Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
31 août 2024 6 31 /08 /août /2024 07:00

 

Dans les siècles passés, les maladies comme la peste ou le choléra firent des ravages. La dernière épidémie de choléra en France eut lieu en 1884, voici 140 ans.

 

Elle débuta le 13 juin de cette année et aurait été provoquée par l’arrivée dans le port de Toulon d’un bateau venant du Tonkin. Le premier cas marseillais fut déclaré le 25 juin.

 

Entre juin et octobre, la maladie fit 1777 décès à Toulon et 1793 à Marseille. L’épidémie resurgit avec l’été 1885 et fit alors 1259 nouveaux décès dans la population marseillaise.

 

L’effroi des populations fut grand. Des Toulonnais et des Marseillais s’enfuirent de leurs agglomérations.

 

A Marseille, la quarantaine fut organisée. Les marins et voyageurs arrivant au port devaient rester au lazaret le temps d'être certain qu'ils n'apportaient pas la maladie. Il n'était possible de leur parler que derrière une double rangée de grilles.

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

La Corse fut touchée au bout de quelques jours. Dans l’île, 6 communes furent atteintes. Il y eut 4 morts en juillet, 16 en août et 6 en septembre. 

 

Près de Poggiolo, Saint André d’Orcino fut victime de l’épidémie. 

 

Il en fut même question en Suisse, dans la « Feuille d’avis de Neuchâtel » du jeudi 28 août 1884 (page 4):

L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia
(sic) depuis le 22 août.

 

Cette proximité incita la mairie de Poggiolo à prendre des mesures rigoureuses. Jules Martin DESANTI (1831-1910), qui fut maire de 1880 à 1888, signa, trois jours après cet article de presse, le 31 août 1884, l’arrêté suivant :

 

Le 31 août, pas d'épidémie à Guagno-les-Bains

 

En voici le contenu exact:

 

Nous, Maire de la Commune de Poggiolo :
Attendu qu’il s’est déjà produit quelques cas de cholera dans la commune de Saint-André d’Orcino et qu’ainsi on ne peut plus permettre sans danger l’accès de Guagno (les Bains), aux habitants de ce village contaminé .
Considérant que cette mesure est de toute utilité,
Arrêtons
--------------
Tous les baigneurs et amateurs venus de la commune de St André d’Orcino à Guagno-les Bains, soit en villégiature soit pour y prendre les eaux, sont priés de quitter le territoire à partir du 1er septembre prochain. Le Maire de Poggiolo est persuadé que les habitants de St André d’Orcino qui se trouvent actuellement aux Bains ou qui pourraient s’y rendre ne le forceront pas à prendre contre eux des mesures de rigueur et qu’ainsi ils se conformeront au présent arrêté.
Il est également défendu aux propriétaires des maisons de recevoir chez eux aucun individu venant de la susdite commune de St André d’Orcino, sans encourir les peines édictées par la loi.
Fait à Poggiolo le 31 août 1884.


Le Maire
Desanti

 

Les habitants de Saint André d'Orcino étaient donc interdits sur le territoire de Guagno-Les-Bains. Il faut remarquer qu'il n'est pas question du territoire de Poggiolo.

 

Ce document prouve que la station thermale de Guagno-les-Bains  attirait alors suffisamment de curistes des villages corses pour craindre qu’ils répandent la contagion.

 

Ce refus d’accueil de non-Poggiolais joua-t-il un rôle important dans le reflux du choléra ?

 

Toujours est-il que la Corse ne connut que 6 décès de cholériques en septembre et plus rien après. Et les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains furent préservés.

 

Au total, cette épidémie porta sur 30 départements, surtout dans le Sud, atteignit 477 communes et donna lieu à 7.820 décès dans l’ensemble de la France. Elle continua jusqu’en janvier 1885 en Algérie, où elle provoqua 890 décès. Ces chiffres sont extraits du «Journal de la Société Statistique de Paris» (tome 26,1885) p. 459 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2024 4 11 /07 /juillet /2024 07:00

 

Pendant la fête des dix ans du Foyer d'Accueil Médicalisé de Guagno-les-Bains, a été présenté un petit livre qu'il faut absolument lire.

 

"A nostra storia" a été écrit par François CORNET, père d'un résident, qui a voulu donner un émouvant témoignage sur les "accidentés de la vie".

