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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 18:00

Le développement du coronavirus est suivi avec inquiétude par toutes les instances sanitaires et gouvernementales du monde. La question se pose de fermer ou non les frontières.

 

Mais rassurez-vous.

 

La municipalité de Poggiolo

a pris une mesure radicale 

pour empêcher la contamination:

 

 

la frontière communale

 

est fermée.

 

 

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A vrai dire, ces mesures furent décidées en 1884 et concernaient le choléra.

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Dans les siècles passés, les maladies comme la peste ou le choléra firent des ravages. La dernière épidémie de choléra en France eut lieu en 1884. Elle débuta le 13 juin de cette année et aurait été provoquée par l’arrivée dans le port de Toulon d’un bateau venant du Tonkin. Le premier cas marseillais fut déclaré le 25 juin.

 

Entre juin et octobre, la maladie fit 1777 décès dans la ville de Toulon et 1793 à Marseille. L’épidémie resurgit avec l’été 1885 et fit alors 1259 nouveaux décès dans la population marseillaise.

 

L’effroi des populations fut grand. Des Toulonnais et des Marseillais s’enfuirent de leurs agglomérations.

 

A Marseille, la quarantaine fut organisée. Les marins et voyageurs arrivant au port devaient rester au lazaret le temps d'être certain qu'ils n'apportaient pas la maladie. Il n'était possible de leur parler que derrière une double rangée de grilles.

 

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

 

La Corse fut touchée au bout de quelques jours. Dans l’île, 6 communes furent atteintes. Il y eut 4 morts en juillet, 16 en août et 6 en septembre.

Près de Poggiolo, Saint André d’Orcino fut victime de l’épidémie.

Il en fut même question en Suisse, dans la « Feuille d’avis de Neuchâtel » du jeudi 28 août 1884:)

L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia depuis le 22 août.L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia depuis le 22 août.

 

Cette proximité incita la mairie de Poggiolo à prendre des mesures rigoureuses. Le maire Jules Martin DESANTI signa, trois jours après cet article de presse, le 31 août 1884, l’arrêté suivant :

 

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

En voici le contenu exact :

Nous, Maire de la Commune de Poggiolo :
Attendu qu’il s’est déjà produit quelques cas de cholera dans la commune de Saint-André d’Orcino et qu’ainsi on ne peut plus permettre sans danger l’accès de Guagno (les Bains), aux habitants de ce village contaminé .
Considérant que cette mesure est de toute utilité,
Arrêtons
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Tous les baigneurs et amateurs venus de la commune de St André d’Orcino à Guagno-les Bains, soit en villégiature soit pour y prendre les eaux, sont priés de quitter le territoire à partir du 1er septembre prochain. Le Maire de Poggiolo est persuadé que les habitants de St André d’Orcino qui se trouvent actuellement aux Bains ou qui pourraient s’y rendre ne le forceront pas à prendre contre eux des mesures de rigueur et qu’ainsi ils se conformeront

au présent arrêté.
Il est également défendu aux propriétaires des maisons de recevoir chez eux aucun individu venant de la susdite commune de St André d’Orcino, sans encourir les peines édictées par la loi.
Fait à Poggiolo le 31 août 1884.
Le Maire
Desanti

 

Les habitants de Saint André d'Orcino sont interdits sur le territoire de Guagno-Les-Bains. Il faut remarquer qu'il n'est pas question de Poggiolo.

 

Ce document prouve que la station thermale de Guagno-les-Bains  attirait alors suffisamment de curistes des villages corses pour craindre qu’ils répandent la contagion.

 

Ce refus d’accueil de non-Poggiolais joua-t-il un rôle important dans le reflux du choléra ?

 

Toujours est-il que la Corse ne connut que 6 décès de cholériques en septembre et plus rien après. Et les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains furent préservés.

 

Au total, cette épidémie porta sur 30 départements, surtout dans le Sud, atteignit 477 communes et donna lieu à 7.820 décès dans l’ensemble de la France. Elle continua jusqu’en janvier 1885 en Algérie, où elle provoqua 890 décès. Ces chiffres sont extraits du «Journal de la Société Statistique de Paris» (tome 26,1885) p. 459 

 

Nota : Jules Martin DESANTI, auteur de l’arrêté, est né le 20 mars 1831 à Poggiolo, et décéda le 2 janvier 1910 à Soccia. Il fut maire de Poggiolo de 1880 à 1888.

 

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Cet article a déjà été publié le 3 février 2015.

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 18:00

Après Napoléon III, le cachet de Poggiolo a connu plusieurs changements.

La République est proclamée le 4 septembre 1870. Le 17 février 1871, Adolphe THIERS devient "chef du pouvoir exécutif de la République Française". Mais, à Poggiolo, ces changements n'apparaissent pas tout de suite sur les documents officiels. 

Ce certificat délivré par la mairie le 10 janvier 1872 est encore marqué du tampon du Second Empire.

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Le changement finit par s'opérer mais de façon curieuse, comme le montre cette lettre datée du 9 juillet 1872.

Le maire, Pierre MARTINI, demande au Préfet de lui envoyer des feuillets supplémentaires pour les registres d'état-civil et il en profite pour l'informer

"en outre que le cachet de la commune de Poggiolo n'est pas correcte (sic), ainsi au lieu de dire Poggiolo, il dit Poggiola, ce qui pourrait amener souvent des erreurs avec d'autres communes, veuillez donc, Monsieur le Préfet, me faire savoir a ce que je dois me tenir (sic)."

