L'utilisation des drones permet de renouveler l'image de paysages que l'on connaît bien.
A la Toussaint 2017, Pierre MARTINI avait permis de voir Poggiolo d'une nouvelle façon (voir la vidéo en cliquant ici).
Nous présentons aujourd'hui la vidéo qu'il avait également réalisée sur le pont de Guagno-les-Bains et ses abords.
Profitez-en. Le Fiume Grosso y apparaît bien tranquille.
La date de construction de la chapelle Saint Antoine de Guagno-les-Bains n'est pas certaine. Mais la recherche peut être alimentée par certains documents. Il en est ainsi de cette photo.
On y voit des gens sortir de la chapelle Saint Antoine qui domine le village. Mais la scène est encadrée par une arcade, reste de l'ancien hôpital militaire. Aucune date ne l'accompagne. Les vêtements des personnes présentes peut laisser penser que le cliché a été pris au début du XXe siècle. Avant ou après la première guerre mondiale?
Cette image a été publiée vendredi 20 avril 2018 dans "Settimana", le supplément hebdomadaire de "Corse-Matin" dans le cadre de sa série "I ricordi di i Tomasi". Chaque semaine était présentée une ancienne photographie tirée de la collection de la famille Tomasi.
L'auteur du commentaire, qui signe S.P., indiquait qu'il utilisait comme source de son rappel historique le blog des Poggiolais. L'article dont il s'est servi est "St Antoine et l'hôpital" qui peut être revu en cliquant sur le lien.
Voici la teneur du commentaire de la photo.
"On devine le pas lent de celles qui ont pieusement suivi l'office. Parmi cette assemblée où les femmes sont en majorité, les jupes sont longues, noires de préférence, mais le traditionnel foulard couvrant la tête est manifestement en recul. Et quelques tenues blanches - certes rares encore - disent une Corse qui bascule vers une forme de modernité vestimentaire. Que l'on se rassure, les quelques hommes saisis par le photographe portent toujours sobrement le chapeau...
Sur le plateau qui domine Guagno-les-Bains, la chapelle Saint-Antoine constitue un repère aussi géographique que spirituel et... sanitaire. A la bifurcation des routes allant aujourd'hui d'Ajaccio vers Guagno et Soccia, l'histoire raconte qu'un petit ermitage de moines cordeliers existait déjà au XVIe siècle (source: blog des Poggiolais). Par la suite, il fut question que les moines, mais aussi le reste de la population, profitent "des bienfaits de l'eau chaude qui jaillissait de la montagne".
Une source qui compta pour beaucoup dans le développement que connut le site. Ainsi, au XIXe siècle, un hôpital militaire fut même accolé au sanctuaire. Ce qui explique que, quelques décennies plus tard, en ce début du XXe siècle où fut pris ce cliché, existaient encore des vestiges d'une architecture, saisis ici au premier plan, mais désormais disparus. Saint-Antoine reste maintenant seul offerte au regard des passants et des fidèles qui, à l'occasion, demande (sic) parfois qu'elle soit rouverte pour une célébration. L'exemple d'un patrimoine qui, sans prétention, raconte nos montagnes.
S. P.
Les sources de Guagno-les-Bains sont connues depuis très longtemps. Le chanoine Filippini les mentionne dans sa chronique écrite au XVIème siècle mais il ajoute qu’elles étaient connues au IVème.
Il n’est donc pas étonnant de se demander si les Romains auraient pu venir s’installer jusqu’aux bords du Fiume Grosso et y laisser des vestiges. On pourrait rêver et imaginer qu'un temple se trouvait à la place de la chapelle Saint Antoine...
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A la fin des années 1970, la découverte d’une plaque avec une inscription latine a pu le faire penser.
Son étude a été publiée en 1979 par Cinzia Pergola-Vismara dans la revue « Archeologia Corsa : études et mémoires », n°4 (pages 87 à 90), sous le titre « Une inscription romaine de Guagnu ».
Une version abrégée en a été publiée par « L’INFO U PIGHJOLU » numéro 12 (janvier 2008). C’est de cette version que nous nous sommes inspirés.
