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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 18:01

Pendant l'incendie de Notre-Dame de Paris, un pompier d'origine corse a eu un rôle très important que met en évidence l'entretien publié dans "Corse-Matin" de lundi 22 avril.

 

Stéphane CECCALDI a été appelé dès le début du sinistre au COGIC (centre opérationnel de gestion interministérielle des crises) car ce pompier a une spécialité très particulière d'expert en protection du patrimoine. Il est notamment titulaire d'une thèse sur la naissance du droit canonique au XIIème siècle et d'une autre sur le mobilier intérieur à la fin du XVIIème siècle.

L'article décrit le rôle que cet officier sapeur-pompier volontaire, qui dirige le service de sécurité incendie du Château de Versailles et du Trianon, a tenu pendant ces heures dramatiques et le bilan qu'il dresse de la situation actuelle de la cathédrale.

Issu d'une famille de Cristinacce et ayant passé son enfance à Marseille, Stéphane CECCALDI travaille également avec le SIS 2 A à la sécurisation du patrimoine de Corse du Sud. Il est donc tout à fait qualifié pour expliquer historiquement l'implantation des églises insulaires et leur importance pour l'identité de nos villages.

 

 

Pour le pompier de Versailles et de ND de Paris, l'église est le point de rassemblement identitaire du village

"L’église du village reste le point de rassemblement identitaire du village"

 

L’émotion est très vive dans la population. Preuve, s’il en fallait, de l’absolue nécessité de protéger le patrimoine ?

Oui, l’incendie de Notre-Dame est un vrai traumatisme psychologique qu’il faut prendre en considération, qu’il soit lié à la foi ou à un sentiment d’appartenance à une communauté. Il n’y a pas que les conséquences financières de la reconstruction et la perte patrimoniale. Lorsque j’assure des formations sur la sécurisation du patrimoine aux pompiers, je leur dis toujours de ne pas oublier que l’église du village reste le point de rassemblement identitaire d’une communauté, au-delà de toute croyance. C’est souvent le seul bâtiment ancien que l’on ait conservé dans une petite commune et dont on est fier.

 

Vous parlez des églises de village... Vous travaillez avec le Sis 2A pour la sécurisation du patrimoine. Quelle est votre mission ?

Nous procédons à un recensement des différents lieux culturels religieux, privés, châteaux, etc. C’est un travail que je fais depuis dix ans dans les Yvelines. Ce qui permet de rédiger, avant le sinistre, des fiches opérationnelles pour alerter de l’importance patrimoniale du lieu concerné, comme ce fut le cas à Notre-Dame. Un travail qui, à terme, peut amener, comme c’est le cas dans les Yvelines ou au musée Fesch, à la rédaction d’un plan de sauvegarde des biens culturels (PSBC) qui détermine les œuvres prioritaires à évacuer en premier ou à protéger.

 

Quels bâtiments en Corse devraient-ils, à votre sens, bénéficier de ce plan ?

La maison Bonaparte, la cathédrale d’Ajaccio bien sûr, où se trouve un tableau de Delacroix, l’église de Bonifacio avec ses fameuses statues de procession, le musée de la préhistoire à Sartène et un nombre absolument immense par rapport à la taille du département d’églises très anciennes avec des parties peintes importantes.

La Corse regorge d’un patrimoine religieux qui se trouve davantage dans les campagnes que dans les villes. Pour réévangéliser la Corse, Pise, au XIIe, XIIIe siècles, a implanté des églises dans les campagnes, pour aller plus vite à moindres frais.

Plutôt que de construire une église dans chaque village, un édifice était alors implanté au milieu de rien, une église qui était ensuite partagée, à titre d’exemple, par quatre communes dans un rayon de 3 km. Je travaille pour le Sis 2A mais la Haute-Corse est également remplie de trésors. Le Cap Corse, la Castagniccia… des fresques extraordinaires se trouvent aussi dans les églises du côté de Corte.

