Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 18:02
La devinette du mois: portrait de baby-boomers

Voici une photo très ancienne car elle a plus de cinquante ans. Elle a été prise pendant l’été 1965 lors d’une excursion en montagne.

Sur les douze excursionnistes représentés, deux vivaient toute l’année à Poggiolo (et y vivent toujours). Mais tous avaient des attaches familiales avec le village.

Ces jeunes avaient alors entre 15 et 20 ans et étaient nés lors du pic de natalité (nommé « baby boom ») que la France a connu juste après la fin de la seconde guerre mondiale.

En dehors d’une décédée et d’une autre qui ne vient plus du tout depuis longtemps, toutes ces personnes peuvent être rencontrées, à un moment ou à un autre de l'année, à Poggiolo et Guagno-les-Bains. Combien pouvez-vous en reconnaître un demi-siècle plus tard ?

 

Réponse demain.

La photo peut être agrandie en cliquant sur elle.

Partager cet article
Repost0
28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 18:01

Les fours à pain ont joué autrefois un rôle très important dans la vie villageoise. Ils ont été délaissés et les survivants ne sont guère en activité qu’à l’occasion de quelques fêtes. D’autres sont abandonnés, en ruines, ou ont complètement disparu. Certains ont eu un destin particulier.

Prenons l’exemple du quartier des Case Suprane à Poggiolo. Il s’agit, comme le nom l’indique, des habitations situées en haut du village, entre la route départementale et l’église St Siméon.

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

Le plan cadastral napoléonien de 1857 permet de repérer dans cette zone, orthographiée alors « Case Sopprane », quatre fours, reconnaissables à leur petite taille et à leur côté arrondi. Ils sont alors situés sur les parcelles numérotées 367 bis, 368 bis, 493 et 496 bis.

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

Que sont-ils devenus maintenant ?

Le cadastre actuel, tout aussi précis que l’ancien, permet de le savoir.

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

Il montre que :

- le four du terrain 367 bis, devenu 262, a été encore plus intégré à la maison dans laquelle il se trouvait et la forme semi-circulaire est devenue pointue, signe de sa disparition;

- le four du 368 bis existe toujours dans la parcelle numérotée 264, placé sur le côté d’un séchoir à châtaignes qui domine toujours le chemin de la Stretta.

Le séchoir à châtaignes vu de la Stretta.

Le séchoir à châtaignes vu de la Stretta.

L’ouverture du four.

L’ouverture du four.

- à la place du four de la parcelle 493, il n’existe plus rien que le chemin public ;

- la parcelle 252, qui regroupe les parcelles 496 et 496 bis, ne montre plus de trace de four.

 

Mais un vestige de ce dernier four existe toujours.

La parcelle 252 correspond à la maison BARTOLI, devenue CHABROLLE.

Le cadastre de 1857 montre un escalier d’accès à la terrasse qui permet d’accéder, à droite, à la porte d’entrée, tout comme maintenant. 

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

Au-dessus de cette porte, un linteau gravé donne, à côté d’une croix, la date de 1834. La pierre a une forme polygonale, au lieu d’un rectangle ou d’un carré bien net comme dans la majorité de ce type d’inscription.

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

Les chiffres sont peu visibles et ont été rajoutés sur cette photo.

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

En fait, ce bloc ne se trouve pas à son emplacement d’origine. Rose-Marie CHABROLLE se souvient qu’il a été déplacé par son père, le docteur BARTOLI, au début des années 1960. D’ailleurs, certains, comme le rédacteur de ce texte, se rappellent d’une inscription gravée sur le mur bordant la Stretta, dans la partie arrondie qui correspond à peu près au four d’autrefois. Ce four a donc certainement été en partie détruit dans ces années 60 pour servir de mur à la véranda, maintenant agrandie, créée sur la partie Est (droite sur la carte) de la terrasse.

 

L’année 1834 était-elle l’année de la construction de la maison, du four ou des deux parties ? Il n’est pas possible de l’affirmer mais la probabilité est grande que les deux éléments aient été bâtis ensemble.

