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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:16

Pour savoir à quoi ressemblait le village à la fin du XVIIIème siècle, il existe un document exceptionnel : LE PLAN TERRIER.

Plusieurs articles de blog y ont fait référence mais il faudrait savoir un peu mieux ce qu'est ce document exceptionnel.

Après l’acquisition de la Corse, Louis XV, par un édit royal d’avril 1770, lança un inventaire social, démographique, économique et géographique de l’île, d'abord dans le but de définir les propriétés foncières et d'établir les impositions correspondantes

Une équipe de 28 ingénieurs, géomètres et dessinateurs, dirigée par Dominique Testevuide, travailla pendant 25 ans, entre 1770 et 1795, pour donner un tableau précis et détaillé dans 17 registres de relevés statistiques, une carte gigantesque au 1/172.800 et une centaine de dessins, sous la forme de 39 rouleaux de 74 centimètres de large, à l'échelle 1/10.800. Les habitations, les zones cultivées, les voies de communication... sont figurées avec une extrême précision, avec de très nombreux toponymes.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Deux jeux seulement ont été réalisés. Le premier se trouve à Vincennes, au service historique de la Défense, et le second, acheté en 1829 au ministère de la Guerre, est conservé aux Archives Départementales à Ajaccio où il a été numérisé et est consultable sur ordinateur.  Mais tout faillit être perdu quand les Anglais s'emparèrent de Bastia (3 prairial an II: 22 mai 1794). Les Français furent contraints de leur remettre les documents du plan terrier, mais avec la faculté d'en prendre copie. Pierre Jacotin, neveu de Dominique Testevuide, réussit à remplir sa tâche de copiste malgré la mauvaise volonté de l'amiral britannique Samuel Hood et put rentrer sur le continent en emportant, avec lui, un dossier complet.

(Renseignements tirés de Wikipedia)

 

POGGIOLO SUR LE PLAN TERRIER

 Un de nos lecteurs, Olivier FORCONI, qui n'est pas du tout Poggiolais, a eu la gentillesse de nous envoyer des photos de la partie du plan terrier concernant Poggiolo.

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Cette première image montre la communauté de Poggiolo. Il n'était pas encore question des communes.

Les limites avec Soccia, Orto et Guagno sont marquées par des gros traits rouges. La partie méridionale, avec les pentes du Tretorre et de Libbiu, est en dehors de ce cadre. Ces terres ont d'ailleurs été l'objet de contestations avec les habitants de Rosazia pendant des dizaines d'années (voir l'article "La fièvre monte à Libbiu").

Le relief est rendu par un estompage à l'encre de Chine qui rend parfois la carte difficile à lire. La lecture est parfois ardue par l'emploi d'une écriture manuscrite à l'anglaise et non pas par des caractères d'imprimerie.

Quelques abréviations utilisées:

- Ch: châtaigniers

- B: bois

- Font: fontaine, mais le mot est parfois écrit en entier

- MK: maquis

- OL: oliviers

- P: prés

- T: terres labourables

- V: vigne.

 

Cette seconde photo est centrée sur le village et non pas sur l'ensemble du terroir. Elle montre sept maisons autour de la chapelle St Roch, trois habitations aux Case Suprane et cinq constructions isolées, l'église Saint Siméon étant à part. 

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

ET GUAGNO-LES-BAINS ?

 

L'emplacement de Guagno-les-Bains correspond à la partie ouest de la carte, qui, dans cette troisième reproduction, est entourée d'un cercle rouge.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Le nom de "CALDANE" fait référence aux sources d'eau chaude. Dans le sud de la Corse, près de Ste Lucie de Tallano, une source thermale porte le même  nom.

