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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 18:00

 

Les vols et les destructions sont de plus en plus importants dans les églises françaises. Nos villages espèrent en être protégés. Mais, voici quelques années, une partie de la décoration de l'église Saint Siméon a été enlevée. Certaines familles poggiolaises en possèdent des morceaux. Seulement, tout a eu lieu de façon légale et publique.

 

Les murs de l'église étaient ornés par les quatorze tableaux du chemin de croix qui est destiné à permettre aux fidèles de communier aux souffrances et à la mort du Christ.

 

Depuis 1897 où ils avaient été achetés par la fabrique (le conseil paroissial), des panneaux décoraient l'intérieur de l'église. Mais ce style très conventionnel, sulpicien, datait de plus en plus. La toile de ces tableaux se détériorait et partait parfois en lambeaux.

 

En voici un exemple avec, placée sur le mur d'un logement privé, une des dernières stations de la série.

 

Chacun son chemin de croix

 

Pendant les dernières années du XXe siècle, les Poggiolais rivalisaient de dynamisme et d'originalité pour trouver des financements afin de restaurer leurs églises. 

 

 

Fête de St Roch le 16 août 1997 (photos Michel Franceschetti)
Fête de St Roch le 16 août 1997 (photos Michel Franceschetti)

Fête de St Roch le 16 août 1997 (photos Michel Franceschetti)

 

Il fut décidé d'installer un chemin de croix plus moderne. Une partie des revenus des animations du 16 août permit de l'acquérir.

 

Stations II et IX de l'actuel chemin de croix (photos Michel Franceschetti).
Stations II et IX de l'actuel chemin de croix (photos Michel Franceschetti).

Stations II et IX de l'actuel chemin de croix (photos Michel Franceschetti).

 

Et, intelligemment, au plus de jeter au rebut les anciens panneaux, ils furent distribués à l'occasion d'une tombola. Ainsi, depuis 1999 ou 2000, des familles poggiolaises en possèdent certains exemplaires.

 

Si vous en connaissez, pourriez-vous nous envoyer des photos de ces témoins d'un ancien temps? 

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 18:00
La devinette du mois: le rescapé de St Siméon

Cette photo montre un élément de chemin de croix qui se trouve chez un particulier au lieu d'être accroché sur le mur d'une église. En l'occurrence, ce tableau se trouvait autrefois à l'intérieur de St Siméon.

 

 

Pourquoi cette station de chemin de croix

n'est-elle pas dans l'église?

 

 

Serait-ce le résultat d'un vol ou d'un vandalisme?

 

Réponse demain.

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 18:00

 

Pendant les journées du patrimoine, les bâtiments anciens peuvent être visités. Mais ils ne sont que les rescapés de ce que les générations anciennes ont pu édifier. De nombreux châteaux ou églises ont disparu. Il en reste parfois encore le souvenir et très peu de pierres.

 

 

Le docteur Bernard ALLIEZ raconte, dans le texte suivant, sa recherche, voici quelques semaines, d'une église pisane nommée Santa AnoriaSelon les documents, elle se nomme également Sant Anarilla, Santa Naria, Santa Nuria, Santa Noria ou Sannaria. la forme la plus courante est Santa Anaria, version celle utilisée par le cadastre de 1857. Ces orthographes extravagantes cachent simplement la déformation de Santa Maria.

 

Cadastre de 1857.

Cadastre de 1857.


 

 

Construite par les Pisans, cette construction était l’église-mère où se retrouvaient les habitants de Poggiolo, Aghja (premier emplacement de Soccia), Guagno, Orto, et Soccia. Elle était située près des Trois Chemins, où se rejoignent les sentiers venant de ces différents villages, sur le territoire de la commune de Soccia mais à la limite de celle de Poggiolo. 

 

 

Anciens et actuels bâtiments religieux de Poggiolo et Soccia. Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

Anciens et actuels bâtiments religieux de Poggiolo et Soccia. Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

 

Dans sa thèse sur "Les églises romanes de Corse" parue en 1967, la célèbre archéologue Geneviève MORACCHINI-MAZEL avait signalé qu'il existait quelques pierres.

 

 

En 2013, deux étudiantes d'origine guagnaise, MEDURIO Noelle et LECA Anna-Maria, avaient étudié le patrimoine bâti des Deux-Sorru. Elles avaient pu photographier une seule pierre de ce qu'elles ont nommé Santa Nuria. Bernard ALLIEZ en a trouvé deux en débroussaillant et a pu les prendre en photo.