 Le plan-terrier dressé par l’administration française à la fin du XVIIIème siècle ne montrait aucun bâtiment à cet endroit, localisé par une croix verte sur le document ci-dessous. La courbe du virage de la Stretta y est bien marquée, exactement comme aujourd’hui

Les cercles jaunes désignent les deux églises de Poggiolo.

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

En dehors de la pierre gravée qui est à la place d’honneur de la façade, le four n’a pas totalement disparu.

La courbure ancienne de la Stretta est accentuée à la hauteur de l’arrondi du mur blanc de la véranda et ressemble bien à un cul-de-four. De plus, des moellons d’origine constituent la majorité de ce mur. 

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?
QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?
QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

Et, surtout, l’ouverture existe toujours, à l’intérieur du bâtiment.

 

QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?

Crédits photos:

- la gravure du linteau est de Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corseshttp://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677;

- les quatre dernières photos ont été prises par Jean-Pierre CHABROLLE;

- les autres illustrations sont de Michel FRANCESCHETTI. 

Partager cet article
Repost0
7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 18:00

A la suite de l’article précédent qui évoquait les anciens chemins de transhumance, une de nos lectrices, Maryse MORETTI, a eu la gentillesse de faire parvenir au blog des Poggiolais la photo suivante.

Quand la transhumance passait par Guagno-les-Bains

Le cliché a été pris d’assez loin mais on y voit un troupeau de chèvres constitué en deux parties (encerclées par un trait ovale blanc ci-dessous) entre lesquelles se trouvent un ou deux hommes. Ces bêtes vont passer devant l’établissement thermal de Guagno-les-Bains (lettres E. T.) pour monter jusqu’à la chapelle de Saint Antoine avant de continuer leur chemin vers Sagone.

Quand la transhumance passait par Guagno-les-Bains

Le format de la photo et le type de couleurs, maintenant un peu passées, indiquent que l’image doit dater du début des années 1960. L’état de l'aile des thermes que l’on voit ici montre, en tout cas, que la SARL gérée par Charles HOUVER n’avait pas encore entrepris les travaux de rénovation qui permirent la réouverture en 1973.

Merci à Maryse MORETTI d’avoir permis de se souvenir de la vie traditionnelle d’il y a cinquante ans.

Partager cet article
Repost0
16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 17:40

La façade de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains s’orne d’une inscription dont il a déjà été indiqué le caractère historiquement douteux. Au-dessous de la plaque, la décoration du mur est complétée par une jardinière couverte d'herbes folles.

Le récipient dans lequel la terre a été accumulée est en réalité une baignoire en marbre avec deux anneaux sculptés de chaque côté. L’idée de convertir un ustensile de bain pour faire pousser des plantes est excellente pour ce cadre.

La baignoire de l'impératrice

Cet objet est d’ailleurs mentionné dans plusieurs sites internet touristiques sous le nom de « la baignoire de l’impératrice », sous-entendant « l’impératrice Eugénie »,  épouse de Napoléon III. Mais il a déjà été démontré (dans l’article Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)) que le couple impérial n’a jamais pu se rendre à Guagno-les-Bains.

D’autre part, il ne peut s’agir de LA baignoire de l’impératrice car il existe DES baignoires identiques.

 

PLUSIEURS  BAIGNOIRES

Sur un dépliant publié par la Préfecture de Corse-du-sud à l’occasion des Journées du Patrimoine d’il y a quelques années, on peut lire dans la partie consacrée aux jardins du Palais Lantivy:

« Les trois baignoires en marbre, 2ème moitié du XIXème siècle, proviennent de la station thermale de Guagno-les-Bains. »

La photo d’accompagnement ressemble beaucoup à ce qui est visible maintenant dans la cour de la station thermale.

 

La baignoire de l'impératrice

 

Nous en arrivons à quatre baignoires du même type. Mais on est loin du compte car les baignoires se trouvaient dans les 17 cabinets particuliers (dont 3 avaient des baignoires jumelles) installés dans les thermes lors de leur reconstruction de 1846-1855. Le total était donc de 20 baignoires.

