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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 18:01

Les derniers articles de ce blog ont montré d'anciennes photos de Poggiolais.

La photographie est le meilleur moyen pour connaître les visages de nos grands-parents, arrière-grands-parents et autres aïeux. Elle permet aussi de voir comment l’on était habillé et quelles étaient les coutumes et les grandes cérémonies du village. Ce fut donc une excellente initiative que l’exposition de photos qui eut lieu à Poggiolo le 16 août 1999 et qui fut rééditée le 16 août 2000.

Dans le cadre des animations organisées pour la saint Roch et pour trouver des financements pour la restauration des églises du village, des panneaux portant les reproductions de dizaines de vieilles photos furent posés dans la ruelle qui se trouve sur le côté droit de la chapelle. La salle des fêtes n’existait pas encore.

 

Partie de "china" près des panneaux de photos le 16 août 2000.
Partie de "china" près des panneaux de photos le 16 août 2000.

Partie de "china" près des panneaux de photos le 16 août 2000.

Plusieurs familles avaient prêté des documents encore jamais vus. Chacun tentait d’identifier les visages exposés. Des souvenirs revenaient  la mémoire. On échangeait les renseignements que chacun possédait. On se rendait compte que l'on n'était pas sorti de rien, mais que l'on avait ses racines ici, et même depuis très longtemps.

Le succès fut très grand, comme le montre le film ci-dessous.

On voudra bien excuser le décalage d’environ douze secondes entre le son et l’image. L’animateur du blog n’est pas un technicien diplômé.

Le film est également disponible sur la plate-forme Vimeo.

Une telle exposition pourrait être préparée pour un été prochain, d’autant plus que, depuis sa création, le Blog des Poggiolais a recueilli des photos qui y auraient leur place.

Et, depuis une quinzaine d’années, les jeunes présents sur ce film ont bien grandi et comprendraient mieux ce qu’ils virent à l’époque. Il faut se dépêcher de recueillir les souvenirs car le passé disparaît avec les personnes qui l’ont vécu. Cinq Poggiolais présents sur ce film sont maintenant décédés. Avec chaque décès, une partie de la mémoire est perdue, une bibliothèque est fermée. Qui se souvient de l’anecdote racontée par «Milo» au sujet d’un cierge pris à Orto et dont le film ne donne qu’un extrait ?

Un homme sans passé est plus pauvre qu'un homme sans avenir (Elie Wiesel).

 

Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité (François Mitterrand).

 

Cet article a déjà été publié le 13 juillet 2016.

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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 17:49

Au temps de sa splendeur, l'empire colonial français était un bon ascenseur social pour les Corses. Venus de leurs villages, ils étaient nombreux à chercher fortune aux colonies ou à s'engager dans les troupes chargées de l'ordre outre-mer. Certains s'installaient dans ces territoires à l'expiration de leur service militaire.

Un exemple est fourni par cette photo qui a été réalisée à Constantine, en Algérie. Cette ville fut le second foyer de concentration des Poggiolais, après la Tunisie où les Poggiolais bénéficiaient des bienfaits de Jean-François GALLINI (voir l'article sur "l'empire sahélien des Sorrinesi").

 

Les Poggiolais de Constantine

L'homme qui est en uniforme, à gauche, se nomme Antoine François PINELLI. Il naquit en 1864 à Guagno-les-Bains. Il était surnommé Pinnillone.

En 1883, il s'engagea dans l'armée et fit partie du 1er régiment de zouaves qui venait de conquérir le Mzab en Algérie et qui se battit ensuite en Tunisie. Antoine François participa aux campagnes militaires jusqu'en 1887. Ayant quitté l'armée, il devint facteur dans la petite ville de Terriet El Haad, près d'Orléansville, de 1887 à 1889.

En 1890, il épousa à Poggiolo Marie Dominique MARTINI, née en 1865, que l'on voit à droite de la photo. Deux enfants vinrent au monde, tous deux à Poggiolo: Jean Toussaint en 1891 et Elisabeth en 1894 (en arrière-plan de la photo).

Installée à Constantine en 1895 où Antoine François travailla comme agent de police, puis comme inspecteur, la famille s'agrandit d'Antoinette née en 1897 (au milieu de la photo).

La photographie doit dater des environs de l'année 1905. Malgré l'air grave et la raideur résultant du temps de pose des appareils de l'époque, cette photo est celle du bonheur d'une famille bien installée dans une grande ville coloniale.

Le cliché vient du studio de J. GUIGLION. Ancien retoucheur de l'illustre photographe NADAR à Paris, ce professionnel s'était établi à Constantine et avait repris à son compte, vers 1900, la maison de J. CHAZAL au 46 de la rue Damrémont. Il produisit des cartes postales du Constantinois et surtout de nombreux portraits de militaires.  

Les Poggiolais de Constantine

 

Mais le temps des chagrins arriva avec deux décès:

- Marie Dominique décéda en 1909. Antoine François se remaria bien plus tard, à Poggiolo, en 1930, avec Angeluccia MARTINI (1885-1970).

