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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:57

Un fait divers rarissime s'est produit à Guagno-les-Bains dans la nuit de jeudi 21 à vendredi 22 janvier. 

("Corse-Matin" samedi 23 janvier 2016)

("Corse-Matin" samedi 23 janvier 2016)

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 18:00

Si l’assassinat de 1634 à Saint Siméon fut un moment particulièrement tragique de l’histoire de Poggiolo, une autre mort violente eut lieu au début du XXe siècle, cette fois pour faire triompher la loi et l’ordre. Le sang coula en 1909 à Guagno-les-Bains mais pour venger un meurtre de gendarme commis à Soccia.

La scène est racontée, avec un style un peu particulier, dans le quotidien « Le Matin » du 8 janvier 1909.

Du sang à Sorru in Sù. N°2: Du sang à Guagno-les-Bains

On peut remarquer que le lieu de l’affrontement est appelé «Bains» au lieu de «Guagno-les-Bains». Il semble qu’il se soit passé tout près du pont de Caldane.

Pour comprendre toute l’affaire, nous pouvons reprendre l’article paru sur ce blog le 28 mai 2011 sous le titre «La revanche des gendarmes».

La revanche des gendarmes

    Le meurtre de deux gendarmes à Soccia en 1892 (par un groupe de Guagnais mécontents des résultats d'une élection; voir l'article: Les Mexicains arrivent (première partie)) avait eu un grand retentissement.

    Mais, en 1909, un autre gendarme mourut à coup de fusil et un autre était grièvement blessé. Seulement, dans ce dernier cas, les représentants de la loi réussirent à faire justice eux-mêmes.

    Cet épisode a été raconté par la véritable mémoire de Soccia qu'est Jean-Baptiste PAOLI dans sa publication "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud".

Du sang à Sorru in Sù. N°2: Du sang à Guagno-les-Bains

 A la fin de l'année 1908, durant la fête de clôture des élections pour le Conseil Général, SANTONI Jean, dit GIAVANNELLU, forgeron à Soccia, voulant prendre la défense de jeunes turbulents et bruyants que réprimandait le maréchal des logis Jean MICHEL, s'était querellé avec lui. Il avait même été chercher son fusil et aurait peut-être tiré si des gens du village ne s'étaient pas interposés. Le chef de brigade n'avait pas pris au sérieux les menaces de mort proférées à son encontre par SANTONI et pensait l'incident clos.

    Le 2 janvier 1909, le maréchal des logis MICHEL et le gendarme LATOUR Marius Louis Toussaint, revenant d'une tournée fatigante, s'arrêtèrent (vers 19 heures) au café COLONNA (aujourd'hui Chez Carlo) pour se rafraîchir. Peu de temps après, un coup de fusil tiré de l'extérieur par la fenêtre du rez-de-chaussée, à quelques mètres de la table occupée par les gendarmes, atteignit le maréchal des logis qui se souleva de sa chaise et retomba sur le côté en portant la main à son visage en sang.

    Le gendarme LATOUR se précipita au dehors revolver à la main. Il n'eut pas le temps de s'en servir. Une deuxième détonation retentit et LATOUR rentra aussitôt au café en se tenant le ventre. Il avait le pouce gauche labouré par des plombs et une blessure mortelle à la partie inférieure gauche du ventre. Il en mourut trois heures plus tard. Le maréchal des logis atteint par des chevrotines portait des blessures au visage, au poignet et surtout à l'épaule droite.

    Le docteur CIPRIANI, médecin de la brigade et  seul médecin dans les environs, prévenu, refusa de venir sur place à Soccia de nuit.

    Le coupable était en fuite. Les gendarmes disponibles de la brigade arrivés peu après sur place partirent à sa recherche sitôt après avoir pansé leurs camarades. Ils ne purent retrouver sa trace. Les brigades voisines furent alertées.

