de Versailles qui écrase la Commune de Paris. Démissionne en 1876. Devient capitaine au 261e régiment de réserve. Obtient la légion d’honneur le 13 janvier 1907. Meurt à Paris où il s’était installé. Est inscrit sur le monument aux mort de 14-18 à Poggiolo sous le seul prénom de Baptiste. 9 NUM 9/38 – Archives Pumonti

 

VINCIGUERRA François Xavier (1850-1905): de Joseph et de Lilla CECCALDI. Menuisier à Aix-en-Provence. Part comme appelé le 25 octobre 1870 dans l’infanterie de marine et fait la campagne de France. 9 NUM 11/109 – Archives Pumonti

 

VINCIGUERRA Darius Jean (1846-1887): fils de Jacques Toussaint et de Marie CASANOVA. Domicilié à Corte lors du conseil de révision du 17 mars 1868. S’engage pour la durée de la guerre à Bastia le 26 août 1870 dans la 10e section des infirmiers. Libéré en janvier 1872, s’installe à Corte comme cordonnier, s’y marie et y décède.  9 NUM 73/505 – Archives Pumonti

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 18:00

 

Pont-à-Mousson est une cité lorraine où pratiquement personne ne doit connaître Poggiolo. Pourtant, elle est le lieu du décès d'un Poggiolais le 26 août 1870, voici exactement 150 ans.

 

Antoine-Laurent DEMARTINI vit le jour le 28 juillet 1850 à Poggiolo. Il était le quatrième des cinq fils de Domenico DEMARTINI, né en 1806 ou 1807 et mort en 1880, et de son épouse Madalena (1810-1871).

 

Engagé volontaire le 17 février 1869, il était soldat au 6e régiment de ligne de l'armée du Rhin. Il décéda, âgé de 20 ans, le 26 août 1870 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).

 

Cette ville fut l'objet de sévères combats de rues les 12 et 13 août avant d'être prise par les Allemands le 14. On peut supposer qu'Antoine-Laurent mourut dans le camp de prisonniers français installé dans cette ville, peut-être à la suite de blessures reçues les jours précédents.

 

Curieusement, son décès ne fut retranscrit sur le registre d'état-civil de Poggiolo que le 25 décembre 1871, soit plusieurs mois après la guerre. Retard dû à des difficultés de communications entre autorités françaises et allemandes?

 

Entrée des troupes allemandes à Pont-à-Mousson le 14 août 1870.

Entrée des troupes allemandes à Pont-à-Mousson le 14 août 1870.

 

Cette guerre, comme toutes les guerres, plongea des Poggiolais dans le chagrin. Mais il fut plus grand dans la famille de Domenico et Madalena DEMARTINI dont deux enfants disparurent tragiquement en 1870. 

 

En effet, en août 1870, arriva au village l'annonce de la mort de François-Marie, qui était né en 1847, trois ans avant Antoine-Laurent. Lui aussi était militaire. "Premier canonnier à la 1ère batterie du régiment d'artillerie de marine et des colonies" (d'après le registre d'état-civil communal), il avait décédé le 27 juin 1870 à l'hôpital de Saïgon au Vietnam. 

 

Est-ce à cause de son chagrin que Madalena trépassa le 22 juin 1871 ?  La notification officielle du décès d'Antoine-Laurent n'était pas encore parvenue au village mais son silence depuis dix mois ne laissait plus d'espoir.

            

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 17:52

 

Le 16 août, il y a exactement 150 ans, Jean-Baptiste eut certainement peu de temps pour penser à prier saint Roch comme les autres Poggiolais. Il était bien trop occupé à tenter de sauver sa vie pendant la terrible bataille de Gravelotte en Moselle, très loin de la Corse.

 

Jean-Baptiste FRANCESCHETTI naquit le 8 décembre 1848 à Poggiolo. Fils de Giovan Carlo (1808-1878) et de son épouse Maria Framinia (ou Marie Françoise) PAOLI (vers 1810-1853), il n’était pas de la même branche que les FRANCESCHETTI actuels.

