Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 17:46

Une conférence à Toulon sur Mgr de Mazenod et une autre à Aix-en-Provence sur le problème corse sont prévues pour les prochains jours.

Deux conférences sur le Continent

Indiscutablement l'Islamisme est « aujourd'hui » dans une phase conquérante mais nous ne devons pas ignorer que le catholicisme a su l’être « hier ». En Provence ce fut le cas avec l’évêque de Marseille Mgr de Mazenod, canonisé en 1995.

 Eugène de Mazenod naquit à Aix-en-Provence en 1782 dans une famille aristocratique qui dut émigrer pendant la Révolution. Durement marqué par cet exil, il en garda de solides convictions royalistes et une grande piété. Devenu prêtre, il fonda en 1816 les Missionnaires de Provence, devenus ensuite les Oblats de Marie Immaculée, pour évangéliser une Provence touchée par la déchristianisation révolutionnaire, puis pour répandre la religion catholique dans les pays éloignés.

Evêque de Marseille de 1837 à sa mort en 1861, il marqua profondément ses contemporains par une attention constante envers les pauvres et le paysage de sa ville par de nombreuses constructions (cathédrale de la Major, basilique ND de la Garde). Pour lui, le christianisme devait s'afficher partout sans complexe. Michel Franceschetti, professeur d'histoire et administrateur du Comité du Vieux Marseille présentera cet exemple provençal aux « amis du Graal ».

Deux conférences sur le Continent
Partager cet article
Repost0
8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 18:01

Co-officialité, comme le demandent les nationalistes corses ou bilinguisme comme vient de le proposer le président Macron, la nuance est importante mais les deux termes impliquent l'utilisation officielle de deux langues.

Il semble que l'on a oublié que cette coexistence de deux langues a déjà existé en Corse et, semble-t-il, sans trop de souci.

La preuve en a été donnée à Guagno-les-Bains au début du XIXème siècle.

-----------

 

Dans le hall de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains, les curistes pouvaient voir jusqu'à sa fermeture deux affiches protégées par une vitre ou du plexiglas transparent et suspendues aux murs. 

Le premier est le "Règlement de police pour les eaux minérales de Guagno" datant du 22 juin 1822.

 

Pour lire les textes de ces photos, il est recommandé de les agrandir en cliquant chaque image.

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Le second est un "Arrêté Relatif à la mise à Ferme des Bains de Guagno".

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Ces deux documents sont tout à fait officiels puisqu'ils émanent de la Préfecture de la Corse.

Celui de 1822 est signé du vicomte de SULEAU. Fils d'un noble tué lors de la prise des Tuileries par les sans-culottes le 10 août 1792, ce vicomte (prénommé Elysée) fut nommé dans l'île le 13 mai 1822 et resta à ce poste durant deux ans avant d'avoir plusieurs affectations dont la dernière fut dans les Bouches-du-Rhône où il participa grandement à la réussite du coup d'Etat de Louis-Napoléon BONAPARTE en 1851.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

L'autre porte la signature de SOLLIERS "Secrétaire général, Préfet par intérim". Elle est datée du 1er mai 1824. A ce moment-là, SULEAU était parti pour le Vaucluse. Son successeur ne fut nommé que le 29 juin. Ce fut le fameux Gabriel de LANTIVY de KERVENO qui fit construire la Préfecture et la Mairie d'Ajaccio.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Ces deux textes sont importants pour comprendre l'organisation des Bains pendant la Restauration.

Le premier traite du "maintien de l'ordre et de la discipline dans l'administration des Eaux minérales de Guagno", est-il écrit en préambule dans la colonne de gauche. Dans la colonne de droite, on peut lire la traduction de la même ligne: "il mantenimento dell'ordine e della disciplina nell'amministrazione delle acque minerali di Guagno".

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

De même, l'arrêté de 1824 est bilingue: le texte français à gauche, et le texte italien à droite.

Il proclame dans son article 2 "la mise à prix (de l'entretien) des trois grands bassins et des douze petits bains (...) pour toute la saison", ce qui est traduit en: "la prima offerta per le tre gran vasche e per i dodici piccoli bagni (...) per tutta la stagione".

Cette affiche annonce la mise en adjudication de la station pour la saison 1824.

