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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 19:23

     En l'absence du chemin de fer (voir article sur "le train-fantôme"), comment pouvait-on circuler en Corse autrefois?

 

LES TEXTES

    "Il y a quatre manières de voyager en Corse: à pied, à cheval, en diligence, en calèche. A pied, il n'y faut pas penser; à cheval, l'étranger doit y renoncer; en diligence, il faut bien s'en garder. Il reste la calèche, sorte de véhicule étrange, ni fiacre, ni landeau, ni coupé, traîné par de vigoureux chevaux attelés quelquefois avec des harnais, souvent avec des cordes, et dont le serre-frein est toujours un vieux soulier."    

    Voici le texte, fort peu encourageant, qu'écrivait le Dr Adrien ANDREI dans son ouvrage "A travers la Corse" publié en 1892, et cité par François PAOLI dans "Letia et la région de VICO".                           

 

    De son côté, un peu plus tôt, le Guide écrit par Paul JOANNE sous le titre "Itinéraire général de la France" et publié chez Hachette en 1884, se méfiait de la Corse et des Corses.

   A l'intention des touristes voulant admirer le paysage, il énumèrait lui aussi les moyens possibles: "On doit renoncer absolument à utiliser les services de voitures publiques qui, n'ayant qu'une seule place d'impériale et partant généralement dans la journée ou le soir, ne permettent ni de voir le pays, ni de s'arrêter là où on voudrait le faire. Il faut donc louer une calèche à deux chevaux et voyager à petites journées. (...) Voyager à pied serait peu coûteux, mais beaucoup plus long, et il serait impossible de trouver un guide. Voyager à cheval, sur des chevaux  qui pointent et se cabrent, et qui sont difficiles au montoir, n'est pas très praticable, d'autant qu'il faudrait alors avoir avec soi un homme également à cheval, qui ne voudrait aller que d'un point à un autre."

    Il préconisait de s'établir dans des centres d'excursion, parmi lesquels il citait VICO et GUAGNO, et d'où l'on pouvait rayonner. Mais attention: "Pour les chevaux ou les mulets, chargez votre hôtelier ou quelqu'un du pays de vous en procurer, mais ne cherchez pas vous-même, vous réussiriez à payer le double, si toutefois vous pouviez en obtenir. Si vous êtes connu ou avec quelqu'un de connu, vous payerez chaque mulet 2 fr, pour une journée." 


Concrètement, avons-nous des renseignements précis pour notre micro-région?

 

LES TÉMOIGNAGES

Tout le monde sait que les ânes et les mulets ont toujours été utilisés par les Corses, comme ici, sur le pont qui traverse le fleuve SAGONE.

Sagone pont

Une voiture à chevaux a été photographiée en 1898, un peu plus loin que ce même pont, près de la tour génoise.

         Sagone route 1898


Il existe aussi un témoignage littéraire sur ce moyen de déplacement.

L'été précédant cette photo, en 1897, l'écrivain royaliste Charles MAURRAS avait utilisé ce véhicule et ne s'en était pas plaint. Dans son texte sur "Les Cargésiennes" (évoqué dans l'article publié ICI), il reconnait que :"Il est des courses plus faciles. L'aller et le retour veulent quatorze heures de diligence."

Mais il ajoute : "Je les affrontai et fis bien."
Il évoque ses "compagnons de banquettes", les chevaux qu'il qualifie de "
robustes petits coureurs" et le fouet du conducteur qui lui présente les ruines de Paomia. Contrairement aux réticences des guides cités ci-dessus, il est enthousiasmé par le voyage. Mais il retrouvait à chaque détour du chemin des souvenirs de la Grèce et, pour lui, rien n'était supérieur à cette similitude. Le voyage devenait un enchantement.


Tout fut différent quand arriva l'automobile (suite dans le prochain article de cette série).        

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 18:50

Si l'annuaire de 1938 recopié par les éditions Albiana affirmait faussement qu'il existait une gare à Poggiolo (voir article sur ce livre), il n'en est pas moins vrai qu'un projet de chemin de fer reliant Ajaccio à Vico a bien existé. Il a été mis en avant par le conseil général de la Corse en 1886 mais n'a jamais eu le moindre début de commencement.


Ce projet est décrit par François PAOLI dans son récent livre "Letia et la région de Vico dans l'histoire de la Corse", à la page 222. Nous le citons en entier en ajoutant une carte tirée de la revue "A mimoria" de mai 1994 qui donne des renseignements supplémentaires sur le projet de ce train-fantôme (voir à l'adresse: http://chemindefercorse.free.fr/amimoria.pdf).

