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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 18:00

Depuis la fondation du Couvent Saint François d’Assise à VICO par les Franciscains en 1481 la fête de Notre Dame des Anges a toujours été célébrée, d’abord par les Franciscains (jusqu’à la Révolution Française) et ensuite à partir de 1835 par les Oblats de Marie Immaculée ( sauf entre 1905 et 1935); c’est A PRIZIUNCULA qui a lieu le 2 août.

La Portioncule (Porziuncola en italien) est la chapelle qu’a reconstruite François d’Assise en 1209, où il a fondé son ordre des Frères mineurs, où se sont réunis les premiers chapitres généraux OFM et où il est mort.

 

La Portioncule à Assise.

La Portioncule à Assise.

A Vico, en cette année de la MISERICORDE, tous les groupes présents autour du Couvent St François ont voulu redonner une vigueur nouvelle à cette célébration.

 

AU COUVENT SAINT FRANCOIS DE VICO

1er et 2 août 2016 : «Va et répare mon Eglise !»

Tous acteurs de la Miséricorde.

*Lundi 1er août :

18h :

Rencontre des Confréries avec l’Abbé Jean Yves COEROLI, Vicaire Général.

21h30:

Procession des Confréries (de l’église Sainte Marie de Vico au Couvent St François)

23h: chants polyphoniques religieux et profanes

 

* Mardi 2 août :

• 10h30 :

Grand’messe présidée par le Père Michel BRUNE o.m.i

• 11h30 :

Apéritif offert à tous. Tombola.

Vente de gâteaux, confitures, liqueurs….

 

Participez à la Priziuncula
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 18:01

A Ajaccio, la place Foch (dite le plus souvent place des Palmiers) accueille, comme chaque année depuis plus de dix ans, les tréteaux de l’Association des Editeurs de Corse pour les Journées du Livre corse.

La manifestation se déroulera vendredi 22 juillet à partir de 17 h.

Elle est organisée avec le concours de la municipalité d’Ajaccio. Une occasion unique pour le public estival de découvrir toutes les nouveautés de l’édition corse et de venir à la rencontre de très nombreux auteurs, à l’occasion du shopping de nuit, jusqu’à une heure tardive de la soirée.

L'ouvrage "Vico-Sagone Regards sur une terre et des hommes" sera présent sur le stand de l’éditeur Alain PIAZZOLA.

La journée des éditeurs
La journée des éditeurs

Pour ceux qui désirent se le procurer et ne pourront être à Ajaccio, le livre sera en vente à la soirée de clôture du Festival 'Sorru in Musica" au Couvent de Vico et il peut être commandé par internet à l’adresse :

http://www.decitre.fr/livres/vico-sagone-9782364790445.html

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 18:19

Un col est un lieu de passage dans la montagne. Ainsi, le col de Sorru est important pour notre micro-région, qui formait la pieve de Sorru in sù, car il pemet la communication avec Vico, puis avec la côte.

 

Mais l’ancien canton de Soccia ne forme pas un véritable cul-de-sac. Par d’autres passages, on peut joindre le Niolu ou Corte. Quelques kilomètres de route avaient été tracés autrefois mais les travaux s’arrêtèrent par manque d’argent et d’intérêt. Certaines mauvaises langues (mais ce sont des mauvaises langues) disent même que la famille Giacobbi s’y était opposée car son fief de Venaco aurait nui d’une circulation trop importante.

Pour passer de l’autre côté du Tretorre et descendre dans le Cruzzini, il existe des sentiers. Depuis Guagno, on peut passer par le col de Missicella (ou de Messicella) ou celui de Campu d’Occhiu. De Poggiolo, on peut monter à travers la forêt de Libbio.

Missicella, trait d’union entre les villages

Un col peut être un lieu d’affrontement. Dans les légendes corses, Missicella était l’endroit où se battaient les mazzeri de Guagno et de Pastricciola dans la nuit du 31 juillet.

