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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 17:59

Après les Case Suprane et les maisons de notables échelonnées le long de la route, il reste à voir les habitations voisines de la chapelle et de la stretta.

Six portent des dates de construction, sur un total de treize dans l'ensemble de Poggiolo.

Deux sont proches de la chapelle Saint Roch: les maisons 1816 et 1828.

Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch

 

 

La maison 1816

A gauche de Saint Roch, l'endroit encore appelé par les anciens "maison de Santa Joffre", a la particularité de présenter une datation gravée en chiffres romains.

Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch

On peut lire:

MDCCCXVI

Dans notre écriture, ces lettres signifient:

1816

 

On peut remarquer que le D des 500 a été gravé à l'envers.

D'autre part, l'inscription se trouve au premier étage, contrairement à toutes les maisons précédemment présentées.

 

 

 

 

La maison 1828

Juste après la chapelle, sur le bord droit de la stretta, près de l'entrée de l'ancien bar de Jean-Marie ORAZY (voir l'article "Après le café oublié, le café caché"), voici une autre belle indication.

Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch
Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch

La partie en demi-cercle est bien visible grâce à un filet récent de peinture noire. 

Elle comprend un cercle surmonté d'une croix au-dessus de l'inscription F.D.O.M., du moins si l'on interprète ce cercle comme servant aussi de lettre O.

Le globe avec la croix se retrouve sur la façade de la maison DESANTI-CHABROLLE déjà présentée dans les Case Suprane (voir l'article ici).

Ne serait-ce pas un orbe? Ce mot vient de l'expression latine orbis terrarum qui se traduit par «cercle des pays» et symbolise la domination du Christ sur le monde.

De plus, F.D.O.M. fait penser à l'expression D.O.M., abrégé de l'expression latine Deo optima maximo, c'est-à-dire "à Dieu très bon, très grand".

Si des lecteurs nous proposent d'autres significations, nous les accueillerons volontiers.

 

Quoi qu'il en soit, l'imprégnation catholique est évidente. Chaque nouvelle construction était placée sous la protection de Dieu, protection renouvelée chaque année avec la traditionnelle bénédiction des maisons (voir les articles sur la "spergiata" ICI et ICI).

 

La base du demi-cercle est encadrée par deux volutes. L'année 1828 est encadrée par deux groupes de deux lettres peu lisibles. 

 

(à suivre)

 

© Photos Michel Franceschetti

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 17:43
Un livre sur les Grecs de Paomia et les Corses

Communiqué de l'association Letia-Catena:

La très active association Letia-Catena prépare la diffusion d’un livre sur «Le conflit récurrent entre les communautés du Vicolais et la colonie Grecque de Paomia – Cargese. 1676- 1841».

 

Ce document retrace les affrontements successifs entre les communautés de Vico, Renno, Letia, Balogna, et la colonie, imposée par Gênes sur les terres de pacage et à céréales des villages de la montagne.

Ces faits s’étalent de 1676 à la révolution de quarante ans, l’arrivée des Français en 1769, la Révolution Française et la Corse Anglaise durant trois ans, de 1793 à 1796, avec le soulèvement des villages du Vicolais, un mois avant le départ du vice-roi britannique, et le retour des Jacobins en Corse avec les troupes du Général Gentili.

Divers documents  permettent d’évoquer les péripéties de ces affrontements jusqu’en 1841, où la colonie bénéficia successivement du soutien des autorités génoises, puis françaises,  grâce à la participation du bataillon grec à la répression génoises, puis à la conquête.

Bonaparte apporta avec sa famille un soutien à Marbeuf, marquis de Cargese, et à sa famille ainsi qu’à ses œuvres, c’est-à-dire l’installation de la Colonie en 1772.

Ce livre sera diffusé à la fin de l’été.

