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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 18:25

Les enseignants nommés loin de chez eux peuvent bénéficier de logements de fonction. Mais ces logements ne sont pas toujours de grande qualité quand ils ne risquent pas de s'effondrer comme ce fut le cas à Orto vers 1900 (voir article Ecole éphémère, ruines durables).

 

Au XIXe siècle, les municipalités avaient également à charge le logement des curés car, depuis le Concordat de 1801, ceux-ci étaient rémunérés comme des fonctionnaires.

 

Le 13 octobre 1859, Bonaventure CAMILLI fut nommé curé de Poggiolo à la place de Toussaint MARTINI qui venait d'être désigné à la paroisse de Guagno.

 

Depuis le décès de Jean-Baptiste COLONNA, le 26 février 1840, les Poggiolais avaient connu quatre prêtres en 19 ans:

- Raphaël BATTINI (de 1840 à 1843),

- Etienne BIANCHI (de 1844 à 1847),

- Jean-Baptiste GRISONI (trois mois, du 4 octobre 1847 au 12 janvier 1848)

- et Toussaint MARTINI (de 1848 à 1859).

 

Eglise St Siméon de Poggiolo en 1856 (Archives Départementales).

Eglise St Siméon de Poggiolo en 1856 (Archives Départementales).

 

L'abbé CAMILLI, qui semble avoir été originaire de Cristinacce, avait une certaine expérience. Né en 1795, il avait donc 64 ans quand il arriva à Poggiolo... et il en partit immédiatement pour se mettre à l'abri dans un autre village.

 

Très mécontent, il se plaignit que le presbytère où il devait loger était "exigu et inhabitable".

 

Après avoir prévenu le préfet de cet état de chose, le conseil municipal de Poggiolo, présidé, depuis le 8 décembre 1848, par Antoine François FRANCESCHETTI qui resta maire jusqu'au 28 août 1860, dut s'incliner. Il octroya la somme de 40 francs à Jean Dominique MARTINI, dit Citarinu, (1833-1895) pour qu'il fournisse un logement au curé.

 

Quant au presbytère, il fut acheté par Jean Baptiste PAOLI (1924-1907).

 

Finalement, satisfait de son installation, le Père Bonaventure CAMILLI resta à Poggiolo jusqu'à son décès, le 4 septembre 1873.

 

 

Les renseignements utilisés pour cet article proviennent de la série 1 V des Archives Départementales.

 

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 18:00
Les investissements scolaires poggiolais

 

Les articles précédents ont montré que les communes d'Orto (voir ICI) et de Soccia (voir ICI) se sont longtemps démenées pour construire des écoles permettant d'accueillir les élèves et d'offrir des logements décents à leurs instituteurs. Poggiolo n'a pas investi dans des constructions mais dans des locations.

 

Parmi les documents (très incomplets) concernant Poggiolo aux Archives Départementales d'Ajaccio, on trouve les preuves qu'une école fut installée en 1878, si elle n'existait pas avant.

 

Cette année-là, la mairie loua à un nommé Martin PAOLI une salle pour recevoir des élèves au prix de 50 francs par an. Un bail de six ans prenant effet au 1er février 1878 fut signé entre le maire DEMARTINI Baptiste et le même propriétaire afin de loger l'instituteur. Le logement comprenait une cuisine et une chambre ainsi qu'une cave. Le loyer, également de 50 francs par an, devait être versé par trimestre ou semestre "selon qu'il plaira au propriétaire de la maison".

 

Les investissements scolaires poggiolais

 

Le montant du loyer était plus important à Guagno-les-Bains où la municipalité loua le 31 juillet 1882 à Lucie CASALTA, veuve de la ROCCA, un logement de trois pièces avec cave pour un montant de 100 francs par an.

 

Les fournitures scolaires étaient payées par la municipalité. Comme exemple, on peut se référer à l'article "Fin prêt pour la rentrée scolaire" qui donne un devis du matériel acheté pour 1884.

 

 

Les élèves de l'école de Poggiolo en 1900.

Les élèves de l'école de Poggiolo en 1900.

 

Bien évidemment, les dépenses et les soucis étaient moindres quand l'enseignant était Poggiolais ou venait d'un village voisin. 

