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31 décembre 2022 6 31 /12 /décembre /2022 09:09

 

Mais oui, les téléspectateurs qui ont été attentifs hier aux aventures de Candice Renoir ont pu remarquer qu'une partie avait été tournée à Vico.

 

Vers la fin, quand la femme qui était cachée raconte tout, la scène se passe sur une terrasse dont l'arrière-plan montre parfaitement la Sposata. Les réseaux sociaux en ont vite rendu compte.

 

Vico à la télévision avec Candice Renoir

 

Auparavant, le domicile d'Orso, l'homme assassiné, est à Vico. Les volets bleus de la maison visitée par l'héroïne du téléfilm sont bien reconnaissables sur la photo accompagnant l'article paru le 15 mai 2022 dans Corse-Matin.

 

Vico à la télévision avec Candice Renoir
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28 décembre 2022 3 28 /12 /décembre /2022 18:07

 

Rien ne serait plus simple, si la volonté en existait, que de trouver où rendre hommage à "l'homme le plus cultivé de Corse": sa maison familiale.

 

Gian Antonio PINELLI, dont quatre articles de ce blog viennent de rappeler la vie très fournie, est né en 1760 dans la même demeure que là où il est mort en 1832.

 

La maison PINELLI serait une des plus anciennes de Poggiolo. Faisant partie des Case Suprane, elle domine la route actuelle.

 

Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.

Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.

 

D'après une inscription aujourd'hui disparue, elle aurait être édifiée en 1610, puis elle fut agrandie pour atteindre ses dimensions actuelles en 1702, comme l'indique un linteau gravé.

 

La maison de Gian Antonio


Actuellement, la partie nord-ouest, la plus ancienne, est à Félicie et Dominique.

 

La maison de Gian Antonio

 

La partie sud-est est à Ernestine et a fait l'objet d'un article précédent (cliquer ici)

 

 

La maison de Gian Antonio

 

Mais aucune inscription, aucune plaque en ce lieu, aucune indication dans un quelconque dépliant. Les Poggiolais actuels sont-ils capables de penser aux Poggiolais d'antan?

 

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27 décembre 2022 2 27 /12 /décembre /2022 18:05

 

 

UN ACTEUR DE LA FRANCISATION

 

 

   Gian Antonio PINELLI avait bien servi l'administration napoléonienne. Il aurait pu craindre beaucoup de la Restauration. Pourtant, écrit Eugène GHERARDI,

 

Gian Antonio sera l'un des rédacteurs du Journal du département de la Corse, parce qu'il est au nombre des rares Corses qui ont aussi bien la maîtrise de la langue italienne que de la langue française.

 

   Cet atout était important car ce journal, créé le 1er novembre 1817, fut bilingue jusqu’au 2 octobre 1824 (une colonne en français et une colonne en italien).

Le premier journaliste corse.

 

  Destiné à faire connaître les lois, jugements et actes de l’administration, il était un véritable bulletin officiel et un instrument de la francisation de l’île. Il devint ensuite Le Journal de la Corse qui se fait une gloire d'être actuellement le doyen de la presse européenne.

L'auteur de la Chronique de la vieille Corse parue dans Le Petit Bastiais du 29 septembre 1943 écrit:

 

"Dans un sens, l'abbé Jean Antoine Pinelli peut être considéré comme le premier journaliste régulier que connut la Corse avec son premier journal également régulier".

 

 

Le premier journaliste corse.

 

   Le Poggiolais continuait à servir l'administration française.

 

Pinelli fut l'un des conseillers du général Brenier de Montmorand, responsable d'une commission chargée d'évaluer les besoins de la Corse. Il est nommé conseiller général de Soccia le 11 mars 1818.

 

   Il fut président du comité cantonal de Sorro in Sù de 1821 à 1825, fonction qui lui permit d’aider beaucoup ses concitoyens .

 

 

 

LE DEUS EX MACHINA DE L'ÉCOLE EN CORSE?

 

   Même retiré dans son village d’origine, il continua à avoir une fort influence comme en témoigne l’abondante correspondance qu’il échangea, notamment sur les questions d’éducation.