François VAN CAPPEL DE FREMONT en a réalisé un agrandissement dans son livre "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme". Il y a indiqué les chemins en blanc, le Fiume Grosso et les ruisseaux en bleu, et les constructions en rouge. On peut donc voir la chapelle Saint-Antoine sur la colline, à une croisée de routes comme aujourd'hui. Les fontaines "alle Caldane" et "san antone" sont en dessous.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Mais aucune habitation n'est visible. En dehors d'un frère de l'ordre monastique des cordeliers, il n'existait aucun résident permanent. Les curistes étaient abrités par des cabanes en branchages qui étaient édifiées pour la saison estivale. Cette rusticité n'empêchait pas le lieu d'être très fréquenté, même par Pascal PAOLI ou Letizia BONAPARTE comme vu dans un article précédent.

 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 18:00

Une des fidèles lectrices de ce blog  nous a signalé que, dans sa réunion de mardi 20 juin 2015, l’Académie de Médecine a pris connaissance du rapport de sa commission XII (thermalisme et eaux thermales) « Sur la demande d’agrément pour l’obtention de l’orientation thérapeutique «rhumatologie» pour l’établissement thermal de Guagno-Les-Bains situé sur la commune de Poggiolo (Corse-du-Sud) ».

Ce rapport est important pour l’avenir de la station thermale fermée depuis 1999 car l’agrément permettrait d’envisager une réouverture, quoique les travaux de remise en état à effectuer soient certainement de grande ampleur.

L’Académie de Médecine a déjà étudié le cas de Guagno-les-Bains le 11 mars 2008 pour une demande d’exploitation de la source comme eau minérale naturelle. La réponse avait été négative car le conseil général avait présenté un dossier insuffisant et car le taux de fluor était trop élevé.

Dans sa séance du 3 décembre 2013, l’Académie avait refusé l’exploitation à des fins thérapeutiques car les études étaient insuffisantes.

Quel a été le verdict cette année ?

Guagno-les-Bains face à l’Académie

Le site de la vénérable institution (http://www.academie-medecine.fr/) fondée en 1820 prévient que les commissions «émettent des communiqués ou des rapports qui doivent être étudiés, éventuellement amendés, avant d’être validés en Conseil d’administration. Rapports et communiqués sont votés en séance plénière. Ils sont adressés ensuite aux autorités concernées. Les informations sont ensuite diffusées par les medias.»

Soyons aux aguets de cette diffusion. Mais si quelqu’un a des informations plus rapides, ce blog les accepterait avec plaisir.

En attendant, il est possible de consulter les textes complets des rapports de 2008 et de 2013 à l’adresse :

http://www.academie-medecine.fr/?s=guagno&submit=OK

On y trouve des renseignements importants sur l’historique de la station thermale, les caractéristiques techniques du captage, la qualité de l’eau et les raisons des refus.

 

Une erreur est à relever sur le rapport de 2008. Il y est écrit : « La source de Guagno (Commune rattachée en 1880 à Poggiolo) ». En fait, c’est le seul hameau des Bains qui a été rattaché à la commune de Poggiolo depuis le décret présidentiel de 1852.

 

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 18:03

Le paysage des "bains de Vico" publié en 1851 dans "Le Magasin pittoresque" et déjà examiné dans deux articles précédents ("Bains de Vico ou Guagno-les-Bains ?" et "Les ponts de Guagno-les-Bains") donne beaucoup de renseignements mais pose aussi des questions sur les débuts du hameau.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

En dehors de l'établissement thermal et d'une auberge, aucune maison n'a été dessinée. Plusieurs voyageurs de l'époque écrivent bien que les curistes étaient abrités dans des huttes de branchage (voir l'article précédent) mais ils mentionnent également plusieurs auberges.

Pour connaître la vérité, il est indispensable d'utiliser des documents cartographiques officiels: le plan-terrier et le cadastre napoléonien.

Le plan-terrier élaboré par la monarchie française à la suite du rattachement de la Corse au royaume de France est un instrument de grande qualité.

Pour Guagno-les-Bains, il montre le pont de Caldane, la source d'eau chaude et la chapelle St-Antoine. 

Extrait de "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme" par François VAN CAPPEL DE PREMONT

Extrait de "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme" par François VAN CAPPEL DE PREMONT

Absolument aucune bâtisse n'est représentée alors que, dans d'autres villages comme Poggiolo, toutes les maisons sont bien visibles sur le plan-terrier. Indéniablement, le lieu ne connaissait pas d'habitants permanents.