 

 

    A la fin des années 1870, le 7 décembre 1879, nous avons vu donner le premier coup de pioche pour le train devant relier Ajaccio à Bastia. Le projet était, à cette époque, de construire, un peu comme en Sicile, un chemin de fer qui ferait le tour de l'île. Mais ce n'était pas, pour autant, le seul projet. Dès le 24 septembre 1886, le conseil général vote une somme de 3.000 francs pour les études préliminaires «d'une ligne Ajaccio-Vico, chemin de fer d'intérêt local», et le rappelle dans une délibération du 25 septembre 1887, Ainsi, le 1er octobre 1887, le préfet prie l'ingénieur «de procéder d'urgence à ces études préliminaires», en autorisant les divers agents utiles à ces études à pénétrer, si nécessaire, dans les propriétés privées.
    Les communes concernées sont Sarrola-Carcopino, Afa, Appietto, Calcatoggio, Saint-André d'Orcino, Casaglione, Ambiegna, Arro, Lopigna, Azzana, Salice, Rosazia, Murzo, Letia et Vico, soit plus de 60 kilomètres de ligne, en pays accident. Un rapport sera établi à la date du 11 juillet 1888, rendant compte des difficultés rencontrées, du fait «de pluies persistantes d'une abondance jusqu’à présent inconnue en automne. ».
    Partant un peu après la station de la Mezzana, le tracé envisagé traversait la RN 193, puis le canal de la Gravona, Afa et Piscia Rossa, avant de franchir, par un petit tunnel, le col de Listincone, puis, par un grand tunnel de 600 mètres, celui de San Bastiano, pour atteindre Calcatoggio. De là, on aurait gagné Saint André d'Orcino et Cannelle, pour monter ensuite vers Sari. Sept gares étaient nécessaires pour arriver à Sari, et, «Au-delà, il n'était fait qu'une reconnaissance du terrain.».
    Le col d'Ambiegna, à 349 mètres d'altitude, étant franchi, on redescendait sur Ambiegna, Arro et Lopigna, où deux petits tunnels étaient nécessaires, puis on passsait sur la rivière Cruzzini, pour remonter, et franchir le Liamone près du gué de Traghetta alla Rena, à 299 mètres d'altitude. Il restait 4.500 mètres à parcourir pour arriver à Vico, à 389 mètres d'altitude, en passant par Murzo, et en franchissant de nouveau le Liamone en contrebas de Saint-Martin, La longueur totale du tracé serait finalement de 74.891 mètres, et l'estimation du coût des dépenses se monterait à la modique somme de dix millions de francs!train projet



    

    Le conseil général ne devait pas donner suite, mais il allait quand même renouveler les études préliminaires en 1890. Lors de la venue en Corse du président de la République, Sadi Carnot, en avril 1890, les conseils municipaux de la région de Vico devaient émettre de nouveaux vœux en faveur de ce projet, et, le 10 septembre 1911, le conseil municipal de Vico devait émettre:


... très énergiquement le vœu que les services compétents soient chargés de préparer dans les plus brefs délais un projet de chemin de fer Bonifacio-Sartène-Ajaccio-Calcatoggio-Sari-Arbori- Vico-Sagone-Cargèse-Piana-Calvi.

 

    L'ingénieur en chef Jeannin répondra, le 4 novembre 1911, que:

 

... dans la présente situation financière du département, ce vœu ne nous semble pas susceptible de recevoir actuellement une suite favorable.

 

Et ce fut tout...

 

D'autres renseignements se trouvent dans l'ouvrage de Paul SILVANI intitulé "Train de Corse, train rebelle" et publié... aux éditions ALBIANA

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 16:58

L'histoire de l'évêché de SAGONE a été évoqué dans des articles récents (voir ICI et ). Dans sa livraison d'août, le bulletin "INSEME" ajoute des renseignements intéressants sur l'évolution des recherches archéologiques près de la cathédrale. En page 9, dans la rubrique "Ils sont venus au couvent", deux jeunes archéologues, interrogées par Pascale CHAUVEAU, résument l'état de la recherche sur ce site.

 

Pendant un mois, une vingtaine de jeunes archéologues se sont installés au gîte du couvent(de VICO), devenu le quartier général des deux équipes qui ont travaillé sur le site de la «cathédrale» à SAGONE. Parmi eux, Flore DIVERREZ et Gaelle SOULARD ont attiré plus particulièrement notre attention, car, si la plupart des stagiaires qui interviennent sur le site tous les ans sont étudiants ou diplômés en archéologie, ces deux jeunes filles faisaient partie des cinq anthropologues venus sur le terrain.


PC : Comment avez-vous connu l'existence du site de Sagone?
Cathédrale golfe2
F.D. et G.S. : Le responsable de cette session de fouilles, Daniel ISTRIA, avait passé des annonces dans les facultés, et on pouvait aussi l'apprendre en consultant le site gouvernemental «archéo.fr», qui propose un «catalogue» des fouilles où l'on peut postuler. Il est évident que la Corse nous attirait particulièrement. En arrivant, nous avons été surprises car on s'attendait à un site plus grand avec plusieurs responsables de secteurs, mais finalement on n'est qu'une douzaine autour de Daniel, et c'est beaucoup plus convivial.