Le devis du Conducteur des Ponts et Chaussées GIERYNSKI, daté du 13 novembre 1846 et cité par François VAN CAPPEL DE PREMONT, architecte du Patrimoine, dans son livre « Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme », nous apprend que ces baignoires étaient plaquées de marbre de Corte et coûtaient 84,84 francs l’unité.

 

SOUVENIR PERSONNEL

Les personnes qui ont plus de 60 ans maintenant se souviennent certainement s’être baignées dans ces baignoires, surtout avant 1968, quand l’eau courante n’avait encore été installée à Poggiolo.

Après un match de football ou après une simple promenade, si l’on n’allait pas se tremper dans la rivière, on se présentait à l’établissement thermal. Pour un prix modique, ou même gratuitement pour ceux qui résidaient toute l’année au vilage, on était introduit dans une petite pièce fermée par une porte en planches de châtaignier disjointes. La baignoire était placée contre un mur. Au-dessus d’elle, un robinet en cuivre doré permettait de faire couler une eau chaude à l’odeur de soufre très caractéristique que l’on gardait un bon moment. On était en forme pour gravir les trois kilomètres de montée jusqu'à Poggiolo.

 

DEUX MYSTÈRES ET UNE INJUSTICE

Ces baignoires ont certainement été enlevées lors des travaux qui permirent un redémarrage temporaire de la station. La date exacte serait à rechercher. Mais on se souvient que, pendant de  très longs mois, des baignoires étaient abandonnées le long des rues du village.

Les exemplaires qui se trouvent à la Préfecture d’Ajaccio seraient présentées dans le jardin depuis 1984, d’après la base de données Palissy des monuments historiques. En effet, elles ont été classées depuis le 2 mai 1984.

Mais il y a encore deux mystères :

- le dépliant des Journées du Patrimoine cite le chiffre de trois baignoires. Pourquoi la troisième n’est-elle pas dans cette liste ?

- la baignoire-jardinière de Guagno-les-Bains n’est pas mentionnée sur la liste des monuments historiques. Est-ce parce qu’elle est se trouve dans un petit village éloigné de la métropole ajaccienne ?

Même sans être LA baignoire de l’impératrice, il serait normal qu’elle soit classée.

 

EXIGEONS LA RECONNAISSANCE DU CARACTERE DE MONUMENT HISTORIQUE À LA BAIGNOIRE DE GUAGNO-LES-BAINS !

La baignoire de l'impératrice

En tout cas, monument historique ou non, l'exposition de cette baignoire et son placement sous la plaque "1808" sont les symptômes de la nostalgie que l'on ressent à Guagno-les-Bains et à Poggiolo, celle de "l'âge d'or de Guagno-les-Bains, quand des centaines de curistes se succédaient tout au long de l'été, faisant vivre le commerce local", comme le fait dire le romancier Didier DAENINCKX, dans son livre "Têtes de Maures", au conseiller général (voir l'article "Guagno-les-Bains, cadre de roman (1/3: des Archives à la fin de "l'âge d'or")").

Partager cet article
Repost0
20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:55

Depuis quarante ans, le canton des Deux Sorro rassemble les cantons de Soccia et de Vico. L'histoire du premier a été présentée dans l'article "La liste des conseillers généraux de Sorru in sù".

Voyons ce qu'il en fut de l’ancienne pieve de Sorro in giù, devenue canton de Vico. Ce territoire était composé des communes de Vico, Murzo, Letia, Arbori, Balogna, Cargese, Coggia et Renno.

Quels en furent les représentants au conseil général de la Corse ?

Il est à remarquer que beaucoup furent maires de Vico et plusieurs députés ou sénateurs.

 

Pendant pratiquement tout le Second Empire, le conseiller général du canton de Vico fut Jean-Jourdain CASANELLI d'ISTRIA, président du tribunal civil de Sartene,            

A partir de 1871, le siège fut détenu par le comte Alfred MULTEDO (1846-1908), personnage important du parti bonapartiste auquel il resta attaché toute sa vie. Membre d'une grande famille de propriétaires de Vico (et, par exemple, de l'hôpital militaire de Guagno-les-Bains), il fonda le 1er Octobre 1892 le Comité Napoléonien, ancêtre du CCB (comité central bonapartiste) qui donna plusieurs maires à Ajaccio jusqu’en 2001. Il fut deux fois élu et invalidé à l’Assemblée nationale en 1885 et 1889, pour avoir bénéficié de "pressions cléricales".