    Le 6 janvier, alors que le lieutenant SOULAIRE et son ordonnance, le gendarme SIMONPIERI, revenant des obsèques du gendarme LATOUR, rentraient à cheval sur VICO par les BAINS de GUAGNO, SANTONI, qui s'était embusqué derrière un tas de pierres un peu en contrebas de la route, tira sur eux deux coups de fusil. Repérant SANTONI dont la tête dépassait à peine du tas de pierres, le lieutenant tira vers lui deux coups de revolver, ce qui lui valut la réplique immédiate de celui-ci. Le gendarme SIMONPIERI courut en avant en tirant sur SANTONI qui disparut derrière le tas de pierres. Une balle entrée par le front lui avait traversé la tête.

    En apprenant la mort de son frère GIAVANNELLU, l'abbé SANTONI, curé de Soccia, aurait dit: "Si ce sont les gendarmes qui l'ont tué, c'est bien; mais si ce ne sont pas eux, on réglera ça!".

Dessin de Dany Mangion-Pompa.

Dessin de Dany Mangion-Pompa.

Précisions supplémentaires :

 

Santoni ne mourut pas tout de suite mais à 3 heures du matin, dans la nuit du 8 au 9 janvier, en son domicile, d’après les registres d’état-civil de Soccia.

 

Le lieutenant SOULAIRE devint, le 9 mars 1909, chevalier de la Légion d’Honneur pour avoir, est-il écrit dans le décret : «fait preuve de courage et de sang-froid et a été blessé dans une lutte avec un dangereux bandit dont il a contribué à débarrasser le pays». Il finit sa vie comme officier de la Légion d’Honneur en 1968.

 

Le gendarme SIMONPIERI, qui avait pourtant abattu le bandit, n’eut pas droit à une telle récompense.

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:59

La tradition corse d’hospitalité a souvent été évoquée à l’occasion de l’afflux récent en Europe d’immigrants venant du Proche-Orient et d’Afrique. La Corse n’est actuellement pas vraiment touchée directement. Mais il y eut des moments où elle connut une brusque arrivée d’étrangers. En 1921, les migrants aboutissant en Corse étaient des Russes.

Le regretté Mimi CANALE l’avait rappelé en avril 1998 dans le bulletin «INSEME», lors d’un entretien sur ses souvenirs :

«L’exploitation forestière était très importante. Il y avait plusieurs scieries le long du fleuve (…). En plus, il y avait une scierie de bois et, après la guerre de 14/18, une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café. Les camions venaient charger les billots vendus du côté de Sagone.»

Mimi CANALE

Mimi CANALE

Qui étaient ces Russes ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans les Deux Sorru ?

Nous pouvons trouver des réponses dans l’article «Les Russes en Corse» publié en 1998 dans la revue « Études Corses» n°49. L'auteur, Bruno BAGNI, est professeur agrégé d'histoire à Toulon. Le texte suivant s’inspire de ce texte, accessible à l’adresse :

http://leon.tourtzevitch.pagesperso-orange.fr/corse.pdf

 

En Russie, après la prise du pouvoir par les bolchéviks (communistes) dirigés par LÉNINE  en 1917, une guerre civile éclata. A l’Armée rouge organisée par TROTSKI, s’opposaient les troupes blanches en majorité monarchistes mais comprenant aussi des républicains modérés. Après de grands succès, les troupes de DENIKINE, WRANGEL, KOLTCHAK, KORNILOV, MILLER et IOUDENITCH battirent en retraite.

général WRANGEL

général WRANGEL

Les derniers combats eurent lieu en Crimée avec l’armée WRANGEL. En novembre 1920, les rescapés évacuèrent Sébastopol sous la protection de la flotte française. 146.200 réfugiés, dont 29.000 civils, arrivèrent à Constantinople. Certains trouvèrent ensuite refuge dans les Etats balkaniques, d’autres, croyant à des promesses de pardon, retournèrent dans la Russie communiste. En avril 1921, il restait encore 55.000 personnes dans les camps de réfugiés dont la France devait s’occuper. Le Brésil accepta d’en recevoir pour servir comme travailleurs agricoles. Le vieux paquebot « Rion », qui avait fait partie de la flotte WRANGEL, quitta la Turquie le 26 avril 1921 en direction de l’Amérique du Sud avec plus de 3700 réfugiés russes à bord. Les avaries provoquèrent une escale à Messine puis l’obligèrent à s’arrêter à Ajaccio.