 

Ainsi, Hélène DUBREUIL se rappelle du Socciais Jojo ANTONINI (en poste à Poggiolo de 1945 à 1954) "surgissant sur sa moto flamboyante, tel un destrier de l'apocalypse" (voir l'article "Hélène évoque Jojo"). Judith OTTAVI-PAOLI, elle aussi de Soccia, n'avait pas de moyen de locomotion et, quand personne ne la conduisait, elle marchait, sauf les jours de neige!!! 

 

Orto, Soccia, Poggiolo, trois villages voisins et des manières différentes d'investir dans le domaine scolaire.

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 19:24
Les élèves d'Orto

 Pour compléter le précédent article sur l'ancienne école d'Orto, Jean-Luc, le créateur du site ortu.free.fr, a eu la grande gentillesse de nous faire parvenir cette très rare photo de classe. 

 

Elle montre que, effectivement, il y avait beaucoup d'élèves à la fin du 19ème. Son arrière grand-père Jean-André Battesti est à gauche de l'instituteur qui lui pose une main sur l'épaule. Outre le grand nombre d'enfants, on peut remarquer aussi la diversité des tenues, qui semble indiquer que la vie pouvait être rude en ce temps-là...

 

La photo peut être agrandie par un simple clic.

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 18:00

 

Quand la Corse devint française et qu'une opposition armée se manifesta, que fit le clergé? Jean-Pierre POLI l'indique dans "1769-1789, vingt ans de résistance corse" (Editions Piazzola, 2019) (qui a inspiré les articles précédents sur Martino LECA et Anton Matteo CAMILLI):

 

"Les prêtres sont dans la même situation que les autres Corses, certains sont au maquis ou aident les rebelles, beaucoup essayent de freiner les effets de la répression, d'autres sont partisans l'intégration au royaume de France, quelques-uns renseignent l'armée royale."

 

 

Dans quelle catégorie peut-on classer Giovan Antonio MASSIMI ?

 

A moins qu'il faille écrire Giovan Antonio MUSSINI ?

 

Cette dernière orthographe est celle utilisée dans le livre de POLI. Mais MUSSINI est un nom totalement inconnu dans les Deux Sorru. Faut-il supposer que les documents administratifs français ont déformé le nom de MASSIMI qui, lui, est courant à Orto? Dans le doute, gardons MUSSINI, la version du livre.

 

En août 1774, le général de brigade SIONVILLE monta une grande opération de ratissage pour supprimer le "banditisme" dans la province de Vico.

 

Partant de Bocognano, il passa notamment à Balogna, Ota et Coggia, détruisant les maisons des résistants et faisant de nombreux captifs. Rentré à Bocognano, il établit le 28 août une liste de 65 prisonniers devant être transférés à Toulon. Parmi les 13 originaires d'Orto et de Guagno, on note "Giovan Antonio MUSSINI, diacre".

 

Actuelle église d'Orto (construite fin XIXe siècle).

Actuelle église d'Orto (construite fin XIXe siècle).

 

La raison exacte de son arrestation n'est pas connue mais l'affaire provoqua une grande émotion. Les notables des Deux Sorru réagirent en signant une supplique au général pour demander la libération de Giovan Antonio. Ce document le qualifie de "vicaire" et nous apprend qu'il était alors âgé de 26 ans.

 

Les signataires appartenaient à des familles bien connues:

"Francesco Antonio MASSIMI, Pietro Maria COLONNA, Domenico PINELLI, Domenico LECA, Paolo Francesco POLI, Gio Pietro PASTINELLI, Aurelio COLONNA, Giulio Francesco LECA, Francesco ANTONINI, Giuseppe MORTINI, Francesco FRANCESCHETTI, et Teodoro POLI, podestà maggiore".

 

Il faut remarquer dans cette liste Francesco Antonio MASSIMI et Francesco FRANCESCHETTI. 

 

Si le religieux se nommait bien MASSIMI, Francesco Antonio devait être de sa famille. Francesco Antonio, dit aussi Antonio Francesco, était né vers 1754. Il représenta Orto le 19 juin 1794 à la consulte qui adopta la Constitution du royaume anglo-corse. Mais, en janvier 1795, lors de l'élection du Parlement de ce royaume, il fut battu par Filippo LECA et Francesco FRANCESCHETTI (1750-1818), podestat de Poggiolo. Les Franceschetti actuels sont les descendants de son frère. L'élection fut vainement contestée par MASSIMI (voir l'article "Contestation ortigaise").

