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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 18:00

 

    Depuis sa création, le cimetière de Poggiolo a connu plusieurs extensions mais la tombe la plus ancienne du village ne se trouve pas à l'intérieur de son périmètre.

 

    Elle n'est pas non plus dans le cimetière privé ni dans la chapelle funéraire et pas non plus dans les trois caveaux familiaux qui entourent Saint Siméon.

 

    La première tombe poggiolaise est l'église Saint Siméon elle-même. 

  
Eglise St Siméon (photo Michel Franceschetti).

Eglise St Siméon (photo Michel Franceschetti).

 
    En Corse, pendant longtemps, les sépultures se firent dans le cimetière mais aussi  dans l'arca.
 
 
    L'arca était une tombe collective, sorte de chambre souterraine voutée à orifice étroit fermé par une dalle de pierre, accolée à l'église ou creusée sous celle-ci. Elle permettait aux croyants d'être le plus près possible de l'endroit le plus sacré du village et elle renforçait le sens de la communauté, unie ici et maintenant comme pour l’éternité. C'est à partir du XVème siècle que se répandit, en Corse, la pratique des enterrements dans les églises.
 
 
 
L'arca poggiolaise
 
 
    Cette coutume fut pratiquée à Poggiolo comme le prouvent les rapports des visites apostoliques effectuées par les évêques (de Sagone ou du Nebbio) ou de leur délégué (documents étudiés par le Père DOAZAN).
 
 
    Si en 1587 et en 1589, Mgr MASCARDI écrit que "le cimetière entoure l'église", il mentionne déjà l'existence de l'arca de Vico. Mgr COSTA décrit un siècle plus tard, en 1698, à Poggiolo, un "pavement de pierre avec trois ouvertures d'arca avec trappe de pierre". Ces trois ouvertures signifient qu'une était destinée aux hommes, l'autre aux femmes et la dernière aux enfants. Mais, en 1702, le même Mgr COSTA note que "le cimetière est pourvu d'une croix et bien enclôs"
 
 
    Il est vrai que la sépulture en arca n'était pas bien vue des autorités ecclésiastiques. Ainsi, dès le XVI° siècle, la constitution de Mgr SAULI, évêque d'Aleria, imposait d'ensevelir les morts dans les cimetières et non dans les églises, à moins d'avoir la permission de l’évêque.
 
 
    En 1776, un Edit Royal interdisait les sépultures dans les églises insulaires, et en 1789 un Décret de la Révolution ordonnait la création de cimetières, sans grand succès en Corse.
 
L'église et le cimetière vus du Tretorre (photo Michel Franceschetti).

L'église et le cimetière vus du Tretorre (photo Michel Franceschetti).

   
Quelle fut la situation de Poggiolo?
 
 
Les deux périodes d'inhumation
 
 
    Les registres de catholicité du XVIIIe siècle pour Poggiolo ont été étudiés par Xavier PAOLI, l'historien du village. Ils sont référencés aux Archives départementales, ou Archives Pumonti, sous les côtes 6MI 240/3 (pour 1729 à 1772) et 6MI 240/4 pour la période 1770-1796 qui empiète donc sur la précédente.
 
 
    Deux périodes peuvent être distinguées:
 
    Pour la première, de 1729 à 1756, les inhumations eurent toujours lieu "dans l'église". Les registres utilisent alors les termes "arca", "nel pavimento", "attraco".  
Ainsi, en 1731, pour Maria Sibilia et Damiano, dont les décès se sont suivis, il est écrit: "il suo corpo fu sepelitto nella chiesa di S. Simeone", c'est-à-dire: "son corps a été enseveli dans l'église de Saint Siméon".
    
    Cliquez sur les images pour agrandir les documents.
 
Deux actes de sépulture en 1731.

Deux actes de sépulture en 1731.

 
  Ensuite, après 1770 et jusqu'en 1792, les documents mentionnèrent pratiquement tous que les enterrements avaient lieu dans le "cimetière ordinaire", mais en précisant:
 
"nel grande sepultura", c'est-à-dire dans l'arca collective
                                             ou
"nel picola sepultura" ou "nel cimeterio", donc en tombe individuelle.
 
