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26 août 2026 3 26 /08 /août /2026 07:00
 
Si les bals de village sont l'objet d'un nouvel engouement (voir l'article précédent), des esprits chagrins peuvent regretter les anciennes discothèques et dire que l'on est loin de la joie de vivre et de s'amuser des "Trente Glorieuses".
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Pour les membres de la génération des années 60, ceux que l'on appelle maintenant les "boomers", cette époque fut symbolisée par Antoine et François DEMARTINI.
Les deux frères étaient un symbole, le symbole des soirées que passaient les adolescents qui, de Soccia, Poggiolo, Guagno-les-Bains, Orto, Guagno et des autres villages, allaient "Chez Fichet" pour se rencontrer.
 
Cette "boîte" située près du pont à l'entrée de Soccia, entre l'actuelle mairie et l'hôtel "U Paese" (alors en construction), occupait le rez-de-chaussée (qui n'était pas fermé) de la maison photographiée par Google Maps en 2008. D'après certains souvenirs, son ouverture aurait eu lieu en 1966.
Copie d'écran Google Maps.

Copie d'écran Google Maps (2008).


Ecouter les 45 ou 33 tours de Johnny, de Claude François, des Beatles, etc, danser, jouer au flipper, au baby-foot ou au billard, boire un (ou plusieurs) verres, tout y était possible. 

Le dynamisme et le sourire des deux frères donnaient une ambiance très particulière. Combien de flirts ou d'amours sérieux ont commencé là? Combien de fois a-t-on bu un peu plus que la mesure? Combien de discussions se sont enflammées autour des tables dans l'atmosphère de l'après-mai 68?
 
Cette photo publiée sur le groupe Facebook du Village d'Orto rend bien cette atmosphère. 
Quand les discothèques n'étaient pas fermées

On aperçoit certaines des affiches et des pochettes de disques (on ne disait pas encore vinyles) qui décoraient les murs. Cette image laisse apercevoir les inconfortables banquettes qui bordaient les côtés: de simples planches recouvertes de tissu rouge et reposant sur des quérons (nommés parpaings dans le nord).  

Malheureusement, les photos de "chez Fichet" sont extrêmement rares car les appareils  n'avaient la légèreté des smartphones actuels... et car on avait bien d'autres choses à s'occuper.

Le lieu fut animé jusqu'au début des années 1980 mais Antoine, qui avait enregistré des disques, continua à chanter pour les fêtes de village et dans des cabarets. Il mourut en août 2009, sur la scène du restaurant "U Rasagju" de Cargese, en plein tour de chant.

Quelqu'un a, dès le lendemain de son décès, mis sur Youtube un film montrant un extrait de son spectacle de Cargese.
 
Un moyen pour les anciens d'aujourd'hui de se souvenir de leurs 20 ans.
 

 

 

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22 août 2026 6 22 /08 /août /2026 07:00

 

   En août 1916, mourait Jean André PATACCHINI, qui a la particularité d'avoir son nom sur les monuments aux morts de Poggiolo et de Pastricciola. Pourquoi? Qui était-il? 

   Les réponses sont sur la fiche 87 de la base de données des Poggiolais en 1914-1918.

 

 

87-PATACCHINI Jean André Zacharie

 

Né le : 14/3/1888 à Pastricciola - Décédé le : 13/8/1916 dans la Somme.

Parents : Jean Laurent PATACCHINI (1852-1912) et son épouse Pompilie CARLI (1857-1908), nés et morts à Pastricciola.

Taille : 1,75 m.

Village de Pastricciola.

Village de Pastricciola.

S’engage en 1908 au 135e RI et devient sergent en 1910.

En 1912, rengage pour un an au 101e RI.

Le 18 mai 1912, alors que son régiment est basé à Dreux, il épouse à Poggiolo Damienne PINELLI, née et décédée à Poggiolo (1878-1965), sœur de Jean-Antoine PINELLI (fiche 96).