Ainsi donc, au cours de l'année 1872, le tampon impérial a finalement été abandonné et l'on a repris l'ancien, celui qui contenait cette faute d'orthographe, et que l'on a déjà vu dans l'article précédent.

Il faut quand même savoir que Poggiola est le nom d'un quartier ou d'un hameau dans huit communes corses (Corscia, Peri, Asco, Erbajolo, Castello-di-Rostino, Sant'Andrea-di-Bozio, Moltifao et Speloncato) et qu'il existe aussi le village de PIOGGIOLA.

 

La réponse du Préfet, écrite en marge de la lettre, ne concerne que l'achat des feuillets et pas du tout le cachet mais, quelques mois après, les actes de la commune peuvent être officiellement républicains et poggiolais.

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Le nouveau modèle est très sobre: l'inscription "Mairie de Poggiolo" encerclée par "République française (Corse)". Ce modèle va servir très longtemps.

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Il est ensuite complété par un tampon particulier destiné à l'adjoint spécial de Guagno-les-Bains, fonction créée par l'Etat en 1897. Voir l'article Guagno-les-Bains, c'est spécial.

La bordure porte l'inscription "GUAGNO-LES-BAINS Section de POGGIOLO".

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Comme Poggiolo est toujours en retard sur les changements politiques, la commune conserve le cachet républicain pendant la guerre, alors que le régime du Maréchal PÉTAIN se nomme officiellement "l'Etat Français".

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

Et maintenant?

Le tampon officiel de la mairie de Poggiolo est bien plus chargé, reprenant le sceau officiel de l'Etat avec un personnage symbolisant la République.

 

Péripéties municipales: les différents cachets de la mairie (2/2)

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Cliquer sur les images pour les agrandir.

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A part la dernière photo, tous les documents présentés ici sont consultables aux Archives Départementales d'Ajaccio.

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Article publié initialement le 3 mars 2014.

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 18:00

Qu'un journal confondit POGGIOLO avec POGGIOLA en 1915, la faute n'était pas trop condamnable. Par contre, il est bien moins facile d'accepter que la confusion ait été acceptée par l'Etat. Notre village en fut victime et des documents poggiolais du XIXème siècle auraient pu être entachés de nullité à cause du tampon officiel.

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Quand un acte officiel est publié, il doit comporter un élément prouvant son authenticité. Pendant longtemps, il y eut les cachets de cire. Puis, sont venus les tampons encreurs. Les différentes strates de l'administration en utilisent. Chaque commune a son propre cachet. Mais les inscriptions gravées sur ce cachet peuvent varier selon les époques en fonction des événements politiques.

Ce fut le cas à Poggiolo mais avec toujours un temps de retard et avec une particularité orthographique qui eut une longue durée.

Après la chute de Napoléon Ier, la Restauration utilise le symbole des trois fleurs de lys surmontées par une couronne royale.

Péripéties municipales: Les différents cachets de la mairie (1/2)

Mais la révolution des Trois Glorieuses, en juillet 1830, chasse Charles X au profit du duc d'Orléans qui devient Louis-Philippe Ier, roi des Français. Dans la précipitation, on barre les fleurs de lys capétiennes.

Péripéties municipales: Les différents cachets de la mairie (1/2)

Le calme revenu, le cachet poggiolais a comme dessin central une couronne d'olivier, comme sur ce document de 1835. Mais, grosse erreur, la commune s'appelle Poggiola!

Péripéties municipales: Les différents cachets de la mairie (1/2)

L'aberration orthographique perdure au changement de régime suivant. En février 1848, un soulèvement parisien provoque l'abdication de Louis-Philippe et proclame la Seconde République.

Mais le même cachet reste en fonction. Voyez ce document de 1849.

Péripéties municipales: Les différents cachets de la mairie (1/2)

Le président Louis-Napoléon organise un coup d'Etat pour prendre tout le pouvoir et en arrive à se proclamer empereur sous le nom de Napoléon III le 2 décembre 1852. Mais, à Poggiolo, le maire a toujours le même tampon. Exemple: ce document de juillet 1855.

Péripéties municipales: Les différents cachets de la mairie (1/2)

Le Second Empire apparaît enfin sur les papiers de Poggiolo après 1857 avec, comme nouveau dessin, l'aigle impérial. La commune retrouve son orthographe officielle après plus de douze ans de déformation!

 

Péripéties municipales: Les différents cachets de la mairie (1/2)

Mais Poggiolo connut encore d'autres cachets officiels après la chute de Napoléon III.

 

(à suivre)

 

Article publié initialement le 28 février 2014.

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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 23:53

Suite des événements concernant Poggiolo et dont la date se termine par 0 ou par 5.

