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10 mai 2026 7 10 /05 /mai /2026 07:00
Les 50 ans du FLNC dans "Corse-Matin"

 

   Un demi-siècle déjà! Le 5 mai 1976, de nombreux attentats en Corse, à Marseille et à Nice marquaient la création du Front de Libération Nationale de la Corse.

 

   L'histoire du FLNC, ce mouvement qui a longtemps marqué la vie insulaire, est le thème du hors-série de 32 pages que vient de publier le quotidien Corse-Matin. Il est en vente dans les kiosques de l'île mais peut également être obtenu par voie postale en s'adressant au journal.

 

   On lira ci-dessous avec profit le texte d'Aurélie ROSSIGNOL, directrice de la rédaction, qui explique les raisons de cette publication exceptionnelle.

 

Les 50 ans du FLNC dans "Corse-Matin"
Les 50 ans du FLNC dans "Corse-Matin"
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4 mai 2026 1 04 /05 /mai /2026 07:00

 

   Une autre photo de la série trouvée par KLAPE aux Archives Nationales montre mieux la partie basse de Poggiolo. Cliquez sur elle pour l'agrandir.

 

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

 

   Elle montre que plusieurs maisons actuelles n'existaient pas encore en 1957, notamment la mairie.

 

   Elle permet surtout de voir des terrains cultivés près de la route venant de Guagno-les-Bains. Ici, ce n'est pas la vigne comme à Covita mais les arbres fruitiers et les légumes.

 

   Sur une photo aérienne de l'IGN prise entre 1950 et 1965, ces cultures sont bien ordonnées. 
 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (4/5: les cultures d'en bas)

  

   Evidemment, comme en haut du village, cette partie est maintenant envahie par le maquis mais pas totalement car elle est proche des maisons. Voyez ce cliché de 2024.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (4/5: les cultures d'en bas)
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30 avril 2026 4 30 /04 /avril /2026 07:00

 

Parmi les quatre photos datant certainement de 1957 qui ont été trouvées par KLAPE aux Archives Nationales, en voici une qui montre pratiquement toutes les maisons de Poggiolo.

 

Elle peut être agrandie par un simple "clic".

 

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

 

Chaque Poggiolais peut y chercher sa maison de famille et se rendre compte si elle a changé depuis soixante-dix ans. 

 

Au centre de l'image, on retrouve le monument aux morts voisinant avec la croix du Lucciu.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

 

L'endroit, où se déroulent les cérémonies du 11 novembre, est connu mais, en 1957, la croix était en bois et non pas en béton comme aujourd'hui.

 

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

 

Quand cette croix a-t-elle pris l'aspect que l'on connaît aujourd'hui?

 

Bien sûr, les photos et cartes postales d'entre les deux guerres mondiales montrent bien cet insigne religieux.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

La tradition prétend que la croix aurait été plantée par le Père ALBINI quand il vint prêcher en 1837. Mais rien ne prouve cette assertion.

 

Comme nous n'avons pas de photo montrant cet endroit du Lucciu avant l'érection du monument aux morts, il est impossible de savoir avec exactitude la date de son installation.

 

Pour la date de son passage du bois au ciment, nous avions peu de documents, comme la photo ci-dessous.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

 

Datant de l'été 1947, elle montre un groupe de jeunes gens revenant de la fontaine avec Jean-Martin FRANCESCHETTI portant un seau. Elle était la seule, à notre connaissance, à montrer la croix dans son état d'origine après la seconde guerre mondiale. La photo transmise par KLAPE permet d'avancer de dix ans: la croix n'avait pas bougé.

 

Or, sur des photos des alentours de 1965, la croix n'est plus en bois. La transformation a donc eu lieu entre 1957 et 1965.

 

NOS LECTEURS POURRAIENT-ILS NOUS AIDER À TROUVER PLUS DE PRÉCISIONS?

 

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25 avril 2026 6 25 /04 /avril /2026 07:00

 

Avant les drones, des photos aériennes étaient effectuées par des avions passant à basse altitude.

 

Ainsi, la société LAPIE (Les Applications Photographiques d'Industrie et d’Édition), créée en 1948 et établie à Saint-Maur-des-Fossés dans la Seine, a édité et commercialisé en cartes postales des vues aériennes obliques de tout le territoire français, avant d'être mise en redressement judiciaire en mars 1965.