 

Le matin du 15 mai, les Ajacciens découvrirent ce navire ancré dans le golfe. Comme l’écrit Bruno BAGNI, «Voilà une petite cité insulaire de 20.000 habitants, qui voit en une journée sa population augmenter de 20%. Et qui sont ces 3.700 nouveaux venus? Des Russes, des Ukrainiens, des Cosaques, bref, quelque chose de plutôt exotique sous ces latitudes... Aucun doute sur ce point: l'arrivée du "Rion" a été L'ÉVÉNEMENT de l'année à Ajaccio».

le "Rion"

le "Rion"

Les initiatives de la population ajaccienne pour aider les exilés furent nombreuses. A partir du 1er juin, les Russes furent autorisés à chercher un travail en Corse. Ils s’éparpillèrent et l’on compta : 20 Russes à Bastelicaccia, 17 à Zigliara, 14 à Eccica Suarella, 15 à Serra di Terro, 10 à Afa, 13 à Campo, 21 à Guarguale, 24 à Cauro, 30 à Grosseto-Prugna, 14 à Ucciani, 13 à Vico, et 35 à Calcatoggio... Globalement, leur présence fut très paisible.

Cependant, le gouvernement français affrêta deux vapeurs, l'"Aquitaine" et la "Provence", pour les envoyer au Brésil, comme cela avait été prévu: 1.075 Russes embarquèrent… et 458 revinrent, les Brésiliens les ayant jugés inaptes au travail agricole.

Il fut alors décidé de les renvoyer tous à Constantinople. A cet effet, le "Burgeister von Melle" se présenta le 13 septembre dans le port d’Ajaccio. Mais, une rumeur ayant couru que les réfugiés allaient être livrés aux communistes de Russie, nombre d’entre eux s’enfuirent, souvent cachés par la population ajaccienne, scandalisée qu'on envoie ces braves gens à une mort certaine. Finalement, le "Burgeister von Melle" repartit avec seulement 650 Russes.

A la fin de l’année 1921, il restait 1.500 Russes blancs en Corse.

C'est finalement le 15 juin 1922 que ferma la caserne Livrelli qui servait de centre d’hébergement. Les réfugiés avaient pu s’installer où ils voulaient et où ils pouvaient. En tout cas, ils n’étaient plus à la charge du gouvernement français (et des contribuables). Très vite, un fort courant migratoire fit partir les Russes de Corse vers le continent, où ils espéraient trouver de meilleurs salaires.

Leur nombre dans l’île chuta rapidement puis remonta légèrement.

Bruno BAGNI en arrive à estimer que, finalement, «environ 200 passagers du "Rion" ont dû faire souche en Corse».

Il précise :

«Les travailleurs russes ont été soigneusement dispersés dans l'île. En janvier 1922, des réfugiés sont officiellement signalés dans 80 communes corses. Le saupoudrage est étonnant: à l'exception d'Ajaccio, qui abrite dans la première moitié des années 20 une communauté d'une centaine de Russes, on n'observe nulle part ailleurs de concentration importante; tout au plus relève-t-on entre 15 et 20 individus à Bastia en 1924, et 12 à Volpajola la même année. Partout ailleurs, il n'y a jamais plus de dix réfugiés par commune à partir de 1923. Dans beaucoup de villages, "U Russio", comme on l'appelle le plus couramment, est le seul étranger. On signale par exemple un individu isolé au début de 1923 à Zivaco, Grosseto Prugna, Albitreccia, Guagno, Cargèse, Appietto, Evisa, Letia, Urbalacone, Ciamannacce, Cozzano, Vero, Ucciani, Ota, Cutoli, San Nicolao, Penta di Casinca, Ile Rousse, Corte et Giuncheto.

