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2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 18:00

Evoquer une maison-fantôme n'est pas du tout faire une concession à l'horrible Halloween introduite par la sous-culture américaine, mais qui a quand même des points communs avec la Sant'Andria corse (voir l'article à ce sujet).

 

Parmi les maisons poggiolaises, il en est une qui est particulière car elle est en ruines à l'intérieur même du village, car elle est à une famille qui ne vient plus.. et car, officiellement, elle n'existe pas !

 

Il s'agit de la maison MOZZICONACCI.

 

 

1- Une maison-fantôme bien réelle

Juste au bord de la Stretta, dans le virage situé immédiatement après la maison Franceschetti, un toit sans couverture et dont il ne reste que des poutres émerge presque au niveau du chemin.

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci
Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci
Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti

Photos Michel Franceschetti

 

D'après Xavier PAOLI, l'historien du village, cette maison aurait été acquise autrefois par un prêtre de la famille FRANCESCHETTI. Elle revint ensuite à Marie-Françoise FRANCESCHETTI, née le 25 avril 1884, qui se maria en 1900 avec Marc Marie MOZZICONACCI, originaire du Sud de la Corse, qui alla travailler au service des Eaux et Forêts en Tunisie. Le couple eut trois garçons et une fille.

 

Marie-Françoise décéda le 17 juillet 1966 à Ghisonaccia. Mais, dès avant sa mort, la maison n'était plus occupée. Et les descendants n'ont plus rien fait pour cette bâtisse.

 

Les photos montrent une situation désolante.

Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti

Photos Michel Franceschetti

 

 

2- Une maison-fantôme sur les papiers officiels

Une inscription qui comportait peut-être une date se devine sur un linteau mais elle est illisible.

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

En tout cas, la construction est ancienne. Elle est dessinée sur le plan cadastral de 1857.

Elle est coloriée en rose sur la parcelle numéro 455 et l'emplacement porte le nom de Casanova.

 

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci

Un problème se pose quand on regarde le cadastre actuel sur le site gouvernemental https://www.cadastre.gouv.fr.

En effet, à la suite du renumérotage des parcelles poggiolaises, le même lieu porte maintenant le numéro 228... mais n'a plus du tout de construction, qui aurait dû être représentée en jaune-orange.

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci

Cette absence est-elle le résultat de l'état de ruine de la maison? 

Il est vrai qu'il en est de même du côté de Pisciatta où le terrain qui appartint à Pascal Ignace MARTINI n'est pas non plus colorié. Or, la maison y est dans le même état. Voir l'article qui lui a été consacré en suivant le lien suivant.

Pourtant, les murs existent bien dans les deux cas.

Les vues aériennes montrent toujours aujourd'hui l'existence de la maison MUZZICONACCI.

 

photo Google
photo Google

photo Google

Sur le site Géoportail de l'I.G.N., la maison est symbolisée par un carré de lignes en noir gras sur fond blanc, alors que les autres sont colorées en crème pâle et la mairie en rouge.

 

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci

Les ruines peuvent être vues par tout le monde mais, sur les papiers officiels, la maison MOZZICONACCI n'existe pas.

 

 Poggiolo a bien une maison-fantôme.

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 18:00

Les Deux Sorru paraissent au bout du monde, ou au moins au bout de la Corse, car la route qui permet d'y arriver est une impasse. Pourtant, il exista un projet pour raccorder le haut-canton à Corte. Noël KRUSLIN l'a rappelé par un article paru dans "Corse-Matin" samedi 27 octobre sous le titre:

La route oubliée de la Corse profonde

 

À la fin du XIXe siècle, elle devait devenir un axe de franchissement de la dorsale montagneuse entre le Centre et les Deux-Sorru. Mais le projet s'est arrêté quelques kilomètres après Guagnu. Un village où le rêve est passé. 

I Dui Sorru, niché entre le littoral sud-occidental et le versant ouest du massif. Sans doute l'un des territoires les plus enclavés de Corse.

Il faut en effet s'enfoncer d'une bonne trentaine de kilomètres vers l'intérieur après avoir tourné le dos à la plage de Sagone, franchir deux cols, accumuler les toboggans et les innombrables virages jusqu'à se rendre compte que le réseau routier, à l'Est, ne conduit qu'à des culs-de-sac. Les populations résidentes, elles, sont depuis longtemps rompues au relief tourmenté de cet espace boisé.

