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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 18:15

Retrouver sa généalogie est complexe pour différentes raisons, notamment le manque ou l'imprécision des documents. A Poggiolo, comme dans toute la Corse, l'utilisation du même prénom par plusieurs générations est une difficulté. Les homonymies demandent des vérifications soigneuses. En effet, les Jean, Antoine, François, Marie sont extrêmement nombreux.

Mais chaque famille a également ses prénoms préférés qui sont beaucoup moins donnés dans d'autres.

Ainsi, plusieurs CECCALDI ont eu (et ont encore) le prénom Valere.

Chez les PINELLI, Laurent a été plusieurs fois utilisé.

 

La famille FRANCESCHETTI a eu une préférence pour PHILIPPE.

Parmi les descendants de Lorenzo, premier membre connu de la famille, qui vivait entre 1640 et 1671, les recherches ont permis de savoir qu'il y a eu:

- trois enfants qui n'ont vécu que quelques mois: Philippe (1857), Philippe Antoine (1859-1860) et Ours Philippe Antoine (1865)

- Filippo Antonio (1807-1836), fils d'Anton Francesco (vers 1733-1818)

-Philippe-Antoine (1840-1924), fils d'Antoine-François (1811-1885). Il fut prêtre.

Les prénoms préférés des familles

- Philippe (1857-1921), fils de Jean-Antoine (1831-1922). Il fit carrière dans l'armée et obtint la médaille militaire en 1889.

Les prénoms préférés des familles

- Philippe Antoine Pascal, dit Filippone (1901-1970), fils du Philippe précédent et frère de Jean-Antoine (1897-1987). Il fut fonctionnaire municipal à Marseille. Militant socialiste, il présida l'Amicale laïque de la Blancarde, créée par son oncle Philippe CERATI (voir l'article "La réponse à la devinette guagnaise"), et participa à la Résistance au sein des Milices Socialistes.

Filippone pendant son service militaire.

Filippone pendant son service militaire.

- Philippe (1922-1996), fils de Jean-Antoine (1897-1987), et dont la biographie a été publiée dans l'article "Souvenir de Philippe Franceschetti".

Les prénoms préférés des familles

Donc, huit Philippe FRANCESCHETTI ont existé.

Un neuvième Philippe FRANCESCHETTI, né en 1978, fils de Michel,  vit actuellement sur le continent.

Les prénoms préférés des familles
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 18:00

Les Corses ont plus de mal que les autres Français à pouvoir accéder aux différents services. Le fait est connu depuis longtemps mais il vient d’être confirmé par une étude de Marie-Pierre NICOLAÏ publiée jeudi 7 janvier. Intitulée «Une nouvelle approche du territoire: densité de population et accessibilité aux services», elle est disponible sur le site de l’INSEE Corse :

http://www.insee.fr/fr/themes/document.aspreg_id=6&ref_id=23678#inter1

 

La vie quotidienne est très difficile pour les habitants des petites communes à cause à la fois de la faible population et du relief compliqué. 

Types de densité des communes

Types de densité des communes

«Résider dans une commune très peu dense implique un accès particulièrement long aux services. Ainsi, accéder aux équipements du panier de vie courante, tels qu’un supermarché, un médecin, ou un collège, nécessite un temps moyen de 21 minutes dans la région, quand 10 minutes suffisent en moyenne sur le continent. Sur l’île, le temps d’accès est aussi plus élevé que dans les autres départements à dominante rurale: 14 minutes en moyenne dans les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence, en Lozère ou dans la Nièvre.»

Or, les villages des Deux Sorru font partie des communes très peu denses (moins de 25 habitants au kilomètre carré et moins de 300 habitants) sauf Vico qui a 885 habitants (chiffres INSEE de 2010) dont 78% dans la catégorie peu dense.