 

 

   On peut en avoir une idée avec les documents conservés au Musée Requien d’Avignon et étudiés par Eugène GHERARDI sous le titre: "A cullana corsa d'Esprit Requien, anderinu avignunese (1788-1851)".

  

   Esprit REQUIEN était un naturaliste français, né le 6 mai 1788 à Avignon. Il se consacra très tôt à la botanique et réalisa le premier inventaire botanique de la Corse où il passa beaucoup de temps et où il mourut le 30 mai 1851 à Bonifacio. Plusieurs lettres de l’abbé PINELLI ou envoyées à celui-ci se trouvent dans les archives de REQUIEN sans que l’on sache très bien comment elles y sont arrivées.

 

   D’autre part, les inspecteurs chargés de l’instruction publique en Corse écrivaient souvent à l'abbé PINELLI pour l’organisation de l’enseignement dans le canton ou dans l'ensemble de la Corse.

 

   Ainsi, en janvier 1821, MOURRE félicita Gian Francesco pour son travail mais ne trouvait pas utile “d’établir une nouvelle école dans une petite commune qui en possède déjà trois” (il s'agissait de Soccia!!!). Un an plus tard, COTTARD l’informa qu’il acceptait la nomination du signor COLONNA comme instituteur à Guagno et en profita pour lui demander des lettres de recommandation pour des villes italiennes où le gouvernement l’envoyait en mission.

 

   L’influence de  l’ecclésiastique vivant bien loin d’Ajaccio était donc toujours forte. D’ailleurs, MOURRE et COTTARD ne manquaient pas de l’informer de leur nomination, maladie et mutation !

 

 

UN PRÊTRE SOUCIEUX DES AUTRES

 

    Après avoir quitté ses fonctions à la Préfecture, Gian Antonio PINELLI devint curé de SOCCIA en 1821 ou 1822 et le resta jusqu’à sa mort.

   L’Almanach du clergé de France de 1823 précise qu’il était un des deux seuls curés de deuxième classe de l’arrondissement et que sa fonction lui donnait autorité  sur les desservants de GUAGNO, ORTO et POGGIOLO.

 

 

Le premier journaliste corse.

  

   BENCI observe que, “retiré enfin à Poggiolo, il se consacra assidument à conseiller et à faire s'accorder  les paroissiens, passant le reste du temps dans sa bibliothèque riche et choisie” (page 76 de Piero d’Orezza, traduite par Dominique ANTONINI-LIARD).

 

   L’écrivain italien ajoute: “Je me rappellerai toujours avec grand plaisir cette brève mais douce entrevue que j'eus avec le docteur Pinelli, parmi ses livres, en grignotant  en même temps une bonne omelette au brocciu que son bon cœur m'offrit.” Il promit à BENCI de lui donner des informations sur le fameux CIRCINELLU qui refusa  de se soumettre à la France de Louis XV. Il mourut avant de pouvoir se rendre à GUAGNO pour interroger lui-même des témoins. Mais son neveu, Carlo Francesco Pasquale PINELLI, le filleul de Pasquale PAOLI, notaire et maire de POGGIOLO de 1822 à 1847, accomplit la promesse faite par son oncle.

 

   Carlo Francesco était devenu greffier de justice de paix du canton de Soccia, peut-être avec l’aide de son grand-oncle Gian Antonio. 

 

   Il n’est pas interdit de penser que celui-ci ait permis à Carlo Francesco Pasquale de devenir maire de Poggiolo en été 1821 (à 26 ans, record dans l’histoire de la commune!). A cette époque, les maires des petites communes n’étaient pas élus mais désignés par le préfet, donc avec l’accord du gouvernement.

 

   Gian Antonio décéda le 26 décembre 1832 à POGGIOLO, à l’âge de 72 ans. Le décès fut déclaré devant Carlo Francesco Pasquale PINELLI par deux autres de ses neveux : Gioan Vincenzo, curé, et Gioan Antonio, cultivateur (voir le dépouillement des registres d'état-civil par Pierre LECCIA, disponible sur Généanet).

Acte de décès de Gian Antonio Pinelli

Acte de décès de Gian Antonio Pinelli

 

La plupart de ses notes, notamment le manuscrit d'une monographie sur le département du Liamone, ont été confiées par ses héritiers à l'ingénieur Robiquet  auteur d'un volumineux ouvrage sur l'île.

