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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 18:00

De nombreux Poggiolais ayant dû chercher du travail hors de la Corse, ils essaimèrent dans le monde et eurent des enfants en Afrique du Nord, en Guyane et dans d'autres colonies ou à l'étranger.

Le lieu de naissance le plus éloigné est celui d'Ange-Marie MARTINI qui vit le jour quasiment aux antipodes. Il eut également l'endroit le plus original puisque ce fut en pleine mer.

Xavier PAOLI a raconté ce fait très particulier dans "L'Info U Pighjolu" de décembre 2007:

"Le 3 juillet 1892 à cinq heures de l'après-midi, naissait au large de SUMATRA, dans l'Océan Indien, un petit poggiolais à qui ses parents Martin Pierre MARTINI (surnommé CUCHJULINU) et Félicité DEMARTINI avaient donné le nom de Ange-Marie. Sa naissance fut attestée par de multiples autorités de tout grade avant d'être enregistrée à la Mairie de POGGIOLO par Pierre MARTINI, le Maire de l'époque, après dix-huit mois de pérégrinations dans les labyrinthiques bureaux de l'administration coloniale.

Malheureusement, l'enfant ne devait pas survivre trés longtemps et, d'après le témoignage de sa sœur Joséphine, épouse NIVAGGIOLI, il fut enterré à l'île des Pins, qui est actuellement un paradis touristique, mais qui, à l'époque, servait de prison aux insurgés de la Commune de Paris. Peu après, en 1897, le bagne fut fermé mais on peut imaginer que doit encore subsister la trace, mêlée aux tombes de communards, de la modeste sépulture d'un enfant di U PIGHJOLU dont le destin voulut qu'il fut conçu dans une île, né sur l'océan et enseveli dans une autre île."

L'île des Pins se trouve en Nouvelle-Calédonie où Xavier PAOLI a été instituteur pendant quelques années. 

Les surprises de l'état-civil: un Poggiolais du bout du monde (3/3)

Plus de la moitié de ce document est rempli par les noms des différents responsables de services par lesquels il est passé avant d'aboutir à Poggiolo le 31 décembre 1893, comme il est écrit sur la marge de gauche.

La naissance eut lieu pratiquement sur l'équateur, à la position 0°25' S et 88°39' E, à bord du navire "Calédonie" dont le capitaine se nommait Jean-Marie DANO.

 

La flèche verte montre l'endroit où naquit Ange-Marie, le chiffre 1 la Corse, le 2 la Guyane et le 3 la Nouvelle-Calédonie. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

La flèche verte montre l'endroit où naquit Ange-Marie, le chiffre 1 la Corse, le 2 la Guyane et le 3 la Nouvelle-Calédonie. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

Mais pourquoi les parents d'Ange-Marie avaient-ils entrepris ce long voyage vers la Nouvelle-Calédonie?

Martin Pierre MARTINI, né le 8 avril 1863 à Poggiolo, avait épousé le 9 octobre 1888 Félicité DEMARTINI, Poggiolaise née le 24 février 1857. Il était "surveillant militaire de 2ème classe", d'après l'acte de naissance de son fils, c'est-à-dire gardien de pénitencier.

Mais il avait déjà été en fontion au bagne de Guyane, comme "surveillant militaire de 3ème classe". Sa fille Joséphine y était née en 1889 à St Laurent du Maroni, puis son fils Noël Jean Toussaint en 1890. En 1892, il changeait de grade, passant à la 2ème classe. Cette promotion s'était accompagnée d'une nouvelle affectation, en Nouvelle-Calédonie, où la famille se rendait quand l'accouchement se produisit. 

Le petit Ange-Marie ne vécut qu'un an et demi: il décéda en janvier 1894 et fut enterré au cimetière du bagne.

Le cimetière du bagne d'Oro, dans l'île des Pins.

Le cimetière du bagne d'Oro, dans l'île des Pins.

Martin Pierre et Félicité eurent, le 15 octobre 1894, en Nouvelle-Calédonie, un autre garçon auquel ils donnèrent le même prénom d'Ange Marie. C'est à Poggiolo que mourut ce deuxième Ange-Marie le 21 février 1901.