 

 

Il y a 200 ans:

- en 1820 ou 1821, Giovan-Antonio Pinelli devient curé de Soccia (avec sous son autorité les prêtres desservants de Guagno, Orto et Poggiolo) et garde jusqu'à sa mort en 1832 une forte influence sur le monde politique et intellectuel corse. Il avait constitué la plus riche bibliothèque de la Corse.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-3-3-113062792.html

 

- le 14 février 1820: Théodore Poli, de Guagno, tue le gendarme Petit et prend le maquis. Il commet de nombreux larcins et assassinats, surtout dans les Deux Sorru, jusqu’à sa mort en février 1827.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-exploits-de-theodore-n-1-le-bourreau-57614887.html

 

Il y a 185 ans, en 1835:

délimitation de la forêt domaniale de Libio-Tritorre (orthographe de l'époque) entre Poggiolo et Rosazia, provoquant de nombreuses contestations jusqu'en 1887. 

http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-fievre-monte-a-libbiu-110406479.html

 

 

Il y a 180 ans, en 1840

le roi Louis-Philippe déclare d'utilité publique les travaux d'agrandissement de l'établissement thermal. Ils seront achevés en 1856.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/02/l-etablissement-thermal-bien-represente.html

 

 

Il y a 170 ans, le 17 septembre 1850:

le conseil général, en butte à l'hostilité des Guagnais, demande le rattachement de Guagno-les-Bains à Poggiolo, ce qui sera accordé par Louis-Napoléon Bonaparte en 1852. 

http://poggiolo.over-blog.fr/article-poggiolo-n-existe-pas-44204443.html

 

 

Il y a 160 ans, les 14 et 15 septembre 1860:

voyage de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie en Corse. Contrairement à la légende, ils ne passent pas aux Bains.

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/04/napoleon-ier-a-guagno-les-bains-et-pas-napoleon-iii-1-2.html

 

 

Il y a 155 ans, le 1er juin 1865: 

des habitants de Rosazia incendient des cabanes de bergers poggiolais à Libbiu. Les gendarmes interviennent le lendemain pour empêcher une bagarre générale.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-fievre-monte-a-libbiu-110406479.html

 

 

Il y a 150 ans:

- 26 août 1870: à Pont-à-Mousson, décès d'Antoine-Laurent Demartini, soldat au 6e régiment de ligne de l'armée du Rhin, prisonnier des Allemands .

http://poggiolo.over-blog.fr/2014/03/1870-la-guerre-oubliee.html

 

- Septembre 1870: Poggiolo, dont le maire est Pierre Martini, fait partie des 19 municipalités corses qui proclament leur adhésion à la République proclamée à Paris le 4 septembre.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-records-de-poggiolo-103901803.html

 

 

Il y a 140 ans, en 1880:

Jean Desanti fait construire, juste au-dessous de l'église St Siméon, un caveau avec chapelle funéraire pour sa famille.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/10/les-caveaux-poggiolais.html

 

 

Il y a 120 ans, en 1900:

après l’institution d’un adjoint spécial à Guagno-les-Bains au sein du conseil municipal, la station thermale a désormais ses propres registres d'état-civil.

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/06/les-archives-departementales-donnent-de-nouveaux-outils.html

 

 

Il y a cent ans, le 1er janvier 1920:

A Ajaccio, François Pinelli, né en 1889, est le dernier Poggiolais déclaré décédé « des suites de la guerre ». Comme son père Baptiste, il fait partie des 30 inscrits sur le monument aux morts.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/10/appel-a-nos-lecteurs-ou-sont-les-restes-des-heros.html

 

 

Il y a 95 ans, le 17 mai 1925:

le conseil municipal vote une gratification de 150 francs pour l'instituteur Bernard PAOLI en récompense de son "zèle et dévouement" envers les élèves et pour les succès obtenus au certificat d'études.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-le-bonheur-d-enseigner-110022195.html

 

 

Il y a 90 ans, le 30 mars 1930:

incidents lors de l'élection municipale. L'urne est projetée hors du bureau de vote. Elle est transportée par les gendarmes à Ajaccio, puis à Nice, pour procéder au dépouillement. Les résultats, proclamés le 9 avril à Nice, sont annulés par le Conseil d'Etat le 13 février 1931.

http://poggiolo.over-blog.fr/2014/02/péripéties-municipales-et-le-dépouillement-eut-lieu.-à-nice.html

 

 

Il y a 80 ans:

- 21 mars 1940: Noël Pinelli nommé sous-secrétaire d'Etat à la Marine marchande dans le ministère présidé par Paul Reynaud. Il est le seul Poggiolais à avoir été élu député (à Paris en 1936) et à avoir fait partie d'un gouvernement. Il le reste jusqu'au 10 mai 1940.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/03/la-devinette-d-avril-la-solution.html

 

- 12 juin 1940: à Nogent l'Arthaud (Aisne), mort au combat de Pierre Canale, premier des six morts poggiolais de la seconde guerre mondiale. Né à Guagno-les-Bains en 1917, il était sergent-chef dans la 5ème compagnie du 144ème RIA.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-heros-de-39-45-48571952.html

 

- 27 juillet 1940: l’armistice avec l’Allemagne ayant été signé à Rethondes le 22 juin, fermeture de l’entrepôt municipal créé le 24 septembre 1939, à la suite de la déclaration de guerre, par le conseil municipal pour assurer le ravitaillement du village. Il avait été placé dans le magasin de la maison Martini. 

http://poggiolo.over-blog.fr/la-mairie-pense-à-l-alimentation-des-habitants

 

 

Il y a 75 ans:

- 28 janvier 1945: François Mathieu ORAZI, soldat à la 10e compagnie de tirailleurs algériens, meurt à Cité Amélie (Haut-Rhin) des suites de ses blessures.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-heros-de-39-45-48571952.html

 

- 23 avril 1945: mort au combat en Allemagne de Paul Vinciguerra, dernier des six morts poggiolais de la seconde guerre mondiale. Né à Poggiolo en 1924, il était soldat dans le 1er régiment de spahis algériens de reconnaissance.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-heros-de-39-45-48571952.html

 

- 23 septembre 1945: Martin Paoli est élu conseiller général du canton de Soccia sous l'étiquette du parti socialiste SFIO. Il le reste jusqu'à sa mort en mai 1968.