- Jean Toussaint, employé de commerce, fut incorporé en octobre 1912 au 4ème régiment de zouaves. Il passa ensuite au 1er. En poste en Tunisie, il participa à la guerre contre l'Allemagne dès août 1914. Faisant preuve d'une grand héroïsme, il devint sous-lieutenant du 3ème RMZT (régiment de marche zouaves et tirailleurs) et obtint, pendant la seule année 1917, trois citations (à l'ordre du régiment, du corps d'armée et de la division). Blessé, il expira le 14 avril 1918 dans une ambulance à Vendeuil-Caply, dans la Meuse. Son nom fut inscrit sur les monuments aux morts de Poggiolo et de Constantine.

 

Antoine François termina sa vie à Poggiolo où il mourut le 14 décembre 1944.

Ses filles vécurent plusieurs années en Algérie où elles se marièrent. Elles reposent dans le caveau familial décrit dans un article précédent.

Antoinette était la grand-mère de Joël et Hervé CALDERONI.

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Sites utilisés:

- Engival 

- Généanet

- Geneawiki

- photographes en outremer

- registres matricules de Corse

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 18:00
Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

Sur les douze merveilles de Poggiolo, l'article précédent en avait présenté six. Voici la suite du chemin qui pourrait être créé dans le village pour les faire découvrir.

 

 

Station 7: les restes de rigoles d'irrigation

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12
Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12
Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

A l'angle de la route et de la stretta, on peut encore voir des rigoles descendant en pente plus douce que le chemin. Malheureusement, le côté stretta a été cimenté et se devine à peine alors qu'il permettait autrefois de s'y asseoir. 

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

Ce sont les vestiges de l'ancien système d'irrigation. Depuis le réservoir situé en haut du village, l'eau était distribuée pour cultiver les jardins potagers selon un calendrier et un horaire très précis. Celui dont le tour arrivait bouchait ou débouchait telle ou telle rigole pour recevoir l'eau qui était nécessaire à ses plantes.

Voir les articles:

- les rigoles des Cévennes et de Poggiolo

- Tenir le mur (première partie)

Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 6/8: le travail agricole

 

 

 

Station 8: séchoir et four d'Ernestine

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

Juste au dessus des rigoles, se trouve la maison d'Ernestine avec un bâtiment rond. Il s'agit d'un ancien séchoir à châtaignes, d'où la possibilité de décrire l'importance de la culture des châtaigniers.

Par ailleurs, un four à pain a été installé devant le séchoir. Il est indispensable de parler de la douzaine de fours ayant existé au village, et dont certains sont parfois encore en activité.

Une station spécifique pour les fours peut se concevoir devant St Roch (sur la place Orazy) ou près de la place Inghju. 

four place Orazy

four place Orazy

Voir l'article Les fours de Poggiolo.

 

 

 

Station 9: maison Pinelli

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

La maison de la famille PINELLI serait la plus ancienne de Poggiolo: elle aurait été construite en 1610, d'après les recherches effectuées par Toussaint PINELLI et publiées en 1995 (un prochain article reviendra sur son travail).

Surtout, dans cette habitation, naquit et mourut l'abbé Gian Antonio PINELLI (1760-1832) qui fut surnommé "L'homme le plus cultivé de Corse". Il joua un rôle important en Corse pendant la Révolution française, devint secrétaire général du département sous Napoléon, puis conseiller général et rassembla une très grande bibliothèque.

Sa vie est raconté dans les articles:

L'homme le plus cultivé de Corse (1/3)

L'homme le plus cultivé de Corse (2/3)

L'homme le plus cultivé de Corse (3/3)

 

 

 

Station 10: croix de Tanellu

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

Cette croix, placée devant la maison CHABROLLE, permet de parler du grand nombre de croix placées sur les chemins et de raconter la vie du père ALBINI. Celle-ci rappelle sa prédication de 1838. L'importance du couvent de Vico est à évoquer. 

Voir les articles:

Tout sur le Père Albini

Les croix poggiolaises (2/5: les balises)

Solution de la devinette: croix de fer...

On peut prévoir de montrer la croix du Fragnu qui marque l'entrée du village mais elle est éloignée de ce circuit et n'est pas forcément liée au Père ALBINI.

 

 

 

Station 11: les oliviers

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

Plus haut, la stretta longe les oliviers de Dumé (Dominique PINELLI), beau prétexte pour décrire cette culture, qui n'existait pas avant le début du XIXème siècle dans le village et qui est possible grâce à l'exposition et à l'altitude de Poggiolo.

Voir l'article Les oliviers sont couverts

 

 

 

Station 12: église Saint Siméon 

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

Sans entrer dans l'église, plusieurs informations sont à donner:

- sa position correspond au croisement des sentiers d'autrefois qui permettaient de se rendre à Orto, Soccia et Guagno-les-Bains;

- elle fut le lieu du meurtre de 1634 (voir l'article "Du sang à Saint Siméon");

- elle était l'église piévane, son curé ayant autorité sur toute la pieve;

- elle est sur l'emplacement de l'ancienne église sous laquelle était l'arca, la fosse commune;

- elle est entourée du cimetière communal (derrière elle), d'un cimetière privé (au-dessus d'elle) et de trois caveaux familiaux (au-dessous).

On peut donc décrire l'organisation ecclésiastique ancienne et les pratiques funéraires.

