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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 18:00

Si la loi de 1905 est la plus connue des mesures qui imposèrent la laïcité, elle fut précédée par de nombreuses autres décisions.

Dès 1789, toutes les propriétés de l’Eglise furent nationalisées et vendues comme biens nationaux. Puis, quand, en 1879, les républicains eurent remplacé les monarchistes de la Chambre des Députés, du Sénat et de la Présidence de la République, ils mirent en place avec Jules FERRY une législation anticléricale de grande ampleur.

Vico fut au premier plan des retombées de cette politique. Le couvent,  franciscain à l'origine, avait été fondé en 1481 par Giovan Paolo de LECA. Sur l'importance de ce personnage, voir l’article paru dans ce blog: Le feuilleton de l'été - Les guerres des seigneurs - 3/3: la fin de la Cinarca

Nationalisé comme tous les biens religieux en 1789, le monastère fut épargné de la destruction car les Vicolais s’opposèrent à sa vente et laissèrent des frères vivre dans les bâtiments qui s’abimaient peu à peu.

Il fut sauvé de la ruine quand, en février 1836, l’évêque d’Ajaccio, Mgr Raphaël CASANELLI d’ISTRIA, l’acheta aux Domaines. Le 7 mai 1836, il en fit donation à la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, fondée par Mgr Eugène de MAZENOD. Le premier supérieur en fut le Père ALBINI dont l’œuvre marqua les esprits.

Statue de Mgr CASANELLI d'ISTRIA à Vico.

Statue de Mgr CASANELLI d'ISTRIA à Vico.

LE SAUVETAGE DE 1880

 

Les décrets de mars 1880, inspirés par Jules FERRY et Léon GAMBETTA, permirent de fermer 261 couvents et d’expulser près de 6.000 religieux dont beaucoup partirent à l’étranger. Mais, là encore, le couvent est sauvé, comme l’écrit l’abbé François CASTA :

«A l’annonce de l’application des décrets de 1880, l’attitude des populations fut si menaçante – en particulier à Vico en faveur des Oblats et à Sartène en faveur des Franciscains – que le préfet télégraphia à Paris pour signaler que l’expulsion des religieux était, dans ce département, une entreprise dangereuse, voire impossible. Après avoir reçu un blâme du ministre, le préfet, prêt à donner sa démission, se rendit à Paris. Très mal reçu, il finit par faire entendre ses arguments et obtenir un sursis en faveur des religieux de Corse, à l’exception des Jésuites» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, page 216).

Une pétition, présentée au Sénat par le légitimiste Charles CHESNELONG, signée par trois mille habitants de Vico et des environs (plus exactement de Cargèse, Murzo, Ota, Bologna, Guagno, Rosazia, Pastricciola, Arbori, Vico, Salice, Poggiolo, Orto, Coggia, Soccia, Marignana et Azzana) qui s’étaient dits prêts à donner leur vie pour garder les Oblats, explique l’attitude du préfet OMER de MARÇAY. Il fut d’ailleurs remplacé dès octobre de la même année 1880.

L'EXPULSION MAIS SANS LA CONFISCATION

 

Une nouvelle alerte eut lieu en 1903 alors que les expulsions de communautés religieuses se multipliaient.

La plus spectaculaire fut celle des Chartreux qui quittèrent le monastère de la Grande-Chartreuse dans la neige, entre deux rangées de soldats. 

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : le sauvetage du couvent (3/6)

«En juillet 1901, nouvelle loi d'expulsion contre les congrégations non autorisées. Les Oblats de Vico reçurent l'ordre de livrer la maison au Gouvernement le 2 mai 1903. La foule accourue empêcha les forces de l'ordre de déloger les Oblats et les autorités judiciaires d'apposer les scellés aux portes. Le préfet réquisitionna la troupe qui devait arriver le 3. Pour éviter des incidents sanglants, le père Bernardin d'Istria se présenta à une fenêtre du couvent et convainquit les fidèles à laisser partir la communauté, qui fut solennellement accompagnée à Vico.



