Un demi-siècle déjà! Le 5 mai 1976, de nombreux attentats en Corse, à Marseille et à Nice marquaient la création du Front de Libération Nationale de la Corse.
L'histoire du FLNC, ce mouvement qui a longtemps marqué la vie insulaire, est le thème du hors-série de 32 pages que vient de publier le quotidien Corse-Matin. Il est en vente dans les kiosques de l'île mais peut également être obtenu par voie postale en s'adressant au journal.
On lira ci-dessous avec profit le texte d'Aurélie ROSSIGNOL, directrice de la rédaction, qui explique les raisons de cette publication exceptionnelle.
Malgré son altitude, le village, bien exposé au Sud, a toujours eu des cultures de céréales et d'arbres fruitiers. Francescu Saveriu Paoli l'a bien montré dans son "Histoire abrégée du village avant 1914".
Leplan terrier de la Corse, élaboré entre 1770 et 1795, notait dans sa présentation de Poggiolo que "La vigne est l'arbrisseau qui prospère principalement".
Sur la carte elle-même, plusieurs lieux (cerclés de rouge ci-dessous) ont la notation "V", ce qui signifie "Vigne". Ils sont principalement situés à Covita, près des Trois Chemins, où l'exposition est la meilleure. Cette activité resta toujours ici jusqu'à la fin des années 1960.
Cliquer sur la carte pour l'agrandir.
Avant la crise du phylloxera de la fin du XIXe siècle, la vigne couvrait 30 hectares sur la commune. Son vin en était apprécié comme le notait le docteur Jean-Baptiste THIRIAUX dans son "Essai sur la topographie physique et médicale de St Antoine de Guagno", présenté en 1829 à la Faculté de Médecine de Strasbourg: "La culture principale du pays est celle de la vigne. Son fruit donne un vin léger et très agréable au goût. Il est très alcoolique, comme tous les vins des pays chauds."
L'utilisation des plants américains permit d'en reconstituer une bonne partie avant 1914 avec de gros efforts dont se souvenait le soldat Jean Toussaint DEMARTINI quand il écrivit à ses parents, le 28 octobre 1915, que "nous construisons des tranchées, jusqu’à 9 heures du soir ; ce travail ressemble beaucoup aux fossés que l’on fait dans les vignes pour planter des ceps américains".
Dans presque toutes les maisons poggiolaises, des tonneaux, parfois de grande dimension, stockaient le vin que l'on allait tirer chaque jour pour les repas.
Tout a disparu désormais, sauf l'intérêt des Poggiolais pour le bon vin.
APPEL: si certains de nos lecteurs avaient des photos de vigne, de vendange, de tonneaux ou de travaux liés au vin à Poggiolo, ce blog serait heureux de pouvoir les publier.
L'absence de trace écrite ne nous permet pas de fixer avec précision la date de création du village di U Pighjolu. Mais par contre la présence, connue depuis longtemps, des ruines d'une chapell...
Pour savoir à quoi ressemblait le village à la fin du XVIIIème siècle, il existe un document exceptionnel : LE PLAN TERRIER. Plusieurs articles de blog y ont fait référence mais il faudrait s...
"Le premier devoir d'un grand peuple, comme d'une famille forte, est de s'aimer, et d'abord de s'aimer dans son passé, de s'honorer dans les morts"
Fustel de Coulanges (1830-1889)
Suite et fin de la chronologie poggiolaise
Evénements concernant Poggiolo et les villages voisins et s'étant déroulés pendant les années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires.
1941:
- 19 mars: décès de Jean DESANTI, adjudant au 11e RAT, dans le camp de prisonniers de Ravensburg Weingarken (dépôt 231) en Allemagne. Il était né le 19 juin 1914 à Guagno-les-Bains où son corps fut inhumé en 1947 (Les héros de 39-45).
- septembre: dissolution du conseil municipal de Poggiolo et remplacement par une délégation spéciale nommée par le gouvernement de Vichy (Inutile de voter).
1946:
les chiffres officiels donnent 653 habitants à Poggiolo (oui: 653), record historique pour le village (Combien de Poggiolais?).
1951
18 janvier: décès du poète Petru Santu LECA, d'Arbori (Solution de la devinette: Petru Santu LECA).