 

Propos recueillis par Caroline MARCELIN

 

Dans la pieve de Sorru in Sù, l'implantation de l'église Sant'Anarilla près des Trois Chemins correspond bien à ce récit. Au XVIème siècle, elle fut remplacée par l'église piévane de St Siméon. Cette histoire a été racontée dans l'article de ce blog dont voici le lien:

 

 

A noter: Stéphane CECCALDI a déjà été présenté aux lecteurs de "Corse-Matin" dans son édition du 17 novembre 2018.

Cliquer sur l'image pour lire l'article.

Cliquer sur l'image pour lire l'article.

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 18:00
Douleur du Vendredi Saint et défense du patrimoine à Poggiolo

Pour les catholiques, la douleur de l'incendie de Notre-Dame de Paris est d'autant plus vive que cette catastrophe a eu lieu au début de la Semaine Sainte qui, avant l'annonce de la résurrection le dimanche de Pâques, passe par la douleur de la mort du Christ sur la croix le vendredi.

La désolation des parents et amis de Jésus est bien représentée à Poggiolo par le grand tableau de la descente de la croix, réalisé par Damaso MESTRACCI, qui se trouve dans l'église Saint Siméon. 

Ce chef d'œuvre a été présenté dans deux articles précédents de ce blog. Nos lecteurs pourront s'y référer.

 

Cette peinture a été réalisée en 1939.

Ne faudrait-il pas profiter de l'année 2019 pour fêter dignement les 80 ans d'une des merveilles de Poggiolo? Quand on a un patrimoine, il faut bien le protéger, mais aussi le faire connaître.

 

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 09:40
Le patrimoine n'est pas éternel

 

Le terrible incendie de Notre-Dame de Paris montre que tout patrimoine est fragile et peut disparaître.

 

Le travail de nos ancêtres doit être préservé de la destruction, de l'ignorance et de la bêtise. Chacun, dans sa région, sa ville ou son village, doit se préoccuper de la meilleure façon de le conserver et de le faire connaître.

 

Sur cette Terre, nous sommes tous des passants temporaires et aussi des passeurs qui devons transmettre le meilleur du passé aux générations suivantes. C'est notre devoir à tous.

 

Le patrimoine n'est pas éternel

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 18:02

Calendrier des cérémonies de la Semaine Sainte dans le haut-canton:

 

Samedi 13 avril:

à 16 h,

Messe des Rameaux à POGGIOLO.

 

Dimanche 14 avril - Rameaux: 

 GUAGNO 11h

 

Jeudi Saint 18 avril

Adoration du St Sacrement :

POGGIOLO 15 h; SOCCIA 15h

 

Vendredi Saint 19 avril: 

à SOCCIA

15h: Office de la passion, 

21h: chemin de Croix et procession.

 

Samedi - Vigile 20 avril:  

SOCCIA 21h

 

Dimanche - Pâques  21 avril :  

GUAGNO 11h

 

A Vico même, voici ce qui est prévu:

Les rendez-vous de la Semaine Sainte

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 18:00

 

Comme de nombreuses maisons de Poggiolo sont assez anciennes, il a été décidé d'engager un architecte pour les rénover.

 

Il vient d'accomplir son travail mais le résultat est assez inattendu.

 

Il est vrai que l'architecte est fou et, surtout, que nous sommes proches du 1er avril !

 

Essayez de retrouver les bâtiments poggiolais qui ont été modifiés.

 

Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.
Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.

Photos Michel Franceschetti modifiées par Photo Booth.

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 19:05

Un préavis de grève a été déposé à la Poste d’Ajaccio car la direction refuse d’accorder les heures données traditionnellement aux salariés afin qu’ils puissent suivre les festivités de A Madunnuccia, ND de Miséricorde, patronne de la ville.

Au-delà des croyances religieuses personnelles, la décision de la direction de la Poste montre le peu d'importance accordé aux traditions locales par une administration désincarnée.