Il entraîne ses lecteurs dans un «Voyage dans un monde à part, un monde discret qui n’est pas secret, mais particulier et que l’on n’a pas forcément l’occasion de côtoyer quand nous ne sommes pas concernés. Mais lorsqu’on le découvre, ce monde ne peut pas laisser indiffèrent tellement il est attachant ».

 

Le cardinal BUSTILLO a accepté de rédiger la préface.

 

Le livre est vendu 15€ pour financer des activités au profit des résidents. Il est disponible au foyer mais également dans des dépôts à Vico (boulangerie Ytilon et EHPAD), Sagone (Villa Romana), Arbori et Ajaccio. La liste se trouve sur le document ci-dessous.

 

Voyage dans un monde à part avec "A nostra storia"

Foyer d’Accueil Médicalisé de Guagno-les-bains

20125 U Pighjolu

Association HD2A  fam-guagno@hd2a.fr  04.95.25.09.20

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2024 7 07 /07 /juillet /2024 08:34

 

Samedi 6 juillet, le cardinal François BUSTILLO s'est rendu au FAM de Guagnu (les Bains) pour rencontrer les 40 résidents, leurs familles et les salariés qui les accompagnent au quotidien.

Un moment chaleureux de partage et de convivialité à l'occasion des 10 ans du foyer.

 

Texte et photos publiés sur le compte X (ex-twitter) de Francescu-Amatu ARRIGHI et sur la page Facebook du Foyer.

Le FAM de Guagno-les-Bains a dix ans
Le FAM de Guagno-les-Bains a dix ans
Le FAM de Guagno-les-Bains a dix ans
Le FAM de Guagno-les-Bains a dix ans
Partager cet article
Repost0
7 juin 2024 5 07 /06 /juin /2024 18:00

 

Oui, titre trompeur que celui de la vidéo mise en ligne le 22 mai sur YouTube.

 

Intitulé "Termi di Guagnu", ce film de 5 minutes 25 peut faire croire qu'il est consacré à l'établissement thermal de Guagno-les-Bains. Il n'en est rien. 

 

La façade du bâtiment a droit aux 20 dernières secondes. L'essentiel consiste en images (par ailleurs très agréables) de la rivière avec  l'eau s'écoulant sous le pont en pierres de Caldane ou sous le pont en bois qui enjambe le Filiccioni ou au confluent, tout cela sous un magnifique soleil d'été.

 

Il y a là tout ce qu'il faut pour attirer les touristes.

 

Dans la même série "A la découverte du monde", une autre vidéo a été publiée le même jour. Mais cette fois, le titre "Canyon de Zoicu" correspond bien à la réalité.

Partager cet article
Repost0
23 avril 2024 2 23 /04 /avril /2024 18:00

 

Ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, actuellement très concernée par les questions de fin de vie, a inauguré lundi 22 avril le tiers-lieu de l'EHPAD Jeanne d'Arc de Vico.

A cette occasion, elle a demandé "à toutes les instances" de faire avancer le projet de transfert du Foyer d'Accueil Médicalisé de Guagno-les-Bains vers Vico. Le déménagement aurait lieu en 2028, ce qui va arriver très vite. D'ici là, une autre activité aura-t-elle démarré?

Ci-dessous, le texte de l'article de Pascale CHAUVEAU paru dans Corse-Matin mardi 23 avril et les photos d'accompagnement

 

François Colonna rappelait la genèse de l'ehpad racheté en 2000 aux soeurs marianistes.

François Colonna rappelait la genèse de l'ehpad racheté en 2000 aux soeurs marianistes.

Ce lundi 22 avril, Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé, a inauguré officiellement le tiers-lieu de l'Ehpad Maison Jeanne d'Arc de Vico, actif depuis septembre. Une visite dont le protocole officiel s'est estompé derrière la disponibilité et la bienveillance de la représentante du gouvernement.

Alors qu'un avion pour Paris - où elle sera auditionnée ce soir par la commission spéciale du projet de loi sur la fin de vie - l'attendait sur le tarmac de Campo dell'Oro à 12 h 30, Catherine Vautrin a pris son temps, ce lundi 22 avril, pour visiter l'Ehpad de Vico et échanger avec les résidents et les personnels, qu'elle a remerciés pour leur engagement.

Sur place dès 9 heures du matin, elle a eu un mot pour chacun, s'est intéressée à chaque parcours de vie.

Le tiers-lieu était officiellement inauguré par Catherine Vautrin.