... A l'occasion de travaux effectués dans la Chapelle Saint-Antoine, à proximité de GUAGNU LES BAINS, pour adapter celle-ci aux nouvelles exigences du culte, on a découvert un fragment de dalle de marbre sur laquelle était gravé un texte épigraphique en latin (fig.1). Il avait été utilisé, retourné, au centre de la table de l'autel. En effet, au centre de sa face postérieure, se trouve une petite plaque d'albâtre, quadrangulaire (4,9 x 3,7 cm) qui protège une cavité à l'intérieur de laquelle étaient conservées les reliques, selon toute vraisemblance (fig.2) .
La première annonce de cette découverte a été donnée par G.Moracchini-Mazel qui a publié une photographie de l'inscription et en a donné une transcription (1) .
La dalle rectangulaire, mesure 36,7 cm x 28,3 cm et son épaisseur est en moyenne de 4 cm; le marbre blanc, à grain fin, dans lequel elle a été taillée, possède quelques rares veines grises. La plaque originale, de dimensions bien plus importantes, a été découpée sur trois côtés, depuis sa partie inférieure, ce qui a entraîné des lacunes dans le texte, à droite et à gauche de la partie supérieure.
La partie postérieure et les côtés taillés ont été soigneusement polis (fig.3) alors que la surface de l'inscription est légèrement rugueuse et présente quelques éclats. Le bord inférieur, qui correspond à celui de la plaque originale, présente une simple moulure, constituée par un tore et une gorge, réalisés de façon très schématique.
La limite inférieure de celle-ci est constituée par un sillon peu profond.
On peut lire:
{---matu} tini. et. bestiarum {---} / {---} ae Aug. Salutaris fum {---} / {---} quam. Martialis Silv {---} / {---} dilapsam. a solo {---} / {---} tque. omni. imp {ensa---}
Hauteur des lettres: ligne 1 : plus de 3 cm; lignes 2-3 : 3,4 cm.
Interligne: ligne 1-4 : 1.5-1igne 6 cm.; lignes 4-5 : 1.7-1.8 cm.
Des signes triangulaires constituent la ponctuation.
Les lettres, rapprochées dans les trois premières lignes, sont plus espacées dans la quatrième, et plus encore dans la dernière. Aucune trace d'éventuelles lignes auxiliaires n'est conservée.
Compte tenu du caractère fragmentaire du texte, on ne peut prétendre en tirer des conclusions définitives, mais il est cependant possible de formuler un certain nombre d'hypothèses. (…)
ORIGINE DE LA PLAQUE
Nous ne disposons donc que de très peu d'éléments pour établir le lieu de provenance de cette inscription, sinon qu'il devait se trouver dans un amphithéâtre. La chapelle où elle a été découverte, d'après ce qu'en rapporte la tradition orale, a été construite par des rescapés de la guerre de Crimée, qui avaient été accueillis, blessés, dans un hôpital, spécialement construit, dans les environs.
Dans la zone de GUAGNU, dans les montagnes du Centre de la Corse, aucune prospection méthodique n'a jamais été effectuée, et l'on peut conclure qu'il ait pu y avoir là un centre d'une certaine importance.
D'autre part, on ne connaît en Corse qu'un seul amphithéâtre, de dimensions très réduites, celui de la colonie d'Aléria, sur la côte orientale, chef-lieu de l'île à l'époque romaine. Compte tenu des difficultés des communications dans le sens E-W dans l'île, et compte tenu de la faible importance du monument d'Aléria, une provenance de ce centre me paraît assez peu probable.
Une provenance non insulaire demeure donc vraisemblable. On ne peut exclure non plus Rome comme centre d'origine. (…)
Le texte ne contient aucune indication chronologique précise, à l'exception d'Aug., au début de la deuxième ligne. Cependant, certains indices d'ordre paléographique (…) suggèrent une datation de la deuxième moitié du 1er siècle ap. J. C..
(…)
On ne peut exclure non plus que les reliques conservées dans la partie postérieure de la plaque puissent provenir de Rome ou même de Padoue (la Chapelle est dédiée à St Antoine) (2) d'où elles auraient pu être expédiées pour ainsi dire, « emballées ».
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(1) G.MORACCHINI-MAZEL ; « Un fragment d'inscription antique à POGGIOLO, près de Guagno-les-Bains », in AA.VV., « Découvertes archéologiques fortuites en Corse. » III = Cah. Corsica n° 79, Bastia, 1978, p.51.
(2) L’auteur du texte fait une confusion entre Saint Antoine de Padoue et le saint honoré à Guagno-les-Bains et qui est Saint Antoine d’Egypte.