 

Le 22 août 1868, il s’engagea dans l’armée et fut affecté au 32e régiment d’infanterie. Il était caporal depuis quatre mois quand, le 19 juillet 1870, le gouvernement de Napoléon III déclara la guerre à la Prusse.

 

Le Poggiolais participa à la bataille de Gravelotte, la plus acharnée de cette guerre, qui dura du 16 août (combats de Rezonville et Mars-la-Tour) au 18 août (combats de Saint-Privat). Les Prussiens eurent 5.300 morts et 14.500 blessés, les Français 1.200 morts, 4.420 disparus et 6.700 blessés.

 

Bien que l'armée française se fut rendue maîtresse du champ de bataille, son chef, le maréchal BAZAINE, préféra s’enfermer dans Metz jusqu'à sa capitulation le 28 octobre.

 

 

Bataille de Gravelotte du 16 août 1870 par Jules Ferat.

Bataille de Gravelotte du 16 août 1870 par Jules Ferat.

 

Jean-Baptiste combattit seulement la première journée, le 16, mais avec une énergie dont témoignent les quatre blessures reçues et mentionnées dans le récapitulatif de ses états de service:

 

"Blessé à Gravelotte le 16 août 1870 d'un coup de feu au dessus de l'oreille droite,

2e coup de feu à la cuisse gauche

3e coup de feu au pied gauche qui a brisé la phalange de l'orteil

4e coup de feu à la cuisse droite".

 

 

C'est dans cet état qu'il fut capturé par les Allemands. Comme les 420.000 militaires français détenus en Allemagne, il resta prisonnier jusqu'au 8 juillet 1871, le traité de Francfort ayant été signé le 19 mai. 

 

Jean-Baptiste FRANCESCHETTI reprit du service dans son même régiment et devint tout de suite sergent.

 

Ayant pris sa retraite comme adjudant en février 1884, il devint sous-lieutenant du 116e régiment territorial d’infanterie, l’unité de réservistes en garnison en Corse.

 

Le 5 février 1885, il épousa au village Adeline LEBLANC, née à Tours en 1860 et qui mourut en 1931 à Poggiolo.

 

Après avoir accédé au grade de capitaine en janvier 1891, le blessé de Gravelotte obtint la Légion d’Honneur en janvier 1896 (décret du 30 décembre 1895) et mourut le 29 novembre 1916, quarante-six ans après avoir reçu ses quatre blessures.

 

Jean-Baptiste FRANCESCHETTI fut le premier Poggiolais titulaire de la Légion d'Honneur, un an exactement avant Jean-Martin DESANTI.

 

 

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 18:00

Voici quatre-vingts ans, à la suite de l'armistice signé avec l'Allemagne le 22 juin 1940 et avec l'Italie le 24 juin, la municipalité de Poggiolo décidait le 27 juillet de mettre fin à son initiative originale de magasin municipal. Quel était ce magasin? 

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La seconde guerre mondiale débuta avec la déclaration de guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Même si les opérations militaires furent limitées pendant les huit mois de la période qui suivit et qui fut appelée la «drôle de guerre», la vie économique fut désorganisée. A Poggiolo, les adultes mobilisés n’étaient plus là pour la production agricole ou aller effectuer les achats à Vico ou Ajaccio. Les importations de produits continentaux se réduisirent, les bateaux devant être protégés contre d’éventuels sous-marins allemands. Et le doute existait sur la durée de la neutralité italienne.

 

 

UNE DÉLIBÉRATION ORIGINALE

Pour faire face à cette nouvelle situation, le conseil municipal poggiolais se réunit le 24 septembre 1939, sous la présidence de Jean PAPADACCI qui était adjoint au maire depuis 1937. Le maire lui-même était absent. Ce maire était Jean François CECCALDI, né en 1876 et décédé en 1968, élu à la tête du conseil municipal depuis décembre 1919.

 

La solution imaginée alors fut assez originale: la création d'un entrepôt municipal qui “aura pour tache d’approvisionner le ou les magasins de façon à éviter toute hausse injustifiée des prix. Il permettra un contrôle rigoureux des prix de vente“.