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/03/la-liste-des-conseillers-generaux-de-sorru-in-su.html

 

- rentrée 1945: le Socciais Jojo Antonini nommé instituteur à Poggiolo (il le restera jusqu'en 1954).

http://poggiolo.over-blog.fr/article-helene-parle-de-jojo-57347326.html

Jojo Antonini à Paris

 

(à suivre)

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5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 12:17

Chaque nouvelle année est l'occasion d'anniversaires mais les plus importants sont ceux qui forment des chiffres ronds. Ainsi, plusieurs membres de familles poggiolaises viennent d'avoir ou vont avoir 70 ans.

Dans l'histoire d'un village, il existe toujours des événements à rappeler pour bien connaître la communauté dont on est issu, et qui peuvent être prétexte à des commémorations ou à des fêtes. Alors que certains peuvent croire qu'il ne s'est jamais rien passé à Poggiolo, la chronologie poggiolaise comporte plus de 200 dates. 

Nous vous présentons les événements concernant Poggiolo et qui se sont déroulés dans des années dont le dernier chiffre est 0, comme 2020. Ont été ajoutées les années se terminant par 5 car l'anniversaire est facile à calculer (55 ans, 135 ans,...).

Chaque événement cité est accompagné du lien pour l'article du blog qui lui était consacré.

Des erreurs ou des omissions sont toujours possibles. Nos lecteurs ne doivent pas hésiter à les signaler. 

 

Il y a 490 ans, vers 1530:

dans sa « Description de la Corse », Mgr Giustiniani parle du village de Podiolo, de celui des Soprane et des Bains de Guagno.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/04/solution-a-la-devinette.html

 

 

 

Il y a 460 ans, en 1560:

Vico et Sagone, ainsi que les lacs de Creno et de Nino, sont mentionnés pour la première fois sur une carte, celle sur de Giacomo Gastaldi.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-premiere-fois-pour-nos-voisins-48211191.html

 

 

Il y a 440 ans, entre 1580 et 1585:

Antonio DANTI peint la carte de la Corse dans la Salle des Cartes du Vatican. On y distingue "P. de Sorno in sù" (pieve de Sorru in sù) et "Bagni di Vico". Serait-ce la plus ancienne représentation de Guagno-les-Bains?

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/05/la-corse-et-sorru-in-su-au-vatican.html

 

 

Il y a 280 ans, vers 1740:

création du village de Muna pour permettre l’exploitation forestière.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-bienvenue-a-muna-38194347.html

 

 

Il y a 275 ans, en 1745:

composition du voceru sur la mort de Matteo, médecin de Vico assassiné dans la pieve de Sorru in sù par un nommé Natale.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-le-coup-de-sang-du-doyen-100159769.html

 

 

Il y a 245 ans, le 6 octobre 1775:

tremblement de terre à Vico et dans les villages des alentours.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-30524055.html

 

Il y a 250 ans, en 1770:

les registres de catholicité de Poggiolo précisent désormais si l'inhumation a lieu dans l'arca (tombe commune dans le sol de l’église Saint Siméon) ou en tombe individuelle.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-a-la-recherche-de-l-arca-perdue-38617522.html

 

- le dénombrement de la population ordonné par Louis XV donne 25 feux, soit 109 habitants, à Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-le-desert-n-a-pas-toujours-existe-96427469.html

 

 

Il y a 230 ans, en 1790:

- en application de la loi du 11 novembre 1789 créant les communes, le terrain de l'ermitage de Saint Antoine (sur lequel se trouve la source thermale) revient à la commune de Guagno.

http://poggiolo.over-blog.fr/2014/01/les-terrains-départementaux-à-guagno-les-bains.html

 

- le Poggiolais Giovan-Antonio Pinelli, devenu avocat de la Curie et avocat au barreau de Bastia, est élu par le district de Vico à l'assemblée du département. En 1794, avec la création du royaume anglo-corse (armoiries ci-dessous), il se retire de la vie publique jusqu’en 1810.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-1-2-67214131.html

 

 

 

 

Il y a 225 ans, en 1795:

- le 28 février, au terme d'un long débat, Francesco FRANCESCHETTI et Filippo LECA sont reconnus comme représentants légalement élus de Sorru in sù au Parlement anglo-corse.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-contestation-ortigaise-47996991.html

 

- en mai: reconstruction de la chapelle Ste Lucie d'Azzana. Le maître-autel est formé par une ancienne pierre d'autel de l'église St Siméon de Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/12/la-devinette-du-mois-poggiolo-et-azzana-la-solution.html

 

- le 30 septembre: baptême de Carlo Francesco Pasquale PINELLI. Son parrain est Pasquale PAOLI, u "Babbu di a patria", représenté par Giovan-Antonio PINELLI. En 1822, il devient le plus jeune des maires de Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/2019/03/le-filleul-poggiolais-de-pascal-paoli.1/3-ceremonie-religieuse-ou-politique.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2019/03/le-filleul-poggiolais-de-pascal-paoli.2/3-le-mandataire-di-u-babbu.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2019/03/le-filleul-poggiolais-de-pascal-paoli.3/3-le-maire-de-la-francisation.html

 

 

Il y a 210 ans, en 1810:

- Giovan-Antonio Pinelli devient secrétaire général de la préfecture jusqu'en 1816. Invité au mariage de Napoléon avec Marie-Louise, il ne peut quitter la Corse à cause de l'opposition du général Morand.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-2-2-113061636.html

 

 

- édification au-dessus de Guagno-les-Bains d'un premier bassin circulaire à la Goccia (reconstruit entre 1816 et 1818).