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FIN DE CITATION.
En conclusion, une pierre servant de table d’autel catholique venait d’un monument romain antique. Elle a peut-être été transportée depuis l'Italie à Guagno-les-Bains au XIXème siècle pour la chapelle de l’hôpital militaire.
Désolé, mais pas de construction de l’Antiquité dans notre piève.
A moins que, à moins que…
A moins qu’une campagne de fouilles, comme celle entreprise à Arbori, ne soit mise en place. Peut-être aurions-nous des surprises.
Cet article a déjà été publié le 16 avril 2015.
Si l'on est certain que la cloche de la chapelle saint Antoine de Guagno-les-Bains est centenaire, il manque des documents pour connaître la date de la construction du bâtiment.
On pourrait penser que la chapelle actuelle correspond à l'ancienne chapelle de l'hôpital militaire mais celle-ci semble avoir été démantelée après que l'Armée ait abandonné les lieux en 1883. Les photos des ruines ne sont pas très claires à ce sujet, d'autant plus qu'elles ne sont pas datées.
Aurait-elle été reconstruite en 1926, l'année de l'installation de la cloche?
Nous comptons sur nos lecteurs pour nous éclairer.
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Les images de l'irrésistible dégradation de l'hôpital militaire - Le blog des Poggiolais
Il n'existe plus aucune trace de l'hôpital militaire qui eut pourtant un rôle important dans la renommée de Guagno-les-Bains comme station thermale. Son activité dura soixante ans mais ses ruin...
https://poggiolo.over-blog.fr/2018/04/l-irresistible-degradation-de-l-hopital-militaire.html
La chapelle de Guagno-les-Bains est dédiée à saint Antoine d'Égypte, dit Antoine au cochon. Elle contient donc une statue de ce saint.
Mais la décoration ne se limite pas à cette seule œuvre.
Sur l'ancien autel, sont posées trois autres statues: sainte Thérèse, la Vierge et saint Joseph.
On peut voir également une statue de saint Antoine de Padoue qui a nettement besoin d'être rafraîchie.
Deux tableaux sont posés sur le mur de droite.
Mais, pour mieux connaître la chapelle saint Antoine, venez participer à la cérémonie de samedi 17 janvier à 15 heures.
A part la troisième qui est de Jeanne Segura, toutes les photos sont de Michel Franceschetti.
Quand, à Guagno-les-Bains, samedi 17 janvier, retentira la cloche pour appeler à la messe de Saint Antoine, les fidèles penseront-ils qu'elle a désormais cent ans?
Pourtant, la date est bien indiquée sur la cloche elle-même, fixée au clocheton.
La chapelle Saint Antoine n'a pas de clocher mais un clocheton éloigné de quelques mètres du bâtiment. Autrefois, près de nombreuses églises, dont les fidèles n’avaient pas les moyens de payer l’édification d’un clocher, une cloche était suspendue à la grosse branche d’un arbre ou entre deux troncs. Ce fut le cas pendant longtemps avant l’actuelle construction en moellons de granite bétonnés.
A Poggiolo, il fallut de nombreuses années pour que Saint Siméon obtienne son clocher (voir article: "La Laïcité en action dans les Deux Sorru : La fabrique part dans la dignité").
Depuis quand le clocheton actuel existe-t-il donc à Guagno-les-Bains ? On ne le sait pas mais il a probablement l'âge de la cloche.
D'un côté, sur le bronze de la cloche, le Christ (ou un saint) apparaît en relief.
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Le côté opposé comporte un crucifix et l’inscription :
« LAUDATE DOMINUM
A. D . 1926 »
(Louez le Seigneur
Année du Seigneur 1926)
Depuis cent ans, depuis 1926, cette cloche domine la chapelle et les maisons de Guagno-les-Bains, comme sur cette carte postale où le clocheton, entouré d’un cercle rouge, émerge des ruines de l’hôpital militaire.
L'histoire de Poggiolo et des villages voisins est très riche. La connaître est nécessaire pour comprendre les Deux Sorru d'aujourd'hui.
Voici une liste d'événements s'étant déroulés pendant les années se terminant par 1 ou 6, ce qui permet des chiffres ronds pour des anniversaires. Ainsi, 545 ans pour la fondation du couvent de Vico (1481) ou 180 ans pour l'installation des baignoires en marbre de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains (1846).