 

   

   Ce livre de 600 pages, Recherches historiques et statistiques sur la Corse, eut un grand retentissement à l’époque et fut critiqué par les Corses.

 

 

    La réputation de grand intellectuel de l’abbé PINELLI et celle de la richesse de sa bibliothèque restèrent vives longtemps. Plusieurs livres et guides sur la Corse publiés au XIXème siècle en font mention. Par exemple, Jean-Ange GALLETTI, à la page 140 de son Histoire illustrée de la Corse, écrit en 1863: POGGIOLO (...) a donné le jour à l’abbé PINELLI, ancien moine, et homme remarquable dans les belles-lettres”.

 

 

    Depuis cette époque, il ne reste plus rien des livres accumulés par l’homme le plus cultivé de Corse.

 

 

 

    Les souvenirs même de l'existence de Gian Antonio PINELLI, ce Poggiolais exceptionnel, se sont effacés. Dans le village, rien, pas même une petite inscription. Espérons que ce blog permettra de combler ce trou de la mémoire collective.

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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 18:02

 

 

   Décédé le 26 décembre 1832, voici exactement 190 ans, Gian Antonio PINELLI est bien oublié à Poggiolo. Mais les Poggiolais s'intéressent-ils vraiment à leurs ancêtres?

 

   Gian Antonio PINELLI représenta Pasquale PAOLI lors d'un baptême à Poggiolo, comme l'a montré le second article de cette série.

   Ce troisième article raconte ses actions et ses importantes fonctions à la fin de la Révolution et sous l'Empire, toujours d'après la notice rédigée par Eugène GHERARDI dans le Dictionnaire historique de la Corse.

   Le texte de cette biographie, publié ici sur fond jaune, sera coupé par des explications et des compléments.

 

 

 

UNE RÉFÉRENCE DANS L'ENSEIGNEMENT

 

   Eugène GHERARDI écrit que, après être allé habiter quelque temps à Florence,


Gian Antonio PINELLI retourne en Corse en 1796 où il est promu par l'évêque GUASCO à la charge de vicaire général du diocèse de Sagone; on le retrouve en 1805 prêtre à Piana.

 

   Il doit s’agir de Matteu Francescu GUASCO, dernier évêque de Sagone de 1773 à 1801. Le Poggiolais voit donc de près la fin du diocèse.


PINELLI entame par la suite une carrière dans l'enseignement. Bénéficiant de l'amitié de Letizia Bonaparte et du cardinal Fesch, Pinelli est tour à tour directeur, en 1806, de l'école secondaire communale d'Ajaccio puis proviseur lorsque l'école devient collège en 1818.

 


   La  Revue encyclopédique de 1819 permet d'apprendre qu'il fut aussi “régent de rhétorique” et développa, lors de la rentrée des classes du 25 octobre 1818, devant toutes les autorités religieuses, civiles et militaires de la Corse“le plan d’enseignement prescrit pour ce collège, et la supériorité de la méthode d’enseignement actuelle”.

 

   Il avait donc la haute main sur l'enseignement en même temps qu'il dirigeait l'administration de l'île.

 

 

 

LE PILIER DE L'ADMINISTRATION NAPOLÉONIENNE

 

 

De 1810 à 1816, il est secrétaire général de la préfecture.

 

   Gian Antonio exerça d’abord la fonction de secrétaire général du département du Liamone puis de toute la Corse quand celle-ci fut réunie en un seul département en 1811.

 

   Il assista donc Ghjacintu ARRIGHI de CASANOVA, préfet du Liamone depuis  1803 et ensuite de toute l’île. Le 15 mars 1814, le nouveau préfet fut  Francescu Saveriu GIUBEGA, neveu de Lorenzo GIUBEGA, parrain de Napoléon BONAPARTE. Le 5 septembre, Louis XVIII nomma François Louis Joseph de BOURCIER de MONTUREUX. Le 6 avril 1815, avec le retour de l’empereur, GIUBEGA revint... jusqu’au 14 juillet où le roi, de nouveau sur le trône, désigna Louis COURBON de SAINT GENEST.

