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11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 17:50

 

L'Association des Amis du Couvent St François de Vico propose trois soirées de débats durant ce mois d'août. Rendez-vous les vendredis à 21h à la salle Albini.

 

 


Vendredi 14 août:
Les tours génoises en Corse, leur histoire, leur intérêt pour nous.
Un projet de restauration : le cas de la tour de San Cipriano à Lecci


par Madame Marion VALLI,
Architecte HMONP (Habilitation à exercer la Maîtrise d'Ouvre en son Nom Propre)
Mémoire validé en janvier 2019: les différentes doctrines de restauration en Méditerranée.
Projet San Cipriano validé en juin 2019.

 

Tour de San Ciprianu (photo Wikipedia)

 

Vendredi 21 août:

Notre Méditerranée :
Les enjeux économique, culturels, géopolitiques de la Méditerranée dans la situation mondiale actuelle

par Monsieur Jacques ORSONI, Professeur émérite d’économie à l’Université de Corse.

 

 

Vendredi 28 août:

Le fait religieux dans les évolutions sociales des dernières décennies : causes et conséquences


par le père Gaston PIETRI, prêtre du diocèse d’Ajaccio.

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 10:00

La guerre de 1870-1871 est bien oubliée alors qu'arrive son cent-cinquantième anniversaire.

 

Le 19 juillet 1870, le gouvernement français de Napoléon III déclara imprudemment la guerre à la Prusse, laquelle fut aussitôt soutenue par l'ensemble des Etats allemands.

 

Les armées françaises, mal préparées, furent défaites. Les combats prirent fin par l'armistice du 28 janvier 1871. Le traité de Francfort du 10 mai consacra la victoire de l'empire d'Allemagne, proclamé à Versailles le 18 janvier, qui prit l'Alsace et une grande partie de la Lorraine à la France.

 

Actuellement, cet affrontement semble tellement éloigné qu'il semble n'intéresser que quelques historiens.

 

Magazine "L'Histoire" de mars 2020.

Magazine "L'Histoire" de mars 2020.

 

Pourtant, 139.000 soldats français périrent.

 

En faisant dix fois plus de victimes, la guerre de 1914-1918 effaça le souvenir de 1870. Les monuments aux morts qui fleurirent ensuite furent consacrés au souvenir des victimes de la première guerre mondiale. Les morts de la Seconde guerre mondiale y furent ajoutés, ainsi que ceux des guerres d'Indochine et d'Algérie.

 

Mais quelques communes pensèrent à se souvenir de la guerre franco-prussienne. Orto est la seule des Deux Sorru à être dans ce cas. Sur la première ligne des plaques portant par ordre alphabétique la liste des soldats du village morts au combat, on peut lire:

 

 

"PAOLI Ange Mathieu 1870".

 

 

 

Un enfant d'Orto mort il y a 150 ans

 

Malheureusement, nous n'avons aucun renseignement sur Ange Mathieu PAOLI. Quelle fut sa carrière? Quand et où est-il mort?

 

Antoine-Laurent DEMARTINI, un enfant de Poggiolo, mourut également pendant ce conflit mais aucun monument, aucune plaque, ne le rappelle.

 

Il fera l'objet d'un article prochain.

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 18:25
Pas de raison de se flageller

 

 

Mardi dernier, l'eau a été coupée à Poggiolo pour permettre le nettoyage du bassin qui alimente tout le village. Les habitants n'ont pas été pris au dépourvu car la mairie avait pris soin d'envoyer des adjoints informer les occupants de chaque maison.

 

L'eau doit donc couler normalement cet été, car il y a de l'eau dans la commune. Depuis quelque temps, on a tendance à croire et à dire le contraire.

 

Dans l'article de "Corse-Matin" consacré au couple Joséphine Pinelli-Ottavioli - Ange Pinelli, il est écrit "Poggiolo s'avère être l'un des rares villages à ne disposer quasiment d'aucuns terrains communaux, et manque cruellement d'eau, alors que Soccia en regorge".

