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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:16

Pour savoir à quoi ressemblait le village à la fin du XVIIIème siècle, il existe un document exceptionnel : LE PLAN TERRIER.

Plusieurs articles de blog y ont fait référence mais il faudrait savoir un peu mieux ce qu'est ce document exceptionnel.

Après l’acquisition de la Corse, Louis XV, par un édit royal d’avril 1770, lança un inventaire social, démographique, économique et géographique de l’île, d'abord dans le but de définir les propriétés foncières et d'établir les impositions correspondantes

Une équipe de 28 ingénieurs, géomètres et dessinateurs, dirigée par Dominique Testevuide, travailla pendant 25 ans, entre 1770 et 1795, pour donner un tableau précis et détaillé dans 17 registres de relevés statistiques, une carte gigantesque au 1/172.800 et une centaine de dessins, sous la forme de 39 rouleaux de 74 centimètres de large, à l'échelle 1/10.800. Les habitations, les zones cultivées, les voies de communication... sont figurées avec une extrême précision, avec de très nombreux toponymes.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

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Deux jeux seulement ont été réalisés. Le premier se trouve à Vincennes, au service historique de la Défense, et le second, acheté en 1829 au ministère de la Guerre, est conservé aux Archives Départementales à Ajaccio où il a été numérisé et est consultable sur ordinateur.  Mais tout faillit être perdu quand les Anglais s'emparèrent de Bastia (3 prairial an II: 22 mai 1794). Les Français furent contraints de leur remettre les documents du plan terrier, mais avec la faculté d'en prendre copie. Pierre Jacotin, neveu de Dominique Testevuide, réussit à remplir sa tâche de copiste malgré la mauvaise volonté de l'amiral britannique Samuel Hood et put rentrer sur le continent en emportant, avec lui, un dossier complet.

(Renseignements tirés de Wikipedia)

 

POGGIOLO SUR LE PLAN TERRIER

 Un de nos lecteurs, Olivier FORCONI, qui n'est pas du tout Poggiolais, a eu la gentillesse de nous envoyer des photos de la partie du plan terrier concernant Poggiolo.

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Cette première image montre la communauté de Poggiolo. Il n'était pas encore question des communes.

Les limites avec Soccia, Orto et Guagno sont marquées par des gros traits rouges. La partie méridionale, avec les pentes du Tretorre et de Libbiu, est en dehors de ce cadre. Ces terres ont d'ailleurs été l'objet de contestations avec les habitants de Rosazia pendant des dizaines d'années (voir l'article "La fièvre monte à Libbiu").

Le relief est rendu par un estompage à l'encre de Chine qui rend parfois la carte difficile à lire. La lecture est parfois ardue par l'emploi d'une écriture manuscrite à l'anglaise et non pas par des caractères d'imprimerie.

Quelques abréviations utilisées:

- Ch: châtaigniers

- B: bois

- Font: fontaine, mais le mot est parfois écrit en entier

- MK: maquis

- OL: oliviers

- P: prés

- T: terres labourables

- V: vigne.

 

Cette seconde photo est centrée sur le village et non pas sur l'ensemble du terroir. Elle montre sept maisons autour de la chapelle St Roch, trois habitations aux Case Suprane et cinq constructions isolées, l'église Saint Siméon étant à part. 

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

ET GUAGNO-LES-BAINS ?

 

L'emplacement de Guagno-les-Bains correspond à la partie ouest de la carte, qui, dans cette troisième reproduction, est entourée d'un cercle rouge.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Le nom de "CALDANE" fait référence aux sources d'eau chaude. Dans le sud de la Corse, près de Ste Lucie de Tallano, une source thermale porte le même  nom.

François VAN CAPPEL DE FREMONT en a réalisé un agrandissement dans son livre "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme". Il y a indiqué les chemins en blanc, le Fiume Grosso et les ruisseaux en bleu, et les constructions en rouge. On peut donc voir la chapelle Saint-Antoine sur la colline, à une croisée de routes comme aujourd'hui. Les fontaines "alle Caldane" et "san antone" sont en dessous.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Mais aucune habitation n'est visible. En dehors d'un frère de l'ordre monastique des cordeliers, il n'existait aucun résident permanent. Les curistes étaient abrités par des cabanes en branchages qui étaient édifiées pour la saison estivale. Cette rusticité n'empêchait pas le lieu d'être très fréquenté, même par Pascal PAOLI ou Letizia BONAPARTE comme vu dans un article précédent.

