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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 18:10

L’association Letia-Catena vient de publier "L'attaque du préside génois d'Ajaccio par l’avocat Giuseppe Maria Masseri (1763)", en vente notamment à Ajaccio, la Librairie "Le Mouflon", 19 Boulevard Fred Scamaroni. 

Cet ouvrage a été présenté recemment sur notre blog mais en voici la première page et la quatrième de couverture, avec une belle vue aérienne de la vieille ville d'Ajaccio.

 

Les projets de Letia-Catena

Mais les activités de cette association pour entretenir la mémoire de nos communautés ne s’arrêtent pas là. De nouveaux projets existent. Ils ont été publiés sur le site http://letia-catena.fr/

1 - L'historien et chercheur Antoine-Marie Graziani donnera une conférence à Letia, le samedi 31 juillet prochain, sur un sujet qui concerne spécialement l'histoire de Letia et de la région, au Moyen-Âge: "Jean Paul de Leca et l'Etat de Cinarca".

2 - André Flori, spécialiste reconnu en ce qui concerne les recherches généalogiques, interviendra à Letia pour les journées du Patrimoine des 10 et 11 septembre. Il exposera les méthodes de recherche et de travail portant spécialement sur "la Généalogie".

3 - Toujours à l'occasion des Journées du Patrimoine des 10 et 11 septembre, Jean Joseph Franchi, écrivain qui a publié une quinzaine d'ouvrages dont quelques-uns sur les contes corses, donnera une conférence portant sur le sujet suivant: "Les contes corses, du Particulier à l'Universel". Proche de notre association, Jean Joseph Franchi est déjà intervenu à deux reprises pour divers exposés en faveur de Letia-Catena.   

 

Voici des initiatives passionnantes qui montrent qu'une activité culturelle importante peut exister dans le moindre village.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 18:00

L’association Letia-Catena, toujours très active dans sa recherche du passé, publie une nouvelle brochure. En voici le texte de présentation.

Quand Letia attaquait Ajaccio

Notre association diffusera à compter du 30 mars, une brochure sur l'attaque en 1763 du préside génois d'Ajaccio par l'avocat Giuseppe Maria MASSERIA.

Cette action, commanditée par Pascal PAOLI, avait pu s'effectuer grâce à l'implication de la communauté de Letia et de celle de Renno, au sein de laquelle  furent recrutés, par le capitaine d'armes de la communauté de Letia, quatre hommes qui avaient pris le maquis pour différentes raisons et qui acceptèrent de seconder MASSERIA. Deux unités de l'armée nationale, sous le commandement respectif de Titto BUTTAFOCO et Gian Carlu SALICETI, participèrent à cette action.

Afin de diriger les préparatifs et en vue de se tenir au courant du déroulement de ce coup de main sur la citadelle, Pascal PAOLI s'était installé au couvent de Vico puis aux alentours d'Ajaccio d'où il organisa l'action en transmettant ses ordres par différentes missives. En même temps, les nationaux de notre région s'étaient emparés de la tour de Sagone. Celle d'Omigna qui défendait le territoire de Paomia et le fort de Girolata avaient auparavant été enlevés aux Génois, afin qu'il ne demeure plus de garnison génoise retranchée entre Ajaccio et Calvi.

La cité génoise d'Ajaccio pratiquait l'apartheid à l'égard des nationaux, contraints, s'ils devaient résider dans la ville, d'adopter pour identité le nom de leur village d'origine.

Cette action, menée par les nationaux contre la citadelle d’Ajaccio,  allait conduire Gênes à solliciter Versailles pour l’envoi des troupes de Louis XV qui seront ainsi positionnées dans les présides, sur les côtes de Corse, dès 1764.

                                        ******************

Ce recueil sera vendu (12 euros) au bénéfice de notre association.

On pourra se le procurer, début avril, 19, Boulevard Fred  Scamaroni, à la LIBRAIRIE-JOURNAUX  Le Mouflon, à Ajaccio, et à Letia également.

 

Adresse courrier: Letia-Catena. 26, boulevard Madame Mère, 20000 Ajaccio.