Les touristes, eux, considèrent que l'attrait montagnard en vaut la peine. Dans les Deux-Sorru, l'enclavement géographique aurait pourtant bien pu appartenir à l'Histoire.

Celui qui arrive à Guagnu, Soccia ou Ortu en provenance du Centre-Corse s'entend, aujourd'hui encore, très souvent poser la même question : "Tu es passé par Ajaccio ou par Verghju ? Ah si la route du Manganellu avait pu se faire, ça t'aurait pris une petite heure depuis Corte !"

Paul-Joseph Colonna, sur le tronçon réalisé pendant le mandat de Jean-Antoine Gaffory, son prédécesseur à la mairie de Guagnu. Cinquante ans après, un vieux projet relancé. En vain.  PHOTO N. K.

Paul-Joseph Colonna, sur le tronçon réalisé pendant le mandat de Jean-Antoine Gaffory, son prédécesseur à la mairie de Guagnu. Cinquante ans après, un vieux projet relancé. En vain. PHOTO N. K.

Le fruit des liens historiques avec le Cortenais

Le projet a en effet existé. Le village de Guagnu en a été, en d'autres temps, la base avancée.

" Premier coup de pioche en 1888. " Paul-Joseph Colonna, maire depuis 2008, n'a aucune hésitation.

Cette date aurait pu bouleverser le destin de sa commune, mais l'asphalte aujourd'hui abîmé par le temps s'est arrêté au bout de 4 km sur son tracé vers Bocca Manganellu. "L'ouverture sur Corte, c'est un vieux rêve...".

Un rêve, certes, mais d'abord une aspiration naturelle pour les Guagnais. La grande dorsale montagneuse est une imposante barrière, mais le lac de Melu, perle du Cortenais, est là, derrière la crête, comme Canaglia et Tattone, hameaux de Vivario. Laurent Angelini a toujours regardé là-haut, au petit matin, pour savoir si le temps était au beau ou au gris.

"Je me tourne toujours vers Bocca Soglia, jamais vers le Tretorre", précise-t-il. Mais le lien entre Guagnu et le centre de l'île va bien au-delà, autant conforté par la géographie que par l'Histoire.

"Historiquement, nous avons toujours été très proches du Cortenais, raconte Paul-Joseph Colonna. D'abord du Venacais où s'étendait l'activité de nos éleveurs. Guagnu a toujours appartenu à "A terra di u cumunu", à l'aventure paoliste. On raconte d'ailleurs que Circinellu, notre personnage emblématique et historique, avait franchi Bocca Manganellu avec tout le village pour aller voir ce qui se passait à Ponte-Novu." 

Et Paul-Joseph Colonna de conclure son chapitre historique sur un volet électoral tout aussi significatif.  "Pendant un siècle, Guagnu a voté Giacobbi."

(note de la rédaction du blog: Vivario et Venaco forment le fief électoral de la famille Giacobbi qui a eu un rôle considérable dans la vie politique corse pendant des générations, mais elle n'a pas toujours été favorable à ce projet de route).

 

Vers la Restonica, le pont du Vecchju ou Canaglia

Au village, les lignées familiales sont souvent le fruit du quotidien d'antan, celui d'un village frontalier de la Haute-Corse, d'une vie rythmée par les allées et venues des troupeaux. Fille de Laurent, l'élue de la majorité territoriale Vannina Angelini-Buresi sait précisément où sont ses racines.

"Mon arrière-grand-père était un Angelini de Vivario marié à une Mattei de Guagnu."

Un exemple parmi tant d'autres, révélateurs d'un lien qui justifia, en d'autres temps, une voie de communication plus confortable que les chemins pédestres et muletiers.

"À la fin du XIXe siècle, trois options ont été étudiées à partir de Guagnu, raconte Paul-Joseph Colonna. Pour rejoindre la Restonica, le pont du Vecchju ou Canaglia. Outre les destinations, l'option d'un tunnel a été sérieusement envisagée, sachant que l'objectif était clairement de franchir Manganellu pour aller vers Corte."

Mais au bout de ces 4 km au-delà du village, le projet s'est éteint avant le début de la Première Guerre mondiale.

