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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 17:52
Solution de la devinette: le meuble mystérieux

Ce grand meuble n'est pas connu par de nombreux Poggiolais. Il a pourtant joué un grand rôle pour de nombreuses cérémonies religieuses.

 

Mais il a été reconnu rapidement sur la photo publiée hier par Joël CALDERONI, Guy TRAMINI, Maryse MORETTI et Bernadette PIETRI. Félicitations pour eux!

 

En effet, il se trouve dans la sacristie de l'église Saint Siméon, là où le prêtre se préparait avant le début de la messe.

 

Le prêtre revêtait les habits liturgiques qui étaient posés bien à plat dans les tiroirs de ce meuble qui est un chasublier.

 

Pour les diverses cérémonies et suivant le moment de l'année, les vêtements utilisés ne sont pas les mêmes. Il en faut donc un certain nombre. De plus, il est préférable de bien les poser à plat, et non pas de les suspendre sur des cintres, surtout quand ils sont décorés de fils d'or ou d'argent.

 

Mais on peut ouvrir les tiroirs maintenant: ils sont vides.

 

Quand il n'y eut plus de curé résident dans la paroisse et quand les messes furent de plus en plus rares dans "l'église d'en haut", le chasublier fut oublié. Voici un peu plus de vingt ans, quand le comité paroissial et le comité des fêtes s'activaient pour sauver les églises de Poggiolo, le chasublier fut vidé des chasubles, surplis et aubes qui s'y trouvaient encore. Certains étaient en lambeaux, grignotés par les rats, d'autres étaient simplement très sales. Il semblerait que la grande partie ait été brûlée.

 

De quand date ce meuble? Il n'est pas mentionné de chasublier dans l'inventaire de 1905. Le style très "Arts Déco" des poignées des portes et des tiroirs peut laisser supposer qu'il a été construit entre les deux guerres mondiales.

 

Solution de la devinette: le meuble mystérieux

 

Il faut bien reconnaître qu'il n'est pas de grande valeur artistique.

 

Il n'en est pas de même pour le chasublier du couvent de Vico.

Situé évidemment dans la sacristie, il datant de 1664. Réalisé sur place par un franciscain ébéniste venu de Corte, appelé Paolo Bonagiunta ou Fra Bonaventura de Perelli, il est conçu pour les ornements sacerdotaux et les objets de culte nécessaires pour 7 prêtres ; dans l’écu les armes des Franciscains.

 

Solution de la devinette: le meuble mystérieux
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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 18:00
La devinette du mois: le meuble mystérieux

 

Cette photo montre un simple meuble de rangement, une sorte de bahut, qui se trouve à Poggiolo.

 

Quelle est la fonction de ce meuble?

 

Où est-il exactement?

 

Réponse demain.

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 18:00
Aujourd'hui, c'est Sant'Andria

 

Le 30 novembre est le jour consacré à Saint André, jour qui était traditionnellement important en Corse. Il était l'équivalent de l'américain Halloween.

 

Le soir de Sant'Andria, les enfants des villages allaient de maison en maison solliciter des friandises sous peine de mauvais sort. Un chant particulier existait pour cette occasion:

 

Aujourd'hui, c'est Sant'Andria

 

Cette coutume disparut plus ou moins rapidement après la seconde guerre mondiale. Dans les Deux Sorru, elle existait encore à Soccia en 1959 comme en témoigne Marina CLEMENTI DAVID qui nous a transmis ce souvenir:

 

"En novembre 1959, nous étions au village, à Soccia. Avec ma petite soeur Eva, nous sommes allées à l'école du village, mon meilleur souvenir scolaire; et cette année la, la coutume était bien vivace au village. Nos cousins, plus grands que nous, s'étaient noirci le visage au charbon, avaient revêtu des sacs de pomme de terre en jute et frappaient aux portes, la nuit tombée, munis de bâtons. Tante Angèle-Marie et notre grand-mère avaient prévu des paquets de biscuits à leur donner, sans quoi nous risquions qu'ils nous lancent le mauvais oeil! Jolis et chaleureux souvenirs!"