 

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:59

Le récent article comportant une carte sur les chemins de la transhumance a été très apprécié. Le don par Maryse MORETTI d’une photo de troupeau à Guagno-les-Bains en témoigne.

La carte accompagnait un article de Jean COPPOLANI sur Cargese, publié dans la "Revue de géographie alpine" en 1949.

Une transhumance bien organisée

Une partie de cette étude décrivait assez précisément la vie pastorale. La complémentarité entre la plage et la montagne explique les relations très conflictuelles entre les Corses des Deux Sorru et les Grecs de Cargese. Voir l’article : La rage contre les Grecs    http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-rage-contre-les-grecs-116790059.html

Il est intéressant de lire ce que le géographe avait publié il y a trois quarts de siècle. On découvre que l’élevage était très organisé et qu’il s’accompagnait même de travaux agricoles.

 

   "Aujourd’hui, certains bergers sont légalement domiciliés à CARGESE, d’autres à VICO, à RENNO, à GUAGNO, à LETIA, ou plus loin encore, à CALASIMA, dans le NIOLO. Mais tous sont Corses et tous mènent la même existence nomade.

   La descente «à la plage» se fait en général dans le courant d’octobre, lorsque le froid commence à se faire sentir «à la montagne» et que les pluies d’automne ont fait reverdir les pâturages; le berger arrive, par des chemins traditionnels qui empruntent pour partie les routes nationales avec sa famille à dos d’âne, son outillage et son bétail, et s’installe dans sa demeure d’hiver. Il lui faut une journée pour venir de VICO ou de LETIA, deux pour descendre de CALASIMA (70 km)." 

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

    "Sur une ou plusieurs des parcelles qui lui appartiennent ou qu’il a louées, il installe quelques cultures. Autrefois, il commençait par brûler les herbes sèches pour engraisser la terre – quelques semaines avant la descente de la montagne - ; cette coutume, extrêmement dangereuse en raison de l’extrême sècheresse du pays au début de l’automne, a été interdite à plusieurs reprises ; elle est cependant encore pratiquée de temps à autre, mais ordinairement le berger fauche plutôt le terrain qu’il se propose de cultiver. Après les premières pluies, il le laboure avec une charrue et une paire de bœufs empruntés le plus souvent à un gros propriétaire. Ensuite, il sème, un peu de blé pour lui, de l’orge et de l’avoine pour son âne ou son mulet. Dans le jardin attenant à sa maison, le berger sème quelques légumes. S’il possède en outre des oliviers, il récolte ses olives.

   Pendant ce temps, les bêtes broutent l’herbe à qui l’humidité de de la saison a rendu la fraîcheur. Les nuits sont généralement assez douces pour qu’on laisse le bétail dehors en tous temps : le système est évidemment très économique, mais ne va pas sans inconvénients, et lors des hivers froids, comme celui de 1945-46, de nombreuses bêtes meurent. Comme les parcellles sont encloses, le bétail ne demande guère de surveillance ; cependant il arrive que les chèvres franchissent les clôtures et aillent saccager les cultures des voisins.

   Vers le mois de mai, les bêtes ont épuisé tout le pâturage (il faut en moyenne un demi-hectare par tête d’animal) : le berger repart alors pour la montagne, où il va mener une existence analogue jusqu’à l’automne. A l’époque de la moisson, le berger lui-même ou un membre de sa famille redescend pour quelques jours, fauche ses céréales et les dépique sur l’aire adjacente à sa maison. A son retour définitif, il labourera de nouveau la parcelle cultivée l’an passé, et cela jusqu’à ce que les rendements soient devenus trop faibles (en général, au bout de 2 ou 3 ans) ; il défriche alors une autre parcelle, tandis que le champ précédent redevient pâturage pour 8 ou 10 ans. Cette culture itinérante ne donne évidemment que des rendements bien faibles (7-8 quintaux à l’hectare pour le blé).

   Mais la production des céréales est secondaire pour le berger. Sa grande affaire, ce sont les produits du troupeau."

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 17:59

"Terrible et magnifique", ces deux adjectifs ont été utilisés sur sa page Facebook pour commenter la prestation télévisuelle du Père Jean-Pierre BONNAFOUX.

Dimanche 31 mai, le supérieur de la communauté des Oblats du couvent de Vico était invité par Pierre LECA dans l'émission "Par un dettu".