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Incroyable mais vrai! Les textes émanant du représentant du gouvernement français étaient traduits en italien pour être mieux compris par la population corse et les deux versions avaient force de loi.

 

Autre exemple: les actes d'état-civil consignés sur les registres de la mairie de Poggiolo montrent que les deux langues furent utilisées indifféremment au moins jusqu'en 1830, comme dans l'exemple ci-dessous.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

La page de gauche, en français, contient "l'acte de décès de Santa, épouse d'Arcange Paoli, décédée le 26 janvier 1830".

Immédiatement après, sur la page de droite, le texte est en italien pour une naissance. On lit sur le résumé placé en marge: "atto di nascita figlia d'Angela francesca figlia di francesco franceschetti e di mari-antonia sia (?) moglie nata il 28 febraro 1830".

Les actes écrits dans chacune des deux langues étaient parfaitement officiels et ceux qui étaient en italien n'étaient même pas traduits en français.

Un autre exemple, en dehors de notre canton, a été fourni par Jean-Pierre GIROLAMI qui, décrivant, dans "Settimana" du 19 janvier dernier, la cérémonie d'anniversaire de la mort du roi Louis XVI qui se déroula le 21 janvier 1818, indique que le maire de Bastia avait placardé dans sa ville des affiches "en patois", c'est-à-dire en italien.

 

A cette époque, la langue corse n'était pas écrite et l'italien était utilisé depuis des siècles dans tous les actes officiels.

D'ailleurs, surtout dans notre micro-région, d'après Antoine-Claude VALERY (1789-1847), tout le monde connaissait l'italien.

Dans son livre intitulé "Voyages en Corse, à l'île d'Elbe et en Sardaigne", publié en 1837, il écrivit à la page 111:

"On cite Guagno pour la pureté de son italien; Vico a le même mérite. Le français de Corse n'est nullement corrompu, et ne ressemble point au barbare patois de la plupart de nos provinces. Chose singulière, ces insulaires et ces montagnards corses parlent à la fois l’italien et le français de Rome et de Paris. Le dialecte corse est le moins corrompu des dialectes italiens.»

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Quelle que soit la qualité du langage utilisé, les affiches de Guagno-les-Bains montrent bien que l'emploi de deux langues ne paraissait pas incongru sous Louis XVIII.

L'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 imposa l'emploi de la langue française pour tous les actes officiels. Rattachée au royaume  depuis 1768, la Corse avait une population qui en majorité ne comprenait pas le français. Avec pragmatisme, la monarchie en tint compte et permit, tout en favorisant la diffusion du parler français, l'utilisation des deux langages le temps nécessaire pour que l'italien fut délaissé.

On était bien loin des tourments juridiques et idéologiques des tenants de la République une et indivisible.

 

------------

Les notices sur Suleau et Lantivy viennent de Wikipedia.

Les photos sont de Michel Franceschetti.

La couverture du livre de Valery est un cliché bnf.

Partager cet article
Repost0
3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 18:00
La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

Voici deux siècles, le 28 février 1818, un petit cortège suivit le cercueil du maître d’hôtel de Napoléon Ier jusqu’au cimetière anglican de Country Church où il fut enseveli. La scène se passait sur l’île de Sainte-Hélène où l’ex-empereur était prisonnier des Anglais.
 

cimetière de Country Church (Ste Hélène)

cimetière de Country Church (Ste Hélène)

 

Le compagnon de captivité qui était porté en terre était Jean-Baptiste, dit Franceschi, CIPRIANI, décédé la veille. Il était originaire de Guagno, pieve de Sorru in Sù ou canton de Soccia.


Comment un Sorrinesu se trouva-t-il si proche de Napoléon? Pour le savoir, il faut raconter une histoire très particulière avec plusieurs péripéties et beaucoup de mystères.

 

 

Né à Guagno
Jean-Baptiste CIPRIANI, qui fut ensuite surnommé Franceschi, naquit à Guagno en 1773. Certaines sources disent «entre 1770 et 1780». Pour le savoir avec certitude, il faudrait dépouiller les registres de baptêmes guagnais. Ils ont été numérisés et sont disponibles sur internet mais il faut arriver à les lire. 
Un de nos lecteurs pourrait-il trouver l’acte de baptême de Jean-Baptiste?