 

 

Site de l'association: http://letia-catena.fr

Adresse courrier: 26, boulevard Madame Mère, 20000 Ajaccio.

plaque posée sur l'église de Rondolino, à Paomia (photo Michel Franceschetti)

plaque posée sur l'église de Rondolino, à Paomia (photo Michel Franceschetti)

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 18:05

Les quatre maisons construites à Poggiolo entre 1879 et 1899 ont de nombreux points communs dans leur architecture, évoqués dans les articles précédents.

Leur situation dans le village est également particulière. 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

Elles sont placées entre les Case Suprane et le quartier Saint Roch.

Elles n'ont pas pris la place d'habitations plus anciennes car, comme le prouve le relevé cadastral de 1857, cette partie intermédiaire n'était pas encore habitée au milieu du XIXème siècle.

 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

 

La route départementale n'existait pas encore. Les quatre maisons qui nous intéressent bordent cette route. Elles ont certainement été placées pour profiter des avantages de la proximité avec la route dont les travaux ont été très longs.

 

Pendant des siècles, Poggiolo n'a été reliée à Soccia et Orto que par des sentiers partant de Saint Siméon. Pour rejoindre Guagno-les-Bains et Vico, le chemin débutait aux Trois Chemins.

L'image ci-dessous montre l'ancien cadastre sur lequel ont été placées les quatre habitations et, en rouge, la nouvelle route.

 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

 

Routes et "maisons de notables" ont provoqué un grand changement dans la structure du village. Les deux ensembles séparés ont été assemblés et la circulation qui était surtout nord-sud est devenue est-ouest, le long de la route. Le mouvement s'est accéléré à la fin du XXème siècle où les nouvelles maisons ont été installées en suivant la voie vers Soccia.

Elles se reconnaissent bien dans l'illustration suivante, qui utilise une vue photographique de Google Maps.

La lettre N a été placée sur les quatre maisons "de notables".

Cliquez sur la photo pour voir les détails.

Cliquez sur la photo pour voir les détails.

 

De Poggiolo aux Trois Chemins, toutes les constructions datent d'après 1950, sauf les numéros:

- 1: maison PASSONI

- 2: maison PAOLI (ex-LOVICHI)

- 3: maison dite "de Ceccantone"

- 4: maison DUBREUIL (dite "petit four")

 

Il reste une question: pourquoi la maison MARTINI, pourtant bien au bord de la route, lui tourne-t-elle le dos et a-t-elle son entrée principale du côté Saint Roch?

Certains descendants de Pierre MARTINI disent que, au moment de sa construction, en 1879, la route n'existait pas encore et que, quand le tracé devait être décidé, il fut demandé à "Muschino" s'il préférait que la route passât devant ou derrière la maison. La réponse fut: "derrière", choix dont la famille n'eut qu'à se réjouir, surtout quand on voit le flot quotidien de voitures vers le lac de Crenu l'été.

 

 

Muschino (photo Martini)

Muschino (photo Martini)

 

 

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Bien évidemment, si vous constatez des erreurs dans ce texte, vous pouvez en faire la remarque en écrivant dans la partie "Commentaires" sous cet article. 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 18:00

Les riches familles poggiolaises construisirent à la fin du XIXème siècle quatre belles maisons entre les Case Suprane et la place St Roch. La maison de Marione a été montrée la dernière fois. Voyons les trois autres.

Contrairement à la précédente, elles sont occupées régulièrement.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

Juste au-dessus de la maison de Marione, sur le terrain de Vignarella, se trouve celle de Bernard et Marie-Claude FRANCESCHETTI.

La maison de Marione à gauche et celle des Franceschetti à droite.

La maison de Marione à gauche et celle des Franceschetti à droite.

Elle fut construite en 1899 par leur arrière-grand-père Jean-Martin DESANTI (1846-1922), après qu'il eut reçu la Légion d'Honneur et pris sa retraite de sous-officier de carrière.

 

Jean-Martin Desanti décoré de la médaille militaire.

Jean-Martin Desanti décoré de la médaille militaire.