Le tiers-lieu était officiellement inauguré par Catherine Vautrin.

D'abord perturbés par la cinquantaine d'invités qui accompagnent la ministre, les résidents se sont montrés flattés, comme Jean-Baptiste qui trouve " très bien qu'une ministre s'intéresse aux aînés ", ou Marie-Rose qui n'a pas caché son plaisir de la rencontrer : " Ça fait plaisir qu'elle voie notre vie ici, et surtout qu'elle comprenne comment il a été difficile pour nous de surmonter cette épreuve qu'est l'entrée en Ehpad ".

De son côté, Marie fanfaronne un peu : " Je suis habituée aux ministres moi, on a déjà eu Brigitte Bourguignon il y a quelques mois. Mais c'est sympa quand même ! Si elle veut je lui apprendrai le crochet car elle a remarqué mon châle que j'ai tricoté moi-même ".

Le personnel de l'établissement bluffé

Un châle auquel Catherine Vautrin fera allusion quelques minutes plus tard dans son allocution, parlant de l'importance de la transmission : " Il y a beaucoup à entendre et à apprendre de nos aînés, qui nous ont permis de devenir ce que nous sommes. Il est normal de leur rendre à notre tour ".

Mais surtout, Catherine Vautrin souligne le travail accompli au sein du tiers-lieu, en saluant François-Aimé Arrighi, directeur de l'Ehpad, pour sa vision : " Je mesure l'importance du tiers-lieu, sa synergie et son implication au cœur du territoire. L'amour c'est bien, mais les preuves d'amour c'est mieux ! "

Le médiateur animalier donne des explications sur les bienfaits de la ferme thérapeutique.

Le médiateur animalier donne des explications sur les bienfaits de la ferme thérapeutique.

La ministre du Travail et de la Santé a également salué les dernières actions réalisées, comme la pièce de théâtre sur Jean Nicoli en présence des collégiens de Vico ou la journée de sensibilisation aux métiers liés à la dépendance.

Une communication ministérielle qui a bluffé les personnels de l'établissement : " C'est incroyable de voir à quel point elle connaissait bien l'établissement et tout ce qui s'y était passé ".

Projet de déménagement du foyer d'accueil médicalisé

Qu'ils soient personnels soignants, d'entretien ou d'animation, la visite de Catherine Vautrin aura été perçue comme très gratifiante : " Cela a permis de mettre en lumière ce qui a été ou va être fait. On a reçu une vraie reconnaissance du travail accompli et ça fait du bien. Qui plus est, elle est super sympathique, et quand elle parle, on y croit ! "

Enfin, la visite a sans doute donné un coup de pouce au projet de déménagement du foyer d'accueil médicalisé (Fam) de Guagno-les-Bains, prévu à l'horizon 2028, à quelques mètres de l'Ehpad de Vico.

À ce jour, une partie du financement reste à trouver pour que la construction du nouvel établissement puisse démarrer. Sans nuances, Catherine Vautrin a demandé à toutes les instances de se mettre en ordre de bataille pour soutenir le projet.

 

 

Partager cet article
Repost0
22 avril 2024 1 22 /04 /avril /2024 08:25

 

La Gendarmerie de Corse vient de publier dimanche 21 avril sur sa page Facebook le communiqué suivant:

 

#Environnement | Lutte contre les décharges sauvages 🌍
Le contrôle coordonné des #gendarmes de la COB de Vico-Cargèse avec les agents de l’ONF de Corse / ONF di Corsica a permis la découverte de cette décharge sur le secteur de Guagno les Bains. 😱
L’enquête ouverte devra permettre, nous l’espérons, d’identifier les déposants.

 

Le texte est accompagné de photos:

Une décharge sauvage à Guagno-les-Bains.
Une décharge sauvage à Guagno-les-Bains.
Une décharge sauvage à Guagno-les-Bains.

 

L'information a été reprise par Corse-Matin, qui a rappelé le montant des amendes encourues par les responsables. Elle a suscité des commentaires dont voici des exemples:

Une décharge sauvage à Guagno-les-Bains.
Partager cet article
Repost0
11 avril 2024 4 11 /04 /avril /2024 18:00

 

Il était 5 h 25, ce matin du 13 avril 1934, quand une tête roula dans le panier de la guillotine placée devant les portes de la maison d'arrêt de Bastia.