Inseme : Vous êtes ici en tant qu'anthropologues, cela signifie donc qu'on a découvert des ossements à la cathédrale?

F.D. et G.S. : Déjà à la première vague de fouilles, vingt squelettes avaient été déterrés. Une vingtaine de plus à la vague suivante, et cette année on en est au numéro 49. Nous étudions la position des corps, tâchons de déterminer le sexe, l'âge. A vue d'œil, on pensait que les squelettes dataient du XVIème siècle, mais la datation au carbone 14 a montré qu'en réalité ils remontent au XIème siècle. Et d'ailleurs, les derniers ossements mis à jour cette année ne sont pas en très bon état de conservation.

PC: Vous êtes titulaires d'un mastère, qu'allez-vous faire après cette session de fouilles en Corse ?

F.D. et G.S. : Il va déjà falloir rédiger notre rapport de fouilles qui complète le rapport principal établi par Daniel ISTRIA. Lui s'attarde principalement sur l'architecture de la tombe, et nous sur les ossements. Ensuite, nous sommes sur un gros projet qui nous amènera à parcourir, de mi-septembre à mi-mai, six pays d'Amérique du Sud à la découverte de l'archéologie andine, pour les transmettre ensuite au grand public, y compris les populations locales qui ne sont pas toujours sensibilisées à la richesse de leur patrimoine archéologique et à leur préservation. Ce qui est intéressant par ailleurs, c'est que notre travail sera suivi à distance par les élèves d'une classe de CM2 de la région parisienne pendant toute leur année scolaire (pour en savoir plus, consulter sur internet le site: http://panarcheo.e-monsite.com).

 

En conclusion, Flore et Gaëlle tenaient à dire à quel point elles avaient été enchantées de séjourner pendant plus d'un mois au couvent («quel plaisir d'apprécier la belle vue sur la Sposata le matin en se levant»), et voulaient remercier le père André «qui a été aux petits soins pour nous et pour toute l'équipe!».


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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 18:10


    Si le diocèse de SAGONE proclamait son indépendance par rapport à AJACCIO (voir article précédent), il aurait son évêque, Mgr MAMBERTI, qui a déjà le titre. Il lui faudrait aussi une cathédrale. Pas de problème: elle existe.
Cathédrale golfe2    La cathédrale Sant’Appianu (Saint APPIEN) est à SAGONE, sur la route à droite, après  le pont qui enjambe le fleuve. Bien qu'un panneau la signale, peu de visiteurs viennent la voir. Elle est d'ailleurs très mal en point.
    La cathédrale est bien placée, à 200 mètres d'une crique idéale pour les bateaux.


cathédrale vallée

 
  Elle est placée sur un replat de 10 m d'altitude qui la protège des crues du fleuve Sagone.


   Par cette vallée fluviale, on peut facilement communiquer avec le Liamone et les Deux Sorru.                                        

                                       
      Une basilique a été construite sur l'emplacement d'une ancienne villa romaine. Elle n'a pu être datée précisément mais le baptistère est en revanche bien du dernier quart du VIe siècle. Or, le siège épiscopal est attesté à partir de 591 par deux lettres du pape Grégoire Ier.

   Second bâtiment au même endroit: la cathédrale Sant'Appiano est édifiée au XIIème siècle, quand l'évêché, supprimé pendant quatre siècles, est réactivé.

cathédrale menhir

 

    Une statue-menhir a été remployée dans un des murs.




    La cathédrale a été abandonnée en 1569, au profit de la pro-cathédrale de VICO, à cause, en plus de la malaria, des raids barbaresques qui pillaient les villages et capturaient les populations pour les vendre comme esclaves (fléaux bien oubliés aujourd'hui!). 


    En 1728, Mgr Pier Maria Giustiniani, évêque de Sagone, décida de bâtir une chapelle à l’emplacement du chœur des édifices antérieurs.
    Mais très vite, l’édifice est à nouveau désaffecté et, dès les années 1820-1830, il est utilisé comme entrepôt de foin alors qu’une maison est aménagée dans la nef romane.
    Depuis 1963, des fouilles, menées de façon très irrégulière, ont peu à peu fait renaître cette construction.
    Le baptistère a été retrouvé, ainsi que plusieurs sépultures avec parfois des offrandes de coquillages.

Ce monument si vénérable, symbole de l'ancien diocèse de Sagone, ne mériterait-il pas de recevoir la visite de Mgr MAMBERTI, son évêque?

   ATTENTION: Une messe sera célébrée à la cathédrale de Sagone dimanche 17 juillet à 10 h 30 et une autre samedi 30 juillet à 19 heures. 

  Un excellent dossier sur la cathédrale Saint Appien de Sagone se trouve à l'adresse:
http://www.sagone-archeo.fr/

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 18:36

Le blog des Poggiolais fait appel aux Poggiolais!