Les raisons de ce coup d'arrêt demeurent obscures. On invoque aujourd'hui encore la question épineuse d'un tracé en altitude et au coeur d'un environnement remarquable, la prédominance de Vizzavona en tant que voie privilégiée entre Nord et Sud.

Mais au bout du vieux tronçon asphalté, un mur de soutènement colossal construit également avant la Grande Guerre, interpelle encore.

"Il est l'oeuvre d'un entrepreneur italien du nom de Matteo Lizzi, qui avait enlevé l'appel d'offres", rappelle le maire. Un ouvrage de cette envergure s'imposait-il vraiment ?

On raconte aujourd'hui encore, au village, que sa construction releva d'une manoeuvre politique de la part de ceux qui, en désaccord avec le projet de route, lancèrent cette construction pour gréver le budget.

Bien que l'ouverture de la route carrossable au Sud-Ouest fît basculer le centre de gravité de Guagnu vers Ajaccio, on reparlera de la route du Manganellu un demi-siècle plus tard, grâce à Jean-Antoine Gaffory, élu maire de Guagnu en 1965 avant de devenir le conseiller général de l'ancien canton de Soccia.

Gaffory rallongea la voie de trois kilomètres, un morceau de la D23, qui ne sera jamais goudronné.

"Mon prédécesseur s'était appuyé sur le plan forestier français pour mener à bien ce projet", précise Paul-Joseph Colonna. Laurent Angelini, lui, se souvient,  "d'un certain Poli. Probablement un cadre des Eaux et Forêts qui avait réalisé une étude du tracé, avec des détails sur les pentes, etc.".

L'ONF a pris la suite, prolongeant la voie par une piste forestière sur 5 km. La commune travaille aujourd'hui sur un ultime tronçon, également destiné à améliorer les conditions de l'exploitation forestière. Sans pour autant tendre vers l'objectif initial fixé il y a plus d'un siècle, la route oubliée de la Corse profonde a progressé discrètement sous des formes diverses.

"Quand nous aurons achevé cette dernière phase, de bout de piste à bout de piste, Canaglia ne sera qu'à une dizaine de kilomètres." Mais l'ouverture vers Corte restera sûrement un vieux rêve.

Noël KRUSLIN

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Projet cortenais sans suite en 1894...

Le rapport daté de septembre 1894, de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, qui ne fut pas favorable au projet cortenais de prolonger jusqu'à Guagnu, la route de la Restonica.

Le rapport daté de septembre 1894, de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, qui ne fut pas favorable au projet cortenais de prolonger jusqu'à Guagnu, la route de la Restonica.

"Ce désenclavement était surtout intéressant de notre côté, souligne le maire de Guagnu, beaucoup moins dans le Cortenais où les communes sont déjà sur les voies dynamiques." Côté Corte, la volonté de s’ouvrir vers les Deux-Sorru a pourtant existé au même moment. Février 1894, le conseil municipal cortenais émet le vœu de voir se dessiner un chemin départemental qui, dans le prolongement de la vallée de la Restonica, aurait franchi le col de Soglia pour arriver "aux bains de Guagnu".

Le conseil général appuya ce projet deux mois plus tard, mais en septembre, l’avis défavorable de l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées sonna le glas de cette volonté d’ouverture. Une route culminant à 1 800 mètres vouée à être en grande partie enneigée et impraticable pendant de longs mois, l’essentiel d’un tracé sans lieux de vie et le peu d’intérêt d’un axe sur le plan commercial, tels étaient alors les arguments avancés pour faire comprendre qu’un tel projet ne pouvait se justifier.

Noël KRUSLIN

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 17:45

Dans la série d'articles consacrés aux maisons poggiolaises, les constructions existant dans le village ont été présentées sans faire de lien particulier avec l'ensemble de la Corse.

Nous vous présentons cette fois un texte qui synthétise l'ensemble de l'architecture rurale de la partie de la Corse à laquelle appartient Poggiolo. Il est extrait de: 

"Sevi - Sorru Cruzzini - Cinarca",

ouvrage publié en 2010 par le CRDP de Corse avec le concours du Conseil général de la Corse-du-Sud et dont les auteurs sont Daniel ISTRIA et Mathieu HARNÉQUAUX.

 

Les maisons poggiolaises: 14 - L'architecture rurale

UNE ARCHITECTURE RURALE

En dépit des multiples remaniements qu’ont connus les maisons de village, celles-ci laissent encore apparaître une relative unité dans la simplicité, témoignant de l’association étroite entre les fonctions d’habitation et d’exploitation agricole.