Martin Pierre décéda en 1934 à Poggiolo. Félicité l'avait précédé en 1912, également à Poggiolo. Pensèrent-ils longtemps à leur enfant du bout du monde?

 

UN GRAND MERCI À XAVIER PAOLI POUR SON ARTICLE ET UN GRAND MERCI À PIERRE LECCIA POUR LA QUALITÉ DE SES RECHERCHES GÉNÉALOGIQUES (consultables sur le site GENEANET).

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Articles de ce blog consacrés aux Poggiolais présents en Guyane:

- Les Poggiolais ont de l'initiative (n°4: le bagne présent à Poggiolo)

Loin des rumeurs du monde

- Un voyage initiatique en Guyane

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 17:56

La réparation d'un acte d'état-civil oublié, vue la dernière fois, n'est pas le seul exemple de ce genre que fournissent les archives de Poggiolo. Qelques dizaines d'années auparavant, la même famille FRANCESCHETTI avait été également victime d'un oubli et avait dû obtenir réparation par voie judiciaire.

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Les registres poggiolais comportent la transcription d'une décision du tribunal de première instance d'Ajaccio qui eut lieu le 27 septembre 1816 et fut enregistrée trois jours plus tard. Ce document officiel fut écrit en italien, même si la langue française était de plus en plus utilisée.

Tout simplement, les juges reconnurent la naissance de Maria, fille d'Antone Francesco FRANCESCHETTI et de sa femme Maria Angela ANTONINI, le 3 novembre 1797, et constatèrent que l'acte de naissance n'existait pas dans les registres d'état-civil municipaux. Leur décision devait être versée dans les archives de la commune.

Les surprises de l'état-civil: les filles, quel souci ! (2/3)

Il n'est pas possible de savoir la raison de cette absence. Oubli de déclaration? Mesquinerie d'un adversaire? Mauvaise tenue ou mauvaise conservation des documents pendant une période politiquement agitée?

En tout cas, il était urgent d'obtenir le document officialisant la naissance de Maria car, quelques mois plus tard, cette jeune fille de dix-neuf ans se mariait avec Giovantonio PINELLI. Les deux familles avaient eu peur que l'union envisagée ne puisse avoir lieu.

Le temps était surtout compté pour Antone Francesco qui était très âgé. Il fut incapable de signer l'acte de mariage de sa fille, non pas comme la mère du marié qui ne savait pas écrire, ainsi que précisé dans l'acte officiel. Mais lui, qui savait écrire, ne pouvait plus diriger sa main à cause de "la sua decrepitezza" (sa décrépitude). Il mourut deux ans plus tard "à la Teggia" (la Teghia, le quartier où se trouve la maison familiale des FRANCESCHETTI), d'après l'avis de décès.

Les surprises de l'état-civil: les filles, quel souci ! (2/3)

Et pourtant, Antone Francesco avait eu des difficultés bien plus grandes (mais pas du tout administratives) pour marier sa fille aînée Maria Francesca, surnommée "la borgne". Ce mariage, conclu en 1789, eut des conséquences importantes, toujours valables aujourd'hui, à la fois pour Poggiolo et pour Soccia.

Le récit en sera conté à une autre occasion.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 18:01

La France se targue d'avoir un état-civil très bien organisé depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, et surtout depuis le décret de l'Assemblée nationale du 20 septembre 1792 qui remettait la tenue des registres de naissance, mariage et décès aux maires. Leur étude est fondamentale pour la généalogie, les statistiques et l'histoire des familles et des communes. Ce travail peut paraître aride mais il permet de faire des découvertes curieuses, amusantes, bizarres ou tragiques. Trois exemples concernant des déclarations de naissance dans des familles poggiolaises ont ainsi été sélectionnées.

 

Le premier exemple contredit justement le sérieux de notre état-civil. La victime en fut Antoine François FRANCESCHETTI, le militaire le plus gradé et le plus décoré des victimes poggiolaises de la première guerre mondiale.

Les surprises de l'état-civil: le capitaine a failli ne pas exister (1/3)

Engagé au 139ème régiment de ligne à Ajaccio le 3 février 1877, Antoine François (que certains documents prénomment François Antoine, signe d'un certain flottement administratif) fit une carrière militaire active jusqu'en 1892.