 

Plus récemment, les jeunes Socciais ont essayé de faire revivre cette tradition. Regardez l'article de Pascale CHAUVEAU paru le 8 décembre 2013 dans "Corse-Matin".

 

Aujourd'hui, c'est Sant'Andria
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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:03

 

"Les Mexicains arrivent. Il y a la Riboluzione contre la force armée! Les Mexicains, i Mexicani!".

 

 

En poussant ces cris dans un mélange de français, de corse et d'espagnol, Marc Antoine CECCALDI se mit à courir dans la maison de la famille CECCALDI et dans la rue de Poggiolo. Il fut difficile de le calmer. Il est vrai que, en ce matin du 26 septembre 1892, le village avait un aspect inhabituel. Un groupe d'hommes armés venait d'arriver et se rafraîchissait chez le maire Pierre MARTINI.

 

 

 

UNE EXPÉDITION SANGLANTE

 

Ces hommes n'étaient pas Mexicains mais Guagnais. Sous la direction du maire de Guagno Jean-François LECA, cinquante-deux villageois, dont trente-quatre avec des fusils, avaient monté cette expédition pour aller à Soccia, chef-lieu du canton, s'opposer à la proclamation des résultats de l'élection d'un conseiller d'arrondissement. L'affaire tourna très mal car, à l'entrée de Soccia, ils affrontèrent les gendarmes dont deux furent tués (voir l'article Les Mexicains arrivent (première partie)).

 

L'affaire fit grand bruit dans toute la France et même à l'étranger (voir l'article La conclusion de l'affaire de 1892 dans la presse). En juin 1893, trois Guagnais dont le maire furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, sept à vingt ans de bagne et une dizaine à diverses peines.

 

De Poggiolo au Mexique et retour avec les Ceccaldi père et fils

 

Mais pourquoi l'arrivée de cette troupe avait-elle provoqué un tel émoi chez cet homme de soixante ans?

 

Marc Antoine CECCALDI était né à Poggiolo en 1832. Son père Saverio (1784-1865) avait eu également deux filles, Maria Lilla (1830-1903) et Marie Magdeleine (1836-1898), et un autre fils François Marie, né en 1829.

 

Mais François Marie avait été tué en 1851, à l'âge de 21 ans, dans une bagarre à la sortie d'un bal à Soccia.

 

 

 

LE SÉJOUR MEXICAIN

 

Un peu plus tard, profitant de l'expédition militaire française au Mexique (1862-1867), Marc Antoine s'installa dans ce pays et y resta après le départ de l'armée de Napoléon III.

 

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

 

Il s'installa à La Piedad, dans l'Etat de Michoacan, sur la côte de l'Océan Pacifique. C'est là que naquit son fils le 4 janvier 1869. Il l'appela François Marie en souvenir de son malheureux frère. La tradition orale poggiolaise lui donne comme mère une Mexicaine. Mais, sur le registre matricule militaire (fiche 9 NUL 30/2147– Archives Pumonti), il est inscrit le nom de "feue Thérèse COLONNA", une Corse donc, et morte avant 1891, date de la rédaction de sa notice individuelle.

 

Marc Antoine revint en Corse, longtemps après, en 1892, avec son fils François Marie, semble-t-il. Arrivé à Vico en voiture à cheval, il continua à pied. Mais, ayant quitté le village depuis trente ans, il se trompa de route après Sorru et arriva à Guagno, d'où il repartit, toujours à pied, pour Poggiolo. 

 

Il était donc arrivé depuis quelques mois dans la maison familiale quand, le 26 septembre 1892, il entendit le remue-ménage provoqué par la troupe des Guagnais en route pour leur coup de force à Soccia. Surpris par ce bruit et la vue des armes, il s'affola, se crut revenu dans les turbulences mexicaines et se mit crier et à gesticuler comme décrit au début de cet article.