L'autre référence incontournable est le plan cadastral. Pour la Corse, le cadastre dit napoléonien, datant de 1857, est disponible sur internet.

Alors qu'il est pratiquement de la même époque que le dessin du "Magasin pittoresque" de 1851, il montre plusieurs constructions. L'établissement de bains se distingue facilement par sa taille et sa forme en U. Mais il n'est pas seul: il est entouré par une douzaine de carrés roses représentant autant de maisons.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

Une fièvre de construction aurait-elle saisi cet endroit entre 1851 et 1857? Ce ne serait pas à rejeter s'il n'existait un document plus ancien: le plan général dressé par l'architecte COTIN le 20 décembre 1838.

Il est reproduit dans l'ouvrage de François VAN CAPPEL DE PREMONT déjà cité.

Il est génant à consulter car il n'est pas orienté, comme de façon traditionnelle, avec le nord en haut. Ici, le nord est à gauche.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

Pratiquement vingt ans avant le cadastre napoléonien, ce plan prouve qu'il existait cinq maisons dont les propriétaires étaient bien identifiés.

Mieux qu'un plan, le livre de VAN CAPPEL DE PREMONT présente une vue générale est-ouest des thermes, avec la même orientation que le plan COTIN.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

L'ouvrage contient aussi une vue sud-nord qui est l'orientation de l'image de 1851. Même avec les nombreux arbres mis par le dessinateur, plusieurs bâtiments auraient dû être visibles dans le périodique.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

Légende:

1: Chemin de Guagno et Poggiolo

2: Route départementale

3: Hôpital militaire de Saint-Antoine

4: Chapelle de Saint-Antoine

5: Source Degli Occhi

6: Maison Leca

7: Maisons Multedo

8: Maison Ricci

9: Maison Sabiani

10: Etablissement thermal

11: Bains des chevaux

12: Chemin de Soccia

13: Pont sur le Liamone

 

Le dessin du "Magasin pittoresque" fait l'impasse sur tous ces lieux. Il n'est pas fiable sur l'existence des maisons.

 

La reconnaissance officielle des vertus curatives des eaux, concrétisée par la nomination d'un médecin en 1808, entraîna la construction d'hôtels et de maisons particulières qui formèrent un hameau assez important, comme le montre cette photo contemporaine prise depuis l'autre rive. Il y exista même un bureau de Poste et une école.

Guagno-les-Bains est né de l'exploitation des eaux thermales. Il lui faut maintenant exister en attendant un hypothétique redémarrage de cette activité.

Photo du 27 juillet 2011.

Photo du 27 juillet 2011.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 18:09

De nombreuses observations peuvent être tirées de l'étude de documents anciens. L'image de Guagno-les-Bains, appelé Bains de Vico, parue en 1851 dans le "Le Magasin pittoresque" (voir les articles "Bains de Vico ou Guagno-les-Bains ?" et "Les ponts de Guagno-les-Bains"), a permis de mieux connaître l'histoire du pont de Caldane. Cette gravure nous renseigne également sur l'évolution de l'habitat dans la station thermale.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 1/2: le temps des huttes.

Sur cette illustration, les bains de Vico, devenus Guagno-les-Bains, ne ressemblent pas à un village. Deux constructions sont visibles et l'article d'accompagnement les décrit ainsi:

Les eaux minérales sont distribuées dans des cellules dont on voit le sommet au delà du fleuve, par-dessus les maquis; une auberge occupe le haut d'une colline voisine;

Les "cellules" sont les salles de l'établissement de bains construit en 1821-1823 et complètement refait de 1845 à 1856. L'image date du milieu des travaux. Curieusement, l'hôpital militaire, ouvert au même moment que l'établissement, n'est pas mentionné. Il était au sommet de Saint-Antoine, là où subsiste la chapelle, et dominait bien les Bains. A-t-il été confondu avec l'auberge citée dans l'article comme se trouvant sur la colline?