 

Le pilier de l'administration napoléonienne: Il y a 190 ans, disparition de l'homme le plus cultivé de Corse (3/4)

 

  Pendant cette période troublée, PINELLI resta à son poste et assura la permanence de l’administration française. Il aurait été l'homme le plus puissant de Corse sans le général MORAND qui imposait un ordre despotique et qui lui l'humilia en 1810.


En 1810, il a l'honneur d'être choisi pour assister au mariage de Napoléon, mais la délégation ne peut s'y rendre à cause de l'opposition du général Morand qui gouverne l'île.

Mariage de Napoléon et de Marie-Louise.

Mariage de Napoléon et de Marie-Louise.

 

 Avec la réinstallation de la monarchie des lys en France, en 1815, la carrière de Gian Antonio PINELLI, tout entière placée sous la protection des Bonaparte, n'était-elle pas terminée? Il en sera question dans l'article prochain.

 

(à suivre)

 

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25 décembre 2022 7 25 /12 /décembre /2022 08:00

 

Bon Noël

dans la paix et la joie

du Seigneur !

 

Santu Natale
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24 décembre 2022 6 24 /12 /décembre /2022 18:00

 

   Chant considéré comme indispensable à la célébration de la fête chrétienne de Noël, PETIT PAPA NOËL n'a absolument rien de  religieux. Mais il est devenu depuis 1946, quand Tino ROSSI l'interpréta pour le film Destins, le morceau musical qui accompagne la fête du 25 décembre.

 

 

   Alors, écoutons cette vidéo tirée du film restauré. Apprécions la voix du grand chanteur corse et regardons tous les santons de la crèche représentés dans cet extrait.

 

 

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24 décembre 2022 6 24 /12 /décembre /2022 07:06

Quel bonheur pour ceux qui veulent fêter Noël en allant à l'église: Corse-Matin publie aujourd'hui samedi la liste des cérémonies religieuses des 24 et 25 décembre.

Enfin, pas pour toute la Corse.

Rien n'est écrit au sujet des offices dans les villages des Deux Sorru. Il y a bien "Cargese, Piana et Deux Sevi" et aussi "Cinarca et Cruzini" mais vraiment rien pour Orto, Guagno, Poggiolo et Soccia.

Comme, sur le site du diocèse de Corse, le calendrier des messes du haut-canton s'est arrêté au 1er novembre, la seule façon d'avoir un Noël chrétien serait donc le "bouche à oreille"?

Mais non, on est sauvé: les horaires sont sur la page Facebook du couvent de Vico, sauf que...

Sauf que cette liste a été publiée aujourd'hui 24 décembre vers 8 h 30, ce qui est tard pour prendre ses dispositions.

Et, de plus, rien n'est indiqué pour le 25.

Peut-être faudra-t-il attendre le 25 au matin...

​​​​​​​

 

Inutile de chercher
Inutile de chercher
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23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 18:00

 

     Le célèbre Pascal PAOLI fut remplacé dans une circonstance très particulière par Gian Antonio PINELLI, ce qui montre l’importance que le Poggiolais avait pu atteindre.

 

------------

 

 

   Nous avons commencé à publier la notice biographique rédigée par Eugène GHERARDI dans le Dictionnaire historique de la Corse.

 

     D’après ce texte, publié ici sur fond jaune, le prêtre poggiolais avait jugé plus prudent d'aller habiter Florence à l'époque des troubles du royaume anglo-corse entre 1794 et 1796.

 

 

Gian Antonio PINELLI retourne en Corse en 1796 

 

 

     Mais Xavier PAOLI, l'historien poggiolais, avait trouvé, dans les registres paroissiaux de Poggiolo, le document suivant qui contredit cette date et montre que Gian Antonio fut mêlé à un acte important.

 

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

 

 

 

     Il s’agit d’un acte de baptême établi le 30 septembre 1795. Le nouveau chrétien était un membre de la famille PINELLI, fils de Gioan Natale et de son épouse Maria LECA, auquel on donna les prénoms de «Carlo francesco Pasquale».

 

 

 

 

UN BAPTÊME POLITIQUE ?

