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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 18:03

 

Dans l'annonce d'un cours de chant et guitare dispensé par Fabrice Massiani à Vico, il a été fait allusion au travail de Jean-Baptiste PAOLI pour maintenir les traditions musicales corses. Il se situe dans la lignée des violoneux qui animaient autrefois les réunions villageoises.

 

Deux de ces artistes poggiolais d'autrefois ont été évoqués dans un article paru sur ce blog le 1er février 2015. Il nous paraît utile de le rééditer. 

 

Jean-Baptiste Paoli à Soccia le 24 juillet 2009

Jean-Baptiste Paoli à Soccia le 24 juillet 2009

 

Toutes les générations ont eu, malgré la dureté du travail, le besoin de s'amuser. Au XIXème et au début du XXème siècle, le violon était l'instrument par excellence de toutes les fêtes.

Dans les villages de Sorru in Sù, Martitinu (qui s'écrit aussi Martinchjinu) eut une grande célébrité ainsi que, avant lui, Cumandante. Ces deux représentants de la culture populaire ont été évoqués dans un article ( de Xavier Paoli?) paru dans "L'info U Pighjolu" de juillet 2007. 

 

"Evoquons, pour leur rendre hommage, deux de ces modestes artistes qui faisaient danser nos arrière-grands-parents. 

 

Tout d'abord, chronologiquement, Ghjuvan Battistu BATTESTI, natif d'Ortu mais ayant fait souche à U Pighjolu par le mariage. Grand escogriffe, doté de plusieurs surnoms dont un lui allait comme un gant ("Cicala") et un autre ("Cumandante") dont on pouvait se demander où il en avait gagné les galons, lui qui n'avait jamais pratiquement quitté son île.

Il était en réalité maçon et sonneur de cloches (aux appointements de 50 francs par an en 1881). Mais il ajoutait à ces multiples et variées occupations un vrai talent de musicien, apprécié dans tout le canton et même au-delà.

Versificateur hors pair, il était très sollicité dans toute la région pour les festivités du carnaval. Mêlant musique et couplets entraînants, l'archet frénétique, le quatrain moqueur à la bouche, il menait la sarabande carnavalesque avec un entrain jamais démenti. Peut-être là est l'origine de son surnom de «Cumandante» (… di Carnavà, disaient les mauvaises langues). 

 

C'est probablement à son école que Ghjuvan Martinu PINELLI (Martinchjinu), né en 1878 à U Pighjolu, semble avoir fait son apprentissage de violoneux. Vigneron, cordonnier, il tenait aussi le Café du village où il vendait le vin et l'eau-de-vie de sa production. 

"Cumandante" se faisant vieux, il avait succédé à celui-ci dans le rôle d'animateur de festivités. Alors qu'il ne jouait plus depuis longtemps, les plus âgés d'entre nous ont pu l'entendre peu de temps avant sa mort en 1951, animer une soirée impromptue où plusieurs couples retrouvant leurs jambes de vingt ans, nous offrirent le témoignage d'une civilisation à jamais disparue." 

 

Violons, guitares et chants avec Ferdinand Passoni à U Pighjolu (16 août 1997)

Violons, guitares et chants avec Ferdinand Passoni à U Pighjolu (16 août 1997)

 

Article recommandé sur les violons et les violoneux:

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 20:02

En 1815Antoine François CAVIGLIOLI avait perdu son traitement, son grade de lieutenant et, beaucoup plus humiliant, son titre de chevalier de la légion d’honneur

 

 

Un obstiné qui veut sa décoration

Mais Antoine François avait une famille à nourrir: une femme et deux enfants (sur les quatre qu’eut le couple). Giulia Maria étant morte en 1827, il se remaria avec Maria Flaminia LECA qui avait vingt ans de moins que lui et qui lui donna au moins une fille.

Comme il l’écrivit dans sa lettre du 31 octobre 1832 conservée dans son dossier de la légion d’honneur, il «fut réduit à accepter, pour pouvoir vivre, une place de sergent dans les voltigeurs corses» le 5 novembre 1826. Ce bataillon avait été créé le 6 novembre 1822 par le roi pour lutter contre le banditisme, et notamment contre Théodore POLI, originaire lui aussi de Guagno.

Voir à ce sujet la série des six articles du blog des Poggiolais intitulée «Les exploits de Théodore».