 

L'absence de terrains communaux est exacte et elle résulte de la façon particulière dont les terres de l'Eglise ont été vendues à la suite de la Révolution. Voir les articles La Laïcité en action dans les Deux Sorru : Une vente aux enchères bien compliquée (5/6) et La Laïcité en action dans les Deux Sorru : Comment le curé pourra-t-il manger ? (6/6) 

 

 

Il est également tout à fait vrai que Soccia "regorge" d'eau et d'argent grâce notamment au barrage et à la mini-centrale électrique installée en 1987. De toute façon, les ruisseaux y ont toujours été nombreux comme le montre le schéma établi par l'historien socciais Jean-Baptiste Paoli et publié dans "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud."

 

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

 

Ce croquis a été dessiné d'après le plan terrier de 1785. Ce même document, fruit du travail des arpenteurs et topographes royaux, est très fiable, en tenant compte des conditions techniques de l'époque.

 

En l'utilisant de la même façon et en repassant en foncé les cours d'eau de Poggiolo, on peut voir que l'endroit bénéficiait au XVIIIe siècle d'une grande abondance aquifère et non pas d'un "manque cruel". D'ailleurs, Soccia est sur le versant nord du Pantanu alors que Poggiolo est sur le versant sud du même relief.

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

 

 Dans cette partie de la Corse, le sous-sol de la montagne recèle de grandes quantités d'eau. Les anciens le savaient, disaient que l'endroit est "une éponge" et savaient utiliser ces ressources. Mais les installations n'ont pas toujours été bien entretenues, et surtout pas assez régulièrement.

 

 En tout cas, il n'y a aucune raison de se flageller en se plaignant d'être malheureux et en disant que tout est mieux ailleurs. Il est préférable d'agir. Or, il semble que la nouvelle municipalité ait cette volonté. Et tant mieux si les deux villages peuvent travailler ensemble.

 

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Illustration : Nuremberg Chronicle, par Hartmann Schedel (1440-1514) (https://lejournaldugers.fr/article/31360-petite-parenthese)

 

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 18:30
Le cadeau de l'évêque

L’église Saint Siméon de Poggiolo s’enorgueillit de posséder de magnifiques fonts baptismaux en marbre blanc.

 

Et, surtout, ils seraient un cadeau de l’évêque de Sagone.

 

Photo Hélène Dubreuil.

Photo Hélène Dubreuil.

 

Ils se trouvent juste à côté de la porte d’entrée. Ils auraient été donnés à la paroisse en 1644. C’est du moins ce qui est écrit dans « l’inventaire des meubles et objets affectés au culte dans les églises de Poggiolo » de juin 1905. 

 

Cadeau ou non, l’origine sagonaise est enregistrée dans l’arrêté ministériel du 6 mai 1982 qui classe monument historique cette « cuve baptismale aux armes de Mgr Raphaël PIZZURMO, marbre blanc, XVIIe siècle (provient de l’ancienne cathédrale Saint-Appien de Sagone) ».

 

Effectivement, sur le bord de l’objet, on peut lire « EPISCOPUS SAGONEN », le reste étant effacé.

 

Photo Hélène Dubreuil.

Photo Hélène Dubreuil.

 

Mais un doute a été avancé par Xavier PAOLI. 

 

A la suite d’un meurtre particulièrement odieux qui souilla le sanctuaire en 1634, Saint Siméon avait été désacralisée et remplacée par la chapelle Saint Roch.

 

L’assassinat avait provoqué une grave crise entre Mgr SIRI, l’évêque de Sagone précédent, et le gouverneur génois d’Ajaccio, crise qui n’était pas totalement apaisée quand Raphaël PIZZURNO (et non pas PIZZURMO) obtint sa nomination en 1639. Il prit ses fonctions en février 1640 à Calvi où le siège épiscopal était fixé depuis 1625, après avoir été à Vico, Sagone étant trop menacé par les attaques barbaresques.

 

Mgr Pizzurno. Image minimospedia.

Mgr Pizzurno. Image minimospedia.

 

On ne sait pas quand l’église poggiolaise put reprendre ses activités mais l’année 1644 était peut-être un peu prématurée. Le cadeau aurait-il été donné à l’occasion de la resacralisation du bâtiment ?