 

Patrimoine: Santa Maria, l'église détruite et oubliée
Patrimoine: Santa Maria, l'église détruite et oubliée

 

 

 

Une chapelle oubliée entre Poggiolo et Soccia:

"Santa Anoria" ?

 

 


A cinq cents mètres au-delà du cœur du village de Poggiolo, sur la route de Soccia, dans un virage, au lieu-dit des 3 chemins, une allée bordée de chênes se dirige à gauche vers Guagno-les-Bains.

 

 

Empruntant ce chemin parfaitement tracé, on passe devant un dépôt de travaux puis une station d'énergie solaire et, après un portail à bestiaux ouvert, on atteint une esplanade utilisée comme dépôt de divers objets "encombrants". Au fond de cette surface en plateau d'environ 100m2, on distingue les restes d'un enclos à cochons et, à gauche de cet enclos, un amas de pierres gît sous des fagots de bois coupés dans un roncier très fourni et épais de plus de deux mètres de haut.

 


 Il ne s'agit pas de gravats éparpillés comme dans le voisinage immédiat mais de pierres moussues, très anciennes, en partie taillées en biseau attirant la curiosité. Après quelques travaux d'approche au sécateur, on distingue des alignements de pierres évoquant l'arase d'anciens murs. A l'ouest de l'ensemble, on remarque deux grosses pierres taillées présentant des empreintes cupuliformes* comme il en existe sur les linteaux des portes des églises romanes.

 


 Avec beaucoup d'imagination, on pourrait reconstituer l'ensemble de cette ruine comme les pauvres restes d'une très ancienne chapelle romane du XIIème ou XIIIème siècle. En témoignent l'orientation est/ouest de l'ensemble, la vue des ébauches  d'alignements et l'appareillage visible, la taille de grosses pierres avec des empreintes cupuliformes.

 

 

Cette ruine est très dégradée. Elle est particulièrement vénérable car elle témoigne de la vie et du souvenir de nos lointains ancêtres. Elle est actuellement rescapée de l'agression d'un démaquisage "utilitaire" et de l'usage domestique de son voisinage immédiat.

 


 Depuis ce lieu, la vue porte loin. On distingue les villages de Letia, Soccia, Guagno entre autres, et cela permet d'envisager une chapelle destinée à la réunion de plusieurs communautés à des fins religieuses mais également administratives, judiciaires ou politiques. Par ailleurs, jouxtant ce type d'édifice, il était d'usage d'ensevelir les morts, et, même si ces usages sont lointains, pourquoi les oublier?

 

Avant la disparition définitive de ces vestiges, une protection nous paraît s'imposer.  

  

Les communautés de Poggiolo et/ou de Soccia pourraient s'intéresser à ces insignes vestiges et les sauver .

 

Ces pierres sont multiséculaires, elles recouvrent les restes et le souvenir des ancêtres des villageois actuels. Je suis certain qu'elles pourront être préservées et respectées.

 

 

Bernard Alliez/Mariotti

 

 

*Du latin cupula (petite cuveet forma (forme), désigne toute chose ayant une forme de cupulec'est-à-dire d'une petite coupe 

 

 

 

Commune ou collectivité de Corse, quelle que soit l'administration, ces vestiges doivent être sauvées.

 

Intervenir est urgent.

 

 

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “chapelle Santa Nuria,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, consulté le 17 septembre 2020, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099724.

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “chapelle Santa Nuria,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, consulté le 17 septembre 2020, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099724.

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 18:00

 

Peu connu mais très important pour l'histoire de Poggiolo et Guagno-les-Bains, un texte fut rédigé voici exactement 170 ans.

 

 

Le 17 septembre 1850, le conseil d'arrondissement d'Ajaccio reconnut "qu'il y a opportunité de distraire du territoire de Guagno l'enclave connue sous la dénomination de St Antoine et de la réunir au territoire de Poggiolo, seule commune qui puisse à bon droit la revendiquer".

 

L'enclave des Bains sera poggiolaise

 

Les conseils d'arrondissement étaient composés d'élus, à raison d'un par canton, qui donnaient leur avis sur ce qui concernait le territoire de l'arrondissement, qui est une portion du département. Le régime de Vichy les suspendit par la loi du 12 octobre 1940 et ils n'ont jamais été rétablis.

