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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:57

Une grossière erreur d’altitude de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains était inscrite dans un dessin publicitaire de 1926 présenté par Frédéric BLANC. L’article "Publicité mensongère à Guagno-les-Bains" l’avait dévoilée. Mais est-elle le seul exemple de transformation de la réalité de ce bâtiment ?

Utilisons la planche de quatre gravures prêtée par Hervé CALDERONI et qui a servi dans deux articles de ce blog pour ses représentations des lacs de Ninu et de Creno (voir l’article "Le paysage mystérieux : la solution"). Elle était extraite de l’«Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets», livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863. Le bâtiment des Bains était également dessiné.La signature J. P. (en bas à gauche) prouve que l’auteur en est Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer son livre.

Le paysage mystérieux : la solution
L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Dans les deux images, celle de 1863 et celle de 1926, l’établissement thermal a bien la forme d’un U séparé de la route par un petit mur. Il résulte de l’agrandissement du bâtiment primitif décidé par le conseil général en 1838 et approuvé par le roi Louis-Philippe qui déclara en 1840 d’utilité publique les travaux qui ne commencèrent qu’en 1845 et durèrent une dizaine d’années.

Jean de la ROCCA dans «La Corse et son avenir» publié en 1857 fournit une description précise :

« L’aile gauche est occupée par des piscines destinées aux militaires (…).

 

L’aile droite est destinée aux malades civils.

 

Le bâtiment du milieu se compose de deux grands réservoirs alimentés par la source principale (…).

 

L’établissement civil forme le premier étage de l’étabissement thermal. Il se compose d’une soixantaine de chambres meublées très convenablement, de salons de réception et autres. »

 

La gravure de Jeanne PETIT-JEAN est bien conforme à ce texte. Mais, dans une brochure intitulée «Bains de Guagno», publiée en 1851 et rééditée en 2004 par les Editions Lacour, Jean de La Rocca avait précisé que l’établissement «est fermé par le moyen d’une grille qui joint ces deux ailes; au milieu de la grille est la grande porte d’entrée». Il ne la mentionne pas en 1857. On peut supposer que le muret a été construit entre ces deux dates.

Une bizarrerie est visible sur le dessin du livre de l’abbé GALLETTI: l’aile de droite comporte une porte au rez-de-chaussée et deux niveaux de fenêtres alors que le bâtiment n’a qu’un étage. Erreur de l’artiste ?

Trois critiques principales peuvent être formulées à cette œuvre :

- L’aile gauche est flanquée de deux constructions qui, à notre connaissance, n’existent dans aucun autre document.

- La route reliant les thermes à l’hôpital militaire est double et très courte. Or, entre les deux lieux, la pente est beaucoup trop forte pour se promener comme les personnages dessinés.

- Les montagnes de l’arrière-plan sont bien plus raides et déchiquetées que la réalité.

Sur ce dernier point, la représentation de 1926 est bien plus conforme à la réalité. L’illustrateur de «La Corse touristique» a peut-être utilisé une photo ou une des cartes postales qui étaient alors très nombreuses.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Cette version de 1926 montre que le muret bordant la route est constitué de balustres avec une grande inscription «Gd Hôtel de l’Etablissement de Guagno-les-Bains». Ces modifications ont dû être réalisées pendant la «Belle Epoque», avant la première guerre mondiale, ainsi que le second étage qui rehausse le bâtiment central et qui contenait une salle à manger, une pièce banalisée et une cuisine.

L’image ci-dessous permet de mieux distinguer ces éléments.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Mais, dans la carte postale ci-dessous, le muret n’est pas surmonté d’une véritable balustrade en pierre. D’autre part, l’inscription contient l’adjectif «thermal» après «établissement».

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

La cour est plus agréable qu’en 1863 avec la présence d’un bassin, de deux arbres et de plusieurs arbustes. Mais la végétation était en réalité bien plus touffue comme le montrent les vues de l’époque.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Les modifications de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains ont été nombreuses et il est difficile de bien les connaître avant l’utilisation de la photographie. Les travaux de 1973 ont de nouveau modifié le muret et ordonné la végétation.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Malheureusement, plus rien ne se passe depuis la fermeture de ses activités, et c’est bien dommage.