 

Voltigeur corse par Hippolyte Bellangé

Voltigeur corse par Hippolyte Bellangé

 

Il fut nommé sous-lieutenant le 31 mai 1831 mais il n’avait toujours pas sa légion d’honneur.

 

 

Cependant, la situation politique française avait changé. Louis-Philippe, proclamé roi des Français le 7 août 1830, commençait un règne dont les débuts étaient très libéraux.

 

Plein d’espoir, Antoine François CAVIGLIOLI envoya dès le 28 septembre au Grand Chancelier de la légion d’honneur une lettre pour solliciter auprès du roi «la confirmation de cette récompense nationale». Il fallut attendre un an et, le 28 novembre 1831, une ordonnance royale reconnut les nominations qui avaient eu lieu pendant les Cent Jours. Mais elle prenait effet à partir du 20 mars 1815 et rejetait donc aussi bien CAVIGLIOLI que MULTEDO qui avaient été nommés le 12 mars !

 

Heureusement, une ordonnance spéciale étendit ensuite cette reconnaissance aux nominations antérieures au 20 mars, pendant «le Vol de l’Aigle».

 

Notre Guagnais obstiné envoya son dossier à l’ordre de la Légion d’honneur dont le grand-chancelier était le maréchal MORTIER, ancien compagnon de Napoléon, et ses efforts furent couronnés de succès: Louis-Philippe le nomma chevalier en date du 30 août 1832.

 

Sa joie était incomplète car il lui fallait justifier son identité, prouver qu’il était bien le même personnage que celui qui avait été décoré en mars 1815. Et ce ne fut pas si facile que ça. Le dossier consultable sur la base de données LEONORE permet d'en suivre les péripéties.

 

Des documents, comme la lettre de félicitations du comte DEJEAN, grand trésorier de l’ordre, datée du 8 avril 1815, facilitèrent la procédure. DEJEAN assurait alors l’intérim du grand-chancelier, le comte de LACÉPÈDE, absent de Paris.

 

Lettre de félicitations du comte Dejean, datée du 8 avril 1815.

Lettre de félicitations du comte Dejean, datée du 8 avril 1815.

Comte DEJEAN, trésorier de l’ordre de la légion d’honneur en 1815

Comte DEJEAN, trésorier de l’ordre de la légion d’honneur en 1815

 

Ce fut un peu plus difficile pour Louis MULTEDO dont la lettre de confirmation avait été perdue avec ses bagages lors de la bataille de Waterloo.

 

Antoine François obtint un acte de notoriété établi le 26 février 1833 grâce au témoignage de quatre voltigeurs reconnaissant son identité.

 

La difficulté vint d’un autre document.

 

 

Trois versions pour un baptême

Antoine François avait envoyé en août 1832, demandée par la chancellerie de la légion pour établir son identité, une copie, établie par LECA, maire de Guagno, de son acte de baptême, acte faisant office d'acte de naissance pour la période où l'état-civil n'était pas laïcisé.

 

Acte de baptême : copie d’août 1832

Acte de baptême : copie d’août 1832

 

Elle lui fut refusée car elle était en italien et car elle ne contenait pas les noms de ses parents. Si, de son côté, Louis MULTEDO dut faire traduire son acte en français, CAVIGLIOLI ne le fit pas mais le problème important n’était pas la langue.

 

Dans la lettre accompagnant la nouvelle version, établie le 31 juillet 1833, il déclarait qu’elle était «exactement conforme aux registres existants entre (l)es mains (du maire de Guagno), ce qu’il a enfin fait, mais toujours rédigé en italien; cependant les noms de mes Père et Mère n’y sont pas omis».

Acte de baptême : copie de juillet 1833

Acte de baptême : copie de juillet 1833

 

Il est vrai que l’on peut parfaitement lire: «Antonio Francesco Caviglioli figlio legitimo di Carlo Luigi Caviglioli e Giulia di lui moglie nata Cipriani».

 

Cette copie n’est pas l’œuvre du maire mais de l’adjoint Pinelli qui, en l’absence du maire, l’a écrite «parola a parola per Copia Conforme» à l’original des registres paroissiaux. Tiens, c’est curieux mais la copie signée par le maire LECA porte la même mention. Pourquoi le premier magistrat de la commune aurait-il commis une erreur?

 

Le mieux est de se tourner vers le document original que la numérisation de l’état-civil permet de trouver sur le site des archives départementales de Corse-du-Sud.