Voir les articles :

A la recherche de l'arca perdue

Les caveaux poggiolais

Un cimetière privé

 

Quant à l'intérieur, le panneau pourrait énumérer les richesses de l'église:

- le tableau "la déposition du Christ" de Damaso MAESTRACCI (voir l'article Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir)

- le tabernacle en bois sculpté, de facture franciscaine, du XVIIème siècle, classé sur la liste des Monuments historiques

Les douze merveilles de Poggiolo: de 7 à 12

- les fonts baptismaux en marbre, de la même époque, classés également

- le tableau de "Vierge à l'Enfant remettant le Rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne", de la même époque, classé lui aussi. Voir l'article La seule carte postale actuelle.

 

 

Alors, existe-t-il, oui ou non, de la matière pour organiser un circuit de découverte des merveilles de Poggiolo?

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 17:59
Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Ne soyons pas modeste. Quand on est à Poggiolo, on peut voir douze merveilles. 

 

 

Pour les découvrir, l'idéal serait d'installer un sentier de découverte comme le sentier d'interprétation de Letia, décrit dans un article précédent (le revoir en cliquant ici).

On pourrait imaginer un circuit dans le village avec, à chaque station, un panneau présentant la tradition ou le fait historique lié à cet endroit.   

Bien sûr, il est toujours facile de lancer une idée. Elle ne peut être crédible que si elle est précisée. Où seraient disposés ces panneaux? Existe-t-il à Poggiolo des lieux vraiment intéressants?

Voici donc une liste de douze propositions, liste qui peut tout à fait être critiquée mais qui est une base de départ. Autant que possible, il est fait référence à des articles déjà parus dans ce blog.

 

Comme il faut bien démarrer de quelque part, imaginons d'aller de bas en haut.

 

En marche pour les douze merveilles de Poggiolo!

 

 

Station 1: la piazza Inghjo.

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Sur cette place, repose depuis longtemps une roue de moulin. Elle servirait de base à une présentation des moulins d'autrefois, de leur activité et de leurs emplacements. 

 

 

 

Station 2: la chapelle St Roch

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

On expliquerait la raison de son édification (le meurtre commis en 1634 dans l'église St Siméon et sa désacralisation) et on évoquerait l'importance du culte de saint Roch dans le village et dans toute la Corse.

Meurtre de 1634: voir l'article Du sang à Sorru in Sù. N°1: DU SANG À ST SIMÉON

 

 

 

Station 3: l'ancien café St Roch

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

A partir de cette porte, rien de plus facile que de donner la liste des bars qui ont existé au village et d'insister sur leur rôle dans la sociabilité villageoise.

Voir les articles : 

Anciens et nouveaux bars

La Liberté était à Poggiolo

Le café de la ruelle derrière St Roch

Après le café oublié, le café caché

Le bar des fauchés

 

 

 

Station 4: maison Ceccaldi

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

La maison de Valère est choisie car elle est au bord de la route, visible pratiquement sur toutes ses faces et en bon état. Mais elle fait partie de la même catégorie que la maison de Marione, la maison Martini ou la maison de Bernard Franceschetti, c'est-à-dire des maisons de notables construites fin XIXème siècle.

Elles ont souvent une petite place devant l'entrée, une double porte surmontée d'une imposte et deux étages dont le premier (et ici le second également) est pourvu d'un petit balcon.

Leur positionnement s'explique par la création, à cette époque-là, de la route départementale.

 

 

 

Station 5: le monument aux morts

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Ce monument rappelle la mortalité de la guerre de 1914-1918, qui a plus particulièrement frappé notre canton par rapport à d'autres parties de la Corse.

Des éléments sur la vie et la mort de certains des trente Poggiolais tombés pendant la Grande Guerre pourraient être racontés. Voir l'article Ils étaient trente Poggiolais.

Il ne faudrait pas oublier les disparus de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Indochine.

D'autre part, les noms gravés sur la pierre permettent de connaître les noms de famille les plus courants de cette époque.

Enfin, la vue sur la pente de la vallée du Fiume Grosso montre des vestiges des cultures en terrasse. Il faudrait insister sur le fait que tous les terrains étaient cultivés et que les Poggiolais étaient plus cultivateurs qu'éleveurs.

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

 

 

 

Station 6: la fontaine du Lucciu

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Elément indispensable à la vie du village jusqu'à l'installation de l'eau courante en 1967-1968.

Voir l'article U Lucciu est toujours là.

 

 

Alors, existe-t-il, oui ou non, de la matière pour organiser un circuit de découverte des merveilles de Poggiolo?

Et ce n'est pas fini...

 

(à suivre)

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 17:46

Une conférence à Toulon sur Mgr de Mazenod et une autre à Aix-en-Provence sur le problème corse sont prévues pour les prochains jours.

Deux conférences sur le Continent

Indiscutablement l'Islamisme est « aujourd'hui » dans une phase conquérante mais nous ne devons pas ignorer que le catholicisme a su l’être « hier ». En Provence ce fut le cas avec l’évêque de Marseille Mgr de Mazenod, canonisé en 1995.