Le couvent ne fut nationalisé que pour peu de temps. Mgr Noël Casanelli, vicaire général et neveu de Mgr Raphaël Casanelli d'Istria, fit valoir en justice une clause de l'acte de donation du couvent aux Oblats par son oncle. Elle stipulait que si pour une raison quelconque ceux-ci quittaient la maison, la propriété devait revenir à sa famille. Il obtint gain de cause en 1907 et le couvent devint la propriété de la famille Casanelli qui en fit sa résidence d'été.» (Yvon BEAUDOIN, OMI, article Vico dans le Dictionnaire historique vol. 1 du site Oblate Communications, http://www.omiworld.org/).

Grâce à la précaution de l’évêque, l’Etat ne put mettre la main sur le couvent. Le couvent revint finalement au diocèse en 1927 et les Oblats s’y réinstallèrent en 1935. Et ils y sont toujours.

 

(à suivre: le trésor municipal)

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 21:15

L'IMPORTANCE DES FABRIQUES

 

Parmi les articles de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat votée en 1905, il était prévu la suppression des fabriques instituées par le Concordat de 1801. La gestion matérielle de l’église paroissiale était assurée jusque là par un conseil de fabrique ayant ses ressources propres et pouvant les compléter par l’aide du conseil municipal.

Ainsi, le conseil de fabrique de Soccia décida en 1837 de construire une nouvelle église. De même, l’actuel Saint Siméon de Poggiolo résulte d’une décision du conseil de fabrique prise en 1863.

Xavier PAOLI en a décrit la construction dans le numéro 1 du journal «L’Info U Pighjolu» de février 2007 qui fut repris dans un article publié sur ce blog sous le titre "L'église d'en haut": Saint Siméon.

«Le premier argent fut apporté le 4 octobre 1863 par la vente de la "casa chjegale" (presbytère).

Muni de ce premier viatique, la communauté villageoise entama alors un véritable marathon d'opiniâtreté et de volonté qui dura pratiquement 50 ans.

Chaque famille donna soit de l'argent, mais il y en avait peu, soit une part de récoltes: tabac, huile, farine de châtaigne, bétail ...

Il y eu des moments de profond découragement, mais jamais il ne fut envisagé de baisser les bras.

Après bien des vicissitudes, on vint à bout de gros oeuvre le 4 octobre 1874, fête de Notre Dame du Rosaire.

Le curé Pierre-Jean OTTAVY, desservant de la paroisse, spécialement délégué par Monseigneur l'évêque François-Xavier André de GAFFORY, bénit l'église reconstruite. Mais il reste encore beaucoup à faire et, dans une lettre émouvante datée du 7 juillet 1889, le Président du conseil de fabrique, en désespoir de cause, envoie une supplique au ministre des cultes où il dit : "Les habitants, épuisés par les sacrifices énormes qu'ils se sont imposés dans le but d'avoir une église, ne peuvent plus rien donner, malgré toute leur bonne volonté". Avec ou sans subvention, on décide pour la décoration de s'adresser au peintre Jean-Noël COPPOLANI de Marignana.

Celui-ci, l'argent manquant, fut le plus souvent rétribué en victuailles diverses: décalitre de pommes de terre, vin, tabac, huile, farine de châtaignes, cabri ...»

 

L'église St Siméon et le cimetière (vus depuis le Tretorre).

L'église St Siméon et le cimetière (vus depuis le Tretorre).

UN PATRIMOINE CONFISQUÉ

 

On conçoit l’inquiétude des paroissiens quand ils apprirent la suppression de ces fabriques et leur remplacement par des associations cultuelles à la composition obscure. Dans son encyclique «Gravissiom officii», le pape Pie X refusa cette nouvelle institution.

Par ce refus, «l’Eglise catholique ne joue pas le jeu, préférant perdre son patrimoine que de s’associer à une loi qui lui a été imposée sans négociation». (Jean SÉVILLIA, «Quand les catholiques étaient hors la loi», Perrin, 2005, page 223).

Mais, comme prévu, le 12 décembre 1906, un an après sa publication, la loi sur la Séparation entra en vigueur. Partout, les bâtiments ecclésiastiques furent mis sous séquestre. A Ajaccio, Mgr Jean-Baptiste DESANTI «est évêque depuis à peine quatre mois que le 18 décembre 1906, il est expulsé du palais épiscopal situé cours Grandval» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, page 227).