 

Curieuse coïncidence: par le «Corse-Matin» de vendredi 8 janvier, on apprend que les bureaux de la Trésorerie d’Evisa (déplacée à Piana) et de Vico ont fusionné depuis le 1er janvier. Pour le moment, les conséquences sont faibles (Piana ne vend plus de timbres fiscaux !).

Mais Pascale CHAUVEAU, correspondante du quotidien, annonce que:

«à terme, il est prévu que les deux antennes disparaissent au profit d’une seule qui sera implantée à SAGONE, dans la zone de la cathédrale.»

Et, pour aller de Poggiolo à Sagone, il faut bien plus que les 21 minutes trouvées par l’INSEE.

 

 

« Quand le désert avance.

C'est la vie qui s'en va »,

chantait France GALL en 1989.

« Quand le désert avance… »
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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:59

La tradition corse d’hospitalité a souvent été évoquée à l’occasion de l’afflux récent en Europe d’immigrants venant du Proche-Orient et d’Afrique. La Corse n’est actuellement pas vraiment touchée directement. Mais il y eut des moments où elle connut une brusque arrivée d’étrangers. En 1921, les migrants aboutissant en Corse étaient des Russes.

Le regretté Mimi CANALE l’avait rappelé en avril 1998 dans le bulletin «INSEME», lors d’un entretien sur ses souvenirs :

«L’exploitation forestière était très importante. Il y avait plusieurs scieries le long du fleuve (…). En plus, il y avait une scierie de bois et, après la guerre de 14/18, une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café. Les camions venaient charger les billots vendus du côté de Sagone.»

Mimi CANALE

Mimi CANALE

Qui étaient ces Russes ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans les Deux Sorru ?

Nous pouvons trouver des réponses dans l’article «Les Russes en Corse» publié en 1998 dans la revue « Études Corses» n°49. L'auteur, Bruno BAGNI, est professeur agrégé d'histoire à Toulon. Le texte suivant s’inspire de ce texte, accessible à l’adresse :

http://leon.tourtzevitch.pagesperso-orange.fr/corse.pdf

 

En Russie, après la prise du pouvoir par les bolchéviks (communistes) dirigés par LÉNINE  en 1917, une guerre civile éclata. A l’Armée rouge organisée par TROTSKI, s’opposaient les troupes blanches en majorité monarchistes mais comprenant aussi des républicains modérés. Après de grands succès, les troupes de DENIKINE, WRANGEL, KOLTCHAK, KORNILOV, MILLER et IOUDENITCH battirent en retraite.

général WRANGEL

général WRANGEL

Les derniers combats eurent lieu en Crimée avec l’armée WRANGEL. En novembre 1920, les rescapés évacuèrent Sébastopol sous la protection de la flotte française. 146.200 réfugiés, dont 29.000 civils, arrivèrent à Constantinople. Certains trouvèrent ensuite refuge dans les Etats balkaniques, d’autres, croyant à des promesses de pardon, retournèrent dans la Russie communiste. En avril 1921, il restait encore 55.000 personnes dans les camps de réfugiés dont la France devait s’occuper. Le Brésil accepta d’en recevoir pour servir comme travailleurs agricoles. Le vieux paquebot « Rion », qui avait fait partie de la flotte WRANGEL, quitta la Turquie le 26 avril 1921 en direction de l’Amérique du Sud avec plus de 3700 réfugiés russes à bord. Les avaries provoquèrent une escale à Messine puis l’obligèrent à s’arrêter à Ajaccio.