Il accomplit plusieurs campagnes, notamment pour réprimer des mouvements insurrectionnels en Algérie en 1881 et 1882. Il y gagna la médaille militaire en 1890 et la médaille coloniale. 

Comme il en était à l'époque, son temps d'engagement terminé, il entra ensuite dans  l'armée territoriale, en tant que sous-lieutenant de l'infanterie territoriale. Il parvint au grade de lieutenant en 1899 et fut libéré de ses obligations en 1902. Il n'en continua pas moins de suivre les cours des écoles d'instruction militaire et de se dévouer à elles, ce qui fut reconnu par plusieurs citations dans le "Journal Officiel".

Le titre de chevalier de la Légion d'Honneur lui fut finalement attribué en janvier 1914.

La guerre provoqua son rappel sous les drapeaux le 2 août 1914 comme capitaine au 109ème régiment d'infanterie territoriale.

Le capitaine Antoine François FRANCESCHETTI décéda de "maladie aggravée" le 5 février 1917 en son domicile lyonnais, 34 rue des Chevaucheurs, dans le cinquième arrondissement, où il s'était installé en 1892. Il fut considéré comme mort pour la France. 

Ainsi s'acheva une vie vouée à l'armée et bien récompensée. 

 

Mais où est le problème d'état-civil?

Le site Mémoire des hommes, qui publie les fiches des soldats français tués pendant la première guerre mondiale, lui donne 1875 comme date de naissance, ce qui est une erreur de transcription manifeste, d'autant plus que la même fiche indique qu'il était de la classe 1877, c'est-à-dire qu'il était né en 1857.

Les surprises de l'état-civil: le capitaine a failli ne pas exister (1/3)

Sa date de naissance est le 10 janvier 1857 à Poggiolo. C'est du moins la date qui lui fut finalement accordée par la justice. En effet, pour cette année-là, une décision judiciaire est insérée dans le registre des naissances poggiolais.

Le tribunal civil de première instance d'Ajaccio étudia le 18 janvier 1877 une plainte de Jeanne MARTINI, veuve de Jean François FRANCESCHETTI, "tendant à la constation de l'acte de naissance de son fils mineur Franceschetti Antoine François, lequel n'a pas été transcrit sur les registres des actes de l'Etat-Civil de la commune de Poggiolo où il est né".

La naissance n'ayant pas été retranscrite, le jeune homme n'existait pas pour l'administration et, au moment du service militaire, à l'âge de vingt ans, il ne pouvait porter l'uniforme. C'est certainement ce qui a dû motiver l'action judiciaire de sa mère. Il était encore considéré comme mineur (la majorité était alors à 21 ans) et son père, François FRANCESCHETTI, était décédé en 1861. 

Pour quelle raison, l'acte de naissance n'avait-il pas été rédigé? Le maire de l'époque avait-il été négligent? En tout cas, en 1857, le maire de Poggiolo était Antoine François FRANCESCHETTI, un cousin de son père. Il est vrai que, à l'époque, la déclaration n'avait pas de conséquences pour les allocations familiales ou pour l'impôt sur le revenu qui n'existaient pas. Le jugement ne donne aucune information sur l'origine de cette absence. 

En tout cas, le tribunal...

... "déclare dire Franceschetti Antoine, François, fils légitime de feu François et de Jeanne née Martini est né en la commune de Poggiolo le 6 janvier mil huit cent cinquante-sept; dit que le jugement tiendra lieu au dit Franceschetti d'acte de naissance et qu'il sera transcrit aux registres des actes de l'état-civil de Poggiolo".

Les registres d'état-civil à la mairie de Poggiolo

Les registres d'état-civil à la mairie de Poggiolo

 

Les trois juges ayant tranché le 18 janvier 1877, le Poggiolais put s'engager dans l'armée le 3 février. Il s'en était fallu de peu que sa vie ne prit un tout autre tournant.

Pour un peu, Poggiolo aurait eu un titulaire de la Légion d'Honneur de moins (et un nom de moins sur son monument aux morts).