A Soccia, Jean-Baptiste PAOLI, trésorier du conseil de fabrique, rendit sa comptabilité : «Les dépenses étant égales aux recettes, toutes les opérations de l’exercice 1906 étaient déclarées définitivement closes et sinon pour toujours, du moins jusqu’à de meilleurs temps» (cité par Jean-Baptiste PAOLI, «Santa Maria Delle Grazie, a nostra ghjesgia», A Mémoria, page 12).

Il faut surtout retenir le beau texte de protestation adopté par ce conseil :

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : La fabrique part dans la dignité (2/6)

Avant de se séparer en vertu de la loi dite de séparation, les membres du conseil de fabrique de Soccia, sentent le besoin et se font un devoir de protester hautement contre une loi qui leur enlève l’administration temporelle d’une Eglise qu’ils ne doivent ni à l’Etat, ni au Département, ni à la Commune. Ils l’ont construite et ornée, grâce à un travail opiniatre, à des libéralités et à des sacrifices sans bornes. Et ils trouvent étrange que l’on vienne les empêcher de travailler pour la plus grande gloire de leur Dieu, alors qu’ils ne troublent en aucune façon l’ordre public et observent religieusement les lois de la justice et de la morale.

On va jusqu’à les dépouiller des biens qu’ils détiennent de bienfaiteurs croyants et généreux, mais ils entendent que les dons faits à leur Eglise, sans être l’objet d’une donation et d’une acceptation en bonne et due forme, ne puissent être soumis à aucun séquestre, ni enlevés par aucun ordre, si ce n’est par la volonté du donateur ou de ceux qui ont mission de diriger et de gouverner l’Eglise.

 

Ad Sempiternam Dei Gloriam.

Cejourd’hui, 11 décembre 1906.

Les membres du Conseil de fabrique de Soccia.

 

L’Eglise catholique avait tout perdu. «On abandonnait, sur consigne de Rome, et sans possibilité de le reconstituer, le maigre patrimoine patiemment reconstitué depuis le Concordat.» (François J. CASTA, op. cit. , page 227).

 

Pour résoudre le blocage, le gouvernement fit voter le 2 janvier 1907 une loi attribuant les églises paroissiales aux communes qui pouvaient ensuite en laisser la jouissance aux curés. Tous les conseils municipaux des Deux Sorru votèrent rapidement cette autorisation.

 

Puis, le temps apaisa petit à petit les blessures…

(à suivre: le sauvetage du couvent)

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 18:00

Après les cinq pupitres d’information installés à Poggiolo et Guagno-les-Bains en octobre  (voir l’article "Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres"), un nouveau panneau vient d’être placé au centre du village.

Les anciens chemins remis en valeur

A l’angle de la route et de la Stretta, une pancarte en bois avec une flèche donne la direction de Soccia et d’Orto, non pas par voiture mais à pied. Elle indique les chemins utilisés par les anciens avant la route actuelle construite vers 1885 plus bas, par le Fragnu.

L’ancienne carte d’état-major montrait bien ces sentiers, marqués ici par les lignes noires continues.

 

Les anciens chemins remis en valeur

Le début est à côté de l'église St Siméon. On passe entre les deux cimetières, le communal et le privé, puis on marche jusqu’à la croix qui marque à peu près le lieu le plus élevé de la randonnée et qui se trouve proche de la bifurcation entre Soccia et Orto.

Le trajet n’est pas long si l’on en croit cette nouvelle pancarte: 1 heure pour Orto et 45 minutes pour Soccia. En réalité, s’il n’y a aucune difficulté à aller à Orto, il n’en est pas de même pour Soccia. Un coupe-coupe ou une pignata est indispensable pour avancer dans une végétation dense. De plus, le sentier n’est pas bien marqué pour Soccia, au contraire d’Orto où il est jalonné de marques de peinture bleue jusqu’à son arrivée au cimetière.

Sur cette carte récente de l’IGN, le chemin Poggiolo-Orto a été colorié en jaune.