Deux articles de ce blog lui ont été seront consacrés:

Jean-Martin couche chez Leonore. 1/2 : LE SOLDAT

Jean-Martin couche chez Leonore. 2/2 : LA VIE FAMILIALE

 

Ses initiales (DJM: DESANTI Jean-Martin) sont gravées avec la date 1899 dans la pierre au-dessus de l'imposte.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

En continuant la route, sur le côté gauche, se trouve la maison de la famille CECCALDI.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

Là aussi, une porte à deux vantaux est surmontée d'une imposte métallique (alors qu'elle est en bois dans la maison précédente) au centre de laquelle se trouve la date de 1885. Les initiales N et C sont gravées de part et d'autre du demi-cercle.

NC signifie Noël CECCALDI. Né en 1850 et décédé en 1925, il fut forgeron et maire de Poggiolo de 1894 à 1901.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

Juste après, en traversant la stretta, il y a la maison MARTINI. Mais, bizarrement, sur le côté de la route, il n'existe qu'une petite porte, sans date ni initiales, qui est en vérité la porte de derrière de cette maison.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

L'entrée du bâtiment est de l'autre côté, avec la double porte et son imposte.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

Les indications habituelles (ici 1872 et MP) sont regroupées sur la pierre surplombant la partie haute de l'imposte.

MP signifie MARTINI Pierre. Surnommé "Muschino", il vécut de 1837 à 1907, eut huit enfants avec son épouse Antoinette DESANTI (1838-1908) et fut maire de Poggiolo de 1888 à 1894.

Comme aucune habitation n'existait à cet endroit auparavant, ses occupants furent surnommés "I Martini di a casa nova".

 

Mais l'énigme n'est pas résolue: pourquoi ces maisons ont-elles été construites à la même époque dans cette partie de Poggiolo?

Il s'y ajoute un autre mystère: pourquoi la maison MARTINI tourne-t-elle le dos à la route?

 

(à suivre)

 

En dehors de la première image tirée de Géoportail, toutes les photos utilisées dans cet article sont de Michel FRANCESCHETTI.

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 18:01

Une série de quatre grandes maisons se trouve à l'entrée de Poggiolo. Leur construction a eu lieu pendant le dernier quart du XIXème siècle. Pourquoi à ce moment? Pourquoi sont-elles là?

 

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

 

En entrant dans le village (ce dont les touristes ne s'aperçoivent pas car le panneau d'entrée a disparu depuis bien longtemps) par le Fragnu, une grande maison se remarque en sortant du premier tournant à droite, à  Chioso a noce: la maison de Marione.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

La date de 1886 et les initiales P et J qui l'entourent n'ont pas été gravées dans la pierre. Elles sont en fer forgé dans l'imposte placée au-dessus de la porte d'entrée.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione
Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

L'école du village, qui a plusieurs fois changé de lieu, fut quelques années au rez-de-chaussée. La porte ci-dessous, à droite de la porte principale, aurait été l'entrée d'une classe.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

Malheureusement, cette maison a été abandonnée depuis la mort de Marione, sa dernière occupante, voici plusieurs dizaines d'années, et elle se dégrade de plus en plus vite. Les portes tiennent difficilement et, l'une après l'autre, les fenêtres s'écroulent.

Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione
Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione

Images désolantes qui ne sont pas spécifiques à Poggiolo. Elles se retrouvent partout où des héritiers n'arrivent pas à s'entendre pour régler la succession. La maison devient ruine.

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 17:47

La plus vieille maison de Poggiolo est celle de la famille Pinelli, ainsi que l'a rappelé l'article précédent.

La date de 1702 gravée sur son linteau prouve cette ancienneté sans contestation. Cette maison fut construite soixante-six ans avant que la Corse devint française.

Quatorze habitations poggiolaises sont ainsi bien situées dans le temps.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

Si vous comptez bien, vous ne voyez que treize années de construction sur cette photo. Il manque le lieu nommé "maison de Ceccantone" qui est un peu plus loin que la fontaine du Lucciu, hors du cadre de ce cliché. Elle sera présentée comme les autres, à la fin de cette série d'articles.

