Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
20 mai 2026 3 20 /05 /mai /2026 18:04

 

Le nom du Poggiolais Oscar Rosembly est devenu indissolublement lié à celui de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline à la suite des polémiques qui ont entouré voici cinq ans la réapparition de manuscrits perdus. Emmanuel Pierrat, qui a été l'avocat du journaliste qui les a retrouvés, est revenu sur cette affairerons d'une conférence organisée le 16 mai à Bastia.

 

Voici le texte de l'article signé Pierre Gianelli paru dans Corse-Matin le 17 sous le titre "Louis-Ferdinand Céline, la Corse et un Poggiolais accusé à tort" et qui est intitulé dans sa version internet "Comment la Corse s'est retrouvée mêlée à l'affaire des manuscrits disparus de Céline".

--------------------------

Cinq ans après la réapparition des manuscrits perdus du sulfureux Louis-Ferdinand Céline, l'avocat Emmanuel Pierrat, qui a tenu les 6 000 feuillets entre les mains et défendu le journaliste qui les détenait, était hier l'invité de l'association Musanostra à Bastia. Retour sur cette extraordinaire aventure littéraire et sur le rôle, très relatif, de la Corse dans cette histoire.

Six mille feuillets de Louis-Ferdinand Céline. Quatre romans inédits. Le manuscrit complet de Mort à crédit. Des pinces à linge de Lucette, son épouse, pour tenir les chapitres ensemble. Quand Emmanuel Pierrat, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle, a ouvert les deux valises que Jean-Pierre Thibaudat, ancien journaliste culture à Libération, a posées dans son bureau en juin 2020, quelque chose a basculé. "J'ai eu l'émotion de ma vie, partage-t-il avec vivacité. Je me disais : je suis le troisième lecteur. Il y a Céline, Thibaudat et moi !"

Samedi, place Vattelapesca à Bastia, devant une trentaine de personnes captivées, il est venu raconter comment la Corse s'était retrouvée au cœur de cette histoire ; et pourquoi elle n'y était pour presque rien.

Quand Le Monde révèle la découverte en août 2021, une piste s'impose d'emblée dans le monde des céliniens. Elle mène à Oscar Rosembly, né à Poggiolo le 4 avril 1909, dans les Deux-Sorru. Un personnage hors norme : tour à tour employé de tuyauterie, journaliste pour le très droitier hebdomadaire Gringoire, et finalement comptable de Céline à Montmartre — que l'écrivain croyait juif à cause de son nom, et à qui il confiait ses comptes pour cette raison…

La piste corse incarnée par Oscar Rosembly

À la Libération, Oscar Rosembly réapparaît en faux lieutenant des Forces françaises de l'Intérieur et perquisitionne plusieurs appartements de collabos en fuite, dont celui de Céline. Il sera arrêté, incarcéré à Fresnes. Céline l'accusera nommément sa vie durant d'être à l'origine de la disparition de ses manuscrits. Rosembly mourra à Ajaccio en 1990, après une existence digne d'un roman — on lui prête même un épisode de gourou en Californie, et les habitants de Poggiolo se souviennent de "cet original qui méditait pieds nus dans la montagne et se baignait nu dans la fontaine du village".

Sa fille Marie-Luce vivait à Corte. Le biographe Émile Brami avait passé des années à lui téléphoner chaque semaine, convaincu qu'elle détenait des manuscrits dans la maison du maquis familiale. "Elle lui avait parlé de Casse-pipe, de La Volonté du roi Krogold. Puis avait annulé chaque rendez-vous au dernier moment", explique Emmanuel Pierrat.

 
Les feuillets manuscrits retrouvés de Céline, tenus par les pinces à linge de son épouse Lucette.
Les feuillets manuscrits retrouvés de Céline, tenus par les pinces à linge de son épouse Lucette. EMMANUEL PIERRAT

Marie-Luce Rosembly s'est éteinte à Corte en novembre 2020. Pour l'avocat, le verdict est sans appel : "La piste corse, elle existe, mais pour quelques feuillets de rien. C'est du flan au sens scientifique et sérieux. Elle n'avait pas les manuscrits, sûrement trois bouts de feuillet et des lettres entre son père et Céline. C'était une vieille dame dont plus personne ne s'occupait, je ne la blâme pas."