 

Le matin du 15 mai, les Ajacciens découvrirent ce navire ancré dans le golfe. Comme l’écrit Bruno BAGNI, «Voilà une petite cité insulaire de 20.000 habitants, qui voit en une journée sa population augmenter de 20%. Et qui sont ces 3.700 nouveaux venus? Des Russes, des Ukrainiens, des Cosaques, bref, quelque chose de plutôt exotique sous ces latitudes... Aucun doute sur ce point: l'arrivée du "Rion" a été L'ÉVÉNEMENT de l'année à Ajaccio».

le "Rion"

le "Rion"

Les initiatives de la population ajaccienne pour aider les exilés furent nombreuses. A partir du 1er juin, les Russes furent autorisés à chercher un travail en Corse. Ils s’éparpillèrent et l’on compta : 20 Russes à Bastelicaccia, 17 à Zigliara, 14 à Eccica Suarella, 15 à Serra di Terro, 10 à Afa, 13 à Campo, 21 à Guarguale, 24 à Cauro, 30 à Grosseto-Prugna, 14 à Ucciani, 13 à Vico, et 35 à Calcatoggio... Globalement, leur présence fut très paisible.

Cependant, le gouvernement français affrêta deux vapeurs, l'"Aquitaine" et la "Provence", pour les envoyer au Brésil, comme cela avait été prévu: 1.075 Russes embarquèrent… et 458 revinrent, les Brésiliens les ayant jugés inaptes au travail agricole.

Il fut alors décidé de les renvoyer tous à Constantinople. A cet effet, le "Burgeister von Melle" se présenta le 13 septembre dans le port d’Ajaccio. Mais, une rumeur ayant couru que les réfugiés allaient être livrés aux communistes de Russie, nombre d’entre eux s’enfuirent, souvent cachés par la population ajaccienne, scandalisée qu'on envoie ces braves gens à une mort certaine. Finalement, le "Burgeister von Melle" repartit avec seulement 650 Russes.

A la fin de l’année 1921, il restait 1.500 Russes blancs en Corse.

C'est finalement le 15 juin 1922 que ferma la caserne Livrelli qui servait de centre d’hébergement. Les réfugiés avaient pu s’installer où ils voulaient et où ils pouvaient. En tout cas, ils n’étaient plus à la charge du gouvernement français (et des contribuables). Très vite, un fort courant migratoire fit partir les Russes de Corse vers le continent, où ils espéraient trouver de meilleurs salaires.

Leur nombre dans l’île chuta rapidement puis remonta légèrement.

Bruno BAGNI en arrive à estimer que, finalement, «environ 200 passagers du "Rion" ont dû faire souche en Corse».

Il précise :

«Les travailleurs russes ont été soigneusement dispersés dans l'île. En janvier 1922, des réfugiés sont officiellement signalés dans 80 communes corses. Le saupoudrage est étonnant: à l'exception d'Ajaccio, qui abrite dans la première moitié des années 20 une communauté d'une centaine de Russes, on n'observe nulle part ailleurs de concentration importante; tout au plus relève-t-on entre 15 et 20 individus à Bastia en 1924, et 12 à Volpajola la même année. Partout ailleurs, il n'y a jamais plus de dix réfugiés par commune à partir de 1923. Dans beaucoup de villages, "U Russio", comme on l'appelle le plus couramment, est le seul étranger. On signale par exemple un individu isolé au début de 1923 à Zivaco, Grosseto Prugna, Albitreccia, Guagno, Cargèse, Appietto, Evisa, Letia, Urbalacone, Ciamannacce, Cozzano, Vero, Ucciani, Ota, Cutoli, San Nicolao, Penta di Casinca, Ile Rousse, Corte et Giuncheto.

En 1939, le processus de naturalisation est terminé, puisqu'on ne trouve alors en Corse plus que 3 réfugiés russes, lesquels n'ont vraisemblablement pas souhaité devenir français.»

 

Que se passa-t-il pour les Russes de Guagno-les-Bains ? Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», on peut lire :

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?

- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

En tout cas, le relevé des tombes dans le cimetière de Guagno-les-Bains, effectué par Joëlle LAGRANGE, ne donne aucun nom d’origine slave.

Voir liste complète à l’adresse :

http://www.francegenweb.org/~cimgenweb/result_com.php3?id=12&dpt=20

 

Un exemple d’enracinement existe dans la brochure consacrée à Muna par l’association A Mimoria (aimablement prêtée par Jean-Baptiste PAOLI, de Soccia). Faisant la liste des familles autrefois présentes dans ce village, il est écrit :

«BIKODOROFF, nom apparu vers 1939 à la suite du mariage d’une jeune fille NIVAGGIOLI avec un homme d’origine russe».