 

La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

 

Jean-Baptiste était un enfant naturel dont la mère guagnaise n’est pas connue. Certains disent que son père serait Christophe SALICETI (on écrit parfois SALICETTI). Le fait est douteux mais il est certain que CIPRIANI fut très proche de SALICETI.

 

Cet avocat fut député de Corse à la Constituante et à la Convention. Il fit voter, avec l'appui de Mirabeau, le principe de l'intégration  de la Corse à "l'Empire français" le 30 novembre 1789. Il fut le seul des six députés corses à voter la mort de Louis XVI. Il était proche de ROBESPIERRE et, en Corse, ami de la famille BONAPARTE, au sein de laquelle le jeune Jean-Baptiste fut élevé.

 

Dans l’ombre de Saliceti


Devenu représentant en mission en Provence et surveillant les opérations du siège de Toulon en 1793, SALICETI, accompagné de Franceschi, fit donner le commandement de l’artillerie républicaine à Napoléon BONAPARTE. Ce fut le début de la carrière du jeune officier corse.


Après avoir été ambassadeur à Gênes, SALICETI vint en 1806 à Naples dont la couronne avait été donnée à Joseph, frère aîné de Napoléon. Il devint ministre de la police et de l’armée du royaume. CIPRIANI, lui servant alors d’homme à tout faire, joua un rôle important en 1808, dans la capitulation de l’île de Capri occupée par les troupes anglo-corses des Corsican Rangers sous le commandement de Hudson LOWE. Jean-Baptiste retrouva ensuite (curieuse coïncidence) l’officier anglais à Sainte-Hélène où il fut  le geôlier de Napoléon Ier.
 

Hudson Lowe

Hudson Lowe

 

SALICETI, détesté par les Napolitains, étant mort mystérieusement, peut-être empoisonné, en 1809, son fils présumé monta à Gênes, peut-être avec l’aide financière du cardinal FESCH, oncle de l’empereur, une compagnie maritime assez prospère. Servit-elle de couverture pour des activités clandestines? 

 

De l’île d’Elbe à Sainte Hélène


Brusquement, en 1814, après la première abdication, CIPRIANI abandonna son affaire pour suivre, avec femme et enfants, Napoléon à l’île d’Elbe et devenir son maître d’hôtel. Il semble avoir alors accompli des missions secrètes, peut-être pour préparer le retour de BONAPARTE en France. Il aurait été vu à Vienne où se déroulait le congrès préparant la nouvelle carte de l’Europe.


En juillet 1815, il laissa définitivement sa famille pour suivre l’empereur déchu à Sainte Hélène. Son épouse, Adélaïde CHARMANT, mourut la même année que lui. Ses enfants restèrent en Italie, le fils sous la protection du cardinal FESCH et la fille sous celle de Laetitia, la mère de Napoléon.


Avec son titre officiel de majordome, CIPRIANI circulait assez librement dans l’île-prison et servait d’informateur à l’ancien empereur, bloqué à Longwood.
Le 27 février 1818, pris de douleurs intestinales, il décéda au bout de deux jours d’agonie. Son enterrement fut consigné sur le registre de Sainte-Hélène sous le nom de "Cipriani Steward to Genl Bonaparte".
 

La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

 

Mais son histoire ne s’est pas arrêtée là.


Certains prétendent que, peut-être depuis l’affaire de Capri, Franceschi était au service de l’Angleterre. Il aurait poussé Napoléon à quitter l’île d’Elbe pour que les Anglais puissent s’en débarrasser définitivement.


Sa tombe est introuvable car le cimetière de Country Church a été très mal entretenu. Cette disparition contribue à la légende selon laquelle Napoléon aurait été empoisonné. Le corps rendu à la France en 1840 et inhumé aux Invalides serait en réalité celui de son serviteur.

 

En 2007, un historien a même prétendu que le masque mortuaire conservé au Musée de l'Armée ne serait pas celui de l’empereur mais de CIPRIANI, dont on ne connaît aucun portrait. 
 

Masque mortuaire de Napoléon.

Masque mortuaire de Napoléon.

 

Les réponses aux diverses interrogations ne seront peut-être jamais trouvées mais le destin de cet enfant de Guagno fut sans conteste absolument unique.