Les anciens chemins remis en valeur

On peut espérer que la direction vers Soccia sera prochainement bien dégagée et bien marquée. Les promeneurs de l’été pourront en profiter.

 

Le petit film ci-dessous vous donne quelques aspects et quelques paysages du chemin pour Orto que l'on peut découvrir à partir du nouveau panneau.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 18:03

Les trois articles parus ces derniers jours ("DU SANG À ST SIMÉON", "Du sang à Guagno-les-Bains" et "Du sang à Soccia") ont montré que nos villages avaient connu plusieurs fois, à différentes époques, des morts violentes, parfois particulièrement horribles.

Cela prouve que les grandes villes n’ont pas l’exclusivité de tels actes. Comme Georges BRASSENS l’écrivait et le chantait en 1962 :

«C'est pas seulement à Paris

Que le crime fleurit.

Nous, au village, aussi, l'on a

De beaux assassinats.»

 

Ce texte est extrait d’une chanson, intitulée «L’assassinat», qui servira de conclusion à cette série de textes.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 18:00

Dans les premières lueurs de l’aube, quelques hommes s’approchent prudemment de l’église Saint Siméon de Poggiolo. On est au matin du 11 septembre 1634. Dans la nuit, des cris avaient été entendus, et aussi des coups de feu, certainement des déflagrations d’arquebuses à rouet, l’arme par excellence des Corses à cette époque. Puis, il y avait eu le son des sabots de mulets ou de chevaux s’éloignant rapidement. Et encore des cris, puis des râles d'agonie...

arquebuse à rouet

arquebuse à rouet

Les Poggiolais les plus audacieux trouvent la porte complètement enfoncée. A l’intérieur,

 « la vision est celle d’un spectacle d’horreur. Le corps (d’un homme) git dans un coin, sans tête, traîné et déchiqueté par les chiens. Son épouse gémit, un peu plus loin, moribonde, avec le cadavre de son petit garçon mort-né, dont elle a accouché pendant la nuit, à ses pieds, percé de plusieurs coups d’arquebuse. Les portes de l’église ont été fracassées à coups de hache, et le décor, autour de l’autel, a été transpercé par les coups de feu.» («Letia et la région de Vico dans l’histoire de la Corse» par François PAOLI).

 

Même sans avoir son visage, les villageois savent que le corps de l’homme décapité est celui d’AMATO de Soccia, LE FILS DE LEUR CURÉ PAOLO.

Du sang à Sorru in Sù. N°1: DU SANG À ST SIMÉON

Aux XVIIème et XVIIIème siècles, de nombreux prêtres corses vivaient en concubinage et avaient des enfants. Ce fut le cas pour Lario POLI ou Hilaire (écrit aussi Hylaire), curé de Guagno, qui avait bénéficié de faveurs de la part de Théodore de NEUHOFF, roi de Corse en 1736. En souvenir, le curé aurait prénommé son fils Théodore. Le prénom serait passé ensuite à son petit-fils, le célèbre bandit qui se proclama le "roi de la montagne".

 

Paolo, curé de Poggiolo, était le père d’Amato qui eut de gros ennuis avec la justice. Il avait été condamné à mort le 22 novembre 1631 pour le meurtre d’un Guagnais et le 27 mai 1633 pour celui d’un Socciais. Pour la législation génoise, il était devenu un «bandito capitalo», c’est-à-dire qu’il était considéré comme très dangereux mais qu’il pouvait échapper à la mort en s’exilant, ce qu’il fit.

Malheureusement, au bout d’un an, Amato revint et rencontra Matteo de Soccia dont il avait tué le frère. Or, après la condamnation, les parents des victimes assassinées avaient constitué des primes sur sa tête. Les primes étaient versées à celui qui ramenait la tête du meurtrier aux autorités génoises. On appelait cette coutume le «marché des têtes».

Blessé d’un coup d’arquebuse, tiré peut-être par Matteo, Amato se réfugia dans l’église de Poggiolo avec son épouse enceinte. Il était protégé dans ce lieu saint par le droit d’asile. Pendant ce temps, son père obtenait que l’évêque de Sagone (qui résidait alors à Calvi), Mgr Stefan SIRI, et son vicaire général, Gio Martino SAVELLO, négocient avec le Commissaire génois d’Ajaccio un sauf-conduit et un traité de paix avec les familles des victimes, ce qui était fréquent à l’époque.