L'hôpital a été fermé à partir de 1856 mais l'ampleur du bâtiment encore visible sur cette carte postale du début du XXème siècle, reproduite ci-dessous, est telle qu'il paraît curieux que ce "Magasin pittoresque" de 1851 ne mentionne pas cette construction, même si  le dessin se plaçait  plus à droite.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 1/2: le temps des huttes.

Le plus bizarre est l'absence totale de maisons d'habitation sur l'image comme dans le texte. Personne ne vivait donc en permanence à Guagno-les-Bains en 1851?

Il faut se référer à d'autres documents. Trois publications peuvent être consultées:

1 - Le docteur Jean-Baptiste THIRIAUX, dans son "Essai sur la topographie physique et médicale de Saint-Antoine de Guagno", publié en 1829, écrit qu'il existe alors plusieurs "petites hôtelleries" occupées "que pendant la saison des bains". Il ajoute: "il y a vingt ans que les baigneurs n'avaient encore d'autre abri à Saint-Antoine de Guagno que des cabanes de feuillages".

2 - Le docteur Antoine Laurent Apollinaire FÉE, dans son ouvrage intitulé "Voceri: chants populaires de la Corse" et publié en 1850 (voir article "Voceru sorrinesu"), décrit la visite qu'il fit en Corse pendant l'été 1845. Il note qu'il existe "deux pauvres auberges" et que "lorsque la place vient à manquer, on y supplée en construisant des abris de feuillage".

3 - En 1851, Jean LA ROCCA écrivait dans une brochure publicitaire intitulée "Bains de Guagno": "Au lieu des établissements qui s'élèvent aujourd'hui à Guagno comme autant de palais, il n'y avait autrefois que de misérables cabanes couvertes de fougère, où les malades étaient obligés d'apporter eux mêmes du linge, des matelas, et des ustensils (sic)".

On peut supposer que, soixante-quatre ans plus tôt, en 1787, Napoléon BONAPARTE abrita ainsi sa mère quand il l'accompagna pour une cure (voir l'article "Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (2/2)") !

 

Conclusion: Une ou plusieurs auberges existaient donc au tout début du XIXème siècle mais les principaux abris étaient de simples huttes.

quel moment n'y eut-il que des maisons en dur?

 
(à suivre)
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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 17:56

La Corse-du-sud vient d’abandonner le petit club des départements qui ne proposent pas encore tout ou partie de leurs archives d'état-civil sur internet.

Ceux qui ont des ancêtres corses pourront compléter leurs recherches en se connectant au site des Archives de la Corse. Une seule adresse : http://archives.cg-corsedusud.fr/

 

Les généalogies vont être à portée de souris de toutes les personnes qui ne pouvaient se déplacer à la mairie du village ou aux Archives Départementales d’Ajaccio, d’autant plus que l’on peut avoir accès aux documents de toutes les communes du département.

Par exemple, en étudiant l’histoire d’une famille poggiolaise, il est facile de regarder les actes de Soccia. On peut alors savoir, par exemple, ce que devint Maria Francesca FRANCESCHETTI, «la borgne» de Poggiolo qui épousa Giuseppe DEFRANCHI le 13 juillet 1789 (http://poggiolo.over-blog.fr/2015/04/combien-a-coute-l-oeil-de-maria-francesca.html). Les registres du village voisin apprennent que, exactement neuf mois après les noces, le 14 avril 1790, elle mit au monde un enfant prénommé Antonio. Malheureusement, il ne vécut que très peu.

Les Archives Départementales donnent de nouveaux outils

La particularité de Guagno-les-Bains se montre également par un registre propre à la station thermale. L’adjoint spécial aux Bains (institué depuis 1897) (voir l’article «http://poggiolo.over-blog.fr/article-guagno-les-bains-c-est-special-116388423.html») y consignait, de 1900 à 1914, les naissances, mariages et décès de sa juridiction. 