Les éléments qui composent les maisons paysannes obéissent à un même schéma fonctionnel. On trouve généralement un étage de soubassement faisant office de dépendance agricole: abri pour les animaux, réserve, emplacement pour une meule ou un pressoir, cave. Celui-ci ne communique pas avec le rez-de-chaussée surélevé de l’habitation proprement dite auquel on accède soit de plain-pied grâce au dénivelé du terrain, soit par un escalier extérieur auquel s’ajoute parfois un perron (u scalonu) faisant la transition entre les espaces publics et privés. Les escaliers intérieurs n’apparaissent souvent que lors des remaniements que connaît la maison, reliant par exemple deux étages d’habitation lors d’une surélévation.

Jusqu’au XIXsiècle, de la modeste casetta au casonu plus imposant, les habitations font appel aux mêmes matériaux : le granite pour les murs, la tuile canal en argile pour la toiture.

Ces maisons sont de forme rectangulaire, et leur toiture présente des pans légèrement inclinés qui débordent à peine des murs. L’appareil des murs est irrégulier et peut paraître rudimentaire: les pierres sont de dimensions variées et partiellement retaillées; elles ne sont pas vraiment jointives et sont parfois calées avec des éclats de petite taille (e scaglie), démontrant paradoxalement un certain art de l’assemblage. Les encadrements des baies et les chaînages d’angle sont les parties les plus soignées, pour lesquelles sont utilisées des pierres de plus grande dimension qui constituent souvent les seuls éléments décoratifs de la maison. Les fenêtres de l’étage noble des maisons de notables sont parfois encadrées de niches.

 

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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 18:51
Epidémie à Poggiolo?

L'article récent sur la grippe espagnole de 1918 se terminait malicieusement par l'équation:

Poggiolo = bonne santé

 

 Il ne faudrait pas en conclure qu'aucune épidémie n'ait jamais touché le village. Le problème est l'absence de documents mentionnant les causes des décès. Pour y remédier, il peut y avoir la tradition comme dans la famille MARTINI. D'après de forts témoignages familiaux, les deux seuls décès enregistrés en octobre (Paule MARTINI, 4 ans) et novembre 1918 (Antoinette MARTINI, 11 ans) à Poggiolo auraient bien été provoqués par la grippe espagnole.

 

Les actes d'état-civil sont les seuls moyens d'étudier statistiquement, numériquement, la mortalité des périodes passées. Or, ils ne mentionnent pas la cause de la mort.

Il exista pourtant une exception en 1830.

 

Le matin du 6 janvier de cette année-là, le maire consigna sur le registre officiel avoir reçu deux personnes, Jules et Pierre MARTINI, qui ont déclaré le décès de leur beau-frère Jules DESANTI, âgé de cinquante-six ans, la veille à quatre heures du soir. L'annonce est suivie d'une phrase inhabituelle: "On a anticipé l'enterrement dudit Desanti, attendu qu'on a reconnu que la maladie est (?) Epidémique Contagieuse".

 

Epidémie à Poggiolo?
Epidémie à Poggiolo?

 

La maladie devait être particulièrement grave pour que les deux adjectifs aient eu droit à des lettres majuscules et, surtout, pour que l'enterrement ait été très rapide, avant même la déclaration à la mairie, si l'on comprend bien.

Quelle était cette maladie? Aucun autre renseignement n'est donné. On peut cependant remarquer que, une semaine auparavant, le 30 décembre 1829, Antonia, quarante ans, l'épouse de Jules DESANTI, était décédée. Mais son acte de décès ne mentionne pas la cause de la mort et n'évoque pas un enterrement brusqué.

 

Epidémie à Poggiolo?

 

Il est tentant de trouver une relation entre ces deux morts et d'en conclure qu'il y eut une épidémie à Poggiolo. De fait, quatre autres personnes, d'âges différents, dont un enfant mort-né, décédèrent au village dans le seul mois de janvier 1830... et il n'y en eut plus jusqu'en octobre.