 

 

Fut-ce le choc de cet événement? Toujours est-il qu'il mourut le 21 novembre 1893.

 

 

 

UN MEXICAIN DANS L'ARMÉE FRANÇAISE

 

Que devint le fils de Marc Antoine?

 

François Marie, inscrit sur les listes françaises de recensement militaire, fut déclaré insoumis le 30 juin 1891 pour ne pas s'être présenté au conseil de révision. Mais il obtint un non-lieu en se présentant volontairement au bureau de recrutement d'Ajaccio le 3 juin 1893. Il semble que, avant de quitter le continent américain, il ait servi dans l'armée mexicaine.

 

En tout cas, il fit ensuite carrière dans les troupes coloniales françaises pendant une quinzaine d'années, jusqu'en 1909: 4e, 13e et 4e régiments de marine, puis 22e régiment d'infanterie coloniale. Il servit notamment pendant la seconde campagne de conquête de Madagascar, d'avril 1895 à juin 1900, ce qui lui permit de recevoir plusieurs décorations. Il servit également à La Martinique.

 

François Marie vint habiter à Poggiolo où il était surnommé "El Mexicano". Six mois après avoir quitté l'armée, il se maria le 30 octobre 1909 avec Angèle Françoise MARTINI (1867-1928), veuve de Xavier VINCIGUERRA (1850-1905).

 

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

 

 

 

SOLDAT ET AGRICULTEUR

 

Quand éclata la première guerre mondiale, en août 1914, l'armée française le rappela. Il fut versé dans l'infanterie, puis dans l'artillerie. Contre l'Allemagne, ses états de service enregistrés concernèrent la période du 2 aout 1914 au 23 février 1917. A cette dernière date, François Marie fut "détaché agricole comme propriétaire exploitant à Poggiolo".

 

Libéré de toute obligation militaire le 1er décembre 1918, "El Mexicano" put profiter de sa retraite jusqu'à son décès le 12 novembre 1931.

 

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Certains renseignements qui ont permis de rédiger cet article ont été trouvés dans le registre matricule militaire des Archives de Corse et dans les fiches généalogiques rédigées par Pierre LECCIA sur le site GENEANET. D'autres ont été fournis par Xavier PAOLI.

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Articles en rapport avec l'affaire de 1892:

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 17:53

 

Parmi les Poggiolais qui se battirent très loin de leur village, la palme revient à Jean-Noël Martini (1891-1965), dit «Natale Prete», qui alla vers l’Orient le plus extrême.

 

Si Jean Charles FRANCESCHETTI avait participé à l'expédition de Pékin en 1900, Jean-Noël fut envoyé au fin fond de la Sibérie en 1918.

 

Pourtant, Jean-Noël faillit ne jamais revêtir l'uniforme. Fils de Jean Toussaint Martini et son épouse Marie DESANTI, il naquit le 1er mars 1891 mais le registre d'état-civil de Poggiolo n'en porte pas de trace à cette date-là. Oubli des parents ou du maire de l'époque, Pierre MARTINI?

 

L'erreur fut découverte au moment du conseil de révision et il fallut un jugement du tribunal civil de première instance d'Ajaccio en date du 27 avril 1912 pour rendre la date de naissance officielle.

 

Une telle mésaventure (déclaration de naissance non transcrite et décision judiciaire) était arrivée en 1877 à Antoine François FRANCESCHETTI, qui fut ensuite le militaire le plus gradé et le plus décoré des militaires poggiolais morts pendant la guerre de 1914-1918. Voir l'article Les surprises de l'état-civil: le capitaine a failli ne pas exister (1/3)

 

Jean-Noël MARTINI est le numéro 14 de cette photo de l'école de Poggiolo en 1900. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Jean-Noël MARTINI est le numéro 14 de cette photo de l'école de Poggiolo en 1900. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

Incorporé dans les chasseurs à pied, Jean-Noël MARTINI s'engagea en 1913 dans le 23e RIC (régiment d'infanterie coloniale). En avril 1914, il fut envoyé au Tonkin. C'est là qu'il se trouvait au moment de la déclaration de guerre. Il y resta pour des opérations de maintien de l'ordre et fut même blessé par balle à l'épaule droite le 6 octobre 1917, ce qui lui valut une citation. Cette blessure le fit souffrir toute sa vie.