 

Toujours est-il que, de toutes les visites pastorales dont la trace a été conservée, celle de 1686, par de PETRIS, délégué de Mgr Gio. Battista SPINOLA, envoyé par Rome pour inspecter les diocèses de Corse, est la seule à ne pas décrire Saint Siméon et les objets liturgiques. Le rapport se contente de noter qu’il n’y a pas de campanile mais « des cloches perchées sur un châtaignier » et qu’il existe deux confréries (une pour les hommes, une pour les femmes « en costume blanc ») dans la paroisse.

 

Un siècle plus tôt, en 1589, Mgr MASCARDI avait trouvé des fonts baptismaux « en maçonnerie ».

 

L’église est de nouveau présente dans la relation de la visite opérée par Mgr COSTA, évêque de Sagone, le 15 juin 1698. Il est écrit : « fonts baptismaux avec couvercle de bois non doublé de tissu…Il faudra le faire ». La doublure fut encore réclamée lors des visites de 1702 et 1708. A cette dernière date, il est précisé que ces fonts conservaient alors « huiles et eau pour les baptêmes des trois villages Poggiolo, Orto, Soccia », ce qui était normal pour une église piévane. Mais aucun de ces rapports ne donne l’origine des fonts.

 

Déjà malmenée par des doutes chronologiques, l’idée du cadeau de l’évêque est battue en brèche par un document du XIXe siècle.

Dans le rapport de la visite épiscopale de 1887, il est écrit : « cuve des fonts baptismaux dit-on cachée par des bergers à la plage de Sagone puis plus tard ramenée à Poggiolo ». L’état d’abandon de St Appien aurait permis cette capture.

 

Ruines de la cathédrale St Appien de Sagone (photo Michel Franceschetti).

Ruines de la cathédrale St Appien de Sagone (photo Michel Franceschetti).

 

 

Cette version, qui a été transmise par tradition orale dans certaines familles poggiolaises (Michel FRANCESCHETTI se souvient l'avoir entendue de la bouche de son grand-oncle Filippone), rejoint ce qui est imprimé dans le bulletin paroissial de Vico en décembre 1931. 

 

 

 

Bulletin paroissial de janvier 1930.

Bulletin paroissial de janvier 1930.

 

Un article, anonyme mais vraisemblablement rédigé par le curé Dominique FRANCHI, donnant un bref historique du diocèse, consacre un petit paragraphe à « ce qu’est devenu le mobilier de l’ancienne Cathédrale de Sagone »

 

La réponse est : 

« Les objets massifs du culte après être restés longtemps sur place furent heureusement sauvés de la destruction par les paroisses voisines. La tradition veut que le Tabernacle du Maître-Autel surmonté d’un beau ciborium en marbre multicolore se trouve eu couvent de Saint François de Vico. Le baptistère également en beau marbre blanc est dans l’Eglise de Poggiolo. Les habitants de Renno que leurs démêlés continuels avec les Grecs de Paomia obligeaient à passer souvent devant la Cathédrale en ruine, en profitèrent pour en déménager l’un de ses plus beaux autels dédiés à Saint Roch ».

 

 

Tabernacle du couvent de Vico © Direction du patrimoine, 1992.

Tabernacle du couvent de Vico © Direction du patrimoine, 1992.

 

Malheureusement, l’article ne donne aucune date et le texte, assez ambigu, peut faire penser que les faits remonteraient à la suppression du diocèse par la Révolution Française.

 

Le doute n’est pas permis : les fonts baptismaux de Poggiolo proviennent bien de la cathédrale de Sagone. Mais un cadeau ou une récupération d’un objet à l’abandon ?

 

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 17:01

Comme la silhouette de l'église Saint Siméon domine largement le village de Poggiolo, tout le monde croit la connaître. Pourtant, certains des lecteurs de ce blog ne se souvenaient pas de l'existence de la statue de Jeanne d'Arc qui a fait l'objet d'un article récent.

Il serait peut-être utile de procéder à une visite du bâtiment. 

 

 

Copie d'écran Google Maps.

Copie d'écran Google Maps.