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 18:00

A l’occasion des protestations et des blocages du centre de déchets de Vico, la figure de Jean-Yves TORRE a souvent émergé au premier rang des contestataires du collectif «per u Pumonte pulitu». Ce militant écologiste et tiers-mondiste (voir l'article Entre Tel-Aviv et Vico), bien connu dans les Deux Sorru, est le sujet d’un grand article paru le 26 février 2016 sur le site Reporterre, le quotidien de l’écologie (http://reporterre.net/index.php). Nous le reproduisons ici avec l’aimable autorisation des animateurs de ce site.

Les propos du créateur du Festival ACQUA IN FESTA (voir l'article L'eau sera en fête du 8 au 10 mai)  ne peuvent laisser indifférent, qu’ils portent sur l’histoire de la Corse, le nationalisme, la souveraineté alimentaire… même s’ils peuvent faire grincer des dents.

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Jean-Yves Torre,

le paysan qui plaide pour une autre Corse

26 février 2016 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse

Depuis 40 ans que Jean-Yves Torre travaille la terre de l’île de Beauté, il a vu les campagnes tomber dans l’abandon. Alors que la Corse nationaliste est secouée de soubresauts racistes, le paysan rappelle que l’indépendance se conquiert d’abord par la souveraineté alimentaire.

 Vico (Corse-du-Sud), reportage

Les montagnes verdoyantes plongent dans le bleu azur de la Méditerranée. Sous le soleil d’hiver, la mer scintille comme la neige sur les sommets. Jean-Yves Torre habite dans le creux de la pente, sur des terres squattées qu’il a défrichées à la main après 130 ans d’absence humaine. Autour de la ferme, la broussaille partout, mêlée de buis et de chênes verts. « Ah, ça ! on ne peut pas imaginer que des personnes vivaient ici auparavant », s’exclame le paysan au milieu de son champ.

La maison en ossature bois et en paille de Jean-Yves.

La maison en ossature bois et en paille de Jean-Yves.

Pourtant, sous les ronces, il a retrouvé d’antiques aires à blé, des ruines, « en bas, il y avait une école de 80 gamins au début du XXe siècle. Depuis mon installation, j’en ai vu, des gens partir, abandonner la terre ». Les Corses ont déserté les campagnes pour les villes, répétant l’inexorable refrain de l’exode rural. 80 % d’entre eux vivent dans les grandes agglomérations et, sur les 20 % restants qui s’agrippent aux montagnes, la plupart sont des personnes âgées.

 

 « Le Corse ne fait plus vivre la campagne »

C’est un credo pour Jean-Yves, une certitude. « On a déjà été autonomes, l’île ne dépendait pas de la métropole en 1760 [1] », affirme t-il. Des centaines d’hectares de seigle étaient cultivés, la Castagniccia, dans le nord du pays, comptait 80 personnes au kilomètre carré, vivant de châtaignes et d’élevage. Aujourd’hui, cette zone est complètement vide, atteignant tout juste six habitants au kilomètre carré. Les Agriates, à l’ouest de Bastia, constituaient aussi un immense verger où poussaient figuiers, oliviers, citronniers depuis des siècles, avant de devenir une garrigue désolée, battue par les vents. 
 
« L’autonomie n’était pas seulement alimentaire, on exportait même du liège en Angleterre pour construire les mâts des navires, on possédait des briqueteries. » Mais, à partir de 1818 et de la Restauration, la Corse a été pénalisée par un système douanier pervers : toute exportation insulaire se voyait surtaxée alors que, à l’inverse, les produits de la métropole arrivaient sur l’île détaxés. La souveraineté alimentaire a peu à peu disparu. Et avec l’arrivée du capitalisme, la vie rurale a été sacrifiée sur l’autel du consumérisme.
 

Jean-Yves Torre.

Jean-Yves Torre.

« Aujourd’hui, il y a un paradoxe chez le Corse. Il a un attachement viscéral à son village, à l’image pastorale de la campagne, mais il ne la fait plus vivre, il est devenu fonctionnaire ou commercial à Ajaccio ! » Les petites communes se transforment en villages dortoirs. « Les habitants prennent la voiture le matin à l’aube et reviennent tard le soir. » Le tissu rural se meurt. 
 
La culture corse est née dans les montagnes, au contact des éléments. Une vie brute, sculptée par le vent marin, tannée par le soleil :

A fine di tùttu
Allisciàta u sole
Lambuttàta da u mare
Ghjustu un isulella »
 [2]

« C’est avec les bergers que j’ai appris la langue, pas dans les bouquins, dit Jean-Yves. Quand ils partaient en alpage, ils prenaient dans leur musette un bout de papier, un crayon, ils composaient. » Les paysans parlent la langue du pays, la chantent. Le chjama è rispondi est une joute oratoire et poétique pratiquée à l’origine par les bergers. En perdant son ancrage rural, la culture corse est-elle condamnée à se folkloriser ?
 