A l'occasion de la très prochaine sortie en librairie de son livre "La Corse en mutation; u terramotu" (chez Albiana), le Père BONNAFOUX s'exprima avec sa fougue habituelle, alternant humour et analyses sérieuses. Il décrivit ses origines familiales, sa foi, son apostolat dans des lieux très variés (dont les quartiers nord de Marseille). Puis, il parla de la situation de l'Eglise en Corse et eut des mots forts sur l'identité corse. Il évoqua aussi bien les problèmes de la jeunesse que de la vieillesse.

Une émission à regarder absolument, avant de lire le livre.

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:45

Dans le cadre de la préparation des élections départementales, "Corse-Matin" publie chaque jour la présentation d'un canton particulier et aussi des "indiscrétions de campagne" qui relèvent certaines particularités.

Dimanche 1er mars, il est mis le doigt sur le "paradoxe mathématique" que constitue le canton de Sevi-Sorru-Cinarca.

Cliquer pour agrandir.

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En effet, 1.166 électeurs de plus que les 7.400 habitants dénombrés, cela fait un rapport entre inscrits et recensés qui dépasse les 115%. Le chiffre peut paraître important mais il n'y a là rien de bien nouveau.

Il suffit de se référer à un article paru dans "Corse-Matin" le 4 mars 2005. François OTTAVI, qui avait siégé dans la commission administrative de Soccia, y racontait son expérience et s'indignait des particularités de certaines listes électorales. 

Exemple significatif, le canton des Deux Sorru, qui regroupe 11 communes: le pourcentage inscrits/recensés est de 114% (il n'est que de 48% pour Bastia et de 56% pour Ajaccio). Mais, si l'on retire les deux plus grosses communes, Vico et Coggia, le rapport atteint 175%.

Cliquer pour agrandir.

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175% était bien supérieur aux 115% actuels. Mais il s'agit de la moyenne cantonale. Il est facile, maintenant que toutes les données se trouvent sur internet, d'effectuer ces calculs commune par commune et de trouver pour certaines des chiffres beaucoup plus élevés.

Nous pouvons être soulagés: dans un monde où tout change rapidement, nous avons une tradition qui persiste solidement.

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 00:22
Opération bandera à Poggiolo

De nombreuses maisons poggiolaises arborent fièrement le drapeau corse depuis quelques jours. L'événement n'a aucun rapport avec les élections. Les familles de Poggiolo appliquent le mot d'ordre "Una Casa, una bandera", riposte symbolique proposée à la suite des incidents impliquant le symbole corse lors de matchs de football. 

Opération bandera à Poggiolo

 

Le gardien du SC Bastia, Jean-Louis Leca, a été suspendu pour avoir brandi un drapeau corse en fin de rencontre à Nice le 18 octobre dernier, alors qu'un arrêté pris par le Préfet des Alpes-Maritimes avait interdit "le port la détention et l’utilisation de tout objet ou vêtement à l’effigie de la Corse ou d’un club sportif corse à proximité du stade de Nice". 

Les décisions du préfet comme de la Fédération Française de Football font partie des actes incohérents qui ne servent qu'à exaspérer les Corses.

Opération bandera à Poggiolo

Pourquoi interdire ou punir l'emblème insulaire quand tous les autres drapeaux régionaux ont droit de cité, comme la croix bleue sur fond blanc de Marseille qui est devenu le symbole de l'O.M.? Même le ridicule patchwork du conseil régional de la région PACA a droit de cité.

Le drapeau à tête de More était brandi avec le drapeau tricolore par les Corses qui allèrent se faire tuer en 1914. Il n'est pas un insigne terroriste ou partisan. Comme l'a déclaré le maire de Bastia, Gilles SIMEONI:

«La bandera appartient à tous les Corses. C'est le symbole de notre identité auquel nous voulons réaffirmer notre attachement et réagir, au-delà du football, à cette nouvelle agression.»

 

 

Ces quatre photos sont dues à Bernard Franceschetti.

Ces quatre photos sont dues à Bernard Franceschetti.

En connaissant notre identité, en sachant d'où nous venons, et quelles sont nos racines, nous pouvons vivre et nous développer. Le poète provençal Frédéric Mistral l'avait écrit dans "Les Iles d'or": «Lis aubre que van founs soun li que mounton aut» («Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut»).