 

Mais, bizarrement, les individus les plus proches du couple Jules-Antonia, c'est-à-dire leurs enfants, âgés respectivement de 16, 12, 7 et 4 ans, restèrent vivants. Le fils aîné, Giacomo Antonio, qui vécut jusqu'en 1879, fut même le grand-père de Jean-Baptiste, surnommé Russignolu (1876-1949), déjà présenté dans des articles précédents.

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11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 18:17

La lecture des dates de construction gravées sur les façades des maisons n'est pas toujours aisée. Il faut parfois attendre que les rayons du soleil aient une certaine inclinaison pour arriver à déchiffrer les inscriptions. Ce problème avait été évoqué lors d'un article précédent.

 

La pierre gravée la plus réfractaire à la lecture est celle qui est au-dessus de la porte d'entrée de la construction se trouvant à côté de la maison PINELLI où vivent Dominique et sa sœur Félicie.

Les maisons poggiolaises: 12 - Le secret du séchoir
Les maisons poggiolaises: 12 - Le secret du séchoir

Une seule certitude est la présence de cette petite maison (que Dumè dit être un simple séchoir à châtaignes) sur le cadastre napoléonien de 1857 (en rouge sur le document ci-dessous).

Les maisons poggiolaises: 12 - Le secret du séchoir

Il a fallu essayer, comme à côté de la maison de Louis DEMARTINI, la méthode de la craie: passer un bâton de craie dans les rainures afin de mieux les distinguer. 

Le résultat n'a pas été vraiment probant.

vous pouvez cliquer sur ces photos pour les agrandir.
vous pouvez cliquer sur ces photos pour les agrandir.

vous pouvez cliquer sur ces photos pour les agrandir.

On peut aussi lire "1834" que "1854". La deuxième date aurait la préférence mais le doute est permis.

Aucune des deux solutions n'est contradictoire avec le dessin du cadastre de 1857.

 

Le séchoir garde encore son secret.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 17:00

Depuis une quarantaine d'années, le mensuel L'Histoire est réputé pour le grand nombre d'universitaires y collaborant et la qualité de ses articles sur tous les sujets historiques. Il publie également un trimestriel thématique nommé Les Collections de l'Histoire dont le thème d'octobre est "Les Corses, 2000 ans d'aventures et d'utopies".

 

2000 ans d'aventures et d'utopies

 

Ces cent pages tentent une synthèse d'une histoire encore largement méconnue.

Parmi les signataires, on peut trouver Jean Guilaine, Jean-André Cancellieri, Antoine Franzini, Michel Vergé-Franceschi, Ange Rovere, Jean-Paul Pellegrinetti, Michel Winock, André Fazi, etc. 

Ce dossier est à lire et à discuter.

 

 

Au niveau des préoccupations habituelles de ce blog, trois éléments sont à relever:

1) La couverture reproduit une partie du tableau de Henry Benbrige sur Paoli à la bataille de Ponte-Novo. Sur cette peinture, le deuxième personnage à partir de la droite a été identifié comme Circinellu, le curé de Guagno qui ne voulut pas se soumettre aux Français.

 

 

2) En page 63, Jean-Paul Pellegrinetti cite la mort de deux gendarmes à Soccia en 1892 comme exemple de la violence liée aux dissensions politiques. Une petite erreur a été commise dans le magazine qui a imprimé la date de "1893".

 

 

3) Enfin, un document tout à fait nouveau est constitué à la page 24 par une carte sur la Corse génoise. Son grand mérite est de montrer pour la première fois les zones qui, comme Poggiolo et les villages voisins, furent "soumises à une tentative de dépeuplement dans la seconde moitié du XVe siècle", à la disabitazione.

 

2000 ans d'aventures et d'utopies

 

La disabitazione a fait l'objet d'un article de ce blog:

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10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 18:06

Au contraire du sentier du miel à Murzo (voir l'article sur ce sujet), qui a été créé il y a quelques années dans un but pédagogique, le chemin unissant Poggiolo à Orto existe depuis des siècles. Près de l'église Saint Siméon, il se divise, une bifurcation allant vers Soccia. 

La circulation entre ces villages passait par ces routes. La localisation du quartier poggiolais des Case Suprane s'explique par leur présence. 

La création de la route départementale à la fin du XIXe siècle entraîna plus bas, sur les bords de celle-ci, la construction des maisons de notables (voir l'article "Les notables et les routes").

Maintenant, ce chemin est une agréable promenade. Le film suivant vous incitera peut-être à le découvrir.