 

Son fonds d'images a été acquis par les Archives nationales et est conservé à Pierrefitte-sur-Seine.

 

Le photographe socciais Antoine MANGIAVACCA, connu sous le nom de KLAPE, a récemment consulté ces archives concernant le canton. Il en a trouvé: 4 pour Poggiolo, 2 pour Orto, 2 pour Soccia, une dizaine pour Vicu, aucune pour Guagnu-les-Bains et 3 pour Guagnu.

 

Ces photos montrent l'aspect de nos villages il y a près de 70 ans et nous donnent beaucoup de renseignements sur leur histoire. Nous nous occuperons seulement des quatre photos de Poggiolo.

 

Voici la première.

 

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

 

Au premier plan, on peut reconnaître la maison de Germaine, Pierrot et Marie. Devant elle, plusieurs personnes regardent l'avion qui passe en rase-mottes. Leurs vêtements légers et la lumière montrent que la vue a été prise à la belle saison (printemps? été?). Sur le côté gauche de sa façade, une enseigne est accrochée avec le nom de "Café de la Liberté".

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (1/5: le café, le crépi et la SIMCA)

 

Cette maison, construite en 1931, fut un débit de boissons actif jusqu'à la fin des années 1950. A l'origine, le bar était au rez-de-chaussée, au niveau de la route. Il fut déplacé à la hauteur de la terrasse quand le bas devint un garage pour voitures à essence. L'enseigne subsista plusieurs années après la fin de son exploitation. Mais sous le toit de la terrasse, on croit pouvoir distinguer des tables attendant des consommateurs.

 

Etat actuel de la maison.

Etat actuel de la maison.

 

Nous avons ainsi une idée de l'époque de ce cliché mais peut-on être plus précis?

 

Derrière la première maison, une autre est alors en réfection comme le montre un grand échafaudage. Il s'agit de la maison FRANCESCHETTI où habitent actuellement Bernard et Marie-Claude. 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (1/5: le café, le crépi et la SIMCA)

 

Cette maison, construite en 1899 par Jean-Martin DESANTI, était enduite à la chaux dès l'origine. Or, un film de famille réalisé pendant l'été 1952 montre que cet enduit était alors très dégradé. La photo date donc de peu après cette année, quand était en cours le crépissage au ciment. La chaux fut détrônée en Corse par le ciment dans les années 50.

 

Un élément permet d'autres précisions: la voiture. 

 

Devant le Café, une automobile était en train de passer. Une demande faite par Catherine CAO auprès de Gemini, l'IA de Google, l'identifie comme une SIMCA Aronde "Châtelaine" dont le premier modèle sortit fin 1953. Mais, vu la calandre et les pare-chocs, on voit ici la version construite entre 1954 et 1956.

 

En conclusion, cette vue de Poggiolo date vraisemblablement de l'été 1956 ou 1957.

 

L'examen de cette photo n'est pas terminé. Le prochain article montrera d'autres points intéressants.

 

A suivre.

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13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 07:00

 

"Le premier devoir d'un grand peuple, comme d'une famille forte, est de s'aimer, et d'abord de s'aimer dans son passé, de s'honorer dans les morts"

Fustel de Coulanges (1830-1889)

 

Suite et fin de la chronologie poggiolaise

 

Evénements concernant Poggiolo et les villages voisins et s'étant déroulés pendant les années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires.

 

 

1941:

- 19 mars: décès de Jean DESANTI, adjudant au 11e RAT, dans le camp de prisonniers de Ravensburg Weingarken (dépôt 231) en Allemagne. Il était né le 19 juin 1914 à Guagno-les-Bains où son corps fut inhumé en 1947 (Les héros de 39-45).

 

Chronologie poggiolaise: les années en 1 et en 6 (de 1941 à nos jours)

 

- septembre: dissolution du conseil municipal de Poggiolo et remplacement par une délégation spéciale nommée par le gouvernement de Vichy (Inutile de voter).

 

1946:

les chiffres officiels donnent 653 habitants à Poggiolo (oui: 653), record historique pour le village (Combien de Poggiolais?).

 

1951

18 janvier: décès du poète Petru Santu LECA, d'Arbori (Solution de la devinette: Petru Santu LECA).