 

La supplique n'aboutit pas et Giovan Antonio MUSSINI (ou MASSIMI) embarqua le 6 septembre 1774 à Ajaccio pour être emprisonné dans la Grosse Tour de Toulon, avec 39 autres rebelles dont 10 Guagnais et 2 Ortigais: "Domenico Antonio PASTINELLI, 17 ans, berger", et "Martino BONIFACCI, 15 ans, berger". Ce dernier mourut en prison le 8 août 1775.

 

L'étude de J-P POLI ne dit rien de plus sur Giovan Antonio. Que devint-il?

 

Parmi nos lecteurs, qui pourrait nous renseigner sur cet énigmatique religieux?

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 18:00

 

Malgré la célébrité de l'abbé CIRCINELLU et de son neveu Martino LECA (dont il a été question dans l'article précédent), la résistance à l'occupation française à Sorru in sù ne fut pas uniquement guagnaise.

 

Un Poggiolais est cité dans "1769-1789, vingt ans de résistance corse", le livre écrit par Jean-Pierre POLI (éditions Alain Piazzola, 2019).

 

Il s'appelait Anton Matteo CAMILLI.

 

Il faisait partie du groupe dirigé par Francesco FIORE, originaire de Tavera (près de Bocognano). Ces maquisards écumaient les abords d'Ajaccio et le Cruzzini. Traqués par les troupes royales, ils tentèrent de s'embarquer pour la Sardaigne en novembre 1774. Ayant échoué, ils finirent par se rendre.

 

FIORE et ses seize compagnons furent emprisonnés à Ajaccio le 5 décembre 1774 et transférés à Toulon le 2 mai 1775. Parmi eux, la liste officielle note la présence de "Anton Matteo CAMILLI, 30 ans, de Poggiolo de Guagno".

 

Qui était Anton Matteo CAMILLI?

 

Dénombrement de 1770 à Poggiolo (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Dénombrement de 1770 à Poggiolo (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

 

Il était mentionné sur la feuille du recensement de 1770 à Poggiolo comme faisant partie du feu numéro 27 avec son père Gioan Battista CAMILLI et sa mère Anna Maria DEMARTINI. Lui-même, qui avait alors 25 ans, était marié à une Giovanna dont le nom de famille est inconnu et ils avaient un enfant prénommé Giacomo qui serait né en 1764.

 

Xavier PAOLI, l'historien de Poggiolo, qui a étudié "L'Etat des âmes" tenu par le curé de 1730 (voir l'article "Histoire abrégée du village avant 1914"), ne cite pas de CAMILLI parmi les 81 habitants du village. Est-ce un oubli du document ou bien cette famille s'installa-t-elle entre 1730 et1770?

 

Il semble donc qu'Anton Matteo quitta sa famille pour suivre Francesco FIORE dans le maquis et en prison.

 

 

Grosse Tour (ou Tour Royale) de Toulon. Photo Wikipedia.

Grosse Tour (ou Tour Royale) de Toulon. Photo Wikipedia.

 

 

Après quatre ans de détention à Toulon, FIORE réussit une évasion spectaculaire racontée dans le livre de POLI:

"dans la nuit du 1er au 2 octobre 1779, en pratiquant un trou sous une fenêtre de la Grosse Tour, une vingtaine de détenus vont atteindre le donjon au milieu d'un orage épouvantable, ils se saisissent de la sentinelle, placent une corde qu'ils avaient confectionnée en secret et descendent sur le rivage situé à plus de soixante pieds. Deux sont arrêtés, un blessé décède, mais le reste parvient à s'enfuir."

 

Mais Anton Matteo n'était pas dans le groupe des dix-huit évadés.

 

Avait-il été libéré auparavant ou resta-t-il en prison? Ce qui est certain, c'est que, en 1781, il ne faisait pas partie des trois résistants corses encore enfermés à Toulon.

 

Il est certain également qu'il ne décéda qu'après 1813 à Poggiolo, comme le montre sa fiche biographique établie par Pierre LECCIA sur le site GENEANET.

 

Son fils Giacomo fut membre du conseil municipal de Poggiolo en 1803.

 

Nous espérons que, parmi les lecteurs du blog et les descendants d'Anton Matteo CAMILLI, il s'en trouvera qui pourraient fournir des renseignements supplémentaires sur ce discret résistant poggiolais.