En 1939, le processus de naturalisation est terminé, puisqu'on ne trouve alors en Corse plus que 3 réfugiés russes, lesquels n'ont vraisemblablement pas souhaité devenir français.»

 

Que se passa-t-il pour les Russes de Guagno-les-Bains ? Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», on peut lire :

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?

- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

En tout cas, le relevé des tombes dans le cimetière de Guagno-les-Bains, effectué par Joëlle LAGRANGE, ne donne aucun nom d’origine slave.

Voir liste complète à l’adresse :

http://www.francegenweb.org/~cimgenweb/result_com.php3?id=12&dpt=20

 

Un exemple d’enracinement existe dans la brochure consacrée à Muna par l’association A Mimoria (aimablement prêtée par Jean-Baptiste PAOLI, de Soccia). Faisant la liste des familles autrefois présentes dans ce village, il est écrit :

«BIKODOROFF, nom apparu vers 1939 à la suite du mariage d’une jeune fille NIVAGGIOLI avec un homme d’origine russe».

Des personnes ayant ce patronyme se trouvent maintenant à Murzo, Letia et Appietto.

Même s’il reste quelques noms slaves en Corse, tous les passagers du «Rion» et leurs descendants se sont complètement intégrés et sont devenus de vrais Corses.

 

Il ne reste donc plus de traces du village russe de Guagno-les-Bains, qui était peut-être au pied de Libbiu. La scierie où les Russes travaillaient aurait-elle été celle qui fut un temps installée dans les ruines de l’ancien hôpital militaire ? Pourquoi sont-ils partis ? Parce qu’il n’y avait plus de travail ?

Mimi étant né en 1923, ses souvenirs doivent dater des années 30, ce qui pose la question de savoir si ces travailleurs étaient d’anciens passagers du « Rion » ou d’autres exilés passés par le Continent.

Autre question : pourquoi la mémoire collective poggiolaise a-t-elle totalement occulté ces faits?

La question des Russes dans les Deux Sorru est un domaine à étudier. Ce blog accepterait volontiers d’y contribuer en publiant des témoignages ou des documents sur ces immigrants particuliers.

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il existe une association de descendants de Russes en Corse. Elle a un site dont l'adresse est: 

http://www.kalinka-machja.com

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 16:04

Toutes nos condoléances aux familles Lagrange et Pinelli.

Guagno-les-Bains en deuil

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 18:00

Depuis son décès, le 28 octobre 2014 , Mimi CANALE vit toujours dans le cœur de ceux qui l’ont connu. Mais, pour GOOGLE, il est toujours visiblement présent à Guagno-les-Bains.

Pour s’en rendre compte, il suffit de demander à son ordinateur d’aller sur l’application Google Maps qui  est si utile pour préparer des itinéraires. Il faut ensuite faire glisser le bonhomme jaune de Street View sur le village des Bains. Street View permet de montrer ce que peut observer un automobiliste ou un piéton passant sur la route.

Or, en étant placé devant l’ancienne épicerie, devenue maintenant PROXI, on peut facilement distinguer un personnage dans le jardin.

Mimi est toujours avec nous

En s’approchant et en agrandissant la photo, le doute n’est plus possible:

Mimi est bien là !

Mimi est toujours avec nous
Mimi est toujours avec nous

Ce n’est pas un fantôme. Il n’y a pas là de phénomène surnaturel.

Simplement, Google n’a pas remis à jour ses vues photographiques. L’inscription «Données cartographiques ©2015 Google», placée en bas et à droite des images produites par ce système, peut faire croire que ces images sont récentes.

En réalité, les routes de Sorru in Sù n’ont été photographiées qu’une seule fois, en novembre 2008. La preuve en est déjà fournie par le fait que la photo ne montre pas que l’épicerie a été remplacée par Proxi. Un élément plus précis se trouve en allant regarder les images de l’entrée de Poggiolo. Un calicot est installé à la hauteur de la salle des fêtes et de la maison Tramini, et il annonce le marché de Noël du 30 novembre 2008 !