 

Voici le texte de l'article publié dans "Corse-Matin" aujourd'hui jeudi 14 mars.

photo Emilie Raguz

photo Emilie Raguz

A Madunnuccia, mère de miséricorde au coeur suave et si doux, n'invite pas toujours à la prière et à l'espérance. Au centre financier de La Poste, à Ajaccio, la sainte patronne de la ville d'Ajaccio fêtée le 18 mars ouvrirait même la possibilité d'une cessation du travail.

"Nous avons déposé un préavis de grève pour la journée du lundi 18 mars. Il concerne l'ensemble des métiers de La Poste, c'est-à-dire le courrier, le réseau et le centre financier de la région ajaccienne et du Valinco. Il fait écho à une seule revendication, la fête de la Miséricorde à Ajaccio et à Propriano", indiquent Laurent Torre, délégué STC La Poste de Corse-du-Sud et Roger Bianchini, délégué du personnel STC centre financier.

Du côté de la CGT, on a fait le choix de ne pas appeler à la grève pour le moment. On envisage de relancer les discussions. À ce stade, les modalités d'action divergent, mais les raisons du mécontentement sont identiques.

"La direction du centre financier refuse de nous accorder l'après-midi du 18 mars. Ce qui équivaudrait à une fermeture de l'établissement à 12 heures. Or, cette année, celle-ci est fixée à 16 heures", expliquent Christophe Chrétien - le bien nommé pour la circonstance -, secrétaire CGT et Patricia Curcio, membre du bureau du centre financier et membre fédéral CGT La Poste.

Ce faisant, la direction rompt avec les usages en vigueur. "De tout temps, nous avons bénéficié d'une demi-journée pour pouvoir profiter de la fête de la ville. Il est à la fois très important et très symbolique pour tous de participer à cette célébration qui n'est pas réductible à la procession", insiste Roger Bianchini. À la CGT, on pense aussi discrimination territoriale, "au-delà de toutes considérations religieuses", souligne Christophe Chrétien.

"Il faut savoir que des journées comparables existent ailleurs, par exemple le 26 décembre à Strasbourg, lors des fêtes de fin d'année à Lille et Dijon, ou à l'occasion du carnaval dans les Antilles."

Pour le STC comme pour la CGT, l'absence de dialogue social sur le sujet est un autre motif de colère. "Mardi, le personnel s'est réuni en assemblée générale et a demandé des explications à la direction qui n'a rien voulu écouter, affichant ainsi son mépris pour l'ensemble du personnel", déplore-t-on.

Aux yeux des représentants syndicaux, l'épisode "Madunnuccia" s'assimilerait encore à "la goutte qui fait déborder le vase".

"Le problème lié à cette journée est symptomatique des difficultés et de la souffrance que rencontrent les salariés au quotidien. A Madunnuccia s'inscrit dans le prolongement de trop nombreuses restructurations et transformations", détaille Patricia Curcio. Avant de plaider pour l'organisation d'un Grenelle de La Poste en Corse.

En attendant, "pour sortir de l'impasse, il n'y a qu'une seule décision à prendre : revenir sur la journée du 18 mars". Le message est transmis à la direction. À A Madunnuccia de faire le reste dans sa grande mansuétude.

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 19:37
Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Parmi les jeunes qui tiennent à travailler dans les villages, une mention particulière doit être attribuée à Jean-Mathieu CORIERAS. Déjà cité parmi les charcutiers des Deux Sorru (voir l'article précédent), il est appelé "l'infatigable muletier-convoyeur" dans l'article qui lui est consacré par  Pascale CHAUVEAU dans "Corse-Matin" du 13 février.

 

Le blog des Poggiolais avait signalé le 2 septembre 2010 le succès de Jean-Mathieu, né le 17 septembre 1991, au brevet professionnel de tourisme équestre.

photo J-M Franceschetti, article du 2/9/2010

photo J-M Franceschetti, article du 2/9/2010

 

Le fils de Dominique est maintenant l'un des rares muletiers corses à pouvoir transporter des marchandises en montagne, là où l'hélicoptère est plus cher.