Ce sujet est développé dans l’article « Les légendes de chez nous (4/7): la nuit des mazzeri »

 

Un col est également un lieu de rencontre et d’échange. Missicella l’a été et vient de l’être de nouveau comme le montre l’article publié dans «Corse-Matin» de mercredi 15 juin. Une journée de spuntinu et d’échange de souvenirs (comme sur les « petites messe » qui y furent dites jusqu’en 1923) s’est déroulée dimanche 12 juin entre habitants de Guagno et du Cruzinu.

Le détail peut être lu sur l’article qui est reproduit ci-dessous (cliquer pour l’agrandir).

Missicella, trait d’union entre les villages
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 18:15

Retrouver sa généalogie est complexe pour différentes raisons, notamment le manque ou l'imprécision des documents. A Poggiolo, comme dans toute la Corse, l'utilisation du même prénom par plusieurs générations est une difficulté. Les homonymies demandent des vérifications soigneuses. En effet, les Jean, Antoine, François, Marie sont extrêmement nombreux.

Mais chaque famille a également ses prénoms préférés qui sont beaucoup moins donnés dans d'autres.

Ainsi, plusieurs CECCALDI ont eu (et ont encore) le prénom Valere.

Chez les PINELLI, Laurent a été plusieurs fois utilisé.

 

La famille FRANCESCHETTI a eu une préférence pour PHILIPPE.

Parmi les descendants de Lorenzo, premier membre connu de la famille, qui vivait entre 1640 et 1671, les recherches ont permis de savoir qu'il y a eu:

- trois enfants qui n'ont vécu que quelques mois: Philippe (1857), Philippe Antoine (1859-1860) et Ours Philippe Antoine (1865)

- Filippo Antonio (1807-1836), fils d'Anton Francesco (vers 1733-1818)

-Philippe-Antoine (1840-1924), fils d'Antoine-François (1811-1885). Il fut prêtre.

Les prénoms préférés des familles

- Philippe (1857-1921), fils de Jean-Antoine (1831-1922). Il fit carrière dans l'armée et obtint la médaille militaire en 1889.

Les prénoms préférés des familles

- Philippe Antoine Pascal, dit Filippone (1901-1970), fils du Philippe précédent et frère de Jean-Antoine (1897-1987). Il fut fonctionnaire municipal à Marseille. Militant socialiste, il présida l'Amicale laïque de la Blancarde, créée par son oncle Philippe CERATI (voir l'article "La réponse à la devinette guagnaise"), et participa à la Résistance au sein des Milices Socialistes.

Filippone pendant son service militaire.

Filippone pendant son service militaire.

- Philippe (1922-1996), fils de Jean-Antoine (1897-1987), et dont la biographie a été publiée dans l'article "Souvenir de Philippe Franceschetti".

Les prénoms préférés des familles

Donc, huit Philippe FRANCESCHETTI ont existé.

Un neuvième Philippe FRANCESCHETTI, né en 1978, fils de Michel,  vit actuellement sur le continent.

Les prénoms préférés des familles
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 18:00

Les ruines de la cathédrale Saint Appien sont, avec sa tour génoise, un des symboles de Sagone.

Son clocher est également bien connu. Autrefois, il était bien visible de la route ou de la mer, comme le montre cette carte postale qui a presque un siècle.

Le clocher de Sagone est menacé

Maintenant, sur cette photo du même endroit publiée sur Google, les plantations d’arbres et les villas cachent l’édifice.

Le clocher de Sagone est menacé

Le beffroi s’aperçoit encore depuis la route à l’embranchement des routes de Vico et de Cargese.

Le clocher de Sagone est menacé

Ce clocher est en danger. N’ayant jamais été restauré depuis sa construction au milieu du XIXème siècle, il «voit aujourd’hui sa façade se fissurer ; son beffroi menace de s’effondrer tandis qu’une des cloches s’est déjà détachée et a subi de gros dégâts», comme l’indique le site de la mairie de Vico.

La commune présidée par François COLONNA vient de lancer un programme de restauration complété par une souscription populaire pilotée par la Fondation du Patrimoine. Pour en savoir plus sur ce projet, connectez-vous au site de la Fondation Patrimoine en cliquant ICI.