 

Sa construction fut décidée en 1863 pour remplacer l'ancienne église qui était trop vétuste. Le gros œuvre fut achevé en 1874.

 

L'ancien édifice est décrit dans l'article A quoi ressemblait l'ancienne église? (1/2)

 

Comme la majorité des églises catholiques, Saint Siméon est en forme de croix latine. 

 

Le chœur montre l'Est, ainsi qu'il en est traditionnel. Il est à fond plat et non pas arrondi.

 

La nef est large tandis que les branches Nord et Sud du transept sont assez courtes. Ces deux branches forment deux chapelles: celle du Nord (à gauche) est dédiée à la Vierge et celle du Sud (à droite) à Saint Jean-Baptiste.

 

Les voisines de Jeanne

 

En bordure de la nef, ont été placés quatre autels.

 

A gauche, un est consacré à Notre Dame de Miséricorde. A droite, un est pour Sainte Lucie et l'autre est occupé par le "sepolcro" (voir les articles "Le Christ était noir" et "Le sepolcro de Poggiolo a été oublié").

 

 

Dans cet article, il va seulement être question de la chapelle St Jean Baptiste où se trouve la statue de Jeanne d'Arc. Elle a plusieurs voisines: cette chapelle regroupe 5 des 18 statues et 3 des 6 ex-voto dénombrés dans cette église.

 

Les voisines de Jeanne

 

En partant du chœur et en allant vers la droite, on voit la statue de Saint Martin, puis celle de Sainte Thérèse. Il est à remarquer que la petite sainte de Lisieux a été reconnue par l'Eglise à la même époque que la libératrice d'Orléans: béatifiée en 1923 et canonisée en 1925 (1909 et 1920 pour Jeanne).

 

Les voisines de Jeanne
Les voisines de Jeanne

 

Thérèse de l'Enfant Jésus eut rapidement une très grande popularité, dont témoigne la présence, sous le tableau voisin, d'un ex-voto datant de 1931.

 

Les voisines de Jeanne

 

Entre les statues de Jeanne et de Thérèse, une peinture à l'huile est accrochée. Elle mesure 1,52m sur 1,16m et représente le baptême du Christ par Jean Baptiste.

 

Les voisines de Jeanne

 

Ce tableau est classé au titre d'objet par les Monuments Historiques depuis le 26 septembre 2016. Trois autres objets de cette église sont également classés, et depuis plus longtemps. Ils seront présentés dans d'autres articles. 

 

Ce blog l'écrit et le rabâche depuis toujours: il existe vraiment des richesses à Poggiolo !!!

 

L'auteur de cette œuvre n'est pas connu. Il serait un Corse du XIXe siècle.

 

La scène du baptême est reproduite sur la voûte de la chapelle grâce au talent du peintre Mario SEPULCRE qui a restauré en 2007 les fresques originelles de COPPOLANI et BASSOUL datant de 1903.

  

Les voisines de Jeanne

 

Au fond de la chapelle, a été placé un autel parfaitement identique à celui de la Vierge qui se trouve dans la chapelle d'en face. Mais celui-ci supporte la statue de Jean Baptiste reconnaissable à son vêtement en poils de chameau cité dans l'Evangile.

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

 

La photo ci-dessus date de juillet 2013, dans le cadre de la collecte de renseignements opérée par Noelle MEDURIO et Anna-Maria LECA pour un travail universitaire (voir l'article  "Deux jeunes filles ont enquêté sur notre patrimoine").

 

Mais la statue a une autre allure dans une photo du 21 août 2016: les poils de chameau sont devenus dorés !

 

Les voisines de Jeanne

 

Entretemps, elle a été restaurée par l'artiste Ewa POLI. 

Ewa POLI

Ewa POLI

 

Cette statue est ancienne car elle est mentionnée dans l'inventaire de juin 1905. Elle était alors placée au même endroit. Elle fut offerte par Jean-Baptiste PAOLI (1824-1907) en 1875 et avait une valeur de 30 francs.

 

Les autres statues de la chapelle n'étant pas citées dans cet inventaire, elles ont donc été installées après 1905.