Petite anecdote : la naissance de Damienne avait été oubliée sur les registres d’état-civil de Poggiolo en 1878. Elle a été reconnue officiellement par une décision du tribunal d’Ajaccio du 20 juillet 1907. Curieusement, la retranscription sur les registres de la commune n'a enfin été notée par le maire MARTINI Pascal Antoine que le 2 avril 1912, alors que les bans du mariage avaient déjà été publiés !!! Damienne a donc pu se marier le 18 mai 1912 avec Jean André PATACCHINI.

Ils habitent ensuite à Lyon.

Rengagé au 171e RI le 20 mai 1914, donc avant la déclaration de guerre, Jean André devient adjudant en décembre.

Blessé le 26 mars 1915 à Badonviller (Meurthe-et-Moselle), il reçoit le 10 avril la médaille militaire et une citation à l’ordre de l’armée.

En 1916, il se trouve dans le 44e RI et meurt le 13 août au Bois de Hem, Curlu (Somme).

 Le 29 août 1916, il est cité à l’ordre du jour du régiment : « Le 12 août 1916, a entraîné brillamment sa section à l’attaque d’une lisière de bois fortement organisée bien que pris par les feux d’enfilade et de revers des mitrailleurs ennemis, est tombé glorieusement à la tête de sa troupe ».

Croix de guerre avec palme et avec étoile de bronze.

Inhumé dans la nécropole nationale de Maurepas (Somme), tombe 746.

La tombe 746 à Maurepas.

La tombe 746 à Maurepas.

 Il est inscrit sur le monument aux morts de Poggiolo avec l’orthographe « PATACHINI » et le prénom « Jean André ».

Les Poggiolais en 14-18. Fiche 87: Jean André PATACCHINI, le héros de Pastricciola

Il est mentionné sur le monument aux morts de Pastricciola dans la catégorie des « Adjudants », avec son orthographe correcte et accompagné du seul prénom de « André ».

Toutes les fiches des Poggiolais en 14-18 sont accessibles par le lien 

http://poggiolo.over-blog.fr/tag/guerre%2014-18/

Monument de Pastricciola.

Monument de Pastricciola.

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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 07:00
Cent vingt-cinquième anniversaire d'une annulation

 

   Les élections municipales de cette année se sont déroulées sans incident. Il n'en a pas toujours été ainsi. 

 

   Voici exactement 125 ans, le Conseil d'Etat annulait les élections de Poggiolo.

 

   Les inscriptions sur les listes électorales ont une importance fondamentale et conditionnent souvent le résultat final. Elles ont toujours dû répondre à certains critères fixés par la loi.

 

   Mais, au moins une fois, un maire de Poggiolo préféra choisir seul qui pourrait avoir le droit de voter. La protestation contre cette façon de procéder alla loin, jusqu’au Conseil d’Etat. L’affaire est même devenue un cas d’école cité dans les recueils juridiques.

 

   Le 26 juillet 1901, la plus haute instance juridique française annula les élections municipales précédentes car le maire de Poggiolo avait ajouté des noms de sa propre initiative, hors de la présence de la commission prévue par la loi.

Extrait de la page 341 du Répertoire administratif des maires et des conseillers municipaux » par A. TAULIER (Grenoble, janvier 1903).  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6371018v/f3.image.r=poggiolo.langFR

Extrait de la page 341 du Répertoire administratif des maires et des conseillers municipaux » par A. TAULIER (Grenoble, janvier 1903). http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6371018v/f3.image.r=poggiolo.langFR

   A la suite de cette affaire, Jean Noël CECCALDI (1850-1925), maire de Poggiolo depuis 1894, céda la place, en décembre 1901, à son ancien adjoint, Pascal Antoine MARTINI, qui dirigea la commune jusqu’en 1912.

 

  Une méthode exagérée avait été sanctionnée.