 

Il fut désigné pour faire partie du bataillon colonial sibérien (BCS) constitué le 14 juillet 1918. Le BCS fut envoyé à l'extrémité Est de l'ancien empire russe, officiellement pour aider à l'évacuation de la Légion Tchèque (volontaires armés tchèques et slovaques ayant combattu du côté des puissances alliées) et pour empêcher les Allemands de mettre la main sur le matériel de guerre livré à la Russie avant la révolution communiste d'octobre 1917. En réalité, il s'agissait d'arrêter l'avancée des bolcheviks.

 

Débarquement des troupes coloniales françaises à Vladivostok en août 1918. Site Revue Méthode (http://www.revuemethode.org/sf021725.html)

Débarquement des troupes coloniales françaises à Vladivostok en août 1918. Site Revue Méthode (http://www.revuemethode.org/sf021725.html)

 

Le détachement français avait un effectif de 1140 hommes, puisés dans les troupes d’Indochine dont le 16e RIC auquel appartenait alors Jean-Noël MARTINI. Le BCS débarqua à Vladivostok le 9 août, puis, suivant la voie de chemin de fer du Transsibérien, appuyé par les Tchèques et les Japonais, il traversa toute la Sibérie vers l’Ouest jusqu’à 400 kilomètres de Kazan.

 

Dans le froid hivernal, il s’installa à Tchélianbinsk le 1er janvier 1919 et eut comme mission d’escorter des convois ferroviaires et d’instruire des Russes blancs (les contre-révolutionnaires) dans l’Oural (à Perm et à Ekaterinbourg).

 

Carte Encyclopédie Larousse

Carte Encyclopédie Larousse

Sur cette carte de la Russie actuelle, les villes citées sont entourées de jaune et le trajet approximatif du Transibérien est en rose.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

 

 

La première guerre mondiale était officiellement terminée depuis le 11 novembre 1918 mais notre Poggiolais et le BCS se trouvaient impliqués dans un des 27 conflits violents comptabilisés entre 1917 et 1923 par l’historien Robert Gerwarth (« Les Vaincus », Seuil, 2017).

 

L’armée rouge bolchévique attaqua et battit les troupes blanches en juillet 1919. Les Français durent battre en retraite pour revenir à Vladivostok le 14 septembre. Jean-Noël, qui avait été blessé lors de l’avancée de 1918, fut de nouveau blessé et dut être évacué vers la Chine le 22 juillet 1919.

 

Le BCS quitta la Sibérie en février 1920. A ce moment-là, Jean-Noël MARTINI était rentré en Europe pour participer à l’occupation de la ville allemande de Mayence. Sa carrière continua au Levant et en Afrique jusqu'en 1926.

 

Il rentra à Poggiolo où il décéda le 13 avril 1965. Il était titulaire de la croix de guerre avec étoile de bronze, de la médaille coloniale avec agrafe Tonkin et de la médaille commémorative de la Grand Guerre. Jusqu'à la fin de sa vie, il lui arrivait de raconter quelques anecdotes de sa période sibérienne.

 

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Sur l'histoire du BCS, lire: 

"Intervention en Sibérie" (fiche Wikipedia)

et

"La section photographique et cinématographique de l’armée en Sibérie et Russie du Nord" par Véronique Goloubinoff (Janvier 2010) http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/spca.pdf

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 18:00
Un anniversaire: il y a 230 ans
 
Menton, le 26 novembre 1790.
 