 

1956:

après le décès de l'abbé PASTINELLI, le diocèse confie la responsabilité du culte à Guagno et Guagno-les-Bains aux Oblats de Vico. Orto, Poggiolo et Soccia gardent un curé commun (le Père MILLELIRI) (Milleliri, un prêtre de caractère)

 

1966:

- ouverture du "Bowling" à Sagone (Solution à la devinette du mois: cinquante ans maintenant).

 

Chronologie poggiolaise: les années en 1 et en 6 (de 1941 à nos jours)

 

- ouverture, près de la fontaine de St Marcel, du "Robinson", bar-dancing très apprécié pendant quelques années par les jeunes (Un ancien lieu de rencontre).

- août: remplacement, pour l'éclairage public de Poggiolo, des lampes à incandescence par des tubes de néon (Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 5/8: les équipements publics).

 

​​​​​​1971:

le peintre Raymond RIFFLARD reprend les décors d'IVANOFF dans l'église de Soccia (Le général de Gaulle à Orto).

 

1976

ouverture à Soccia de l'hôtel "U Paese", œuvre de Santa BATTISTELLI (U Paese est triste).

 

1981:

mort à Sagone du peintre Raymond RIFFLARD (une rue de Poggiolo)

 

1996:

- fondation de la Cunfraternita di u Padre Albini (Le prieur est une femme)

- décembre: parution du premier numéro de "Inseme", mensuel interparoissial "per a communicazione a fraternita e a fédé", édité, sous l'impulsion du Père Jean-Pierre BONNAFOUX, par l'association des Amis du couvent de Vico. Le bulletin «Inseme» en route pour ses vingt ans.

 

Le comité de rédaction d'Inseme.

Le comité de rédaction d'Inseme.

 

2001

16 août: à la fin d'une journée d'animations et de la procession de saint Roch, le village est rassemblé pour une photo de la communauté poggiolaise (Tous unis comme en 2001?)

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

 

2011:

restauration de la chapelle St Roch par le peintre Mario SEPULCRE qui découvre la peinture d'origine du XVIIe siècle (St Roch 2012 (2/5): Les idées et le talent de Mario Sepulcre).

 

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19 décembre 2025 5 19 /12 /décembre /2025 07:00

 

Un pas important vient d'être franchi dans l'enquête sur la disparition de la Caravelle Ajaccio-Nice le 11 septembre 1968. Vous trouverez ci-dessous l'article publié jeudi 18 décembre sur le site de Corse-Matin. 

Crash de la Caravelle Ajaccio-Nice : des pièces de la carlingue retrouvées à 2 500 mètres de profondeur

Par Jeanne-F. COLONNA

 

 

Les familles des victimes du crash qui a eu lieu le 11 septembre 1968, quelques minutes avant l'atterrissage de l'appareil à Nice, ont été convoquées par le juge d'instruction en charge des investigations qui les a informées des résultats des recherches sous-marines effectuées en octobre dernier. Il s'agit "d'une avancée majeure", estiment les avocats des parties civiles.

 

Une trentaine d'heures ont suffi à redonner espoir aux familles des victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, tombée dans les eaux méditerranéennes le 11 septembre 1968.

À 2 300 mètres de profondeur, au large du cap d'Antibes, les militaires de la gendarmerie maritime de Méditerranée ont localisé l'épave de l'appareil disparu en mer il y a 57 ans. Les circonstances de ce drame font, aujourd'hui encore, l'objet d'investigations, menées par un juge d'instruction du tribunal judiciaire de Nice.

Des pièces de la Caravelle Ajaccio-Nice ont été retrouvées

 

Damien Martinelli, procureur de Nice, précise ainsi dans un communiqué envoyé à la presse : "Du 11 au 13 octobre 2025, sur une zone prédéfinie de 8 km2, sur commission rogatoire confiée au groupement de gendarmerie maritime de Méditerranée, le commandement de la zone maritime Méditerranée a été requis pour procéder à ces recherches. Au terme d'une trentaine d'heures de plongée à 2 300 mètres de fond, cette opération a permis d'une part de détecter et identifier plusieurs débris de l'appareil, parmi lesquels possiblement des éléments de la queue et, d'autre part, d'identifier deux probables réacteurs".

Ces investigations interviennent dans le cadre de l'information judiciaire ouverte du chef de soustraction de document ou objet concernant un crime ou un délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité. Elles ont été "engagées sous la direction du magistrat instructeur comme cela avait été acté dans la suite de réunions de préparation associant la préfecture maritime en juin dernier", ajoute Damien Martinelli.