 « Je ne veux pas voir ce monde devenir un musée », déclare Jean-Yves. Le regard nostalgique guette la population corse, il pousse à des replis identitaires. À défaut de faire vivre la campagne, certains Corses se tournent vers le passé, s’accrochent à une identité figée, voire mythifiée. L’indépendance, qui au début s’incarnait dans des luttes concrètes contre l’accaparement de terre, la spéculation immobilière ou « le bétonnage des clubs merdes », se mue progressivement en question ethnique, raciale. La Corse est comme un arbre : on s’attache aux racines, alors qu’il faudrait regarder pousser les feuilles.


 

« Ils se sont fermés au plus beau des échanges,

celui entre les hommes » 

« Le nationalisme est une instrumentalisation politique ; je ne sais pas ce que c’est qu’un État nation, c’est abstrait. Le jour où il n’y aura plus de bateaux, nation ou pas nation, ce sera la catastrophe. » La souveraineté alimentaire et l’indépendance se construisent matériellement, petit à petit, en relocalisant l’économie, en installant des jeunes sur les anciennes terres agricoles.
 
Amer, Jean-Yves résume : « Finalement, les Corses se sont ouverts au pire de la mondialisation, à l’afflux de marchandises, en perdant leur autonomie ; mais ils se sont fermés au plus beau des échanges, celui entre les hommes. » Un non sens quand on regarde dans le rétroviseur. « Nous sommes tous métis. » Jean-Yves a de longs cheveux blonds qui lui tombent sur les épaules. Les yeux bleus. Un héritage lointain de ses ancêtres Vikings débarqués sur l’île au Moyen-Âge. Il en gardé le nom : Torre.
 
Le paysan aime se faire provocateur : « Aujourd’hui, la plupart des gens qui ont un regard sur la terre ne sont pas les exploitants agricoles corses – eux, c’est pesticides et compagnie –, ni les éleveurs de primes – ils vivent à la ville et laissent le troupeau en errance dans la brousse. Ce sont des jeunes étrangers qui font vivre le territoire, parfois des Pinzutus [métropolitains, en corse]. Julie, par exemple, produit des légumes bio dans l’est de l’île, elle est Française, c’est une bosseuse, mais on lui pourrit la vie en lui bloquant l’accès à la terre. »

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse


 
Au-dessus de chez Jean-Yves, une nuée d’oiseaux noirs vole dans le ciel. Les milans et les corbeaux tourbillonnent dans les airs comme autour d’une proie. Une énorme déchetterie vient d’être creusée à un kilomètre de sa maison. À côté, dans le village d’Appriciani, les derniers volets ouverts se ferment à cause des odeurs putrides. Chaque jour, on entend les camions déverser, dans un bruit métallique, les immondices d’Ajaccio. « Voilà notre avenir, peste Jean-Yves, l’envers de la carte postale. Notre campagne est devenue la poubelle des villes. »
 
Selon le paysan, ces déchets sont les conséquences de la surconsommation et du tourisme de masse. « Nous sommes la région de France qui possède le plus grand nombre de supermarchés par rapport à sa population. Nos structures de traitement et de tri ne sont pas adaptées, nous n’avons, là aussi, aucune résilience. »


 

 « Apprendre à être à la fois praticien et philosophe »

À son échelle, Jean-Yves s’attelle à inventer autre chose. Retrouver de l’autonomie. Pour lui, elle ne rime pas avec autarcie, « c’est une autonomie avec des fenêtres ouvertes », comme il aime le dire. Il accueille, l’été, le festival Aqua in festa et quelques vacanciers désireux de découvrir une autre forme de tourisme, proche des gens et de la nature.