Exemple: le document ci-dessous est un acte de décès enregistré le 4 décembre 1900 par Joseph BERTOLANI, adjoint spécial à Guagno-les-Bains. 

Les Archives Départementales donnent de nouveaux outils

On ne peut que regretter la timidité stupide de la législation française qui empêche d'avoir accès à des documents jugés trop contemporains. 

Ne boudons cependant pas notre bonheur, d'autant plus qu'il ne vient pas seul. Les registres paroissiaux et les registres d’état-civil ne sont pas les uniques documents mis à la disposition du public.

Les Archives Départementales donnent de nouveaux outils

Les Archives de Corse-du-sud donnent également accès aux recensements mais, pour Sorro in su, le dénombrement de 1769 est le seul existant, ainsi que les recensements de 1818 à 1881 pour Guagno.

Les tables alphabétiques des successions et absences de l’ensemble de la province de Vico pour la période 1823-1903 peuvent être très utiles pour savoir les niveaux de fortune. Leur maniement est difficile car le classement est par nom de famille et non pas par commune.

Le cadastre de l’époque de Napoléon III, en grande partie publié en 1857, montre de nombreux éléments sur les terrains et les bâtiments.

 

Bravo aux Archives départementales pour ce gros travail !

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 18:00

A la suite de l’article précédent qui évoquait les anciens chemins de transhumance, une de nos lectrices, Maryse MORETTI, a eu la gentillesse de faire parvenir au blog des Poggiolais la photo suivante.

Quand la transhumance passait par Guagno-les-Bains

Le cliché a été pris d’assez loin mais on y voit un troupeau de chèvres constitué en deux parties (encerclées par un trait ovale blanc ci-dessous) entre lesquelles se trouvent un ou deux hommes. Ces bêtes vont passer devant l’établissement thermal de Guagno-les-Bains (lettres E. T.) pour monter jusqu’à la chapelle de Saint Antoine avant de continuer leur chemin vers Sagone.

Quand la transhumance passait par Guagno-les-Bains

Le format de la photo et le type de couleurs, maintenant un peu passées, indiquent que l’image doit dater du début des années 1960. L’état de l'aile des thermes que l’on voit ici montre, en tout cas, que la SARL gérée par Charles HOUVER n’avait pas encore entrepris les travaux de rénovation qui permirent la réouverture en 1973.

Merci à Maryse MORETTI d’avoir permis de se souvenir de la vie traditionnelle d’il y a cinquante ans.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 17:50

L'image de Guagno-les-Bains, appelé Bains de Vico, parue en 1851 dans le "Le Magasin pittoresque" (voir l'article "Bains de Vico ou Guagno-les-Bains ?"), donne de nombreux détails sur ce qu'était la station thermale à cette époque.

Les ponts de Guagno-les-Bains

Le texte du journal évoque un pont de bois qui était jeté au-dessus du Liamone (le Fiume Grosso, en réalité). Il se voit très bien sur le côté gauche de la gravure. Il se trouvait face à l'établissement thermal, tout comme le pont en pierre actuel que l'on appelle pont de Caldane. Mais de quand date ce dernier?

Les ponts de Guagno-les-Bains

La réponse est donnée par le croquis suivant.

Les ponts de Guagno-les-Bains

Cette aquarelle a pour titre "Guagno les bains, pont sur le torrent Grosso". Il s'agit donc bien du même endroit. Deux élégantes (des curistes?) franchissent la rivière à la place des paysans qui, dans le dessin de 1851, faisaient boire leurs bêtes.

Cette peinture est l'œuvre du peintre Jean-Jérôme LEVIE (1809-1882) et se trouve actuellement au Musée Fesch d'Ajaccio. La signature placée sur un rocher de la gauche du tableau donne la date de 1857. 

Le pont actuel a donc été édifié entre 1851 et 1857.

Et il est toujours présent et toujours solide, comme le montre cette photo prise lors de la fiumara record du 12 juillet 1983.

Nous espérons qu'il résistera encore longtemps aux colères de la rivière.