Vous saurez aussi pourquoi Sagone a un clocher sans véritable église.

 

Un bon de souscription est disponible ci-dessous.

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 18:00
ND de Lavasina (commune de Brando)

ND de Lavasina (commune de Brando)

En cette année de la Miséricorde, le secteur pastoral Deux Sorru-Sevi in Grentu et l'Association des Amis du Couvent organisent un pèlerinage pour le passage de la Porte Sainte à Notre Dame de Lavasina, le dimanche 1er mai.

Départs:

     - de Sagone (parking du Spar) 7h15

     - de Vico (devant le monument aux morts) 7h30

     - de l'embranchement d'Evisa 7h45.

Participation: 20€ par personne.

Programme:

     -11h: messe

     -12h30: repas tiré du sac (dans une salle prévue à cet effet)

     -16h: retour.

Inscriptions auprès de la Communauté OMI (06 47 36 72 96) ou auprès de Marcelle Paoli (06 75 43 82 35) jusqu'au 24 avril.

 

Pour avoir des renseignements sur le sanctuaire de Lavasina, suivre le lien: http://www.curagiu.com/lavasina.htm

A Lavasina le 1er mai
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 18:10

L’association Letia-Catena vient de publier "L'attaque du préside génois d'Ajaccio par l’avocat Giuseppe Maria Masseri (1763)", en vente notamment à Ajaccio, la Librairie "Le Mouflon", 19 Boulevard Fred Scamaroni. 

Cet ouvrage a été présenté recemment sur notre blog mais en voici la première page et la quatrième de couverture, avec une belle vue aérienne de la vieille ville d'Ajaccio.

 

Les projets de Letia-Catena

Mais les activités de cette association pour entretenir la mémoire de nos communautés ne s’arrêtent pas là. De nouveaux projets existent. Ils ont été publiés sur le site http://letia-catena.fr/

1 - L'historien et chercheur Antoine-Marie Graziani donnera une conférence à Letia, le samedi 31 juillet prochain, sur un sujet qui concerne spécialement l'histoire de Letia et de la région, au Moyen-Âge: "Jean Paul de Leca et l'Etat de Cinarca".

2 - André Flori, spécialiste reconnu en ce qui concerne les recherches généalogiques, interviendra à Letia pour les journées du Patrimoine des 10 et 11 septembre. Il exposera les méthodes de recherche et de travail portant spécialement sur "la Généalogie".

3 - Toujours à l'occasion des Journées du Patrimoine des 10 et 11 septembre, Jean Joseph Franchi, écrivain qui a publié une quinzaine d'ouvrages dont quelques-uns sur les contes corses, donnera une conférence portant sur le sujet suivant: "Les contes corses, du Particulier à l'Universel". Proche de notre association, Jean Joseph Franchi est déjà intervenu à deux reprises pour divers exposés en faveur de Letia-Catena.   

 

Voici des initiatives passionnantes qui montrent qu'une activité culturelle importante peut exister dans le moindre village.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 18:18

L’ouverture de la pêche, samedi 12 mars, a été décevante, paraît-il.

Une saison ferme, une autre s’ouvre
Une saison ferme, une autre s’ouvre

Il faudra voir l’évolution des prises lors des prochains mois. La saison dure jusqu’au 18 septembre.

Les amateurs de truites doivent se rappeler que certaines portions de rivières sont interdites dans notre partie de la Corse :

- Ruisseau le Sagone au lieu dit Fiuminale, de la source à l'enclos des lièvres, commune de MARIGNANA,

- Ruisseau de  "Belle e Buone", de la source à la confluence avec le Fiume Grossu, commune de GUAGNO,

- Ruisseau de "Purcile" , commune de GUAGNO.

 

La saison de chasse, quant à elle, est cloturée depuis peu. Elle reprendra le 15 août prochain.

Le bilan de 2015-2016 a été plutôt bon, comme le montre Larenzu di Guagnu (http://miniu.skyrock.com/).