Un résistant et une caisse en bois

Mais alors, d'où provenaient les 6 000 feuillets ? La vraie histoire commence avec Yvon Morandat, préfet résistant qui démissionne le jour même du vote des pleins pouvoirs à Pétain, prend le maquis, rejoint de Gaulle à Londres et rentre dans Paris libéré aux côtés de Leclerc. Logé provisoirement dans l'appartement de Céline réquisitionné comme bien de collabo, il découvre les manuscrits éparpillés et les range dans une caisse en bois.

"En 1951, il tente de les rendre à Céline. L'écrivain l'accueille en l'insultant, persuadé qu'on veut lui soutirer de l'argent, rembobine Emmanuel Pierrat. Morandat repart et dit à sa femme : Moi vivant, jamais je ne reviendrai me faire engueuler parce que j'ai sauvé ces manuscrits. On attendra que lui et sa femme meurent." Et d'ajouter : "Avant de décéder, Yvon Morandat avait confié les feuillets à Jean-Pierre Thibaudat, fils de résistants, avec une seule consigne : rien ne sort avant la mort de Lucette." Ironie du sort ou pas, Lucette Destouches mourra à 107 ans, en 2019.

Quelques mois plus tard, le confinement aura eu du bon : il a permis à Thibaudat de boucler neuf ans de déchiffrage et de classification. À la réouverture des tribunaux, en juin 2020, il frappait à la porte d'Emmanuel Pierrat avec deux valises de quarante kilos.

Dans les deux bagages : quatre romans inédits dont Guerre et Londres désormais publiés chez Gallimard, le manuscrit complet de Mort à crédit avec des chapitres inconnus, des lettres d'amoureuses… Et ce que le conférencier du jour appelle le "dossier juif" : cinq cents pages de textes hitlériens traduits en français, sources directes des pamphlets antisémites. La valeur totale estimée ? "Quarante millions d'euros, selon les experts."

Dans cinq ans, Céline appartiendra au domaine public

L'épilogue judiciaire a eu lui aussi sa touche insulaire. Les ayants droit de Céline — l'avocat François Gibault, auteur de la biographie de référence de l'écrivain, et Véronique Chovin, ancienne élève de danse de Lucette devenue son amie inséparable — refusent de croire à la version apportée par Emmanuel Pierrat. Pour eux, les manuscrits viennent forcément de Corse, Thibaudat est un receleur, et la remise des feuillets n'est qu'une manœuvre. Ils portent donc plainte pour recel.

 
Une trentaine de curieux étaient réunis hier place Vattelapesca à Bastia pour écouter Emmanuel Pierrat sur l'Affaire Céline.
Une trentaine de curieux étaient réunis hier place Vattelapesca à Bastia pour écouter Emmanuel Pierrat sur l'Affaire Céline.PIERRE GIANELLI

La brigade des biens culturels reconstitue alors les déplacements de Jean-Pierre Thibaudat par bornage téléphonique et dresse une carte couverte de flèches : Roubaix, Bastia, Ajaccio, Nice, Toulon… Un réseau de complices évident ! "Ils n'ont pas compris qu'il allait au théâtre, couvrait les avant-premières dans toute la France, rentrait à Paris le lendemain et écrivait dans Mediapart", raconte Pierrat, hilare. La plainte sera classée. Les manuscrits sont désormais à la Bibliothèque nationale.

En 2031, l'œuvre de Céline tombera dans le domaine public et avec elle, la question que Pierrat pose depuis le début : peut-on lire un génie qui fut une ordure ? "On peut reconnaître l'un des plus grands écrivains du XXe siècle et penser que c'est le plus immonde salaud." Pour lui, la réponse est dans l'encadrement : publier les pamphlets antisémites, y compris le dossier juif, mais avec un "apparat critique solide, des historiens, une préface qui prévient plutôt qu'elle ne censure". "On ne cache pas les choses comme des pots de confiture. On publie, on explique, on prévient", conclut Emmanuel Pierrat.