Mais le 10 septembre 1634, alléchés par la prime et certainement poussés par Matteo, Aurelio, fils de Nicomedo de Guagno, et Gregorio, fils de feu Giovan Ghilardo de Muracciole, trouvèrent sa cachette et firent le massacre décrit au début du texte.

Les chasseurs de primes présentèrent le lendemain la tête d’Amato à Paolo Ambrosio CARMAGNOLA, le Commissaire de Gênes à Ajaccio, qui leur donna l’argent promis et exposa sa tête dans une cage de fer.

Monseigneur SIRI, l’évêque de Sagone réagit promptement en mettant en avant le fait qu’Amato n’avait pas été tué «in campagna», en pleine campagne, comme le voulait la loi, et surtout qu’un sacrilège avait été commis. Le prélat en appela au Sénat de Gênes et excommunia Aurelio et Gregorio ainsi que Carmagnola.

armoiries de Sagone

armoiries de Sagone

Mgr SIRI ayant décédé en janvier 1635, son action fut poursuivie par le vicaire général SAVELLO et par Mgr Benedetto REZZANI, devenu évêque de Sagone en septembre 1635.

Le Commissaire blâma l’action des deux assassins et fit donner une sépulture chrétienne à la tête d’Amato.

Aurelio et Gregorio furent condamnés «pour la violence faite à l’Eglise, une balle ayant touché l’autel». Mais, en 1636, la sentence n’était toujours pas appliquée.

 

A Poggiolo, la situation religieuse était catastrophique. Saint Siméon avait été souillée par cet acte ignoble. De plus, elle était église piévane, c’est-à-dire que son curé avait autorité sur tous les villages de Sorru in Su : Poggiolo, Orto, Soccia et Guagno.

L’église fut déclarée désacralisée avec interdiction d’y célébrer des cérémonies religieuses.

Il fut décidé de bâtir une chapelle en bas du village, sur un terrain offert par les familles DEMARTINI et MARTINI. Elle fut dédiée à saint Roch, choix judicieux car ce saint était imploré pour combattre les épidémies alors fréquentes.

Lors de travaux de restauration entrepris en 2011, le peintre Mario SEPULCRE  trouva sur les piliers de Saint Roch une couche de peinture qui était peut-être la décoration originelle (voir l'article Il se passe toujours quelque chose à Poggiolo... et à Saint Roch).

Du sang à Sorru in Sù. N°1: DU SANG À ST SIMÉON

Mais Saint Siméon se releva de son abandon.

En 1686, Gio. Battista SPINOLA, évêque de SARZANE en Ligurie, fut envoyé par Rome pour inspecter les diocèses de Corse. Il n’écrit rien sur cette église dans son rapport du 4 juin.

Mais le 15 juin 1698, Mgr Giovanni Battista COSTA, évêque de Sagone, décrit une église San Simeone avec autel de pierre, tous les objets liturgiques indispensables, des fonts baptismaux, un confessionnal, une «chapelle du très Saint Rosaire récemment érigée dans l’église» et un «pavement de pierres avec trois ouvertures d’arca avec trappe de pierre». Malgré le toit à réparer, l’église était utilisée et elle était redevenue piévane.

Les transformations de l'église St Siméon.

Les transformations de l'église St Siméon.

Les horribles meurtres de 1634 sont ainsi la cause de la présence de deux bâtiments catholiques dans ce petit village qui mériterait d’être nommé : «POGGIOLO-LES DEUX ÉGLISES».

 

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Cet article a utilisé les renseignements trouvés dans :

- «La violence dans les campagnes corses du XVIe au XVIIIe siècle» par Antoine-Marie GRAZIANI (ed. Alain Piazzola)

- «Letia et la région de Vico dans l’histoire de la Corse» par François PAOLI (Stamperia Sammarcelli)

- Visites apostoliques et pastorales à Sorru in Su, traduction du Père DOAZAN (non édité)

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 11:01

8 décembre: Fête de l'Immaculée Conception

Les Oblats de Marie Immaculée (OMI) du couvent de Vico invitent  pour le 8 Décembre (Fête de l’Immaculée Conception de Marie et 
Fête de la Communauté OMI).