 

En 1850, ce conseil comptait douze membres. D'après l'annuaire du département, le représentant du canton de Soccia se nommait PINELLI J. N. (Jean Noël?).

 

Pourquoi cette demande a-t-elle été adoptée et quelles en furent les conséquences?

 

 

 

UNE LONGUE GUERILLA

 

Pendant longtemps, et surtout au XVIIIe siècle, les moines cordeliers de la chapelle Saint Antoine recevaient les malades qui venaient se soigner à la source d'eau chaude des Bains de Guagno. Le terrain de Caldane était ouvert à tous mais des Guagnais prirent l'habitude de se l'approprier. Les villages voisins s'en plaignirent souvent (la première mention conservée date de 1779), arguant que les moines étaient sous la protection du curé de Saint Siméon de Poggiolo.
 
 
Les querelles se compliquèrent avec l'édification de l'établissement thermal par le département en 1821 et avec l'autorisation de la construction de l'hôpital militaire donnée par le roi Louis XVIII en 1822. Les revendications de Soccia se firent de plus en plus insistantes.
 
 
Reconstitution de l'établissement thermal construit en 1821-1825.

Reconstitution de l'établissement thermal construit en 1821-1825.

 

Louis-Philippe pensa résoudre le conflit par l'ordonnance du 7 septembre 1840 autorisant le Préfet "à  acquérir de la commune de Guagno, soit à l'amiable et au prix qui sera déterminé par une expertise contradictoire, soit, s'il y a lieu, par voie d'expropriation  pour cause d'utilité publique:

1° les terrains sur lesquels sont situées les sources thermales de St Antoine de Guagno (...)

2° Les bâtiments et constructions actuellement affectés à l'établissement thermal de Guagno et qui seraient la propriété de la commune".

 

La municipalité de Guagno ayant refusé l'accord amiable, l'expropriation fut prononcée par le tribunal de première instance d'Ajaccio le 3 mars 1841.

 

Mais les Guagnais continuèrent à occuper les terrains et à entretenir une véritable guérilla juridique contre le département et contre les Socciais.

 

 

 

UN JUGEMENT DE SALOMON

 

Le vœu du conseil d'arrondissement du 17 septembre 1850 s'inscrivait dans ce contexte.

 

Les élus furent écoutés. Il est vrai que l'argument invoqué était nouveau: "Fidèle au principe qu'il a proclamé touchant à la suppression des enclaves". Les limites des communes corses créées par la Révolution Française furent longues à être fixées. Voir les difficultés entre Poggiolo et Rosazia  dans l'article "La fièvre monte à Libbiu".

 

Le pouvoir central accéda à la demande. L'attribution de l'enclave de Saint Antoine, c'est-à-dire de Guagno-les-Bains, à Poggiolo fut entérinée par le décret du Prince-Président Louis-Napoléon BONAPARTE (il ne devint empereur que le 2 décembre 1852) en date du 19 septembre 1852. Ce véritable jugement de Salomon mit fin aux oppositions entre Soccia et Guagno.

 

L'enclave des Bains sera poggiolaise

 

Désormais, Guagno-les-Bains est officiellement un hameau de Poggiolo mais l'établissement thermal n'appartient pas à la municipalité. Il est propriété du conseil général, et maintenant de la Collectivité de Corse. Et l'on attend son redémarrage...

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 18:00

 

"La Corse n'est pas pour moi un département comme un autre, c'est ma famille !"

 

Voici exactement 160 ans que, le 14 septembre 1860, Napoléon III prononça cette phrase à Ajaccio, déchaînant l'enthousiasme des milliers de Corses (peut-être 30.000) qui étaient venus le voir et l'acclamer.

 

L'empereur ne vint, avec son épouse Eugénie, qu'une seule fois en Corse, et simplement pour 24 heures, les 14 et 15 septembre 1860. Mais ce voyage est le point de départ d'une légende toujours très forte. Napoléon III et l'impératrice auraient "pris les eaux" à Guagno-les-Bains.

 

La plaque fixée sur  la façade de l'établissement thermal s'en glorifie.

 

Une légende commençait il y a 160 ans

 

Jean-Pierre GIROLAMI, dans un article paru dans "Corse-Hebdo" le 17 février 2012, donne le programme exact de cette visite sur l'île. Il peut être consulté à l'adresse: https://www.corsematin.com/articles/quand-ajaccio-accueillait-napoleon-iii-24916

 

 

Les renseignements qui y sont donnés, et qui sont corroborés par le livre de Paul SILVANI "La Corse des Présidents" (éditions Albiana), montrent qu'il était matériellement impossible pour le couple impérial de se rendre dans les Deux Sorru. Il ne visita qu'Aspretto et Ajaccio.