Des éléments de l'avion ont été identifiés

"La première mission, celle de la prise de photographies, s'est avérée particulièrement fructueuse. En effet, et à ce stade, de nombreuses pièces de la carlingue de l'avion ont été identifiées, de même, surtout, de la queue de l'avion et de ses réacteurs", réagissent les avocats de Mathieu et Louis Paoli, dont les parents ont péri ce 11 septembre 1968, et de l'association des familles des victimes du crash de la Caravelle Ajaccio-Nice, Mes Stéphane Nesa, Paul Sollacaro et Philippe Soussi.

Des pièces de la Caravelle Ajaccio-Nice ont été retrouvées

Mais le chef du parquet niçois demeure mesuré : "Afin de confirmer et affiner ces premiers résultats, dans la perspective notamment de pouvoir procéder à une analyse visuelle plus précise et plus détaillée des pièces découvertes, une expertise va être sollicitée pour déterminer la faisabilité et les conditions d'une nouvelle campagne de prises de vues".

Du côté des parties civiles, on espère même remonter ces pièces à la surface, mais "reste à savoir si c'est techniquement possible, sans les détériorer", s'inquiètent les avocats. "Sous cloche ?", imagine Mathieu Paoli qui, pragmatique, souligne : "On a exploré le Titanic en haute mer, on doit pouvoir trouver une solution". 

Un missile de l'armée française tiré par erreur à l'origine du crash ?

Pourtant ce mercredi 17 décembre, lorsqu'il a été convoqué devant le juge d'instruction il ne s'attendait pas à une telle nouvelle. "Pour nous, les recherches n'avaient même pas commencé", confie-t-il.

"C'est une avancée majeure dans un drame qui a coûté la vie, il y a 57 ans, à 95 personnes. Nos premières pensées vont aux victimes et à leurs familles, unies depuis tant d'années dans une fraternité de chagrin. Nous tenons à souligner le travail remarquable et exceptionnel effectué par les enquêteurs et les magistrats qui ont eu cette procédure en charge", saluent les trois avocats des parties civiles.

Pour rappel, l'hypothèse d'un missile, tiré sur la Caravelle par l'armée française, par erreur au cours d'un entraînement, demeure crédible pour les familles des victimes de ce crash qui rappellent, au passage, que certains éléments de l'enquête ont tout bonnement "disparu".

 

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9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 07:00

 

Votée voici cent vingt ans, le 9 décembre 1905, la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est invoquée très souvent dans une société inquiète. Elle sert de prétexte à ceux qui veulent combattre les progrès de l'islam radical tout comme à ceux qui veulent détruire l'identité chrétienne de la France.

 

UNE LAÏCITÉ DE COMBAT

Cette loi de séparation, qui établit en théorie la tolérance et l’indépendance de l’Etat par rapport aux religions, fut interprétée lors de son vote comme un instrument de combat de la République contre la religion catholique. Des députés radicaux l’avaient d’ailleurs conçue ainsi.

Mettant fin au Concordat signé en 1801 entre Napoléon BONAPARTE et PIE VII, qui subventionnait le culte, elle pouvait asphyxier financièrement l’Eglise de France. De nombreux chrétiens le ressentirent. Ayant le sentiment d’être attaqués dans leur foi la plus profonde, ils furent nombreux à s’opposer aux conséquences de la loi sur la laïcité.

 

La loi fut promulguée au «Journal Officiel» le 12 décembre 1905 pour entrer en application le 1er janvier 1906.

Son article 3 prévoyait de dresser un «inventaire descriptif et estimatif» des biens ecclésiastiques avant leur répartition à des associations cultuelles qui devaient être fondées ensuite. Une circulaire du Ministère des Finances publiée le 2 janvier ordonna aux fonctionnaires de procéder de façon approfondie, y compris en demandant l’ouverture des tabernacles.

«Dans les tabernacles, faut-il le rappeler, sont conservées les hosties consacrées qui contiennent, selon la doctrine catholique, la présence réelle du Christ: l’objet sacré par essence. (…) Toute la presse catholique s’enflamme, dénonçant cette menace de profanation. Elargissant la protestation, les journaux appellent au rejet des inventaires, présentés comme le prélude à la spoliation des biens de l’Eglise.» (Jean SÉVILLIA, «Quand les catholiques étaient hors la loi», Perrin, 2005, p. 197).