Quelque cent mètres en amont de l’église Saint Michel, dans la ruelle du Vieux-Château, un petit garçon venait de naître. Son père, Jacques Albini et sa mère, Laurence née Bosano, le dotèrent d’un double prénom: Charles-Dominique. 
 
Il y a 230 ans!
 
 
Un anniversaire: il y a 230 ans

 

Charles-Dominique ALBINI s'installa au couvent de Vico en 1836 avec la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, fondée par Eugène de MAZENOD, sur la demande de Mgr CASANELLI d'ISTRIA, évêque d’Ajaccio.

 

Les Oblats doivent agir en missionnaires et le Père Albini s’employa sans relâche à ce travail intense dans les Deux Sorru et les Deux Sevi: prédications, catéchismes, confessions. Il aurait même fait des miracles.

 

Le 20 mai 1839, il s’éteignit au couvent dans sa chambre qui sera transformée en chapelle par la communauté.

 

Déclaré officiellement par l’Eglise «Vénérable» en 1968, Charles-Dominique ALBINI est fêté solennellement au couvent de Vico à chaque anniversaire de sa mort.

 

 

Un anniversaire: il y a 230 ans
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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 18:00

Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs Poggiolais furent entraînés dans les diverses guerres auxquelles la France participa. Comme de nombreux autres Corses, des jeunes de Poggiolo s'engagèrent dans l'armée pour éviter la misère, ce qui les conduisit parfois fort loin. L'un d'eux, Jean Charles FRANCESCHETTI, alla jusqu'en Chine.

 

Jean Charles FRANCESCHETTI, fils d'Antoine FRANCESCHETTI (1842-1909) et de son épouse Angèle Marie DEMARTINI (1843-1875), naquit à Poggiolo le 21 octobre 1869. Il était d'une branche différente des FRANCESCHETTI vivant actuellement au village.

 

Il s'engagea en mars 1890 dans l'infanterie, puis, en février 1894, dans l'infanterie de marine qui représentait la France dans les colonies et en outre-mer. Il séjourna au Sénégal de juin 1894 à juillet 1897. Il fut ensuite affecté en métropole.

 

A l'autre bout du monde, dans une Chine en pleine décadence, se développait la société secrète des Boxers, mouvement xénophobe et anti-chrétien soutenu en sous-main par le gouvernement impérial. Les Boxers passèrent à l'action en 1900, massacrant les Chinois chrétiens (30.000 furent torturés et assassinés) et les étrangers. Les légations  des grandes puissances présentes dans la capitale chinoise furent assiégées du 20 juin au 14 août.

 

Ce furent les fameux "55 jours de Pékin", qui inspirèrent en 1963 à Hollywood un film célèbre.

 

Jean Charles Franceschetti, un Poggiolais en Chine

 

Allemands, Japonais, Anglais, Russes, Américains, Italiens, Autrichiens et Français envoyèrent des renforts. Le gouvernement français déplaça des troupes d'Indochine et forma un corps expéditionnaire. Jean Charles fit partie du 3e régiment de marche constitué à cet effet le 1er juillet. 

 

Il parvint en Chine après la libération des légations mais participa aux combats qui forcèrent le gouvernement chinois à signer un traité de paix un an plus tard, le 7 septembre 1901. Les opérations de maintien de l'ordre durèrent jusqu'en juillet 1903.

 

Jean Charles FRANCESCHETTI faisait alors partie du 2e RIC (régiment d'infanterie coloniale). Une loi du 7 juillet 1900 avait remplacé la dénomination de troupes de marine par celle de troupes coloniales.

 

Le Poggiolais reçut la médaille commémorative de l'expédition de Chine instituée par la loi du 15 avril 1902 attribuée à plus de 34.500 titulaires.

 

Photo wikipedia

Photo wikipedia

 

Quittant l'armée en 1906, il s'installa à Paris où il épousa, dans la mairie du 8e arrondissement, Angèle Marie VELLUTINI le 25 janvier 1913.