 

Napoléon et Eugénie embarquant à Marseille pour la Corse.

Napoléon et Eugénie embarquant à Marseille pour la Corse.

 

Neuf ans plus tard, à l'occasion des cérémonies du centenaire de la naissance de Napoléon Ier, Eugénie de Montijo revint, avec son fils mais sans son mari. "Corse-Hebdo" du 24 février 2012 (non mis en ligne) a donné le compte-rendu de cette visite. L'impératrice débarqua à Bastia pour une journée, puis elle reprit le bateau pour aller le 29 août 1869 à Ajaccio où elle resta une journée avant de revenir sur le continent. Donc, là également, pas de passage possible à Guagno-les-Bains.

 

 

Mais la légende avait commencé et elle persiste de nos jours.

 

 

L'inscription de la plaque est à revoir totalement, d'autant plus que d'autres personnalités corses sont venues profiter des bienfaits de l'eau sulfureuse de Guagno-les-Bains: Sampiero, Pascal PAOLI, Letizia et son fils Napoléon BONAPARTE.

 

Une légende commençait il y a 160 ans

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:00

 

Le passage du Second Empire à la Troisième République fut compliqué à Poggiolo,  où les années 1870 et 1871 virent cinq maires se succéder, comme décrit dans l'article précédent (4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine ).

 

Qu'en fut-il dans les communes voisines (Soccia, Orto et Guagno) qui formaient alors le canton de Soccia?

 

Les informations publiées dans cet article résultent de la consultation des registres d'état-civil de ces villages, disponibles sur le site des Archives Départementales (http://archives.isula.corsica/Internet_THOT/FrmSommaireFrame.asp).

 

Les dates de début de mandat correspondent à celles des premiers actes signés par les maires mais elles ne sont pas toujours exactement celles de leur entrée en fonction.

 

Cette étude est très partielle également car les tendances politiques des élus n'ont pas pu être recherchées, alors qu'elles expliqueraient certains événements. Ce travail sera à faire.

 

En fin d'article, un tableau récapitulatif permet de comparer l'histoire municipale des quatre communes.

 

 

actuelle mairie de Soccia (photo Franceschetti)

actuelle mairie de Soccia (photo Franceschetti)

 

La vie municipale fut beaucoup plus calme à Orto et Soccia mais assez instable à Guagno.

 

 

 

DES VILLAGES PRESQUE TRANQUILLES

 

A Soccia, malgré le changement de régime et les luttes entre royalistes et républicains, le village ne connut longtemps aucun changement. Jean Simon DEFRANCHI, nommé par le préfet impérial en 1855, resta en place vingt-trois ans, jusqu'en mars 1878 où le relais fut pris par Pierre Toussaint LECA.

 

 

Sans atteindre ce record, Orto eut une longue période de calme. Le maire Dominique François BONIFACY avait dirigé pendant tout l'Empire: il avait été désigné en 1851. Il fut remplacé le 17 novembre 1870 par Jean André MASSIANI qui, sur tous les actes officiels, spécifiait bien qu'il était "Médecin, Maire et officier de l'état-civil". Peut-être fut-il élu lors des élections municipales de septembre-octobre.


 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

 

Mais l'année 1878, l'année même où, au plan national, les républicains obtinrent la majorité aux élections législatives, fut agitée. Trois maires se succédèrent sans que nous en connaissions la raison: Antoine Dominique BONIFAY de février à septembre, Maxime Antoine MASSIMI de septembre à novembre et Jean André PAOLI à partir du 21 novembre.
 

 

 

L'OBSTINATION DE TOUSSAINT CIPRIANI

 

Le cas de Guagno fut particulier en 1871. La commune, présidée depuis 1867 par Toussaint CIPRIANI, avait été une des premières de Corse a avoir manifesté son soutien au gouvernement de Défense Nationale constitué après la chute de l'Empire.

 

Le premier changement de maire s'opéra le 7 janvier 1871. La date en est certaine grâce à une preuve irréfutable.

 

CIPRIANI établit un acte de décès ce jour-là en précisant qu'il était "huit heures du matin" et le même jour un autre acte de décès, dressé à "deux heures de l'après-midi", fut signé par Xavier ANTONINI en tant que "maire et officier de l'état-civil".