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/06/heurs-et-malheurs-de-la-goccia-2-3-un-batiment-bien-concu.html

(à suivre)

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 19:55

 

Trois numéros du magazine historique trimestriel "Storia Corsa" sont déjà parus. Avec le numéro 4, la nouvelle formule le transforme en une revue semestrielle de 132 pages. Christian Castellani et Alain Piazzola assurent la gérance. Jean-Luc Messager est directeur de la rédaction et Stéphane Orsini rédacteur en chef.

Pour la Corse, la distribution sera assurée par Alain Piazzola.

 

L'équipe explique sa démarche dans l'éditorial.
 
L'histoire de Corse avec la nouvelle formule de "Storia Corsa"

 

Il y est notamment indiqué que la ligne éditoriale s'ouvrira davantage à l'archéologie insulaire et à l'histoire et au patrimoine culturel de la langue corse. Une rubrique est consacrée à la diaspora corse.

 

"Une convention a été conclue à ce sujet avec Corsica Diaspora et avec le Groupement des associations corses de Marseille et des Bouches-du-Rhône; ces associations participent à un Comité d'orientation qui réunit, outre Michel Vergé-Franceschi, les musées de Bastia et de Corte."

 

Ainsi, le numéro 4 présente les Corses de Porto Rico. 

 

Le dossier principal (35 pages) est consacré aux Barbaresques. L'article de Michel Vergé-Franceschi rappelle le rachat des captifs corses d'Alger et Tunis par Louis XVI en 1779.

 

Le Blog des Poggiolais avait publié un article sur ce thème car deux de ces captifs libérés étaient de Sagone dont le doyen qui avait 80 ans et avait passé 41 ans de captivité au Maghreb !!!

Vous pouvez vous y référer avec le lien ci-dessous.

 

 

Sommaire du numéro 4 de "Storia Corsa":

 

L'histoire de Corse avec la nouvelle formule de "Storia Corsa"

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 18:00

Ce qui est merveilleux en Histoire, c'est qu'elle nécessite un travail dont les résultats peuvent être toujours remis en question. Il suffit d'une découverte, d'un document nouveau, et la vérité affirmée de façon péremptoire est battue en brèche.

 

L'exemple en est fourni par la recherche du premier décoré de la Légion d'honneur à Sorru in Sù.

 

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Un article précédent donnait le nom d'Antoine François CAVIGLIOLI qui avait reçu cette décoration en 1815 avant de la perdre sous Louis XVIII et de la retrouver sous Louis-Philippe (voir les deux articles: Le Guagnais qui tenait à sa légion d’honneur (1/2): un fidèle d'entre les fidèles et Le Guagnais qui tenait à sa légion d’honneur (2/2): la médaille par tous les moyens).

 

Mais Marie BIANCARELLLI, qui connaît bien l'histoire de Guagno, nous a fait remarquer qu'un autre Guagnais était antérieur dans cet ordre prestigieux:

 

Dominique-Marie GIOVANONI a été décoré en 1805,

dix ans avant son concitoyen CAVIGLIOLI.

 

Pourtant, son nom n'est pas mentionné dans la liste internet de la base Léonore qui fait autorité et qui a été établie grâce aux archives conservées à la Chancellerie de la Légion d'honneur.

L'hôtel de Salm, devenu palais de la Légion d'honneur en 1804, abrite la résidence du grand chancelier et les services administratifs de l'institution. En 1871, une très grande partie des archives de l'ordre a disparu dans l'incendie du palais de la Légion d'honneur lors des combats de la Commune de Paris. Les Tuileries, le Palais-Royal, l'Hôtel de Ville et plusieurs autres bâtiments furent alors détruits ou très endommagés.

Plusieurs séries documentaires ont été reconstituées depuis mais elles comportent malheureusement des lacunes irréparables. GIOVANONI est dans une de ces lacunes.

 

Incendie de l'hôtel de ville de Paris en 1871.

Incendie de l'hôtel de ville de Paris en 1871.

Dans ces conditions, comment retrouver ce Guagnais médaillé? Grâce à un ouvrage remarqué par Marie BIANCARELLI: "Fastes de la Légion-d'Honneur, Biographie de tous les décorés".

Disponible sur le site Gallica, le deuxième tome, dont la troisième édition date de 1844, contient une notice de 45 lignes qui détaille les quinze années de la carrière militaire de cet oublié de Léonore.

 Les récipiendaires cités dans les "Fastes" n’ont généralement pas fait l’objet de reconstitution à moins qu’ils aient été encore vivants lors de l'édition. Or, Giovanoni est mort en 1807...

 

L'oublié de Léonore

 

Que nous apprend la notice des "Fastes"?