Sur ce blog (déjà présenté ici le 22 octobre 2012 par l’article "Les exploits de Sevi et Sorru"), les images d’un film récemment publié montrent des chasseurs de la «squadra guagnese» heureux de faire partager leurs sensations. La réalité de la chasse au sanglier est bien représentée.

 

MAIS ATTENTION !

 

Certaines images sont très difficiles à supporter pour les amis des animaux.

 

 

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:57

Une grossière erreur d’altitude de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains était inscrite dans un dessin publicitaire de 1926 présenté par Frédéric BLANC. L’article "Publicité mensongère à Guagno-les-Bains" l’avait dévoilée. Mais est-elle le seul exemple de transformation de la réalité de ce bâtiment ?

Utilisons la planche de quatre gravures prêtée par Hervé CALDERONI et qui a servi dans deux articles de ce blog pour ses représentations des lacs de Ninu et de Creno (voir l’article "Le paysage mystérieux : la solution"). Elle était extraite de l’«Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets», livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863. Le bâtiment des Bains était également dessiné.La signature J. P. (en bas à gauche) prouve que l’auteur en est Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer son livre.

Le paysage mystérieux : la solution
L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Dans les deux images, celle de 1863 et celle de 1926, l’établissement thermal a bien la forme d’un U séparé de la route par un petit mur. Il résulte de l’agrandissement du bâtiment primitif décidé par le conseil général en 1838 et approuvé par le roi Louis-Philippe qui déclara en 1840 d’utilité publique les travaux qui ne commencèrent qu’en 1845 et durèrent une dizaine d’années.

Jean de la ROCCA dans «La Corse et son avenir» publié en 1857 fournit une description précise :

« L’aile gauche est occupée par des piscines destinées aux militaires (…).

 

L’aile droite est destinée aux malades civils.

 

Le bâtiment du milieu se compose de deux grands réservoirs alimentés par la source principale (…).

 

L’établissement civil forme le premier étage de l’étabissement thermal. Il se compose d’une soixantaine de chambres meublées très convenablement, de salons de réception et autres. »

 

La gravure de Jeanne PETIT-JEAN est bien conforme à ce texte. Mais, dans une brochure intitulée «Bains de Guagno», publiée en 1851 et rééditée en 2004 par les Editions Lacour, Jean de La Rocca avait précisé que l’établissement «est fermé par le moyen d’une grille qui joint ces deux ailes; au milieu de la grille est la grande porte d’entrée». Il ne la mentionne pas en 1857. On peut supposer que le muret a été construit entre ces deux dates.

Une bizarrerie est visible sur le dessin du livre de l’abbé GALLETTI: l’aile de droite comporte une porte au rez-de-chaussée et deux niveaux de fenêtres alors que le bâtiment n’a qu’un étage. Erreur de l’artiste ?

Trois critiques principales peuvent être formulées à cette œuvre :

- L’aile gauche est flanquée de deux constructions qui, à notre connaissance, n’existent dans aucun autre document.

- La route reliant les thermes à l’hôpital militaire est double et très courte. Or, entre les deux lieux, la pente est beaucoup trop forte pour se promener comme les personnages dessinés.

- Les montagnes de l’arrière-plan sont bien plus raides et déchiquetées que la réalité.

Sur ce dernier point, la représentation de 1926 est bien plus conforme à la réalité. L’illustrateur de «La Corse touristique» a peut-être utilisé une photo ou une des cartes postales qui étaient alors très nombreuses.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Cette version de 1926 montre que le muret bordant la route est constitué de balustres avec une grande inscription «Gd Hôtel de l’Etablissement de Guagno-les-Bains». Ces modifications ont dû être réalisées pendant la «Belle Epoque», avant la première guerre mondiale, ainsi que le second étage qui rehausse le bâtiment central et qui contenait une salle à manger, une pièce banalisée et une cuisine.

L’image ci-dessous permet de mieux distinguer ces éléments.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Mais, dans la carte postale ci-dessous, le muret n’est pas surmonté d’une véritable balustrade en pierre. D’autre part, l’inscription contient l’adjectif «thermal» après «établissement».