 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République
1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

 

Mais le nom de CIPRIANI réapparut le 20 avril, très certainement à la suite de la loi du 14 avril remettant en place les anciens maires pour préparer les nouvelles élections. Celles-ci portèrent à la mairie de Guagno François Brandizio GAFFORY dont la signature apparut sur le registre le 1er juin 1871.

 

Toussaint CIPRIANI n'avait pas abandonné et il reprit le titre de maire en avril 1874. Il se maintint jusqu'en juillet 1878 où le premier magistrat fut Dominique Mathieu POLI.

 

 

Il fallut pratiquement huit ans pour que les républicains s'imposent à Paris. Ils l'emportèrent définitivement aux élections législatives d'octobre 1877 et le maréchal royaliste Patrice de MAC-MAHON démissionna de la présidence de la République en janvier 1878.

 

Dans le même temps, les quatre communes du canton,  avec un peu plus de temps à Soccia, renouvelèrent leurs équipes municipales.

 

 

PS: nous serions heureux de recevoir des renseignements supplémentaires sur la vie municipale entre 1870 et 1878. Eventuellement, ils pourront être publiés sur ce blog.

 

 

1870-1878: les maires du canton, de l'Empire à la République

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 18:00

 

Voici juste 150 ans, un véritable coup de tonnerre retentit en Corse quand on y apprit la capitulation de Napoléon III à Sedan le 2 septembre 1870 et la proclamation de la République le 4 septembre.

 

L'île avait bénéficié de nombreuses attentions de la part du neveu de Napoléon Bonaparte et en était fière, à tel point que, à Guagno-les-Bains, une plaque entretient toujours la légende de la cure suivie par l'empereur et son épouse, alors qu'ils ne mirent jamais les pieds dans la station thermale (voir l'article Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)).

 

Le plébiscite du 8 mai 1870 avait été un triomphe: les électeurs corses avaient approuvé les réformes libérales de l'Empire par 57.892 voix contre seulement 523 non et 34 nuls.

 

 

 

POUR LA RÉPUBLIQUE

 

Le ralliement de la Corse à la République n'allait pas de soi.

 

Léon GAMBETTA, devenu ministre de l'Intérieur, eut l'idée de nommer préfet de Corse un républicain convaincu, Dominique-François CECCALDI, né en 1833 à Ota. Il connaissait donc bien le département et surtout les Deux Sevi et les Deux Sorru.

 

 

 

Dominique François Ceccaldi © Assemblée nationale

Dominique François Ceccaldi © Assemblée nationale

 

Dès le 7 septembre, le nouveau représentant de l'Etat envoya une lettre aux 363 maires insulaires pour les informer de la constitution du gouvernement de Défense Nationale et des premières mesures républicaines.

 

D'après le livre d'Ange Rovere et Jean-Paul Pellegrinetti "La Corse et la République: la vie politique de la fin du second Empire au début du XXIe siècle" (Le Seuil, 2013), quatorze communes répondirent en témoignant de leur soutien au nouveau gouvernement. GUAGNO en fit partie ainsi que: Appietto, Balogna, Bastelica, Bocognano, Evisa, Grosseto-Prugna, Guarguale, Moca-Croce, Porto-Vecchio, Sartene, Altiani, Ghisoni et Olmeto--di-Tuda.

 

Mais POGGIOLO alla plus loin en proclamant son adhésion à la République avec dix-huit autres municipalités: Petreto-Bicchisano, Pila-Canale, Rosazia, Sorbollano, Antisanti, Avapessa, Calvi, Casamaccioli, Cassano, Cateri, Corte, Montemaggiore, San-Giovanni, San-Lorenzo, San-Nicolao, Santo-Pietro-di-Venaco, Santa-Reparata et Urtaca.

 

4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine

 

Selon Rovere et Pellegrinetti, dans ces communes, l'acclamation de la République "est l'œuvre de maires, de conseillers municipaux ou d'une partie de la population qui, réunis en un comité communal provisoire, célèbrent la naissance d'une ère nouvelle, annonciatrice d'ordre et de liberté, par le biais de déclarations affichées sur les places publiques ou sur les façades des mairies".

 

En fut-il ainsi à Poggiolo, dont le maire de Poggiolo était, depuis mars 1867, Pierre MARTINI (1837-1907)? Nous l'ignorons.