1956:
après le décès de l'abbé PASTINELLI, le diocèse confie la responsabilité du culte à Guagno et Guagno-les-Bains aux Oblats de Vico. Orto, Poggiolo et Soccia gardent un curé commun (le Père MILLELIRI) (Milleliri, un prêtre de caractère)
- ouverture, près de la fontaine de St Marcel, du "Robinson", bar-dancing très apprécié pendant quelques années par les jeunes (Un ancien lieu de rencontre).
- décembre: parution du premier numéro de "Inseme", mensuel interparoissial "per a communicazione a fraternita e a fédé", édité, sous l'impulsion du Père Jean-Pierre BONNAFOUX, par l'association des Amis du couvent de Vico. Le bulletin «Inseme» en route pour ses vingt ans.
Le comité de rédaction d'Inseme.
2001
16 août: à la fin d'une journée d'animations et de la procession de saint Roch, le village est rassemblé pour une photo de la communauté poggiolaise (Tous unis comme en 2001?)
L'histoire de Poggiolo et des villages voisins est très riche. La connaître est nécessaire pour comprendre les Deux Sorru d'aujourd'hui.
Voici une liste d'événements s'étant déroulés pendantles années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires.Ainsi, 545 ans pour la fondation du couvent de Vico (1481) ou 180 ans pour l'installation des baignoires en marbre de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains (1846).
Comme la liste est longue, elle va être publiée en trois parties. Chaque fait est accompagné d'un lien vers un article du blog des Poggiolais.
Pour ceux qui ne verraient pas l'intérêt de penser à ces faits anciens, qu'ils méditent cette citation du philosophe-paysanGustave THIBONné en 1903 à St Marcel-d'Ardèche et mort dans ce même villagele 19 janvier 2001, il y a tout juste 25 ans:
"Que m'importe le passé en tant que passé; ne voyez-vous pas que, lorsque je pleure sur la rupture d'une tradition, c'est surtout à l'avenir que je pense? Quand je vois pourrir une racine, j'ai pitié des fleurs qui demain sècheront faute de sève."
dernière révolte de Giovan Paolo da LECA contre les Génois. Il rallie les Deux Sorru, regroupe ses partisans à Soccia et doit capituler au château de la Zurlina près de Murzo. Les Génois décident la"disabitazione": les villages de la pieve sont détruits et leur population déportée jusqu'en 1515 (La fin de la Cinarca - Le feuilleton de l'été - Poggiolo, les années zéro: 1501 (3/3)
1676:
Installation de Grecs de Vitylo par les Génois à Paomia, sur des terres utilisées par des villageois des Deux Sorru (La rage contre les Grecs).
1711:
fin de la construction, commencée en 1709, de trois bassins en granit pour les personnes voulant profiter des bienfaits de la source thermale, ancêtres des thermes de Guagno-les-Bains. Le financement a été assuré avec les dons recueillis par le Père Jean, cordelier (Notre Saint Antoine à nous).
le Poggiolais Giovan Anton PINELLI, surnommé "l'homme le plus cultivé de Corse", devient le dernier vicaire général du diocèse de Sagone, supprimé peu après (L'homme le plus cultivé de Corse (2/3)).
restauration d'urgence de l'église St Siméon (A quoi ressemblait l'ancienne église? (2/2)).
1836:
installation du Père ALBINI au couvent de Vico d'où il va mener une intense œuvre d'évangélisation en Corse (Les 180 ans du Père Albini).
1841:
la commune de Guagno est expropriée des terrains nécessaires aux thermes dont MULTEDO obtient la propriété partagée avec le Ministère de la Guerre (Les terrains départementaux à Guagno-les-Bains).
Napoléon Bonaparte et sa famille ont entretenu de nombreuses relations avec Marseille, ville dans laquelle le futur empereur séjourna une trentaine de fois. "Marseille", la revue culturelle municipale, consacre son numéro 283, de décembre 2025, à ces rapports.
Parmi les vingt-cinq articles, deux ont été écrits sur des créations napoléoniennes par Michel FRANCESCHETTI:
"DELACROIX ET THIBAUDEAU, les deux préfets de l’Empire"
L'histoire ne laisse quiconque indifférent ; la légende de l'homme conquérant continue d'opérer... À Marseille selon les époques, il en alla différemment, même si la ville-port fut un lieu ...