Site internet : http://letia-catena.fr/

 

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:57

Une grossière erreur d’altitude de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains était inscrite dans un dessin publicitaire de 1926 présenté par Frédéric BLANC. L’article "Publicité mensongère à Guagno-les-Bains" l’avait dévoilée. Mais est-elle le seul exemple de transformation de la réalité de ce bâtiment ?

Utilisons la planche de quatre gravures prêtée par Hervé CALDERONI et qui a servi dans deux articles de ce blog pour ses représentations des lacs de Ninu et de Creno (voir l’article "Le paysage mystérieux : la solution"). Elle était extraite de l’«Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets», livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863. Le bâtiment des Bains était également dessiné.La signature J. P. (en bas à gauche) prouve que l’auteur en est Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer son livre.

Le paysage mystérieux : la solution
L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Dans les deux images, celle de 1863 et celle de 1926, l’établissement thermal a bien la forme d’un U séparé de la route par un petit mur. Il résulte de l’agrandissement du bâtiment primitif décidé par le conseil général en 1838 et approuvé par le roi Louis-Philippe qui déclara en 1840 d’utilité publique les travaux qui ne commencèrent qu’en 1845 et durèrent une dizaine d’années.

Jean de la ROCCA dans «La Corse et son avenir» publié en 1857 fournit une description précise :

« L’aile gauche est occupée par des piscines destinées aux militaires (…).

 

L’aile droite est destinée aux malades civils.

 

Le bâtiment du milieu se compose de deux grands réservoirs alimentés par la source principale (…).

 

L’établissement civil forme le premier étage de l’étabissement thermal. Il se compose d’une soixantaine de chambres meublées très convenablement, de salons de réception et autres. »

 

La gravure de Jeanne PETIT-JEAN est bien conforme à ce texte. Mais, dans une brochure intitulée «Bains de Guagno», publiée en 1851 et rééditée en 2004 par les Editions Lacour, Jean de La Rocca avait précisé que l’établissement «est fermé par le moyen d’une grille qui joint ces deux ailes; au milieu de la grille est la grande porte d’entrée». Il ne la mentionne pas en 1857. On peut supposer que le muret a été construit entre ces deux dates.

Une bizarrerie est visible sur le dessin du livre de l’abbé GALLETTI: l’aile de droite comporte une porte au rez-de-chaussée et deux niveaux de fenêtres alors que le bâtiment n’a qu’un étage. Erreur de l’artiste ?

Trois critiques principales peuvent être formulées à cette œuvre :

- L’aile gauche est flanquée de deux constructions qui, à notre connaissance, n’existent dans aucun autre document.

- La route reliant les thermes à l’hôpital militaire est double et très courte. Or, entre les deux lieux, la pente est beaucoup trop forte pour se promener comme les personnages dessinés.

- Les montagnes de l’arrière-plan sont bien plus raides et déchiquetées que la réalité.

Sur ce dernier point, la représentation de 1926 est bien plus conforme à la réalité. L’illustrateur de «La Corse touristique» a peut-être utilisé une photo ou une des cartes postales qui étaient alors très nombreuses.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Cette version de 1926 montre que le muret bordant la route est constitué de balustres avec une grande inscription «Gd Hôtel de l’Etablissement de Guagno-les-Bains». Ces modifications ont dû être réalisées pendant la «Belle Epoque», avant la première guerre mondiale, ainsi que le second étage qui rehausse le bâtiment central et qui contenait une salle à manger, une pièce banalisée et une cuisine.

L’image ci-dessous permet de mieux distinguer ces éléments.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Mais, dans la carte postale ci-dessous, le muret n’est pas surmonté d’une véritable balustrade en pierre. D’autre part, l’inscription contient l’adjectif «thermal» après «établissement».

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

La cour est plus agréable qu’en 1863 avec la présence d’un bassin, de deux arbres et de plusieurs arbustes. Mais la végétation était en réalité bien plus touffue comme le montrent les vues de l’époque.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Les modifications de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains ont été nombreuses et il est difficile de bien les connaître avant l’utilisation de la photographie. Les travaux de 1973 ont de nouveau modifié le muret et ordonné la végétation.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Malheureusement, plus rien ne se passe depuis la fermeture de ses activités, et c’est bien dommage.