Ce Mardi 8 Décembre 2015 donc, au Couvent de Vico, les OMI proposent :

 
- Un temps de rencontre, à partir de 17h30 avec les enfants, 


- Un temps de Célébration, Eucharistie à 18h30,


- Un temps de convivialité... repas tiré des sacs..


- Une invitation à mettre des lumini à nos fenêtres, dans nos maisons, signe de notre prière pour la Corse, pour les OMI, pour l’Eglise et le monde.

Le 8 Décembre 2015 est aussi l’
ouverture, dans l’Eglise, de l’année de la Miséricorde.

8 décembre - Fête de l'Immaculée Conception - Festa di a Nazione

8 Décembre : Festa di a Nazione

En 1735, à la Consulta d'Orezza, les chefs de la rébellion Corse donnent naissance à la Nation Corse, lui donnent une constitution et placent la Corse sous la protection de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. Ils adoptent un hymne, le Dio vi salvi Regina, et un drapeau : une Vierge sur un fond blanc, immaculé. Le jour de la fête nationale sera donc celui de l'Immaculée Conception, le 8 décembre.

Par la suite, la Vierge sera remplacée par la Tête de Maure "Testa Mora", venue d'Aragon et de Sardaigne. La Testa Mora sera sur fond blanc, pour rappeler l'Immaculée Conception de la Vierge Marie, protectrice de la Nation Corse.

C'est avec Pasquale Paoli "Babbu de la Patria" que la Testa Mora devient emblème officiel de la Nation Corse indépendante.

 

Une émission spéciale est consacrée à la Fête Nationale Corse

célébrée le 8 décembre, jour de l'Immaculée Conception,

par l’émission "Corsica ... ou la musique corse dans tous ses états"

 

Seront diffusés des chants sacrés dédiés à Marie, et des chansons sur la Corse, son drapeau, ses symboles.

 

Attention : la programmation est différente de la liste des chants de l’émission de décembre 2014. 

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 18:00

Le village d’Azzana est peu connu des Poggiolais alors qu’il est tout proche, à 7 kilomètres au sud à vol d’oiseau. Seulement, entre les deux, se dressent les hauteurs du Tretorre. 

Le Tretorre vu de Poggiolo.

Le Tretorre vu de Poggiolo.

Par la route, il faut parcourir pratiquement 34 km pour arriver dans cette commune du Cruzini.

Azzana a été fondée au XVIIe siècle par six familles de bergers originaires de Guagno. Elle était une étape sur une des routes les plus courtes pour conduire les troupeaux entre la montagne et la plage. Depuis Guagno, on peut passer par le col de Messicella ou celui de Campu d’Occhiu. De Poggiolo, on peut monter à travers la forêt de Libbio. Les relations entre ces villages ont donc pu exister depuis longtemps avant l’époque de l’automobile.

La devinette du mois : Poggiolo et Azzana. La solution.

Quel est donc le rapport avec l’église Sainte Lucie? La réponse se trouve dans l’Inventaire général du patrimoine culturel, sur le site du Ministère de la Culture. La notice présentant l’église d’Azzana comporte les lignes suivantes:

 

«Mentionnée sur le Plan Terrier dressé en 1785, la chapelle Sainte-Lucie semble avoir été construite au cours du 3e quart du XVIIIe siècle par les familles Battesti et Antonietti "sur un terrain appartenant à feu Battesti François Xavier curé", comme le précise le desservant d'Azzana, Colonna, en 1905 (Archives diocésaines). Elle est partiellement reconstruite en mai 1795, date à laquelle Domenico Battesti déclare qu’elle est pourvue de tout ce qui est nécessaire et qu’il reste simplement à doter le maître-autel d’une pierre sacrée et de reliques. Il précise qu’une ancienne pierre d’autel qui a servi à l’ancienne église paroissiale de Poggiolo a été récupérée et que la communauté s’est également procuré des reliques. Il souhaite que l’évêque de Sagone autorise le curé à déposer sur le maître-autel cette pierre et les reliques et qu’il consacre l’église (A.D.2A : série G, non classée).