 

L’acte de baptême original

L’acte de baptême original

 

Ô surprise, internet nous donne une troisième version qui, comme celle d’août 1832, ne donne pas les noms des parents ou pas exactement les mêmes!

 

Plus précisément, les prénoms du père, Carlo Luiggi, sont suivis d’un mot que l’on peut déchiffrer comme «fontana» mais qui, d’aucune manière, ne peut être Caviglioli. Le nom de Caviglioli est présent mais accolé à la marraine «Giustina moglie (épouse) di Domenico Caviglioli».

 

Dans la copie signé par le maire, le père est «Carlo Luigi», avec un seul «g» et sans nom de famille, tandis que Giustina est déclarée épouse de «Domenico fontana». Voilà qui pourrait changer totalement l’identité de notre soldat.

 

En dehors du curé, seul le parrain, «Polo francesco Poli», a signé. 

 

Enfin, il est bien spécifié que le père de l’enfant était absent. Où se trouvait-il pour cet événement important?

 

Comment interpréter ces variantes? Le jour du baptême, de LECA, le curé de Guagno avait-il été tellement distrait ou ému qu’il aurait inversé les noms du père et de la marraine?

 

Un point à remarquer: de LECA avait tenu à accompagner sa signature du titre de piévan que lui disputait alors farouchement le curé de Poggiolo Giovanni BONIFACY (voir article http://poggiolo.over-blog.fr/2016/10/permanence-et-mutations-de-sorru-in-su-1/2-les-origines-et-l-organisation-religieuse-de-la-pieve.html).

 

Peut-on aller jusqu'à imaginer que cet acte tente de cacher un secret familial? Ce serait exagéré.

 

Si la copie réalisée par le maire avait déjà supprimé «fontana», la version suivante, celle de PINELLI, est un tripatouillage éhonté du document originel: les deux mentions CAVIGLIOLI, pour l’enfant et pour son père, ont été délibérément ajoutées par l’adjoint au maire.

 

Sans cette astuce, Antoine François n'aurait peut-être jamais pu récupérer sa légion d'honneur en 1833, avec dix-huit ans de retard.

 

Quand, en 1857, Napoléon III créa la médaille de Sainte-Hélène pour distinguer les anciens soldats de son oncle, Antoine François CAVIGLIOLI la reçut.

 

 

Il mourut à Guagno le 27 octobre 1868, à l’âge de 87 ans. Et l’acte de décès mentionne bien «chevalier de la légion d’honneur», le titre qui symbolise toute sa vie.

 

 

Documents utilisés:

1- Site La Corse militaire:

 

2- Site Archives départementales de Corse-du-Sud: registres d’état-civil de Guagno 

(http://archives.corsedusud.fr/Internet_THOT/FrmSommaireFrame.asp)

 

3- Site Mémoire des hommes: bataillon de chasseurs de l’île d’Elbe

(https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YToxMDp7czoxMDoidHlwZV9mb25kcyI7czo3OiJhcmtvX2lyIjtzOjg6ImltZ190eXBlIjtzOjM6ImpwZyI7czo0OiJyZWYwIjtzOjM6IjEwOCI7czo0OiJyZWYxIjtpOjIyO3M6NDoicmVmMiI7czozOiIxNDMiO3M6NDoicmVmMyI7czowOiIiO3M6NDoicmVmNCI7czowOiIiO3M6MTI6ImltYWdlX2RlcGFydCI7czo3NjoiL1BBUkNPVVJTSU5ESVYvQ09OVFJPTEVUUk9VUEUvR1IyMFlDLzIwWUMwMTA1WC9TSERHUl9HUl8yMF9ZQ18wMTA1WF8wMDU5LkpQRyI7czoxNjoidmlzaW9ubmV1c2VfaHRtbCI7YjoxO3M6MjE6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWxfbW9kZSI7czo0OiJwcm9kIjt9#uielem_move=456.296875%2C73&uielem_islocked=0&uielem_zoom=40&uielem_brightness=0&uielem_contrast=0&uielem_isinverted=0&uielem_rotate=F)

 

4- «Les troupes corses de la Révolution au 1er Empire (1789-1815). Des processus et des mutations, la Corse militaire une identité complexe» par Jean-François GIFFON-SCAPULA (http://bibliotheque-martial-lapeyre.napoleon.org/Default/doc/SYRACUSE/71704/les-troupes-corses-de-la-revolution-au-1er-empire-1789-1815-des-processus-et-des-mutations-la-corse-)

 

5- Base leonore de la Légion d’Honneur (http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr):

dossiers Antoine François CAVIGLIOLI et Louis MULTEDO.