 
    La première mention d'enterrement "nel cimeterio ordinario" date du 12 juin 1770 (mais il manque les feuillets entre 1762 et 1769) et concernait une nommée Maria Francesca. 
Première mention d'un enterrement dans le cimetière de Poggiolo (12 juin 1770).

Première mention d'un enterrement dans le cimetière de Poggiolo (12 juin 1770).

   

    Mais il y eut des exceptions.

 

    En 1783, Domenico Felice FRANCISCHETTI (orthographe fréquente qui se transforma définitivement en FRANCESCHETTI), âgé de 78 ans, fut enseveli "nel pavimento" (sous le carrelage) de la chapelle du Rosaire, qui se situait alors dans la partie gauche de l'église et avait été construite dans les dernières années du XVIIe siècle.

 

    Le curé Giovanni BONIFACY prit soin d'écrire qu'il avait obtenu du vicaire DEFRANCHI de Soccia "la licenza", l'autorisation de "rompere", de casser le sol. La famille FRANCESCHETTI jouait alors un grand rôle à Poggiolo et Domenico Felice devait être un personnage particulièrement important pour bénéficier d'une telle sollicitude.

 

Domenico Felice enseveli dans la chapelle du Rosaire en 1783.

Domenico Felice enseveli dans la chapelle du Rosaire en 1783.

 

    Un autre exemple, onze ans plus tard, qui concerne encore la famille FRANCESCHETTI. En 1793, Angelafelice fut inhumée sous le carrelage de l'église.

 

    On lit bien dans la marge les mots "sepultura grande".

 

Inhumation sous le carrelage de l'église en 1793.

Inhumation sous le carrelage de l'église en 1793.

 

    La fin de l'arca

 

    Il faudrait vérifier attentivement les registres  mais il semblerait d'ailleurs qu'Angelafelice fut le dernier habitant de Poggiolo à avoir été mis dans l'arca.

 

    Tous les enterrements eurent lieu désormais dans le cimetière situé derrière l'église. 

 

    Pour Soccia, où il existait aussi une arca en deux ou trois parties, l'étude publiée voici quelques années par Jean-Baptiste PAOLI indique que la première inhumation dans le cimetière communal eut lieu en 1812, année où des édits préfectoraux particulièrement coercitifs accélérèrent la fin des arche.

 

L'ancienne église St Siméon, détruite à partir de 1863. Dessin réalisé par M. Bessières en 1856 et mis à notre disposition par Emilie Tomas.

L'ancienne église St Siméon, détruite à partir de 1863. Dessin réalisé par M. Bessières en 1856 et mis à notre disposition par Emilie Tomas.

 

    Avec la démolition de la vieille église en 1863 et la construction de l'actuel Saint Siméon, il ne reste plus rien de l'arca poggiolaise, même pas la dalle qui la recouvrait (alors que le couvent St François conserve des dalles de certaines familles vicolaises).

 

    Mais sous le carrelage de la nef, quelques restes de nos ancêtres de trouvent certainement encore.

 

    Visibles ou invisibles, les morts restent parmi nous et il nous montrent d'où nous venons, quelles sont nos racines. Nous sommes les héritiers d'une histoire et d'une communauté.


Bibliographie:
       - "Le couvent Saint François de Vico" par le R. P. Louis DOAZAN (ed. Alain Piazzola)
    - "Soccia. Santa Maria delle grazie. A nostra ghjesgia" par Jean-Baptiste PAOLI (dactylographié, avec l'aide d'"A Mimoria")

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 18:00
Devinette: la tombe la plus ancienne

Puisque la période de Toussaint est celle où l'on va rendre hommage à nos ancêtres en se rendant sur leurs tombes, la question de la devinette mensuelle paraît évidente:

 

 

Quelle est la tombe la plus ancienne de Poggiolo?

 

 

Réponse (surprenante) demain.

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 18:00

 

 

Toutes nos condoléances.

 

 

Deuil à Guagno
Deuil à Guagno
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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 18:00

 

L'attentat qui a fait trois morts à Nice le 29 octobre est d'autant plus horrible qu'il a été commis dans une basilique, lieu de prière et de paix. L'Histoire a déjà connu des meurtres dans des églises, et même à Poggiolo au XVIIe siècle, meurtre avec décapitation qui eut un grand retentissement dans toute la Corse et jusqu'à Gênes.