Les maisons datées se répartissent dans tous les quartiers. Trois ont été édifiées au XVIIIème siècle, cinq dans la première moitié du XIXème, quatre dans la seconde moitié et une au XXème (deux en comptant celle de Ceccantone).

Cette série ne concernant que les logements, les autres édifices (fours à pain, chapelles, fontaines, caveaux) en sont exclus. 

 

 

MAISON 1787

Juste au-dessus de la maison Pinelli, on passe devant un petit bâtiment avec une date illisible.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

La montée prend un fort virage à droite pour arriver à un lieu marqué 1787. Il est même doublement marqué.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane
Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane
Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

En effet, deux entrées très proches ont cette même date, suivie, comme dans pratiquement toutes les inscriptions, de lettres évoquant la famille du constructeur. Les propriétaires actuels sont les familles TEYSSEDOU et PRINCE, descendants des DEMARTINI qui habitaient ici.

porte de droite
porte de droite

porte de droite

Le linteau de la porte de droite est plus lisible que celui de la porte de gauche mais l'année 1787 est bien apparente.

porte de gauche
porte de gauche

porte de gauche

 

MAISON 1834

 

Après être passé devant ces deux portes, on se trouve en face de la maison de la famille CHABROLLE, ancienne maison BARTOLI et plus anciennement maison DESANTI.

Au dessus de la porte d'entrée, on remarque une grosse pierre polygonale avec une croix et la date de 1834.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

En réalité, cette date est peu lisible. Anna-Maria LECA et Noelle MEDURIO, dans leur travail pour l'Université de Corte, ont réussi à prendre un cliché qui permet de décrypter un peu l'inscription. La dernière ligne semble comporter le nom de la famille DESANTI.

 

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

Cette grande maison pourrait avoir été construite en 1834 mais ce n'est pas une certitude. En effet, l'auteur de ces lignes se souvient que cette pierre se trouvait dans les années 1960 de l'autre côté de la terrasse, au bord de la stretta. Et Rose-Marie CHABROLLE affirme que son déplacement avait été une initiative de son père, le docteur BARTOLI. L'inscription se trouvait sur un four à pain aujourd'hui détruit.

Alors, maison construite avant, en même temps ou après ce four?

 

Des détails supplémentaires sur cette énigme sont à lire dans l'article
"QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?" publié le 28 juin 2015

 

En dehors de la première image qui a utilisé Géoportail et du cliché réalisé par Anna-Maria LECA et Noelle MEDURIO, les photos viennent toutes de Michel FRANCESCHETTI.

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 17:25

La devinette du mois vous demandait laquelle, parmi les vieilles maisons de Poggiolo, est la plus ancienne et quelle est sa date de construction.

 

Plusieurs vieilles bâtisses du village portent une date gravée au-dessus de leur porte d'entrée. Beaucoup sont du XIXème siècle, d'autres du XVIIIème.

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo
Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

 

On ne sera pas surpris d'apprendre que la doyenne est la maison PINELLI, aux Case Suprane, car cette famille est une des plus anciennes du village, et peut-être même la plus ancienne.

Quelle est donc sa date de construction?

 

 

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

Au bord de la streta, sur la façade où se trouvent les portes d'entrée de cette maison, aucune date n'est visible.

Dans leur inventaire du patrimoine bâti du canton (consultable sur le site de la Médiathèque Culturelle de la Corses et des Corses), Noëlle MEDURIO et Anna Maria LECA ont pourtant noté la présence d'"un linteau gravé donnant une datation (1702)".

Mais elles n'ont pas précisé de quel côté est ce linteau.

D'ailleurs, l'ancienneté du bâtiment est encore plus grande si l'on en croit la brochure sur les PINELLI écrite voici plusieurs années par Toussaint PINELLI.