Avec les vacances, on pense avoir un peu de temps pour ranger ses affaires. Il faut en profiter pour chercher les albums de photos familiales et pour aller au grenier ouvrir les malles. C'est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir des documents qui évoquent le temps passé.

Ces témoignages familiaux sont également des souvenirs de la vie poggiolaise et ils seraient utiles à toute la communauté de notre village. Ils pourraient être publiés sur ce blog. Des photos de la vie quotidienne, de personnages ou de paysages seraient tout aussi intéressants. Mais des papiers (diplômes, médailles, articles de journaux...) seraient très utiles.

Il n'est pas nécessaire de chercher des productions centenaires. Une ancienneté de vingt ou trente ans suffit parfois.

Il serait dommage que le fonds documentaire du blog s'assèche bientôt alors que chaque Poggiolais se doit de transmettre les richesses de nos racines aux nouvelles générations.


Les documents ou les suggestions sont à envoyer à : larouman@gmail.com


MERCI D'AVANCE!

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 20:50

 

Dans les nombreuses histoires de banditisme et de réglements de comptes qui jalonnent l'histoire de notre canton et de toute la Corse, les récits insistent beaucoup plus sur les auteurs des meurtres que sur les victimes et sur l'immense chagrin de leurs familles. C'est le mérite de Marc GIORGI de nous rappeler ce point de vue.

  Son site intitulé http://marc-giorgi.e-monsite.com/ est consacré au village de Pietra di Verde (Haute-Corse) et à la généalogie de sa famille (Giorgi-Valéry).
  Dans cet émouvant récit, il nous donne une version toute différente, celle de la famille du gendarme SALA, de l'affrontement sanglant qui eut lieu à SOCCIA en 1892 et qui a fait l'objet de trois articles (que l'on peut relire en cliquant ICI, ICI et LÀ).

En voici le texte.

 

 

"LE MALHEUR"
 


AlataMinnanna se tient devant le four à pain. Elle a en main la grande pelle, le pain est cuit, elle va le retirer du four. Dans son visage rond, ferme, énergique, dans ses yeux vifs qui fixent le photographe, on devine une femme de caractère. Elle est tout de noir vêtue. Elle porte un foulard noir sur la tête et, par dessus, le chapeau en paille des femmes alataises, “a paglietta”. Elle était d’ALATA, Minnanna, de familles alataises. Elle y était née en 1848, “l’année de la République“ précisait-elle à ses petits-enfants.

Elle y est revenue après “le malheur“.

Elle a eu trois enfants, Minnanna. Les deux garçons, l’armée les a accueillis, les a éduqués. Ils furent “enfants de troupe”. (...)
La fille de Minnanna resta avec sa mère à ALATA. Elle était belle, avec des yeux clairs. A dix-neuf ans, elle épousa l’instituteur dont elle eut cinq enfants. Minnanna vécut toujours avec eux, aimée de ses petits-enfants, aidant sa fille du mieux qu’elle pouvait, cousant, tricotant, crochetant, cuisant le pain de la famille, aidant aux travaux du ménage.
Personne ne parlait du “malheur” dans cette famille. Mais, les jours d’élection, la fille de Minnanna fermait les portes, les fenêtres et les volets, à l’heure du dépouillement...

gendarmes-en-groupe_p.jpgLe mari de Minnanna venait d’un village des Pyrénées catalanes conquises par la France au temps de Louis XIV et qui garde encore son nom catalan: Prats-de-Mollo. Nommé gendarme, il fut affecté en Corse où il connut sa future femme. Mariés, ils partirent dans le Sud de la France où sont nés leurs trois enfants. Puis le gendarme revint en Corse, à SOCCIA.

C’est là que “le malheur” s’est produit, le 26 septembre 1892. On sait parfaitement ce qui s’est passé ce jour-là. Les élections au Conseil d’Arrondissement venaient d’avoir lieu et on ne savait toujours pas qui avait gagné dans le canton de SOCCIA. Des gens d’un village voisin, GUAGNO, voulurent aller à SOCCIA, le chef-lieu, afin d’obliger le maire à proclamer vainqueur leur candidat. Le maire fit appel aux gendarmes pour les empêcher d’entrer dans le village. Les “Guagnesi” tirèrent. Deux gendarmes furent touchés, ils devaient mourir quelques instants plus tard. L’un d’eux était le mari de Minnanna. A son fils aîné, accouru aux coups de feu, il ne put que dire : “Pour moi, c’est fini”. L’adolescent rassembla tout son courage et alla prévenir sa mère, son jeune frère et sa petite soeur.

Pendant la nuit qui suivit le drame, il se passa dans ce village une chose incroyable. Les deux veuves et leurs enfants veillaient leurs morts. Dehors, on faisait la fête. On avait tiré tout à l’heure pour tuer, on tirait maintenant pour se réjouir. Ce fut une fête démente, sans pitié pour la douleur des familles, la douleur des enfants, une fête sauvage.

Il y eut un procès, des condamnations...