 

 

GIOVANONI (DOMINIQUE-MARIE), et non GIOVANINO, comme l'indiquent quelques listes de nomination, né le 25 juin 1768, à Guagno (Corse),

 

Un mois avant sa naissance, le 15 mai 1768, la Corse venait d'être attribuée à la France par le traité de Versailles. Dès le 17 juillet 1768, il fut baptisé en l'église Saint Nicolas par le curé Domenicu LECA, le fameux CIRCINELLU.

L'acte de baptême nous apprend que Dominique-Marie était le fils de Giovanni, lui-même fils d'Antonio, et de son épouse Giovanna. 

Le parrain était Paolo Francesco POLI et la marraine Felice, fille de Francesco Maria BRANDIZI.
 

 
Acte de baptême de Dominique-Marie Giovanoni, établi par le curé Circinellu.

Acte de baptême de Dominique-Marie Giovanoni, établi par le curé Circinellu.

 

Le patronyme GIOVANONI ne se retrouve nulle part ailleurs à Guagno, ni dans les villages voisins, ni dans le Cruzzini proche, dans le dénombrement de 1769-1770, dit dénombrement de CHOISEUL.

D'après les recherches de Marie BIANCARELLI, la famille de Dominique-Marie serait MANODRITTA alors que GIOVANONI serait un patronyme d’origine éponyme.

 

 

 

entra comme carabinier à la 3e demi-brigade d'infanterie légère le 20 février 1792, fut nommé caporal le 1er novembre suivant, et fit avec honneur les campagnes de 1792 à l'an V à l’armée d'Italie. II se distingua particulièrement le 3e jour complémentaire an Il, à la prise d’une redoute piémontaise dans la gorge du Limon, où il entra le premier après avoir tué plusieurs ennemis de sa main.

 

Dans le calendrier grégorien, la date de ce fait d'arme est le 19 septembre 1794. L'armée d'Italie était alors dirigée par le général Pierre du MERBION. La campagne d'Italie qui fit la gloire de Napoléon BONAPARTE se déroula en 1796. GIOVANONI n'y était pas.

 

 

La Convention nationale, par son décret du 23 frimaire an III, le nomma sous-lieutenant au 10e bataillon de l'Isère, incorporé plus tard dans le 57e régiment d'infanterie de ligne.

Embarqué en l'an III sur le vaisseau le Duquesne, il fit preuve de la plus rare bravoure à la prise du vaisseau anglais le Berwick, le 22 ventôse, et ne montra pas moins d'intrépidité dans le combat naval qui eut lieu le lendemain.

 

Il participa à des combats navals comme fantassin embarqué.

Si les guerres maritimes de la Révolution et de l'Empire sont dominées par la défaite de Trafalgar, il ne faut pas oublier que la marine française eut de bons succès. Capturé le 12 mars 1795, le Berwick était un navire britannique de 74 canons et 550 marins qui était sorti de Saint-Florent (la Corse était alors occupée par les Anglais) pour aller vers Livourne.

 

Maquette du Berwick (agorajeux.com)

Maquette du Berwick (agorajeux.com)

 

 

Passé en l'an VI aux armées d'Angleterre et d’Helvétie, il fit les les campagnes des ans VII, VIII et IX à l’armée du Rhin et sur les côtes de l'Océan, et se fit surtout remarquer en montant le premier à l'assaut d'une redoute qui dominait Feldkirch, et au combat de Feldkirch, le 3 germinal an VII, où il rallia une quarantaine d'hommes à la tête desquels il se mit en tirailleur. Ce mouvement hardi arrêta la marche de l'ennemi, qui serrait de très près le 2° bataillon de la 57e, lequel se trouvait obligé de battre en retraite, et fut même un moment en danger de perdre son drapeau.

 

Comme nous allons le voir, cet exploit, qui eut lieu le 23 mars 1799, fut déterminant pour la carrière de GIOVANONI.

Il se passa à près de 160 kilomètres de la ville  autrichienne d'Innsbruck, lors des combats de la deuxième coalition, alors que BONAPARTE était en Egypte. L'armée française était dirigée par Masséna. 

 

 

Embarqué sur Ia flotille de Boulogne le 6 thermidor an lX, Giovanoni se trouva au combat du 28 du même mois contre les Anglais.

Une nouvelle fois, le montagnard de Guagno se retrouva sur un bateau. La flottille de Boulogne était la force navale constituée par Napoléon et rassemblée à Boulogne-sur-Mer pour préparer l'invasion de l'Angleterre. 

GIOVANONI s'opposa aux raids ennemis lancés contre la flottille.

Il ne resta à Boulogne que trois mois.

L'oublié de Léonore

 

 

Il débarqua le 7 brumaire an X, fut nommé lieutenant le 10 frimaire suivant, et reçut un sabre d'honneur le 10 vendémiaire an XI.

 

 

La valeur de GIOVANONI fut reconnue par l'obtention de ce sabre d'honneur. Les armes d'honneur avaient été instituées par l'arrêté du Consulat pris le 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799). Elles étaient données pour des faits d'armes bien précis qui étaient mentionnés sur le diplôme et sur l'arme donnée.

La photo du diplôme, que nous devons à Marie BIANCARELLI, permet de lire que la récompense est due à l'héroïsme montré à Feldkirch (orthographié Feldkirk sur le document).