On y lit:

"Les PINELLI entreprennent dans la première décennie XVIIème siècle la constrution à Poggiolo de leur maison familiale sur un mur de laquelle on peut remarquer, gravée dans le granit, la date de 1610 (partie appartenant actuellement à nos cousins PINELLI qui l'occupent).

Cette première construction fut agrandie ultérieurement pour satisfaire à l'accroissement familial et atteignit ses dimensions actuelles dès l'année 1702 (date gravée sur la façade est)."   

Mais il y a une erreur: la date 1702 se trouve sur la façade OUEST, ou plus exactement SUD-OUEST, du côté appartenant à Ernestine.

Cliquer pour agrandir l'image.

Cliquer pour agrandir l'image.

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo
Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

Si la date est lisible, le reste de l'inscription est vraiment indéchiffrable. Mais le doute n'est pas permis: la maison PINELLI est la plus ancienne de Poggiolo.

 

A la suite de partage d'héritage, la maison est maintenant divisée en deux. Dominique PINELLI et sa sœur Félicie, descendants directs des premiers bâtisseurs, habitent toujours la partie la plus ancienne, celle de 1610, dont la porte est bien placée du côté EST, ou plus exactement NORD-EST. Mais la pierre portant cette date a disparu lors de travaux.

Merci à Dumé pour ces renseignements.

Dominique Pinelli.

Dominique Pinelli.

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Cet article a déjà été publié le 3 octobre 2017.

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 17:41

JE VAIS VOUS DIRE POURQUOI J'ADMIRE

 PERE CHARLES DOMINIQUE ALBINI

 

 

Parce qu'il s'est tordu la cheville en fuyant les habitants de Linguizzetta et de Canale di Verde.

En fait, le 17 septembre 1837 après une mission particulièrement réussie, les habitants de ces villages voulaient célébrer leur héros, lui montrer leur enthousiasme et reconnaissance... Charles Dominique, selon les témoins, a préféré s'esquiver, filer à l'anglaise immédiatement après la plantation de la croix. C'est pendant cette fuite précipitée que l'accident advint. Sollicité par le P. Guibert pour décrire ses succès missionnaires, il se montre sobre et même évasif dans ses rapports à propos de lui-même. Il n'aimait pas parler de lui. Il était là pour parler de Jésus Christ. «Etre compris, c'est l'essentiel». Il disait: «être applaudi, c'est de la sauce!», c'est-à-dire c'est futile, sans importance... Il y a dans cette contusion au pied droit faite en se dérobant à la démonstration de reconnaissance des fidèles tout un symbole. 

Je sens qu'il a dû passer des heures à méditer les paroles de Jésus. «Quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites: «nous ne sommes que des serviteurs simples, nous n'avons fait que notre devoir» (Lc 17, 10). Il a dû vraiment faire sien ce secret évangélique. «Qui veut être le premier, qu'il soit votre serviteur» (Mt 20,27). Il a vécu 3 ans en Corse, en missionnaire extraordinaire, et il a fait aussi de son mieux pour passer discrètement, humblement, sans vouloir attirer l'attention sur lui et sans vouloir laisser derrière lui des traces. 

Il ne nous a laissé qu'une seule image de lui-même de toute sa vie! Impensable à notre époque de selfies! C'est seulement après sa mort en 1839 que le P. Eugène de Mazenod fait faire rapidement son portrait par un célèbre graveur aixois Marius Reinaud. 

tableau inspiré de la gravure de Marius Reinaud

tableau inspiré de la gravure de Marius Reinaud

Nous ne gardons à Vico aucun souvenir matériel de son passage - même si, selon les chroniques du couvent, encore en 1945, les pères couvrent le Père Joseph Puchala souffrant avec le manteau du Père Albini en espérant sa guérison. Ce jeune oblat accidenté a en effet servi encore de longues années missionnaires. Père Albini nous a laissé peu de lettres, peu d'écrits... 