Oscar Rosembly fait toujours parler de lui
Partager cet article
Repost0
7 novembre 2025 5 07 /11 /novembre /2025 12:29
Cérémonie du 11 novembre à U Pighjolu

 

La mairie d'U Pighjolu-I Bagni communique:

 

Mardi 11 novembre

dépôt de gerbe au monument aux morts

à 11h,

suivi d’un apéritif offert par la mairie

au Belvédère.

Partager cet article
Repost0
26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 07:00

 

Pont-à-Mousson est une cité lorraine où pratiquement personne ne doit connaître Poggiolo. Pourtant, elle est le lieu du décès d'un Poggiolais le 26 août 1870, voici exactement 155 ans.

 

Antoine-Laurent DEMARTINI vit le jour le 28 juillet 1850 à Poggiolo. Il était le quatrième des cinq fils de Domenico DEMARTINI, né en 1806 ou 1807 et mort en 1880, et de son épouse Madalena (1810-1871).

 

Engagé volontaire le 17 février 1869, il était soldat au 6e régiment de ligne de l'armée du Rhin. Il décéda, âgé de 20 ans, le 26 août 1870 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).

 

Cette ville fut l'objet de sévères combats de rues les 12 et 13 août avant d'être prise par les Allemands le 14. On peut supposer qu'Antoine-Laurent mourut dans le camp de prisonniers français installé dans cette ville, peut-être à la suite de blessures reçues les jours précédents.

 

Curieusement, son décès ne fut retranscrit sur le registre d'état-civil de Poggiolo que le 25 décembre 1871, soit plusieurs mois après la guerre. Retard dû à des difficultés de communications entre autorités françaises et allemandes?

 

Entrée des troupes allemandes à Pont-à-Mousson le 14 août 1870.

Entrée des troupes allemandes place du Roc à Pont-à-Mousson le 14 août 1870.

 

Cette guerre, comme toutes les guerres, plongea des Poggiolais dans le chagrin. Mais il fut plus grand dans la famille de Domenico et Madalena DEMARTINI dont deux enfants disparurent tragiquement en 1870. 

 

En effet, en août 1870, arriva au village l'annonce de la mort de François-Marie, qui était né en 1847, trois ans avant Antoine-Laurent. Lui aussi était militaire. "Premier canonnier à la 1ère batterie du régiment d'artillerie de marine et des colonies" (d'après le registre d'état-civil communal), il avait décédé le 27 juin 1870 à l'hôpital de Saïgon au Vietnam. 

 

Est-ce à cause de son chagrin que Madalena trépassa le 22 juin 1871 ?  La notification officielle du décès d'Antoine-Laurent n'était pas encore parvenue au village mais son silence depuis dix mois ne laissait plus d'espoir.

 

 

La guerre de 1870-1871 est bien oubliée alors qu'elle fut très meurtrière. Pourquoi ne pas ajouter une plaque aux Poggiolais tombés pendant ce conflit? Orto l'a fait depuis longtemps pour ses enfants.

 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2025 1 16 /06 /juin /2025 07:00

 

Voici quatre-vingt-cinq ans, le 12 juin 1940, tombait le premier des six morts poggiolais de la seconde guerre mondiale dont les noms se trouvent sur la plaque posée devant le monument aux morts de la commune.

Le premier des six il y a 85 ans

Pierre CANALE, né en 1917 à Guagno-les-Bains, était fils de François CANALE et Marie-Angèle COLONNA qui eurent deux autres fils et trois filles.

 

Il était sergent-chef dans la 5ème compagnie du 144ème RIA (régiment d'infanterie alpine).

 

Le 10 mai 1940, l'offensive allemande avait mis fin à la "drôle de guerre" et envahi la France. Contrairement à ce que l'on croit souvent, les troupe françaises résistèrent courageusement à cette offensive-éclair avant d'être submergées.