 

Il ne semble pas que Pierre MARTINI ait fait partie des 70 maires de l'époque impériale qui furent maintenus en fonctions par Dominique-François CECCALDI, sur un total de 363, soit 19,3%. Il faut savoir que, si les conseillers municipaux étaient élus au suffrage universel, les maires étaient désignés par le chef de l'Etat pour les villes de plus de 3.000 habitants et par le préfet pour les autres. Ils correspondaient donc à l'orientation du régime en place.

 

 

 

DES MAIRES EN CASCADE

 

Les registres d'état-civil de Poggiolo montrent que, avec cinq maires en un an, la commune subit les aléas de l'instabilité politique de l'époque où le pays hésitait entre République et Monarchie.

 

Des élections municipales eurent lieu dans toute la France le 25 septembre 1870. Dans notre village, elles tournèrent à l’avantage d’Antoine François FRANCESCHETTI qui enregistra pour la première fois une naissance, le 23 décembre, avec le titre de «Maire et officier de l’état-civil».

 

Il garda ce titre jusqu’au 9 avril 1871 où une déclaration de naissance fut recueillie par Etienne PINELLI, «membre de la Commission faisant les fonctions de Maire». Il y a peut-être un rapport avec la nomination d’un nouveau préfet, Paul d’HERMOYS, nommé le 23 février par Adolphe THIERS, élu chef du pouvoir exécutif par la nouvelle Chambre des députés à majorité royaliste le 17 février.

 

 

Mais dix jours plus tard, le 19 avril, un acte de décès fut signé de nouveau par Antoine François FRANCESCHETTI en tant que maire car la loi du 14 avril 1871 avait décidé de remettre provisoirement en fonction les élus de septembre 1870, jusqu’aux nouvelles élections fixées au 30 avril. Celles-ci furent favorables à Pierre MARTINI dont le nom réapparut sur les registres municipaux le 12 mai 1871 comme «Maire et officier de l’état-civil».

 

Pierre MARTINI resta en place jusqu'en 1876. L'année suivante, 1877, fut importante car le canton de Soccia (regroupant Guagno, Orto, POGGIOLO et Soccia), qui avait élu un conseiller général bonapartiste  (François POZZO di BORGO) en 1872, choisit alors pour la première fois un républicain en la personne de l'avocat Simon UCCIANI (voir l'article "Péripéties municipales: on ne peut pas se fier au petit personnel (2/2)"). La république s'était implantée à Sorru in Sù.

 

 

L'AIGLE RÉSISTE

 

Poggiolo fut longtemps la commune la plus à gauche du canton, comme le montrèrent par exemple les élections législatives de 1914 (voir l'article "Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise").


Mais le destin est parfois malicieux. Le premier village républicain du canton conserva un tampon avec une aigle impériale pour les documents officiels.

 

4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine

 

Il fallut que Pierre MARTINI envoie une lettre de réclamation au Préfet, qui, depuis le 9 août 1872, était  Antoine Charles Léon DAUNASSANSpour obtenir un modèle avec l'inscription "République française" à la fin de l'année 1872.

 

Poggiolo était vraiment devenu républicain.

 

4 septembre 1870: Poggiolo commune républicaine

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 18:00

 

Pont-à-Mousson est une cité lorraine où pratiquement personne ne doit connaître Poggiolo. Pourtant, elle est le lieu du décès d'un Poggiolais le 26 août 1870, voici exactement 150 ans.

 

Antoine-Laurent DEMARTINI vit le jour le 28 juillet 1850 à Poggiolo. Il était le quatrième des cinq fils de Domenico DEMARTINI, né en 1806 ou 1807 et mort en 1880, et de son épouse Madalena (1810-1871).

 

Engagé volontaire le 17 février 1869, il était soldat au 6e régiment de ligne de l'armée du Rhin. Il décéda, âgé de 20 ans, le 26 août 1870 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).

 

Cette ville fut l'objet de sévères combats de rues les 12 et 13 août avant d'être prise par les Allemands le 14. On peut supposer qu'Antoine-Laurent mourut dans le camp de prisonniers français installé dans cette ville, peut-être à la suite de blessures reçues les jours précédents.

 

Curieusement, son décès ne fut retranscrit sur le registre d'état-civil de Poggiolo que le 25 décembre 1871, soit plusieurs mois après la guerre. Retard dû à des difficultés de communications entre autorités françaises et allemandes?