Sa biographie complète se trouve en suivant le lien :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65623170/f15.image.r=

Ayant abandonné la politique en 1894, il fut alors remplacé au conseil général par un républicain : Dominique CRISTINACCE, maire de Vico de 1888 à 1896 et de 1908 à 1910.

En 1901, le canton tomba entre les mains d’Ange MURACCIOLE qui avait été sénateur de 1892 à 1894 et le redevint en 1903. Petite particularité: ce natif du village de Muracciole avait été longtemps maire de Belgodere et conseiller général de Vezzani avant de se présenter à Vico. Il mourut le 2 juillet 1904.

Ange MURACCIOLE

Ange MURACCIOLE

De 1904 à 1907, le poste fut occupé par M. COLONNA, maire de Vico.

Pendant quelques mois, il revint à Raphaël CASANELLI d'ISTRIA, ancien secrétaire général à Ajaccio.

Puis, en 1908, Jean-François GALLINI, avocat-défenseur à Sousse, devint conseiller général. Il fut sénateur de 1920 à son décès, en 1923

Sa biographie a été publiée sur le blog des Poggiolais :

Les Poggiolais ont de l'initiative (n°3: l'empire sahélien des Sorrinesi)

 

Jean-François GALLINI

Jean-François GALLINI

Mais, en 1921, sa réélection ayant été invalidée, «l’empereur du Sahel» se heurta à l’ambition de François COTY, ce qui aboutit à l’élection de COTY à Soccia et, dans le canton de Vico, du docteur Philippe CHIAPPINI qui resta en place jusqu’à la guerre.

Voir les deux articles :

En 1921, le canton était au parfum (début)

En 1921, le canton était au parfum (fin)

En 1951, Pascal ARRIGHI fut élu conseiller général avec l'étiquette radicale. Il siégea à l'Assemblée Nationale de 1956 à 1962 (comme radical puis comme gaulliste de UNR) et de 1986 à 1988 (comme Front National). Sa biographie se trouve à la fin de l'article: Arrighi avant Mamberti

Pascal ARRIGHI

Pascal ARRIGHI

Il fut maire de Vico de 1959 à 1983 mais céda le canton dès 1958 au radical de gauche Dominique COLONNA.

En 1973, la réforme cantonale ayant regroupé les cantons de Soccia et de Vico dans le canton des Deux Sorru, le nouveau siège revint à Dominique COLONNA, maire de Vico en 1983, puis, en 2008, au candidat de droite François COLONNA, également devenu maire de la commune en 2001.

François COLONNA

François COLONNA

-------------------------------

La documentation utilisée étant très parcellaire, il est possible que des erreurs ou des oublis apparaissent dans les lignes ci-dessus. Nous serions heureux de recevoir toute information permettant d'améliorer cet article.

Partager cet article
Repost0
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 17:41

Poggiolo faisait partie du canton de Soccia qui correspondait à la pieve de Sorru in sù instituée à l'époque génoise et continuée par la monarchie française. Ce canton réunissait les communes de Poggiolo, Orto, Guagno et Soccia. Il comprenait donc tout le territoire commençant au pont de Rioseccu, à mi-chemin de Sorru et de Guagno-les-Bains, et allant jusqu'aux sommets des montagnes environnantes. Malgré une légende tenace, venant du nom utilisé, la limite administrative de ce canton n'englobait pas le col, qui est dans la commune de Murzo.

Le canton, nommé canton de Soccia, était représenté par un conseiller général qui siégeait avec l'ensemble du conseil général de la Corse au Palais Lantivy, siège de la Préfecture à Ajaccio. 

Les prochaines élections, dites départementales, vont bouleverser le fonctionnement des départements. Il est donc intéressant de savoir qui parlait au nom de Sorru in sù dans le passé. Il est vrai que certains de ces notables étaient des personnalités assez curieuses, dont certaines ont déjà été évoquées sur ce blog.