Les années ont passé, les trois enfants vont bien, les petits-enfants naissent... Mais comment vit-on avec le souvenir d’un époux, d’un père assassiné et de cette nuit de fête infernale ? Seuls ceux, qui, cinquante ans après, continuaient à fermer, les soirs d’élections, les portes, les fenêtres et les volets, auraient pu le dire. Dans cette famille, où l’on n’en parlait jamais, “le malheur” est resté dans toutes les têtes, génération après génération.

Parmi les petits-enfants et arrières-petits-enfants de Minnanna, plusieurs sont allés à SOCCIA, POGGIOLO, ORTO et dans le beau village de GUAGNO y compris, cent ans après, le 26 septembre 1992. Tous ont admiré ces paysages splendides, assurément parmi les plus beaux de Corse, où tant de rage meurtière s’était déchaînée, parmi des gens que l’on avait excités, au fond, pour rien: la proclamation d’un simple conseiller d’arrondissement.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 12:11

    Dans l'article précédent consacré à l'exposition sur Saint Jérôme, était retranscrite la déclaration du conservateur du Musée FESCH au sujet de deux tableaux venant de VICO: "Ils sont issus de la collection FESCH mais, en 1864, Monseigneur CASANELLI d'ISTRIA avait décidé d'en faire don à son village natal".

   En réalité, le cheminement fut plus particulier.

    Les renseignements sur cette question se trouvent dans la thèse de Marie DINELLI-GRAZIANI: "Le Cardinal Fesch (1763-1839), un grand collectionneur, sa collection de peintures", Thèse de doctorat d'histoire de l'art, Université de Paris I, Panthéon Sorbonne, Centre Ledoux, 2005.

    Entièrement digitalisée, cette thèse se trouve sur le site de la Fondation Napoléon:

http://digitalbooks.napoleon.org/book/index_fr.html

   Mais, à l'intérieur de cette thèse, l'attribution et l'inventaire des tableaux de l'église de Vico sont extraits du mémoire de Maîtrise, soutenu en 1998 à Paris I sous la direction du Professeur Philippe MOREL, par Marie BIANCARELLI, originaire de Vico..

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f2/Cardinal_Joseph_Fesch.jpg/240px-Cardinal_Joseph_Fesch.jpg   En mourant en 1839, le cardinal FESCH, oncle de NAPOLÉON Ier, légua une partie de sa fabuleuse collection de tableaux (16.000 pièces!) à la Corse. Après diverses péripéties juridiques et amputations, ce legs arriva à Ajaccio en septembre 1843. Le conseil municipal d'Ajaccio,  présidé par le comte PERALDI, procéda le 15 avril 1844 au tirage au sort pour attribuer les tableaux destinés aux communes en dehors des grandes villes de l'île.

    Puis, pendant des années, il fut possible aux municipalités et au clergé de demander la livraison de ce qui n'avait pas été distribué.

    Ainsi, le 29 octobre 1863, le couvent de VICO demanda à recevoir douze tableaux.http://fr.geneawiki.com/images/thumb/1/1d/2A348_-_Vico-église_paroissiale.jpg/280px-2A348_-_Vico-église_paroissiale.jpg

    Comme l'ancienne église était devenue trop vétuste et petite, l'actuelle église Sainte-Marie de VICO fut construite et inaugurée en 1864. Pour la décorer, la mairie d'AJACCIO lui accorda donc douze tableaux,  le 15 février 1864.

    Le maire de VICO réitéra sa demande  le 23 juillet 1864 pour pourvoir les autres paroisses de sa commune: APPRICCIANI, CHIGLIANI et NESA (dont l'église fut bâtie de 1863 à 1871 sur les plans et sous le contrôle du Père Oblat Jean Joseph De Veronico qui desservit comme curé la paroisse de Nesa jusqu’en 1853). Il eut une réponse positive le 8 août 1865. Le fait que l'évêque d'Ajaccio était alors, depuis 1833, le Vicolais CASANELLI d'ISTRIA facilita sans nul doute les opérations.

 

    Mais le filon finit par s'épuiser. Le 1er septembre 1865, le maire d'AJACCIO écrivit à la Mère Supérieure des Filles de Marie de VICO qu'il ne restait plus de tableaux dans les réserves.

    Marie DINELLI-GRAZIANI, reprenant les travaux  de Marie BIANCARELLI,  dénombre, dans l'église paroissiale, dix-sept œuvres d'art venant du fonds FESCH (la liste est disponible en cliquant ICI). Sept sont classés monuments historiques. Un doute est quand même émis au sujet du "Portrait de Mgr Citadella". Monseigneur Citadella, qui fut évêque du Nebbio de 1773 à 1775, avant d'être évêque de Mariana de 1775 à 1782, étant né à Vico, il pourrait s'agir d'un don de la famille CITADELLA.

 

    Mais VICO n'a pas eu le monopole de la distribution.