 

 

     Le dernier prénom est aussi celui du parrain que le document appelle «Sua Xccelonza il Signore Generale Pasquale de Paoli», formule écrite avec des lettres plus grosses que les autres et avec de grandes boucles.

 

Le mandataire di U Babbu: il y a 190 ans, disparition de l'homme le plus cultivé de Corse (2/4)

 

     Le doute n’est pas permis: ce personnage est bien Pascal PAOLI, u «Babbu di a Patria», le Père de la Patrie corse.

 

     Le choix de ce parrain n’était pas innocent. Poggiolo et les villages voisins des Deux Sorru ont soutenu Pascal Paoli contre les Génois puis contre les troupes françaises.

 

     Les parents PINELLI avaient voulu montrer leur attachement à celui qui avait permis l’indépendance de la Corse avant son rattachement au royaume de France en 1768. D’autres familles insulaires firent le même choix pour le baptême de leurs enfants. Jean-Laurent ARRIGHI a compté trois cas similaires chez des notables de Vico, entre 1756 et 1764, pendant la période de l’indépendance (Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes, ouvrage collectif, ed. Piazzola, 2016, pages 81 et 82).

 

     En septembre 1795 le contexte était totalement différent. Depuis juin 1794, sous l’influence de Pascal PAOLI, la rupture avec la France révolutionnaire avait été votée par la Consulte de Corte et le royaume anglo-corse avait été institué.

 

     Le baptême eut lieu en septembre à Poggiolo alors que d'importantes révoltes rurales s'étaient déclenchées dans le Vicolais en juin, par opposition à la politique fiscale mise en place par Charles André POZZO DI BORGO, président du Conseil d'Etat sous l'autorité du vice-roi britannique sir Gilbert ELLIOT. Les familles aisées soutenaient ce mouvement par crainte d'une révocation de la nationalisation des terres d'Eglise. L'agitation se répandit rapidement dans la partie occidentale de l'île.

 

     D'après Antoine CASANOVA et Ange ROVERE (La Révolution française en Corse, Payot, 1989, page 258), "Paoli manifeste sa sympathie pour le mouvement populaire" mais s'inquiète de son ampleur, déclarant que "li popoli del delà da Monti sono peu furioso chez da questa parte".

 

     Faudrait-il interpréter le baptême poggiolais, avec le choix du prénom, comme un acte éminemment politique? Serait-il une manifestation d'attachement au Père de la Patrie et de méfiance envers le gouvernement anglo-corse?

 

     Carlo Francesco Pasquale PINELLI fut donc baptisé le 30 septembre 1795 alors qu'il était né le 11 janvier 1794. Il avait 1 an et 8 mois, âge assez habituel pour l'époque.

 

     L'absence du parrain à la cérémonie n'a rien d'étonnant. Pascal PAOLI n'était pas non plus venu aux baptêmes vicolais mentionnés ci-dessus. Il avait été chaque fois remplacé par un mandataire.

 

    Au moment de ce baptême, il n'était d'ailleurs pas libre de ses mouvements. Il se trouvait à Bastia, sous la surveillance constante des Anglais. Le 14 octobre, le vieux chef corse s'embarqua à Saint-Florent pour son exil en Angleterre où il finit sa vie en 1807.

 

Pasquale Paoli en exil en Angleterre par W. Beckey

Pasquale Paoli en exil en Angleterre par W. Beckey

 

     Deux semaines plus tôt, son filleul avait reçu la "cérémonie battesemale al sacro fonte di questa parochia", c'est-à-dire sur les fonts baptismaux de l'église Saint-Siméon.

Le mandataire di U Babbu: il y a 190 ans, disparition de l'homme le plus cultivé de Corse (2/4)

 

 

LE MANDATAIRE D'U BABBU

 

     Le parrain étant absent, la procuration ("mandat di prépara") avait été attribuée "nella persona del Signor Dottor Giovantonio pinelli".

 

     Il est facile de reconnaître sous ces mots Gian Antonio PINELLI. Il était le grand-oncle du jeune enfant baptisé car il était le frère de son grand-père Anton Francesco PINELLI. Il est ici qualifié de "Signor Dottor", car il était docteur en théologie et en droit.