Lisez ci-dessous l'article de la correspondante des Deux Sorru, qui a été agrémenté de quelques photos issues de Facebook.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Le film L’enquête corse faisait dire à l’un des personnages: " Je connais tous les chemins de mon pays". Sans se vanter, Jean-Mathieu Corieras affirme, à l’identique, connaître tous les sentiers de l’île. Avec son père, qui possède des chevaux et des ânes, le jeune homme, âgé désormais de 27 ans, a commencé très jeune à sillonner la montagne et à se laisser griser par le sentiment de liberté que les espaces d’altitude procurent.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

 

Installé à son compte à Poggiolo, où il se consacre à la châtaigne et à l’élevage de cochons, Jean-Mathieu, titulaire de l’ATE (accompagnateur de tourisme équestre), ajoute une corde à son arc avec cette activité complémentaire. Très vite, la demande de transport de matériel s’avère supérieure au transport de personnes. Ils ne sont plus, en Corse, que quatre ou cinq muletiers à acheminer ainsi les marchandises en montagne, et ce, à bien moindre coût que ce que nécessite le recours à l’hélicoptère.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Les fournitures à transporter sont multiples: des sacs à dos convoyés de refuge en refuge, pour des randonneurs souhaitant faire le GR 20 plus légers, aux groupes électrogènes ou aux planches de coffrage destinées à la rénovation d’une bergerie, à Camputile. Ou encore du matériel de maçonnerie pour remettre en état une chapelle, comme cela a été récemment le cas au-dessus d’Aleria. Le Parc naturel fait souvent appel aux services de Jean-Mathieu Corieras, notamment pour livrer du ravitaillement.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

 

Mais il arrive aussi que le muletier fasse office d’ambulancier, quand il prend en charge des randonneurs victimes d’une entorse. La demande la plus originale qui lui a été faite reste néanmoins, pour l’heure, le transport des zodiacs d’une équipe de géologues qui devaient carotter le fond du lac de Creno afin d’en étudier la sédimentation.

 

 

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Et quand on demande à Jean-Mathieu Corieras s’il utilise des cartes pour s’orienter dans les régions éloignées de chez lui, la réponse fuse: "Jamais de carte... Tu montes, tu trouves! s’exclame-t-il. Même s’il arrive que j’appelle, parfois, les gens du coin pour savoir si ça passe".

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 18:55

Le grand mérite des excellents articles de Pascale CHAUVEAU est de nous montrer des jeunes ont voulu vivre au pays et y travailler en continuant les traditions. Alors qu'il est facile de s'apitoyer sur la désertification de nos villages, la correspondante de "Corse-Matin" pour les Deux Sorru montre souvent des raisons d'espérer.

Ainsi, dimanche 3 février, elle a présenté trois jeunes de Poggiolo, Soccia et Orto qui entretiennent et renouvellent la charcuterie corse.

On charcute dans les Dui Sorru

 
Alerte rouge pour les cochons d'au moins 18 mois, pesant dans les 90 kg, menacés de finir en figatellu et saucisson... Dans chaque village, jusqu’en février, c'est l'époque où l'on charcute

Au siècle dernier, chaque famille élevait, tuait et charcutait ses propres cochons, et ceux qui n'en possédaient pas achetaient un cochon charcuté ou non", rappelle Philippe Pozzo di Borgo, 31 ans, éleveur à Soccia. Aujourd'hui, ils ne sont plus que quelques éleveurs dans les villages des Dui Sorru à perpétuer une tradition qui permet la production d'une charcuterie de qualité. C’est aussi le cas de Jean-Mathieu Corieras, à Poggiolo, âgé de 27 ans et installé depuis quatre ans.

Le premier a fait sa formation au lycée agricole de Borgo, le second à Corte, mais tous les deux s'accordent sur le fait que, même si les formations sont bonnes, la transmission orale est essentielle. "Le métier, on l'apprend chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu qui, après un stage chez les Rutily à Orto, puis chez Toto Canavelli, à Poggiolo, dont le père était boucher, a bénéficié d’un total de... 75 ans d'expérience.