 

6- Wikipedia : 

-les Cent Jours (https://fr.wikipedia.org/wiki/Cent-Jours)

-comte Dejean (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-François-Aimé_Dejean)

 

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 22:57
Qu'a fait Napoléon III pour la Corse?

Salute à tutte è à tutti.

Les prochaines conférences de notre Société Napoléonienne se tiendront à la Maison de la Corse, 69/71 rue Sylvabelle à Marseille, le jeudi 24 octobre prochain selon les horaires suivants :
- 17 h 30, dans le cadre de notre séminaire, "Talleyrand, prince de la diplomatie ou traître" par Monsieur le docteur Jacques Di Costanzo.
- 19 h 00, "Napoléon III et la Corse" par Monsieur Jean Dal Colletto.
Nous partagerons notre habituel cocktail. 
Pour nous permettre de vous accueillir dans les meilleures conditions, merci de signaler votre présence par téléphone au 07 77 89 37 82, ou au 06 62 62 50 08, ou par mail à maisondelacorse13@gmail.com ou jacquesdico@aol.com.
Venite numerosi, ci sarà da beie è da manghjà.
In amicizia.
 
 
Jean Dal Colletto, Président de la Fédération des Groupements Corses 
de Marseille et des Bouches-du-Rhône
 
     
   Maison de la Corse

 69/71, rue Sylvabelle

    13006 Marseille

     04 91 13 48 50


 

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 18:32

La fidélité des habitants de Guagno envers Pascal PAOLI est bien connue pour avoir été symbolisée par la haute figure du curé CIRCINELLU.

 

Les Guagnais ont été également fidèles à Napoléon BONAPARTE. Franceschi CIPRIANI suivit l’empereur déchu à l’île d’Elbe et à Sainte Hélène où il mourut (voir l’article que ce blog lui a consacré sous le titre «Les mystères de Cipriani»).

 

Un autre partisan de Napoléon, beaucoup moins connu, fut Antoine François CAVIGLIOLI qui eut la particularité d’avoir été, avec le Vicolais Louis MULTEDO, le premier militaire des Deux Sorru à recevoir la légion d’honneur, du moins d'après la base Leonor. Mais cette décoration lui fut enlevée puis réattribuée à l’issue d’une histoire compliquée comportant quelques obscurités. Lisez son histoire.

 

 

 

Un soldat sans histoire jusqu’en 1814 

Né le 18 mars 1782 à Guagno, Antoine François CAVIGLIOLI était le fils de Carlo Luigi CAVIGLIOLI (1739-1811) et de son épouse Ghjulia Maria CIPRIANI (1738-1810). Mais cette naissance comporte une incertitude qui faillit coûter sa décoration à Antoine François. Nous y reviendrons.

 

Aucun renseignement n’existe sur lui avant le 4 décembre 1802 où, âgé de vingt ans, il entra au service militaire «en qualité de sergent au 1er bataillon des chasseurs corses», d’après l’état de ses services inscrit dans son dossier de la légion d’honneur. Il est quand même curieux que ce jeune homme ait pu commencer sa carrière en étant directement sergent. Jean-François GIFFON-SCAPULA écrit dans son étude sur «Les troupes corses de la Révolution au 1er Empire (1789-1815)» qu’il était entré comme caporal.

Surtout, dans les bans publiés par la mairie de Guagno (et disponibles sur internet) avant son mariage avec Giulia Maria VENTURINI, Antoine François est qualifié de «caporale di cacciatori, nel battaglione Bonelli». Ce titre devient plus simplement, dans l’acte de mariage célébré le 1er juillet 1805: «al servizio militare nel battaglione Bonelli», sans indication de grade.

Au lieu d’une promotion d’office comme sergent, il aurait donc été toujours seulement caporal trois ans après être entré dans l’armée.

Le bataillon BONELLI avait été le nom d’une troupe d’insulaires qui, sous le commandement de Mathieu BONELLI, avait été envoyée en Corse par le général BONAPARTE en 1796 pour s’opposer aux Anglais. Au moment du mariage de CAVIGLIOLI, à la suite de la réorganisation des troupes corses qui avait eu lieu en 1802, son fils François BONELLI dirigeait le 3e bataillon de chasseurs corses, devenu bataillon du Golo en 1806. 