 

 

Cliquez sur la photo ci-dessous pour l'agrandir.

 

L'oublié de Léonore

 

La dernière ligne de ce document officiel indique qu'il a été "Donné à Paris, le dix Vendémiaire an douze de la République française".

Or, la notice des "Fastes" mentionne la date du 10 vendémiaire an XI. Encore une fois, le travail d'historien ne doit pas être de recopier simplement mais aussi de comparer les sources. Ici, il ne fait pas de doute que le livre s'est trompé. 

Dominique-Marie GIOVANONI a bien été récompensé le 10 vendémiaire an XII, c'est-à-dire le 3 octobre 1803.

 

Entré avec son grade dans le bataillon de tirailleurs corses, le 17 thermidor an XII, il fut créé officier de la Légion-d'Honneur le 25 prairial suivant, et devint adjudant-major le 9 fructidor an XIII.

 

La création officielle de la Légion d'Honneur date du 19 mai 1802. Au bout d'un certain temps, elle remplaça les armes d'honneur dont les titulaires furent intégrés dans la nouvelle décoration, ce qui fut le cas de notre personnage. On peut remarquer qu'il fut directement "créé officier de la Légion-d'Honneur" sans passer par le grade de chevalier.

 

 

Il fit ensuite les campagnes des ans XIV, 1806 et 1807, au 4e corps de la grande armée, obtint le grade de capitaine le 23 novembre 1806, et fut blessé mortellement au combat du 7 février 1807, la veille de la bataille d’Eylau.

 

 

Eylau, en Prusse orientale (en Russie maintenant), fut une bataille terrible opposant l'armée française aux Russes et aux Prussiens. Les tirailleurs corses, commandés par Antoine-François Morandini, furent en difficile posture au combat de Hoff le 6 février 1807. Peut-être GIOVANONI perdit-il la vie lors d'accrochages qui eurent lieu le 7, la veille de la grande bataille, comme l'écrivent les "Fastes".
 
Dominique-Marie GIOVANONI fut bien le premier militaire de notre haut-canton à recevoir la Légion d'honneur et à mourir au combat tandis que l'autre Guagnais légionnaire, Antoine-François CAVIGLIOLI, mourut dans son lit et dans son village.
Napoléon à Eylau  (par Antoine-Jean Gros).

Napoléon à Eylau (par Antoine-Jean Gros).

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 17:41

 

Avez-vous déjà entendu parler du seigneur de Sorro?

L'histoire de ses relations avec les habitants de Guagno permet pourtant de comprendre la situation actuelle de Guagno-les-Bains.

Elle a été contée dans le quotidien "Le Petit Marseillais" du 1er juin 1923 par un nommé CIPRIANI dont le prénom n'est pas donné dans l'article.

 

Petrù et le seigneur de Sorru
Petrù et le seigneur de Sorru

 

Dans le cadre d'une série sur "les centres d'excursion corses", ce texte décrit "l'état lamentable" de l'établissement thermal. Mais l'essentiel est d'expliquer pourquoi Guagno-Village "possède des biens communaux d'une étendue de plus de 200 hectares sur le territoire de la commune" de Poggiolo. L'origine serait à remonter jusqu'au XIe siècle, c'est-à-dire à peu près l'époque de la construction de l'église Sant'Anarilla aux Trois Chemins (voir ici).

 

La population guagnaise se serait révoltée contre les abus du comte, seigneur de Sorru, et aurait obtenu la gestion des terres situées "entre la rivière de Grosso et la crête méridionale où se trouvent la forêt et la source d'eaux thermales". Ces terrains restent toujours à Guagno sauf la source et ses environs qui appartiennent au département.

 

Col de Sorru vu de Soccia (copie d'écran du reportage de D'Umani sur les Deux Sorru).

Col de Sorru vu de Soccia (copie d'écran du reportage de D'Umani sur les Deux Sorru).

 

Un point de l'accord est à retenir: le seigneur s'engageait à "ne plus s'aventurer au-delà du ravin Rivo-Secco". Or, la rivière de Rioseccu, à mi-chemin des deux villages, marque la limite administrative entre les communes de Poggiolo et de Murzo depuis le décret de Louis-Napoléon attribuant Guagno-les-Bains aux Poggiolais. Le col de Sorru n'est pas du tout poggiolais.

 

Le seigneur avait-il voulu garder entièrement le col pour continuer à contrôler la pieve?

 

Pont de Rioseccu, limite entre Poggiolo et Murzo, vu dans le sens de la descente (photo Google).

Pont de Rioseccu, limite entre Poggiolo et Murzo, vu dans le sens de la descente (photo Google).

Pont de Rioseccu vu dans le sens de la montée (photo Michel Franceschetti, 23 juillet 2009).

Pont de Rioseccu vu dans le sens de la montée (photo Michel Franceschetti, 23 juillet 2009).

 

Qui était ce seigneur? Etait-il un membre de la famille qui s'était établie au château de la Catena, près de Letia? (voir l'article ici).

 

Si cette histoire n'est pas une légende, il faut retenir le nom de Petrù, le chef des Guagnais révoltés. Il serait certainement le premier des habitants de Sorru in sù dont nous aurions l'identité. 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 17:57
Napoléon III et Guagno-les-Bains: légendes et réalité

A Bastia, on peut voir jusqu'à fin décembre une exposition sur "Napoléon III et la Corse".

