Dans l'article précédent, Francine rappelait les habitudes alimentaires traditionnelles pour Pâques. Rien n'interdit de modifier ces repas, sauf pour les croyants qui sont encouragés à jeûner le Vendredi Saint.
Le Belvédère vous propose donc sa carte pour le week-end pascal. Régalez-vous !
La fête chrétienne de Pâques a longtemps eu une telle importance que les habitudes alimentaires en ont été marquées. Les œufs en chocolat n'en sont qu'un avatar finalement très récent en comparaison de traditions séculaires que Francine MASSIANI a présenté dans "Prima Inseme" en avril 2017.
Diffusé sur France 3 Via Stella, ce magazine d'informations pratiques était présenté par Celia PETRONI qui servait de chef d'orchestre aux divers chroniqueurs. Jeudi 6 avril 2017, Francine avait donné l'inventaire des plats corses de Pâques en précisant leurs caractéristiques et leurs explications religieuses:
- la morue
- les pois chiches en sauce
- l'agneau et le cabri
- le broccio (dont il faut rappeler que la saison dure de novembre à juin et dont le meilleur serait celui de Piana, d'après un invité))
- le fiadone et l'ambrucciata
- le cacavellu en forme de couronne (mais allongé à Cargese)
- la panetta
De quoi se régaler!
Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez que tout est expliqué dans la bonne humeur.
Une semaine avant Pâques, le dimanche des Rameaux est un jour important dans la liturgie catholique et a donné naissance à de nombreuses traditions en Corse.
A cette occasion, nous republions un article paru dans ce blog voici quelques années.
Cette fête, qui rappelle le jour de l'entrée de Jésus à Jérusalem, a été décrite par Claire TIEVANT et Lucie DESIDERI dans "Corse - Almanach de la mémoire et des coutumes".
"Les «Oraisons de la Bénédiction Rameaux» précisent le nom des plantes consacrées: le buis, les palmes, l'olivier; noms que l’on retrouve dans la désignation de la fête. En Corse, on l'appelle « e Palme » (les palmes), « e Crucette » (les petites croix ou croisettes) ou encore l'Alivu (l'olivier). En effet, n'est-ce pas encore la période où les olives, arrivées à maturité, sont récoltées dans villages? On ne peut s'empêcher de remarquer la coïncidence du calendrier religieux et de celui des « travaux et des jours » de la vie traditionnelle de cette île méditerranéenne.
Du point de vue cérémoniel, le dimanche des Rameaux ouvre la période de Pâques en nous faisant entrer dans la semaine sainte. A ce jour d'ailleurs, on pratique un rite de clôture et d’ouverture, connu dans la liturgie sous le nom d’Attolite portas (Ouvrez les portes). La Corse, jusqu’à tout récemment, a célébré ce rite qui se déroule sur le seuil de l'église:
Photos de la bénédiction des Rameaux à Poggiolo en 2011.
Après que le curé a bénit et distribué aux paroissiens les rameaux de palme et d'olivier, on ouvre les portes de l'église et l’on sort processionnellement. Cette procession, au cours de laquelle on porte à la main les rameaux, doit être relativement longue. Elle faisait autrefois le tour du village, elle se limite aujourd'hui à faire le tour de l'église. Pendant ce temps, la porte de cette dernière est fermée de l'intérieur par trois hommes. A son retour, la procession se masse derrière l'officiant, sur le parvis. Le prêtre demande alors à trois reprises l'ouverture des portes: il frappe trois fois avec le pied de la croix en disant, en langue corse: « - Apri la porta! Hosanna pia! » (Ouvre la porte, Hosanna saint!). Au troisième coup et à la troisième invocation, les hommes demeurés à l'intérieur procèdent à l'ouverture: alors la foule s'engouffre dans l'église et l'on peut célébrer enfin la messe des Rameaux.
Les palmes et l'olivier bénits le dimanche des Rameaux possèdent une puissante vertu protectrice; ils empêchent les calamités de s'abattre sur les gens et les biens, ils procurent bienfaits et abondance. Chaque famille ramène chez elle et suspend dans sa maison ces crucette (petites croix). Celles-ci sont aussi appelées San Martini (Saints-Martin), par évocation du saint que la Corse vénère comme protecteur des troupeaux et des récoltes, comme fournisseur d'abondance. Les San Martini sont plantés dans les champs fraîchement cultivés ou sur les tas de céréales tout juste moissonnées. Dans les maisons, e crucette ont les mêmes vertus bénéfiques que les petits pains de Saint-Antoine (panioli), l'œuf de l'Ascension, et le cierge de la Chandeleur, qui conjurent les orages, protègent les enfants contre la maladie ou le mauvais œil (l'occhju). Les signatore (guérisseuses) savent d'ailleurs utiliser ces végétaux bénits pour chasser les « mauvais esprits », dans un rite qui consiste à enfumer le malade en faisant brûler l'olivier et les rameaux. Chaque année, on renouvelle ces plantes rituelles dans toute leur fraîcheur. Les vieux rameaux sont incinérés dans le focu novu (le feu nouveau) du samedi saint."