 

La statue de Saint Restitute est dans ce cas. Cette sainte, ici représentée agenouillée, était la patronne seconde du diocèse de Sagone depuis 1729. Une plaque de 1925 exprime sa reconnaissance pour une prière, avec une faute d'orthographe qui a transformé son nom en Restitude. La statue a donc été installée entre 1905 et 1925. Plus de renseignements sur Restitute en cliquant ICI.

 

Les voisines de Jeanne
Les voisines de Jeanne

 

La statue de Jeanne d'Arc évoquée dans un article précédent n'est vraiment pas toute seule.

 

Mais, si la chapelle St Jean Baptiste vient d'être décrite, la visite de l'église de Poggiolo n'est pas terminée.

 

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En dehors de la copie d'écran Google, d'Ewa Poli et de la photo de l'autel St Jean Baptiste, tous les schémas et toutes les photographies de cet article sont de Michel Franceschetti.

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 18:07

Une très importante vente de 230 objets corses (livres anciens, autographes, cartes géographiques, monnaies et médailles, tableaux) se déroulera à Marseille le jeudi 25 juin, 5 rue Vincent Courdouan, à 14h30. 

Une partie des livres et des cartes viennent de la collection du Père Joseph Marie GOUGE, qui fut longtemps curé de St Roch d'Ajaccio.

 

Ex-libris du Père Gauge

Ex-libris du Père Gauge

 

Parmi les objets de valeurs, quelques pièces maitresses comme le Code corse, un très beau manuscrit de l’histoire de la Corse écrit par Francesco Canari au XVIIIème siècle ou encore une lettre de "Madame mère", Laetitia Bonaparte en personne.

Les prix estimés varient entre 20€ et 5 000€.

Voici ce qu'en écrit son frère dans la préface du catalogue:

Une partie des livres concernés par cette vente a appartenu à Joseph Marie Gauge, prêtre. Très attaché à la Corse où il exerça son ministère de 1945 à 1990, il en visita tous les villages et découvrit tous ses sommets et autres lieux sauvages. Son attachement provenait de ses racines corses, fier de ce que sa mère portât le même nom que Pietro Felce (Pietro Cirneo) et fût originaire du même village.

Il consacra beaucoup de temps à rassembler le maximum de livres, revues, et documents sur la Corse. Il fut également avec l’abbé Alberti, curé de Calenzana, le découvreur du sarcophage de Sainte Restitude et justifia l’origine des ossements retrouvés à l’intérieur.

Il avait émis le souhait que cette bibliothèque restât en Corse ; malheureusement la vie ne se déroule pas comme on le souhaiterait. Frère (le quatrième) de Joseph et avec maintenant huit petits- enfants, en en ayant beaucoup parlé avec eux, j’ai bien compris que le maintien de cette bibliothèque dans son intégralité et en un lieu unique et surtout sa lecture n’étaient pas à l’ordre du jour pour eux. Je préfère donc en faire profiter d’autres amoureux de la Corse. Cependant en les ouvrant et en les lisant, ayez une pensée pour lui.

 

Exposition publique:

Mercredi 24 juin de 10h à 18h et jeudi 25 juin de 10h à 12h

Renseignements

04 65 65 25 95 - marseille@debaecque.fr


Toutes les photographies sont consultables en ligne sur www.debaecque.fr

 

Pour regarder le catalogue des objets en vente, téléchargez le fichier suivant:.

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 22:56

 

Le roi de Prusse Frédéric le Grand connaissait Poggiolo...

 

... ou, du moins, il aurait pu connaître son existence en examinant cette carte publiée dans "Istoria del Regno di Corsica".

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

Cet ouvrage fut publié de 1770 à 1772, en quatre tomes, à Florence, c'est-à-dire au moment où la Corse devient française. Son auteur, Gioacchino CAMBIAGNI, naquit dans cette ville en 1747 et y décéda en 1822. Fils de l'imprimeur officiel du grand-duc, il se destina d'abord à la carrière ecclésiastique mais l'abandonna après avoir obtenu le titre de "dottore" à l'Université de Pise en 1772. Dans son "Istoria"; il est donc encore qualifié de "abate" (abbé).