 

Au bout d'une semaine, le front s'était stabilisé, le temps que les Allemands rassemblent leurs forces. Le 5 juin, ils lancèrent un nouvel assaut contre les troupes françaises qui voulaient les empêcher de franchir la Marne, dernier obstacle important dans leur marche vers Paris. Les combats furent particulièrement violents à Nogent-L'Artaud, dans l'Aisne.

 

Durant la nuit du 11 au 12, exténués par une journée de combat sans répit sous une chaleur intense, ce sont les hommes du 144e régiment d’infanterie alpine, originaires de la Côte d’Azur, qui vont devoir défendre Nogent-l’Artaud.

 

Le 12 juin aux premières lueurs du jour, les ponts qui n’ont pas été détruits sont dynamités tandis que, vers 9h, les premières troupes allemandes paraissent sur les hauteurs dominant la Marne et les premiers obus s’abattent sur les positions françaises. Vers 11h, équipés de canots pneumatiques, les fantassins allemands réussissent à traverser la Marne et s’infiltrent dans les positions françaises vers Pavant et Nogent-l’Artaud. Débordées et par endroit encerclées, les troupes françaises tentent de défendre les rives de la Marne jusqu’en fin d’après-midi avant de se replier en combattant pied à pied dans la journée du 13 juin, mettant un point final à quatre semaines de combats intenses sur le sol axonais. Beaucoup d’hommes périrent au cours de ces combats, 

 

(historique publié sur le site du Conseil départemental de l'Aisne)

Le premier des six il y a 85 ans

 

Parmi ces soldats morts pour la France, se trouvait Pierre CANALE, tombé sur la colline de Pavant.

 

Il était nécessaire d'avoir une pensée pour lui.

 

Partager cet article
Repost0
27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 07:00

 

Les Poggiolais sont allés dans diverses parties du monde, surtout quand le service militaire permettait de participer à des aventures coloniales dans des pays exotiques.

 

Ainsi, Jean-Charles FRANCESCHETTI participa en 1900 à l'expédition en Chine contre le soulèvement xénophobe des Boxers qui assiégeaient les légations occidentales à Pékin. Sa carrière est racontée dans la fiche 52 de la base de données des Poggiolais en 1914-1918.

 

Mais un autre natif de Poggiolo participa aux mêmes combats contre les Chinois: Toussaint Dominique MARTINI.

 

Né le 5 septembre 1874, fils de Jean Dominique MARTINI et de son épouse Marphise, il fut appelé à l'armée en 1896. Mais il fut mis en disponibilité l'année suivante.

 

En 1899, Toussaint MARTINI se rengagea au 5e régiment d'infanterie de marine. Le 29 juin 1900, il fut affecté au corps expéditionnaire en Extrême-Orient qui partit de Marseille le 12 août après une grande cérémonie pendant laquelle le président de la République Emile LOUBET passa les troupes en revue sur la rive du Vieux-Port.

 

 

Le deuxième homme de Pékin

 

Il resta en Chine jusqu'en juillet 1903, puis au Tonkin jusqu'en novembre 1907.

 

En novembre 1912, il se rengagea encore pour 10 mois au 8e régiment d'infanterie coloniale. Mais il décéda à Poggiolo le 16 juillet 1913.

 

L'avis de décès publié dans le journal "Renaissance de la Corse" du 7 août indique que c'est en Chine que Toussaint "avait ressenti les premières atteintes du mal qui devait l'emporter", sans préciser lequel. Le même article permet de savoir que son frère Pierre était conseiller municipal et négociant. 

 

Bien évidemment, il était titulaire de la médaille commémorative de Chine.

 

Deux ans plus tard, le neveu de Toussaint, Jean Dominique Roch Antoine MARTINI, fils de son frère Roch Antoine, disparut dans les combats de 1915 (voir sa fiche n°64). 