 

     D'après la notice d'Eugène GHERARDI parue dans le Dictionnaire historique de la Corse", Gian Antonio serait allé habiter Florence pendant la période du royaume anglo-corse. Mais nous avons ici la preuve qu'il était bien présent au baptême de son petit-neveu le 30 septembre 1795.

 

     Etait-il en vacances? Etait-il venu spécialement pour représenter Pascal PAOLI à cette cérémonie? Ou était-il définitivement revenu en Corse?

 

     Toujours est-il qu'il fut bien "procuratore" du Père de la Patrie. La "madrina", la marraine, était Angela Francesca PINELLI qui ne signa pas l'acte de baptême car "dichiara di non sapere scrivere".

 

     Une dernière signature termine le document: celle du curé Giovanni BONIFACY qui s'opposa à l'administration française pour conserver le titre de "piévane" à l'église Saint Siméon. Il a été question de lui dans l'article "Les origines et l'organisation religieuse de la pieve".  

 

Le mandataire di U Babbu: il y a 190 ans, disparition de l'homme le plus cultivé de Corse (2/4)

 

     Les années suivantes, Gian Antonio PINELLI eut un rôle de premier plan dans l'Eglise et dansl'administration de la Corse, ce que contera le prochain épisode.

 

(à suivre)

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22 décembre 2022 4 22 /12 /décembre /2022 18:00

 

 Serait-ce par masochisme? Mais Poggiolo semble prendre un malin plaisir à ne jamais mettre en valeur son passé et son patrimoine.

 

 

Ainsi, rien n'a été fait pour évoquer la figure de l'homme le plus cultivé de Corse, Gian Antonio PINELLI, dont le décès a eu lieu le 26 décembre 1832, voici exactement 190 ans.

 

-----------

 

 

On croit que Poggiolo est un petit village où rien ne se passe jamais et où aucun personnalité n'a émergé. Pourtant, cet enfant du village a eu une influence considérable en Corse pendant le Premier Empire et la Restauration.

 

   Gian Antonio (Jean-Antoine) PINELLI  est d'ailleurs le seul Poggiolais à être mentionné dans le Dictionnaire historique de la Corse publié sous la direction d'Antoine-Laurent Serpentini voici quelques années.

 

   Pour le connaître, nous allons publier des articles en partant de la notice rédigée par Eugène GHERARDI dans ce Dictionnaire. Ce texte, publié ici sur fond jaune, sera coupé par des explications et des compléments s'appuyant sur des documents sérieux. Les intertitres ont été ajoutés par la rédaction du blog.

 

 

PINELLI, Gian Antonio (Jean-Antoine) (Poggiolo 6 sept. 1760 - id. 28 déc. 1832). Issu d'une famille originaire de Poggiolo,


   Une erreur dans la date de décès: il se produisit le 26 décembre 1832 et fut déclaré à la mairie de Poggiolo le 27, et donc pas le 28. Nous le verrons dans le dernier article de cette série.

 

   Gian Antonio était le fils de Gioan Stefano PINELLI (1731-1786) et l’arrière-petit-fils de Natale (né vers 1690 et mort vers 1729), premier PINELLI connu à Poggiolo. Voir  le dépouillement des registres d'état-civil par Pierre LECCIA, disponible sur Généanet.

 

 

 

LES ANNÉES DE FORMATION

 

c'est chez les frères du couvent de Vico qu'il effectue ses premières études,

   

  C’est à Vico qu’il entra dans les ordres et qu'il commença à se faire connaître. Il était qualifié de diacono (diacre) dans le rapport établi par le podestat et les “padre del comune” (dont un était son père) daté du 30 avril 1783 et destiné à l’intendant royal qui voulait connaître la situation des écoles primaires. Agé de 23 ans, Gian Antonio avait alors 16 élèves. Voir l'article sur L'école poggiolaise au XVIII ème siècle.

 

   On peut imaginer Gian Antonio tel que cette image extraite du Précis d'histoire de l'éducation en Corse (édité par le CRDP de Corse) représente un autre enseignant, Petru CIRNEU.