Une précision: Antoine François était l'arrière-petit-fils de Francesco FRANCESCHETTI (1743-1818) dont le frère Anton Francesco (1730-1818) est l'ancêtre direct des FRANCESCHETTI habitant ou possédant actuellement des maisons à Poggiolo.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 12:03

Mardi, lors de la seconde partie de la semaine consacrée à Poggiolo et à Cécile Grimaldi par l'émission "U caffè", le dessinateur présent a réalisé un panneau routier présentant le village.

Comment présenter Poggiolo?

On peut remarquer les trous provoquant par les tirs de carabine, ce qui n'est pas original et se retrouve pour d'autres communes.

La partie "Son air pur, ses petits oiseaux" fait référence aux propos de Nicolas MARTINI dans le reportage de lundi.

"Ses massacres de seigneurs" est une forme très résumée, et peu exacte, de l'élément de l'histoire poggiolaise sur laquelle a insisté une animatrice, à savoir la "disabitazione", la destruction de Poggiolo et des villages voisins par les Génois en 1489 à cause de la révolte des seigneurs de la Cinarca.

Chacun aura pu remarquer que tout l'historique cité dans l'émission (la chapelle du Xème siècle, "l'état des âmes" de 1730, les noms de famille les plus fréquents...) est tiré de l'excellent texte de Xavier PAOLI qui est disponible sur ce blog.

Mais une question se pose: peut-on vraiment résumer Poggiolo à ce dessin?

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 18:00

L'arrêté municipal de 1884 qui refusait, en raison de l'épidémie de choléra, l'admission d'habitants de Saint André d'Orcino à Guagno-les-Bains (voir Poggiolo dit "stop" à l'épidémie), pourrait faire croire à l'égoïsme des Poggiolais. Mais, en l'occurrence, il s'agissait d'une précaution pour éviter la contagion.

A la même époque, le village de Poggiolo aidait les pauvres, les indigents d'Orto. En fait foi la lettre suivante écrite par le maire de cette commune au Préfet de la Corse en 1882.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Monsieur le Préfet,

Une somme de 40 fr ayant été allouée à M. Antonini médecin de Poggiolo pendant l'année 1882, pour que les indigents de la Commune d'Orto puissent profiter de la gratuité de la médecine, j'ai l'honneur de vous prier de faire parvenir au dit médecin les médicaments nécessaires aux indigents et que la bienveillance du gouvernement accorde généralement à ceux qui sont dans le besoin.
Daignez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma très haute considération et l'hommage de mon profond respect.
Le Maire d'Orto
Battesti

En 1882, les pauvres ortigais pouvaient être soignés gratuitement mais il fallait attendre que les remèdes soient envoyés par Ajaccio. Quelques années plus tard, la loi du 15 juillet 1893 instituera l’assistance médicale gratuite.

Un autre renseignement important: cette lette nous apprend qu'il existait alors un médecin résidant à Poggiolo. Mais c'était il y a très longtemps !

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Une autre forme d'aide médicale, mais cette fois résultant d'une initiative personnelle, a existé à la même époque, pas très loin, en Cinarca, dans la même localité de Saint André d'Orcino exclue des bienfaits des eaux de Guagno-les-Bains.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Par ce document publié en 1899, Martin SUSINI, médecin généraliste habitant à  Saint Andrea d'Orcino, annonçait aux habitants de cette commune et des villages voisins qu'ils pouvaient bénéficier, gratuitement ou non selon leurs ressources, pendant deux mois de l'année, de soins de la part d'un ancien "chirurgien chef-interne des hôpitaux de Marseille".

Ce chirurgien était son frère Etienne SUSINI, dont il a été question dans l'article "Pas de vacances pour la propagande" (publié sur ce blog le 1er septembre 2014). Fervent militant socialiste, il parla dans une réunion pomitique organisée en 1906 à Guagno-les-Bains. Pour lui, son dévouement aux autres alliait à la fois son savoir médical et sa foi politique. En tout cas, les habitants de ces villages éloignés d'Ajaccio purent en bénéficier. 

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Merci à André OLIVIERI pour nous avoir fourni ce document sur son arrière-grand-oncle.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:00

Depuis l'an dernier, le développement du virus Ebola a été suivi avec inquiétude par toutes les instances sanitaires et gouvernementales du monde. L'Europe et l'Amérique du Nord ont craint d'être victimes de cette épidémie après l'Afrique de l'Ouest.