 

--------------------------
Sources internet utilisées:

Geneanet: fiche Cipriani

L’autre Sainte-Hélène: les domestiques de Longwood

la Corse militaire: Corsican Rangers

Libé: un masque agace le musée des armées

napoleon.org: la tombe de Cipriani a-t-elle disparu?

Napoléon prisonnier: Cipriani

Wikipedia:

Hudson Lowe

Prise de Capri

Saliceti

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 17:45

L'histoire de Poggiolo et de Guagno-les-Bains est bien plus riche que ce que l'on croit souvent. Ce blog l'a prouvé par de nombreux articles. Près de 200 dates ont été recensées.

Cette année 2018 est remarquable car, chacun le sait, elle correspond au cent-dixième anniversaire de la fontaine du Lucciu. Mais, en faisant la liste des années se terminant par le chiffre 8 et pendant lesquelles sont eu lieu des événements concernant notre village, on arrive à un total de 33  dates!

En voici la liste. Certains faits se sont déroulés à Poggiolo ou Guagno-les-Bains, d'autres concernent l'ensemble des Deux Sorru et ont donc eu des conséquences sur la commune.

Chaque date est suivie d'un bref résumé et d'un lien vers un article donnant plus de renseignements.

Désormais, vous saurez quels anniversaires seront à fêter cette année!

 

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

1488: Rinuccio de Leca fait construire la place forte de la Zurlina, près de Murzo, et se joint à la révolte de son cousin Giovan Paolo contre les Génois.     
Le feuilleton de l'été - Z comme Zurlina
Le feuilleton de l'été - Les guerres des seigneurs - 3/3: la fin de la Cinarca
L’année suivante, Ambroggio da Negri dirige la répression et détruit et incendie les villages de Sorru in su, de Sevi in dentru et de l'ensemble du Vicolais. Il chasse les habitants de l'ensemble de ces régions pour plusieurs années. 

Poggiolo, les années zéro (1489)
 

1608: le registre des tailles mentionne un «Francesco di Rosignolo» à Poggiolo.
Les rossignols poggiolais

 

1698: visite de Mgr Giovanni Battista COSTA, évêque de Sagone, qui décrit l’église de St Siméon et mentionne l’existence dans le pavement de trois ouvertures d’arca (fosse commune): une pour les hommes, une pour les femmes et une pour les enfants.
A la recherche de l'arca perdue

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

25 juin 1728: visite de Mgr GIUSTINIANI, évêque de Sagone, qui recommande des travaux d’amélioration de l’ermitage de St Antoine et des bassins de la source thermale. Il ordonne au moine de «porter un habit propre aux ermites, se laisser pousser la barbe et se couper les cheveux».
La chapelle de Guagno-les-Bains

 

18 août 1808: Napoléon Ier nomme Louis DEFRANCHI médecin inspecteur des eaux minérales aux Bains de Guagno.

1808, la date connue de tous



De 1808 à 1810: construction de la partie de la Goccia abritant le bassin circulaire.
Heurs et malheurs de la Goccia. 2/3: un bâtiment bien conçu



11 mars 1818: l’abbé Jean Antoine PINELLI, surnommé «l’homme le plus cultivé de Corse», est nommé conseiller général du canton de Soccia par le roi Louis XVIII.
L'homme le plus cultivé de Corse (3/3)

 

28 novembre 1818: rapport du docteur DEFRANCHI décrivant pour la première fois de façon précise le fonctionnement des Bains.

Le médecin a bien travaillé pour Guagno-les-Bains.


24 mars 1838: naissance à Ajaccio de Simon UCCIANI qui devint avocat et fut, en 1877, et jusqu’en 1884, le premier conseiller général républicain du canton de Soccia. 
Péripéties municipales: on ne peut pas se fier au petit personnel (2/2)

 

1836-1838:  prédication du Père Albini à partir du couvent de Vico.
Tout sur le Père Albini

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

20 décembre 1838: plan général de Guagno-les-Bains dressé par l’architecte COTIN, première carte montrant l’établissement thermal et les maisons du hameau.
Depuis quand existe-t-il des maisons à Guagno-les-Bains? 2/2: naissance d'un village.