Photo de Michel Franceschetti.

Photo de Michel Franceschetti.

P.S.: cette question de drapeau rejoint les propos tenus par Edmond SIMEONI lors du débat sur "Où va la Corse?" samedi 29 novembre à Allauch. Le vieux sage de l'autonomisme corse a rappelé que, comme il l'a écrit sur son blog, maintenant que les élus corses ont bien discuté, c'est: 

"L’Etat, maître du jeu, (qui) va devoir se prononcer sur le «Peuple corse», sur les nouvelles institutions, le Padduc, la coofficialité, la Résidence, les Arrêtés Miot, la compétence fiscale, l’autonomie dans le cadre de l’Union Européenne etc.".

Mais il a surtout dit très nettement, devant le public rassemblé à Allauch, que, dans sa longue vie de militant, il n'avait jamais vu de pouvoir aussi fermé au dialogue que le gouvernement actuel. Dont acte.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 09:39
La carte est définitive

Le Conseil d'Etat a finalement tranché mercredi 5 novembre sur les recours déposés contre le nouveau découpage des cantons de Corse-du-Sud. Les demandes ont été rejetées. L'avis du Conseil d'Etat reconnaît bien que, avec 7.400 habitants pour 33 communes, le canton de Sevi-Sorru-Cinarca est bien moins peuplé que la moyenne départementale qui est de 13.000. Il dépasse largement la tolérance de 20% de variation admise par la loi.

Mais la haute juridiction estime que l'augmentation de la superficie de ce canton aurait "déséquilibré la répartition des cantons". Les considérations géographiques sont "suffisantes pour justifier la dérogation au principe du découpage essentiellement démographique". 

Voici le texte officiel de l'arrêt du Conseil d'Etat tel qu'il a été publié sur son site internet et qui donne une leçon de géographie de la Corse:

Le canton n° 10 (Sevi/Sorru/Cinarca) s’écarte de – 43,55% de la population moyenne des cantons du département. Un tel écart ne correspond pas à un découpage sur des bases essentiellement démographiques. Cependant, le Conseil d’État estime qu’il ressort des pièces du dossier que le Gouvernement a procédé à la délimitation de ce canton en se fondant, à titre principal, sur les nécessités résultant des considérations géographiques du territoire du département.
En effet, ce canton, qui est le deuxième du département en nombre de communes, représente déjà 20 % de la surface du territoire départemental, et il n’aurait pu voir sa superficie augmentée sans déséquilibrer la répartition des cantons. Le canton est bordé au nord et à l’est par le département de la Haute-Corse, et à l’ouest par la mer Méditerranée. Si sa limite Sud est constituée par le canton n° 8 (Gravona/Prunelli) du même département, le juge relève que cette limite suit, comme celles du canton n° 8 de la Corse du Sud et de nombreux autres cantons d’ailleurs, l’orientation générale nord-est/sud-ouest du relief montagneux de la Corse, juxtaposant des vallées séparées par des lignes de crête d’altitude difficilement franchissables par les voies de communication existantes.
Eu égard à cet ensemble de contraintes, le Conseil d’État estime les considérations géographiques suffisantes pour justifier la dérogation au principe du découpage essentiellement démographique.

Bref, le canton de Sevi-Sorru-Cinarca est particulier. Il échappe ainsi à l'égalitarisme administratif obligatoire. Poggiolo et ses 32 communes voisines auront donc le privilège de faire partie d'un canton atypique.

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 18:00

Un des grands moments de l'année corse est celui de la célébration de la Toussaint et, le lendemain, des Trépassés.

Le Blog des Poggiolais a plusieurs fois, les années précédentes, présenté ce moment de fête.

- L'ensemble des traditions insulaires du 1er et du 2 novembre a été rappelé sous le titre: "Halloween corse".

- "Les bastelle des morts", publié le 1er novembre 2009, est devenu un article de référence (il est le plus lu de ce blog). Il présente la légende sur l'origine des bastelles et un reportage en deux parties sur la confection de ces chaussons aux légumes par la communauté poggiolaise.

- Les fêtes de 2013 ont fait l'objet de deux articles:

+ pour le 1er novembre: "Toussaint 2013: la tradition a été maintenue"

+ pour le 2 novembre: "Les bastelles communautaires" avec un diaporama sur les diverses étapes de l'élaboration des bastelles et de leur dégustation à la salle des fêtes de Poggiolo après cuisson dans le four communal.