 

 Soldats des cinq bataillons de chasseurs corses en 1803 (gouache conservée aux Archives Nationales), extrait du site La Corse militaire.

Soldats des cinq bataillons de chasseurs corses en 1803 (gouache conservée aux Archives Nationales), extrait du site La Corse militaire.

 

Caporal ou sergent, 1er ou 3e bataillon, toujours est-il que le Guagnais devint lieutenant au 1er bataillon du Golo par décret impérial du 8 avril 1809. Ensuite, le 12 mai 1813, le comte César BERTHIER, commandant la division militaire de Corse, le nomma à titre provisoire lieutenant au 6e bataillon du 35e régiment d’infanterie légère (dit aussi le 35e léger), grade confirmé le 19 août par l’empereur.

Son dossier de légion d’honneur ne mentionnant aucune campagne ou blessure, il est difficile de décrire précisément sa carrière jusqu’en 1814. Cette année-là, après son abdication, Napoléon arriva le 4 mai à l’île d’Elbe dont il était devenu souverain. Des soldats du 35e léger s’y trouvaient. CAVIGLIOLI fit partie des treize officiers qui décidèrent de rester avec l’empereur quand leur unité fut rappelée en France.

 

arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe, image extraite du site Napoléon prisonnier: http://www.napoleonprisonnier.com/chronologie/elbe_arrivee.html

arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe, image extraite du site Napoléon prisonnier: http://www.napoleonprisonnier.com/chronologie/elbe_arrivee.html

 

 

Récompensé par Napoléon Ier et puni par Louis XVIII

 

Antoine François fut intégré le 16 mai au bataillon des chasseurs corses de l’île d’Elbe où il fut enregistré le 21 sous le matricule numéro 9.

Le rôle du bataillon permet de connaître les traits physiques de CAVIGLIOLI:

«taille d’un mètre 58 centimètres, visage rond, yeux gris, nez ordinaire, bouche moyenne, menton rond, cheveux et sourcils noirs».

 

CAVIGLIOLI était l’un des quatre lieutenants du bataillon qui comprenait également quatre capitaines dont Louis MULTEDO, né à Vico, lequel avait le matricule numéro 6.

Le bataillon manquant d’hommes, Napoléon encourageait les audacieux à aller recruter des soldats en Italie, ce qui était interdit par les traités. CAVIGLIOLI ramena 18 recrues, mais il lui en aurait fallu 40 pour obtenir le galon de capitaine !

 

Quand, le 25 février 1815, Napoléon Ier quitta son royaume d’opérette, il donna au bataillon le nom de Flanqueurs de l’Île d’Elbe.

 

Il débarqua à Golfe Juan le 1er mars et passa par la route des Alpes pour atteindre Gap le 5 au soir. Les Corses, qui formaient l’arrière-garde, parvinrent dans la préfecture des Hautes-Alpes le lendemain. 

 

L'accueil fut triomphal et les Gapençaises leur offrirent un drapeau tricolore confectionné par elles. Les soldats laissèrent leur fanion elbois de couleur verte qui est toujours visible au musée de Gap.

 

 

Fanion des chasseurs corses exposé au musée de Gap (photo Philippe Franceschetti)

Fanion des chasseurs corses exposé au musée de Gap (photo Philippe Franceschetti)

 

Napoléon entra à Grenoble le 7 mars et à Lyon le 10 mars qu’il quitta le 13. 

En arrivant à Grenoble, il s’était écrié: «avant Grenoble j'étais aventurier, à Grenoble j'étais prince». Il se considéra comme redevenu empereur des Français.

 

Plaque de la route Napoléon sur le site de l'ancienne porte de Bonne à Grenoble (site Wikipedia).

Plaque de la route Napoléon sur le site de l'ancienne porte de Bonne à Grenoble (site Wikipedia).

A ce titre, il en profita pour publier plusieurs décrets dont, le 12 mars, une première promotion de Légion d’honneur. CAVIGLIOLI devint chevalier de cet ordre, de même que Louis MULTEDO.

 

Les flanqueurs restèrent à Grenoble jusqu’au 22 mars. Le dossier sur la Légion d’honneur de MULTEDO indique que le Vicolais fut décoré le 12 sur la place Grenette à Grenoble. On peut supposer qu’il en fut de même pour le Guagnais CAVIGLIOLI.