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

La cour est plus agréable qu’en 1863 avec la présence d’un bassin, de deux arbres et de plusieurs arbustes. Mais la végétation était en réalité bien plus touffue comme le montrent les vues de l’époque.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Les modifications de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains ont été nombreuses et il est difficile de bien les connaître avant l’utilisation de la photographie. Les travaux de 1973 ont de nouveau modifié le muret et ordonné la végétation.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Malheureusement, plus rien ne se passe depuis la fermeture de ses activités, et c’est bien dommage.

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 18:00

A l’occasion des protestations et des blocages du centre de déchets de Vico, la figure de Jean-Yves TORRE a souvent émergé au premier rang des contestataires du collectif «per u Pumonte pulitu». Ce militant écologiste et tiers-mondiste (voir l'article Entre Tel-Aviv et Vico), bien connu dans les Deux Sorru, est le sujet d’un grand article paru le 26 février 2016 sur le site Reporterre, le quotidien de l’écologie (http://reporterre.net/index.php). Nous le reproduisons ici avec l’aimable autorisation des animateurs de ce site.

Les propos du créateur du Festival ACQUA IN FESTA (voir l'article L'eau sera en fête du 8 au 10 mai)  ne peuvent laisser indifférent, qu’ils portent sur l’histoire de la Corse, le nationalisme, la souveraineté alimentaire… même s’ils peuvent faire grincer des dents.

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Jean-Yves Torre,

le paysan qui plaide pour une autre Corse

26 février 2016 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse

Depuis 40 ans que Jean-Yves Torre travaille la terre de l’île de Beauté, il a vu les campagnes tomber dans l’abandon. Alors que la Corse nationaliste est secouée de soubresauts racistes, le paysan rappelle que l’indépendance se conquiert d’abord par la souveraineté alimentaire.

 Vico (Corse-du-Sud), reportage

Les montagnes verdoyantes plongent dans le bleu azur de la Méditerranée. Sous le soleil d’hiver, la mer scintille comme la neige sur les sommets. Jean-Yves Torre habite dans le creux de la pente, sur des terres squattées qu’il a défrichées à la main après 130 ans d’absence humaine. Autour de la ferme, la broussaille partout, mêlée de buis et de chênes verts. « Ah, ça ! on ne peut pas imaginer que des personnes vivaient ici auparavant », s’exclame le paysan au milieu de son champ.

La maison en ossature bois et en paille de Jean-Yves.

La maison en ossature bois et en paille de Jean-Yves.

Pourtant, sous les ronces, il a retrouvé d’antiques aires à blé, des ruines, « en bas, il y avait une école de 80 gamins au début du XXe siècle. Depuis mon installation, j’en ai vu, des gens partir, abandonner la terre ». Les Corses ont déserté les campagnes pour les villes, répétant l’inexorable refrain de l’exode rural. 80 % d’entre eux vivent dans les grandes agglomérations et, sur les 20 % restants qui s’agrippent aux montagnes, la plupart sont des personnes âgées.

 

 « Le Corse ne fait plus vivre la campagne »

C’est un credo pour Jean-Yves, une certitude. « On a déjà été autonomes, l’île ne dépendait pas de la métropole en 1760 [1] », affirme t-il. Des centaines d’hectares de seigle étaient cultivés, la Castagniccia, dans le nord du pays, comptait 80 personnes au kilomètre carré, vivant de châtaignes et d’élevage. Aujourd’hui, cette zone est complètement vide, atteignant tout juste six habitants au kilomètre carré. Les Agriates, à l’ouest de Bastia, constituaient aussi un immense verger où poussaient figuiers, oliviers, citronniers depuis des siècles, avant de devenir une garrigue désolée, battue par les vents. 
 
« L’autonomie n’était pas seulement alimentaire, on exportait même du liège en Angleterre pour construire les mâts des navires, on possédait des briqueteries. » Mais, à partir de 1818 et de la Restauration, la Corse a été pénalisée par un système douanier pervers : toute exportation insulaire se voyait surtaxée alors que, à l’inverse, les produits de la métropole arrivaient sur l’île détaxés. La souveraineté alimentaire a peu à peu disparu. Et avec l’arrivée du capitalisme, la vie rurale a été sacrifiée sur l’autel du consumérisme.
 