 

Les traditions de la Toussaint

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 17:59

A moins de cinq mois des élections départementales, les habitants de la Corse-du-Sud ne savent toujours pas si le département passera de 22 à 11 cantons. Le Conseil d'Etat a renvoyé le découpage cantonal, décidé par le décret du 27 février 2014, devant la section du contentieux, ce qui est exceptionnel et ne concerne, en plus de la Corse-du-Sud, que le Gard.

La difficulté provient de la faible population de Poggiolo et des communes voisines. Il en résulte que le canton Sevi-Sorru-Cinarca inventé par le gouvernement est bien moins peuplé que les autres et contrevient au principe mis en avant par le ministre de l'Intérieur lui-même (pas plus de 20% de différence d'habitants). Le cas a été examiné le 17 octobre et sera jugé dans les prochaines semaines.

Voir ci-dessous l'article de "Corse-Matin" du 18 octobre.

Poggiolo va-t-il faire capoter la réforme cantonale?

C'est prioritairement le critère de la population qui a été pris en compte pour procéder à l'opération, la règle étant que chaque canton doit comporter le même nombre d'habitants, soit environ 13 000 dans le département, avec une tolérance de plus ou moins 20 %. Mais la géographie compte également pour beaucoup dans cette nouvelle délimitation.

Les communes de Sorbollano, Quenza, Zoza, le département de la Corse-du-Sud, le député Camille de Rocca Serra, ainsi que Xavier Ceccaldi, ont choisi de déposer une requête devant le Conseil d'État. Elle a été étudiée hier.

Depuis ce nouveau redécoupage, les communes en question sont regroupées au sein du canton de Sevi-Sorru-Cinarca. Avant découpage, l'écart entre le canton de Zicavo, le moins peuplé (1 277 habitants), et le 6e d'Ajaccio, le plus peuplé (plus de 20 000) allait de 1 à 17,39. Avec la nouvelle carte, cet écart ne devrait plus être que de 1 à 3.

Comme c'est systématiquement le cas en pareille audience, le rapporteur du Conseil d'État, Aurélie Bretonneau, a rappelé les principes intangibles qui ont accompagné ces redécoupages : équilibre démographique, désenclavement et caractéristique géographique de la région. « Des massifs montagneux aux zones de garrigue et de plaine, il y a forcément des contrastes. Il faut que les équilibres démographiques et géographiques se rejoignent. »

C'est justement sur cette « disproportion » démographique que les requérants fondent officiellement leur mécontentement pour tenter de faire annuler les décrets. En effet, le canton le moins peuplé de la Corse-du-Sud est justement celui de Sevi-Sorru-Cinarca (33 communes pour 7 400 habitants) alors que le plus important en compte près de 16 000.

On est donc assez éloigné de la tolérance annoncée de plus ou mois 20 %.


Un chiffre non contesté par le rapporteur public, mais qui a fait du contexte géographique l'argument premier de sa conclusion : « La situation géographique n'offre de possibilité d'extension que vers le sud. Le découpage parfait est infaisable, et dans le cas présent, il a été précédé au découpage le moins imparfait. Il présente néanmoins une indéniable cohérence territoriale, et correspondant aux périmètres des communautés de communes. »

Il est évident que, pour le rapporteur public, cette exception géographique ne dénature pas la règle, et que le rejet de toutes les requêtes déposées hier s'impose. Ce qu'elle a conclu. Le Conseil d'État rendra son jugement dans les prochaines semaines.

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 18:00

Pendant longtemps, dans toute la Corse, la nuit du 31 juillet au 1er août était redoutée car elle était la nuit des mandrache pendant laquelle s'affrontaient les mazzeri. La pieve de Sorru-in-Sù était directement concernée par ces événements. 

Les textes ci-dessous donnent une explication sur le sens de cette date. Les trois premières parties sont tirées du très utile "Almanach de la mémoire et des coutumes de la Corse" écrit par Claire TIÉVANT et Lucie DESIDERI (Albin Michel, 1986). La quatrième partie, consacrée à cette nuit dans notre canton, est inspirée de "Le mazzérisme: un chamanisme corse" de Roccu MULTEDO (Editions L'Originel, 1994). 