Mais ne serait-il pas possible d'envisager de célébrer les 160 ans du pont, soit cette année, soit en 2016 ou en 2017? Ce serait une bonne idée pour faire une fête, pour animer le village et pour se rattacher à nos racines.

 

Les ponts de Guagno-les-Bains
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 18:17

L'expression "Bagni di Vico", qui se trouve sur la représentation de la Corse dans la Galerie des Cartes du Vatican (voir l'article "La Corse (et Sorru in sù) au Vatican"), peut intriguer.

La station thermale de Guagno-les-Bains a souvent (et est encore) nommée "les Bains de Guagno". Mais elle a parfois été appelée "Bains de Vico", expression pouvant concerner également les thermes, abandonnés depuis très longtemps, de Caldanelle, près de Balogna. L'usage de ce nom s'est de plus en plus raréfié au cours du XIXème siècle. 

En 1851, le périodique d'informations "Le Magasin pittoresque" présenta les "Bains de Vico", gravure à l'appui. Et aucun doute n'est possible: il s'agit bien de Guagno-les-Bains.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Il n'est pas nécessaire de décrire cette image car le magazine en donne une description très précise:

 

"Vico, situé à 12 kilomètres de la mer, au couchant du monte Rotondo, offre peu d'intérêt; mais en s'approchant de la montagne, on arrive, par les paysages les plus pittoresques, à une source d'eaux minérales, près des rives du Liamone; elle attire les malades pendant la saison des bains. Une vue de cet établissement, construit d'une manière fort simple, est gravée à la page 132. Le Liamone, sur lequel est jeté un pont de bois, coule au premier plan; les eaux minérales sont distribuées dans des cellules dont on voit le sommet au delà du fleuve, par-dessus les maquis; une auberge occupe le haut d'une colline voisine; au fond, une chaîne de montagnes couvertes de pins, et servant de contre-fort au monte Rotondo, se dirige vers l'ouest. Cette chaîne est dominée par trois points culminants, dont l'un, composé d'un immense rocher qui a la forme d'un crâne, est nommé le Cervello."

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 17:40

La façade de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains s’orne d’une inscription dont il a déjà été indiqué le caractère historiquement douteux. Au-dessous de la plaque, la décoration du mur est complétée par une jardinière couverte d'herbes folles.

Le récipient dans lequel la terre a été accumulée est en réalité une baignoire en marbre avec deux anneaux sculptés de chaque côté. L’idée de convertir un ustensile de bain pour faire pousser des plantes est excellente pour ce cadre.

La baignoire de l'impératrice

Cet objet est d’ailleurs mentionné dans plusieurs sites internet touristiques sous le nom de « la baignoire de l’impératrice », sous-entendant « l’impératrice Eugénie »,  épouse de Napoléon III. Mais il a déjà été démontré (dans l’article Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)) que le couple impérial n’a jamais pu se rendre à Guagno-les-Bains.

D’autre part, il ne peut s’agir de LA baignoire de l’impératrice car il existe DES baignoires identiques.

PLUSIEURS  BAIGNOIRES

Sur un dépliant publié par la Préfecture de Corse-du-sud à l’occasion des Journées du Patrimoine d’il y a quelques années, on peut lire dans la partie consacrée aux jardins du Palais Lantivy:

« Les trois baignoires en marbre, 2ème moitié du XIXème siècle, proviennent de la station thermale de Guagno-les-Bains. »

La photo d’accompagnement ressemble beaucoup à ce qui est visible maintenant dans la cour de la station thermale.

La baignoire de l'impératrice

Nous en arrivons à quatre baignoires du même type. Mais on est loin du compte car les baignoires se trouvaient dans les 17 cabinets particuliers (dont 3 avaient des baignoires jumelles) installés dans les thermes lors de leur reconstruction de 1846-1855. Le total était donc de 20 baignoires.

Le devis du Conducteur des Ponts et Chaussées GIERYNSKI, daté du 13 novembre 1846 et cité par François VAN CAPPEL DE PREMONT, architecte du Patrimoine, dans son livre « Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme », nous apprend que ces baignoires étaient plaquées de marbre de Corte et coûtaient 84,84 francs l’unité.