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:00

La réponse à la devinette du mois de mars était que le premier établissement thermal de Guagno-les-Bains avait la forme d'un rectangle ou, pour mieux dire, d'un parallélépipède avec les extrémités un peu plus larges que le centre.

Solution de la devinette du mois de mars : pallélépipède

Grâce aux dons recueillis par le Père JEAN, trois bassins en granit furents construits entre 1709 et 1711. D’abord rectangulaires, ils furent ensuite arrondis. Mais, d’après Jean ROCCA, dans «Bains de Guagno», paru en 1851 : «les bassins n’étaient pas mieux couverts que les maisons, (lesquelles étaient) de misérables cabanes couvertes de fougères »"L’air y pénétrant facilement, la température changeait d’un moment à l’autre, et le malade au sortir du bain était souvent saisi par la fièvre."

Le département fit construire le premier véritable établissement thermal de 1821 à 1825, exactement sur le même emplacement que l’actuel. La description donnée par Jean ROCCA a été reprise et illustrée par François VAN CAPPEL DE PRÉMONT, architecte du Patrimoine, dans son étude "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme".

 
Solution de la devinette du mois de mars : pallélépipède

"L’établissement thermal, de forme parallélépipède, est situé au nord-est, sur le penchant de la colline de Saint- Antoine; il est divisé en sept pièces:

   A: la première contient un corridor ayant de chaque coté six baignoires séparées les unes des autres; 

   B: la seconde pièce renferme un vestibule et deux bassins: dans l'un peuvent se baigner à la fois trois individus, dans l'autre huit; la sixième (F) est semblable à la seconde.

   C, D et E: la troisième (C) contient un grand bassin rond, où peuvent se baigner seize personnes; les quatrième et cinquième pièces (D et E) en sont une répétition.

  G: la septième pièce est carrée; elle renferme le grand réservoir, qui peut contenir 40 mètres cubes d'eau.

   H: Au sud et à cinq mètres de l'établissement, la source jaillit dans une niche en granit, on communique par un conduit en maçonnerie avec le grand réservoir; de ce réservoir partent deux conduits ou tuyaux en terre qui aboutissent à tous les bassins et baignoires; l'un, adapté au fond du réservoir, sert à évacuer l'eau qui s'y rassemble; l'autre, placé plus haut, sert à conduire l'eau de source elle~même; ces conduits s'ouvrent et se ferment à volonté dans chaque bassin au moyen de robinets.

 

Tout l'édifice est construit en granit et argile; la charpente est en bois de châtaignier et couverte en tuiles. Les bassins sont aussi en granit." 

 

On peut remarquer que les pièces C, D et E renferment les trois bassins creusés au XVIIIème siècle.

Ces bâtiments furent remplacés à partir de 1845 par les travaux d’agrandissement qui donnèrent la forme en U à laquelle nous sommes habitués.

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:00

Ce mois-ci, la devinette concerne encore Guagno-les-Bains.

L’établissement thermal est connu pour sa forme de U fermé par un petit mur depuis 1845.

Mais, avant cette date, quelle était la forme du premier bâtiment construit pour faire bénéficier les curistes des vertus de l’eau sulfureuse de Guagno-les-Bains ?

 

LA SOLUTION SERA PUBLIÉE DEMAIN.

La devinette du mois de mars
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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 18:00

Tout comme l’église Saint Siméon domine le village de Poggiolo, la chapelle Saint Antoine domine les maisons de Guagno-les-Bains. Mais depuis combien de temps ?

 

A l’origine, à la bifurcation des routes allant maintenant (car elles n’eurent pas le même tracé avant la fin du XIXème siècle) d’Ajaccio vers Soccia et vers Guagno, il y eut un monaccia, un petit ermitage de moines cordeliers. Mgr MASCARDI, dans la relation de sa visite apostolique de 1587, décrit un oratoire dédié à Saint Antoine abbé et une maison au sol de terre pour l’accueil des pauvres et des voyageurs.

Ce lieu était protégé par le curé de Saint-Siméon de Poggiolo (pétition du maire de Soccia citée par Louis Mathieu GENTY dans « Acqua medicinale », annexes 4 et 5).