 

L'armée se souvint de lui avec la première guerre mondiale. Rappelé le 8 avril 1915, Jean Charles fut affecté au dépôt de matériel automobile de l'Ecole Militaire. Puis, d'avril à novembre 1917, il fit partie d'un escadron du train des équipages. 

 

Il fut libéré de ses obligations militaires le 1er décembre 1918 et put enfin goûter une retraite bien méritée.

 

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Bande-annonce du film "Les 55 jours de Pékin":

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 17:54
   
Parmi les personnages assez particuliers originaires de Poggiolo, Oscar ROSEMBLY est certainement l’un des plus oubliés.
 
 
Un avis de décès vient de rappeler son souvenir. Le 6 novembre, «Corse-Matin» a publié l’annonce du décès à Corte de "Marie-Luce ROULOT-ROSEMBLY née ROSEMBLY". Elle était la fille d’Oscar.
 
 
Oscar Louis Jean ROSEMBLY naquit à Poggiolo le 4 avril 1909.
 
 
Son père, Oscar Louis Ernest, ouvrier imprimeur devenu commis de l'octroi, né à Paris en 1874, était mort dans la capitale le 23 octobre 1908 à l’âge de 34 ans. Son épouse, Marie Olive MARTINI, couturière, était enceinte. Elle retourna à Poggiolo où elle était née en 1883, pour attendre la naissance dans sa famille. Oscar était donc un enfant posthume.
 
 
Sa grand-mère, Marie-Marfise MARTINI, née FRANCESCHETTI (1838-1909), déclara le bébé à la mairie mais ne signa pas l'acte car "ne sachant ni lire ni écrire".
 
 
Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo
Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo
Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo

Acte de naissance d'Oscar Rosembly dans le registre de Poggiolo

 
 
Sa mère retourna ensuite à Paris où elle reçut un secours financier de la municipalité. Elle mourut dans cette ville en 1970.
 
 
Oscar grandit et trouva un travail d’employé à la mairie du XVIIIe arrondissement. Il eut une vie de bohème à Montmartre et il devint très proche, dans les années 30 et pendant la seconde guerre mondiale, du peintre GEN PAUL et surtout de Louis-Ferdinand CÉLINE, l’auteur de «Voyage au bout de la nuit», «Mort à crédit» et «Bagatelles pour un massacre».
 
 
Louis-Ferdinand Céline en 1932 (photo Wikipedia)

Louis-Ferdinand Céline en 1932 (photo Wikipedia)

 
 
Il s’occupait de la comptabilité de l’écrivain. Oscar apparaît d'ailleurs dans des romans de CÉLINE sous les prénoms d’Alexandre, Alex et Oscar.
 
 
En 1947, Oscar ROSEMBLY épousa à Paris Mathé Eugénie Angèle GUALANDI, décédée en 1998, dont la famille était originaire de Corte. Ils eurent une fille, Marie-Luce, qui vient de mourir.
 
 
Après une vie mouvementée (il fut journaliste, antiquaire et même consul, disent certains), Oscar vint s’établir à Poggiolo dans les années 1980, dans la maison située au-dessus de la fontaine du Lucciu.
 
 
Il décéda à Ajaccio le 25 septembre 1990, âgé de 81 ans. 
 
 
 
Post-scriptum: commentaire de Jacques-Antoine MARTINI
 
Et surtout le seul Poggiolais qui pouvait se promener dans le village vêtu seulement d'un peu d'huile d'olive et prendre son bain dans la vasque de la fontaine du Lucciu, été comme hiver, sans que personne n'y trouve à redire. Grand amateur d'opéra à la voix de baryton, il était capable de chanter seul des grands airs de Mozart ou de Verdi.
 
 
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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 17:55

Les Editions Albiana viennent de faire paraître l’Atlas biogéographique de la flore de Corse. 