 

prêtre enseignant

 

 

Il ne resta pas longtemps


 avant de prendre le chemin de Rome où il se dote d'une solide formation en poursuivant des études de théologie à la Faculté Saint-Thomas-d'Aquin et des études de philosophie, de lettres et de droit à l'Archigymnasium Romanum. Il devient docteur «in teologia sacra» (20 déc. 1785) et docteur en droit (23 juil. 1789).

 


   Sa culture phénoménale fera l’admiration de tous ceux qui le fréquentèrent. Ainsi, à la fin de sa vie, il rencontra Antonio BENCI, écrivain toscan qui, partisan du Risorgimento (l’unité de l’Italie), s’exila en Corse de 1831 à 1834. Dans sa préface à son roman Piero d’Orezza, BENCI écrivit, à la page 76, “Le docteur PINELLI lisait en plus de notre idiome (l’italien), le français, l’anglais, le latin, le grec, l’hébreu; et à l’érudition, il joignait l’étude des sciences physiques, économiques, du droit et je ne sais combien de fonctions et de charges il exerça !” (traduit de l’italien par Dominique ANTONINI-LIARD).

 

 

Destiné à faire une brillante carrière ecclésiastique dans la cité pontificale, Giao Antonio Pinelli accède à la charge de protonotaire apostolique (1er sept. 1789) et est accepté comme avocat de la curie romaine (11 juil. 1790). Ses activités sont aussi à caractère littéraire. Ainsi, le 11 mai 1790, est-il reçu “pastore” au sein du Sacro Collegio di Arcadia « col nome di Filelfo e con l'onore di pater recirare ne! Bosco Parrasio ».

 

 

 

 

UN DÉBUT DE VIE PUBLIQUE HÉSITANT

 

La Révolution Française, dont il semble approuver les principes, le ramène en Corse au printemps de 1790. Inscrit comme avocat au barreau de Bastia (25 juin 1790), il fait partie des trente-six membres de l'assemblée du département de la Corse. Il est élu par le district de Vico en même temps que Cittadella, Vincenzo Colonna et le chanoine Multedo. Opposé à la Constitution civile du clergé, Pinelli se retire dans son village où il s'occupe de sa très importante bibliothèque. S'il désapprouve le régime de terreur qui s'instaure en France, il n'accepte pas l'expérience du Royaume anglo-corse, et choisit de s'exiler à Florence.

 

Armoiries du royaume anglo-corse.
 

 

   Cependant, il fut  bien présent à la consulte du 19 juin 1794 en tant que représentant de la Comunità de POGGIOLO  et signa l’Atto Costituzionale qui désigna le roi d’Angleterre comme roi de Corse, comme le montre la page 385 de Pièces et documents divers pour servir à l'histoire de la Corse : pendant la Révolution française. T2 / recueillis et publiés par M. l'abbé Letteron.


   Il ne se présenta pas pour l’élection du Parlement anglo-corse dans lequel Sorro in sù fut représenté par le podestat Francesco FRANCESCHETTI (voir article "Contestation ortigaise").

 


Pourtant, son frère Gian Stefano sert comme capitaine au sein d'une compagnie indépendante au service du roi d'Angleterre.

 

    Giaon Stefano avait 10 ans de moins que Gian Antonio et mourut en 1857. Plusieurs milliers de Corses combattirent avec les Anglais contre la république française, certains même jusqu’à la fin du règne de Napoléon. Voir la fiche Wikipedia consacrée à ces troupes à l’adresse: 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Royal_Corsican_Rangers

 

 

Après un temps d'éloignement, le moment de s'affirmer allait arriver pour Gian Antonio, d'abord en remplaçant Pascal PAOLI à Poggiolo.

 

(à suivre)

 

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21 décembre 2022 3 21 /12 /décembre /2022 10:00

 

   Mathilde propose de nouveaux cours de yoga samedi 24 et vendredi 30 décembre à la salle des fêtes de Poggiolo.

 

   Nos voisins des autres villages sont évidemment les bienvenus.

 

 

En forme pour Noël avec le yoga de Mathilde
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du lundi 24 au dimanche 30 août:

Exposition de portraits réalisés par Sylvie GHISLAIN-LEANDRI au couvent de Vico. Vernissage le 25 à 20 h.

 

Samedi 29 août:

pèlerinage à Saint Elisée.

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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