 

L’empereur retrouva les Tuileries le 20 mars. Les flanqueurs n’arrivèrent à Paris que le 2 avril. Le 13, la majorité d’entre eux, dont CAVIGLIOLI et MULTEDO, forma désormais le 1er bataillon du 1er régiment des voltigeurs de la Jeune Garde, unité qui combattit à Waterloo le 18 juin. Nous savons que MULTEDO était présent à cette bataille car il déclara y avoir perdu ses bagages. CAVIGLIOLI était peut-être à ce moment-là en Corse car, le 16 mai, il passa au 3e bataillon de Chasseurs Corses. 

 

Le bataillon étant dissous, il quitta l’armée et rejoignit le sort des nombreux anciens soldats de Napoléon mis à la retraite ou en demi-solde par la pacifique Restauration.

 

Antoine François CAVIGLIOLI avait perdu son traitement, son grade et, beaucoup plus humiliant, son titre de chevalier de la légion d’honneur qu’il n’avait porté que quelques semaines. En effet, les décrets signés par Napoléon avant son retour à Paris le 20 mars 1815 furent considérés comme nuls, le gouvernement de Louis XVIII ayant siégé dans la capitale jusqu’à la nuit du 19 au 20 mars. Et sa promotion à la légion d'honneur datait du 12 mars.

 

 

Mais la carrière d'Antoine François n'était pas terminée et il retrouva sa légion d'honneur. Le prochain article dévoilera comment il fit.

 

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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 18:30
Enfin le tome 2 !

 

Depuis 2013 où était paru le premier tome aux éditions Alain PIAZZOLA, les passionnés du passé de notre île attendaient le second tome de "Histoire de la Corse". Le voici enfin.

 

Toujours sous la direction d'Antoine-Marie GRAZIANI, un collectif d'historiens raconte la période depuis les révolutions corses du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours.

 

Un livre essentiel.

 

Cliquez sur l'image pour lire plus facilement.

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4 juin 2019 2 04 /06 /juin /2019 17:55

 

L'été est encore loin mais il n'est jamais trop tard pour bien préparer les activités dans les villages.

L'association Letia-Catena, animée par M. Antoine Martin ARRIGHI, vient de publier l'annonce des deux conférences historiques estivales qu'elle organisera en juillet et en août:

 

L'Histoire dans nos villages

Pendant les vacances, le côté culturel ne doit pas être négligé.

 

Très certainement, dans les Deux Sorru, d'autres réunions sur nos racines pourraient avoir lieu.

 

Qui voudrait oser en préparer?

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 18:00

Carlo Francesco Pasquale PINELLI, le filleul de Pascal PAOLI, vécut à Poggiolo. En 1803, quand son père Gioan Natale décéda, il avait huit ans.

 

Il devint ensuite greffier de justice de paix du canton de Soccia, peut-être avec l’aide de son grand-oncle Gian Antonio. Le représentant du Père de la Patrie lors du baptême était devenu un personnage important: dernier vicaire général du diocèse de Sagone, secrétaire général de la préfecture sous Napoléon Ier, il fut nommé sous la Restauration conseiller général du canton de Soccia.

 

Il n’est pas interdit de penser qu’il ait permis à Carlo Francesco Pasquale de devenir maire de Poggiolo en été 1821 (à 26 ans!). A cette époque, les maires des petites communes n’étaient pas élus mais désignés par le préfet, donc avec l’accord du gouvernement.

 

«L’homme le plus cultivé de Corse» servit l’administration, favorisant la diffusion de la langue française dans la presse et les écoles corses.

 

Le filleul de PAOLI fit de même dans son domaine. A partir de 1824, tous ses actes d’état-civil furent rédigés en français. Par contre, dans les documents où il fut remplacé par son adjoint Antoine François PINELLI, le texte était entièrement en italien.

Rappelons que l'obligation de rédiger les actes d'état-civil dans la seule langue française date de 1852.

 

La signature de Carlo Francesco Pasquale est facile à trouver car elle s’accompagnait d’un dessin original.

Signature de Carlo Francesco Pasquale Pinelli.

Signature de Carlo Francesco Pasquale Pinelli.

En réalité, pas tout à fait original car le maire de Guagno, Francesco LECA, utilisait un dessin du même genre à la même époque.

Le filleul poggiolais de Pascal Paoli. 3/3: le maire de la francisation

 

Le maire de Poggiolo n’utilisait chaque fois que son premier prénom sous la forme française de Charles, oubliant complètement Francesco et surtout Pasquale. Très souvent, il écrivait simplement: «Pinelli maire».