Mais rassurez-vous: pour que la population poggiolaise ne soit pas contaminée, la municipalité a pris des mesures radicales.

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A vrai dire, ces mesures ont été décidées en 1884 et concernaient le choléra.

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Dans les siècles passés, les maladies comme la peste ou le choléra firent des ravages. La dernière épidémie de choléra en France eut lieu en 1884. Elle débuta le 13 juin de cette année et aurait été provoquée par l’arrivée dans le port de Toulon d’un bateau venant du Tonkin. Le premier cas marseillais fut déclaré le 25 juin.

Entre juin et octobre, la maladie fit 1777 décès dans la ville de Toulon et 1793 à Marseille. L’épidémie resurgit avec l’été 1885 et fit alors 1259 nouveaux décès dans la population marseillaise.

L’effroi des populations fut grand. Des Toulonnais et des Marseillais s’enfuirent de leurs agglomérations.

A Marseille, la quarantaine fut organisée. Les marins et voyageurs arrivant au port devaient rester au lazaret le temps d'être certain qu'ils n'apportaient pas la maladie. Il n'était possible de leur parler que derrière une double rangée de grilles.

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

La Corse fut touchée au bout de quelques jours. Dans l’île, 6 communes furent atteintes. Il y eut 4 morts en juillet, 16 en août et 6 en septembre. Près de Poggiolo, Saint André d’Orcino fut victime de l’épidémie. Il en fut même question en Suisse, dans la « Feuille d’avis de Neuchâtel » du jeudi 28 août 1884:)

L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia depuis le 22 août.

 

Cette proximité incita la mairie de Poggiolo à prendre des mesures rigoureuses. Le maire Jules Martin DESANTI signa, trois jours après cet article de presse, le 31 août 1884, l’arrêté suivant :

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

En voici le contenu exact :

Nous, Maire de la Commune de Poggiolo :
Attendu qu’il s’est déjà produit quelques cas de cholera dans la commune de Saint-André d’Orcino et qu’ainsi on ne peut plus permettre sans danger l’accès de Guagno (les Bains), aux habitants de ce village contaminé .
Considérant que cette mesure est de toute utilité,
Arrêtons
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Tous les baigneurs et amateurs venus de la commune de St André d’Orcino à Guagno-les Bains, soit en villégiature soit pour y prendre les eaux, sont priés de quitter le territoire à partir du 1er septembre prochain. Le Maire de Poggiolo est persuadé que les habitants de St André d’Orcino qui se trouvent actuellement aux Bains ou qui pourraient s’y rendre ne le forceront pas à prendre contre eux des mesures de rigueur et qu’ainsi ils se conformeront au présent arrêté.
Il est également défendu aux propriétaires des maisons de recevoir chez eux aucun individu venant de la susdite commune de St André d’Orcino, sans encourir les peines édictées par la loi.
Fait à Poggiolo le 31 août 1884.
Le Maire
Desanti

 

Ce document prouve que la station thermale de Guagno-les-Bains  attirait alors suffisamment de curistes des villages corses pour craindre qu’ils répandent la contagion.

Ce refus d’accueil de non-Poggiolais joua-t-il un rôle important dans le reflux du choléra ?

Toujours est-il que la Corse ne connut que 6 décès de cholériques en septembre et plus rien après. Et les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains furent préservés.

Au total, cette épidémie porta sur 30 départements, surtout dans le Sud, atteignit 477 communes et donna lieu à 7.820 décès dans l’ensemble de la France. Elle continua jusqu’en janvier 1885 en Algérie, où elle provoqua 890 décès. Ces chiffres sont extraits du « Journal de la Société Statistique de Paris » (tome 26,1885) p. 459 http://www.numdam.org/numdam-bin/browse?id=JSFS_1885__26_

 

Nota : Jules Martin DESANTI, auteur de l’arrêté, est né le 20 mars 1831 à Poggiolo, et décéda le 2 janvier 1910 à Soccia. Il fut maire de Poggiolo de 1880 à 1888.

 

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 18:00

Un grand nombre de légendes locales se rapporte aux cloches et au carillon de minuit, le soir de Noël.