 

(à suivre)

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 17:18

 

Un des moments les moins connus de l'Histoire de la Corse est constitué par les premières années qui suivirent le traité de Versailles du 15 mai 1768 confiant au roi de France la souveraineté sur l'île.

Ce trou est maintenant comblé par la publication en octobre 2019 du livre de Jean-Pierre POLI "1768-1789. Vingt ans de résistance corse" (éditions Alain PIAZZOLA).

 

Trois résistants à la conquête française: 1) Martino digne neveu de Circinellu

 

Après le traité entre Gênes et la France, il y eut un an de combat jusqu'à la défaite des troupes paolistes à Ponte Novu le 8 mai 1769. Mais on a passé sous silence les années suivantes pendant lesquelles plusieurs groupes entretinrent une guérilla qui gêna fortement les soldats de Louis XV et servit à justifier une très dure répression.

 

Le plus connu des résistants est CIRCINELLU, le curé de Guagno. Seulement, il ne fut pas le seul dans la pieve de Sorru in Sù. Le livre de J-P POLI permet d'apprendre qu'il y eut d'autres opposants à la domination française à Guagno, mais aussi à Poggiolo et à Orto.

 

Martino LECA était le neveu de Domenico LECA (CIRCINELLU). Il fut présent à Ponte Novo où il commandait les milices de Guagno avec son oncle.

 

Le 23 mai 1769, deux semaines après la défaite, Clemente PAOLI, le frère de Pascal, le "babbu di a patria", réunit à Vico, accompagné de Charles BONAPARTE (le père de Napoléon) et Gian Carlo SALICETI, les représentants de cette région. N'avait-elle pas été le dernier refuge de Giovan Paolo de Leca en 1489 et 1501 et d'Alphonse d'Ornano, le fils de Sampiero Corso, en 1569, dans leurs luttes contre les Génois? 

 

Malgré le soutien de l'abbé Domenico LECA, il reçut une réponse négative à la poursuite d'une guerre considérée comme perdue. Clemente alla rejoindre Pascal à Porte-Vecchio pour partir en exil le 13 juin.

 

 

DÉPART POUR LE MAQUIS

Alors, devant les Guagnais réunis dans l'église Saint Nicolas, CIRCINELLU prêta serment, sur l'autel, de ne jamais déposer les armes tant que la Patrie ne sera pas libérée. Il prit le maquis avec une dizaine de ses paroissiens, Martino et deux de ses nièces. Circulant entre le Tretorre et le Rotondo, le groupe harcela les représentants du pouvoir royal. Les villageois lui fournissait vivres et argent, avec l'accord du prêtre Antonio ANTONETTI qui avait remplacé Domenico à la tête de la paroisse.
 
CIRCINELLU accomplit un coup d'éclat en venant à la messe de Pâques au printemps 1770 avec toute sa troupe. Du coup, le nouveau curé fut arrêté le 14 juillet suivant et condamné à mort pour avoir aidé les rebelles mais il fut finalement innocenté.
 
Comprenant que sa présence nuisait à la population, CIRCINELLU décida de se réfugier dans le Fiumorbo pendant l'été.
 
Circinellu et sa troupe sur le Tretorre (pastel de Gérald Antoni).

Circinellu et sa troupe sur le Tretorre (pastel de Gérald Antoni).

 

 

LES ACTIONS DE MARTINO

 

L'ancien prêtre trouvant la mort en 1772, Martino LECA prit le commandement du groupe qui comptait une trentaine de combattants dont une vingtaine de Guagnais. 

 

Dès l'été 1771, il avait été en contact avec Eusebio ACQUAVIVA, dit MARZU di Niolo, qui se fit connaître par des coups d'éclat spectaculaires, notamment en brûlant tout le bois de construction entreposé dans la forêt d'Aïtone et destiné aux chantiers navals de Toulon.

 

Le 21 février 1772, le comte de MARBEUF, commandant les troupes françaises, décida la mise à prix des principaux chefs de la rébellion: MARZU, Angelo Matteo BONELLI dit ZAMPAGLINU et Martino LECA. La récompense était fixée à 300 livres s'ils étaient abattus et 500 s'ils étaient ramenés vivants. Quelques semaines pus tard, MARZU fut tué dans une vendetta familiale.