Jean-Yves Torre.

Jean-Yves Torre.

« Aujourd’hui, il y a un paradoxe chez le Corse. Il a un attachement viscéral à son village, à l’image pastorale de la campagne, mais il ne la fait plus vivre, il est devenu fonctionnaire ou commercial à Ajaccio ! » Les petites communes se transforment en villages dortoirs. « Les habitants prennent la voiture le matin à l’aube et reviennent tard le soir. » Le tissu rural se meurt. 
 
La culture corse est née dans les montagnes, au contact des éléments. Une vie brute, sculptée par le vent marin, tannée par le soleil :

A fine di tùttu
Allisciàta u sole
Lambuttàta da u mare
Ghjustu un isulella »
 [2]

« C’est avec les bergers que j’ai appris la langue, pas dans les bouquins, dit Jean-Yves. Quand ils partaient en alpage, ils prenaient dans leur musette un bout de papier, un crayon, ils composaient. » Les paysans parlent la langue du pays, la chantent. Le chjama è rispondi est une joute oratoire et poétique pratiquée à l’origine par les bergers. En perdant son ancrage rural, la culture corse est-elle condamnée à se folkloriser ?
 
 « Je ne veux pas voir ce monde devenir un musée », déclare Jean-Yves. Le regard nostalgique guette la population corse, il pousse à des replis identitaires. À défaut de faire vivre la campagne, certains Corses se tournent vers le passé, s’accrochent à une identité figée, voire mythifiée. L’indépendance, qui au début s’incarnait dans des luttes concrètes contre l’accaparement de terre, la spéculation immobilière ou « le bétonnage des clubs merdes », se mue progressivement en question ethnique, raciale. La Corse est comme un arbre : on s’attache aux racines, alors qu’il faudrait regarder pousser les feuilles.


 

« Ils se sont fermés au plus beau des échanges,

celui entre les hommes » 

« Le nationalisme est une instrumentalisation politique ; je ne sais pas ce que c’est qu’un État nation, c’est abstrait. Le jour où il n’y aura plus de bateaux, nation ou pas nation, ce sera la catastrophe. » La souveraineté alimentaire et l’indépendance se construisent matériellement, petit à petit, en relocalisant l’économie, en installant des jeunes sur les anciennes terres agricoles.
 
Amer, Jean-Yves résume : « Finalement, les Corses se sont ouverts au pire de la mondialisation, à l’afflux de marchandises, en perdant leur autonomie ; mais ils se sont fermés au plus beau des échanges, celui entre les hommes. » Un non sens quand on regarde dans le rétroviseur. « Nous sommes tous métis. » Jean-Yves a de longs cheveux blonds qui lui tombent sur les épaules. Les yeux bleus. Un héritage lointain de ses ancêtres Vikings débarqués sur l’île au Moyen-Âge. Il en gardé le nom : Torre.
 
Le paysan aime se faire provocateur : « Aujourd’hui, la plupart des gens qui ont un regard sur la terre ne sont pas les exploitants agricoles corses – eux, c’est pesticides et compagnie –, ni les éleveurs de primes – ils vivent à la ville et laissent le troupeau en errance dans la brousse. Ce sont des jeunes étrangers qui font vivre le territoire, parfois des Pinzutus [métropolitains, en corse]. Julie, par exemple, produit des légumes bio dans l’est de l’île, elle est Française, c’est une bosseuse, mais on lui pourrit la vie en lui bloquant l’accès à la terre. »

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse


 
Au-dessus de chez Jean-Yves, une nuée d’oiseaux noirs vole dans le ciel. Les milans et les corbeaux tourbillonnent dans les airs comme autour d’une proie. Une énorme déchetterie vient d’être creusée à un kilomètre de sa maison. À côté, dans le village d’Appriciani, les derniers volets ouverts se ferment à cause des odeurs putrides. Chaque jour, on entend les camions déverser, dans un bruit métallique, les immondices d’Ajaccio. « Voilà notre avenir, peste Jean-Yves, l’envers de la carte postale. Notre campagne est devenue la poubelle des villes. »
 