Ainsi, près d'Ajaccio, on peut entendre sonner des cloches dans la mer, au large de la tour de la Parata; ce sont les cloches du village de Zicavo que des pirates emportèrent un jour après avoir massacré les habitants. Mais, à la suite de la prière du curé du lieu qui avait échappé, le Seigneur fit couler les galères des assaillants.

 

Près des Deux-Sorru, de l'autre côté du Tretorre par rapport à Poggiolo, il existe la légende des cloches de Scanafaghiaccia. 

Cette localité, à 500 mètres au sud-est de Rezza, au-dessus de la rive droite du Cruzzini, a  souffert des actions militaires menées par la République de Gênes et l’Office de Saint-Georges contre les derniers seigneurs féodaux Cinarchesi au cours de la deuxième moitié du XVe siècle.  Le repeuplement du territoire ne reprit qu’au début du XVIIIe siècle avec l’implantation d’habitants venus de la piève de Sorro in sù et notamment de Guagno. 

Les cloches de Rezza

Si l'on a le courage de s'aventurer, la nuit de Noël, à minuit, dans la pinède de Rezza, on entend, dit-on, des cloches d'une tonalité exquise sonner dans l'obscurité. Ce sont les cloches du hameau de Scanafaghiaccia, jadis placées dans le clocher de l'église et qui faisaient l'orgueil du pays, car elles étaient coulées dans un bronze merveilleusement sonore.

Durant l'occupation génoise, les habitants de Scanafaghiaccia se révoltèrent contre leurs oppresseurs et en abattirent quelques-uns. En représailles, la République envoya quelques mercenaires à sa solde avec mission de châtier les insurgés. Ces derniers s'empressèrent de cacher leurs biens: deux paysans eurent l'idée de décrocher les cloches et d'aller les dissimuler dans des rochers en un endroit connu d'eux seuls.

Malheureusement, ils furent tués tous deux, emportant leur secret dans la tombe. Les cloches ne purent jamais être retrouvées.

("Guide de la Corse mystérieuse" par Gaston d'ANGELIS et Don GIORGI)

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 18:05

La bandera, le drapeau, joue un rôle important de symbole pour la Corse, nous l'avons vu avec les articles Opération bandera à Poggiolo et Bandera et Festa di a nazione.

Mais tout aussi considérable est la place tenue par "Dio Vi salvi Regina"

"Corse-Matin" consacre, aujourd'hui dimanche 7 décembre, sa "une" et deux pages au chant qui est considéré comme l'hymne officiel de l'île. Le "Dio" est un chant religieux du XVIIIème siècle dédié à la Vierge, laquelle est fêtée le 8 décembre, jour de l'Immaculée Conception.

Dans ce dossier, il faut retenir les éléments historiques apportés par Eugène Gherardi. Il explique les rares renseignements qui existent sur la naissance de ce chant et sur sa propagation en Corse. A cette époque,"l'idée même d'hymne national n'existe pas". Mais il est très populaire puis n'a plus qu'un sens religieux. Au XXème siècle, dans les années 60-70, le Riacquistu le remet en valeur. Malgré la concurrence temporaire de "U Culombu", le "Dio Vi salvi Regina" est devenu le chant dans lequel tout un peuple se rassemble.

Lire l'intégralité de l'entretien avec Eugène Gherardi en cliquant sur l'image ci-dessous.

"Dio Vi Salvi Regina", l'autre symbole incontournable

Dans le même journal, le Père Gaston Pietri rappelle que ce chant est "le témoin d'une époque où culture et religion se confondaient". Il trouve qu'il ne faut pas en faire des "usages abusifs (qui) banalisent un chant pas comme les autres. Il a une histoire, une singularité".

A Poggiolo, entonné à la fin de la procession de la Saint Roch, le 16 août, le "Dio Vi salvi Regina" montre bien son rôle à la fois religieux et communautaire.

Regardez comment il a été chanté à Poggiolo en 2008 avec la Cunfraternita di u Padre Albini.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 18:35

Pour compléter l'article sur l'apposition du drapeau corse sur les maisons de Poggiolo, il est bon de se rappeler que le 8 décembre est le jour de la Festa di a nazione, la Fête Nationale Corse, qui a été choisi parce que c'est aussi le jour de l'Immaculée Conception, sans se soucier d'une quelconque idée de laïcité.