Le deuxième homme de Pékin
Partager cet article
Repost0
23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 07:00

 

Il y a 80 ans, le 23 avril 1945, seulement deux semaines avant la capitulation allemande du 8 mai 1945, un Poggiolais mourut pour la France.  Il fut le dernier des six morts de cette guerre.

 

VINCIGUERRA Paul naquit le 28 janvier 1924 à Poggiolo. Il était le fils de Toussaint Albert François VINCIGUERRA, dit Mancinu (1896-1968) (fiche 115 de la base de données des Poggiolais en 1914-1918) et de Françoise MARTINI (1896-1972) qui eurent cinq enfants. Mancinu était le grand-oncle de Paul, Edouard, Jacques-Antoine et Marie-Thérèse MARTINI.

 

Paul était soldat dans le 1er Régiment de spahis algériens de reconnaissance.

 

Il mourut au combat le 23 avril 1945 à Stetten en Allemagne.

 

Il avait à peine 21 ans et 2 mois.

 

Ce n'est que le 27 août 1948 qu'il fut inhumé dans son village de naissance. Son tombeau se trouve dans le cimetière de Poggiolo, à l'intérieur du carré des morts de 1939-1945, un lieu de mémoire peu connu mais qui mérite d'être honoré.

 

Le carré de 1939-1945 est désigné par le numéro 3.
Le carré de 1939-1945 est désigné par le numéro 3.
Le carré de 1939-1945 est désigné par le numéro 3.

Le carré de 1939-1945 est désigné par le numéro 3.

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2025 2 28 /01 /janvier /2025 07:00

 

L'année 1945 commença douloureusement pour les Poggiolais. Il y a exactement quatre-vingts ans, le 28 janvier 1945, François Mathieu ORAZI mourut des suites de ses blessures à la Cité Amélie, dans le Haut-Rhin.

 

Il était né le 1er novembre 1924 à Poggiolo, fils de Jean Dominique ORAZY (1879-1946) et de Marie "Antoinette" FRANCESCHETTI, dite "Antuniola" (1899-1998), son épouse (mariage célébré à Poggiolo le 26 juin 1920). Il avait deux frères, Jean-Marie et Antoine François, père de Jean-Pierre et de François qui lui-même a eu deux fils, Frédéric et Christophe.

 

Son nom ORAZY fut transformé en ORAZI par une erreur de transcription de l'administration militaire.

 

François Mathieu s'était engagé dans le 4e régiment de tirailleurs marocains (RTM). Il était soldat à la 10e compagnie. Cette unité, dissoute après la défaite de juin 1940, avait été reconstituée en Afrique du Nord le 1er novembre 1940. Elle fit partie du Corps Expéditionnaire Français qui débarqua en novembre 1943 en Italie. Après les durs combats du Garigliano, le 4e RTM entra à Rome en juin 1944.

 

Tenue complète de tirailleur marocain (site esistoire.fr).

Tenue complète de tirailleur marocain (site esistoire.fr).

 

Le 26 août, il débarqua en Provence et combattit dans les Alpes où il libéra Briançon. Puis, il parvint à Belfort en novembre et participa à la très dure campagne d'Alsace, dans laquelle périt François Mathieu ORAZI qui avait tout juste 20 ans.

 

Son nom figure parmi les six victimes de la seconde guerre mondiale dont le nom est gravé devant le monument aux morts du village.

 

Ayons une pensée pour eux.

 

François Mathieu est mort en Alsace
Partager cet article
Repost0
5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 07:00
La carte de Philippe Geronimi et la guerre

En plus d'être un souvenir familial, la carte d'identité de Philippe GEROMINI, déjà présentée dans un autre article, est un document historique qui permet de faire deux constatations.

 

La première constatation est la date de confection de la carte d'identité: 5 novembre 1942, soit juste six jours avant l'occupation de la Corse par les Italiens. Sous le prétexte de riposter au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, les Allemands occupèrent le sud de la France, jusqu'alors en zone dite "libre", et laissèrent leurs alliés italiens s'emparer de la Corse.