En 1823, l'église paroissiale Saint-Nicolas, rendue excentrée par la création de la commune de Scanafaghjaccia, est abandonnée au profit de la chapelle qui est alors érigée en église paroissiale par Mgr Sebastiani.»

Ste Lucie d'Azzana (photo extraite du site www.chibu ou «une écrevisse dans le maquis»).

Ste Lucie d'Azzana (photo extraite du site www.chibu ou «une écrevisse dans le maquis»).

Comment se fait-il qu’une pierre d’autel de Poggiolo ait servi à Azzana ? A-t-elle été achetée ou volée ? Est-ce un don des Poggiolais ? Pourquoi est-il précisé «l’ancienne église paroissiale» de Poggiolo? Serait-ce un vestige abandonné quand St Siméon fut désacralisé à la suite du meurtre de 1634?

Au XIXe siècle, des travaux d’agrandissement, s’étalant de 1839 à 1905, transformèrent totalement Sainte Lucie. On peut donc se demander si cette pierre d’autel est toujours à Azzana.

En tout cas, si les fidèles catholiques d’Azzana purent prier dans leur église, ils le durent en partie à Poggiolo.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 18:00

Depuis quelques jours, le territoire de Poggiolo a vu l’installation de cinq curieux édicules métalliques en forme de Z. La partie supérieure supporte un plateau rectangulaire décoré de textes et d’images et fabriqué en matériau destiné à résister aux intempéries. La partie verticale est évidée pour lire l’inscription «Corse du Sud» au-dessous d’une demi-tour génoise, symbole du département dont le chef-lieu est à Ajaccio.

Cette installation a été décidée par le conseil général, avant qu’il devienne conseil départemental. Les pupitres font partie de la signalétique du PDIPR (plan départemental des itinéraires de promenades et de randonnées). Toutes les communes traversées par les quelques 2.000 kilomètres de sentiers de Corse du Sud doivent progressivement recevoir cet équipement.

Cette excellente initiative permettra de mieux faire connaître aux touristes les richesses naturelles et historiques des villages par où ils passent.

 

Qu’est-il donc montré sur les panneaux poggiolais ?

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

 

Le premier se trouve dans un lieu hautement stratégique, près du pont de Guagno-les-Bains, au début du sentier qui va vers le confluent, et de là à Letia, et de celui qui monte vers Soccia par les Trois Chemins.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

La plaque, intitulée «I Bagni di Guagnu», comporte un texte, écrit en français et en corse, sur l’historique des Bains et les caractéristiques des deux sources. Dommage que le mythe de l’impératrice Eugénie curiste régulière de l’établissement thermal ait été repris.

Pour la réalité des rapports entre Eugénie et les Bains, se référer aux articles "La baignoire de l'impératrice" et "Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)".

La carte postale qui est au milieu a été bien choisie car elle montre le bâtiment de l’ancien hôpital militaire.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

A l’entrée de Poggiolo, tout près du sentier se dirigeant vers Guagno, il est impossible de râter l’ensemble de trois pupitre alignés au bord de la route.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

L’un d’eux est bilingue, mais français-anglais cette fois.

Un petit texte décrit fort bien l’apparition des premiers hameaux de POGGIOLO.

Il est fait mention de l’importance de St Siméon, de sa désacralisation et de sa reconstruction.

Ces éléments sont repris dans une frise chronologique qui situe le village par rapport à l’histoire de la Corse.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Pour la Préhistoire, le site de Campivu est cité deux fois. Mais il est précisé qu’il est «au-dessus des bagni» alors que ce nom concerne la butte qui est en face du village, de l’autre côté de la rivière.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

D’autre part, il est écrit que l’on y a trouvé «un épandage de rhyolithe» alors que l’orthographe consacrée par les dictionnaires est «RHYOLITE». Comme la Corse est pauvre en silex et en obsidienne, les hommes du Paléolithique utilisaient cette pierre volcanique pour leurs outils et leurs armes.