 

Sa fonction l’entraîna à enregistrer le décès de sa mère Maria, morte le 27 avril 1841, et auparavant, celui de son grand-oncle Gian Antonio PINELLI, rappelé à Dieu le 26 décembre 1832 en la maison familiale des PINELLI.

 

La maison familiale des Pinelli.

La maison familiale des Pinelli.

Dans ce dernier document, le défunt est prénommé à la française «Jean Antoine» et ses titres sont détaillés:

 

«Curé de première classe de la Paroisse de Soccia, Docteur en utroque Jure en Théologie et Philosophie et ex-Secrétaire Général de la Préfecture de Corse».

 

Cliquer sur le document pour le lire plus facilement.

Cliquer sur le document pour le lire plus facilement.

 

 

L’expression latine «utroque Jure», qui est soulignée, signifie que "Jean Antoine" était diplômé à la fois en droit canon et en droit civil.

 

Maintenu à la tête de la municipalité poggiolaise sous la Monarchie de Juillet, Charles signa son dernier acte d’état-civil le 2 juillet 1847. Il décéda le 14 avril 1849 à l’âge de 54 ans. Il ne s’était pas marié et n’avait pas d’enfant.

 

 

 

Paradoxalement, le filleul de Pascal PAOLI fut un acteur docile de la francisation à Poggiolo.

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 18:10
 
Parmi les traditions de notre micro-région, figure un anniversaire qui n'est célébré nulle part ailleurs.
 

 

Il est tout simplement l'anniversaire de l'inauguration, le 22 mai 1887, de la chapelle située au col de Sorru.

 

Cette chapelle privée, construite par François PASTINELLI et entretenue par ses descendants, est un lieu de rassemblement des Sorrinesi deux fois par an (l'autre est le 8 septembre).
 
 
Cette année, la messe anniversaire aura lieu

 

SAMEDI 25 MAI à 10 h 30.

 

Vous êtes tous attendus.

 

 
Pour avoir plus de renseignements sur ce lieu, regardez l'article En passant par Sorrù.
 
 
 

 

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 17:58
Le filleul poggiolais de Pascal Paoli. 2/3: le mandataire di u Babbu

 

Il est bon de s’interroger sur l’identité de l’homme qui représenta Pascal Paoli au baptême de Carlo Francesco Pasquale PINELLI le 30 septembre 1795 à Poggiolo.

 

Le parrain étant absent, la procuration («mandato di precara») avait été attribuée «nella persona del Signor Dottor Giovantonio pinelli».

 

Il est facile de reconnaître sous ces mots Gian Antonio PINELLI, surnommé «l’homme le plus cultivé de Corse».

 

Né le 6 septembre 1760, Gian Antonio était le grand-oncle du jeune enfant baptisé en 1795 car il était le frère de son grand-père Anton Francesco. Dans le document, il est qualifié de «Signor Dottor» car, entré dans les ordres, il devint docteur en théologie (1785) et en droit (1789).

 

Au début de la Révolution, il fut élu à l’assemblée départementale puis à la consulte de 1794 qui désigna le roi d’Angleterre comme roi de Corse.

 

D’après la notice d’Eugène GHERARDI parue dans le «Dictionnaire historique de la Corse» (sous la direction d’Antoine-Laurent SERPENTINI, éditions Albiana, 2006), Gian Antonio serait allé habiter Florence pendant la période du royaume anglo-corse. Il était pourtant bien présent au baptême de son petit-neveu le 30 septembre 1795.

 

Etait-il en vacances? Etait-il venu spécialement pour représenter Pascal PAOLI à cette cérémonie?

 

Toujours est-il qu’il fut bien «procuratore» du Père de la Patrie. La «madrina», la marraine, était Angela Francesca PINELLI qui ne signa pas l’acte de baptême car «dichiara di non sapere scrivere».

 

La signature du diplômé Gian Antonio PINELLI est bien visible en bas du document, ainsi que celle du curé Giovanni BONIFACY qui s'opposa à l'administration française pour conserver le titre de "piévane" à l'église St Siméon. Il a été question de lui dans l’article "Les origines et l'organisation religieuse de la pieve".

 

 

 

Signatures de Gian Antonio Pinelli et du curé Bonifacy.

Signatures de Gian Antonio Pinelli et du curé Bonifacy.

 

La vie très remplie de «L’homme le plus cultivé de Corse» a fait l’objet d’une série de trois articles sur ce blog.