 

La toute neuve carte d'identité servit alors beaucoup pour passer tous les contrôles des occupants.

 

La carte de Philippe Geronimi et la guerre

 

Pour montrer qu'elle était bien enregistrée, la carte comporte un cachet officiel sous la forme d'un tampon rond ayant le texte: "ETAT FRANCAIS - Commune de POGGIOLO (CORSE)".

 

L'Etat français est le nom du régime qui fut mis en place par le maréchal PÉTAIN le 10 juillet 1940 et dura jusqu'à la Libération en août 1944. 

 

Le gouvernement siégeait à Vichy. Sa devise était "Travail Famille Patrie".

 

La carte de Philippe Geronimi et la guerre

 

Dans l'Etat français, les municipalités élues étaient surveillées étroitement. Dans de très nombreuses communes, les conseils municipaux furent remplacés par des délégations nommées par le gouvernement.

 

Il en fut ainsi pour le conseil municipal de Poggiolo présidé depuis 1919 par Jean-François CECCALDI et dont le premier adjoint était Jean-André PAPADACCI, le beau-père de Philippe GERONIMI. Il fut supprimé par un décret de Pierre PUCHEU, ministre de l'Intérieur, publié dans le "Journal Officiel" du 17 septembre 1941.

La carte de Philippe Geronimi et la guerre

 

Le motif de la dissolution est bien précisé en préambule: "Considérant que le conseil municipal de Poggiolo (Corse) est, dans sa majorité, hostile à l'œuvre de rénovation nationale et se désintéresse de la gestion des affaires communales".

 

 Les Poggiolais votaient à gauche depuis longtemps et leurs élus ne pouvaient qu'être opposés à la politique de Vichy. Mais à quoi pouvait faire allusion ce désintérêt "de la gestion des affaires communales"? S'agissait-il d'une accusation inventée et mise ici pour renforcer celle de ne pas aimer le régime pétainiste ou la commune était-elle vraiment mal gérée.

 

Une délégation spéciale de trois membres fut mise en place. Elle était dirigée par Antoine-Dominique MARTINI, dit Antunaccione, né en 1883 et décédé en 1970, qui avait été adjudant-chef dans l’artillerie coloniale en Algérie pendant la première guerre mondiale. Voir sa fiche (numéro 58) dans la liste des Poggiolais qui ont participé à la guerre de 14-18Les deux autres membres étaient Jean-Baptiste DESANTI et Pierre MARTINI.

 

Ils durent céder la place en septembre 1943, quand armée française et résistants libérèrent la Corse.

 

La deuxième constatation à faire sur cette carte est la suivante.

Si la dissolution du conseil municipal de Poggiolo avait effet immédiat pour les individus, elle fut plus longue à se faire sentir dans l'ensemble de l'administration municipale. La preuve est fournie par le document suivant:

La carte de Philippe Geronimi et la guerre

 

Cet arrêté municipal du 11 octobre 1941, signé par Antoine-Dominique MARTINI près d'un mois après sa prise de fonction, est recouvert d'un tampon de la "REPUBLIQUE FRANÇAISE". Le nouveau tampon officiel "ETAT FRANÇAIS" n'avait pas encore été fourni. Mais, en novembre 1942, la carte de GERONIMI est bien tamponnée.

 

Mais ce n'est pas surprenant car la mairie de Poggiolo a connu, à cause de l'histoire politique tourmentée de la France, une grande variété de tampons officiels qui n'étaient pas toujours en phase avec les derniers revirements institutionnels. Le détail en est fourni dans les deux articles signalés ci-dessous.

 

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2024 1 02 /12 /décembre /2024 07:00

 

En permettant de découvrir des documents inédits, Facebook peut être utile pour reconstituer des pans de l'histoire d'une famille ou d'un village. 

 

Ainsi, une personne se nommant "Gracieuse Vico" a publié le 29 septembre dernier la photo d'une carte d'identité délivrée en 1942 par la mairie de Poggiolo.

 

Le titulaire en est Philippe GERONIMI, indiqué comme né le 29 octobre 1903 à Vico.