Des personnes ayant ce patronyme se trouvent maintenant à Murzo, Letia et Appietto.

Même s’il reste quelques noms slaves en Corse, tous les passagers du «Rion» et leurs descendants se sont complètement intégrés et sont devenus de vrais Corses.

 

Il ne reste donc plus de traces du village russe de Guagno-les-Bains, qui était peut-être au pied de Libbiu. La scierie où les Russes travaillaient aurait-elle été celle qui fut un temps installée dans les ruines de l’ancien hôpital militaire ? Pourquoi sont-ils partis ? Parce qu’il n’y avait plus de travail ?

Mimi étant né en 1923, ses souvenirs doivent dater des années 30, ce qui pose la question de savoir si ces travailleurs étaient d’anciens passagers du « Rion » ou d’autres exilés passés par le Continent.

Autre question : pourquoi la mémoire collective poggiolaise a-t-elle totalement occulté ces faits?

La question des Russes dans les Deux Sorru est un domaine à étudier. Ce blog accepterait volontiers d’y contribuer en publiant des témoignages ou des documents sur ces immigrants particuliers.

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il existe une association de descendants de Russes en Corse. Elle a un site dont l'adresse est: 

http://www.kalinka-machja.com

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 18:14

CÉRÉMONIES DE TOUSSAINT ET DES DÉFUNTS:

Samedi 31 octobre: messe à POGGIOLO à 15h, suivie de la bénédiction du cimetière.

Bénédiction du cimetière de GUAGNO-LES-BAINS à 16h30.

 

Poggiolo n'oublie pas les fêtes de Toussaint
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 19:12
Exaspération et blocage à Vico

Samedi 19 septembre, près de 200 personnes se sont rassemblées devant le centre d'enfouissement technique de Vico.

Depuis jeudi, l'entrée de la décharge était bloquée à tous les camions venant décharger les déchets.

A l'issue de cette manifestation, il a été prévu de continuer de bloquer le site, d'une part, d'organiser le collectif en constituant une association, appelée «Ambiente», qui aura toute légitimité pour discuter avec les services de l'Etat et les élus, d'autre part.

Le conflit s’est exaspéré depuis que, cet été, les odeurs venant de ce lieu ont été vivement ressenties au village d’Appricciani. Les manifestants se plaignent des nuisances olfactives, des risques de pollution, du danger d’incendie et de la faible revalorisation des déchets. Ils mettent en doute la validité du permis de construire qui a permis cette installation dont les travaux ont été commencés le 8 décembre 2009. Ils s’inquiètent de ce que, destiné à l’origine aux trente-trois communes des Deux Sorru, des Deux Sevi et du Cruzzini-Cinarca, ce site reçoive finalement les ordures de presque toute la Corse-du-Sud.

« Corse-Matin » ayant bien suivi cette question, deux articles sont recommandés pour comprendre le problème :

http://www.corsematin.com/article/ajaccio/a-vico-cest-toujours-non-a-lextension-de-la-decharge.1898832.html

http://www.corsematin.com/article/ajaccio/le-centre-denfouissement-de-vico-toujours-bloque.1899697.html

Il est également conseillé de se reporter au numéro de janvier 2010 du bulletin « INSEME ». Dans ses pages 6 et 7, il donnait la parole à François COLONNA qui, en tant que président du SIVU (syndicat intercommunal à vocation unique), expliquait comment devait fonctionner cette décharge :

Enfin, cet article, paru dans le blog des Poggiolais lors de l'inauguration, donne de très nombreux renseignements sur la conception de ce pôle environnemental.