 

  Mais tout cela appartient à une époque révolue depuis longtemps…

 

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30 juin 2026 2 30 /06 /juin /2026 07:00

 

   Des avions ont à diverses époques survolé Poggiolo pour prendre des photos du village (voir ICI ou ICI).

 

   Maintenant, des drones sont utilisés (voir ICI).

 

   Mais quel fut le premier avion à survoler l'endroit? La photo suivante pourrait donner une réponse.

 

L'avion qui qui n'a pas survolé Poggiolo

 

   Sur cette image de couleur sépia, l'aéroplane est un modèle d'avant 1914. Serait-ce donc le premier vol au-dessus de Poggiolo?

 

   Pas du tout car tout cela n'est qu'un montage. Le paysage est une photo de Nicolas MARTINI. En agrandissant, on peut trouver des constructions qui n'existaient pas il y a un siècle. L'avion a été collé par-dessus, ce que l'on devine en voyant que le ciel qui l'entoure a une teinte différente du reste.

 

   Donc, pas du tout un document historique. On aurait pu se tromper alors que ce montage est très artisanal. Il sera bien plus difficile de démêler le vrai du faux avec l'utilisation de l'Intelligence Artificielle.

 

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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 07:00

 

La cérémonie qui s'est tenue à Orto le 7 juin pour la Fête-Dieu peut paraître un peu bizarre car la tradition a un peu disparu dans notre canton. Pourtant, elle était très importante autrefois, par exemple en 1956, voici soixante-dix ans. Un article paru sur ce blog le 7 juin 2023 le rappelait.

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Les Corses d'autrefois se rassemblaient souvent à l'occasion de cérémonies religieuses et les insignes cultuels étaient respectés. Il en était ainsi surtout à la Fête-Dieu qui était l'occasion de faire sortir de l'église des objets particulièrement précieux. 

 

Qui connait la Fête-Dieu maintenant?

 

Instituée en 1264 par le pape Urbain IV et nommée également Corpus Christi ou Fête du Saint-Sacrement, elle a lieu en principe le jeudi qui suit la Sainte Trinité, soit soixante jours après Pâques. Pour des raisons pratiques, on la repousse au dimanche suivant. 

 

Elle eut une grande popularité, d'autant plus qu'elle se manifestait en se déroulant sur la voie publique et avec un grand décorum. L'eucharistie devait être portée en cortège solennel dans les rues et les chemins pour les sanctifier et les bénir.

 

La photo ci-dessous, prise par Marie-Louise MARTINI et se trouvant dans le Fonds Saveriu PAOLI, le montre bien.

 

Cliquez sur la photo pour  l'agrandir.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

On reconnait immédiatement que la scène se situe sur le côté gauche de la chapelle St Roch.

 

A gauche, un prêtre tient avec ses deux mains l'ostensoir qui contient le corps du Christ sous la forme de l'hostie consacrée. Un abri est constitué par un dais formé d'un baldaquin mobile à quatre hampes tenues par quatre paroissiens.

 

Tout à fait à droite, des enfants de chœur en aube blanche, dont un balance l'encensoir, ouvrent la procession. Ils viennent de franchir la rigole qui était alors à ciel ouvert.

 

Au centre, des enfants et une adulte ont des corbeilles. Ils y puisent des pétales de rose  qui sont jetés sur le sol où marche l'ecclésiastique. On les voit très bien juste devant ses pieds.

 

Cette scène date de 1956, nous a affirmé un des participants.

 

Justement, qui sont-ils?

 

La Fête-Dieu à Poggiolo

 

Le prêtre qui tient l'ostensoir est Jacques Antoine MARTINI, dit "prête Ghjacumu".

 

Il était né à Poggiolo le 4 juillet 1873 et y décéda le 14 juin 1956, après avoir été curé à Renno, Calcatoggio et Piana. Cette image de la Fête-Dieu date donc de peu avant son décès. Paul MILLELIRI devint curé de Poggiolo et Soccia quelques mois après.