-------------------

Le conseil général du département est une institution créée sous le Consulat le 17 février 1800. Sous Napoléon et à la Restauration, les membres en étaient nommés par le gouvernement. Ce fut le cas pour l’abbé Jean-Antoine PINELLI, nommé en 1818 par Louis XVIII (voir l'article "L'homme le plus cultivé de Corse (3/3)").

L’élection se fit au suffrage universel à partir du 3 juillet 1848.

Sous le Second Empire, le canton vota très fidèlement pour les bonapartistes, représentés par Etienne LECA, géomètre en chef à Ajaccio, élu en 1858 contre l’avocat CASANELLI, neveu de l’évêque d’Ajaccio qui mobilisa les prêtres du canton et du séminaire pour la campagne électorale (voir l'article ""Battue de prêtres" dans le canton de Soccia").

En 1867, le prince Napoléon-Charles BONAPARTE (1839-1899), petit-fils à la fois de Lucien et de Joseph Bonaparte, remporta le scrutin haut la main mais, élu également à Bastelica, Salice et Ajaccio, il préféra opter pour la ville-préfecture et devint président du conseil général. Etienne LECA retrouva son siège.

prince Napoléon-Charles BONAPARTE

prince Napoléon-Charles BONAPARTE

En 1872, le comte François POZZO-DI-BORGO (né en 1837, décédé en 1907) garda le canton au camp bonapartiste bien que Poggiolo eut été l’une des premières communes corses à se rallier au nouveau régime. Il devint ensuite républicain modéré.

Il fut battu fin 1877 par l’avocat républicain Simon UCCIANI (né en 1838) qui fit un grand travail de «républicanisation» du canton (voir l'article "Péripéties municipales: on ne peut pas se fier au petit personnel (2/2)").

Simon UCCIANI

Simon UCCIANI

Le poste de conseiller général passa en 1883 au républicain radical Etienne LECA, géomètre en chef du cadastre à Constantine, qui fut aussi candidat malheureux de la gauche aux élections législatives de 1885.

En 1890, Philippe LECA fut élu. Il était avocat à Ajaccio et devint ensuite juge à Embrun.

Après un bref intermède PINELLI en 1895, le siège de Soccia revint en 1896 à Antoine LECA, chancelier du consulat de France à La Canée en Crète.

En 1901, l’abbé Antoine-Louis OTTAVI, professeur au petit séminaire d’Ajaccio, remporta les élections. Bien que prêtre, il ne s’opposa pas beaucoup à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, au contraire des paroissiens de Soccia qui se rassemblèrent avec leurs armes et leurs outils devant leur église pour empêcher l'inventaire des objets du culte. L'abbé soutint ensuite le candidat républicain aux élections législatives de 1906.

réunion de fidèles opposés aux inventaires devant l'église de Soccia (photo extraite de "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", écrite par Jean-Baptiste PAOLI)

réunion de fidèles opposés aux inventaires devant l'église de Soccia (photo extraite de "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", écrite par Jean-Baptiste PAOLI)

Ces positions expliquent qu’il fut battu en 1907 par Antoine LECA qui revint dans le canton avec, cette fois, le titre de vice-consul de France à Palerme. L’année suivante, il était vice-consul de France à Naples. En 1910, il avait la fonction de consul de France à Cagliari, en Sardaigne. Ces affectations différentes ne l’empêchaient pas d'être membre du conseil général de Corse.

En 1913, ce fut à l’avocat parisien Antoine-François CECCALDI de siéger au Palais Lantivy.

En 1921, le richissime parfumeur François COTY (1887-1934) battit le maire de Poggiolo Jean-François CECCALDI, qui représentait la gauche. Cette élection fut suivie par toute la Corse et même sur le continent, ainsi que le montrent les articles "En 1921, le canton était au parfum (début)" et "En 1921, le canton était au parfum (fin)".

François COTY

François COTY

Jean-François CECCALDI prit sa revanche en 1925.