La fabrication des crucette est expliquée dans ces deux articles parus sur ce blog en 2011:
Le 20 mars dernier, une tribune libre publiée par Mgr Bustillo a eu un grand retentissement.
L'évêque de Corse écrivait que, après les morts tragiques du préfet Erignac et d'Ivan Colonna, il était temps d'honorer les vivants et de sauver l'âme du peuple corse. Il adjurait les Corses de sortir d'un coma paralysant pour vivre une nouvelle espérance. Pour montrer cette volonté de pacifier les esprits, Mgr Bustillo demandait de se rassembler le 2 avril dans les églises avec des branches d'olivier.
Sera-t-il suivi? En tout cas, son cri a bousculé de nombreux insulaires.
Chaque image a comme limites le Fiume Grosso au sud, le pont de Caldane (Guagno-les-Bains) à l'ouest et l'église Saint Siméon à l'est.
Tous ces documents s'agrandissent avec un petit "clic".
Le plan-terrier commencé par la monarchie et terminé sous la Révolution montre que, s'il existait un chemin de Guagno-les-Bains à Poggiolo, il fallait en reprendre un en haut du village, aux Case Suprane, pour continuer vers Soccia. L'itinéraire direct de Caldane à Soccia évitait le village. Les deux chemins se retrouvaient près de la fontaine de Saint Marcel.
Au début du XIXe siècle, sur la carte d'état-major, la route des Bains à Soccia, en blanc, est bien plus visible, et donc bien plus importante, que le sentier, tracé en noir, venant de Poggiolo et le rejoignant aux Trois Chemins. Le plus facile, pour les Poggiolais désirant se rendre à Vico, était de traverser la rivière au Genice et de passer au-dessus de la station thermale.
Le réseau routier est bien différent avec cette carte de 1950. Depuis les Bains, la route a le tracé actuel: après le pont de Caldane, elle tourne à droite pour rejoindre le tronçon du Genice et monte vers Poggiolo. Elle passe au milieu du village pour continuer vers Soccia. L'ancien chemin est abandonné.
Mais cette carte est un peu compliquée à comprendre.
La carte actuelle de l'IGN est bien plus claire.
Le chemin des Bains à Soccia, nommé "Mare a Mare Nord variante", est représenté par une couleur rose bordant un trait noir. Les routes goudronnées sont en blanc.
En dehors des grandes routes goudronnées, il existe les chemins noirs. Ce terme, employé par Sylvain TESSON dans un excellent livre, vient d'être repris comme titre de l'adaptation cinématograp...
Parmi les travaux entrepris pendant le mandat de Martin PAOLI, né voici 120 ans, on peut retenir le bétonnage de la Stretta.
Il faut se rendre compte que la rue principale (et les autres rues également) de Poggiolo était un chemin empierré avec des cailloux de taille et de forme irrégulières. Marcher n'était pas toujours facile, suivant les chaussures utilisées.
Entre l'été 1963 et l'été 1966, à une date que nos lecteurs voudront bien nous préciser, le ciment fut coulé sur les pierres. Le confort avait gagné sur le pittoresque. Curieusement, pendant un certain temps, le revêtement fut même de couleur rose.
Voici quelques images de cette transformation. Les lieux sont bien connus.
D'abord, la descente dangereuse:
La photo en noir et blanc représente une procession ou une communion en septembre 1936. Elle a été communiquée par Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA.
Puis,devant Saint Roch:
La première photo date également de 1936 et a la même provenance.
Enfin,derrière la chapelle, vue par le peintre RIFFLARD, et photographiée au XXIéme siècle.
En dehors des grandes routes goudronnées, il existe les chemins noirs.
Ce terme, employé par Sylvain TESSON dans un excellent livre, vient d'être repris comme titre de l'adaptation cinématographique qui vient de sortir sur les écrans.
Jean DUJARDIN y tient le rôle de l'écrivain-randonneur.
Les chemins noirs sont les chemins représentés par des traits noirs sur les cartes de l'IGN. Ils ont ce nom tandis que les sentiers sont en pointillés. Ils sont surlignés en rose quand ils font partie d'un itinéraire balisé comme le GR 20 dont une alternative, le Mare a Mare Nord, passe près de nos villages.
TESSON n'a pas marché en Corse mais les sentiments qu'il exprime dans son livre sont valables sur l'île comme sur le continent, qu'il s'agisse de la beauté des paysages naturels comme de ceux travaillés par l'homme maintenant abandonnés ou des villages qui se meurent.
Les paysages ont une grande importance mais le récit s’attache surtout à rendre hommage à la liberté qu’ils offrent lorsqu’on accepte de s’y perdre, de préférence en solitaire. Les chemins noirs du titre désignent autant ces passages peu fréquentés que la part sombre de cet homme pressé, moins charmant qu’il n’en a l’air. (Pascal Le Duff, Le Télégramme, le 21 mars 2023)
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blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).