 

1848: naissance de Jean-Baptiste PINELLI (21 août) et de Jean-Baptiste FRANCESCHETTI (8 décembre).
Tous deux participèrent à la guerre de 1870, reçurent la Légion d’honneur et décédèrent pendant la première guerre mondiale.
1870, la guerre oubliée

 

5 octobre 1848-8 décembre 1848: Anto Francescu MARTINI maire de Poggiolo, le mandat le plus court de l’histoire de la commune: deux mois.
Péripéties municipales: tous les maires de Poggiolo

 

1858: élection du géomètre Etienne LECA comme conseiller général du canton de Soccia contre l’avocat CASANELLI, neveu de l’évêque d’Ajaccio, malgré la mobilisation des prêtres du canton et du séminaire dans la campagne électorale. LECA resta élu du canton jusqu’en 1872.

"Battue de prêtres" dans le canton de Soccia

 

13 janvier 1878: élections municipales perturbées par des bonapartistes de Guagno-les-Bains. Le maire, Martin DEMARTINI, emporte l’urne chez lui.
Péripéties municipales: une urne très convoitée

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

3 février 1878: naissance de Ghjuvan Martinu PINELLI. Surnommé Martinchjinu, il fut cordonnier, cafetier, négociant, mais surtout un très célèbre violoneux qui anima de nombreuses fêtes jusqu’à sa mort le 2 janvier 1951.
Cumandante et Martinchjinu


1888: l’avocat Jean-François GALLINI, d'origine vicolaise, quitte la Corse pour s’installer à Sousse en Tunisie. L’importance qu’il acquit dans ce protectorat lui permit d’y faire obtenir de nombreux emplois aux originaires des Deux-Sorru.
Les Poggiolais ont de l'initiative (n°3: l'empire sahélien des Sorrinesi)
                                                                                      

11 juillet 1888: un rapport demandé par le préfet conclut que la voie ferrée Ajaccio-Vico réclamée par le conseil général se heurte à de trop grandes difficultés techniques pour être réalisée.
Le train-fantôme

 

1888: naissance à Occhiatana de Damaso MAESTRACCI, auteur du tableau montrant la descente de croix avec un Christ noir, exposée à Saint Siméon. 
Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

 

1898: mise en service de la fontaine du Lucciu.
U Lucciu est toujours là

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

14 octobre 1908: mort de Jean PAPADACCI, premier Grec de Cargese à s'être installé à Poggiolo en 1867.

Les Grecs de Poggiolo

 

13 décembre 1918: un mois après l'armistice, décès de Dominique Xavier DESANTI, de maladie contractée en service, dans l'ambulance alpine n°5 à Zajeca en Serbie. Il est enterré au cimetière militaire français de Skopje en Macédoine. Il est la dernière victime poggiolaise de la première guerre mondiale.

Ils étaient trente Poggiolais

 

mars 1938: Jean Hyacinthe DESANTI nommé gouverneur du Soudan français (Mali actuel).
Un Poggiolais au Mali

 

1948: Poggiolo est le dernier village du canton à recevoir l’électricité.
Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 5/8: les équipements publics


1958: nomination de Judith OTTAVI comme institutrice de Guagno-les-Bains. L’école des Bains et celle de Poggiolo fermèrent en 1965. 
Le savoir est-il socciais?


1968: installation de l’eau courante à Poggiolo.
Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 6/8: le travail agricole
Les rigoles des Cévennes et de Poggiolo

 

1968: le père ALBINI est déclaré «vénérable» par l’Eglise catholique.
Le pèlerinage au tombeau du Père ALBINI

 

mai 1968: mort de Martin PAOLI, maire de Poggiolo depuis 1959 et conseiller général depuis 1945. Son fils Bernard lui succède à la mairie et Jean GAFFORY, maire de Guagno, au conseil général.
1968: le canton passe à Guagno

 

11 septembre 1968: la Caravelle Ajaccio-Nice explose en vol faisant 95 morts dont 2 Poggiolais: Antoine et Jean-François CECCALDI.
L'affaire de la Caravelle définitivement close?
Caravelle Ajaccio-Nice: un anniversaire toujours douloureux

 

Les années en 8 de l'histoire poggiolaise

 