L’année, il produit des légumes, des fruits. « On fait notre pain, nos conserves. » Un temps, il avait 80 chèvres, et une belle basse-cour. « On fabriquait notre fromage dans notre coin, loin des normes européennes. On a toujours refusé les subventions, pour rester libres. On vendait nos produits à la sauvette, à nos voisins, dans l’illégalité. »
 

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse

En choisissant une vie sobre et économe, il nourrit un combat politique. « On ne s’attaque pas à un système quand on est dedans, pieds et mains liés avec… » Autoconstruction, toilettes sèches, eau de source, chauffage au bois, il a acquis son indépendance à la force du poignet. « C’est du boulot, mais aussi un grand bonheur. »
 
Jean-Yves fait le lien entre toutes ses luttes. Sa vie personnelle se dévoile entre les lignes de l’histoire militante. Plogoff, Larzac, accueil de migrants, lutte pour l’indépendance avec le FLNC, fauchage d’OGM, création d’un front antifasciste… Cet homme a traversé le demi-siècle le poing levé malgré les pires intimidations. Sa maison a été brûlée et son cheptel décimé par des coups de chevrotine ; mais il continue. « Je suis un paysan activiste, c’est ma raison de vivre. »

Pour lui, l’acquisition de l’autonomie matérielle n’est pas séparée du politique, « il faut apprendre à être à la fois praticien et philosophe ». Les mains dans la terre, la parole s’ancre dans le réel. 
 
Dans sa maison en ossature bois et en paille, la soirée s’attarde. « Être paysan, c’est un hymne à la nature, à l’amour et à la révolte », conclut-il. Au coin du poêle, alors que le froid de janvier souffle dehors, le gaillard esquisse un sourire : « Je tiens à la révolte. » 

 

 

[1] La Corse a fait partie, durant près de quatre siècles, de la République de Gênes avant de se déclarer indépendante le 30 janvier 1735 et d’adopter la première Constitution démocratique de l’histoire moderne (1755). Cédée par Gênes à la France le 15 mai 1768, elle est conquise militairement par le Royaume de France lors de la bataille de Ponte-Novo, le 9 mai 1769 (source : Wikipedia).

[2«  Loin de tout, caressée au soleil, agitée par le mer, juste une petite île  », chant de Jean-Yves Torre.

 

Source : Gaspard d’Allens pour Reporterre

Photos : © Gaspard d’Allens/Reporterre

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:59

Plusieurs églises de Corse occidentale furent décorées par des artistes russes fuyant la révolution de 1917. L'article "Où sont les traces des Russes ?" a notamment insisté sur l'œuvre d'Ivan CHOUPIK.

Or, les fresques laissées par ce peintre dans l'église St Roch de LETIA se sont dégradées et une restauration de ces œuvres et de tout l'intérieur du bâtiment s'avère indispensable (l'extérieur a été refait les années précédentes). Une convention entre une association créée pour ce sauvetage, la municipalité de Letia et la Fondation du Patrimoine a été signée pour tenter de rassembler les financements nécessaires. Le total des travaux nécessaires s'élève à 195.000 euros. 

"Corse-Matin" s'en est fait l'écho le 20 janvier: 

Sauver Choupik et Rifflard

Mais les soucis ne s'arrêtent pas là pour les habitants de Letia. La chapelle St Martin est également à remettre en état. Pratiquement tout est à restaurer, y compris les fresques de Raymond RIFFLARD, qui avait l'habitude de prendre les figures des habitants du village comme modèles.

Une convention tripartite,  semblable à celle de St Roch, a été conclue pour rassembler les 125.000 euros nécessaires pour les seules peintures intérieures. Le "Corse-Matin" de mardi 9 février nous apprend que, en un an, 26.510 euros ont été recueillis.

Le même article, reproduit ci-dessous, donne un très intéressant historique de l'église St Martin.

Les personnes voulant fournir un don peuvent se renseigner au 06-12-23-59-61 ou sur le site http://www.fondation-patrimoine.org

Sauver Choupik et Rifflard
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 18:04

La Tumbera de Rennu vue par "Corse-Matin" du 1er février.

Succès pour la trentième Tumbera
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 17:59

La Tumbera de Rennu se déroulera dimanche 31 janvier. Il est important de se rendre à cette foire dédiée au cochon et à la cuisine corse traditionnelle qui en est à sa trentième édition.

Le 18 janvier dernier, "Corse-Matin" l'annonçait avec cet article:

La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier

En illustration, quelques photos de l'édition 2015, extraites de la page Facebook de la foire.

La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier
La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier
La Tumbera aura lieu dimanche 31 janvier
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 21:15

L'IMPORTANCE DES FABRIQUES

 

Parmi les articles de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat votée en 1905, il était prévu la suppression des fabriques instituées par le Concordat de 1801. La gestion matérielle de l’église paroissiale était assurée jusque là par un conseil de fabrique ayant ses ressources propres et pouvant les compléter par l’aide du conseil municipal.