 

 

 

SANG ET CADAVRES

 

Dans les premières lueurs de l’aube, quelques villageois s’approchent prudemment de l’église Saint Siméon de Poggiolo. On est au matin du 11 septembre 1634.

 

Dans la nuit, des cris avaient été entendus, et aussi des coups de feu, certainement des déflagrations d’arquebuses à rouet, l’arme par excellence des Corses à cette époque. Puis, il y avait eu le son des sabots de mulets ou de chevaux s’éloignant rapidement. Et encore des cris, puis des râles d'agonie...

 

Arquebuse à rouet.

Arquebuse à rouet.

Les Poggiolais les plus audacieux arrivent à la porte qui est complètement enfoncée.

 

A l’intérieur,

 « la vision est celle d’un spectacle d’horreur. Le corps (d’un homme) git dans un coin, sans tête, traîné et déchiqueté par les chiens. Son épouse gémit, un peu plus loin, moribonde, avec le cadavre de son petit garçon mort-né, dont elle a accouché pendant la nuit, à ses pieds, percé de plusieurs coups d’arquebuse. Les portes de l’église ont été fracassées à coups de hache, et le décor, autour de l’autel, a été transpercé par les coups de feu.» («Letia et la région de Vico dans l’histoire de la Corse» par François PAOLI).

 

 

Même sans sa tête, les villageois savent que le corps de l’homme décapité est celui d’AMATO de Soccia, LE FILS DE LEUR CURÉ PAOLO.

 

Décapitation dans l'église de Poggiolo... en 1634

 

Aux XVIIème et XVIIIème siècles, de nombreux prêtres corses vivaient en concubinage et avaient des enfants. Ce fut le cas pour Lario POLI ou Hilaire (écrit aussi Hylaire), curé de Guagno, qui avait bénéficié de faveurs de la part de Théodore de NEUHOFF, roi de Corse en 1736. En souvenir, le curé aurait prénommé son fils Théodore. Le prénom serait passé ensuite à son petit-fils, le célèbre bandit qui se proclama le "roi de la montagne".

 

 

 

LES CHASSEURS DE PRIME CONTRE AMATO

 

Paolo, curé de Poggiolo, était le père d’Amato qui eut de gros ennuis avec la justice. Il avait été condamné à mort le 22 novembre 1631 pour le meurtre d’un Guagnais et le 27 mai 1633 pour celui d’un Socciais. Pour la législation génoise, il était devenu un «bandito capitalo», c’est-à-dire qu’il était considéré comme très dangereux mais qu’il pouvait échapper à la mort en s’exilant, ce qu’il fit.

 

Malheureusement, au bout d’un an, Amato revint et rencontra Matteo de Soccia dont il avait tué le frère. Or, après la condamnation, les parents des victimes assassinées avaient constitué des primes sur sa tête. Les primes étaient versées à celui qui ramenait la tête du meurtrier aux autorités génoises. On appelait cette coutume le «marché des têtes».

 

Blessé d’un coup d’arquebuse, tiré peut-être par Matteo, Amato se réfugia dans l’église de Poggiolo avec son épouse enceinte. Il était protégé dans ce lieu saint par le droit d’asile. Pendant ce temps, son père obtenait que l’évêque de Sagone (qui résidait alors à Calvi), Mgr Stefan SIRI, et son vicaire général, Gio Martino SAVELLO, négocient avec le Commissaire génois d’Ajaccio un sauf-conduit et un traité de paix avec les familles des victimes, ce qui était fréquent à l’époque.

 

 

 

LA COLÈRE DE L'ÉVÊQUE

 

Mais le 10 septembre 1634, alléchés par la prime et certainement poussés par Matteo, Aurelio, fils de Nicomedo de Guagno, et Gregorio, fils de feu Giovan Ghilardo de Muracciole, trouvèrent sa cachette et firent le massacre décrit au début du texte.

 

Les chasseurs de primes présentèrent le lendemain la tête d’Amato à Paolo Ambrosio CARMAGNOLA, le Commissaire de Gênes à Ajaccio, qui leur donna l’argent promis et exposa sa tête dans une cage de fer.