1998: le ministère de la Santé retire son agrément à l’établissement thermal de Guagno-les-Bains. 
Guagno-les-Bains: l'avenir d'un "patrimoine ancestral»

 

1998: ouverture de l’auberge des Deux-Sorru, au-dessus de Guagno-les-Bains.
Le moment des réouvertures: l'auberge des Deux Sorru

 

7 février 2008: décès de Jean-Pierre FRANCESCHETTI.
Jean-Pierre: il y a cinq ans

 

février 2008: le jour de la fête de Saint Siméon, mise en place de la croix de Tanellu, en souvenir de la prédication du Père ALBINI.
Solution de la devinette: croix de fer…

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 18:00

Le docteur Louis DEFRANCHI fut le premier médecin affecté à la station des Bains de Guagno en 1808 (voir l'article précédent). Il ne fut peut-être pas très bien payé mais il remplit son rôle très consciencieusement.

Le décret de nomination de DEFRANCHI et de son collègue LECA (pour l'arrondissement d'Ajaccio et de Sartène) date du 18 août 1808. Le document fut envoyé en Corse avec une lettre signée par le Ministre de l'Intérieur Emmanuel CRETET et datée du 5 septembre.

Le préfet du Liamone, siégeant à Ajaccio, était invité par son supérieur "à donner aux deux médecins les instructions nécessaires pour les mettre en état de remplir les fonctions qui leur sont confiées". Nommés par l'empereur, ils devaient obéir à l'Etat.

La lettre comprenait une seconde partie, plus longue, concernant l'aspect financier. Les médecins inspecteurs des eaux thermales recevaient normalement un traitement "imputé sur le produit des eaux". Mais, en Corse, "les eaux minérales (...) ne sont d'aucun revenu".

Le ministre proposait donc de trouver sur différents budgets les sommes nécessaires aux "gratifications (qui ne) devront avoir d'autre objet que d'indemniser les inspecteurs de leurs déplacements et des soins qu'ils auront donné aux malades indigents et aux militaires, attendu qu'ils pourront se faire rétribuer par les personnes aisées dont ils auront dirigé le traitement".

Les riches peuvent payer.

 

 

Lettre du ministre Cretet.
Lettre du ministre Cretet.

Lettre du ministre Cretet.

 

Louis DEFRANCHI retira-t-il de grosses sommes avec cette activité? Nous ne le savons pas. En tout cas, il remplit sérieusement ses fonctions. Il rédigea même, dix ans plus tard, un rapport très complet qu'il transmit au préfet de la Corse le 28 novembre 1818 (il y a deux cents ans).

 

Première page du rapport
Première page du rapport

Première page du rapport

Dans ce texte de seize pages, entièrement rédigé en italien, accompagné d'une lettre au préfet de trois pages, également en langue italienne, Louis Mathieu GENTY, auteur de "Acqua médicinale", a pu retenir:

1) que le médecin a compté durant la saison 1818, de juin à septembre, 2245 baigneurs militaires et paysans.

2) Par ailleurs, il a observé trois cas remarquables de guérison:

- "un soldat, qui avait la jambe droite rigide et paralysée, a pu, en se baignant à la source "Soccia" et par des lavages, en 16 jours recouvrer l'usage de son membre".

- "Une femme de 18 ans qui souffrait d'aménorrhée, manque d'appétit, vomissement, en prenant durant 12 jours un bain le matin, suivi de l'absorption d'un litre et demi d'eau, bain le soir, éprouva une très sensible amélioration".

- "Une femme de 35 ans qui avait de grandes difficultés à se nourrir, à se tenir sur ses pieds et même à soulever des poids légers, ayant pris pendant un an un bain par jour à 27° Réaumur; et l'année suivante 2 bains par jour à 32°, et ce pendant 12 jours, put se promener sans être soutenue"...

3) Enfin, le médecin estimait que ces avantages, et la multitude des baigneurs annuels, devaient retenir l'attention du gouvernement.

 

C'était voici deux siècles, dans un monde différent...

 

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 18:00

S'il est une date vraiment connue dans les Deux Sorru, c'est bien l'année 1808, il y a juste 110 ans.