Ainsi, le conseil de fabrique de Soccia décida en 1837 de construire une nouvelle église. De même, l’actuel Saint Siméon de Poggiolo résulte d’une décision du conseil de fabrique prise en 1863.

Xavier PAOLI en a décrit la construction dans le numéro 1 du journal «L’Info U Pighjolu» de février 2007 qui fut repris dans un article publié sur ce blog sous le titre "L'église d'en haut": Saint Siméon.

«Le premier argent fut apporté le 4 octobre 1863 par la vente de la "casa chjegale" (presbytère).

Muni de ce premier viatique, la communauté villageoise entama alors un véritable marathon d'opiniâtreté et de volonté qui dura pratiquement 50 ans.

Chaque famille donna soit de l'argent, mais il y en avait peu, soit une part de récoltes: tabac, huile, farine de châtaigne, bétail ...

Il y eu des moments de profond découragement, mais jamais il ne fut envisagé de baisser les bras.

Après bien des vicissitudes, on vint à bout de gros oeuvre le 4 octobre 1874, fête de Notre Dame du Rosaire.

Le curé Pierre-Jean OTTAVY, desservant de la paroisse, spécialement délégué par Monseigneur l'évêque François-Xavier André de GAFFORY, bénit l'église reconstruite. Mais il reste encore beaucoup à faire et, dans une lettre émouvante datée du 7 juillet 1889, le Président du conseil de fabrique, en désespoir de cause, envoie une supplique au ministre des cultes où il dit : "Les habitants, épuisés par les sacrifices énormes qu'ils se sont imposés dans le but d'avoir une église, ne peuvent plus rien donner, malgré toute leur bonne volonté". Avec ou sans subvention, on décide pour la décoration de s'adresser au peintre Jean-Noël COPPOLANI de Marignana.

Celui-ci, l'argent manquant, fut le plus souvent rétribué en victuailles diverses: décalitre de pommes de terre, vin, tabac, huile, farine de châtaignes, cabri ...»

 

L'église St Siméon et le cimetière (vus depuis le Tretorre).

L'église St Siméon et le cimetière (vus depuis le Tretorre).

UN PATRIMOINE CONFISQUÉ

 

On conçoit l’inquiétude des paroissiens quand ils apprirent la suppression de ces fabriques et leur remplacement par des associations cultuelles à la composition obscure. Dans son encyclique «Gravissiom officii», le pape Pie X refusa cette nouvelle institution.

Par ce refus, «l’Eglise catholique ne joue pas le jeu, préférant perdre son patrimoine que de s’associer à une loi qui lui a été imposée sans négociation». (Jean SÉVILLIA, «Quand les catholiques étaient hors la loi», Perrin, 2005, page 223).

Mais, comme prévu, le 12 décembre 1906, un an après sa publication, la loi sur la Séparation entra en vigueur. Partout, les bâtiments ecclésiastiques furent mis sous séquestre. A Ajaccio, Mgr Jean-Baptiste DESANTI «est évêque depuis à peine quatre mois que le 18 décembre 1906, il est expulsé du palais épiscopal situé cours Grandval» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, page 227).

A Soccia, Jean-Baptiste PAOLI, trésorier du conseil de fabrique, rendit sa comptabilité : «Les dépenses étant égales aux recettes, toutes les opérations de l’exercice 1906 étaient déclarées définitivement closes et sinon pour toujours, du moins jusqu’à de meilleurs temps» (cité par Jean-Baptiste PAOLI, «Santa Maria Delle Grazie, a nostra ghjesgia», A Mémoria, page 12).

Il faut surtout retenir le beau texte de protestation adopté par ce conseil :

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : La fabrique part dans la dignité (2/6)

Avant de se séparer en vertu de la loi dite de séparation, les membres du conseil de fabrique de Soccia, sentent le besoin et se font un devoir de protester hautement contre une loi qui leur enlève l’administration temporelle d’une Eglise qu’ils ne doivent ni à l’Etat, ni au Département, ni à la Commune. Ils l’ont construite et ornée, grâce à un travail opiniatre, à des libéralités et à des sacrifices sans bornes. Et ils trouvent étrange que l’on vienne les empêcher de travailler pour la plus grande gloire de leur Dieu, alors qu’ils ne troublent en aucune façon l’ordre public et observent religieusement les lois de la justice et de la morale.