La carte de Philippe Geronimi

 

La profession inscrite est simplement "propriétaire".

 

Une photo et toute une liste de renseignements physiques (taille, couleur des cheveux et des yeux, forme du visage, etc.) permettent de tout connaître sur son apparence.

 

L'identité est certifiée par les signatures de deux témoins qui, d'après Jacques-Antoine MARTINI qui les a examinées, sont celles de sa mère Marie-Louise (1913-2012) et de sa tante Xavière MARTINI (1905-1981).

 

Une question se pose: pourquoi Philippe GERONIMI a-t-il demandé cette carte à la mairie de Poggiolo et non pas à celle de Vico où il était né?

 

Les raisons en sont familiales et professionnelles.

 

Philippe s'était marié en 1932 avec Toussainte PAPADACCI (1907-1992) dont il eut six enfants.

 

Toussainte était la fille de Jean-André PAPADACCI, né en 1875 à Guagno-les-Bains et décédé à Poggiolo en 1962, qui participa à la guerre de 1914-1918 (voir la fiche 84 des Poggiolais en 14-18). Il s'était marié avec Gracieuse MARTINI (1872-1926).

 

Jean-André Papadacci est à gauche.

Jean-André Papadacci est à gauche.

Jean-André reprit la concession de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains à Michel SIMONGIOVANNI à la fin de 1934, après l’agression qui fit un mort. Voir l'article La folle et sanglante agression de Guagno-les-Bains.

 

Il s'associa avec son gendre Philippe qui, progressivement, géra tout l'établissement. Philippe GERONIMI demeura à Guagno-les-Bains jusqu'en 1970 et revint ensuite à Vico où il décéda en 2003.

Publicité de l'établissement thermal en 1935 (page 348 du livre "Vico Sagone Regards sur une terre et des hommes", ed Alain Piazzola))

Publicité de l'établissement thermal en 1935 (page 348 du livre "Vico Sagone Regards sur une terre et des hommes", ed Alain Piazzola))

 

Deux détails historiques intéressants se trouvent sur ce document. Ils seront examinés dans un prochain article.

Partager cet article
Repost0
26 août 2024 1 26 /08 /août /2024 07:00

 

Souvent éclipsé par la notoriété du débarquement en Normandie le 6 juin 1944, le débarquement en Provence du 15 août fut une opération militaire de grande importance pour la libération de la France. Cette année, son quatre-vingtième anniversaire a été célébré avec une ampleur inhabituelle.

 

La particularité de cette opération militaire est que, au contraire de la Normandie, elle fut effectuée par des troupes en majorité françaises (avec des Français métropolitains, des "Pieds Noirs" et des indigènes nord-africains). Un Poggiolais, Archange COLONNA, y participa.  

 

Né le 7 mars 1924 à Poggiolo et engagé volontaire en 1942, à 18 ans, Archange COLONNA eut une valeureuse carrière militaire. Il participa aux campagnes de Tunisie et d'Italie. Il débarqua à La Croix-Valmer en août 1944. Il fut blessé au plateau d'Onans puis au col de Chedesdray, près de Belfort.

 

Grand invalide, mutilé de guerre, il était titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre avec étoile d'argent et à la médaille de la valeur militaire avec étoiles d'argent et de bronze. En mars 2009, le titre de chevalier de la Légion d'Honneur lui fut attribué à titre militaire.

 

Il s'installa à Poggiolo au début des années 1980 après une importante carrière professionnelle, notamment dans la Police Nationale où il devint commissaire.

 

Décédé le 12 août 2013, il repose au cimetière d'Orto d'où son épouse Jeanne PAOLI (1923-2014) était originaire

 

Archange Colonna devant son four en 1987 (photo Paul Vincetti).

Archange Colonna devant son four en 1987 (photo Paul Vincetti).

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

---------------

 

 

 

Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona).

 

Lundi 13 juillet:

Grand bal au Belvédère.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival 

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

---------------

---------------

L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

-----------------

Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

..............

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.