 

Jean-Baptiste TORRE était puni pour ses crimes qui avaient eu un grand retentissement en Corse et sur le continent.

 

Né à Lopigna en 1909, Jean-Baptiste TORRE déserta du 6e régiment colonial au Maroc en juillet 1930, alors qu'il devait comparaître pour une agression. Il prit le maquis avec  son oncle François CAVIGLIOLI. Le 20 octobre 1930, il commit son premier meurtre. Le 17 août 1931, il participa à l'agression de Guagno-les-Bains.
 

Publicité parue dans "La Corse touristique" en 1926.

Publicité parue dans "La Corse touristique" en 1926.

 

Avec François CAVIGLIOLI et son cousin Toussaint CAVIGLIOLI, il avait investi le village de Guagno-les-Bains pour racketter les commerçants. Mais le gérant de l'établissement thermal ne s'était pas laissé faire et un coup de feu tiré par Jean-Baptiste TORRE tua Antoine GUAGNO, garagiste ajaccien venu en cure.

 

Cet attentat servit de prétexte à l'expédition militaro-policière montée pour supprimer le banditisme corse en novembre 1931 (voir ICI).

 

Trois mois plus tard, le 2 novembre 1931, lors de la fusillade de Balogna, pendant laquelle François CAVIGLIOLI fut tué, Jean-Baptiste abattit le maréchal des logis TOMI et le gendarme KLEIN, et blessa grièvement le lieutenant NEUVEGLISE et le gendarme SOYER.

 

Mort de François Caviglioli vue par la presse parisienne.

Mort de François Caviglioli vue par la presse parisienne.

En haut, les deux gendarmes tués. En bas, les deux blessés.

En haut, les deux gendarmes tués. En bas, les deux blessés.

 

Il s'enfuit mais fut finalement pris à Muna le 11 février 1932 (voir11 février 1932: Torre rattrapé à Muna).

 

Les Assises de Corse, qui le jugèrent en novembre 1933 en même temps que Toussaint CAVIGLIOLI, le condamnèrent à la peine capitale, peine exécutée voici 90 ans.

 

J-B Torre et Toussaint Caviglioli.

J-B Torre et Toussaint Caviglioli.

Les derniers moments de Jean-Baptiste Torre racontés par "Le Petit Journal".

Les derniers moments de Jean-Baptiste Torre racontés par "Le Petit Journal".

Partager cet article
Repost0
23 mars 2024 6 23 /03 /mars /2024 18:00

 

 

Après avoir décrit les anciens moulins construits sur la rivière (voir l'article Autrefois, la rivière permettait d'avoir la farine et les pipes), Xavier PAOLI, dans le texte fourni au Blog des Poggiolais, ajoutait quelques souvenirs d'enfance sur ces lieux:

 

"Certains d’entre nous (de moins en moins nombreux) se souviendront que, il y a largement plus de cinquante ans [ce texte a une douzaine d'années], après la baignade au « LAVU A E CONCHE », se disputaient sur ce « PIANU A U FANGO », seul espace assez vaste, d’acharnées parties de football.

A l’époque, on y distinguait encore très nettement le canal d’amenée d’eau (« A madre ») construit avec de gros blocs agencés avec soin et qui ménageait une pente suffisante permettant aussi l’irrigation des jardins en terrasses qui jouxtaient la rivière."

Xavier Paoli

On jouait au football près de la rivière

 

Sur cette carte, le terrain représenté par le croquis de Xavier sur les moulins est circonscrit par un trait rouge. L’espace plat permettant de jouer au football est représenté par la distance séparant la rivière (d’altitude 460 mètres) et la courbe de niveau des 470 mètres.

Ces lieux servirent également à la génération suivante, dans les années 1960-1970. 

Pour arriver à ce lieu depuis Poggiolo, il faut bifurquer depuis le sentier joignant le village à Guagno et dont le point de départ principal est près du Fragnu, là où une barrière et une pancarte ont été installées voici quelques années (et qui ont été bien dégradées depuis que ces photos ont été prises).

 

LES MOULINS POGGIOLAIS
LES MOULINS POGGIOLAIS

 

 

Partager cet article
Repost0
17 mars 2024 7 17 /03 /mars /2024 18:01

 

Pour mieux connaître l'activité pipière de Guagno-les-Bains, déjà évoquée, on peut se référer à un article de Xavier PAOLI.