 

Le vieux chemin piétonnier de Poggiolo à Orto débute à gauche de l'église Saint Siméon et commence par longer le mur du cimetière. Il côtoie par moments des murs dressés par nos ancêtres. On retrouve aussi des morceaux de chaussée et de marches taillées dans le roc. Le trajet est jalonné de marques de peinture bleue. 
Une partie du chemin est à couvert de l'ardeur du soleil estival mais on peut profiter de belles vues sur le Tretorre, Guagno et les impressionnants monts d'Orto. 
La promenade se termine au cimetière d'Orto où le sentier rejoint la route goudronnée.

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 18:05

L'emplacement des maisons dites "de notables" et leurs dates de construction ont déjà été évoquées (cliquer ICI). Il reste à voir leur organisation interne et leurs utilisations.

 

L'entrée de la maison est une porte à deux battants donnant sur un long couloir, comme le montre cette photo de l'intérieur de la maison de Marione.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

On distingue bien, à droite et à gauche, les ouvertures vers des pièces qui étaient, en principe, la cuisine et un salon.

Au fond du couloir, se trouve un escalier en bois tournant à 180° à chaque palier.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Il permet d'accéder à un ou deux étages avec des chambres et souvent, au premier, un autre salon avec balcon. Le balcon, était autrefois signe extérieur de richesse. 

L'escalier allait jusqu'au grenier souvent éclairé par des ouvertures rondes.

Balcon et ouverture du grenier s'observent bien sur la façade de la maison CECCALDI.

 

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Par contre, pas de cave en sous-sol. Une pièce du rez-de-chaussée servait de cave et de cellier.

Des entrées secondaires existaient sur le devant ou sur le côté, l'une étant la porte de la cave.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Les pièces du bas pouvaient avoir des destinations particulières.

Dans l'actuelle maison de Valère, le salon servait véritablement de bureau de mairie quand le maire était Jean-François CECCALDI (de 1919 à 1941 et de 1943 à 1959). On raconte que la porte de côté servait à faire entrer les conseillers municipaux et les divers solliciteurs.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Un magasin se tint dans la maison MARTINI. Nous y reviendrons dans un prochain article.

 

L'été, l'atout principal de ces maisons était la présence d'une place ombragée.

On pouvait s'y prélasser comme cet individu à barbe rousse, chemise à carreaux et espadrilles en été 1972.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Les enfants avaient de l'espace pour s'amuser.

Michel et Jean-Pierre Franceschetti en été 1952. © Michel Franceschetti

Michel et Jean-Pierre Franceschetti en été 1952. © Michel Franceschetti

On pouvait réunir du monde, comme ici devant la maison MARTINI, lors d'une tournée électorale en 1926.

Photo Martini

Photo Martini

On pouvait bavarder avec le facteur (ici, Mimi CANALE) qui apportait le courrier.

Photo Martini

Photo Martini

Bien sûr, l'herbe pousse.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Mais un minimum d'entretien rend un aspect sympathique à l'endroit.

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

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20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 18:04

Quatorze maisons poggiolaises comportent des dates s'étalant entre 1702 et 1933. Mais il faut parvenir à déchiffrer ces données. 

Les années sont parfois très visibles quand elles sont en fer forgé ou quand la gravure est soignée.

© Michel Franceschetti© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

Sur certains murs, la lecture peut être difficile. Le déchiffrage ne peut se réaliser correctement qu'avec un certain éclairage. Le meilleur moment est celui où les rayons solaires sont rasants.

Exemple: la maison 1766 prise à deux moments différents de la journée.

 

© Michel Franceschetti
© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

L'inscription la plus récalcitrante est celle de la pierre marquée 1850. Son éclairage n'est jamais correct et l'incertitude demeure sur la date réelle.

© Michel Franceschetti
© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

Pour trancher entre 1830 et 1850, il a fallu se résoudre à passer un bâton de craie dans les creux. Il n'y a alors plus de contestation.

 

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

Des inscriptions sont récalcitrantes car le temps les a trop abimées.

Ainsi, le linteau de la cabane qui est à côté de la partie de la maison PINELLI où habitent Dumé et Félicie.

© Michel Franceschetti
© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

Autre difficulté: les réaménagements opérés à des moments ultérieurs détruisent les indices des époques précédentes.