 Eugène de Mazenod naquit à Aix-en-Provence en 1782 dans une famille aristocratique qui dut émigrer pendant la Révolution. Durement marqué par cet exil, il en garda de solides convictions royalistes et une grande piété. Devenu prêtre, il fonda en 1816 les Missionnaires de Provence, devenus ensuite les Oblats de Marie Immaculée, pour évangéliser une Provence touchée par la déchristianisation révolutionnaire, puis pour répandre la religion catholique dans les pays éloignés.

Evêque de Marseille de 1837 à sa mort en 1861, il marqua profondément ses contemporains par une attention constante envers les pauvres et le paysage de sa ville par de nombreuses constructions (cathédrale de la Major, basilique ND de la Garde). Pour lui, le christianisme devait s'afficher partout sans complexe. Michel Franceschetti, professeur d'histoire et administrateur du Comité du Vieux Marseille présentera cet exemple provençal aux « amis du Graal ».

Deux conférences sur le Continent

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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 18:01

Co-officialité, comme le demandent les nationalistes corses ou bilinguisme comme vient de le proposer le président Macron, la nuance est importante mais les deux termes impliquent l'utilisation officielle de deux langues.

Il semble que l'on a oublié que cette coexistence de deux langues a déjà existé en Corse et, semble-t-il, sans trop de souci.

La preuve en a été donnée à Guagno-les-Bains au début du XIXème siècle.

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Dans le hall de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains, les curistes pouvaient voir jusqu'à sa fermeture deux affiches protégées par une vitre ou du plexiglas transparent et suspendues aux murs. 

Le premier est le "Règlement de police pour les eaux minérales de Guagno" datant du 22 juin 1822.

 

Pour lire les textes de ces photos, il est recommandé de les agrandir en cliquant chaque image.

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Le second est un "Arrêté Relatif à la mise à Ferme des Bains de Guagno".

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Ces deux documents sont tout à fait officiels puisqu'ils émanent de la Préfecture de la Corse.

Celui de 1822 est signé du vicomte de SULEAU. Fils d'un noble tué lors de la prise des Tuileries par les sans-culottes le 10 août 1792, ce vicomte (prénommé Elysée) fut nommé dans l'île le 13 mai 1822 et resta à ce poste durant deux ans avant d'avoir plusieurs affectations dont la dernière fut dans les Bouches-du-Rhône où il participa grandement à la réussite du coup d'Etat de Louis-Napoléon BONAPARTE en 1851.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

L'autre porte la signature de SOLLIERS "Secrétaire général, Préfet par intérim". Elle est datée du 1er mai 1824. A ce moment-là, SULEAU était parti pour le Vaucluse. Son successeur ne fut nommé que le 29 juin. Ce fut le fameux Gabriel de LANTIVY de KERVENO qui fit construire la Préfecture et la Mairie d'Ajaccio.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Ces deux textes sont importants pour comprendre l'organisation des Bains pendant la Restauration.

Le premier traite du "maintien de l'ordre et de la discipline dans l'administration des Eaux minérales de Guagno", est-il écrit en préambule dans la colonne de gauche. Dans la colonne de droite, on peut lire la traduction de la même ligne: "il mantenimento dell'ordine e della disciplina nell'amministrazione delle acque minerali di Guagno".

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

De même, l'arrêté de 1824 est bilingue: le texte français à gauche, et le texte italien à droite.

Il proclame dans son article 2 "la mise à prix (de l'entretien) des trois grands bassins et des douze petits bains (...) pour toute la saison", ce qui est traduit en: "la prima offerta per le tre gran vasche e per i dodici piccoli bagni (...) per tutta la stagione".

Cette affiche annonce la mise en adjudication de la station pour la saison 1824.

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Incroyable mais vrai! Les textes émanant du représentant du gouvernement français étaient traduits en italien pour être mieux compris par la population corse et les deux versions avaient force de loi.

 

Autre exemple: les actes d'état-civil consignés sur les registres de la mairie de Poggiolo montrent que les deux langues furent utilisées indifféremment au moins jusqu'en 1830, comme dans l'exemple ci-dessous.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

La page de gauche, en français, contient "l'acte de décès de Santa, épouse d'Arcange Paoli, décédée le 26 janvier 1830".

Immédiatement après, sur la page de droite, le texte est en italien pour une naissance. On lit sur le résumé placé en marge: "atto di nascita figlia d'Angela francesca figlia di francesco franceschetti e di mari-antonia sia (?) moglie nata il 28 febraro 1830".

Les actes écrits dans chacune des deux langues étaient parfaitement officiels et ceux qui étaient en italien n'étaient même pas traduits en français.

Un autre exemple, en dehors de notre canton, a été fourni par Jean-Pierre GIROLAMI qui, décrivant, dans "Settimana" du 19 janvier dernier, la cérémonie d'anniversaire de la mort du roi Louis XVI qui se déroula le 21 janvier 1818, indique que le maire de Bastia avait placardé dans sa ville des affiches "en patois", c'est-à-dire en italien.

 

A cette époque, la langue corse n'était pas écrite et l'italien était utilisé depuis des siècles dans tous les actes officiels.

D'ailleurs, surtout dans notre micro-région, d'après Antoine-Claude VALERY (1789-1847), tout le monde connaissait l'italien.