 

Xavier, qui était la personne connaissant le mieux l’histoire de la communauté poggiolaise, avait rédigé sur les moulins d'autrefois un texte, accompagné d’un croquis de sa main, qu’il avait eu la gentillesse de confier au Blog des Poggiolais. Il fut publié le 23 juin 2013.

 

En voici la première partie.

 

---------------------------------------------

 

"Le 7 juillet 1828, le maire de Poggiolo Charles François PINELLI répond à une enquête économique de la préfecture :

« … il existe un moulin à farine sur le territoire de la commune sur le « Liamone » (sic) au lieu-dit « FANGO ». Il a été construit il y a environ cent ans. Il fonctionne avec un homme et appartient à Jules MARTINI. Les dépenses annuelles sont de 94 francs et les revenus de 141 francs… ».

Sur le cadastre de 1857, ce moulin est nommé : «Moulin du COTICCIO» et appartient à :

- MARTINI Pierre (de Paul) 2/6 – 12 francs

- FRANCESCHETTI François (maire) 1/6 – 6 francs

- MARTINI Jules César (meunier) 3/6 – 18 francs

Sa surface est de 37 m2.

 

Au début du XXème siècle, il sera transformé en scierie par Jean ARNAUD et son beau-frère PINO qui fournissaient Saint-Claude (dans le Jura) en ébauchons de pipes en bruyère.

 

En fait, il existait un autre moulin qui, en 1828, était déjà à l’état de ruine et devait l’être depuis longtemps.

Sur le cadastre, il est nommé «Moulin de LUCCIACCIA» 

 

En se reportant au croquis, on s’aperçoit que nos ancêtres avaient très habilement utilisé un coude du Fiume Grosso et, de plus (ce qui n’apparaît pas sur le plan), le terrain à cet endroit est plat et donc facilement aménageable."

(à suivre)

Autrefois, la rivière permettait d'avoir la farine et les pipes

---------------------------------------------

 

Sur la carte ci-dessous, le terrain représenté par le croquis de Xavier est circonscrit par un trait rouge. L’espace plat est représenté par la distance séparant la rivière (d’altitude 460 mètres) et la courbe de niveau des 470 mètres.

 

Autrefois, la rivière permettait d'avoir la farine et les pipes

 

 

Dans ce texte, Xavier PAOLI montrait l'importance économique de la rivière. La force de l'eau permettait de faire fonctionner aussi bien des moulins que des scieries.

 

Il est à noter que le moulin du Coticcio fut d'abord destiné à produire de la farine à partir de seigle, orge, froment, "bled de barbarie", preuve supplémentaire que l'activité agricole poggiolaise n'était pas dominée par l'élevage (voir "L'histoire abrégée du village avant 1914", autre texte de Xavier PAOLI disponible sur ce blog).

 

La scierie ARNAUD employait des personnes qui n'étaient pas toutes Corses et pouvant venir de loin, comme ce fut le cas pour Guillaume CUBE, venu de Perpignan.

 

En 1921, les Russes Blancs réfugiés de leur pays tombé aux mains des communistes fournirent une nouvelle main-d'œuvre pour les scieries. Même s'ils installèrent un véritable petit village, ils ne restèrent pas. Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», en avril 1998, on peut lire:

 

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?
- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

 

Jean-Toussaint ARNAUD se souvient qu'un autre bâtiment, au Genice, avait sa place dans l'activité pipière. Il s'agissait de l'endroit où les racines de bruyère étaient bouillies. En effet, il fallait les mouiller pour qu'elles ne se fendent pas et les bouillir pour éliminer la sève.

 

Guagno-les-Bains fut une localité industrielle et pas seulement thermale et touristique.

 

 
Partager cet article
Repost0
12 mars 2024 2 12 /03 /mars /2024 18:00

 

Le tabac produit en Corse (voir l'article "Le tabac, richesse poggiolaise") a longtemps été consommé beaucoup plus dans les pipes que sous forme de cigarettes, et ces pipes furent surtout de fabrication locale.

 

Coll. Ange Tomasi.

Coll. Ange Tomasi.

 

La pipe était toujours présente dans les veillées où l'on écoutait un conteur parler de sorcières et de revenants.