 

SOUVENIR PERSONNEL

Les personnes qui ont plus de 60 ans maintenant se souviennent certainement s’être baignées dans ces baignoires, surtout avant 1968, quand l’eau courante n’avait encore été installée à Poggiolo.

Après un match de football ou après une simple promenade, si l’on n’allait pas se tremper dans la rivière, on se présentait à l’établissement thermal. Pour un prix modique, ou même gratuitement pour ceux qui résidaient toute l’année au vilage, on était introduit dans une petite pièce fermée par une porte en planches de châtaignier disjointes. La baignoire était placée contre un mur. Au-dessus d’elle, un robinet en cuivre doré permettait de faire couler une eau chaude à l’odeur de soufre très caractéristique que l’on gardait un bon moment. On était en forme pour gravir les trois kilomètres de montée jusqu'à Poggiolo.

 

DEUX MYSTÈRES ET UNE INJUSTICE

Ces baignoires ont certainement été enlevées lors des travaux qui permirent un redémarrage temporaire de la station. La date exacte serait à rechercher. Mais on se souvient que, pendant de  très longs mois, des baignoires étaient abandonnées le long des rues du village.

Les exemplaires qui se trouvent à la Préfecture d’Ajaccio seraient présentées dans le jardin depuis 1984, d’après la base de données Palissy des monuments historiques. En effet, elles ont été classées depuis le 2 mai 1984.

Mais il y a encore deux mystères :

- le dépliant des Journées du Patrimoine cite le chiffre de trois baignoires. Pourquoi la troisième n’est-elle pas dans cette liste ?

- la baignoire-jardinière de Guagno-les-Bains n’est pas mentionnée sur la liste des monuments historiques. Est-ce parce qu’elle est se trouve dans un petit village éloigné de la métropole ajaccienne ?

Même sans être LA baignoire de l’impératrice, il serait normal qu’elle soit classée.

EXIGEONS LA RECONNAISSANCE DU CARACTERE DE MONUMENT HISTORIQUE À LA BAIGNOIRE DE GUAGNO-LES-BAINS !

La baignoire de l'impératrice

En tout cas, monument historique ou non, l'exposition de cette baignoire et son placement sous la plaque "1808" sont les symptômes de la nostalgie que l'on ressent à Guagno-les-Bains et à Poggiolo, celle de "l'âge d'or de Guagno-les-Bains, quand des centaines de curistes se succédaient tout au long de l'été, faisant vivre le commerce local", comme le fait dire le romancier Didier DAENINCKX, dans son livre "Têtes de Maures", au conseiller général (voir l'article "Guagno-les-Bains, cadre de roman (1/3: des Archives à la fin de "l'âge d'or")").

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 17:00

La semaine du 1er mai a été importante pour le commerce corse. Le grand événement est l'ouverture de la première FNAC insulaire, à Ajaccio.

Plus près du haut-canton, un Super U s'est ouvert à Sagone, sur la route de Vico. L'ancien magasin Coccinelle a doublé de surface et recouvre maintenant 1.000 m2 avec un "drive", pour rechercher les commandes faites par internet. 

Du nouveau chez les commerçants
Du nouveau chez les commerçants

Mais n'oublions pas les très utiles commerces de nos villages, qui permettent de se ravitailler sans accomplir de longs trajets. Ainsi, à Guagno-les-Bains, le Proxi de Jean-Marc Franchi a bien fonctionné pendant tout l'hiver. Et il se murmure qu'il réserve des surprises qui seront dévoilées dans quelques semaines...

Du nouveau chez les commerçants
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de mars et avril dans les Deux Sorru:

cliquer ici. 

 

VACANCES SCOLAIRES COVID

-fin des cours: 

samedi 10 avril

-reprise des cours:

lundi 26 avril (classes maternelles et primaires)

lundi 3 mai (collèges et lycées)

 

 

Le mensuel "INSEME" d'avril vient de paraître:

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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