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 09:36

Olivier FORCONI, qui nous a envoyé les reproductions du plan terrier de Poggiolo (voir article précédent), a eu l'amabilité de transmettre également celles des villages voisins. Nous vous les montrons. Ces images sont celles des villages et pas de l'ensemble des terrains qui en dépendent, mais elles donnent des informations intéressantes sur leur situation à la fin du XVIIIème siècle.

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Le village de Soccia:

Nos voisins sur le plan terrier

Le village d'Orto:

Nos voisins sur le plan terrier

Le village de Guagno:

Nos voisins sur le plan terrier
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:16

Pour savoir à quoi ressemblait le village à la fin du XVIIIème siècle, il existe un document exceptionnel : LE PLAN TERRIER.

Plusieurs articles de blog y ont fait référence mais il faudrait savoir un peu mieux ce qu'est ce document exceptionnel.

Après l’acquisition de la Corse, Louis XV, par un édit royal d’avril 1770, lança un inventaire social, démographique, économique et géographique de l’île, d'abord dans le but de définir les propriétés foncières et d'établir les impositions correspondantes

Une équipe de 28 ingénieurs, géomètres et dessinateurs, dirigée par Dominique Testevuide, travailla pendant 25 ans, entre 1770 et 1795, pour donner un tableau précis et détaillé dans 17 registres de relevés statistiques, une carte gigantesque au 1/172.800 et une centaine de dessins, sous la forme de 39 rouleaux de 74 centimètres de large, à l'échelle 1/10.800. Les habitations, les zones cultivées, les voies de communication... sont figurées avec une extrême précision, avec de très nombreux toponymes.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Deux jeux seulement ont été réalisés. Le premier se trouve à Vincennes, au service historique de la Défense, et le second, acheté en 1829 au ministère de la Guerre, est conservé aux Archives Départementales à Ajaccio où il a été numérisé et est consultable sur ordinateur.  Mais tout faillit être perdu quand les Anglais s'emparèrent de Bastia (3 prairial an II: 22 mai 1794). Les Français furent contraints de leur remettre les documents du plan terrier, mais avec la faculté d'en prendre copie. Pierre Jacotin, neveu de Dominique Testevuide, réussit à remplir sa tâche de copiste malgré la mauvaise volonté de l'amiral britannique Samuel Hood et put rentrer sur le continent en emportant, avec lui, un dossier complet.

(Renseignements tirés de Wikipedia)

 

POGGIOLO SUR LE PLAN TERRIER

 Un de nos lecteurs, Olivier FORCONI, qui n'est pas du tout Poggiolais, a eu la gentillesse de nous envoyer des photos de la partie du plan terrier concernant Poggiolo.

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Cette première image montre la communauté de Poggiolo. Il n'était pas encore question des communes.

Les limites avec Soccia, Orto et Guagno sont marquées par des gros traits rouges. La partie méridionale, avec les pentes du Tretorre et de Libbiu, est en dehors de ce cadre. Ces terres ont d'ailleurs été l'objet de contestations avec les habitants de Rosazia pendant des dizaines d'années (voir l'article "La fièvre monte à Libbiu").

Le relief est rendu par un estompage à l'encre de Chine qui rend parfois la carte difficile à lire. La lecture est parfois ardue par l'emploi d'une écriture manuscrite à l'anglaise et non pas par des caractères d'imprimerie.

Quelques abréviations utilisées:

- Ch: châtaigniers

- B: bois

- Font: fontaine, mais le mot est parfois écrit en entier

- MK: maquis

- OL: oliviers

- P: prés

- T: terres labourables

- V: vigne.

 

Cette seconde photo est centrée sur le village et non pas sur l'ensemble du terroir. Elle montre sept maisons autour de la chapelle St Roch, trois habitations aux Case Suprane et cinq constructions isolées, l'église Saint Siméon étant à part. 

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

ET GUAGNO-LES-BAINS ?