 

Au centre, au premier plan, se distingue très bien un jeune garçon qui est en train de prendre des pétales dans son panier: c'est Jean-Marc TRAMINI.

 

Les autres participants toujours vivants de cette procession sont: 

- Germaine SICCHI (la fille avec le bandeau dans les cheveux)

- Noël SICCHI (l'enfant de chœur qui tient l'encensoir)

- Jean-Marie PASSONI (l'enfant de chœur le plus à droite).

 

Parmi les adultes, certains de nos lecteurs reconnaîtront plus ou moins facilement:

Toussainte PINELLI, Achille SICCHI, Ange MERCURI, Agathe PINELLI, Lulu NIVAGGIOLI, Noelline SICCHI, Angèle MARTINI (Angiulucci)...

 

Dans les archives de Saveriu PAOLI, cette photo est accompagnée de deux autres:

 

 -une prise juste avant, qui permet de voir que "Tatanella" participait au jet de pétales

 

La Fête-Dieu à Poggiolo

 

- une autre prise juste après, devant la porte de la chapelle, qui montre que Guy TRAMINI, à droite, avait le même rôle (et le même habillement) que son frère Jean-Marc, à gauche.

Tous deux, ainsi que Germaine, semblent écouter les observations que leur fait Rosine FRANCESCHETTI (1900-1994).

 

La Fête-Dieu à Poggiolo

 

Rosine n'est pas habillée suivant la tradition corse. Elle porte cependant sur la tête un foulard noir ou une mantille, comme toutes les femmes de l'époque qui devaient cacher leurs cheveux dans les cérémonies religieuses par respect et dignité envers Dieu. 

 

Cette obligation, répétée dans le Code de droit canon de 1917, se référait au Premier Épitre de Saint Paul aux Corinthiens, Chapitre 11, Versets 1 à 16 (d'après le site La femme catholique). Elle n'existe plus du tout maintenant.

 

Des images d'il y a 70 ans ou d'il y a plusieurs siècles?

 

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 07:00

 

   Parmi les photos de Poggiolo vu d'avion, il en existe au moins une qui fut prise par des Poggiolais.

  Cliquez pour l'agrandir.

 

Il y a quarante ans, quand Joël et Hervé survolèrent Poggiolo

 

   Ce cliché a été pris par Joël CALDERONI.

 

   Il était alors passager d'un petit avion à hélice piloté par Hervé OULIÉ. Ce dernier avait réussi le test du brevet de pilote privé le 30 mai 1983 et il proposait à des copains de faire un tour dans les airs à partir de l'aéro-club d'Ajaccio. Ni Joël, ni Hervé ne se souviennent de la date exacte de cette promenade mais la date du brevet donne un ordre d'idée: il y a une quarantaine d'années.

 

   On peut comparer cette image avec celles de 1957 publiées dans des articles différents pour se rendre compte que l'espace cultivé avait bien diminué mais que les terrains en terrasses étaient encore bien visibles. Quant aux piscines si nombreuses aujourd'hui, elles n'apparaissaient pas.

 

   Merci aux aviateurs!

 

 

Il y a quarante ans, quand Joël et Hervé survolèrent Poggiolo
Il y a quarante ans, quand Joël et Hervé survolèrent Poggiolo
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20 mai 2026 3 20 /05 /mai /2026 18:04

 

Le nom du Poggiolais Oscar Rosembly est devenu indissolublement lié à celui de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline à la suite des polémiques qui ont entouré voici cinq ans la réapparition de manuscrits perdus. Emmanuel Pierrat, qui a été l'avocat du journaliste qui les a retrouvés, est revenu sur cette affairerons d'une conférence organisée le 16 mai à Bastia.

 

Voici le texte de l'article signé Pierre Gianelli paru dans Corse-Matin le 17 sous le titre "Louis-Ferdinand Céline, la Corse et un Poggiolais accusé à tort" et qui est intitulé dans sa version internet "Comment la Corse s'est retrouvée mêlée à l'affaire des manuscrits disparus de Céline".