 

Ce thème a été celui de la conférence de Jean DAL COLLETTO, président de la Fédération des groupements corses de Marseille et des Bouches-du-Rhône, à la Maison de la Corse de Marseille jeudi 24 octobre.

 

L'orateur s'est particulièrement attaché à décrire l'entourage corse de l'empereur, notamment Tito Franceschini Pietri dont l'importance a été racontée par Sampiero Sanguinetti dans un excellent livre.

 

Passant ensuite aux réalisations, Jean DAL COLLETTO a évoqué le renouveau du thermalisme et l'a illustré avec cette carte postale des Bains de Guagno datant de la fin du XIXe siècle.

 

Napoléon III et Guagno-les-Bains: légendes et réalité

 

Il a insisté sur le style architectural typique du Second Empire. En fait, l'établissement en forme de U dont on voit ici les deux bouts a été construit à partir de 1845, sous le règne de Louis-Philippe. Il fut achevé en 1856, sous Napoléon III. En tout cas, il est vrai que la majorité des bâtiments publics corses date de l'époque du neveu de Napoléon Ier.

 

Dans la discussion qui suivit l'exposé, l'animateur du Blog des Poggiolais, présent à cette conférence, rappela que le territoire des Bains de Guagno fut attribué à la commune de Poggiolo par le décret du Prince-Président Louis-Napoléon BONAPARTE (qui n'était pas encore empereur) en date du 19 septembre 1852 (voir l'article "Poggiolo n'existe pas").

décret des 19 septembre 1852

décret des 19 septembre 1852

Il signala également que la venue de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie à Guagno-les-Bains pour suivre une cure est une légende toujours présente dans de nombreux guides touristiques (voir l'article "Napoléon Ier à Guagno-les-Bains et pas Napoléon III"). 

 

Un grand merci à Jean Dal COLLETTO pour sa conférence et pour le dynamisme qu'il manifeste aussi bien à la Maison de La Corse qu'au Cesec (Conseil économique social environnemental et culturel de Corse) où il est président de la commission Europe, relations internationales Euro-région, Méditerranée, diaspora . 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 18:03

 

Dans l'annonce d'un cours de chant et guitare dispensé par Fabrice Massiani à Vico, il a été fait allusion au travail de Jean-Baptiste PAOLI pour maintenir les traditions musicales corses. Il se situe dans la lignée des violoneux qui animaient autrefois les réunions villageoises.

 

Deux de ces artistes poggiolais d'autrefois ont été évoqués dans un article paru sur ce blog le 1er février 2015. Il nous paraît utile de le rééditer. 

 

Jean-Baptiste Paoli à Soccia le 24 juillet 2009

Jean-Baptiste Paoli à Soccia le 24 juillet 2009

 

Toutes les générations ont eu, malgré la dureté du travail, le besoin de s'amuser. Au XIXème et au début du XXème siècle, le violon était l'instrument par excellence de toutes les fêtes.

Dans les villages de Sorru in Sù, Martitinu (qui s'écrit aussi Martinchjinu) eut une grande célébrité ainsi que, avant lui, Cumandante. Ces deux représentants de la culture populaire ont été évoqués dans un article ( de Xavier Paoli?) paru dans "L'info U Pighjolu" de juillet 2007. 

 

"Evoquons, pour leur rendre hommage, deux de ces modestes artistes qui faisaient danser nos arrière-grands-parents. 

 

Tout d'abord, chronologiquement, Ghjuvan Battistu BATTESTI, natif d'Ortu mais ayant fait souche à U Pighjolu par le mariage. Grand escogriffe, doté de plusieurs surnoms dont un lui allait comme un gant ("Cicala") et un autre ("Cumandante") dont on pouvait se demander où il en avait gagné les galons, lui qui n'avait jamais pratiquement quitté son île.

Il était en réalité maçon et sonneur de cloches (aux appointements de 50 francs par an en 1881). Mais il ajoutait à ces multiples et variées occupations un vrai talent de musicien, apprécié dans tout le canton et même au-delà.

Versificateur hors pair, il était très sollicité dans toute la région pour les festivités du carnaval. Mêlant musique et couplets entraînants, l'archet frénétique, le quatrain moqueur à la bouche, il menait la sarabande carnavalesque avec un entrain jamais démenti. Peut-être là est l'origine de son surnom de «Cumandante» (… di Carnavà, disaient les mauvaises langues). 

 

C'est probablement à son école que Ghjuvan Martinu PINELLI (Martinchjinu), né en 1878 à U Pighjolu, semble avoir fait son apprentissage de violoneux. Vigneron, cordonnier, il tenait aussi le Café du village où il vendait le vin et l'eau-de-vie de sa production. 

"Cumandante" se faisant vieux, il avait succédé à celui-ci dans le rôle d'animateur de festivités. Alors qu'il ne jouait plus depuis longtemps, les plus âgés d'entre nous ont pu l'entendre peu de temps avant sa mort en 1951, animer une soirée impromptue où plusieurs couples retrouvant leurs jambes de vingt ans, nous offrirent le témoignage d'une civilisation à jamais disparue." 

 

Violons, guitares et chants avec Ferdinand Passoni à U Pighjolu (16 août 1997)

Violons, guitares et chants avec Ferdinand Passoni à U Pighjolu (16 août 1997)

 

Article recommandé sur les violons et les violoneux:

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