Dans son livre intitulé "Voyages en Corse, à l'île d'Elbe et en Sardaigne", publié en 1837, il écrivit à la page 111:

"On cite Guagno pour la pureté de son italien; Vico a le même mérite. Le français de Corse n'est nullement corrompu, et ne ressemble point au barbare patois de la plupart de nos provinces. Chose singulière, ces insulaires et ces montagnards corses parlent à la fois l’italien et le français de Rome et de Paris. Le dialecte corse est le moins corrompu des dialectes italiens.»

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Quelle que soit la qualité du langage utilisé, les affiches de Guagno-les-Bains montrent bien que l'emploi de deux langues ne paraissait pas incongru sous Louis XVIII.

L'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 imposa l'emploi de la langue française pour tous les actes officiels. Rattachée au royaume  depuis 1768, la Corse avait une population qui en majorité ne comprenait pas le français. Avec pragmatisme, la monarchie en tint compte et permit, tout en favorisant la diffusion du parler français, l'utilisation des deux langages le temps nécessaire pour que l'italien fut délaissé.

On était bien loin des tourments juridiques et idéologiques des tenants de la République une et indivisible.

 

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Les notices sur Suleau et Lantivy viennent de Wikipedia.

Les photos sont de Michel Franceschetti.

La couverture du livre de Valery est un cliché bnf.

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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 18:00
La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

Voici deux siècles, le 28 février 1818, un petit cortège suivit le cercueil du maître d’hôtel de Napoléon Ier jusqu’au cimetière anglican de Country Church où il fut enseveli. La scène se passait sur l’île de Sainte-Hélène où l’ex-empereur était prisonnier des Anglais.
 

cimetière de Country Church (Ste Hélène)

cimetière de Country Church (Ste Hélène)

 

Le compagnon de captivité qui était porté en terre était Jean-Baptiste, dit Franceschi, CIPRIANI, décédé la veille. Il était originaire de Guagno, pieve de Sorru in Sù ou canton de Soccia.


Comment un Sorrinesu se trouva-t-il si proche de Napoléon? Pour le savoir, il faut raconter une histoire très particulière avec plusieurs péripéties et beaucoup de mystères.

 

 

Né à Guagno
Jean-Baptiste CIPRIANI, qui fut ensuite surnommé Franceschi, naquit à Guagno en 1773. Certaines sources disent «entre 1770 et 1780». Pour le savoir avec certitude, il faudrait dépouiller les registres de baptêmes guagnais. Ils ont été numérisés et sont disponibles sur internet mais il faut arriver à les lire. 
Un de nos lecteurs pourrait-il trouver l’acte de baptême de Jean-Baptiste?

 

La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

 

Jean-Baptiste était un enfant naturel dont la mère guagnaise n’est pas connue et dont le père serait très probablement Christophe SALICETI (on écrit parfois SALICETTI).

Cet avocat fut député de Corse à la Constituante et à la Convention. Il fit voter, avec l'appui de Mirabeau, le principe de l'intégration  de la Corse à "l'Empire français" le 30 novembre 1789. Il fut le seul des six députés corses à voter la mort de Louis XVI. Il était proche de ROBESPIERRE et, en Corse, ami de la famille BONAPARTE, au sein de laquelle le jeune Jean-Baptiste fut élevé.

 

Dans l’ombre de Saliceti
Devenu représentant en mission en Provence et surveillant les opérations du siège de Toulon en 1793, SALICETI, accompagné de Franceschi, fit donner le commandement de l’artillerie républicaine à Napoléon BONAPARTE. Ce fut le début de la carrière du jeune officier corse.
Après avoir été ambassadeur à Gênes, SALICETI vint en 1806 à Naples dont la couronne avait été donnée à Joseph, frère aîné de Napoléon. Il devint ministre de la police et de l’armée du royaume. CIPRIANI, lui servant alors d’homme à tout faire, joua un rôle important en 1808, dans la capitulation de l’île de Capri occupée par les troupes anglo-corses des Corsican Rangers sous le commandement de Hudson LOWE. Jean-Baptiste retrouva ensuite (curieuse coïncidence) l’officier anglais à Sainte-Hélène où il fut  le geôlier de Napoléon Ier.

 

Hudson Lowe

Hudson Lowe

SALICETI, détesté par les Napolitains, étant mort mystérieusement, peut-être empoisonné, en 1809, son fils présumé monta à Gênes, peut-être avec l’aide financière du cardinal FESCH, oncle de l’empereur, une compagnie maritime assez prospère. Servit-elle de couverture pour des activités clandestines? 

 

De l’île d’Elbe à Sainte Hélène
Brusquement, en 1814, après la première abdication, CIPRIANI abandonna son affaire pour suivre, avec femme et enfants, Napoléon à l’île d’Elbe et devenir son maître d’hôtel. Il semble avoir alors accompli des missions secrètes, peut-être pour préparer le retour de BONAPARTE en France. Il aurait été vu à Vienne où se déroulait le congrès préparant la nouvelle carte de l’Europe.
En juillet 1815, il laissa définitivement sa famille pour suivre l’empereur déchu à Sainte Hélène. Son épouse, Adélaïde CHARMANT, mourut la même année que lui. Ses enfants restèrent en Italie, le fils sous la protection du cardinal FESCH et la fille sous celle de Laetitia, la mère de Napoléon.
Avec son titre officiel de majordome, CIPRIANI circulait assez librement dans l’île-prison et servait d’informateur à l’ancien empereur, bloqué à Longwood.
Le 27 février 1818, pris de douleurs intestinales, il décéda au bout de deux jours d’agonie. Son enterrement fut consigné sur le registre de Sainte-Hélène sous le nom de "Cipriani Steward to Genl Bonaparte".
 