Un ermite, le Père Jean, voulut que chacun put profiter des bienfaits de l’eau chaude qui jaillissait de la montagne et qui était déjà mentionnée par le chroniqueur Antone Petru FILIPPINI en 1594. Il arriva, en quêtant de maison en maison, à amasser la somme nécessaire pour la construction (entre 1709 et 1711) de trois bassins en granit pour les hommes, les femmes et les moines. Cette initiative préfigura l’établissement thermal.

Le 25 juin 1728, Mgr GIUSTINIANI, évêque de Sagone de 1726 à 1741, recommanda quelques travaux d’amélioration et ajouta que «l’ermite doit porter un habit propre aux ermites, se laisser pousser la barbe et se couper les cheveux». Il donna au chanoine Ilario GUAGNO l’autorisation de faire la quête dans tout le diocèse afin de doubler en planches le sol de la maison. Selon certaines sources, Ilario serait le grand-père ou l’arrière-grand-père du bandit Théodore POLI.

La Révolution Française supprima tous les couvents cordeliers en 1790. L’ermitage et sa chapelle furent abandonnés. 

Le sanctuaire fut sauvé par le conseil général du département du Liamone qui, «dans sa séance de 1807 (…) avait voté l’application du produit de quatre centimes additionnels pour le rétablissement de l’ancienne chapelle de Saint-Antoine» (François VAN CAPPEL de PRÉMONT, «Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme», p. 94). La commune de Guagno, qui considérait la source comme une propriété guagnaise, y ajouta son propre financement et reconstruisit le bâtiment religieux en 1809 (Louis Mathieu GENTY dans «Acqua medicinale», annexe 26).

Le culte y reprit à partir de 1810.

Construit ensuite, l’hôpital militaire lui fut accolé, comme le montre le cadastre de 1857. La chapelle correspond à la parcelle 169, coloriée en bleu et cerclée en rouge. H.M. signifie Hôpital Militaire et E.T. Etablissement Thermal.

La chapelle de Guagno-les-Bains

Dans la reconstitution ci-dessous, réalisée d’après le plan COTIN de 1838 (François VAN CAPPEL de PRÉMONT, «Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme», p. 116), Saint-Antoine est le numéro 4 (3 pour l’hôpital militaire).

La chapelle de Guagno-les-Bains

Maintenant que cet hôpital n’existe plus, la chapelle est seule sur la plate-forme qui surplombe la vallée du Fiume Grosso.

La chapelle de Guagno-les-Bains

Le bâtiment a connu quelques modifications depuis deux siècles. Ainsi, on peut comparer :

1-la carte postale de la visite des scouts de Menton dans les années 1930

La chapelle de Guagno-les-Bains

2 - et une photo de l’été 2015

La chapelle de Guagno-les-Bains

Entre les deux, les murs ont été crépis, un compteur électrique a été installé, la façade décorée de bandeaux blancs et une croix érigée au sommet.

 

Quelle que soit l’apparence de la chapelle, l’abbé au cochon protège toujours Guagno-les-Bains.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 18:00
Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

L’image présentée pour la devinette de février est celle d’un saint posée sur une matière métallique, plus précisément sur le bronze de la cloche de Guagno-les-Bains.

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

Au-dessus du village, se trouve la chapelle Saint Antoine, dont la fête a eu lieu le 16 janvier dernier.

Elle n’a pas de clocher mais un clocheton éloigné de quelques mètres du bâtiment. Autrefois, près de nombreuses églises, dont les fidèles n’avaient pas les moyens de payer l’édification d’un clocher, une cloche était suspendue à la grosse branche d’un arbre ou entre deux troncs. Ce fut le cas pendant longtemps avant l’actuelle construction en moellons de granite bétonnés. A Poggiolo, il fallut de nombreuses années pour que Saint Siméon obtienne son clocher (voir article: "La Laïcité en action dans les Deux Sorru : La fabrique part dans la dignité").

Depuis quand le clocheton existe-t-il à Guagno-les-Bains ?