C'était, au jour près, il y a 230 ans. Le 28 février 1795, le Poggiolais Francesco FRANCESCHETTI était reconnu comme député de la piève de Sorru in sù.
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Pendant la Révolution Française, les excès de la Convention avaient poussé Pascal PAOLI à demander l'aide anglaise. Il en résulta que la Corse fut associée au royaume d'Angleterre pendant près de deux ans, de 1794 à 1796, sous l'autorité du roi Georges III.
Les armoiries du royaume anglo-corse
La Constitution du royaume anglo-corse fut adoptée par la Consulte du 19 juin 1794 qui réunissait les représentants de chaque communauté urbaine et villageoise comme Anton DomenicoDEFRANCHI pour Soccia, Francesco Antonio MASSIMI pour Orto etGio: Antonio PINELLIpour Poggiolo).
Elle prévoyait un Parlement composé de deux députés par piève.
Le Titre II de la Constitution précisait que, pour être électeur, il fallait avoir 25 ans, être domicilié depuis au moins un an dans la piève et être propriétaire. Pour être député, on devait également posséder au moins 6.000 livres de biens-fonds (biens immeubles) dans la piève.
L'abbé LETTERON ayant publié les "Procès-verbaux des séances du Parlement anglo-corse" (tous écrits en italien) en 1891, nous sommes bien renseignés sur ce qui s'y passa.
Ce Parlement se réunit le 7 février 1795 à Bastia et créa le 17 février un "comitato de verificazione de'poteri" pour régler les contentieux électoraux. Ce comité avait en son sein un représentant de chacune des neuf juridictions.
Mais il fut immédiatement paralysé par la contestation de l'élection de Giovanni STEFANOPOLI, originaire de Cargese, pour la juridiction de Vico. Finalement, il fut remplacé par Durabile Maria COLONNA CECCALDI (de la piève de Sevidentro) le 27 février. La juridiction de Vico regroupait les pièves de Cruzini, Sorroingiù, Sevinfuori, Sevidentro et de Sorroinsù (orthographe de l'époque).
Dès le 28 février, une des premières affaires examinées par le comité fut le recours intenté par Francesco Antonio MASSIMI (celui qui représentait Orto en juin 1794) contre l'élection de Francesco FRANCESCHETTI et de Filippo LECA pour représenter Sorroinsù.
Le mémoire, présenté par le fils mineur (ayant donc moins de 25 ans) du contestataire, avançait:
- que le vote ne s'était pas tenu au lieu habituel,
- que les habitants de Soccia n'avaient pas pu voter dans les règles car ils n'avaient pas été convoqués,
- que LECA n'avait pas la fortune nécessaire pour être élu
- et que Francesco FRANCESCHETTI n'avait pas eu la majorité des voix.
Le recours fut facilement repoussé pour différentes raisons:
- Tout d'abord, rien ne prouvait que MASSIMI père ait bien donné mandat à son fils pour le présenter.
- Francesco Antonio MASSIMI ayant, lors de l'élection, donné sa voix à LECA, il ne pouvait ensuite prétendre que ce candidat n'était pas éligible.
- Certains documents fournis se contredisaient et étaient démentis par le procès-verbal officiel de la municipalité poggiolaise et du Podestà.
- "Enfin, les assemblées de la piève de Sorroinsù ont été toujours tenues à Poggiolo, comme lieu central, et en ont été produites les plus authentiques justifications."
La Chambre entérina sans problème la recommandation du Comité et notre piève put être ainsi représentée sans problème parFrancesco FRANCESCHETTI et Filippo LECAtout le temps que dura le royaume anglo-corse, jusqu'en octobre 1796.
Acte du Parlement anglo-corse sur les délits et les peines, daté du 18 mai 1795
Samedi 30 novembre, de 14h à 18h, aura lieu le 32e Carré des Ecrivains au Centre Bourse de Marseille.
Organisée chaque année par le Comité du Vieux Marseille, cette manifestation littéraire réunit les écrivains marseillais ou ayant écrit sur Marseille.