On va jusqu’à les dépouiller des biens qu’ils détiennent de bienfaiteurs croyants et généreux, mais ils entendent que les dons faits à leur Eglise, sans être l’objet d’une donation et d’une acceptation en bonne et due forme, ne puissent être soumis à aucun séquestre, ni enlevés par aucun ordre, si ce n’est par la volonté du donateur ou de ceux qui ont mission de diriger et de gouverner l’Eglise.

 

Ad Sempiternam Dei Gloriam.

Cejourd’hui, 11 décembre 1906.

Les membres du Conseil de fabrique de Soccia.

 

L’Eglise catholique avait tout perdu. «On abandonnait, sur consigne de Rome, et sans possibilité de le reconstituer, le maigre patrimoine patiemment reconstitué depuis le Concordat.» (François J. CASTA, op. cit. , page 227).

 

Pour résoudre le blocage, le gouvernement fit voter le 2 janvier 1907 une loi attribuant les églises paroissiales aux communes qui pouvaient ensuite en laisser la jouissance aux curés. Tous les conseils municipaux des Deux Sorru votèrent rapidement cette autorisation.

 

Puis, le temps apaisa petit à petit les blessures…

(à suivre: le sauvetage du couvent)

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 18:00

Le village d’Azzana est peu connu des Poggiolais alors qu’il est tout proche, à 7 kilomètres au sud à vol d’oiseau. Seulement, entre les deux, se dressent les hauteurs du Tretorre. 

Le Tretorre vu de Poggiolo.

Le Tretorre vu de Poggiolo.

Par la route, il faut parcourir pratiquement 34 km pour arriver dans cette commune du Cruzini.

Azzana a été fondée au XVIIe siècle par six familles de bergers originaires de Guagno. Elle était une étape sur une des routes les plus courtes pour conduire les troupeaux entre la montagne et la plage. Depuis Guagno, on peut passer par le col de Messicella ou celui de Campu d’Occhiu. De Poggiolo, on peut monter à travers la forêt de Libbio. Les relations entre ces villages ont donc pu exister depuis longtemps avant l’époque de l’automobile.

La devinette du mois : Poggiolo et Azzana. La solution.

Quel est donc le rapport avec l’église Sainte Lucie? La réponse se trouve dans l’Inventaire général du patrimoine culturel, sur le site du Ministère de la Culture. La notice présentant l’église d’Azzana comporte les lignes suivantes:

 

«Mentionnée sur le Plan Terrier dressé en 1785, la chapelle Sainte-Lucie semble avoir été construite au cours du 3e quart du XVIIIe siècle par les familles Battesti et Antonietti "sur un terrain appartenant à feu Battesti François Xavier curé", comme le précise le desservant d'Azzana, Colonna, en 1905 (Archives diocésaines). Elle est partiellement reconstruite en mai 1795, date à laquelle Domenico Battesti déclare qu’elle est pourvue de tout ce qui est nécessaire et qu’il reste simplement à doter le maître-autel d’une pierre sacrée et de reliques. Il précise qu’une ancienne pierre d’autel qui a servi à l’ancienne église paroissiale de Poggiolo a été récupérée et que la communauté s’est également procuré des reliques. Il souhaite que l’évêque de Sagone autorise le curé à déposer sur le maître-autel cette pierre et les reliques et qu’il consacre l’église (A.D.2A : série G, non classée).

En 1823, l'église paroissiale Saint-Nicolas, rendue excentrée par la création de la commune de Scanafaghjaccia, est abandonnée au profit de la chapelle qui est alors érigée en église paroissiale par Mgr Sebastiani.»

Ste Lucie d'Azzana (photo extraite du site www.chibu ou «une écrevisse dans le maquis»).

Ste Lucie d'Azzana (photo extraite du site www.chibu ou «une écrevisse dans le maquis»).

Comment se fait-il qu’une pierre d’autel de Poggiolo ait servi à Azzana ? A-t-elle été achetée ou volée ? Est-ce un don des Poggiolais ? Pourquoi est-il précisé «l’ancienne église paroissiale» de Poggiolo? Serait-ce un vestige abandonné quand St Siméon fut désacralisé à la suite du meurtre de 1634?

Au XIXe siècle, des travaux d’agrandissement, s’étalant de 1839 à 1905, transformèrent totalement Sainte Lucie. On peut donc se demander si cette pierre d’autel est toujours à Azzana.