 

Monseigneur SIRI, l’évêque de Sagone réagit promptement en mettant en avant le fait qu’Amato n’avait pas été tué «in campagna», en pleine campagne, comme le voulait la loi, et surtout qu’un sacrilège avait été commis. Le prélat en appela au Sénat de Gênes et excommunia Aurelio et Gregorio ainsi que Carmagnola.

 

Armoiries de l'évêque de Sagone.

Armoiries de l'évêque de Sagone.

 

Mgr SIRI ayant décédé en janvier 1635, son action fut poursuivie par le vicaire général SAVELLO et par Mgr Benedetto REZZANI, devenu évêque de Sagone en septembre 1635.

 

Le Commissaire blâma l’action des deux assassins et fit donner une sépulture chrétienne à la tête d’Amato.

 

Aurelio et Gregorio furent condamnés «pour la violence faite à l’Eglise, une balle ayant touché l’autel». Mais, en 1636, la sentence n’était toujours pas appliquée.

 

 

 

ST SIMÉON DÉSACRALISÉE

 

A Poggiolo, la situation religieuse était catastrophique. Saint Siméon avait été souillée par cet acte ignoble. De plus, elle était église piévane, c’est-à-dire que son curé avait autorité sur tous les villages de Sorru in Su : Poggiolo, Orto, Soccia et Guagno.

 

L’église fut déclarée désacralisée avec interdiction d’y célébrer des cérémonies religieuses.

 

Il fut décidé de bâtir une chapelle en bas du village, sur un terrain offert par les familles DEMARTINI et MARTINI. Elle fut dédiée à saint Roch, choix judicieux car ce saint était imploré pour combattre les épidémies alors fréquentes.

 

Lors de travaux de restauration entrepris en 2011, le peintre Mario SEPULCRE  trouva sur les piliers de Saint Roch une couche de peinture qui était peut-être la décoration originelle (voir l'article Il se passe toujours quelque chose à Poggiolo... et à Saint Roch).

 

Chapelle St Roch. Photo Michel Franceschetti.

Chapelle St Roch. Photo Michel Franceschetti.

 

Mais Saint Siméon se releva de son abandon.

 

En 1686, Gio. Battista SPINOLA, évêque de SARZANE en Ligurie, fut envoyé par Rome pour inspecter les diocèses de Corse. Il n’écrit rien sur cette église dans son rapport du 4 juin.

 

Mais le 15 juin 1698, Mgr Giovanni Battista COSTA, évêque de Sagone, décrit une église San Simeone avec autel de pierre, tous les objets liturgiques indispensables, des fonts baptismaux, un confessionnal, une «chapelle du très Saint Rosaire récemment érigée dans l’église» et un «pavement de pierres avec trois ouvertures d’arca avec trappe de pierre». Malgré le toit à réparer, l’église était utilisée et elle était redevenue piévane.

 

Les transformations de St Siméon. Photo Michel Franceschetti.

Les transformations de St Siméon. Photo Michel Franceschetti.

 

Les horribles meurtres de 1634 sont ainsi la cause de la présence de deux bâtiments catholiques dans ce petit village qui mériterait d’être nommé : «POGGIOLO-LES DEUX ÉGLISES».

 

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Cet article a utilisé les renseignements trouvés dans :

«La violence dans les campagnes corses du XVIe au XVIIIe siècle» par Antoine-Marie GRAZIANI (ed. Alain Piazzola)

«Letia et la région de Vico dans l’histoire de la Corse» par François PAOLI (Stamperia Sammarcelli)

Visites apostoliques et pastorales à Sorru in Su, traduction du Père DOAZAN (non édité)

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Texte publié sur ce blog le 8 décembre 2015.

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 16:56

 

Les restaurants sont fermés pendant le confinement mais ils peuvent prendre des commandes de plats à emporter.

 

A Soccia, le Caffè-Snack U Paese de Jean-Marc Battistelli a su s'adapter.

 

Il paraît que les bastelle (appelées curconi à Soccia) sont excellentes.

 

Adaptation au confinement
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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 09:48
Messe de la Toussaint à Poggiolo

Finalement, avant la bénédiction du cimetière,

 

une messe sera bien célébrée à Poggiolo

 

 

demain samedi 31 octobre à 15 heures.

 

 

Voir le calendrier mis à jour des cérémonies du secteur

en cliquant ICI.

 

Photo Michel Franceschetti.