 

Entrée des troupes allemandes à Pont-à-Mousson le 14 août 1870.

Entrée des troupes allemandes à Pont-à-Mousson le 14 août 1870.

 

Cette guerre, comme toutes les guerres, plongea des Poggiolais dans le chagrin. Mais il fut plus grand dans la famille de Domenico et Madalena DEMARTINI dont deux enfants disparurent tragiquement en 1870. 

 

En effet, en août 1870, arriva au village l'annonce de la mort de François-Marie, qui était né en 1847, trois ans avant Antoine-Laurent. Lui aussi était militaire. "Premier canonnier à la 1ère batterie du régiment d'artillerie de marine et des colonies" (d'après le registre d'état-civil communal), il avait décédé le 27 juin 1870 à l'hôpital de Saïgon au Vietnam. 

 

Est-ce à cause de son chagrin que Madalena trépassa le 22 juin 1871 ?  La notification officielle du décès d'Antoine-Laurent n'était pas encore parvenue au village mais son silence depuis dix mois ne laissait plus d'espoir.

            

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 18:04

La Corse génoise à Letia le 22 août

La Corse génoise à Letia le 22 août

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 17:52

 

Le 16 août, il y a exactement 150 ans, Jean-Baptiste eut certainement peu de temps pour penser à prier saint Roch comme les autres Poggiolais. Il était bien trop occupé à tenter de sauver sa vie pendant la terrible bataille de Gravelotte en Moselle, très loin de la Corse.

 

Jean-Baptiste FRANCESCHETTI naquit le 8 décembre 1848 à Poggiolo. Fils de Giovan Carlo (1808-1878) et de son épouse Maria Framinia (ou Marie Françoise) PAOLI (vers 1810-1853), il n’était pas de la même branche que les FRANCESCHETTI actuels.

 

Le 22 août 1868, il s’engagea dans l’armée et fut affecté au 32e régiment d’infanterie. Il était caporal depuis quatre mois quand, le 19 juillet 1870, le gouvernement de Napoléon III déclara la guerre à la Prusse.

 

Le Poggiolais participa à la bataille de Gravelotte, la plus acharnée de cette guerre, qui dura du 16 août (combats de Rezonville et Mars-la-Tour) au 18 août (combats de Saint-Privat). Les Prussiens eurent 5.300 morts et 14.500 blessés, les Français 1.200 morts, 4.420 disparus et 6.700 blessés.

 

Bien que l'armée française se fut rendue maîtresse du champ de bataille, son chef, le maréchal BAZAINE, préféra s’enfermer dans Metz jusqu'à sa capitulation le 28 octobre.

 

 

Bataille de Gravelotte du 16 août 1870 par Jules Ferat.

Bataille de Gravelotte du 16 août 1870 par Jules Ferat.

 

Jean-Baptiste combattit seulement la première journée, le 16, mais avec une énergie dont témoignent les quatre blessures reçues et mentionnées dans le récapitulatif de ses états de service:

 

"Blessé à Gravelotte le 16 août 1870 d'un coup de feu au dessus de l'oreille droite,

2e coup de feu à la cuisse gauche

3e coup de feu au pied gauche qui a brisé la phalange de l'orteil

4e coup de feu à la cuisse droite".

 

 

C'est dans cet état qu'il fut capturé par les Allemands. Comme les 420.000 militaires français détenus en Allemagne, il resta prisonnier jusqu'au 8 juillet 1871, le traité de Francfort ayant été signé le 19 mai. 

 

Jean-Baptiste FRANCESCHETTI reprit du service dans son même régiment et devint tout de suite sergent.

 

Ayant pris sa retraite comme adjudant en février 1884, il devint sous-lieutenant du 116e régiment territorial d’infanterie, l’unité de réservistes en garnison en Corse.

 

Le 5 février 1885, il épousa au village Adeline LEBLANC, née à Tours en 1860 et qui mourut en 1931 à Poggiolo.

 

Après avoir accédé au grade de capitaine en janvier 1891, le blessé de Gravelotte obtint la Légion d’Honneur en janvier 1896 (décret du 30 décembre 1895) et mourut le 29 novembre 1916, quarante-six ans après avoir reçu ses quatre blessures.

 

Jean-Baptiste FRANCESCHETTI fut le premier Poggiolais titulaire de la Légion d'Honneur, un an exactement avant Jean-Martin DESANTI.

 

 

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