Cette absence de mise à jour avait déjà été signalée par le Blog des Poggiolais dans l’article du 28 septembre 2010 intitulé « Nos villages sur internet »

http://poggiolo.over-blog.fr/article-nos-villages-sur-internet-57621504.html

 

Après tout, tant mieux, car ainsi Mimi est toujours présent dans le jardin qu’il aimait tant et il peut être vu par tous ceux qui utilisent internet pour connaître Guagno-les-Bains.

 

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 08:56

Toutes nos condoléances.

Un décès à Guagno-les-Bains

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 07:31

Neuf mois après, Louise est allée rejoindre Mimi dans l'au-delà. Toutes nos condoléances à Pierrot et à sa famille.

Louise a rejoint Mimi

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:16

Pour savoir à quoi ressemblait le village à la fin du XVIIIème siècle, il existe un document exceptionnel : LE PLAN TERRIER.

Plusieurs articles de blog y ont fait référence mais il faudrait savoir un peu mieux ce qu'est ce document exceptionnel.

Après l’acquisition de la Corse, Louis XV, par un édit royal d’avril 1770, lança un inventaire social, démographique, économique et géographique de l’île, d'abord dans le but de définir les propriétés foncières et d'établir les impositions correspondantes

Une équipe de 28 ingénieurs, géomètres et dessinateurs, dirigée par Dominique Testevuide, travailla pendant 25 ans, entre 1770 et 1795, pour donner un tableau précis et détaillé dans 17 registres de relevés statistiques, une carte gigantesque au 1/172.800 et une centaine de dessins, sous la forme de 39 rouleaux de 74 centimètres de large, à l'échelle 1/10.800. Les habitations, les zones cultivées, les voies de communication... sont figurées avec une extrême précision, avec de très nombreux toponymes.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Deux jeux seulement ont été réalisés. Le premier se trouve à Vincennes, au service historique de la Défense, et le second, acheté en 1829 au ministère de la Guerre, est conservé aux Archives Départementales à Ajaccio où il a été numérisé et est consultable sur ordinateur.  Mais tout faillit être perdu quand les Anglais s'emparèrent de Bastia (3 prairial an II: 22 mai 1794). Les Français furent contraints de leur remettre les documents du plan terrier, mais avec la faculté d'en prendre copie. Pierre Jacotin, neveu de Dominique Testevuide, réussit à remplir sa tâche de copiste malgré la mauvaise volonté de l'amiral britannique Samuel Hood et put rentrer sur le continent en emportant, avec lui, un dossier complet.

(Renseignements tirés de Wikipedia)

 

POGGIOLO SUR LE PLAN TERRIER

 Un de nos lecteurs, Olivier FORCONI, qui n'est pas du tout Poggiolais, a eu la gentillesse de nous envoyer des photos de la partie du plan terrier concernant Poggiolo.

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Cette première image montre la communauté de Poggiolo. Il n'était pas encore question des communes.

Les limites avec Soccia, Orto et Guagno sont marquées par des gros traits rouges. La partie méridionale, avec les pentes du Tretorre et de Libbiu, est en dehors de ce cadre. Ces terres ont d'ailleurs été l'objet de contestations avec les habitants de Rosazia pendant des dizaines d'années (voir l'article "La fièvre monte à Libbiu").

Le relief est rendu par un estompage à l'encre de Chine qui rend parfois la carte difficile à lire. La lecture est parfois ardue par l'emploi d'une écriture manuscrite à l'anglaise et non pas par des caractères d'imprimerie.

Quelques abréviations utilisées:

- Ch: châtaigniers

- B: bois

- Font: fontaine, mais le mot est parfois écrit en entier

- MK: maquis

- OL: oliviers

- P: prés

- T: terres labourables

- V: vigne.

 

Cette seconde photo est centrée sur le village et non pas sur l'ensemble du terroir. Elle montre sept maisons autour de la chapelle St Roch, trois habitations aux Case Suprane et cinq constructions isolées, l'église Saint Siméon étant à part. 