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 18:00

 

Au moment du 2 novembre, jour des Morts dans le calendrier chrétien, les cimetières sont visités par les familles qui vont fleurir les tombes de leurs parents. S'il est normal que chacun s'intéresse à l'endroit où se trouvent les restes de ceux qu'il a connus, d'autres sépultures méritent un intérêt particulier.

 

Antoine François LECA, qui participa à la guerre de 1870-1871 (voir article précédent), ne devrait pas être un inconnu pour tous ceux qui sont entrés au moins une fois dans le cimetière de Poggiolo.

 

 

Son nom est gravé sur la plaque métallique placée sur une croix près du mur en face de l'entrée du cimetière de Poggiolo. Mais qui lit encore ce texte émouvant?

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

ICI DORMENT DANS LE SEIGNEUR LECA MARTIN PÈRE 84 ANS LECA FRANÇOIS ANTOINE CAPORAL 25 ANS LECA PAUL 22 ANS ET LECA ANTOINE FRANÇOIS GARDE FORESTIER DOMAINIAL 37 ANS FILS EN ATTENDANT LE JOUR DE LA RÉUNION ÉTERNELLE.
VOUS QUI PASSEZ JETEZ UNE PRIÈRE SUR LA TERRE QUE LES LARMES ONT CONSACRÉE.

 

Les larmes mentionnées dans ce texte sont faciles à deviner quand on se rend compte que le père est mort à 84 ans alors que ses trois fils moururent bien plus jeunes. 

 

Ce père de famille poggiolais est Giovan "Martino" LECA. Ses trois fils mentionnés sont ceux qu'il eut avec son épouse Angèle Marie DESANTI.

François Antoine, né le 27 juin 1846 et mourut le 9 janvier 1872, à 25 ans. 

Antoine François naquit le 6 juillet 1850 et vécut jusqu'au 28 juillet 1887, soit 37 ans.

Paul, né le 16 septembre 1853, décéda 23 ans plus tard, le 6 septembre 1876.

Cette fratrie a été présentée dans le dernier article.

 

Si vous ne "jetez" pas "une prière sur la terre", si vous ne priez pas pour eux, ayez au moins une pensée pour cette famille en passant devant cette plaque.

 

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 18:00

 

En publiant la liste des Poggiolais ayant participé à la guerre de 1870-1871, nous demandions aux lecteurs qui auraient des renseignements supplémentaires de nous les signaler. Nous avons eu une réponse: un de nos abonnés nous a signalé l'oubli d'Antoine François LECA.

 

Cet oubli est d'autant plus regrettable que pratiquement toutes les personnes qui sont entrées au cimetière de Poggiolo ont dû remarquer son nom. Il en sera question un peu plus tard.

 

 

 

ANTOINE FRANÇOIS, LE CLAIRON

 

Fils de Giovan "Martino" LECA et de sa deuxième épouse Angèle Marie DESANTI, Antoine François LECA naquit à Poggiolo le 6 juillet 1850.

 

Le conseil de révision du 7 septembre 1870 le déclara "bon pour le service" et il se présenta le 27 octobre au 48e régiment d'infanterie de ligne, d'après sa fiche matricule (9 NUM 11/116 - Archives Pumonti).

 

Cette date est importante car elle prouve qu'Antoine François n'a pas participé aux combats des premiers mois, quand son régiment faisait partie de l'armée du Rhin commandée par MAC-MAHON. Il le rejoignit au moment où le 48e fut agrégé au 17e corps d'armée au sein de l'Armée de la Loire. Notre Poggiolais participa peut-être aux combats de Loigny et du Mans où ces troupes affrontèrent les Allemands. Les renseignements sur le 48e proviennent de la fiche Wikipedia.

 

Le registre matricule note qu'Antoine François LECA participa à la campagne contre l'Allemagne du 16 novembre 1870 au 5 juin 1871 (le traité de paix avait été signé à Francfort le 10 mai).

 

Resté dans l'armée, il passa le 12 mars 1872 au 22e de ligne comme clairon. Après  la fin de son service militaire, qui durait six ans, il passa dans la territoriale en 1879. Antoine François LECA devint garde forestier (à Murzo, semble-t-il) et décéda à Poggiolo le 28 juillet 1887 (et non pas le 1er août comme consigné sur le registre matricule), à l'âge de 37 ans.