 

La décision d'écrire une Histoire de la Corse lui était venue de sa fréquentation des nombreux exilés corses réfugiés à Lucques, Pise, Florence. Il rencontra souvent et sympathisa avec Pascal PAOLI. Dans une lettre datée de 1800, "u Babbu di a Patria" le désigne comme "caro e buon amico Cambiagi".

 

Son ouvrage est basé sur une abondante et hétérogène documentation, ce qui ne lui évite pas certaines erreurs.

 

Au XXe siècle, l'universitaire fasciste et irrédentiste italien VOLPE estima qu'il s'agissait d'un"œuvre fondamentale".

 

Ces éléments biographiques sont extrait de la notice écrite par Gabriele Turi - Dizionario Biografico degli Italiani - Volume 17 (1974)

 

Poggiolo chez le roi de Prusse

 

En première page, il est écrit que ce livre est dédié "alla sacra recale maestà di Federigo III re di Prussia Elettore di Brandemburgo".

 

Depuis 1740, et jusqu'à sa mort en 1786, la Prusse et le Brandebourg étaient gouvernés par Frédéric II le Grand qui fut le premier de la dynastie HOHENZOLLERN à porter le titre de Roi de Prusse. Mais pourquoi CAMBIAGI lui donna-t-il le numéro III ?

 

La dédicace ne prouve pas le moins du monde que Frédéric avait un exemplaire de "Istoria" à Berlin. S'il en eut un, on peut imaginer qu'il aurait pu remarquer les village de Sorru in Sù sur la carte d'accompagnement.

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

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Les quatre villages de Sorunzu, ainsi qu'il est écrit sur la carte, sont bien présents avec l'orthographe italienne correcte, sauf Orto qui est devenu Orta. Leurs emplacements les uns par rapport aux autres ne sont pas vraiment conformes à la réalité. Attention! L'orientation de la carte place le Nord à droite.

 

Orto et Poggiolo sont représentés par un petit cercle signifiant "Paese piccolo". Guagnais et Socciais apprécieront que, pour leurs village, il est utilisé un autre signe qui veut dire "Paese grande"


 

Poggiolo chez le roi de Prusse

 

Curieusement, le plateau de Camputile est représenté comme une localité. Les lacs de Creno et de Ninu (nommé Dino) sont dessinés mais beaucoup plus à l'Est que dans la réalité. Il en sort des cours d'eau dont le nom n'est pas inscrit.

 

Les côtes sont bien représentées mais les erreurs ou les imprécisions pour l'intérieur montrent que les géographes de cette époque n'allaient pas sur place et se recopiaient souvent.

 

Avec la mise en place de l'administration française, les cartes s'améliorèrent vite, avant même l'aboutissement du plan-terrier (voir l'article Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier).

 

Merci à Jean-Luc, d'Orto, pour nous avoir communiqué ce document.

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 18:00

 

 

Une redécouverte: le livre du Père Doazan


Les amis du couvent de Vico se souviennent de cet ouvrage précieux du Père Louis DOAZAN, omi, sur l’histoire de ce lieu, paru en 2001. 

On le croyait définitivement épuisé...

Un stock important de ce livre vient d’être découvert et le voilà de nouveau en vente, disponible au couvent ! 

Une bonne nouvelle pour les amis de l'art, de l'histoire et de la spiritualité ! 
 
Présentation du livre en quatrième de couverture.

Présentation du livre en quatrième de couverture.

 

 

Un chef-d'œuvre du couvent: le "Franciscone", un Christ en bois peint de la fin du XVe siècle.

Un chef-d'œuvre du couvent: le "Franciscone", un Christ en bois peint de la fin du XVe siècle.

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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 18:26
La première carte avec Poggiolo

 

Poggiolo n'est pas cité dans le texte du très intéressant volume 2 de "Histoire de la Corse" (éditions Piazzola), publié en septembre 2019 sous la direction d'Antoine-Marie GRAZIANI. Mais son nom apparaît sur une carte placée pages 12 et 13. Cette carte a pour titre: "La Corse au milieu du XVIIIe siècle (Biblioteca Universitaria de Gênes, ms. C.V. 20) d'après la Storia di Corsica d'ACCINELLI".