En tout cas, si les fidèles catholiques d’Azzana purent prier dans leur église, ils le durent en partie à Poggiolo.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 17:54

Les Russes blancs réfugiés en 1921 en Corse après la victoire communiste n’ont pas laissé beaucoup de traces. Peu d’entre eux ont fait souche dans l’île. Il ne reste plus de vestiges de leur village installé près de GUAGNO-LES-BAINS et qui était évoqué par l’article «Des Russes dans les Deux Sorru».

Pourtant, il est encore possible de voir des œuvres picturales de deux d’entre eux: Ivan CHOUPIK et Nicolas IVANOFF.

Une grande partie des renseignements cités ici est extraite des pages 37, 38 et 39 de «Patrimoine religieux de la communauté de Letia», publication éditée en 2012 par l’association Letia-Catena. Ces pages ont été reprises par le site http://www.kalinka-machja.com/

LA CARRIÈRE DE CHOUPIK

Ivan CHOUPIK

Ivan CHOUPIK

Ivan CHOUPIK , né en 1898 dans le village de Prokovskoïe, district de Zaporog, en Ukraine combattit dans l’armée WRANGEL et fit partie des émigrés du «RION» débarqués en Corse.

Voulant rester en Corse, il fut, avec une dizaine de compatriotes, engagé en 1921 comme journalier à LETIA par Minighella ARRIGHI, dite Paiona, pour entretenir des vignes et des oliveraies.

«Ces ouvriers se réunissaient régulièrement dans le café de la Murella, tenu par Jean Arrighi, dit Ghjuvani di Rosa. Ils étaient célibataires et festoyaient, en appréciant les alcools locaux qu’ils découvraient dans cet établissement où ils dansaient et chantaient régulièrement leurs airs traditionnels. La monnaie tsariste, dont ils n’étaient pas démunis, n’ayant plus cours et donc de valeur, ils en faisaient cadeau aux enfants de Cugugnana qui ont longtemps conservé le souvenir de billets de grande taille que les émigrés russes distribuaient libéralement, devant le café de la Murella.» («Patrimoine religieux de la communauté de Letia»)

Cette partie fait penser au témoignage de Mimi CANALE publié sur ce blog :

 «une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café.»

S’agit-il de deux groupes de Russes différents ou des mêmes hommes qui circulaient entre les deux villages qui ne sont pas si éloignés ?

 

Remarqué par sa patronne, Ivan CHOUPIK exécuta des tableaux de paysages. Puis, le conseil de fabrique de la paroisse de LETIA lui demanda de décorer l’église de San Roccu. En voyant le résultat, le curé de PALNECA lui commanda un travail pour son église. La carrière du nouveau peintre était lancée. Mais elle ne dura qu’une dizaine d’années.

 

intérieur de San Roccu de Letia

intérieur de San Roccu de Letia

Résidant souvent dans la ville impériale, CHOUPIK fit partie de l’école d’Ajaccio qui avait pour animateur BASSOUL, décorateur de l’église Saint Siméon de POGGIOLO.

Le style de CHOUPIK se rapprochait beaucoup des maîtres baroques du XVIIe siècle.

Il décora l’église d’Evisa en 1925, les deux églises de Cargese, celle de Pietranera en 1927, celles de Rosazia et de Salice en 1929, et aussi celle d’Appietto. Il signait souvent ses œuvres CHOUPIC.

église d'Appietto

église d'Appietto

Ayant obtenu la nationalité française en 1929, il voulut épouser une native de Letia mais sa religion orthodoxe était un obstacle pour les familles corses catholiques. Il partit s’installer en Tunisie, avec la famille ARRIGHI-RAGAZZACCI, et devint employé de l’administration. Il y épousa une jeune fille d’origine italienne ou maltaise dont il eut un fils Serge. Ivan CHOUPIK décéda à Tunis en 1941.

 

 

SOCCIA AVEC IVANOFF

Son talent se montra également à SOCCIA.

En effet, les comptes de la paroisse, analysés par Jean-Baptiste PAOLI, comportent parmi les dépenses la mention suivante :

«2 mai 1925: travaux de peinture confiés à peintres russes (YVANOV et CHOUPIK) - voûtes des chapelles latérales Annonciation et prédication de St Jean-Baptiste – 1.100 fr + 32 fr de fournitures ».