 

La deuxième borne repète le texte de sa voisine, mais en langue corse. 

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Elle utilise la carte du cadastre napoléonien pour donner l’explication des noms, liés à la nature ou au travail humain, de quatre lieux de la commune. Elle donne aussi, d’après le texte du Socciais Antomari OTTAVY, le récit de la légende du Tretorre fendu par les pattes de la jument guagnaise du Diable.

Une autre version a été publiée sur le blog des Poggiolais. Voir l'article: "Les légendes de chez nous (5/7): les trois tours du Tretorre".

Le sommet tripartite est illustré par une photographie vue de… Guagno car on ne voit pas les trois tours depuis Poggiolo.

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Sur le troisième pupitre de ce groupe, une carte montre les différents sentiers du PDIPR autour de Poggiolo avec leurs différents balisages. Curieusement, elle est accompagnée du même texte (en français) sur les Bains de Guagno que celui se trouvant sur la borne du pont des Bains.

Une curiosité : au jour de la rédaction de cet article, l’adresse internet du site d’actualisation du PDIPR, inscrite sous le plan, ne fonctionne pas.

 

A l’intérieur de Poggiolo, sur la place Saint Roch, un pupitre a été scellé prés de la cabine téléphonique. 

Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres
Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres

Intitulé «Un territoire nature», le texte vante la large «palette des disciplines sportives disponibles» dans l’ensemble de la Corse-du-Sud et insiste sur les randonnées pédestres. Exactement les mêmes recommandations que dans la précédente borne sont données aux marcheurs. Il vaut mieux répéter pour éviter les risques d’accident.

L’emplacement a été très bien choisi car, de cette place, on a un beau panorama sur Libbiu, Guagno-les-Bains et Sorru, à condition, bien sûr, de ne pas laisser les arbres voisins prendre trop de place.

 

Ces pupitres, malgré leurs imperfections, devraient permettre aux touristes de s’arrêter pour connaître quelques attraits de Poggiolo et Guagno-les Bains. Aux habitants de montrer ensuite qu’il existe beaucoup d’autres atouts.

 

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Photos Nicolas MARTINI

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 12:53
La solution de la devinette du mois : les anneaux poggiolais

L’objet proposé par la devinette d'hier était très facile à situer: cet anneau est fixé sur le mur de la chapelle Saint Roch, à la bordure du clocher.

 
La solution de la devinette du mois : les anneaux poggiolais

A priori, on peut penser qu’il permet de fixer la corde de la cloche. Il en a été ainsi mais il y a longtemps que la corde a été raccourcie pour empêcher les jeunes enfants de s’amuser à faire retentir des sonneries intempestives.

Cet anneau pourrait également servir à attacher des animaux. D’autres anneaux existaient autrefois dans les rues du village pour faire patienter les ânes et mulets. Il en reste encore trois autres :

- deux sur la façade de la maison FRANCESCHETTI à la Teghia

La solution de la devinette du mois : les anneaux poggiolais
La solution de la devinette du mois : les anneaux poggiolais

- un sur le mur de la maison MERCURY, où logeait récemment la famille BERNARD.

 

La solution de la devinette du mois : les anneaux poggiolais
La solution de la devinette du mois : les anneaux poggiolais

Si des anneaux existent sur d’autres murs, le blog en publierait volontiers les photos.

En tout cas, quand certains se plaignent du vagabondage des bêtes à Poggiolo, ils peuvent toujours utiliser ces anneaux ou en installer d’autres !!!

 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 19:59

Une vieille image du lac de Ninu a été l’occasion, en septembre dernier, de poser une devinette à nos lecteurs (voir l'article: Le paysage mystérieux : une devinette proposée par Hervé). Désormais, chaque mois, une nouvelle devinette sera posée à partir d’une image ou d’une photo concernant Poggiolo ou ses environs. Il s’agira d’identifier l’objet ou la scène représentée.

Ce mois-ci, une énigme très facile.

La devinette du mois : le cercle mystérieux

Où se trouve exactement cet objet ? Quelle est la raison de sa présence ?

La solution sera donnée demain.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona).

 

Lundi 13 juillet:

Grand bal au Belvédère.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival 

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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