 

La première carte avec Poggiolo

Pour voir Poggiolo, il est nécessaire d'agrandir l'image.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

 

Poggiolo (écrit avec un seul "g"), a été distingué en entourant son nom d'un ovale rouge.

Les villages voisins ont été numérotés:

1: Soccia (avec un seul"c")

2: Orto

3: Creno Lago (lac) 

4: Letia

5: Renno

6: Marignana

7: Balogna

8: Vico

9: Nesa

10: Chiliani

11: Rosacia (Rosazia)

12: Gualango

13: Guagno

14: Murzo

 

Une question se pose avec les numéros 12 et 13. Alors que Guagno est placé prés de Rosazia, l'endroit nommé Gualango, si le déchiffrement est bon, est inconnu mais il est écrit entre Orto et le lac de Creno, ce qui correspond mieux à la situation réelle de Guagno.

Mais on peut également relever que l'alignement Poggiolo-Soccia-Orto est un peu bizarre. Une telle carte était quand même un réel progrès sur les précédente qui plaçaient souvent les noms au hasard.

 

Avec Accinelli, la cartographie corse fit un grand progrès. 

Francesco Maria ACCINELLI (1700-1777), prêtre et cartographe génois, fut chargé en 1732 par son gouvernement de dresser une carte de la Corse (alors sous la domination de la Superbe) dans un but militaire, pour être utilisée par les troupes autrichiennes qui aidaient alors les Génois à réprimer une importante révolte dans l'île.

Quelques années plus tard, en 1738, paraissait la première carte de la Corse édité à Paris par JAILLOT. ACCINELLI accusa le Français d'avoir copié son œuvre.

Un site italien est consacré à ce grand érudit:

 http://www.francescoaccinelli.altervista.org

 

Mais la carte du livre dirigé par GRAZIANI ne correspond pas exactement à celle publiée dans "Image de la Corse", de Franck CERVONI, publié en 1989 à La Marge.

Elle est intitulée "MS 15 - Francesco Maria ACCINELLI 1737".

 

La première carte avec Poggiolo

Parmi les différences, si l'on ne regarde que la zone qui nous intéresse, cinq lieux ont disparu: Letia, Renno, Balogna, Nesa et Gualango. Mais l'alignement Poggiolo-Soccia-Orto est conservé. On peut remarquer que chaque localité est représentée par une petite tour près de son nom.

 

 

La première carte avec Poggiolo

 

Quelle est donc la véritable carte d'ACCINELLI? Ou bien sont-elles toutes les deux du même auteur?

 

Ce qui est certain, c'est que la première mention de Poggiolo sur une carte date bien des années 1730-1740.

 

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Une vidéo recommandée: les diverses représentations de Poggiolo sur les cartes anciennes.

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 18:00
Sur l'Etat de Cinarca

Le secteur de l'édition reprend peu à peu ses activités, comme les autres branches économiques. Un nouveau livre vient d'être mis en rayon. Ecrit par Claude ARRIGHI, magistrat honoraire, et produit par l'association Letia-Catena, il est consacré à l'histoire de la principauté de Cinarca.

Voici la présentation qui en est faite par l'association.

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Sur l'Etat de Cinarca

                 L’avènement et la chute de l’état de Cinarca

 

Comme elle le fait régulièrement depuis sa naissance, l’association Letia-Catena, qui s’intéresse au patrimoine historique de Letia et de l’ensemble du Vicolais, publie un livre sur les événements qui ont fait l’histoire de la région et qui ont eu aussi une influence directe sur celle de la Corse. L’association vient ainsi de publier, grâce à Claude Arrighi, magistrat honoraire, un livre consacré à L’avènement et la Chute de l’Etat de Cinarca

      La province de Vico, au cœur de la seigneurie de Leca, fut l’épicentre des luttes qui opposèrent au Moyen-âge les Génois aux seigneurs de Cinarca. Les castelli de Catena, de Leca, de Cinarca, de Ghjneparu, édifiés pour certains dès le X° siècle, étaient, outre leur valeur militaire, les symboles forts du pouvoir seigneurial. Ils furent renforcés au cours du XV° siècle par de nouveaux ouvrages, les Rocche Cinarchese : les Rocche di Sia, la Forcina et la Zurlina qui furent le théâtre des événements marquants de cette lutte. Outre les Génois, les autres acteurs qui intervinrent à Catena et en Cinarca furent les Pisans, la Papauté et les Catalans.