 

intérieur de l'église de Soccia

intérieur de l'église de Soccia

plan de l'église de Soccia avec indication des deux chapelles restaurées par Choupik et Ivanoff

plan de l'église de Soccia avec indication des deux chapelles restaurées par Choupik et Ivanoff

Nicolas IVANOFF

Le second restaurateur des fresques socciaises était aussi un passager du «Rion».

Nicolas IVANOFF (orthographe officielle) était ingénieur de profession. Il participa à l’équipe de BASSOUL qui décora l’église d’Ota. Il fut associé à CHARPIK pour Evisa en 1925, puis la même année à SOCCIA, et ensuite pour les deux églises de Cargese. Il put se fixer en Corse, plus précisément à Cargese où il épousa une demoiselle VERSINI et y décéda, devenu centenaire, en 2000. Son petit-fils, qui se prénomme également Nicolas, est un champion de voltige aérienne de réputation internationale.

 

Le souvenir des Russes n’est pas perdu car il suffit de regarder les murs et les plafonds de certaines de nos églises des Deux-Sorrù et des Deux-Sevi.

Mais est-ce le cas à Poggiolo? IVANOFF et CHARPIK ont-ils laissé quelque chose à Saint Siméon ou à Saint Roch? Ont-ils aidé BASSOUL pendant ses travaux dans cette paroisse?

Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de donner une réponse. Un de nos lecteurs aurait-il des renseignements ?

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 18:00

L’aiutu est une belle tradition corse. Ce mot, qui se traduit par «aide» ou «entraide», désigne le fait d’aider gratuitement ses voisins lors d’événements importants. Peut-être cet aiutu est-il nécessaire maintenant, après les attentats du 13 novembre?

 

Dans la Corse rurale d'autrefois, l'aiutu pouvait être pour des bergers de s’associer afin de tondre les moutons en commun. Dans un village, chacun pouvait charrier des pierres pour la construction d’une maison ou d’une église, comme ce fut le cas au XIXème siècle pour Santa Maria delle Grazie à Soccia ou Saint Siméon à Poggiolo. Voir l'article: A quoi ressemblait l'ancienne église? (2/2)

L’aiutu est la marque de l’existence d’une communauté à l’intérieur de laquelle les liens restent assez puissants pour considérer comme normal de donner des heures de travail.

Cette entraide se manifeste encore. Ainsi, Pascale CHAUVEAU, dans son article paru le 5 novembre dans « Corse-Matin », a bien fait de placer son récit de la fête des bastelle à Soccia le 2 novembre dernier dans le cadre de l’aiutu.

Ce texte montre bien les différentes formes d'aiutu qui ont été nécessaires pour réussir cette fête.

Les bastelles de l'aiutu à Soccia
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:00

 Le bâti patrimonial a besoin d’être constamment entretenu, même s’il se trouve en pleine montagne et loin des villages.

Il en est ainsi de la chapelle Saint Elisée (San Eliseu) au-dessus d’Orto. Un article de Pascale CHAUVEAU publié dans le «Corse-Matin» de jeudi 22 octobre dernier (voir ci-dessous) nous apprend que les travaux de restauration du toit de la chapelle et de la statue du saint ont commencé.

Le site a été entouré par une nouvelle clôture en palissade traditionnelle, avec un portail d’entrée surmonté d’une croix, réalisée par Christophe CHAUVEAU. L’outillage et les matériaux ont été amenés par des hélicoptères du Parc Naturel et par les mules de Dominique CORRIERAS. De nombreuses autres bonnes volontés se sont manifestées.

La journaliste montre l’importance de Saint Elisée comme lieu de pèlerinage en faisant référence à un bon article de Véronique EMMANUELLI paru le 20 décembre 2013 et repris le lendemain dans le Blog des Poggiolais.

Mais ce n'est pas la première fois que que cet édifice connaît des transformations. Le site Corse romane, qui donne une étude très précise de la chapelle, estime qu’il devait y avoir autrefois un bâtiment plus grand que l’actuel, lequel pourrait dater de 1800 (1810 d’après «Corse-Matin»). L’article est accompagné d’une série de photos montrant tous les détails de l’édifice.

Se connecter sur l’adresse : http://corse-romane.eu/spip.php?article173

Saint Elisée sera plus beau

Après la très réussie restauration des bergeries de Livru, les travaux à San Eliseu montrent l’intérêt de la communauté d’Orto, et de l’ensemble de Sorru in Sù, à la préservation du patrimoine.

Le prochain pèlerinage du 29 août n'en aura que plus d’éclat.

Saint Elisée sera plus beau
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