 

Ce système fut approuvé par le préfet et l'entrepôt fut installé au rez-de-chaussée de la maison MARTINI, là où se trouvait une épicerie depuis 1921 (voir l'article Les maisons poggiolaises: 11- Le magasin). L'entrée en est maintenant fermée par une grille métallique mais l'entrée se nomme toujours "le magasin". 

 

© Michel Franceschetti (juillet 2020)
© Michel Franceschetti (juillet 2020)

© Michel Franceschetti (juillet 2020)

 

Le 18 décembre, le maire désigna comme comptable de l’entrepôt Antoine Dominique MARTINI, dit Antunaccione, né en 1883 et décédé en 1970, qui fut ensuite président de la délégation spéciale de décembre 1941 à septembre 1943.

 

Le registre des recettes et dépenses a été conservé par la famille MARTINI. Il permet de connaître les produits les plus demandés à cette époque. Sur la page du 1er janvier 1940, reproduite ci-dessous, il n'est pas étonnant de voir figurer surtout café et chocolat. Même en période de guerre, on voulait marquer le début d'année.

 

 

Registre du magasin (page du 1er janvier 1940). Photo famille Martini.

Registre du magasin (page du 1er janvier 1940). Photo famille Martini.

 

 

CHANGEMENT D'ORIENTATION

 

Après l’invasion de la France et l’armistice du 22 juin, la zone sud, dont la Corse faisait partie, ne connut pendant deux ans ni occupation ni opérations militaires. Un semblant de retour en ordre s’opéra. Mais le rationnement était devenu indispensable, comme en 1914-1918. Il avait été décidé le 10 mars 1940 et les premières cartes de rationnements furent distribuées dès fin septembre 1940 pour les produits de base: pain, viande, pâtes, sucre.

 

"Le Petit Marseillais", 20 septembre 1940 (Retronews).

"Le Petit Marseillais", 20 septembre 1940 (Retronews).

 

Les édiles poggiolais s’adaptèrent à la nouvelle situation, d’autant que, en vérité, l’expérience de magasin communal n’avait pas parfaitement fonctionné.

 

Le conseil y mit fin le 27 juillet 1940 à 19 h sous la présidence de Jean PAPADACCI, le maire étant encore absent. Voici le texte de la nouvelle délibération (avec texte et ponctuation d'origine).

 

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

« M. le Président ouvre la séance et expose au conseil que la carte d’alimentation doit être mise prochainement en service que par suite le magasin communal pourrait ne plus revêtir d’utilité pour la population ; que d’autre part certaines difficultés ne laissent d’exister pour la régularisation des écritures que dans ces conditions il croit devoir de demander la suppression du Conseil qu’il prie de vouloir se prononcer.

Le Conseil ouï l’exposé de Mr le maire à l’unanimité des présents décide que le magasin cal créé par délibération du 24 7le 1939 sera supprimé.

Il prie Mr Martini, Antoine, Dque, désigné par arrêté du 18-12-39, comme comptable de l’entrepôt de bien vouloir reverser, dans le minimum de temps possible, dans la caisse du percepteur de vico, receveur mal, la somme de quatorze mille francs perçu par lui, chez ce comptable, pour l’exploitation du sus-dit magasin. »

 

 

Mais les difficultés de ravitaillement continuèrent et même empirèrent, surtout quand la libération de septembre 1943 coupa la Corse de ses liaisons maritimes et aériennes avec le continent pendant un an. Pendant cette période, les châtaignes fournirent un aliment précieux. La mairie ne prit alors aucune initiative particulière.

 

Le rationnement persista en France jusqu’à la fin de l’année 1949.

 

Il serait intéressant de savoir si d’autres communes suivirent la même voie que Poggiolo.

 

 

Une des dernières cartes de rationnement en France (novembre 1949) - photo Michel Franceschetti

Une des dernières cartes de rationnement en France (novembre 1949) - photo Michel Franceschetti

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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