       Giovan Paolo da Leca est le dernier de ces héros qui incarnent par leurs noms, ce que fut la Corse de leur temps, ou plus précisément ce qu’ils auraient voulu qu’elle fût. Loin du cliché d’une Corse qui subit, en rebelle résignée, l’inexorable succession des dominations étrangères. Giovan Paolo da Leca faillit pouvoir réaliser à deux reprises son projet en 1488 et 1501. Selon le chroniqueur, « il aurait été illustre dans toutes ses actions si du moins la fortune eût secondé ses desseins ». L’échec de sa seconde campagne et la confiscation de sa seigneurie par l’Office de Saint Georges marquèrent la fin de l’état de Cinarca qu’il avait essayé de promouvoir. Malgré ses efforts répétés, il ne put jamais rétablir la situation, mais il n’abandonna jamais la lutte jusqu’à sa mort en 1507. 

Giovan Paolo haranguant ses partisans ("Mémorial des Corses", tome 1)

Giovan Paolo haranguant ses partisans ("Mémorial des Corses", tome 1)

 

Pour ce précieux travail, Claude Arrighi a engagé de longues recherches, approfondi les connaissances acquises, rassemblé la documentation et enfin rédigé ce texte qui concerne l’État de Cinarca, aux racines de la communauté de Letia. Le fruit de ses travaux demeure d’un grand acquis pour celle-ci, comme pour le Vicolais, la Cinarca et l’ensemble de la Corse. Il a su décrire ces héros du Moyen-Age, ainsi que leur gloire - pour quelques-uns éphémère -, mais aussi les raisons de leur postérité, face à l’image déformée d’une Corse qui aurait subi avec résignation l’envahisseur et les dominations extérieures. Il a su nous démontrer que, beaucoup plus que subir, ces héros ont aussi provoqué ces interventions étrangères dans l’île, celles des Pisans, Catalans et finalement Génois. Tous les chefs successifs de Catena et de Cinarca suivaient néanmoins une démarche précise et cherchaient à mener à bien un projet politique cohérent, dans lequel l’intervention des puissances étrangères demeurait un outil risqué, mais précieux.

       Avec ses prédécesseurs de Catena et de Cinarca,  Giovan Paolo da Leca sut faire naître et incarner le sentiment national dont la flamme n’allait plus s’éteindre, jusqu’aux luttes de Sampiero, qui se présenta à Vico comme son successeurpour mener l’éternel combat contre la tyrannie et les excès de la dominante, laquelle appliqua avec acharnement sa férule sur la Corse. 

C’est cette même flamme, celle de la libération nationale, qui illumina la grande Révolution Corse de quarante ans, au XVIIIe siècle, et porta le combat de son coordinateur, le général Pasquale Paoli, législateur, chef élu de la nation qu’il structura en proclamant la constitution écrite, issue des lumières du siècle. 

La flamme qu’ils ont allumée et les efforts et sacrifices consentis suscitent l’obligatoire devoir de mémoire et demeurent une source de fierté chez chacun de nos compatriotes. Ils constituent la naturelle inspiration qui guide généralement les comportements des fils de Corse. Ils orientent et marquent, véritablement, le sens de leurs actions. C’est bien ce qui s’est produit durant les années ardentes qui ont fait l’histoire de l’île, où ils sont demeurés les principaux éléments mobilisateurs, d’unité et de rassemblement, autour des valeurs qu’ils incarnent.

                                           ******

 

Le livre  l’Avènement et la chute de l’état de Cinarca est en vente :

--à AJACCIO à la librairie Le Mouflon, 19, Boulevard Fred Scamaroni. 

--et à SAGONE à La Villa Romana.

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