 

Les villages des Deux Sorru ne furent pas épargnés par cette agitation car, même dans les petits villages comme Poggiolo, le tabernacle est une partie richement décorée et à laquelle on tient particulièrement.

ancien tabernacle de l'église St Siméon

ancien tabernacle de l'église St Siméon

LA COLÈRE CONTRE LES INVENTAIRES

Plusieurs évêques et prêtres tentèrent l’apaisement. Ce fut l’attitude du Père Antoine-Louis OTTAVY, qui avait à la fois les fonctions de professeur au petit séminaire d’Ajaccio et de conseiller général républicain du canton de Soccia élu en 1901.

Mais le mal était fait. De nombreux croyants se mobilisèrent contre le sacrilège. Les premiers incidents se produisirent à Paris les 31 janvier et 1erfévrier

«Le peuple catholique se rebelle, laissant exploser sa colère contre les brimades incessantes que le pouvoir lui fait subir depuis plusieurs années» (Jean SÉVILLIA, op. cit. p. 205-206). 

 

Le sang coula dans plusieurs départements.

En Corse, les inventaires débutèrent à Bastia le 26 janvier et les incidents se succédèrent.

«Dans l’intérieur de l’île, les percepteurs, même escortés par la gendarmerie, ne peuvent le plus souvent instrumenter. Les opérations se déroulent toujours de la même façon. Au jour notifié, l’agent de l’Etat se présente devant l’église. Le curé, généralement assisté du conseil de fabrique, donne lecture d’une protestation et se retire dignement. Si le percepteur tente de pénétrer dans l’église, celle-ci est inabordable. Les hommes s’y opposent, avec violence s’il le faut; les femmes, barricadées à l’intérieur, chantent des cantiques et les cloches sonnent à toute volée. Pour éviter tout affrontement sérieux, le percepteur et son escorte se retirent. Quelques jours plus tard, à la suite d’un arrangement avec le curé, l’inventaire est annoncé comme ayant été effectué, alors qu’il n’est qu’une composition factice du curé» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, p.222).

Il en fut ainsi dans les Deux-Sorru.

 

A SOCCIA

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : des inventaires difficiles (1/6)

 Cette photo montre la population socciaise rassemblée devant son église. On remarque bien les bâtons dont hommes en chapeau et femmes en fichu noir s’étaient armés pour défendre la porte du bâtiment.

Jean-Baptiste PAOLI, dans «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud», décrit ce qui se passa  alors:

«Le percepteur chargé des opérations d’inventaire ne put instrumenter qu’escorté par la Gendarmerie qui se heurta à une vive résistance de la part aussi bien des hommes que des femmes, malgré la protestation du curé POLI, assisté du conseil de fabrique». 

Plus précisément, les témoins de l’inventaire furent Pierre Antoine MAINETTI, président du conseil de fabrique, et le forgeron Antoine Dominique OTTAVI.

Mais il n’y eut pas de violences comme, par exemple, à Ota où trois gendarmes furent blessés.

 

Les inventaires se déroulaient en pleine campagne électorale, les élections législatives ayant été fixées aux 6 et 20 mai. Sur les 510 prêtres de Corse, 250 firent activement campagne contre le gouvernement anticlérical. De l’autre côté, 160 religieux soutinrent, souvent discrètement, le candidat républicain. L’abbé OTTAVY, qui n’avait pas désavoué la loi de séparation, appuya ouvertement FORCIOLI, qui fut réélu député gauche radicale d’Ajaccio.

La majorité de gauche s’étant renforcée à la Chambre des Députés, la laïcité s’imposa.

 

 

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 07:00

 

 

   Ivan CHOUPIK et Nicolas IVANOFF sont deux artistes russes qui connurent une certaine célébrité après la première guerre mondiale, notamment en décorant des églises des Deux Sorru et des Deux Sevi.

 

   Tous deux arrivèrent en Corse à bord du "Rion", vieux paquebot chargé de 3.700 Russes blancs fuyant les communistes et qui arriva à Ajaccio le 15 mai 1921.

 

Le "Rion".

Le "Rion".

 

   Un article paru dans Corse-Matin lundi 3 novembre 2025 nous apprend qu'un troisième peintre russe débarqua du "Rion": Vladimir MESTCHERSKY. Au contraire des deux autres, il s'installa dans le Sud, à Propriano.