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

ET GUAGNO-LES-BAINS ?

 

L'emplacement de Guagno-les-Bains correspond à la partie ouest de la carte, qui, dans cette troisième reproduction, est entourée d'un cercle rouge.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Le nom de "CALDANE" fait référence aux sources d'eau chaude. Dans le sud de la Corse, près de Ste Lucie de Tallano, une source thermale porte le même  nom.

François VAN CAPPEL DE FREMONT en a réalisé un agrandissement dans son livre "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme". Il y a indiqué les chemins en blanc, le Fiume Grosso et les ruisseaux en bleu, et les constructions en rouge. On peut donc voir la chapelle Saint-Antoine sur la colline, à une croisée de routes comme aujourd'hui. Les fontaines "alle Caldane" et "san antone" sont en dessous.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Mais aucune habitation n'est visible. En dehors d'un frère de l'ordre monastique des cordeliers, il n'existait aucun résident permanent. Les curistes étaient abrités par des cabanes en branchages qui étaient édifiées pour la saison estivale. Cette rusticité n'empêchait pas le lieu d'être très fréquenté, même par Pascal PAOLI ou Letizia BONAPARTE comme vu dans un article précédent.

 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 18:00

Une des fidèles lectrices de ce blog  nous a signalé que, dans sa réunion de mardi 20 juin 2015, l’Académie de Médecine a pris connaissance du rapport de sa commission XII (thermalisme et eaux thermales) « Sur la demande d’agrément pour l’obtention de l’orientation thérapeutique «rhumatologie» pour l’établissement thermal de Guagno-Les-Bains situé sur la commune de Poggiolo (Corse-du-Sud) ».

Ce rapport est important pour l’avenir de la station thermale fermée depuis 1999 car l’agrément permettrait d’envisager une réouverture, quoique les travaux de remise en état à effectuer soient certainement de grande ampleur.

L’Académie de Médecine a déjà étudié le cas de Guagno-les-Bains le 11 mars 2008 pour une demande d’exploitation de la source comme eau minérale naturelle. La réponse avait été négative car le conseil général avait présenté un dossier insuffisant et car le taux de fluor était trop élevé.

Dans sa séance du 3 décembre 2013, l’Académie avait refusé l’exploitation à des fins thérapeutiques car les études étaient insuffisantes.

Quel a été le verdict cette année ?

Guagno-les-Bains face à l’Académie

Le site de la vénérable institution (http://www.academie-medecine.fr/) fondée en 1820 prévient que les commissions «émettent des communiqués ou des rapports qui doivent être étudiés, éventuellement amendés, avant d’être validés en Conseil d’administration. Rapports et communiqués sont votés en séance plénière. Ils sont adressés ensuite aux autorités concernées. Les informations sont ensuite diffusées par les medias.»

Soyons aux aguets de cette diffusion. Mais si quelqu’un a des informations plus rapides, ce blog les accepterait avec plaisir.

En attendant, il est possible de consulter les textes complets des rapports de 2008 et de 2013 à l’adresse :

http://www.academie-medecine.fr/?s=guagno&submit=OK

On y trouve des renseignements importants sur l’historique de la station thermale, les caractéristiques techniques du captage, la qualité de l’eau et les raisons des refus.

 

Une erreur est à relever sur le rapport de 2008. Il y est écrit : « La source de Guagno (Commune rattachée en 1880 à Poggiolo) ». En fait, c’est le seul hameau des Bains qui a été rattaché à la commune de Poggiolo depuis le décret présidentiel de 1852.

 

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 18:03

Le paysage des "bains de Vico" publié en 1851 dans "Le Magasin pittoresque" et déjà examiné dans deux articles précédents ("Bains de Vico ou Guagno-les-Bains ?" et "Les ponts de Guagno-les-Bains") donne beaucoup de renseignements mais pose aussi des questions sur les débuts du hameau.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

En dehors de l'établissement thermal et d'une auberge, aucune maison n'a été dessinée. Plusieurs voyageurs de l'époque écrivent bien que les curistes étaient abrités dans des huttes de branchage (voir l'article précédent) mais ils mentionnent également plusieurs auberges.