La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

 

Mais son histoire ne s’est pas arrêtée là.
Certains prétendent que, peut-être depuis l’affaire de Capri, Franceschi était au service de l’Angleterre. Il aurait poussé Napoléon à quitter l’île d’Elbe pour que les Anglais puissent s’en débarrasser définitivement.
Sa tombe est introuvable car le cimetière de Country Church a été très mal entretenu. Cette disparition contribue à la légende selon laquelle Napoléon aurait été empoisonné. Le corps rendu à la France en 1840 et inhumé aux Invalides serait en réalité celui de son serviteur.

En 2007, un historien a même prétendu que le masque mortuaire conservé au Musée de l'Armée ne serait pas celui de l’empereur mais de CIPRIANI, dont on ne connaît aucun portrait. 
 

Masque mortuaire de Napoléon.

Masque mortuaire de Napoléon.

Les réponses aux diverses interrogations ne seront peut-être jamais trouvées mais le destin de cet enfant de Guagno fut sans conteste absolument unique.

 

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Sources internet utilisées:

Geneanet: fiche Cipriani

L’autre Sainte-Hélène: les domestiques de Longwood

la Corse militaire: Corsican Rangers

Libé: un masque agace le musée des armées

napoleon.org: la tombe de Cipriani a-t-elle disparu?

Napoléon prisonnier: Cipriani

Wikipedia:

Hudson Lowe

Prise de Capri

Saliceti

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 17:45

L'histoire de Poggiolo et de Guagno-les-Bains est bien plus riche que ce que l'on croit souvent. Ce blog l'a prouvé par de nombreux articles. Près de 200 dates ont été recensées.

Cette année 2018 est remarquable car, chacun le sait, elle correspond au cent-dixième anniversaire de la fontaine du Lucciu. Mais, en faisant la liste des années se terminant par le chiffre 8 et pendant lesquelles sont eu lieu des événements concernant notre village, on arrive à un total de 33  dates!

En voici la liste. Certains faits se sont déroulés à Poggiolo ou Guagno-les-Bains, d'autres concernent l'ensemble des Deux Sorru et ont donc eu des conséquences sur la commune.

Chaque date est suivie d'un bref résumé et d'un lien vers un article donnant plus de renseignements.

Désormais, vous saurez quels anniversaires seront à fêter cette année!

 

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

1488: Rinuccio de Leca fait construire la place forte de la Zurlina, près de Murzo, et se joint à la révolte de son cousin Giovan Paolo contre les Génois.     
Le feuilleton de l'été - Z comme Zurlina
Le feuilleton de l'été - Les guerres des seigneurs - 3/3: la fin de la Cinarca
L’année suivante, Ambroggio da Negri dirige la répression et détruit et incendie les villages de Sorru in su, de Sevi in dentru et de l'ensemble du Vicolais. Il chasse les habitants de l'ensemble de ces régions pour plusieurs années. 

Poggiolo, les années zéro (1489)
 

1608: le registre des tailles mentionne un «Francesco di Rosignolo» à Poggiolo.
Les rossignols poggiolais

 

1698: visite de Mgr Giovanni Battista COSTA, évêque de Sagone, qui décrit l’église de St Siméon et mentionne l’existence dans le pavement de trois ouvertures d’arca (fosse commune): une pour les hommes, une pour les femmes et une pour les enfants.
A la recherche de l'arca perdue

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

25 juin 1728: visite de Mgr GIUSTINIANI, évêque de Sagone, qui recommande des travaux d’amélioration de l’ermitage de St Antoine et des bassins de la source thermale. Il ordonne au moine de «porter un habit propre aux ermites, se laisser pousser la barbe et se couper les cheveux».
La chapelle de Guagno-les-Bains

 

18 août 1808: Napoléon Ier nomme Louis DEFRANCHI médecin inspecteur des eaux minérales aux Bains de Guagno.

1808, la date connue de tous



De 1808 à 1810: construction de la partie de la Goccia abritant le bassin circulaire.
Heurs et malheurs de la Goccia. 2/3: un bâtiment bien conçu



11 mars 1818: l’abbé Jean Antoine PINELLI, surnommé «l’homme le plus cultivé de Corse», est nommé conseiller général du canton de Soccia par le roi Louis XVIII.
L'homme le plus cultivé de Corse (3/3)

 

28 novembre 1818: rapport du docteur DEFRANCHI décrivant pour la première fois de façon précise le fonctionnement des Bains.

Le médecin a bien travaillé pour Guagno-les-Bains.