En 1933, élection de François OTTAVI, républicain radical soutenu par le parti d’Adolphe LANDRY qui représentait la gauche en Corse.

Mais, le scrutin étant invalidé, le Docteur François ANTONINI fut élu. Il était républicain de gauche (du parti de François PIETRI), c’est-à-dire de centre-droit!!!

Après une nouvelle invalidation, le Docteur ANTONINI fut réélu, le 16 août, contre Noël PINELLI, socialiste SFIO (parti Landry).

A la Libération, le 23 septembre 1945, Martin PAOLI fut élu sous l’étiquette SFIO. Il devint vice-président du conseil général, puis maire de Poggiolo à partir de 1959.

La liste des conseillers généraux de Sorru in sù

Après le décès de Martin PAOLI en mai 1968, le maire de Guagno Jean-Antoine GAFFORY gagna l'élection. Voir l'article "1968: le canton passe à Guagno".

En 1973, la réforme cantonale ayant regroupé les cantons de Soccia et de Vico dans le canton des Deux Sorru, le nouveau siège revint au maire de Vico Dominique COLONNA (divers gauche), puis, en 2008, au divers droite François COLONNA.

 

-------------------------------

La documentation utilisée étant très parcellaire, il est possible que des erreurs ou des oublis apparaissent dans les lignes ci-dessus. Nous serions heureux de recevoir toute information permettant d'améliorer cet article.

Partager cet article
Repost0
19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 18:00

Les photos de groupe provoquent toujours de la nostalgie car chacun peut voir qu'il a bien changé depuis l'époque du cliché et que des êtres chers ont disparu. Mais ces images ont toujours beaucoup de succès car elles permetttent de se souvenir de bons moments.

Voici une photo qui doit dater de l'été 1968 (45 ans déjà!) à Poggiolo. Comme beaucoup d'autres de ce moment-là, elle a été prise à l'angle de la Stretta et de la route, à l'endroit qui était alors le lieu de rencontre de toutes les générations. Surtout le matin et aussi en fin de journée, il se formait un véritable forum où tous discutaient des affaires familiales, locales, nationales et internationales. Mais, comme déjà écrit dans un article précédent, peu de femmes présentes.

Une originalité: la présence de Tango, un chien qui participait pleinement aux activités poggiolaises.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

De gauche à droite, au premier plan, accroupis: Jean-Marie PASSONI, Jean-Marie ORAZZI et le chien TANGO.

De gauche à droite, au premier plan, debouts: Laurent-Antoine PINELLI (dit Antunarellu), Ferdinand PASSONI et (appuyé contre le mur) Etienne PINELLI.

De gauche à droite, aux second et troisième plans: Bernard FRANCESCHETTI, Michel FRANCESCHETTI, Jules OLIVA, Laurent PINELLI, Hervé CALDERONI, Xavier PINELLI, Dominique PINELLI, Jean-Baptiste PAOLI, Noël LECA, François DESANTI.

 

Cette photo a été publiée dans le journal "L'Info U Pighjolu" (numéro de mai 2008).

Le blog serait très heureux de pouvoir montrer d'autres groupes de Poggiolais de toutes les époques. N'hésitez pas à nous en envoyer. 

Partager cet article
Repost0
14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 18:00

Monseigneur MAMBERTI, devenu cardinal, a reçu aujourd'hui samedi 14 février, des mains du pape FRANÇOIS, les symboles de sa nouvelle mission: la barrette (bonnet carré), l'anneau et le titre de diacre de San Spirito in Sassia. Pour la première désignation d'un cardinal corse depuis 150 ans, de nombreux Corses ont fait le déplacement à Rome, avec l'évêque d'Ajaccio et le maire de Vico.

Arrighi avant Mamberti
Arrighi avant Mamberti
Arrighi avant Mamberti

Dans l'entretien accordé récemment à Philippe de Casabianca, le futur cardinal Mamberti avait déclaré: "Le village de Vico est aussi un élément important en raison du nombre de prêtres qui sont issus de la région tout comme de trois évêques récents qui en viennent, Monseigneur Arrighi, Monseigneur Zevaco et moi-même." 