Même après sa mort il semble fuir à notre désir de l'honorer, le célébrer, le glorifier. Père Audric en l884 se plaint que la tombe de P. Albini était mal indiquée, qu'il a vu pendant plus de vingt ans «de nombreux fidèles se tenir à genoux et prier avec ferveur devant une blanche muraille qui ne leur disait autre chose que ces mots: Ici reposent probablement, les restes unanimes du saint Père Albini ! ». Et même aujourd'hui peu sont ceux qui connaissent malgré des décennies d'effort aboutissant à des maigres résultats... Comme si notre frère Charles Dominique continuait à se dérober, à fuir Linguizzetta et Canale di Verde ... 

Nous vivons dans une société où une autopromotion est à la mode... Nous sommes si souvent friands de reconnaissance, de considération. Si souvent nous cédons à la tentation de paraître pour avoir une illusion d'être. Parfois il nous semble ne pas exister si nous ne brillons pas, si nous ne sommes pas sur les lèvres des autres... parfois c'est tellement ridicule…

Oui, je l'admire, il m'intrigue ce frère dont nous gardons le portrait dans notre chapelle où chaque matin à 8h nous célébrons eucharistie ouverte à tous, sur un autel placé à peu près où il y avait son lit et où il est mort le 20 mai 1839. 

Comme chaque année nous allons nous retrouver le 20 mai pour célébrer cette date mémorable, pour célébrer cet homme extraordinaire. Cette année nous aurons la joie d'avoir le Père Louis Lougen, le supérieur général des oblats qui présidera l'eucharistie en l'honneur de notre Père Albini. Et j'aime à penser que, s'il pouvait y être en chair et en os avec nous, il aurait... rougi. Oh, non! il n'était pas timide! Il était humble, c'est à dire vrai. 

 

Père Grégoire Skikki omi

(texte publié dans le mensuel «Inseme» du mois de mai 2018)

Je vais vous dire pourquoi...

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 17:47

La première citation de Poggiolo dans un livre l'a été dans l'ouvrage de Mgr GIUSTINIANI décrivant la Corse au XVIème siècle. L'article précédent vient de le montrer.

 

Mais quelle est la première fois où le village est apparu sur une carte de géographie?

 

Il fallut attendre le XVIIIème siècle avec Francesco Maria ACCINELLI (1700-1777). Prêtre et cartographe génois, il fut chargé en 1732 par son gouvernement de dresser une carte de la Corse (alors sous la domination de la Superbe) dans un but militaire, pour être utilisée par les troupes autrichiennes qui aidaient alors les Génois à réprimer une importante révolte dans l'île.

Quelques années plus tard, en 1738, paraissait la première carte de la Corse édité à Paris par JAILLOT. ACCINELLI accusa le Français d'avoir copié son œuvre.

Un site italien est consacré à ce grand érudit:

 http://www.francescoaccinelli.altervista.org

 

La carte d'ACCINELLI est bien la première carte mentionnant Poggiolo, appelé POGIALO dans ce document.

 

Cliquez sur le document pour l'agrandir.

Cliquez sur le document pour l'agrandir.

 

Il est vrai que la carte de JAILLOT est plus lisible. Poggiolo se nomme cette fois POGGIALE. L'orthographe du village varia souvent au cours du XVIIIème siècle.

 

Les premières mentions cartographiques
Les premières mentions cartographiques

 

Pour Guagno-les-Bains, un article précédent, "La Corse (et Sorru in sù) au Vatican", publié sur ce blog en 2015, avait montré que le lieu, alors nommé "Bagni di Vico", était mentionné dans la Salle des Cartes du Vatican. 

Des fresques représentant les régions italiennes (dont la Corse) ont été peintes entre 1580 et 1585 par Antonio DANTI, avec les conseils de son frère, le géographe dominicain Ignazio DANTI, tous deux natifs de la ville italienne de Pérouse. 

 

Les premières mentions cartographiques
Les premières mentions cartographiques

 

Comme la carte a été dessinée avec le nord en bas, il faut la retourner et mettre les noms à l'endroit, ce qui donne:

Les premières mentions cartographiques

 

Un montage vidéo des diverses cartes anciennes représentant Poggiolo a été mis en ligne il y a quelques années. Vous pouvez le visionner ci-dessous.