 

"Le métier, on l'apprend d’abord chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu Corieras, âgé de 27 ans et installé à Poggiolo depuis quatre ans.

"Le métier, on l'apprend d’abord chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu Corieras, âgé de 27 ans et installé à Poggiolo depuis quatre ans.

Pourtant, la façon de consommer est différente aujourd'hui. "Autrefois, on pouvait garder les saucissons d'une année sur l'autre. On fabriquait un figatellu spécial, de la taille d'un saucisson, qu'on mangeait le 15 août, rempli dans le tiraculu (le boyau du colon), tandis qu’à Noël on mangeait une mula", se souvient le père de Philippe. Il faut préciser qu'à l'époque la charcuterie était plus salée, pour être sûr de bien la conserver. "E meglio a stupa che a chjità! (il vaut mieux cracher que jeter!)", rappelle Pascal Rutily avec humour, en glissant ce proverbe qui sous-entend que nos anciens mangeaient trop salé... Progressivement, la dose de sel a été réduite de moitié.

Il y a 10 ans, il créait à Orto l'EARL San Liséu, pour perpétuer la tradition et répondre à une demande grandissante de charcuterie artisanale de qualité. Dans ce domaine, la production est vendue avant même d'être fabriquée. Nul besoin de publicité, le bouche à oreille suffit. D'une année sur l'autre, les villageois passent commande, des livraisons réalisées jusqu'à Ajaccio et de nombreux colis expédiés sur le continent pour ravitailler la diaspora en figatelli frais.

A Orto, Pascal Rutily a créé l'EARL San Liséu pour perpétuer la tradition et répondre à la demande croissante.

A Orto, Pascal Rutily a créé l'EARL San Liséu pour perpétuer la tradition et répondre à la demande croissante.

 

"E bonu è cio chi piacce"

Comme pour le brocciu ou le fromage, la dégustation de charcuterie artisanale amène toujours la même question: de qui elle est? On goûte, on compare, mais Philippe rappelle un autre proverbe: "e bonu è cio chi piacce (le meilleur c'est celui qui vous plait)". Certains amateurs ne lui achètent que le figatellu, d'autres que le saucisson. Chaque producteur a sa propre spécificité et les goûts varient aussi en fonction des régions : plus on va vers le Sud, plus la proportion de foie dans le figatellu est élevée, si bien que le figatellu de Bastelica, jugé trop fort en goût, déplaît fortement aux gens de Castagniccia...

 

Pour Philippe Pozzo di Borgo, de Soccia, comme pour les autres producteurs, le passage par l'abattoir garantit une qualité sanitaire et permet de travailler de suite un animal arrivant propre et froid.

Pour Philippe Pozzo di Borgo, de Soccia, comme pour les autres producteurs, le passage par l'abattoir garantit une qualité sanitaire et permet de travailler de suite un animal arrivant propre et froid.

Pour Philippe, Jean-Mathieu ou l'EARL San Liséu, un seul mot d'ordre : la qualité. Chacun élève ses propres cochons, majoritairement de race corse, ou en tous cas nés ici, et apporte un soin particulier à l'alimentation des bêtes en milieu naturel ou en enclos fermé. De bons mélanges de céréales, avec surtout de l'orge au moment de la finition, et pas trop de gras ni de cendres pour assurer la qualité de la chair figurent aussi parmi les éléments essentiels. Par ailleurs, malgré un léger surcoût, le passage obligatoire à l'abattoir leur garantit une qualité sanitaire, et permet de travailler de suite un animal qui arrive propre et froid.

Pourtant, "s’il faut de la charcuterie industrielle, précise Pascal Rutily, elle ne doit pas être vendue au même prix!". Son regret? Que trop peu de restaurateurs ou de commerçants jouent le jeu de la qualité. "Certains achètent un peu de charcuterie artisanale, mais ils vendent majoritairement de l'industrielle, relève-t-il. Or, s'il y avait plus de demandes, l'offre s'amplifierait. Surtout si les quelques producteurs que nous sommes dans le haut-canton se regroupaient, comme cela a été fait à Guitera chez Stéphane Paquet, où ils arrivent à produire 800 cochons de manière professionnelle mais traditionnelle néanmoins." L’idée est lancée...