Précision préalable: Les mazzeri sont des humains ayant une vie sociale et personnelle mais qui sont considérés par le village comme des êtres surnaturels liant l'au-delà au monde des vivants. Dans la vie courante, les mazzeri sont des êtres pacifiques. On les reconnait à leur regard: ils ne vous regardent pas, mais regardent à travers vous.​ Ils sont capables de dire quels seront les prochains morts de la communauté.

LE MOMENT DE LA CANICULE ET DES MAZZERI

"Consécutive au solstice d'été (la Saint-Jean), la canicule marque l'entrée du soleil dans la constellation du Lion (i sulleoni). C'est une période redoutable, porteuse de menaces mortelles pour les animaux, les hommes, les cultures. La nature tout entière est comme embrasée. Tout risque de brûler ou de sécher. Les incendies se déchaînent et, attisés par les vents, se répandent jusqu'à prendre des proportions terrifiantes. La canicule qui tue toute vie est à l'image même des morts, êtres desséchés, affamés, assoiffés, noirs. Cette période, néfaste et dangereuse entre toutes, entame son déclin à la fin du mois de juillet, lorsqu'on entre dans les Calendes d'août. C'est pourquoi cette date est en Corse une date rituelle, et la nuit qui fait passer de juillet à août est investie par des pratiques magico-religieuses destinées à éloigner ce fléau mortel.

Dans de nombreux villages, notamment dans le Centre et le Sud, on allume un feu devant le seuil de la maison. Ce feu est appelé focu di i mazzeri (feu des mazzeri). On pose aussi, sur les fenêtres, des ustensiles remplis d'eau. Car, comme à d'autres dates, cette nuit-là, les morts se rapprochent des vivants. Leur présence est redoutée et on s'en protégera de plusieurs manières. (...)"

LA FÊTE DES MORTS ESTIVALE

"Dans la liturgie, le 1er août est la fête de Saint Pierre-aux-Liens. Cette fête religieuse est venue se superposer à celle qui, à une époque lointaine, était celle des Macchabées. Le 1er août est donc une fête des morts. Elle est symétrique de celle du 1er novembre; elle en est le doublet estival.

C'est dans ce contexte de mort que prennent place les batailles des mazzeri (...).

La nuit du 31 juillet s'engage une bataille contre la mort et la mortalité. Les mazzeri d'un village se regroupent, montent sur le col, ou se rendent à la limite qui sépare leur territoire du territoire voisin, et là, se battent contre les mazzeri de la communauté limitrophe. Les armes qu'ils utilisent dans ces combats sont des tiges d'asphodèle. (...)

L'enjeu de ces guerres végétales est d'importance." (...) 

Dans les villages des vainqueurs, la mortalité de l'année sera faible, et forte chez les vaincus.

Photo de Joan Fontcuberta.

Photo de Joan Fontcuberta.

L'ASPHODÈLE, LA REINE DES BATAILLES

L'asphodèle, appelé en Corse taravucciu, arbucciu. taravellu, luminellu, etc , est une plante bien connue dans les mythologies végétales, depuis l'antiquité grecque. C'est la plante des morts. Elle «pousse dans le royaume des Ombres ». Dans les Enfers et les Champs-Elysées où séjournent les Héros défunts, les asphodèles abondent. Dans les siècles passés, en de nombreuses régions d'Europe, on en plantait autour des tombeaux car, disait-on, les morts aimaient cette plante et se nourrissaient de ses racines. (...) Elle produit l'abondance et assure l'immortalité de l'âme.

On comprend que, pour combattre la pénurie et la mort caniculaires, les mazzeri corses, la nuit du 31 juillet, brandissent l'arme la plus efficace en ce domaine. 

un plant d'asphodèle

un plant d'asphodèle

LES MANDRACHE GUAGNAISES

D'après Rocco MULTEDO, qui reprend des travaux de Dorothy CARRINGTON, les assemblées de mazzeri ont lieu de préférence le samedi. La bataille annuelle qui se déroule dans la nuit du 31 juillet s'appelle une mandraca. Elle voit s'affronter deux groupes masqués en animaux et formés en milizie avec chacune un capitaine élu. Les deux camps viennent de deux communautés voisines et s'affrontent sur le col qui sépare celles-ci. Après avoir poussé des "cris effrayants", ils se battent à coup de tiges d'asphodèles jusqu'à la fuite d'un groupe ou l'arrivée du jour. Les asphodèles et les bâtons utilisés finissent dans un grand feu.