 

L'emplacement de Guagno-les-Bains correspond à la partie ouest de la carte, qui, dans cette troisième reproduction, est entourée d'un cercle rouge.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Le nom de "CALDANE" fait référence aux sources d'eau chaude. Dans le sud de la Corse, près de Ste Lucie de Tallano, une source thermale porte le même  nom.

François VAN CAPPEL DE FREMONT en a réalisé un agrandissement dans son livre "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme". Il y a indiqué les chemins en blanc, le Fiume Grosso et les ruisseaux en bleu, et les constructions en rouge. On peut donc voir la chapelle Saint-Antoine sur la colline, à une croisée de routes comme aujourd'hui. Les fontaines "alle Caldane" et "san antone" sont en dessous.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Mais aucune habitation n'est visible. En dehors d'un frère de l'ordre monastique des cordeliers, il n'existait aucun résident permanent. Les curistes étaient abrités par des cabanes en branchages qui étaient édifiées pour la saison estivale. Cette rusticité n'empêchait pas le lieu d'être très fréquenté, même par Pascal PAOLI ou Letizia BONAPARTE comme vu dans un article précédent.

 

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:59

Le récent article comportant une carte sur les chemins de la transhumance a été très apprécié. Le don par Maryse MORETTI d’une photo de troupeau à Guagno-les-Bains en témoigne.

La carte accompagnait un article de Jean COPPOLANI sur Cargese, publié dans la "Revue de géographie alpine" en 1949.

Une transhumance bien organisée

Une partie de cette étude décrivait assez précisément la vie pastorale. La complémentarité entre la plage et la montagne explique les relations très conflictuelles entre les Corses des Deux Sorru et les Grecs de Cargese. Voir l’article : La rage contre les Grecs    http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-rage-contre-les-grecs-116790059.html

Il est intéressant de lire ce que le géographe avait publié il y a trois quarts de siècle. On découvre que l’élevage était très organisé et qu’il s’accompagnait même de travaux agricoles.

 

   "Aujourd’hui, certains bergers sont légalement domiciliés à CARGESE, d’autres à VICO, à RENNO, à GUAGNO, à LETIA, ou plus loin encore, à CALASIMA, dans le NIOLO. Mais tous sont Corses et tous mènent la même existence nomade.

   La descente «à la plage» se fait en général dans le courant d’octobre, lorsque le froid commence à se faire sentir «à la montagne» et que les pluies d’automne ont fait reverdir les pâturages; le berger arrive, par des chemins traditionnels qui empruntent pour partie les routes nationales avec sa famille à dos d’âne, son outillage et son bétail, et s’installe dans sa demeure d’hiver. Il lui faut une journée pour venir de VICO ou de LETIA, deux pour descendre de CALASIMA (70 km)." 

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

    "Sur une ou plusieurs des parcelles qui lui appartiennent ou qu’il a louées, il installe quelques cultures. Autrefois, il commençait par brûler les herbes sèches pour engraisser la terre – quelques semaines avant la descente de la montagne - ; cette coutume, extrêmement dangereuse en raison de l’extrême sècheresse du pays au début de l’automne, a été interdite à plusieurs reprises ; elle est cependant encore pratiquée de temps à autre, mais ordinairement le berger fauche plutôt le terrain qu’il se propose de cultiver. Après les premières pluies, il le laboure avec une charrue et une paire de bœufs empruntés le plus souvent à un gros propriétaire. Ensuite, il sème, un peu de blé pour lui, de l’orge et de l’avoine pour son âne ou son mulet. Dans le jardin attenant à sa maison, le berger sème quelques légumes. S’il possède en outre des oliviers, il récolte ses olives.

   Pendant ce temps, les bêtes broutent l’herbe à qui l’humidité de de la saison a rendu la fraîcheur. Les nuits sont généralement assez douces pour qu’on laisse le bétail dehors en tous temps : le système est évidemment très économique, mais ne va pas sans inconvénients, et lors des hivers froids, comme celui de 1945-46, de nombreuses bêtes meurent. Comme les parcellles sont encloses, le bétail ne demande guère de surveillance ; cependant il arrive que les chèvres franchissent les clôtures et aillent saccager les cultures des voisins.