Aussi bien résidents permanents qu'estivants, toutes les personnes ayant circulé entre nos villages ont remarqué la plaque fixée sur la façade de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains. Cette date y est inscrite en gros caractères.

 

1808, la date connue de tous

La disposition des lettres et des chiffres entretient une ambiguïté chronologique car on pourrait croire que l'impératrice Eugénie et l'empereur Napoléon III ont suivi une cure en 1808. Or, à ce moment-là, l'empereur était Napoléon Ier, et il ne revint pas en Corse pendant tout son règne.

Mais cette année fut importante pour la source des Bains de Guagno dont les propriétés curatives étaient connues depuis longtemps.

Le décret impérial de NAPOLÉON Ier du 18 août 1808 (document ci-dessous) créa un contrôle médical et nomma deux médecins inspecteurs des eaux minérales pour le département du Liamone.

Dans l'arrondissement de Vico (qui était alors sous-préfecture), la fonction échut à Louis DEFRANCHI. Originaire de Soccia, il avait fait ses études médicales à Pise. Il était neveu de l'abbé Simone DEFRANCHI, curé-doyen de Sorru in Sù et Cruzzini, qui avait mis au point avant 1789 un grandiose projet d'utilisation rationnelle des eaux de la source sulfureuse, projet abandonné à cause des troubles révolutionnaires. 

 

Cette date de 1808 est donc traditionnellement prise comme celle du démarrage réel de la station thermale.

 

Et nous arrivons aux 210 ans de ce décret...

Y penserons-nous le 18 août prochain?

 

   

1808, la date connue de tous
1808, la date connue de tous

Sources:

- "Acqua médicinale, Sorru in Sù, Bains de Guagno" par Louis Mathieu GENTY (1992, deuxième édition)

- "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud" par Jean-Baptiste PAOLI

 

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 18:05

Jean-Pierre GIROLAMI a entrepris de faire connaître l'histoire de notre île en publiant les "50 dates qui ont fait l'histoire de la Corse".

A partir du numéro du 19 janvier, "Settimana" publiera chaque trimestre un numéro spécial qui présentera dix dates emblématiques. Le premier numéro commence avec la "dame de Bonifacio" (en 6570 avant Jésus-Christ) et se termine avec, en 1195, quand Bonifacio devient le premier bastion génois. Un numéro qui éclaire le passé le plus lointain.

 

S'ils ont été attentifs, les fidèles lecteurs du Blog des Poggiolais ont pu compter sur leur écran plus de 200 dates correspondant à Poggiolo ou Guagno-les-Bains. Il en sera présenté dans quelques semaines une sélection qui permettra aux Poggiolais de connaître la chronologie de leur village.

                                                                 

Les cinquante moments les plus importants de la Corse

Présentation des "50 dates qui ont fait l'histoire de la Corse" par "Settimana":

"Où vivaient les premiers Corses? Comment nos ancêtres ont-ils résisté aux invasions? Quelle est la part de l'héritage romain de l'île? De quelle manière Gênes et Pise se sont-elles disputé la souveraineté de la Corse? Jean-Pierre Girolami, historien et ancien journaliste à Corse-Matin, répond à ces questions dans un dossier spécial consacré aux 50 dates qui ont fait l'histoire de la Corse, et qui sera publié tout au long de l'année à raison d'un numéro tous les trimestres.

Dans ce premier volet, qui s'étend de la période du néolithique à celle de la conquête génoise, il revient avec érudition et passion sur les principaux événements de ces époques cruciales. L'épopée des Phocéens, Sainte Restitude, les invasions vandales, les missions papales sont expliquées et racontées dans un dossier richement illustré à ne pas manquer. Parce que connaître ses racines et son histoire permet, aussi, de mieux comprendre le présent."

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 18:00

Avec le temps, les vestiges du passé s'effacent peu à peu. Le paysage n'est pas immuable et le terroir de Poggiolo montre de moins en moins qu'il fut presque entièrement cultivé, avec des murets en pierres pour retenir la terre. Il existait aussi un intelligent réseau d'alimentation d'eau pour les jardins qui a été décrit dans l'article "Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 6/8: le travail agricole" publié le 19 février 2013:

  Les rues et les jardins du village étaient sillonnés d’un important réseau de rigoles amenant l’eau d’arrosage depuis des réservoirs municipaux. Chaque famille avait son jour et ses heures d’arrosage. On voyait ainsi, suivant le moment, untel ou untel courir avec sa binette pour édifier ou enlever de petits barrages de terre et de chiffons afin d’orienter le flux dans la bonne direction.
   Ce subtil et efficace réseau a presque totalement disparu avec l’arrivée de l’eau courante en 1968. Le vestige le plus visible de canalisation à ciel ouvert se trouve le long du mur, au coin de la stretta et de la route.