 

Un Atlas de la flore remarquable de Corse était attendu depuis de longues années. Il était nécessaire aux scientifiques pour retrouver en un seul ouvrage les données majeures de la plupart des plantes répertoriées en Corse et très demandé par les amoureux de la nature et les défenseurs de l’environnement insulaire désireux de connaître toute la diversité de notre flore.

Un atlas pour les amoureux de la flore corse


L’ouvrage collectif présenté aujourd’hui par le Conservatoire botanique national de Corse est un recueil ambitieux, préparé durant plusieurs années par les meilleurs spécialistes de la Corse. Plus de 500 plantes y sont répertoriées, décrites et leurs implantations dans l’île situées pour chacune sur une carte spécifique de la Corse. Elles sont situées aussi dans leur géographie générale (Méditerranée, Europe, Afrique du Nord) lorsqu’elles ne sont pas à proprement parler endémiques. 


La flore, comme le reste de la biodiversité, est un patrimoine commun à tous, parfois difficile à appréhender pour les non spécialistes. Face à l’érosion globale de la biodiversité, il était urgent de faire une synthèse à l’échelle de la Corse permettant de faire un bilan des connaissances relatif aux végétaux les plus emblématiques de ce territoire insulaire. Inventaires, cartographies et suivis des espèces menacées sont plus que jamais d’actualité.

 

La conservation et la protection de la flore ne peuvent se faire sans leur compréhension et leur prise en compte par les différents acteurs de la société. Le Conservatoire botanique national de Corse s’efforce de transmettre les éléments dont il dispose afin que la conservation devienne l’affaire de tous.

 

Cet ouvrage en est un témoignage et il permettra, nous l’espérons, de faciliter la reconnaissance de ce patrimoine végétal et des collections naturalistes associées qui méritent considération. Malheureusement, l’absence de références consultables localement ne permet pas de valoriser pleinement ce patrimoine, la Corse restant en effet à ce jour la seule île de Méditerranée sans herbier officiel.

 

La Corse est pour les végétaux à la fois un carrefour biogéographique, un refuge historique et une zone d’émergence de nouvelles espèces. Nombreuses sont les plantes présentées ici qui ne sont ni rares ni menacées mais qui ont une aire de répartition réduite, parmi lesquelles un grand nombre d’espèces endémiques, propres à l’île. Cet ouvrage met en avant ces espèces et, en complément des ouvrages existants, dresse un état des lieux précis et inédit sur la répartition de cette flore souvent unique, pour laquelle la Corse a une responsabilité de conservation de tout premier plan. 

 

Cet atlas est le fruit d’un important travail d’inventaire, de dépouillement de la littérature, de collecte des observations existantes. Nous avons cherché à faire un lien entre les données historiques issues des travaux des botanistes des XIXe et XXe  siècles, les connaissances des botanistes de terrain et les avancées les plus récentes issues des différentes disciplines des sciences de la vie.

 

Parce qu’il s’agit d’un atlas, nous avons privilégié les représentations cartographiques, facilitant les ouvertures sur le monde, retraçant ainsi les différentes influences qui font l’originalité de la flore de Corse. Nous espérons modestement que chacun à son niveau trouvera matière à réflexion et que nous contribuerons ainsi au respect et à la préservation de ce patrimoine naturel si riche. 

(Extrait de la préface)

  

Pour commander l'Atlas (39 euros), on peut s'adresser à sa librairie habituelle ou au site des éditions Albiana:

https://www.albiana.fr

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 18:07
La montée vers Sant'Eliseu

 

Une série de films sur les randonnées en Corse est publiée sur Youtube par un nommé Xavier CASALONGA. Le numéro 32, qui a été mis en ligne le 10 octobre 2020, est intitulé "La montée vers Sant'Eliseu".

 

 

En cinq minutes, il montre le chemin partant du village d'Ortu pour accéder à la chapelle.

 

 

 

La montée vers Sant'Eliseu
La montée vers Sant'Eliseu

 

Les différents paysages de cette excursion sont bien montrés grâce à une bonne utilisation d'un drone. 

 

Savourez ce reportage.

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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