 

(à suivre)

 

 

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 18:00

Au moment où l'on célèbre les 250 ans de la bataille de Ponte Novu qui marqua la fin de l'indépendance corse, on peut se rappeler que Poggiolo et les villages voisins des Deux Sorru ont soutenu Pascal Paoli contre les Génois puis contre les troupes françaises.

 

Ce soutien s’est parfois montré de façon originale comme le montre le document suivant, remarqué par Xavier PAOLI, l'historien poggiolais.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

 

Il s’agit d’un acte de baptême établi le 30 septembre 1795. Le nouveau chrétien était un membre de la famille PINELLI, fils de Gioan Natale et de son épouse Maria LECA, auquel on donna les prénoms de «Carlo francesco Pasquale».

 

Le dernier prénom est aussi celui du parrain que le document appelle «Sua Xccelonza il Signore Generale Pasquale de Paoli», formule écrite avec des lettres plus grosses que les autres et avec de grandes boucles.

 

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

 

 

Le doute n’est pas permis: ce personnage est bien Pascal PAOLI, u «Babbu di a Patria», le Père de la Patrie corse.

 

 

Le choix de ce parrain n’était pas innocent. Les parents avaient voulu montrer leur attachement à celui qui avait permis l’indépendance de la Corse avant son rattachement au royaume de France en 1768. D’autres familles insulaires firent le même choix pour le baptême de leurs enfants. Jean-Laurent ARRIGHI a compté trois cas similaires chez des notables de Vico, entre 1756 et 1764, pendant la période de l’indépendance («Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ouvrage collectif, ed. Piazzola, 2016, pages 81 et 82).

 

A Poggiolo, le cas n'est pas le même car en septembre 1795 le contexte était totalement différent. Depuis juin 1794, sous l’influence de Pascal PAOLI, la rupture avec la France révolutionnaire avait été votée par la Consulte de Corte et le royaume anglo-corse avait été institué.

 

 

Pasquale Paoli par W. Beckey

Pasquale Paoli par W. Beckey

 

Le baptême eut lieu en septembre à Poggiolo alors que d’importantes révoltes rurales s’étaient déclenchées dans le Vicolais en juin, par opposition à la politique fiscale mise en place par Charles André POZZO di BORGO, président du Conseil d’Etat sous l’autorité du vice-roi britannique sir Gilbert ELLIOT. Les familles aisées soutenaient ce mouvement par crainte de la révocation de la nationalisation des terres d’Eglise. L’agitation se répandit rapidement dans la partie occidentale de l’île.

 

D’après Antoine CASANOVA et Ange ROVERE («La Révolution française en Corse», Payot, 1989, page 258), «Paoli manifeste sa sympathie pour le mouvement populaire» mais s’inquiète de son ampleur, déclarant que «li popoli del delà da Monti sono piu furiosi che da questa parte».

 

Faudrait-il donc interpréter le baptême poggiolais comme un acte éminemment politique? Serait-il une manifestation d’attachement au Père de la Patrie et de méfiance envers le gouvernement anglo-corse?

 

La date est curieuse. Carlo Francesco Pasquale fut baptisé  le 30 septembre 1795 alors qu’il était né le 11 janvier 1794. Il avait donc 1 an et 8 mois, ce qui est inhabituellement tardif pour l’époque.

 

L’absence du parrain à Poggiolo n’a rien d’étonnant. Pascal PAOLI n’était pas venu non plus aux baptêmes vicolais mentionnés ci-dessus.  Il était remplacé par un mandataire.

 

Au moment de celui de Poggiolo, il n’était d’ailleurs pas libre de ses mouvements. A Bastia, où il se trouvait alors, il était sous la surveillance constante des Anglais. Le 14 octobre, le vieux chef corse s’embarqua à Saint-Florent pour son exil en Angleterre où il finit sa vie.

 

Deux semaines plus tôt, son filleul avait reçu la «ceremonie battesemale al sacro fonte di questa parochia», c’est-à-dire sur les fonts baptismaux de l’église Saint Siméon.

 

 

Fonts baptismaux (classés aux Monuments historiques) de St Siméon à Poggiolo.

Fonts baptismaux (classés aux Monuments historiques) de St Siméon à Poggiolo.

D'autres éléments curieux concernent ce baptême. Ils seront présentés dans le prochain article.

 

(à suivre)

 

PS: Merci à Pierre LECCIA pour ses travaux généalogiques publiés sur le site GENEANET.

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