Le film donne la date de 1731 au lieu de 1732. D'autre part, il ne mentionne pas la fresque du Vatican car elle était alors inconnue de l'animateur du blog.

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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 17:52

Trois questions avaient été posées au sujet de la personne représentée par ce portrait:

1) Quel est le nom de ce personnage?

2) Quelle fonction importante a-t-il occupée?

3) Surtout, qu'a-t-il fait d'important pour Poggiolo?

 

 

Solution à la devinette du mois: qu'a-t-il fait pour Poggiolo?

 

Les réponses aux deux premières questions se trouvaient inscrites en haut du tableau:

1) Ce personnage se nommait Agostino GIUSTINIANI et il a vécu de 1470 à 1536.

2) Il fut évêque du Nebbio (entre le Cap Corse et le désert des Agriates) de 1514 à 1536.

A priori, son rapport avec Poggiolo n'est pas évident.

 

Effectivement, le lien est le livre que rédigea cet évêque: le "Dialogo nomminato Corsica", souvent appelé simplement "Description de la Corse", publié vers 1530. Il y décrit de façon très minutieuse toutes les parties de la Corse et cite tous les villages de l'époque.

Solution à la devinette du mois: qu'a-t-il fait pour Poggiolo?

 

 

 

L'évêque Agostino GIUSTINIANI est la première personne à avoir cité POGGIOLO dans un livre.

 

 

Le village était déjà mentionné dans quelques documents génois, comme par exemple en 1513, dans une liste citant les anciens habitants revenus sur leurs terres après la "disabitazione", c'est-à-dire l'exil, décidé par les Génois contre les habitants de Sorru in sù qui avaient aidé la révolte du seigneur Giovan Paolo de Leca (voir l'article "Les années zéro: 1501).

Dans son ouvrage, GIUSTINIANI parla du village de "Podiolo" (certaines éditions écrivent "Poggio") et d'un autre plus petit, les «Soprane», lequel comptait 14 feux sur le registre des "taglie" de 1537. Podiolo doit à peu près correspondre à l’actuel quartier de saint Roch. Le nom de Soprane est utilisé maintenant pour les maisons et terrains qui sont au-dessus de la route, près de Saint Siméon. En fait, les Soprane de l’époque se trouvaient plus haut que l’église. 

 

Ce portrait a été publié par l'hebdomadaire "Settimana", dans le cadre d'une série intitulée "Pièces de musée", réalisée en partenariat avec le Musée de Bastia.

Il était accompagné de la notice suivante:

Agostino Giustiniani (1470-1536) est une figure des plus importantes de l'épiscopat génois en Corse. Véritable intellectuel, polyglotte et collectionneur, on lui doit une des sources fondamentales de l'histoire de la Corse et un témoignage unique sur l'île au 16e siècle: le Dialogo nomminato Corsica. Pantaleone - c'est son prénom avant son entrée en religion - est issu d'une des plus illustres familles du patriciat génois qui a donné de nombreux gouverneurs et évéques. Il entre dans l'ordre des dominicains et en septembre 1514, il est nommé évêque du Nebbio et il s'investit dans son diocèse jusqu'en 1536, date à laquelle il périt lors d'un naufrage entre le Cap Corse et Capraia. 

Dédicacé à Andrea Doria (1466-1560), son Dialogo nomminato Corsica a été vraisemblablement rédigé entre 1521 et sa mort. Faisant partie de la littérature corse de langue italienne, cette œuvre illustre de manière exceptionnelle à quel point les évêques génois ont marqué de leur empreinte la vie religieuse et culturelle de l'île. 

Sylvain GREGORI

Directeur du Musée de Bastia 

 

 

Agostino Giustiniani en habit de dominicain.

Agostino Giustiniani en habit de dominicain.

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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