 

Un clairon de la guerre de 1870 par Edouard Detaille (forum des Amis du Souvenir Napoléonien)

Un clairon de la guerre de 1870 par Edouard Detaille (forum des Amis du Souvenir Napoléonien)

 

 

LE CAPORAL ET LE DISPENSÉ

 

Mais il avait deux frères:

 

 - Son frère aîné, François Antoine, était né le 27 juin 1846 à Poggiolo et décéda au village le 9 janvier 1872. Le registre d'état-civil précise qu'il était caporal au 32e de ligne et qu'il se trouvait alors en convalescence (d'une maladie ou de blessures?).

 

Acte de décès de François Antoine LECA.

Acte de décès de François Antoine LECA.

 

Peut-être participa-t-il lui aussi à la guerre franco-allemande. Le régiment, cantonné à Metz, se distingua dans plusieurs combats au début du conflit. Il est impossible de connaître les réels états de service de François Antoine car, très curieusement, il est totalement inconnu du registre des matricules militaires. Impossible également de savoir s'il était appelé ou engagé.

 

 

 - Un frère plus jeune, Paul, né le 16 septembre 1853, fut dispensé du service militaire car "frère au service", d'après le registre matricule. En 1873, François Antoine étant mort l'année précédente, ce frère devait être Antoine François qui se trouvait alors au sein du 22e de ligne. Le clairon a évité à son petit frère de revêtir l'uniforme.

 

Paul décéda à Poggiolo à 26 ans, le 6 septembre 1876, avant son aîné.

 

 

Avec Antoine François, le clairon, et François Antoine, le caporal, nous avons donc le 24ème et le 25ème soldat poggiolais de la guerre de 1870-1871.

 

 

Si les frères LECA ont été oubliés en tant que soldats, une raison très particulière fait qu'ils ne peuvent pas être ignorés des Poggiolais qui se rendent au cimetière.

Ce sera l'objet du prochain article.

 

 

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 18:00

 

Bernadette PIETRI, animatrice du groupe "Village d'Orto" sur Facebook, vient de publier dix photos montrant l'automne à Orto et Poggiolo.

Admirez.

 

Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
Couleurs d'automne
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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 19:00

 

Pendant la guerre de 1870, quatre frères DEMARTINI de Poggiolo firent partie de l'armée française mais avec des situations très différentes qui illustrent les difficultés des familles corses de cette époque.

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Dominique DEMARTINI (1806 ou 1807-1880) et son épouse Madeleine (1810-1871) eurent six garçons. L'aîné Jean Baptiste et le benjamin Dominique Antoine n'avaient pas l'âge pour participer aux combats de 1870.

 

 

Maison Demartini à Poggiolo. Etait-ce celle des frères Demartini? photo Michel Franceschetti

Maison Demartini à Poggiolo. Etait-ce celle des frères Demartini? photo Michel Franceschetti

 

 

DEUX MARINS

 

Le second des enfants du couple, Antoine Mathieu, né le 4 avril 1841, fut appelé à l'armée en mars 1862. Il fut envoyé par le conseil de révision comme apprenti marin à Toulon. Il participa à la guerre dans la Marine où il fit carrière. Il décéda comme matelot vétéran le 14 juillet 1885 à l'hôpital maritime de Toulon.

 

 

Son frère Antoine, né en 1844, fut convoqué en 1865 par le conseil de révision qui l'envoya chez les apprentis marins de Brest. Mais, en février 1866, l'armée s'aperçut qu'une erreur avait été commise: il n'aurait pas dû être mobilisé car il était frère d'un militaire déjà sous les drapeaux (Antoine Mathieu).

 

Il fut renvoyé dans ses foyers à Poggiolo et ne participa pas aux opérations militaires. Cependant, quand il déclara le décès de sa mère Madeleine le 22 juin 1871 à la mairie de Poggiolo, le registre d'état-civil le mentionna comme "marin domicilié à Poggiolo". Il ne fut libéré des obligations militaires que le 31 décembre 1871. Il décéda en avril 1873 à l'hôpital d'Angoulême.

 

Antoine qualifié de "marin" en 1871.

Antoine qualifié de "marin" en 1871.