Comme la liste est longue, elle va être publiée en trois parties. Chaque fait est accompagné d'un lien vers un article du blog des Poggiolais.
Pour ceux qui ne verraient pas l'intérêt de penser à ces faits anciens, qu'ils méditent cette citation du philosophe-paysan Gustave THIBON né en 1903 à St Marcel-d'Ardèche et mort dans ce même village le 19 janvier 2001, il y a tout juste 25 ans:
"Que m'importe le passé en tant que passé; ne voyez-vous pas que, lorsque je pleure sur la rupture d'une tradition, c'est surtout à l'avenir que je pense? Quand je vois pourrir une racine, j'ai pitié des fleurs qui demain sècheront faute de sève."
Chronologie poggiolaise: première partie
591:
première mention d'un évêché à Sagone dans une lettre du pape Grégoire le Grand (Le bilan de l'année 2012: les fouilles de Sagone - Une précision du directeur des Archives)
1481:
fondation du couvent de Vico par le seigneur de Cinarca Giovan Paolo da LECA (L'évêque de Corse à Vico - Le 24 mars, journée mondiale de l'eau à Vico).
1501:
dernière révolte de Giovan Paolo da LECA contre les Génois. Il rallie les Deux Sorru, regroupe ses partisans à Soccia et doit capituler au château de la Zurlina près de Murzo. Les Génois décident la "disabitazione": les villages de la pieve sont détruits et leur population déportée jusqu'en 1515 (La fin de la Cinarca - Le feuilleton de l'été - Poggiolo, les années zéro: 1501 (3/3)
1676:
Installation de Grecs de Vitylo par les Génois à Paomia, sur des terres utilisées par des villageois des Deux Sorru (La rage contre les Grecs).
1711:
fin de la construction, commencée en 1709, de trois bassins en granit pour les personnes voulant profiter des bienfaits de la source thermale, ancêtres des thermes de Guagno-les-Bains. Le financement a été assuré avec les dons recueillis par le Père Jean, cordelier (Notre Saint Antoine à nous).
1731 ou 1732:
la carte d'ACCINELLI serait la première à mentionner Poggiolo, Soccia et Orto (Est-ce la toute première fois? - Les premières mentions cartographiques)
1731:
Les Grecs sont chassés de Paomia par les habitants des Deux Sorru et se réfugient à Ajaccio jusqu'en 1773 où le gouverneur MARBŒUF leur attribue le territoire de Cargèse (La rage contre les Grecs - Réponse à la devinette du mois: les chaussures perdues des Grecs).
1771:
mort de CIRCINELLU, le curé de Guagno qui avait refusé le rattachement de la Corse à la France (Une statue pour Circinellu (1/3): qui est Circinellu?)
1781:
l'assemblée des Etats de Corse reconnaît le curé de Guagno comme curé piévan au lieu de celui de Poggiolo comme il était de tradition. Le Père Giovanni BONIFACY refuse cette décision. Le conflit ne sera résolu qu'à la fin de la Révolution Française (Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve).
1796:
le Poggiolais Giovan Anton PINELLI, surnommé "l'homme le plus cultivé de Corse", devient le dernier vicaire général du diocèse de Sagone, supprimé peu après (L'homme le plus cultivé de Corse (2/3)).
1821:
début de la construction du premier établissement thermal de Guagno-les-Bains (terminé en 1825) (Solution de la devinette du mois de mars : pallélépipède).
1831:
restauration d'urgence de l'église St Siméon (A quoi ressemblait l'ancienne église? (2/2)).
1836:
installation du Père ALBINI au couvent de Vico d'où il va mener une intense œuvre d'évangélisation en Corse (Les 180 ans du Père Albini).
1841:
la commune de Guagno est expropriée des terrains nécessaires aux thermes dont MULTEDO obtient la propriété partagée avec le Ministère de la Guerre (Les terrains départementaux à Guagno-les-Bains).
1846:
travaux de rénovation de l'établissement thermal et commande des baignoires en marbre (La baignoire de l'impératrice - Une baignoire de Guagno-les-Bains a été retrouvée!).
Dans le palais de l'impératrice Elisabeth d'Autriche (Sissi) à Corfou, baignoire en marbre semblable à celles de Guagno-les-Bains.
(à suivre)
Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.