Un point commun de l'évêque de Sagone avec le premier cité, Monseigneur ARRIGHI, réside dans une carrière qui s'est presque entièrement déroulée à Rome.

Photo Kyrn

Photo Kyrn

La notice publiée dans l'encyclopédie Wikipedia indique:

"Jean-François Arrighi, né le 1er mai 1918 à Vico en Corse et mort le 1er décembre 1998 à Rome (Italie), est un évêque catholique français, évêque in partibus de Vico Equense de 1985 à 1998, il est vice-président du Conseil pontifical pour la famille au Vatican de 1985 à 1992. 

Prêtre. Après avoir été formé au séminaire des Carmes - Institut catholique de Paris (Licence en théologie et en droit canonique), il est ordonné prêtre le 27 mars 1948 pour le diocèse d'Ajaccio. Jean-François Arrighi est économe de Saint-Louis-des-Français (1949-1954), nommé administrateur des Pieux Établissements de la France à Rome et Lorette (1954). Il devient attaché à la Congrégation pour les Églises orientales (1955-1960) puis sous-secrétaire du Secrétariat pour l'unité des Chrétiens (1960-1985). Il est nommé recteur de l'église et abbaye de la Trinité-des-Monts en 1974.

Évêque. Le pape Jean-Paul II le nomme évêque titulaire de Vico-Equense et vice-président du Conseil pontifical pour la famille au Vatican le 17 avril 1985. Jean-François Arrighi est consacré le 9 juin de la même année par le cardinal Édouard Gagnon. Il reste en poste jusqu'à sa retraite en 1992, où en décembre il est nommé par le pape Jean-Paul II membre du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens. et décède le 1er décembre 1998 à Rome."

Il fut enseveli dans l'église dans l'église Sainte Marie de Vico.

Par ailleurs, dans la revue Sodalitium n°38 de février-mars 1995, M. l'Abbé Francesco Ricossa, reprenant d'autres auteurs, écrit: "Arrighi faisait le lien avec des théologiens français comme Yves-Marie Congar, encore en disgrâce". Le prélat de Sa Sainteté travailla durement à préparer le concile Vatican II. Il se préoccupa surtout de la collégialité et de l'œcuménisme.

 

de gauche à droite: Mgr Arrighi, le cardinal Bea et le pape Jean XXIII (janvier 1961).

de gauche à droite: Mgr Arrighi, le cardinal Bea et le pape Jean XXIII (janvier 1961).

On pourra remarquer l'attention (ou l'humour?) du pape Jean-Paul II qui a confié à cet enfant de VICO, en Corse, le titre d'évêque de VICO Equense en Campanie, près de Naples. 

Le numéro de mai 1985 du magazine "Kyrn" écrivait:

"Brillant orateur, conteur attachant, animé de cette antique foi chrétienne qui pendant des siècles fit vibrer la Corse, Jean-François Arrighi connaît mieux que personne l'histoire commune du Saint-Siège et de la Corse. (...) 
Comme il connait l'histoire des Corses à Rome, ces Corses qui eurent le privilège, avec les Suisses, d'assurer la garde du Pape. 
Cette connaissance lui permet d'affirmer que nos traditions religieuses ont les mêmes racines que celles que l'on trouve encore en Toscane et dans le Latium et qui ont forgé le proverbe qui veut que "da Capicorsu à Bonifaziu, aria di Roma è mar di Laziu."
Et d'affirmer également que le français liturgique lui semble étranger à l'âme corse."

Par ailleurs, le bulletin "INSEME" a publié une liste de serviteurs importants de l'Eglise catholique qui sont passés par Vico.

Voir: http://inseme-bulletin.hautetfort.com/media/00/00/3378024614.jpg

Nota Bene: L'évêque Jean-François était le frère de Pascal ARRIGHI qui eut une triple carrière de juriste, d'universitaire et d'homme politique. Né à Vico en 1921 et mort à Toulon en 2004, Pascal ARRIGHI fut résistant, membre des Commandos, blessé en 1944 lors de la campagne des Vosges.