Notre canton étant quasiment enclavé dans la montagne, plusieurs mandrache se déroulent, ce qui laisse supposer que les batailles n'avaient pas toutes lieu la même nuit:

- Soccia contre Casamaccioli dans le Niolu

- Guagnu contre Vivario au col de Manganellu 

- Guagnu contre Venacu et Corti au col de Virdiola, près d'un ancien cimetière

La plus importante était la confrontation entre Guagnu et Pastricciola, au col de Missicella, à 1.191 mètres d'altitude. Ce lieu, qui a longtemps permis aux bergers de passer de Sorru-in-Sù aux pièves de Cruzzini et Cinarca, est particulièrement stratégique pour les mazzeri.

Les légendes de chez nous (4/7): la nuit des mazzeri

N'allez surtout pas à Missicella les 31 juillet et 1er août. De toute façon, évitez de sortir cette nuit-là. Des esprits forts peuvent dire que les mazzeri ont quasiment disparu et que les mandrache ne sont plus organisées. Mais peut-on en être certain? On murmure quelques noms d'initiés à Poggiolo, Soccia, Orto et Guagno.

Il vaut mieux être très prudent.

Réalisé à l'occasion d'une chasse au sanglier, le film suivant (https://www.dailymotion.com/video/x18lzcu_19-12-2013-bocca-missicella_animals) montre ce qu'est le col de Missicella et les paysages qui l'entourent.

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 18:00

Même si internet et les smartphones sont largement utilisés, la carte postale reste toujours un moyen important pour envoyer un message de vacances. Elle permet d'écrire quelques mots, mais pas trop longs, pour montrer que l'on n'oublie pas les parents et les amis. La photo imprimée montre le lieu où l'on a séjourné.

De très nombreux endroits se sont ainsi affichés sur ces rectangles de carton. Après la deuxième guerre mondiale, le village de Poggiolo se présentait avec cette vue:

La seule carte postale d'après-guerre

Ceux qui furent jeunes dans les années 1950 et 1960 et qui venaient l'été doivent se souvenir d'en avoir envoyé, eux ou leurs parents, plusieurs fois, puisqu'il s'agissait du seul modèle existant, qui s'achetait essentiellement dans la boutique de Mimi Colonna à Guagno-les-Bains. Cette carte fut en vente un bon nombre d'années, jusqu'à ce que le stock fut totalement écoulé. Depuis, aucun modèle ne l'a remplacée.

Mais de quand exactement date cette photo?

Au verso de l'exemplaire trouvé récemment par Nicolas MARTINI, la partie correspondance peut-elle donner quelques précisions?

La seule carte postale d'après-guerre

Le cachet montre que la carte a été envoyée le 7 septembre 1953 depuis le bureau de poste de Soccia. Vraisemblablement, elle avait été mise dans la boîte aux lettres de Poggiolo.

Elle a été imprimée par les Editions A. Tomasi d'Ajaccio. C'est dans les archives de cette société que l'on pourrait trouver la date exacte de sa fabrication. Le nombre de 1975, en bas à gauche est un numéro de série et non pas une date.  

Ce modèle a donc plus de soixante ans et certains Poggiolais sont formels: dans leurs souvenirs, cette carte était encore utilisée dix ans plus tard.

Elle est, en tout cas, un document historique de valeur car elle montre le village à cette époque et, de plus, sous un angle peu courant. Le clocher de la chapelle Saint Roch est bien mis en valeur. Le photographe s'était placé au-dessus de la bifurcation du Fragnu.

Nicolas MARTINI a tenté de retrouver la localisation et a photographié Poggiolo avec le même angle, et en noir et blanc pour mieux se rapprocher du modèle.

La comparaison à une soixantaine d'années d'écart est donc facile. Alors, quelles sont les ressemblances et les différences? Poggiolo a-t-il beaucoup changé?

La seule carte postale d'après-guerre

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de janvier et février dans les Deux Sorru:

cliquer ici.

 

 

 

FÊTE DE ST ANTOINE ABBÉ

Messe samedi 16 janvier à 15 heures

chapelle de Guagno-les-Bains.

 

Fête de Saint Siméon:

messe à Poggiolo

samedi 20 février

à 15 heures. 

 

VACANCES SCOLAIRES DE FÉVRIER

fin des cours: 

samedi 13 février

reprise des cours:

lundi 1er mars

 

La nouvelle formule du mensuel "INSEME":

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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