    L'église St Nicolas de GUAGNO reçut un portrait de Saint Charles Borromée et l'église Sainte Marie de SOCCIA un "Baptême du Christ" (voir l'article qui le présente en cliquant ICI).

     Et POGGIOLO dans tout ça? Il semble que le village n'ait rien reçu.

    Que fit donc la municipalité alors dirigée par Jean-Baptiste DEMARTINI? N'essaya-t-il pas d'obtenir une partie du pactole? Qui peut nous renseigner?

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 20:49

    A la suite des chiffres de la population française publiés par l'INSEE, Anne CHEMIN a publié dans "Le Monde" du 26 janvier un article intitulé "Il n'y a plus de saison pour les bébés".

    Elle y rappelait que, autrefois, au XVIIIème et au XIXème siècles, les naissances les plus nombreuses avaient lieu en janvier-février-mars. Ces mois correspondaient au moment de sortie du Carême, neuf mois plus tôt. Pendant la période d'abstinence, en gros le mois de mars, les relations sexuelles étaient prohibées, ce qui expliquait un fort creux des naissances en décembre.

    Avec la diminution de l'imprégnation religieuse, cette périodisation n'est plus visible. Il existe maintenant un pic en avril-mai, correspondant à des conceptions en été. Actuellement, le mois le plus fécond est celui de septembre, et surtout le jour du 23 septembre, ce qui doit être mis en rapport avec, neuf mois plus tôt, le jour de l'an!

    Les Poggiolais d'autrefois respectaient-ils le jeûne sexuel? Pour le savoir, il faudrait étudier attentivement toutes les dates de naissances des trois derniers siècles. Sur GENEANET, se trouve le résultat des recherches de Pierre LECCIA qui a dépouillé les registres d'état civil des archives municipales de Poggiolo de 1820 à 1971, ainsi que du recensement de 1770. Grâce aux mentions marginales portées sur ces documents, il est parfois possible de retrouver des dates antérieures ou postérieures.

    Mais, dans ce cas, pour les naissances les plus anciennes, le mois n'est pas toujours indiqué.

Cet excellent travail fournit un total de 2.685 fiches dont 1.160 comportent le mois de naisssance (les naissances hors Poggiolo étant écartées).

    Les résultats mensuels sont les suivants:

  • janvier: 127
  • février: 113
  • mars: 107
  • avril: 101
  • mai: 72
  • juin: 69
  • juillet: 68
  • août: 87
  • septembre: 87
  • octobre: 117
  • novembre: 95
  • décembre: 117

    Mais, dans cette série, 2 naissances ont eu lieu au XVII° siècle, 62 au XVIII°, 964 au XIX° et 132 au XX°. La répartition étant très inégale, il est plus logique de ne se servir que des chiffres du XIX° siècle qui représentent la grande majorité. 964 naissances en un siècle; cela signifie qu'il y avait une moyenne de 9,64 naissances par an au village.

    La répartition mensuelle pour ce siècle donne ainsi:

  • janvier: 106
  • février: 95
  • mars: 88
  • avril: 81
  • mai: 54
  • juin: 59
  • juillet: 56
  • août: 74
  • septembre: 72
  • octobre: 99
  • novembre: 76
  • décembre: 104

    Sous la forme de graphique, plus parlante, le résultat est:

courbe naissances

 

    Le creux de mai-juin-juillet est très net, ainsi que le pic de janvier-février. Mais octobre et décembre sont également très fertiles. La saisonnalité habituelle dans l'Europe chrétienne du XIX° siècle n'est donc pas tout à fait observée. Est-ce à dire que, à cette époque-là, les Poggiolais respectaient moins les interdits religieux?

    Peut-être faudrait-il affiner en recherchant s'il n'y a pas d'évolution entre le début et la fin du siècle. Une étude des différents éléments de la pratique religieuse serait à effectuer en parallèle.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 19:48

    Après avoir échappé de justesse au quadrillage opéré par le capitaine MARINETTI, chef des voltigeurs corses (opération décrite dans l'article précédent), Théodore et Mathieu Poli avaient quitté les deux cantons de Sorru pour se réfugier dans la Cinarca.

Ils se reposèrent dans une cabane de MORTOLA, dans la commune d'AMBIEGNA, où ils furent encerclés par des voltigeurs.

Sur l'affrontement final, les versions diffèrent.                                                             

   Henri PIERANGELI dit PIERHOME (dans "La vie du bandit Théodore") raconte comment le berger Toussaint COLONNA  s'était rallié aux voltigeurs et s'était embusqué près de la bergerie avec les voltigeurs GRAZIANI et FORNARI.

   Pour François ROBIQUET (dans "Statistique de la Corse"), ces trois hommes étaient tous voltigeurs et rôdèrent douze jours avant de tomber sur Théodore le 5 février 1827 (au matin du 4 février pour PIERHOME). Dans le combat, GRAZIANI et FORNARI furent blessés mais ce fut ce dernier qui tua Théodore.