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Cinq ans après la réapparition des manuscrits perdus du sulfureux Louis-Ferdinand Céline, l'avocat Emmanuel Pierrat, qui a tenu les 6 000 feuillets entre les mains et défendu le journaliste qui les détenait, était hier l'invité de l'association Musanostra à Bastia. Retour sur cette extraordinaire aventure littéraire et sur le rôle, très relatif, de la Corse dans cette histoire.

Six mille feuillets de Louis-Ferdinand Céline. Quatre romans inédits. Le manuscrit complet de Mort à crédit. Des pinces à linge de Lucette, son épouse, pour tenir les chapitres ensemble. Quand Emmanuel Pierrat, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle, a ouvert les deux valises que Jean-Pierre Thibaudat, ancien journaliste culture à Libération, a posées dans son bureau en juin 2020, quelque chose a basculé. "J'ai eu l'émotion de ma vie, partage-t-il avec vivacité. Je me disais : je suis le troisième lecteur. Il y a Céline, Thibaudat et moi !"

Samedi, place Vattelapesca à Bastia, devant une trentaine de personnes captivées, il est venu raconter comment la Corse s'était retrouvée au cœur de cette histoire ; et pourquoi elle n'y était pour presque rien.

Quand Le Monde révèle la découverte en août 2021, une piste s'impose d'emblée dans le monde des céliniens. Elle mène à Oscar Rosembly, né à Poggiolo le 4 avril 1909, dans les Deux-Sorru. Un personnage hors norme : tour à tour employé de tuyauterie, journaliste pour le très droitier hebdomadaire Gringoire, et finalement comptable de Céline à Montmartre — que l'écrivain croyait juif à cause de son nom, et à qui il confiait ses comptes pour cette raison…

La piste corse incarnée par Oscar Rosembly

À la Libération, Oscar Rosembly réapparaît en faux lieutenant des Forces françaises de l'Intérieur et perquisitionne plusieurs appartements de collabos en fuite, dont celui de Céline. Il sera arrêté, incarcéré à Fresnes. Céline l'accusera nommément sa vie durant d'être à l'origine de la disparition de ses manuscrits. Rosembly mourra à Ajaccio en 1990, après une existence digne d'un roman — on lui prête même un épisode de gourou en Californie, et les habitants de Poggiolo se souviennent de "cet original qui méditait pieds nus dans la montagne et se baignait nu dans la fontaine du village".

Sa fille Marie-Luce vivait à Corte. Le biographe Émile Brami avait passé des années à lui téléphoner chaque semaine, convaincu qu'elle détenait des manuscrits dans la maison du maquis familiale. "Elle lui avait parlé de Casse-pipe, de La Volonté du roi Krogold. Puis avait annulé chaque rendez-vous au dernier moment", explique Emmanuel Pierrat.

 
Les feuillets manuscrits retrouvés de Céline, tenus par les pinces à linge de son épouse Lucette.
Les feuillets manuscrits retrouvés de Céline, tenus par les pinces à linge de son épouse Lucette. EMMANUEL PIERRAT

Marie-Luce Rosembly s'est éteinte à Corte en novembre 2020. Pour l'avocat, le verdict est sans appel : "La piste corse, elle existe, mais pour quelques feuillets de rien. C'est du flan au sens scientifique et sérieux. Elle n'avait pas les manuscrits, sûrement trois bouts de feuillet et des lettres entre son père et Céline. C'était une vieille dame dont plus personne ne s'occupait, je ne la blâme pas."

Un résistant et une caisse en bois

Mais alors, d'où provenaient les 6 000 feuillets ? La vraie histoire commence avec Yvon Morandat, préfet résistant qui démissionne le jour même du vote des pleins pouvoirs à Pétain, prend le maquis, rejoint de Gaulle à Londres et rentre dans Paris libéré aux côtés de Leclerc. Logé provisoirement dans l'appartement de Céline réquisitionné comme bien de collabo, il découvre les manuscrits éparpillés et les range dans une caisse en bois.