 PASCALE CHAUVEAU

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 18:00

Dans les Deux Sorru, en janvier, pour la fête de Saint Antoine, à qui est consacrée la chapelle de Guagno-les-Bains, des petits pains sont distribués aux fidèles.

 

Savez-vous qu'ils sont préparés par la famille Rutily d'Ortu?

 

Pascale CHAUVEAU l'a révélé dans l'article paru le 20 janvier dans "Corse-Matin".

C'est à Orto, dans la famille Rutily, qu'ont été fabriqués les petits pains distribués aux fidèles à l'issue de la cérémonie.

C'est à Orto, dans la famille Rutily, qu'ont été fabriqués les petits pains distribués aux fidèles à l'issue de la cérémonie.

 

Trois heures de travail ont été nécessaires pour pétrir, façonner et cuire 600 petits pains, selon un rituel qui se transmet de génération en génération. "Quand j'étais enfant, c'était Angilarella, assistée de Sauveur et Savetta, qui fabriquaient les petits pains de Saint-Antoine, se souviennent Pascal et Nicolas Rutily. Elle a donné la recette à notre mère, qui nous l'a transmise à son tour."

Transmission

Une recette qui semble pourtant d'une simplicité enfantine: une pâte pétrie avec de la farine et de l'eau, façonnée en petites boules, qui seront ensuite ébouillantées quelques minutes pour ne pas se casser au moment de cuire dans le four. Mais à Ortu la tradition veut que, dans la bassine où cuiront les pâtons, on dépose un morceau de verre blanc pour la pureté, une pomme qui représente l'origine du monde, de la cendre pour le foyer et, enfin, un épi de maïs pour l'abondance. Ces consignes sans plus d'explications sont les seules laissées par Angilarella. "Sa famille était très pieuse, précisent les deux frères. Et aussi étrange que cela puisse paraître, ici à Orto, on applique respectueusement ce procédé."

"À chaque région sa coutume", poursuit Nicolas, remarquant qu'en Balagne c'est à l'autre fête de Saint-Antoine, le 13 juin, que sont distribués les petits pains.

À l’issue de la messe, l'usage veut qu'on mange un petit pain béni pour se purifier, et chaque famille repart avec une poignée de pains qui resteront dans la maison ou dans la voiture pour les protéger.

"Les jours d'orage, les anciens mettaient un petit pain sur la fenêtre, avec de l'eau bénite, pour que la foudre épargne leur maison."

Depuis dix ans, les Rutily fabriquent chaque année les pains de Saint-Antoine distribués à la messe, mais depuis toujours, ils sont restés fidèles à toutes les traditions ancestrales.

"On ne lâche rien, conclut Pascal, les bastelle, les crucette, les cacavelli, le cochon... Notre prochain rendez-vous sera autour du feu du Jeudi Saint".

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 12:25

Chacun connaît ces très petits pains durcis que l'on met souvent dans la boîte à gants de sa voiture ou dans certaines pièces de la maison. Ces pains de saint Antoine protègent des maladies et de tous les malheurs aussi bien les humains que les bêtes des troupeaux.

A l'origine, des boules de pain étaient distribuées aux pèlerins qui allaient prier saint Antoine abbé en janvier. Puis, une confusion s'est produite avec saint Antoine de Padoue qui est fêté en juin et les petits pains sont donnés lors des deux célébrations. 

La chapelle de Guagno-les-Bains est consacrée à saint Antoine abbé. Voir l'article: celebration-de-sant-antone-abbate

 

D'où, la question du mois:

 

Qui confectionne les petits pains

distribués dans les Deux Sorru?

 

Petits pains de saint Antoine (photo Ville d'Ajaccio)

Petits pains de saint Antoine (photo Ville d'Ajaccio)

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Calendrier des messes de janvier et février dans les Deux Sorru:

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samedi 13 février

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lundi 1er mars

 

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