 

   D'après Cathy TERRAZZONI, qui reprend des éléments de la page Facebook Corsica Secreta, MESTCHERSKY "affirma ses talents de peintre dans ce bâtiment thermal de Baracci, ainsi qu'à Olmeto, dans l'église et chez quelques particuliers de Propriano."
 

   "A l'intérieur (de l'hôtel), les peintures des murs et des plafonds des salles et de la cage d'escalier ont été réalisées avec une grande délicatesse."

 

Le troisième artiste du "Rion"
Le troisième artiste du "Rion"

   La rédactrice de l'article ajoute que "les thermes, longtemps délaissés, ont bénéficié dernièrement d'une rénovation complète" et que "l'hôtel fait lui aussi régulièrement l'objet d'un vaste projet de réouverture".

 

   Dans les Deux Sorru, une autre station thermale attend sa réouverture.

Le troisième artiste du "Rion"
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12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 07:00
NOM : SIMEONI - PRÉNOM : MAX

 

NOM : SIMEONI - PRÉNOM : MAX  

Une vie au service de la Corse

 

Une coproduction France Télévisions, Télé Paese et Mareterraniu - Un film écrit et réalisé par Pierre Dottelonde - Produit par Paul Rognoni et Paul Antoine Simonpoli.
 
Diffusion vendredi 17 octobre 2025
à 21h40
sur Via Stella 
 
 
Son prénom et son visage nous sont moins familiers que ceux de son frère Edmond, l’« homme d’Aleria », et pourtant, Max Simeoni a joué un rôle majeur, si ce n’est le rôle principal, dans l’histoire du nationalisme corse depuis sa résurgence au seuil des années 60. 
 
Nom : Simeoni. Prénom : Max. Une vie au service de la Corse s’attache à retracer le parcours, l’œuvre et les combats de celui que beaucoup considèrent comme la figure tutélaire et le théoricien du nationalisme corse mais qui, on le mesurera tout au long du film, était également un stratège ainsi qu’un homme d’action et de terrain. En dévoilant le déroulement de cette vie consacrée à la Corse, il tente également de cerner la personnalité de Max Simeoni, les ressorts de sa prise de conscience puis de son engagement, ses rapports avec son frère Edmond ou ceux avec la composante radicale du mouvement nationaliste.
 
 
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27 septembre 2025 6 27 /09 /septembre /2025 07:00

 

Il y a quatre-vingts ans, les Poggiolais pouvaient se réjouir car l'un des leurs devenait conseiller général:

 

Le 23 septembre 1945, Martin PAOLI fut élu conseiller général du canton de Soccia  (qui comprenait alors Guagno, Orto, Poggiolo et Soccia).

 

Membre du parti socialiste SFIO, il succédait au docteur François ANTONINI, élu en 1933 sous l'étiquette "républicain de gauche", ce qui voulait alors dire "centre-droit".

 

Fils de Bernard PAOLI et de son épouse Madeleine OTTAVY, Martin naquit le 1er février 1903 à Poggiolo. Son père était un instituteur de valeur (voir l'article "Le bonheur d'enseigner")

 

Martin suivit son chemin dans l'enseignement. D'ailleurs, il obtint la légion d'honneur par décret du 9 juillet 1949, notamment car "il se dépense avec ardeur, tact et conviction en faveur de l'école laïque et des œuvres scolaires", ainsi que l'écrivit dans son dossier Maurice PAPON, le préfet de Corse de l'époque.

 

Martin PAOLI devint vice-président du conseil général de la Corse (qui ne formait alors qu'un seul département) présidé par le radical Paul GIACOBBI. 

 

Le 19 mars 1959, il succéda à la tête de la mairie de Poggiolo à Jean-François CECCALDI qui assumait cette fonction depuis 1919. La mairie, alors installée au rez-de-chaussée de la maison de l'ancien maire, fut transférée dans une maison appartenant à Martin PAOLI, juste à côté de la chapelle St Roch.

 

Anniversaire d'une élection historique

 

Ses nombreuses activités le retenant souvent à Ajaccio, Martin était représenté au village par son premier adjoint Laurent Antoine PINELLI, dit Antunarellu.

Martin Paoli à droite avec Antunarellu à gauche.

Martin Paoli à droite avec Antunarellu à gauche.

 

Il décéda le 1er juin 1968. Depuis, aucun Poggiolais n'a été conseiller général ou départemental.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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