"En 1951, il tente de les rendre à Céline. L'écrivain l'accueille en l'insultant, persuadé qu'on veut lui soutirer de l'argent, rembobine Emmanuel Pierrat. Morandat repart et dit à sa femme : Moi vivant, jamais je ne reviendrai me faire engueuler parce que j'ai sauvé ces manuscrits. On attendra que lui et sa femme meurent." Et d'ajouter : "Avant de décéder, Yvon Morandat avait confié les feuillets à Jean-Pierre Thibaudat, fils de résistants, avec une seule consigne : rien ne sort avant la mort de Lucette." Ironie du sort ou pas, Lucette Destouches mourra à 107 ans, en 2019.

Quelques mois plus tard, le confinement aura eu du bon : il a permis à Thibaudat de boucler neuf ans de déchiffrage et de classification. À la réouverture des tribunaux, en juin 2020, il frappait à la porte d'Emmanuel Pierrat avec deux valises de quarante kilos.

Dans les deux bagages : quatre romans inédits dont Guerre et Londres désormais publiés chez Gallimard, le manuscrit complet de Mort à crédit avec des chapitres inconnus, des lettres d'amoureuses… Et ce que le conférencier du jour appelle le "dossier juif" : cinq cents pages de textes hitlériens traduits en français, sources directes des pamphlets antisémites. La valeur totale estimée ? "Quarante millions d'euros, selon les experts."

Dans cinq ans, Céline appartiendra au domaine public

L'épilogue judiciaire a eu lui aussi sa touche insulaire. Les ayants droit de Céline — l'avocat François Gibault, auteur de la biographie de référence de l'écrivain, et Véronique Chovin, ancienne élève de danse de Lucette devenue son amie inséparable — refusent de croire à la version apportée par Emmanuel Pierrat. Pour eux, les manuscrits viennent forcément de Corse, Thibaudat est un receleur, et la remise des feuillets n'est qu'une manœuvre. Ils portent donc plainte pour recel.

 
Une trentaine de curieux étaient réunis hier place Vattelapesca à Bastia pour écouter Emmanuel Pierrat sur l'Affaire Céline.
Une trentaine de curieux étaient réunis hier place Vattelapesca à Bastia pour écouter Emmanuel Pierrat sur l'Affaire Céline.PIERRE GIANELLI

La brigade des biens culturels reconstitue alors les déplacements de Jean-Pierre Thibaudat par bornage téléphonique et dresse une carte couverte de flèches : Roubaix, Bastia, Ajaccio, Nice, Toulon… Un réseau de complices évident ! "Ils n'ont pas compris qu'il allait au théâtre, couvrait les avant-premières dans toute la France, rentrait à Paris le lendemain et écrivait dans Mediapart", raconte Pierrat, hilare. La plainte sera classée. Les manuscrits sont désormais à la Bibliothèque nationale.

En 2031, l'œuvre de Céline tombera dans le domaine public et avec elle, la question que Pierrat pose depuis le début : peut-on lire un génie qui fut une ordure ? "On peut reconnaître l'un des plus grands écrivains du XXe siècle et penser que c'est le plus immonde salaud." Pour lui, la réponse est dans l'encadrement : publier les pamphlets antisémites, y compris le dossier juif, mais avec un "apparat critique solide, des historiens, une préface qui prévient plutôt qu'elle ne censure". "On ne cache pas les choses comme des pots de confiture. On publie, on explique, on prévient", conclut Emmanuel Pierrat.

Oscar Rosembly fait toujours parler de lui
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10 mai 2026 7 10 /05 /mai /2026 07:00
Les 50 ans du FLNC dans "Corse-Matin"

 

   Un demi-siècle déjà! Le 5 mai 1976, de nombreux attentats en Corse, à Marseille et à Nice marquaient la création du Front de Libération Nationale de la Corse.