 

 

MORT EN INDOCHINE

 

Né le 25 avril 1847, François Marie était berger quand il se présenta au conseil de révision du 14 juillet 1868. Versé dans la garde mobile, il aurait pu ne pas prendre l'uniforme tout de suite mais il fut désigné (car cela était alors possible) comme remplaçant d'un appelé de Gironde. Il dut partir dans les troupes coloniales (on disait alors troupes de marine) vers l'Indochine alors en voie de conquête. Saïgon avait été prise par une expédition franco-espagnole en 1859.

 

Prise de Saïgon en 1859 (image Wikipedia)

Prise de Saïgon en 1859 (image Wikipedia)

 

"Canonnier à la première batterie du régiment d'artillerie de marine et des colonies", il mourut de dysenterie dans l'hôpital de cette ville le 27 juin 1870, donc quelques semaines avant le début de la guerre avec l'Allemagne.

 

L'annonce officielle de ce décès fut retranscrit à Poggiolo pratiquement deux mois après, vers la mi-août.

 

 

MORT EN LORRAINE

 

Pour Antoine-Laurent, né le 28 juillet 1850, l'armée était un choix: il s'engagea volontairement le 17 février 1869 au 6e de ligne de l'armée du Rhin.

 

Il prit part aux combats dès la déclaration de guerre et il fut déclaré comme mort le 26 août 1870 à Pont-à-Mousson. Comme la ville avait été prise par les Allemands le 14 août après deux jours de violents combats, on peut supposer qu'Antoine Laurent mourut dans le camp de prisonniers français installé dans cette ville, peut-être à la suite de blessures reçues les jours précédents.

 

 

Soldats allemands à Pont-à-Mousson le 14 août 1870, dessin d'Auguste Lançon, Musée Carnavalet.

Soldats allemands à Pont-à-Mousson le 14 août 1870, dessin d'Auguste Lançon, Musée Carnavalet.

 

Curieusement, son décès ne fut retranscrit sur le registre d'état-civil de Poggiolo que le 25 décembre 1871, soit plusieurs mois après la fin de la guerre. Retard dû à des difficultés de communications entre autorités françaises et allemandes?

 

 

A cette date, sa mère était trépassée depuis le 22 juin 1871.  Elle avait eu le temps d'apprendre la disparition de François Marie. La notification officielle du décès d'Antoine Laurent n'était pas encore parvenue au village mais son silence depuis dix mois ne laissait plus d'espoir.

 

 

 La guerre de 1870-1871 est oubliée. Elle fit souffrir de nombreuses familles sur lesquelles nous n'avons pas beaucoup d'informations mais ces deux années furent particulièrement éprouvantes pour la famille DEMARTINI de Poggiolo.

 

Avec l'exemple de ces quatre frères, nous avons l'illustration des malheurs de la guerre de 1870, du début de l'expansion coloniale (ici, en Indochine) et du désordre administratif de l'armée du Second Empire. Et, surtout, nous voyons que le sort de nombreux enfants des familles corses de cette époque était de quitter le village.

 

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Une très grande partie des informations ayant servi à cet article vient des registres militaires matricules et des registres de la garde mobile (fiches 9 NUM 78/39, 9 NUM 11/111, 9 NUM 3/681 et 9 NUM 74/897 – Archives Pumonti), avec l’autorisation de Madame Laure FRANCK, directrice des archives de la Collectivité de Corse. Une autre partie provient des registres d'état-civil de Poggiolo également consultables sur le site des archives.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

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Jeudi 4 juin:

A 15h30, vernissage de l'exposition de photos "A quoi tu penses" au FAM de Guagno-les-Bains.

 

Samedi 6 juin:

 à 11h, au cimetière de Poggiolo, cérémonie civile pour l’inhumation des cendres d’Edouard Martini, décédé à Chambéry le 26 novembre 2025. Un apéritif amical suivra au bar de Poggiolo.

 

 

5, 6 et 7 juin:

Salon des éditeurs de Corse à Allauch.

 

Lundi 8 juin:

à 19h, messe des Corses célébrée par le cardinal Bustillo à la cathédrale de la Major à Marseille.

Dimanche 14 juin:

messe à Soccia en présence du cardinal Bustillo.

 

Vacances d'été:

à partir du samedi 4 juillet.

 

Messe et procession de saint Roch:

Dimanche 16 août après-midi.

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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