    Une troisième version est fournie par l'écrivain Santu CASANOVA (1850-1936) surnommé "le Mistral corse" (voir sa biographie rédigée par Jean-Guy TALAMONI dans "l'Enciclopedia di a Corsica"). Originaire du village d'AZZANA, élevé à ARBORI et scolarisé à VICO (donc dans la zone des exploits de Théodore), Santu Casanova avait recueilli le récit des exploits du bandit auprès des anciens des villages.

    Il en fit le texte ci-dessous qui est traduit de la version parue en langue corse dans le périodique "L'Annu Corsu" de 1932. L'auteur commet une grande erreur en datant la mort de Théodore de l'année 1831 au lieu de 1827. Il décrit une trahison d'un berger. Il invente l'intervention d'une jeune fille pour vérifier le décès du bandit (qu'il place le 6 février). Enfin, il décrit avec des détails scabreux ce qui arriva à son corps. Le coup de théâtre final laisse planer le doute sur ce qui advint de celui qui avait imposé la loi du maquis pendant sept ans. 

 

bandit en embuscage couleur   "On ne put avoir raison du bandit que par la trahison.

    Arrivé le soir du samedi 5 février 1831 sur les bords du Liamone, il attrapa une pneumonie et se réfugia dans la cabane d’une veuve de Guagno qui passait là l’hiver avec ses chèvres. Le malade passa la nuit avec une forte fièvre. Au matin, la veuve envoya son berger à COGGIA pour chercher un pain en recommandant bien de ne pas faire savoir que Théodore était dans la cabane. Mais le berger ne pouvait rester sans parler. Quand il arriva à COGGIA, tous les villageois étaient à l’église. Seuls trois voltigeurs: COLONNA, FORNARI et GRAZIANI, écoutaient la messe sous l’orme de la place de l’église. Le berger, ne pouvant plus garder son secret, s’approcha de ces trois pénitents et leur demanda s’il n’y avait rien de nouveau à COGGIA. Ces derniers, intrigués de la demande, lui répondirent :

« Ici, il n’y a rien ; mais toi, sais-tu quelque chose ? »

- Moi, je sais quelque chose, mais il faut que je garde le secret pour moi »

- Et que sais-tu? Parles. Qui est le gros poisson ? »

- Théodore a une pneumonie dans la cabane de ma patronne. Si vous descendez, vous le prenez comme un mulet ».

    Le poisson étant gros et désiré ardemment. Les voltigeurs partirent en courant et encerclèrent la cabane en hurlant :

    « Attention Lorelli, attention Colombani, attention Catignio ! tous prêts ! ».

    Burghellu, le frère de Théodore qui était au maquis, en entendant l’appel de COLONNA, s’éloigna en croyant que toutes les brigades étaient là-bas. En voyant la cause perdue, Théodore fit une dernière tentative pour sortir après avoir tiré sur GRAZIANI. Celui-ci avait un bras en morceaux mais les deux autres firent feu, et le bandit tomba à quatre pas de la cabane avec son fusil tendu sur un genou dans une attitude de défense. Les voltigeurs surpris ne savaient s’il était vivant ou mort . Une fille de la patronne regardait le bandit qui ne bougeait plus.       

   COLONNA lui dit :

« Va voir s’il est mort »

- J’irais si vous me donnez le foulard qu’il a autour du cou »

- Vas-y; nous te le donnerons ».

    Quand la petite fille le toucha, Théodore était mort et ne faisait plus peur, ni aux gendarmes ni aux voltigeurs. Au comble de la satisfaction, les héros de la mort de Théodore Poli, qui devait résonner dans toute l’Europe, sautaient de joie et improvisèrent un vocero sur le mort au nom de sa compagne enceinte et sur le point d’accoucher.

 

Stava tutta addulurata
Di Tiadoru la cunsorte
Quandu intese la nuvella
Ch'ell'era firitu à morte.

Oh ! s'eiu un era in partu
Aggravata da i dulori
Vulia sfugà lu me sangue
Contru li vultisgiatori.

 

(Elle était toute affligée,

la compagne de Théodore,

quand elle entendit la nouvelle

qu’il était blessé à mort.

 

Oh si je n’étais pas enceinte

Accablée par les douleurs

J’aurai voulu épancher mon sang

Contre les voltigeurs)

 

    Pour s’assurer qu’il ne ferait pas feu même après sa mort, les voltigeurs déchargèrent un fusil puis prirent le mulet de la bergère, attachèrent le mort par les pieds à la croix du bât et partirent vers VICO en criant à voix étouffée:  

   

Compra stacci, ciarnìgliuli, ferru,

acciaghju, chjodi, stacchette è carne fresca !

 

(Achetez des tamis, des cribles, de la ferraille,

de l’acier, des clous, des pointes à chaussure et de la viande froide !)