 

   L'histoire du FLNC, ce mouvement qui a longtemps marqué la vie insulaire, est le thème du hors-série de 32 pages que vient de publier le quotidien Corse-Matin. Il est en vente dans les kiosques de l'île mais peut également être obtenu par voie postale en s'adressant au journal.

 

   On lira ci-dessous avec profit le texte d'Aurélie ROSSIGNOL, directrice de la rédaction, qui explique les raisons de cette publication exceptionnelle.

 

Les 50 ans du FLNC dans "Corse-Matin"
Les 50 ans du FLNC dans "Corse-Matin"
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4 mai 2026 1 04 /05 /mai /2026 07:00

 

   Une autre photo de la série trouvée par KLAPE aux Archives Nationales montre mieux la partie basse de Poggiolo. Cliquez sur elle pour l'agrandir.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (4/5: les cultures d'en bas)
« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

 

   Elle montre que plusieurs maisons actuelles n'existaient pas encore en 1957, notamment la mairie.

 

   Elle permet surtout de voir des terrains cultivés près de la route venant de Guagno-les-Bains. Ici, ce n'est pas la vigne comme à Covita mais les arbres fruitiers et les légumes.

 

   Sur une photo aérienne de l'IGN prise entre 1950 et 1965, ces cultures sont bien ordonnées. 
 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (4/5: les cultures d'en bas)

  

   Evidemment, comme en haut du village, cette partie est maintenant envahie par le maquis mais pas totalement car elle est proche des maisons. Voyez ce cliché de 2024.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (4/5: les cultures d'en bas)
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30 avril 2026 4 30 /04 /avril /2026 07:00

 

Parmi les quatre photos datant certainement de 1957 qui ont été trouvées par KLAPE aux Archives Nationales, en voici une qui montre pratiquement toutes les maisons de Poggiolo.

 

Elle peut être agrandie par un simple "clic".

 

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

« Archives nationales de France », côte: 1PH/123

 

Chaque Poggiolais peut y chercher sa maison de famille et se rendre compte si elle a changé depuis soixante-dix ans. 

 

Au centre de l'image, on retrouve le monument aux morts voisinant avec la croix du Lucciu.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

 

L'endroit, où se déroulent les cérémonies du 11 novembre, est connu mais, en 1957, la croix était en bois et non pas en béton comme aujourd'hui.

 

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

 

Quand cette croix a-t-elle pris l'aspect que l'on connaît aujourd'hui?

 

Bien sûr, les photos et cartes postales d'entre les deux guerres mondiales montrent bien cet insigne religieux.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

La tradition prétend que la croix aurait été plantée par le Père ALBINI quand il vint prêcher en 1837. Mais rien ne prouve cette assertion.

 

Comme nous n'avons pas de photo montrant cet endroit du Lucciu avant l'érection du monument aux morts, il est impossible de savoir avec exactitude la date de son installation.

 

Pour la date de son passage du bois au ciment, nous avions peu de documents, comme la photo ci-dessous.

 

Poggiolo vu d'avion il y a 70 ans (3/5: croix de bois, croix de pierre)

 

Datant de l'été 1947, elle montre un groupe de jeunes gens revenant de la fontaine avec Jean-Martin FRANCESCHETTI portant un seau. Elle était la seule, à notre connaissance, à montrer la croix dans son état d'origine après la seconde guerre mondiale. La photo transmise par KLAPE permet d'avancer de dix ans: la croix n'avait pas bougé.

 

Or, sur des photos des alentours de 1965, la croix n'est plus en bois. La transformation a donc eu lieu entre 1957 et 1965.

 

NOS LECTEURS POURRAIENT-ILS NOUS AIDER À TROUVER PLUS DE PRÉCISIONS?

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Vacances de la Toussaint:

du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026

Vacances de Noël:

du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027

Début janvier 2027:

Assemblée générale du Comité des Fêtes.

Vacances d'hiver:

du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027

Vacances de Pâques:

du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027

Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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