 

Martino revint dans la zone de Vico où il agit de plus en plus brutalement à l'encontre de la population. François PAOLI, dans son livre sur "Letia et la région de Vico" (Stamperia Sammarcelli, 2011), donne des exemples de cette brutalité:

 

"On le voit ainsi à Soccia dévaliser avec sa bande ce village, à plusieurs reprises au cours de l'hiver 1772, en plein jour et au son de la corne marine. Dans les maisons où il n'y avait rien à leur donner, ils ont tout cassé, sous le regard effaré des habitants.

En 1772 toujours, cette même bande a attaqué et cerné, le dimanche matin à l'heure de la messe, le village d'Arbori. La "contribution" exigée est la même que celle que demandait PAOLI. (...) Ils promettaient de revenir sous peu, de brûler des maisons et de saisir des troupeaux, quand ce n'était pas de tuer hommes, femmes et enfants."

 

Ces excès exaspérèrent les habitants. François PAOLI rapporte que, toujours en 1772, Jean CLAVET, un déserteur appartenant à la bande de Martino, "est arrêté par les habitants de Soccia, selon Domenico de PAOLI, le podestat major de Renno, et remis aux autorités".

 

Soccia

Soccia

 

EXIL ET MORT EN ITALIE

L'étau de la répression se resserrait constamment.

 

Le 1er juin 1774, le général de brigade Jean Prosper de SIONVILLE, chargé par MARBEUF de la répression, mit en place un nouveau dispositif d'emplacement de ses troupes et chargea la compagnie de grenadiers du capitaine COLONNA de surveiller "la province de Vico et la piève de la Cinarca", le capitaine d'ARNAULT étant stationné à Vico même.

 

Fin août ou début septembre, le résistant Pietro CIPRIANI fut arrêté à Guagno par un groupe de villageois commandés par Pietro Maria COLONNA. Pietro CIPRIANI mourut en prison à Toulon en mai 1777.

 

En janvier 1775, deux autres "bandits" guagnais, Bartolomeo GUANONI, dit BUTONE, et Anton Matteo GIULIO, furent tués dans des accrochages avec des soldats du régiment de Nassau.

 

Le 25 février 1775, SIONVILLE procèda à une nouvelle répartition: d'ARNAULT était avec 50 hommes à Vico, Pietro Maria COLONNA à Guagno avec 20 volontaires armés par les Français, d'autres garnisons étant installées à Marignana, Evisa, Rosazia et Ota.

 

Les Français arrêtèrent et envoyèrent en prison à Toulon le 2 mai 1775 Anton Matteo LECA dont le seul tort était d'être l'oncle du "chef des bandits de Guagno".

 

Harcelé de tous côtés, Martino partit en juillet 1775 avec deux autres Guagnais se réfugier en Sardaigne où se trouvaient d'autres rebelles. Le gouvernement de Versailles ayant fait pression sur la Cour de Turin dont dépendait la Sardaigne, LECA et ZAMPAGLINU (Angelo Matteo BONELLI) embarquèrent le 19 janvier 1776 pour Livourne.

 

Ils allèrent à Pise et à Pistoia rencontrer Clemente PAOLI et les autres capitaines paulistes en exil. Mais le 26 juin, le grand-duc de Toscane ordonna leur arrestation. LECA et ZAMPAGLINU s'enfuirent vers la république de Lucques. Mais la police locale les pourchassa.

 

Finalement, en octobre 1777, les soldats lucquois finirent par les encercler à Lucchio. Dans l'affrontement, Martino fut tué tandis que ZAMPAGLINU, blessé, parvint à s'échapper. Il se réfugia en Toscane puis en Angleterre et termina sa vie en Corse où il rentra grâce à la révolution de 1789.

 

 

Comme l'écrit Jean-Pierre POLI, Martino LECA, "qui a été, aux côtés de son oncle Circinellu, un des premiers à rejoindre la lutte clandestine, n'a jamais dévié, à la tête de ses compagnons, de son combat pour la liberté de sa Patrie".

 

Il méritait bien d'être sorti de l'ombre. 

 

(à suivre)

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Quelques articles de ce blog pour mieux connaître Circinellu:

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 17:59

 

L'assassinat d'un gendarme perpétré voici deux cents ans à Guagno fut un événement historique pour la Corse et surtout pour Sorru in sù. 

 

Le 14 février 1820, Théodore POLI tua le brigadier PETIT qui l'avait arrêté dix jours auparavant pour désertion. Théodore prit le maquis et se fit reconnaître comme roi du maquis par une assemblée de bandits dans la forêt d'Aïtone. Il écuma les Deux Sorru pendant sept ans en rackettant les habitants et surtout les curés. Sa bande poussa l'audace jusqu'à assassiner l'aide du bourreau de Bastia.