Ainsi, à droite de la chapelle Saint Roch, au-dessus d'une porte sur laquelle est vissée une plaque en cuivre avec le nom "Raymond MARTINI".

© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

L'entrée est surmontée d'un petit balcon qui a été ajouté bien après la construction. La preuve en est que l'on devine une inscription. Mais la moitié supérieure des chiffres et des lettres a disparu. Pourra-t-on jamais reconstituer ce texte? 

© Michel Franceschetti
© Michel Franceschetti

© Michel Franceschetti

 

La recherche du passé est un long fleuve mais pas tranquille du tout !

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 17:21

Un peu plus bas que la chapelle Saint Roch et des deux maisons présentées la dernière fois (voir l'article "Autour de Saint Roch"), il reste à voir autour de la place Inghjo quatre maisons portant des dates de construction très étalées dans le temps: 1766, 1832, 1850 et 1931.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

Maison 1766:

A la Teghia, en face de la maison Franceschetti, se trouve une placette dominant la stretta. L'entrée de la maison MICHELANGELI, où habitent Marie-Paule et Jean-Marc FRANCHI, est surmontée par un linteau allongé.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

La date gravée est 1766, ce qui en fait la deuxième maison la plus ancienne des maisons datées de Poggiolo, après la maison PINELLI 1702), comme vu dans un article précédent.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

 

Maison 1832:

De l'autre côté de la place Inghjo, s'allonge le bâtiment surnommé "la maison de Tata". Une porte à deux battants est en haut d'un terrazzolo, le perron avec quelques marches.

 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Au dessus du linteau, une pierre bien découpée, de forme presque carrée, porte trois lignes gravées:

 

D.O.M.

M.R.F.

I°. M°. 1832

 

On retrouve l'expression D.O.M., abrégé de l'expression latine Deo optima maximo, c'est-à-dire "à Dieu très bon, très grand", vue dans l'article précédent.

L'un de nos lecteurs pourrait-il donner l'explication de la deuxième ligne?

En tout cas, la date de construction est bien 1832.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village
Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village
Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

Le linteau fut à une époque couvert par le mot "CAFÉ" tracé à la peinture. Un tableau analysé dans l'article "Le café de la ruelle derrière St Roch" le montre bien.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

 

 

Maison 1850:

En sortant de la place par les marches de droite, on rejoint la stretta. Juste à l'angle que fait la ruelle, se trouve dans le mur une pierre qui a été préservée du crépissage recouvrant cette dépendance de la maison de Louis DEMARTINI.

On peut y voir les quatre chiffres qui forment l'année 1850.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Très curieusement, elle ne se trouve pas au-dessus d'une entrée mais à environ un mètre de hauteur. Aurait-elle été déplacée d'une autre partie de la maison ou viendrait-elle d'un autre édifice?

 

 

Maison 1931

En face, de l'autre côté de la rue, une inscription plus discrète surmonte la porte de la maison.

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village
Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

La particularité de cette date est d'être du XXème siècle alors que toutes les autres sont des XVIIIème et XIXème siècles.

La coutume a disparu au siècle suivant. Une seule autre maison porte une date d'après 1900. Elle est près de la fontaine, au début de route vers Soccia. Elle sera présentée dans un autre article. 

Ici, les initiales

D. A.

sont suivies de l'année

1931

 

 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

 

La date interroge: cet édifice a-t-il été construit en 1931 ou n'est-ce que le moment de sa réorganisation?

Le cadastre de 1857 montre qu'une maison existait alors. Elle portait le numéro de parcelle 441 (cercle vert).

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Les photos aériennes récentes montrent une construction un  peu différente (cercle bleu).

 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Un grand réaménagement a donc dû se produire en 1931.

 

Une autre  modification a eu lieu tout récemment, en 2017: la porte n'existe plus!

 

Elle a été remplacée par une fenêtre moderne à double vitrage. 

Les maisons poggiolaises: 6 - Le bas du village

Vannina BERNARD, qui habite là, explique que cette modification a été imposée pour des raisons d'isolation, d'autant que, lors des orages, la pluie du ruisseau entrait dans la maison.

Mais elle a tenu, et elle a eu bien raison, à conserver la date.

 

Tradition et modernité peuvent parfois s'accommoder.

(à suivre)

 

Photos © Michel Franceschetti (sauf le cadastre et les deux vues aériennes)

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