Avocat, professeur, membre du Conseil d'Etat, il fut président de l'Université de Toulon (1970-1975) et de celle de Corte (1975-1981).

Débutant sa carrière comme radical puis étant partisan de l'Algérie Française, il fut député de Corse de 1956 à 1962. En mai 1958, il dirigea le soulèvement de la Corse et son ralliement à de Gaulle. Maire de Vico de 1959 à 1983 et conseiller régional de Corse (1986-1998), il fut aussi député FN des Bouches-du-Rhône de 1986 à 1988.

Partager cet article
Repost0
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 06:50
Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Toutes nos condoléances à l'épouse, aux enfants et à toute la famille de Jean GAFFORY.

Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Jean GAFFORY, né en 1925, était une personnalité très connue dans nos villages, d'abord en tant que directeur de la Caisse d'assurance-maladie, puis par ses mandats électifs.

Il fut maire de Guagno pendant 43 ans, de 1965 à 2008. Il devint conseiller général du canton de Soccia en 1968, à la mort du maire de Poggiolo Martin PAOLI. Il garda cette fonction jusqu'en 1973, quand la réforme cantonale fit fusionner ce canton avec celui de Vico pour créer les Deux-Sorru.

Homme de conviction (il fut radical de gauche et il parraina la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle de 2002), il était toujours proche des gens et prêt à aider chacun. En 2008, le conseil municipal de Guagno lui avait attribué le titre de maire honoraire. 

Nous vous proposons deux vidéos qui évoquent les deux grands moments de sa carrière:

- l'élection à la mairie de Guagno en 1965 (montage de Marthe POLI)

- l'élection cantonale de 1968 (film de Michel FRANCESCHETTI)

Partager cet article
Repost0
12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 17:40

Nicolas Rutily, le maire d'Orto, a commencé à appliquer un plan de remise en état des chemins de l'eau et des hommes sur sa commune. L'ancien système hydraulique, qui permettait par tout un réseau de rigoles, de fournir de quoi arroser les jardins est restauré par tranches successives. La première vient d'être réceptionnée par la mairie, comme le montre l'article paru dans "Corse-Matin" samedi 21 décembre 2013 et que l'on peut voir ci-dessous.

Cliquez sur l'article pour le lire plus facilement.

Cliquez sur l'article pour le lire plus facilement.

De tels réseaux existaient dans tous les villages autrefois. Ils permettaient de cultiver les nombreuses planches de terrain soutenues par des murets. La moindre portion de sol était exploitée.

Si ORTO ou ORTU signifie "jardin" en italien ou en corse, il faut se souvenir que POGGIOLO ou U PIGHJOLU peut se traduire par "balcon" ou "terrasse" et vient du latin "podium". Ces noms de villages désignent bien des endroits cultivables.

Les rigoles poggiolaises ne sont plus utilisées depuis l'installation de l'eau courante en 1968. Les particuliers qui veulent arroser leurs jardins se servent de cette eau publique. Si l'on avait l'idée insensée, comme à Ortu, de remettre en vigueur les rigoles, la tâche serait très difficile. Des rigoles ont été enterrées, d'autres ont disparu ou ont été comblées par du ciment, comme celle qui est à l'angle de la stretta et de la route.

L'eau à Orto et à Poggiolo

Mais, qu'il s'agisse de l'ancien système de rigoles d'irrigation ou de l'actuel réseau de circulation des eaux usées, le plus important est un entretien régulier pour éviter les bouchons de feuilles et les inondations.

Photos prises sur le côté de la Stretta les 12 et 20 août 2013.
Photos prises sur le côté de la Stretta les 12 et 20 août 2013.

Photos prises sur le côté de la Stretta les 12 et 20 août 2013.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

Vacances scolaires

 

Noël:

du samedi 17 décembre au mardi 3 janvier

Hiver:

du samedi 18 février au lundi 6 mars

Pâques:

du samedi 15 avril au mardi 2 mai

vacances d'été:

à partir du samedi 8 juillet

-----------------

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

.

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Votre blog est maintenant sur Facebook. https://www.facebook.com/pages/ Poggiolo/167056470125907