 

Couverture du livre "La Corse et ses bandits" de Gabriel Xavier Culioli.

Couverture du livre "La Corse et ses bandits" de Gabriel Xavier Culioli.

 

Pour arrêter ces exactions, le roi Louis XVIII créa le corps des voltigeurs corses. Ces soldats finirent par tuer Théodore le 5 février 1827.

 

L'histoire de Théodore POLI fit l'objet de plusieurs livres et articles. Il est considéré comme le premier des "bandits d'honneur" dont les derniers éléments furent éliminés par l'expédition militaro-policière de novembre 1931.

 

Entre octobre 2010 et mars 2011, le blog des Poggiolais avait publié une série de six articles sur les exploits de Théodore. En ces temps de renfermement sanitaire, il vous est vivement conseillé de les relire (ou de les découvrir).

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 10:07

 

 

Il ne faut pas sortir

 

Eviter de sortir permet d'éviter les catastrophes

 

L'Histoire le prouve.

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 19:50
Réponse à la devinette du mois: les chaussures perdues des Grecs

 

En 1967, après la guerre des six jours, durant laquelle l'armée égyptienne fut écrasée par l'armée israélienne, les soldats égyptiens furent abondamment moqués pour avoir abandonné leurs chaussures afin de s'enfuir plus vite dans le désert. Il en avait été de même lors des combats d'octobre 1956 dans le Sinaï.

 

Des militaires peuvent également être obligés de partir sans avoir eu le temps d'enfiler leurs souliers quand ils ont été surpris par une attaque pendant la nuit. C'est ce qui arriva aux Grecs en 1734 pas loin de nos villages, à Camputile.

 

Quand l'insurrection générale corse contre l'occupation génoise se produisit en 1730, les Grecs de Paomia restèrent fidèles à Gênes. Encerclés dans la tour d'Omigna fin avril 1731, ils réussirent à se réfugier à Ajaccio, tandis que leur village était dévasté.

 

tour d'Omigna (site paradisu.info)

tour d'Omigna (site paradisu.info)

 

En 1734, trois cents Grecs formèrent une milice de volontaires pour combattre les Corses. Le lieutenant Ghjacumu Santu PETRICONI, envoyé par Gênes, devait aller secourir la garnison de Corte assiégée par les Naziunali. Pour aller vite, PETRICONI mit ses troupes dans des navires pour débarquer à Sagone. De là, il comptait grimper par le Niolo.  

Mais le chef des Corses, Ghjuvan Ghjacumu AMBROSI, dit CASTINETA, comprit la manœuvre et s'avança dans la même zone.

 

La suite est racontée par Jean-Laurent ARRIGHI à la page 76 du livre "Vico Sagone Regards sur une terre et des hommes" (ed. Alain Piazzola):

"Là, il [CASTINETA] apprend que les Grecs, exténués par leur marche forcée en montagne, sont en train de bivouaquer sur le plateau de Camputile. C'est à cet endroit que, dans la nuit du 29 au 30 mars [1734], le campement sera attaqué par surprise. Un grand nombre de Grecs est alors tué et les autres, dans l'affolement, s'enfuient dans les montagnes en abandonnant armes et chaussures".

 

Les survivants parvinrent, non sans mal, à se regrouper à Vico.

 

 

Si vous passez par Camputile, vous ne trouverez plus de chaussures abandonnées mais ayez une pensée pour ceux dont le sang coula sur ce plateau.

 

Camputile, août 2001, photo Michel Franceschetti

Camputile, août 2001, photo Michel Franceschetti

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 18:00
La devinette du mois: les chaussures perdues des Grecs

Tout le monde connaît l'aventure de ces Grecs réfugiés qui furent installés en Corse, à Paomia, par les Génois. Chassés par les Vicolais, ils s'enfuirent à Ajaccio jusqu'à ce que le comte de Marbeuf, représentant de Louis XV, leur permette de se fixer à Cargèse.

 

Parmi les nombreux affrontements avec les Corses, l'un d'eux est particulier car les Grecs y perdirent leurs chaussures. Quand et à quel endroit proche de nos villages cette mésaventure arriva-t-elle?

 

Réponse demain.

 

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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