Cette année, sera présenté "Marseille, ville impériale", livre rassemblant les Actes du Souvenir Napoléonien de novembre 2022. Parmi les communications, se trouve celle de Michel FRANCESCHETTI"Eugénie et Marseille, une histoire d'amour ratée".
Il est à noter, pour les amateurs de tradition et d'enracinement provençal, qu'une exposition sur Frédéric MISTRAL a lieu au même endroit.
Les légendes sur Napoléon III et Eugénie sont nombreuses. La plus connue (et qui continue à être diffusée) est celle qui certifie que l'empereur et l'impératrice vinrent prendre les eaux à Guagno-les-Bains. Voir l'article "Une légende commençait il y a 160 ans".
De même, à Marseille, Napoléon III n'était pas présent à l'inauguration de la rue Impériale, devenue rue de la République, en 1864, malgré ce qui est inscrit sur une plaque posée par un Comité d'Intérêts de Quartier (voir l'article"Napoléon III ni à Marseille, ni à Guagno-les-Bains").
Autre légende concernant Marseille: le couple impérial aurait logé au palais du Pharo. Il n'en fut rien.
Après la fin du Second Empire, Eugénie entreprit une longue bataille juridique contre la mairie pour se faire reconnaître la propriété du lieu que son mari avait fait construire. Après l'avoir emporté, elle en fit cadeau... à la ville de Marseille.
Les rapports de l'impératrice avec les Marseillais jusqu'à la fin de sa vie en 1920 sont racontés par Michel FRANCESCHETTI dans l'article "Eugénie et Marseille, une histoire d'amour ratée". Il fait partie de "Marseille, ville impériale", livre rassemblant les Actes du colloque du Souvenir Napoléonien de novembre 2022 et qui vient d'être publié.
Cet ouvrage, au prix de 15 euros, peut être commandé au Souvenir Napoléonien de Marseille: aicm13@orange.fr
Les personnes se trouvant à Marseille samedi 30 novembre pourront se rendre au 32e Carré des Ecrivains organisé au Centre Bourse par la Comité du Vieux Marseille. Michel FRANCESCHETTI y présentera "Marseille, ville impériale" ainsi que ses œuvres précédentes "Pierre-Antoine Berryer, défenseur de la justice, des libertés et du roi" et "Une drôle d'année à Marseille (3 septembre 1939-10 mai 1940)".
La dynamique association Letia-Catena, qui vient de publier le tome IV de sa série «Letia-Témoignages & Documents», organise comme chaque été une rencontre d'historiens de la Corse dans le village de Letia le samedi 10 août 2024.
Voici son communiqué:
ASSOCIATION LETIA-CATENA
Le samedi 10 août 2024,
notre association organise
I SCONTRI DI LETIA
I Scontri di Letia se dérouleront à l’église de San Martinu, le samedi 10 août, à partir de 15 heures.
Comme chaque année, à l’occasion de ces rencontres, divers historiens et essayistes viendront exposer les résultats de leurs recherches et présenter leurs dernières publications.
-Ghjuvan Ghjasepiu FRANCHI, ancien directeur de la revue littéraire en langue corse Rigiru, est une des figures de la réappropriation culturelle des années 70 : « u riacquistu ». Linguiste, écrivain et poète, il est également l’auteur d’ouvrages pédagogiques et d’essais thématiques. Il présentera son nouvel ouvrage : Mythologies d’une langue (Editions: Albiana 2023)
-Pierre Jean LUCCIONI, est un essayiste, spécialiste du patrimoine ethnographique. Il a réalisé et publié nombre d’études qui concernent les métiers traditionnels, l’agriculture et l’ethnographie patrimoniale de nos régions de Corse. Il interviendra pour évoquer les habitats des bergers dans les estives insulaires.
-Antoine Marie GRAZIANI, historien et chercheur, professeur des universités,
membre honoraire de l’institut universitaire de France, il est l’auteur d’un nombre important d’ouvrages dont la plupart sont consacrés à l’histoire de la Corse ou à la biographie documentée des grandes figures de cette histoire. Il fera un exposé pour présenter les détails qui concernent la conception et la structure de son nouvel ouvrage "La geste du peuple: la société rurale corse dans la documentation criminelle génoise, XVIe-XVIIIe siècle".
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blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).