24 mars 1838: naissance à Ajaccio de Simon UCCIANI qui devint avocat et fut, en 1877, et jusqu’en 1884, le premier conseiller général républicain du canton de Soccia. 
Péripéties municipales: on ne peut pas se fier au petit personnel (2/2)

 

1836-1838:  prédication du Père Albini à partir du couvent de Vico.
Tout sur le Père Albini

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

20 décembre 1838: plan général de Guagno-les-Bains dressé par l’architecte COTIN, première carte montrant l’établissement thermal et les maisons du hameau.
Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

 

1848: naissance de Jean-Baptiste PINELLI (21 août) et de Jean-Baptiste FRANCESCHETTI (8 décembre).
Tous deux participèrent à la guerre de 1870, reçurent la Légion d’honneur et décédèrent pendant la première guerre mondiale.
1870, la guerre oubliée

 

5 octobre 1848-8 décembre 1848: Anto Francescu MARTINI maire de Poggiolo, le mandat le plus court de l’histoire de la commune: deux mois.
Péripéties municipales: tous les maires de Poggiolo

 

1858: élection du géomètre Etienne LECA comme conseiller général du canton de Soccia contre l’avocat CASANELLI, neveu de l’évêque d’Ajaccio, malgré la mobilisation des prêtres du canton et du séminaire dans la campagne électorale. LECA resta élu du canton jusqu’en 1872.

"Battue de prêtres" dans le canton de Soccia

 

13 janvier 1878: élections municipales perturbées par des bonapartistes de Guagno-les-Bains. Le maire, Martin DEMARTINI, emporte l’urne chez lui.
Péripéties municipales: une urne très convoitée

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

3 février 1878: naissance de Ghjuvan Martinu PINELLI. Surnommé Martinchjinu, il fut cordonnier, cafetier, négociant, mais surtout un très célèbre violoneux qui anima de nombreuses fêtes jusqu’à sa mort le 2 janvier 1951.
Cumandante et Martinchjinu


1888: l’avocat Jean-François GALLINI, d'origine vicolaise, quitte la Corse pour s’installer à Sousse en Tunisie. L’importance qu’il acquit dans ce protectorat lui permit d’y faire obtenir de nombreux emplois aux originaires des Deux-Sorru.
Les Poggiolais ont de l'initiative (n°3: l'empire sahélien des Sorrinesi)
                                                                                      

11 juillet 1888: un rapport demandé par le préfet conclut que la voie ferrée Ajaccio-Vico réclamée par le conseil général se heurte à de trop grandes difficultés techniques pour être réalisée.
Le train-fantôme

 

1888: naissance à Occhiatana de Damaso MAESTRACCI, auteur du tableau montrant la descente de croix avec un Christ noir, exposée à Saint Siméon. 
Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

 

1898: mise en service de la fontaine du Lucciu.
U Lucciu est toujours là

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

14 octobre 1908: mort de Jean PAPADACCI, premier Grec de Cargese à s'être installé à Poggiolo en 1867.

Les Grecs de Poggiolo

 

13 décembre 1918: un mois après l'armistice, décès de Dominique Xavier DESANTI, de maladie contractée en service, dans l'ambulance alpine n°5 à Zajeca en Serbie. Il est enterré au cimetière militaire français de Skopje en Macédoine. Il est la dernière victime poggiolaise de la première guerre mondiale.

Ils étaient trente Poggiolais

 

mars 1938: Jean Hyacinthe DESANTI nommé gouverneur du Soudan français (Mali actuel).
Un Poggiolais au Mali

 

1948: Poggiolo est le dernier village du canton à recevoir l’électricité.
Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 5/8: les équipements publics


1958: nomination de Judith OTTAVI comme institutrice de Guagno-les-Bains. L’école des Bains et celle de Poggiolo fermèrent en 1965. 
Le savoir est-il socciais?


1968: installation de l’eau courante à Poggiolo.
Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 6/8: le travail agricole
Les rigoles des Cévennes et de Poggiolo

 

1968: le père ALBINI est déclaré «vénérable» par l’Eglise catholique.
Le pèlerinage au tombeau du Père ALBINI

 

mai 1968: mort de Martin PAOLI, maire de Poggiolo depuis 1959 et conseiller général depuis 1945. Son fils Bernard lui succède à la mairie et Jean GAFFORY, maire de Guagno, au conseil général.
1968: le canton passe à Guagno

 

11 septembre 1968: la Caravelle Ajaccio-Nice explose en vol faisant 95 morts dont 2 Poggiolais: Antoine et Jean-François CECCALDI.
L'affaire de la Caravelle définitivement close?
Caravelle Ajaccio-Nice: un anniversaire toujours douloureux

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

1998: le ministère de la Santé retire son agrément à l’établissement thermal de Guagno-les-Bains. 
Guagno-les-Bains: l'avenir d'un "patrimoine ancestral»

 

1998: ouverture de l’auberge des Deux-Sorru, au-dessus de Guagno-les-Bains.
Le moment des réouvertures: l'auberge des Deux Sorru

 

7 février 2008: décès de Jean-Pierre FRANCESCHETTI.
Jean-Pierre: il y a cinq ans

 

février 2008: le jour de la fête de Saint Siméon, mise en place de la croix de Tanellu, en souvenir de la prédication du Père ALBINI.
Solution de la devinette: croix de fer…

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 18:00

Le docteur Louis DEFRANCHI fut le premier médecin affecté à la station des Bains de Guagno en 1808 (voir l'article précédent). Il ne fut peut-être pas très bien payé mais il remplit son rôle très consciencieusement.