Pour connaître la vérité, il est indispensable d'utiliser des documents cartographiques officiels: le plan-terrier et le cadastre napoléonien.

Le plan-terrier élaboré par la monarchie française à la suite du rattachement de la Corse au royaume de France est un instrument de grande qualité.

Pour Guagno-les-Bains, il montre le pont de Caldane, la source d'eau chaude et la chapelle St-Antoine. 

Extrait de "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme" par François VAN CAPPEL DE PREMONT

Extrait de "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme" par François VAN CAPPEL DE PREMONT

Absolument aucune bâtisse n'est représentée alors que, dans d'autres villages comme Poggiolo, toutes les maisons sont bien visibles sur le plan-terrier. Indéniablement, le lieu ne connaissait pas d'habitants permanents.

L'autre référence incontournable est le plan cadastral. Pour la Corse, le cadastre dit napoléonien, datant de 1857, est disponible sur internet.

Alors qu'il est pratiquement de la même époque que le dessin du "Magasin pittoresque" de 1851, il montre plusieurs constructions. L'établissement de bains se distingue facilement par sa taille et sa forme en U. Mais il n'est pas seul: il est entouré par une douzaine de carrés roses représentant autant de maisons.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

Une fièvre de construction aurait-elle saisi cet endroit entre 1851 et 1857? Ce ne serait pas à rejeter s'il n'existait un document plus ancien: le plan général dressé par l'architecte COTIN le 20 décembre 1838.

Il est reproduit dans l'ouvrage de François VAN CAPPEL DE PREMONT déjà cité.

Il est génant à consulter car il n'est pas orienté, comme de façon traditionnelle, avec le nord en haut. Ici, le nord est à gauche.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

Pratiquement vingt ans avant le cadastre napoléonien, ce plan prouve qu'il existait cinq maisons dont les propriétaires étaient bien identifiés.

Mieux qu'un plan, le livre de VAN CAPPEL DE PREMONT présente une vue générale est-ouest des thermes, avec la même orientation que le plan COTIN.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

L'ouvrage contient aussi une vue sud-nord qui est l'orientation de l'image de 1851. Même avec les nombreux arbres mis par le dessinateur, plusieurs bâtiments auraient dû être visibles dans le périodique.

Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

Légende:

1: Chemin de Guagno et Poggiolo

2: Route départementale

3: Hôpital militaire de Saint-Antoine

4: Chapelle de Saint-Antoine

5: Source Degli Occhi

6: Maison Leca

7: Maisons Multedo

8: Maison Ricci

9: Maison Sabiani

10: Etablissement thermal

11: Bains des chevaux

12: Chemin de Soccia

13: Pont sur le Liamone

 

Le dessin du "Magasin pittoresque" fait l'impasse sur tous ces lieux. Il n'est pas fiable sur l'existence des maisons.

 

La reconnaissance officielle des vertus curatives des eaux, concrétisée par la nomination d'un médecin en 1808, entraîna la construction d'hôtels et de maisons particulières qui formèrent un hameau assez important, comme le montre cette photo contemporaine prise depuis l'autre rive. Il y exista même un bureau de Poste et une école.

Guagno-les-Bains est né de l'exploitation des eaux thermales. Il lui faut maintenant exister en attendant un hypothétique redémarrage de cette activité.

Photo du 27 juillet 2011.

Photo du 27 juillet 2011.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de janvier et février dans les Deux Sorru:

cliquer ici.

 

Fête de Saint Siméon:

messe à Poggiolo

samedi 20 février

à 15 heures. 

 

VACANCES SCOLAIRES DE FÉVRIER

fin des cours: 

samedi 13 février

reprise des cours:

lundi 1er mars

 

La nouvelle formule du mensuel "INSEME":

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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