 

 

    La nouvelle se répandit dans toute la région. De chaque village, accoururent des hommes, des femmes, des vieux et des enfants. Quand le cortège entra dans VICO, il était escorté de plus de deux mille personnes. Déposé dans l’église de VICO qui était sur la route, le mort fut confié à un certain ORSONI, ancien voltigeur installé comme boucher à VICO. Théodore, pendant le voyage sur la mule, avait eu la tête cassée. ORSONI lui souda sa blessure avec des herbes parfumées et lui fit une raie sur sa coiffure qu’il avait abondante. Dans la nuit, six hommes armés entrèrent dans l’église et prirent le mort devant ORSONI. On n'a jamais su où il a été enterré. Quand le tribunal arriva à VICO avec tout son attirail, il ne trouvèrent que les murs."

 

    Le plus fameux des premiers bandits corses abattu, le banditisme n'en avait pas moins de beaux jours devant lui. La même année 1827 où mourut Théodore, on compta 125 assassinats en Corse. Pour éradiquer cette violence, il faudra l'expédition militaire de 1931. Elle sera décrite dans un prochain article, d'autant plus que la commune de Poggiolo-Guagno-les-Bains y joua un rôle important.

 

Articles précédents sur Théodore POLI:

- n°1:le bourreau de Bastia

- n°2: mort aux gendarmes

- n°3: le curé de Poggiolo

- n°4: le maire de Poggiolo

- n°5: la traque

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:24

  Théodore POLI a défié les autorités pendant plusieurs années (voir les articles précédents: le n° 1, le n° 2, le n° 3 et le n° 4).

   Au début, il bénéficiait d'une certaine sympathie dans la population de Sorru. Il pouvait ainsi parader en uniforme d'opérette dans les rues du village de GUAGNO près duquel se trouvait son premier refuge.

   Ensuite, il s'installa "dans un bois situé aux confins du village d'ORTO, une maison confortable dont il avait fait son hôtel de plaisance", écrit Henri PIERHOME. Dans cette maison, résidaient une de ses maîtresses et son oncle UCELLONE. Théodore n'avait pas à craindre d'intervention policière car un passage souterrain dans la cave lui permettait de rejoindre "à deux cents mètres derrière la maison, (...) un ravin profond (Malavia), tapissé d'une végétation extrêmement touffue", qui rejoignait un bois de châtaigniers (à Isoletta).

    Le refuge était sûr. Mais, après la période de gloire où il avait regroupé des dizaines de contumaces dans la forêt d'Aitone, Théodore vit les difficultés s'accumuler. La création du corps des voltigeurs corses lui porta un rude coup car ces auxiliaires connaissaient bien le terrain. Des défections se produisirent parmi ses lieutenants. D'après PIERHOME, ce fut UCELLONE qui permit aux forces de l'ordre de monter l'embuscade où périt BRUSCO, le grand ami de Théodore. A la fin de l'été 1826, il jugea préférable de quitter la maison d'ORTO avec son frère Joseph.

 

    Le Capitaine MARINETTI, commandant la troisième compagnie de voltigeurs corses, entreprit alors une véritable expédition pour traquer les bandits. Le cheminement peut être suivi sur la carte ci-dessous.

  • Le vendredi 20 octobre 1826, il partit de VICO avec un détachement de quinze voltigeurs et alla à ORTO.
  • Le samedi 21, il quitta ORTO pour GUAGNO où il interrogea des paysans à qui THÉODORE avait interdit de ramasser des châtaignes. Il apprit ainsi que le bandit serait réfugié dans la forêt de PEGA. Mais il décida de d'abord bien ratisser les alentours en perquisitionnant et en interrogeant dans les différents villages.
  • Le dimanche 22, il revint à VICO.
  • Le lundi 23, il repartit de VICO pour CARGESE.
  • Le mardi 24, il inspecta le poste de PIANA et se renseigna sur le bandit NEGRONELLO, obtenant confirmation qu'il était devenu inoffensif.
  • Le mercredi 25, il était à OTA.
  • Le jeudi 26, il arriva à RENNO.
  • Le vendredi 27, il était à LETIA. De là, le soir, il se rendit dans la forêt de PEGA (entre le col de Sorru et le Liamone, en face de LETIA). Il répartit ses voltigeurs à divers postes stratégiques pour quadriller les lieux.                            
(cliquer sur la carte pour l'agrandir) 

(cliquer sur la carte pour l'agrandir) 

  • Le samedi 28, au petit matin, MARINETTI descendit du col de Sorru avec huit hommes. Il découvrit la grotte où se réfugiaient les deux frères POLI. Dans l'échange de coups de feu qui suivit, Théodore fut blessé au bras gauche et son frère au menton. Mais ils réussirent à s'enfuir.

    MARINETTI rentra à VICO. Les deux fuyards dévalisèrent plus tard le curé de PASTRICCIOLA et se cachèrent à AMBIEGNA où leur carrière prit fin, comme l'indiquera un prochain article.

(à suivre ICI)

 

(cliquer sur la carte pour l'agrandir)

(cliquer sur la carte pour l'agrandir)

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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