Le décret de nomination de DEFRANCHI et de son collègue LECA (pour l'arrondissement d'Ajaccio et de Sartène) date du 18 août 1808. Le document fut envoyé en Corse avec une lettre signée par le Ministre de l'Intérieur Emmanuel CRETET et datée du 5 septembre.

Le préfet du Liamone, siégeant à Ajaccio, était invité par son supérieur "à donner aux deux médecins les instructions nécessaires pour les mettre en état de remplir les fonctions qui leur sont confiées". Nommés par l'empereur, ils devaient obéir à l'Etat.

La lettre comprenait une seconde partie, plus longue, concernant l'aspect financier. Les médecins inspecteurs des eaux thermales recevaient normalement un traitement "imputé sur le produit des eaux". Mais, en Corse, "les eaux minérales (...) ne sont d'aucun revenu".

Le ministre proposait donc de trouver sur différents budgets les sommes nécessaires aux "gratifications (qui ne) devront avoir d'autre objet que d'indemniser les inspecteurs de leurs déplacements et des soins qu'ils auront donné aux malades indigents et aux militaires, attendu qu'ils pourront se faire rétribuer par les personnes aisées dont ils auront dirigé le traitement".

Les riches peuvent payer.

 

 

Lettre du ministre Cretet.
Lettre du ministre Cretet.

Lettre du ministre Cretet.

 

Louis DEFRANCHI retira-t-il de grosses sommes avec cette activité? Nous ne le savons pas. En tout cas, il remplit sérieusement ses fonctions. Il rédigea même, dix ans plus tard, un rapport très complet qu'il transmit au préfet de la Corse le 28 novembre 1818 (il y a deux cents ans).

 

Première page du rapport
Première page du rapport

Première page du rapport

Dans ce texte de seize pages, entièrement rédigé en italien, accompagné d'une lettre au préfet de trois pages, également en langue italienne, Louis Mathieu GENTY, auteur de "Acqua médicinale", a pu retenir:

1) que le médecin a compté durant la saison 1818, de juin à septembre, 2245 baigneurs militaires et paysans.

2) Par ailleurs, il a observé trois cas remarquables de guérison:

- "un soldat, qui avait la jambe droite rigide et paralysée, a pu, en se baignant à la source "Soccia" et par des lavages, en 16 jours recouvrer l'usage de son membre".

- "Une femme de 18 ans qui souffrait d'aménorrhée, manque d'appétit, vomissement, en prenant durant 12 jours un bain le matin, suivi de l'absorption d'un litre et demi d'eau, bain le soir, éprouva une très sensible amélioration".

- "Une femme de 35 ans qui avait de grandes difficultés à se nourrir, à se tenir sur ses pieds et même à soulever des poids légers, ayant pris pendant un an un bain par jour à 27° Réaumur; et l'année suivante 2 bains par jour à 32°, et ce pendant 12 jours, put se promener sans être soutenue"...

3) Enfin, le médecin estimait que ces avantages, et la multitude des baigneurs annuels, devaient retenir l'attention du gouvernement.

 

C'était voici deux siècles, dans un monde différent...

 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 18:00

S'il est une date vraiment connue dans les Deux Sorru, c'est bien l'année 1808, il y a juste 110 ans.

Aussi bien résidents permanents qu'estivants, toutes les personnes ayant circulé entre nos villages ont remarqué la plaque fixée sur la façade de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains. Cette date y est inscrite en gros caractères.

 

1808, la date connue de tous

La disposition des lettres et des chiffres entretient une ambiguïté chronologique car on pourrait croire que l'impératrice Eugénie et l'empereur Napoléon III ont suivi une cure en 1808. Or, à ce moment-là, l'empereur était Napoléon Ier, et il ne revint pas en Corse pendant tout son règne.

Mais cette année fut importante pour la source des Bains de Guagno dont les propriétés curatives étaient connues depuis longtemps.

Le décret impérial de NAPOLÉON Ier du 18 août 1808 (document ci-dessous) créa un contrôle médical et nomma deux médecins inspecteurs des eaux minérales pour le département du Liamone.

Dans l'arrondissement de Vico (qui était alors sous-préfecture), la fonction échut à Louis DEFRANCHI. Originaire de Soccia, il avait fait ses études médicales à Pise. Il était neveu de l'abbé Simone DEFRANCHI, curé-doyen de Sorru in Sù et Cruzzini, qui avait mis au point avant 1789 un grandiose projet d'utilisation rationnelle des eaux de la source sulfureuse, projet abandonné à cause des troubles révolutionnaires. 

 

Cette date de 1808 est donc traditionnellement prise comme celle du démarrage réel de la station thermale.

 

Et nous arrivons aux 210 ans de ce décret...

Y penserons-nous le 18 août prochain?

 

   

1808, la date connue de tous
1808, la date connue de tous

Sources:

- "Acqua médicinale, Sorru in Sù, Bains de Guagno" par Louis Mathieu GENTY (1992, deuxième édition)

- "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud" par Jean-Baptiste PAOLI

 

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
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