Patrizia, l'animatrice de "La musique corse dans tous ses états", consacre à cette journée une émission dans laquelle sont diffusés des chants sacrés dédiés à Marie, et des chansons sur la Corse, son drapeau, ses symboles.

Elle présente sur son blog l'origine du drapeau et le choix de cette date:

 

8 décembre - Festa di a Nazione - Fête de l'Immaculée Conception

 

Emission 321 du 7 décembre 2014

Spéciale fête de la Nation Corse et de l'Immaculée Conception du 8 décembre 2014 :
En 1735, à la Consulta d'Orezza, les chefs de la rébellion Corse contre Louis XV, roi de France, donnent naissance à la Nation Corse, lui donnent une constitution et placent la Corse sous la protection de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie ; adoptent un hymne, le Dio vi salvi Regina et un drapeau : une Vierge sur un fond blanc, immaculé. Le jour de la fête nationale sera donc celui de l'Immaculée Conception, le 8 décembre.

Par la suite, la Vierge sera remplacée par la Tête de Maure "Testa Mora", venue d'Aragon et de Sardaigne. On la trouve dans des blasons dès la seconde moitié du XVIème siècle, dessinés sur d'anciennes cartes de la Corse.

Ensuite, en 1736, le Roi Théodore la reprend d'abord dans son blason. On la trouve ensuite sur un drapeau par Gaffori lors de l'assaut de Corte en 1745. La Testa Mora sera sur fond blanc pour rappeler l'Immaculée Conception de la Vierge Marie, protectrice de la Nation Corse.

C'est avec Pasquale Paoli, "Babbu de la Patria", que la Testa Mora devient emblème officiel de la Nation Corse indépendante, on la retrouve sur la monnaie, en en-tête des documents officiels…

 

Cette émission s'écoute sur plusieurs radios locales et sur internet à l'adresse:

http://corsica-musica44.podomatic.com/entry/2014-11-14T10_04_07-08_00

 

Liste des chants sélectionnés pour cette émission:

- Corsica; Petru Guelfucci; Corsica;

Aa Mea La Bandera; Chjami Aghjalesi; Sventulerà;

O Vergine Maria; Voce Isulane; Una Vita;

Corsica mea; Voce ventu; Di culori è di sonnii;

In terra sacra di Corsica; Petru Cerutti; Sottu a u celu di Corsica;

Isula; Arapà; Caminante;

Beata es; A-Cumpagnia; In Cuncertu - 2;

Cursichella; Fabriziu Filippini; Amour toujours;

A tè Cursichella; Madricale; Sempre fidi;

Terzinu di cursichella; Vaghjime; Vaghjime;

Per Te O Corsica; Albinu; E Puru Simu;

Ai Maria; Filu d'Amparera; Incanti di Natali;

Corsica celeste; Michel Cacciaguerra; Una storia ;

Bandera Mora; Diana di l'alba; Donna Dea;

A Me Patria; Surghjenti; Oghji.....In Scena;

Corsica; Jean-Louis Blaineau; Maquette;

U Pratu; Roland Ferrandi; Cetera;

Dio vi Salvi Regina; Canta u Populu Corsu; Théâtre de la Ville;

 

Blog : http://corsicacanalbleucorreze.skyrock.com/

Page FaceBook :

https://www.facebook.com/corsicalemission?ref=hl&ref_type=bookmark

Mail : corsica.canalbleu@gmail.com

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 07:18

Véronique EMMANUELLI, dans "La Corse Votre HEBDO" du 21 novembre, présente l'ouvrage de Denis LUCIANI "Corse et Islam" (ed Anima Corsa). En  400 pages, l'auteur, docteur en Histoire et militant nationaliste, fait le récit d'un millénaire de conflits entre les Corses et les Barbaresques.

Dans son compte-rendu, la journaliste évoque la mythologie du Maure qui est "présent dans le langage et la toponymie". Cette mythologie «s'épanouit en Cinarca et sur l'ancien territoire des Leca. Là, il est question "d'U campu a i Mori" de Guagno«.

Comme les rédacteurs du blog connaissent moins Guagno que les villages voisins, ils seraient heureux d'avoir des renseignements sur la localisation exacte de ce U campo a i Mori.

 Les Maures de Guagno

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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