Selon le paysan, ces déchets sont les conséquences de la surconsommation et du tourisme de masse. « Nous sommes la région de France qui possède le plus grand nombre de supermarchés par rapport à sa population. Nos structures de traitement et de tri ne sont pas adaptées, nous n’avons, là aussi, aucune résilience. »


 

 « Apprendre à être à la fois praticien et philosophe »

À son échelle, Jean-Yves s’attelle à inventer autre chose. Retrouver de l’autonomie. Pour lui, elle ne rime pas avec autarcie, « c’est une autonomie avec des fenêtres ouvertes », comme il aime le dire. Il accueille, l’été, le festival Aqua in festa et quelques vacanciers désireux de découvrir une autre forme de tourisme, proche des gens et de la nature.

L’année, il produit des légumes, des fruits. « On fait notre pain, nos conserves. » Un temps, il avait 80 chèvres, et une belle basse-cour. « On fabriquait notre fromage dans notre coin, loin des normes européennes. On a toujours refusé les subventions, pour rester libres. On vendait nos produits à la sauvette, à nos voisins, dans l’illégalité. »
 

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse

En choisissant une vie sobre et économe, il nourrit un combat politique. « On ne s’attaque pas à un système quand on est dedans, pieds et mains liés avec… » Autoconstruction, toilettes sèches, eau de source, chauffage au bois, il a acquis son indépendance à la force du poignet. « C’est du boulot, mais aussi un grand bonheur. »
 
Jean-Yves fait le lien entre toutes ses luttes. Sa vie personnelle se dévoile entre les lignes de l’histoire militante. Plogoff, Larzac, accueil de migrants, lutte pour l’indépendance avec le FLNC, fauchage d’OGM, création d’un front antifasciste… Cet homme a traversé le demi-siècle le poing levé malgré les pires intimidations. Sa maison a été brûlée et son cheptel décimé par des coups de chevrotine ; mais il continue. « Je suis un paysan activiste, c’est ma raison de vivre. »

Pour lui, l’acquisition de l’autonomie matérielle n’est pas séparée du politique, « il faut apprendre à être à la fois praticien et philosophe ». Les mains dans la terre, la parole s’ancre dans le réel. 
 
Dans sa maison en ossature bois et en paille, la soirée s’attarde. « Être paysan, c’est un hymne à la nature, à l’amour et à la révolte », conclut-il. Au coin du poêle, alors que le froid de janvier souffle dehors, le gaillard esquisse un sourire : « Je tiens à la révolte. » 

 

 

[1] La Corse a fait partie, durant près de quatre siècles, de la République de Gênes avant de se déclarer indépendante le 30 janvier 1735 et d’adopter la première Constitution démocratique de l’histoire moderne (1755). Cédée par Gênes à la France le 15 mai 1768, elle est conquise militairement par le Royaume de France lors de la bataille de Ponte-Novo, le 9 mai 1769 (source : Wikipedia).

[2«  Loin de tout, caressée au soleil, agitée par le mer, juste une petite île  », chant de Jean-Yves Torre.

 

Source : Gaspard d’Allens pour Reporterre

Photos : © Gaspard d’Allens/Reporterre

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

Dimanche 19 novembre:

messe à Soccia à 11h.

Samedi 25 novembre au couvent de Vico, à partir de 19 h:

 soirée de rencontre, partage et débat sur le thème "La Mission aujourd'hui, pour nous" avec Bertrand EVELIN, omi.

Dimanche 26 novembre:

fête du marron à Evisa.

Samedi 2 décembre:

soirée soupe corse au couvent St François à partir de 20h. Prix: 20€.

S'inscrire auprès de Mme BASSI (04-95-26-62-29) ou au secrétariat du couvent, le matin uniquement, au 04-95-26-83-83.

Vacances de Noël:

du samedi 23 décembre au lundi 8 janvier.

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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