   Vers le mois de mai, les bêtes ont épuisé tout le pâturage (il faut en moyenne un demi-hectare par tête d’animal) : le berger repart alors pour la montagne, où il va mener une existence analogue jusqu’à l’automne. A l’époque de la moisson, le berger lui-même ou un membre de sa famille redescend pour quelques jours, fauche ses céréales et les dépique sur l’aire adjacente à sa maison. A son retour définitif, il labourera de nouveau la parcelle cultivée l’an passé, et cela jusqu’à ce que les rendements soient devenus trop faibles (en général, au bout de 2 ou 3 ans) ; il défriche alors une autre parcelle, tandis que le champ précédent redevient pâturage pour 8 ou 10 ans. Cette culture itinérante ne donne évidemment que des rendements bien faibles (7-8 quintaux à l’hectare pour le blé).

   Mais la production des céréales est secondaire pour le berger. Sa grande affaire, ce sont les produits du troupeau."

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 17:59

"Terrible et magnifique", ces deux adjectifs ont été utilisés sur sa page Facebook pour commenter la prestation télévisuelle du Père Jean-Pierre BONNAFOUX.

Dimanche 31 mai, le supérieur de la communauté des Oblats du couvent de Vico était invité par Pierre LECA dans l'émission "Par un dettu".

A l'occasion de la très prochaine sortie en librairie de son livre "La Corse en mutation; u terramotu" (chez Albiana), le Père BONNAFOUX s'exprima avec sa fougue habituelle, alternant humour et analyses sérieuses. Il décrivit ses origines familiales, sa foi, son apostolat dans des lieux très variés (dont les quartiers nord de Marseille). Puis, il parla de la situation de l'Eglise en Corse et eut des mots forts sur l'identité corse. Il évoqua aussi bien les problèmes de la jeunesse que de la vieillesse.

Une émission à regarder absolument, avant de lire le livre.

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:45

Dans le cadre de la préparation des élections départementales, "Corse-Matin" publie chaque jour la présentation d'un canton particulier et aussi des "indiscrétions de campagne" qui relèvent certaines particularités.

Dimanche 1er mars, il est mis le doigt sur le "paradoxe mathématique" que constitue le canton de Sevi-Sorru-Cinarca.

Cliquer pour agrandir.

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En effet, 1.166 électeurs de plus que les 7.400 habitants dénombrés, cela fait un rapport entre inscrits et recensés qui dépasse les 115%. Le chiffre peut paraître important mais il n'y a là rien de bien nouveau.

Il suffit de se référer à un article paru dans "Corse-Matin" le 4 mars 2005. François OTTAVI, qui avait siégé dans la commission administrative de Soccia, y racontait son expérience et s'indignait des particularités de certaines listes électorales. 

Exemple significatif, le canton des Deux Sorru, qui regroupe 11 communes: le pourcentage inscrits/recensés est de 114% (il n'est que de 48% pour Bastia et de 56% pour Ajaccio). Mais, si l'on retire les deux plus grosses communes, Vico et Coggia, le rapport atteint 175%.

Cliquer pour agrandir.

Cliquer pour agrandir.

175% était bien supérieur aux 115% actuels. Mais il s'agit de la moyenne cantonale. Il est facile, maintenant que toutes les données se trouvent sur internet, d'effectuer ces calculs commune par commune et de trouver pour certaines des chiffres beaucoup plus élevés.

Nous pouvons être soulagés: dans un monde où tout change rapidement, nous avons une tradition qui persiste solidement.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

Vacances scolaires

 

Noël:

du samedi 17 décembre au mardi 3 janvier

Hiver:

du samedi 18 février au lundi 6 mars

Pâques:

du samedi 15 avril au mardi 2 mai

vacances d'été:

à partir du samedi 8 juillet

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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