 

"Comme le disait Austin de Croze, témoin de ces mémorables veghje (veillées) au début du XXème siècle: "En Corse, la fumée est l'horloge des veillées campagnardes". La fumée du fucone ajoutée à  celle des pipes des hommes s'épaississait tant qu'on avait beau s'accroupir, se tasser, venait le moment où elle finissait par atteindre toutes les têtes. Alors on se levait en silence, chacun se serrait la main et, reprenant son fusil à l'aveuglette, quittait les lieux que le maître aérait un instant pour y rentrer dormir avec les siens" ("Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997).

 

Les belles pipes de Soccia et de Guagno-les-Bains

 

Les pipes corses furent d'abord en terre, puis en buis et enfin en bruyère. Les qualités de cet arbuste pour la consommation de tabac furent découvertes vers le milieu du XIXème siècle, ce qui fit la richesse de Saint-Claude dans le Jura. Les fabricants de pipes jurassiens utilisèrent beaucoup la scopa corse.

 

Il se raconte qu'un Corse détenu dans le Jura avait été employé en prison à travailler sur les souches de bruyère et que, à sa libération, il incita des artisans de son village à fabriquer des pipes. Ainsi s'expliquerait que cette activité fut très importante à Valle d'Orezza.

 

En 1918,  les usines d'ébauchons faisaient vivre 860 personnes en Corse.

La scopa (souche) provenant de l'erica arborea (bruyère arborescente) était extraite de la terre entre octobre et mai. Elle était débitée en ébauchons dans des scieries. Au début du XXème siècle, il y en avait une à Vico et une à Guagno-les-Bains où elle était exploitée par la famille ARNAUD.

 

Les ébauchons sont "de petits cubes de racine de bruyère grossièrement ébauchés, prêts à être travaillés par le fabricant de pipes", d'après le dictionnaire Larousse.

Les belles pipes de Soccia et de Guagno-les-Bains
Les belles pipes de Soccia et de Guagno-les-Bains

 

Il faut les mouiller pour qu'elles ne se fendent pas et les bouillir pour éliminer la sève.

 

Une bruyère met trente ans pour former une souche de trois kilos. Les pipiers achetaient les ébauchons prêts à l'emploi, souvent en Italie.

A Soccia, les flancs de montagne dominant l'ancien hameau de l'Aghja produisaient des racines de bonne qualité. 

 

Vers 1955, Gino CAPRINO arrachait de quoi produire près d'un quintal de souches par jour.

 

Un artisan socciais eut une célébrité peu enviable.

Jean SANTONI était né à Soccia en 1866. Il eut un frère, Joseph Antoine, né en 1877, qui devint prêtre en 1904 et termina sa carrière comme curé d'Orto de 1922 à 1952. Jean était armurier à Cargese quand il creva un oeil à un camarade de beuverie. Après cinq ans de prison (1893-1898), il s'établit dans son village de naissance comme forgeron puis comme scieur d'ébauchons et fabricant de pipes, dont il avait peut-être appris la technique en détention.

 

S'étant querellé le 28 juillet 1907 avec le maréchal des logis Jean MICHEL, il le blessa d'un coup de fusil et tua le gendarme Marius LATOUR le 2 janvier 1909. Le 6 janvier, Jean SANTONI fut tué par d'autres gendarmes lors d'une embuscade qu'il avait organisée à Guagno-les-Bains.

 

Plus de renseignements dans l'article "Du sang à Guagno-les-Bains"

 

On trouva dans son atelier un millier d'ébauchons et de pipes plus ou moins finies.

 

Petit à petit, la fabrication locale de pipes disparut.

 

Certains de nos lecteurs auraient-ils chez eux des exemplaires de cet art disparu?

 

Photo Pierre-Jean Luccioni.

Photo Pierre-Jean Luccioni.

 

 

Cet article a été rédigé grâce aux documents suivants:

- notes de Jean-Baptiste PAOLI et du Père DOAZAN

"La Corse" 20/12/1989

- "Tempi fà, Arts et traditions populaires de Corse" par Pierre-Jean LUCCIONI, Albiana, 2007

- "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997.

 

Article déjà publié le 7 juin 2017.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

---------------

 

 

 

Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Jeudi 13 août:

Grand bal animé par Sirocko.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch, suivies par un apéritif convivial.

 

Lundi 17 août:

- Messe à la mémoire de Marie-Antoinette PRINCE-DEMARTINI à 10h30 église St Siméon.

- Messe à la mémoire de Christiane TRAMINI à 18h église St Siméon.

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alban Poggiolo.

---------------

---------------

L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

-----------------

Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

..............

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.