Ce système existait dans les villages voisins et dans de nombreuses zones montagneuses du bassin méditerranéen.

Le journal de 13 heures de TF1 a diffusé le 9 novembre 2017 un reportage sur des villages cévenols. Vous pouvez voir dans l'extrait ci-dessous un professeur retraité établi à Aumessas, son village d'enfance, qui explique bien à la journaliste l'utilisation des rigoles. Voici une partie du dialogue:

 

"- Journaliste: Quand il était petit, chaque habitant pouvait récupérer l'eau de ces rigoles pour son jardin à une heure très précise. 

- Retraité: On mettait du chiffon, une pierre par dessus pour qu'il s'en aille pas, et l'eau coulait par le tuyau.

- Journaliste: Et l'eau allait dans le jardin!"

 

Dans les Cévennes comme en Corse, les rigoles étaient essentielles.

Les rigoles des Cévennes et de Poggiolo
Les rigoles des Cévennes et de Poggiolo
Partager cet article
Repost0
7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 17:42

 

En dehors de l'armistice de 1918, quel est l'événement important de l'histoire de Poggiolo dont 2018 sera l'anniversaire?

 

Telle était la question posée pour ce début d'année. 

Comme nous sommes en 2018, il faut trouver un fait qui se soit produit pendant une année se terminant par le chiffre 8.

Or, une date est visible de tous sur le bord de la route: 1898. Elle est gravée sur la fontaine du Lucciu et indique l'année de construction du monument. C'était voici 120 ans.

La solution à la première devinette de 2018

Cette inauguration permit aux Poggiolais de bénéficier d'une eau abondante, régulière et facile à aller chercher. La fontaine remplit bien son office jusqu'à l'installation de l'eau courante dans les maisons en 1968. Tiens, un autre anniversaire, le cinquantième dans ce cas-là!

 

Ce cent-vingtième et ce cinquantième donnent largement prétexte à une commémoration que le comité des fêtes ou la mairie pourrait organiser cet été. Pourquoi ne pas organiser une journée de l'eau?

On pourrait y évoquer le rôle des anciennes rigoles d'arrosage. Le souvenir de la station thermale de Guagno-les-Bains pourrait même être associé.

 

----------

L'histoire et l'importance de la fontaine ont été racontées dans les deux articles suivants:

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 10:10

En 2018, tous les souhaits de bonheur, prospérité et paix pour chacun.

 

Bonne année !

 

 

Grosso Minuto, lui aussi, vous souhaite une bonne année... à sa façon.

2018 commence

 

Le célèbre et truculent héros corse participait à un repas de deuil qui se déroulait au tout début de janvier. Et, pris par l'ambiance et par le vin, il se crut à "un pranzu di... Capu d'Annu". Il se mit à hurler à pleine voix ses vœux de bonne année !

Après tout, il avait raison: il faut prendre le bon côté des choses qui peuvent arriver dans la vie . 

 

(dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de "Grossu Minutu", présentation de Paul SILVANI et Marie-Jean VINCIGUERRA, La Marge ed., 1996)

2018 commence
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

---------------

 

Samedi 20 juin:

Fête de la musique avec le groupe Millishake à la salle des fêtes.

 

Dimanche 21 juin:

Concours de boules au Belvédère à 11 heures.

 

Mercredi 24 juin:

début du marché communal de Vico (le mercredi jusqu'au 2 septembre de 8h à 13h place Pardona).

 

Vacances d'été:

à partir du samedi 4 juillet.

 

Jusqu'au 16 juillet:

Exposition de photos "A quoi tu penses" au FAM de Guagno-les-Bains, du lundi au vendredi de 9h à 16h.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

---------------

---------------

L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

-----------------

Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

..............

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.