Un élément en donne une idée. Le côté de la cloche opposé au saint comporte un crucifix et l’inscription :

 « LAUDATE DOMINUM

A. D . 1926 »

(Louez le Seigneur

Année du Seigneur 1926)

Photo Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

Photo Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

Depuis au moins 1926, cette cloche domine la chapelle et les maisons de Guagno-les-Bains, comme sur cette carte postale où le clocheton, entouré d’un cercle rouge, émerge des ruines de l’hôpital militaire.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 18:00

La Révolution Française s’empara de toutes les propriétés ecclésiastiques le 2 novembre 1789. Elles furent vendues, parfois tardivement, comme à Poggiolo où il fallut attendre 1803 (voir l’article "Une vente aux enchères bien compliquée"). Les prêtres ayant accepté la Constitution Civile du Clergé et un serment de fidélité étaient payés par l’Etat jusqu’au 18 septembre 1794 où la Convention supprima tout traitement.

Mais, sans revenu, comment les prêtres pouvaient-ils vivre ? Cette question, ainsi que celles de l’organisation de l’Eglise et des relations avec la papauté, ne fut résolue que par la signature du Concordat par le Premier Consul Napoléon BONAPARTE et le pape PIE VII le 26 messidor an IX (15 juillet 1801). Les prêtres furent désormais rémunérés par l’Etat (et ainsi jusqu’à la loi de Séparation de 1905).

Célébration du Concordat.

Célébration du Concordat.

Les Articles Organiques publiés par le gouvernement consulaire le 18 germinal an X (8 avril 1802) précisèrent l’application du Concordat.

Dans leur article LXI, les curés étaient divisés en deux classes: la première, recevant un traitement de 1.500 francs, et la deuxième, recevant 1.000 francs.

Cette somme pouvait être éventuellement complétée par les communes, d’après l’article LXVII :

«Les conseils généraux des grandes communes pourront, sur leurs biens ruraux ou sur leurs octrois, leur accorder une augmentation de traitement, si les circonstances l’exigent».

L’article LXXII prévoyait un logement fourni par la commune:

«Les presbytères et les jardins attenants, non aliénés, seront rendus aux curés et aux desservants des succursales. A défaut de ces presbytères, les conseils généraux des communes sont autorisés à leur procurer un logement et un jardin».

Mais ces possibilités ne pouvaient pas s’appliquer à Poggiolo. Le conseil municipal s’en plaignit et proposa une solution originale dans une lettre reçue par le sous-préfet de Vico le 10 ventose an XI (1er mars 1803). La date est importante : on était alors à neuf jours de la première vente des terres confisquées à la paroisse de Saint Siméon. Ces terrains avaient été divisés en lots et la mise aux enchères annoncée par affiche préfectorale.

L'affichage déclencha la réaction des élus poggiolais qui se réunirent solennellement dans la salle de réunion du conseil municipal et rédigèrent une lettre officielle au «Prefetto Generale del Departimento di Liamone» (Préfet Général du Département du Liamone).

Sous l’en-tête «Liberta Eguaglianza» (Liberté, Egalité), le texte, écrit en italien, avec un style qui se veut juridique, est signé par :

 

Anton Martino DESANTI

Domenico Felice PINELLI

Anton Francesco PINELLI

Natale PINELLI

Polo FRANCESCHETTI

Martino PAULI

Giuseppe LORENZETTI

Giacomo CAMILLI, conseillers

DEMARTINI, adjoint

FRANCESCHETTI, maire

 

Le prénom de l’adjoint était Giuseppe. Celui du maire était Domenico Felice.

 

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : Comment le curé pourra-t-il manger ? (6/6)
La Laïcité en action dans les Deux Sorru : Comment le curé pourra-t-il manger ? (6/6)

Le conseil municipal poggiolais faisait remarquer que les anciens biens paroissiaux «sono stati stimati senza aver lasciato cio’che permette la legge al ministro di culto. Cioé l’orto e la casa» (ont été estimés sans avoir laissé ce que permet la loi au ministre du culte. C’est-à-dire le jardin potager et la maison). En effet, l’article LXXII des Articles Organiques mentionne bien qu’il faut rendre aux curés  «Les presbytères et les jardins attenants, non aliénés». Or, ces terres avaient été confisquées mais non encore vendues. Le curé de Poggiolo aurait pu bénéficier de cette possibilité.

La lettre déclarait ensuite que la population de la commune étant peu nombreuse (trente-six feux environ) : «non puo con decore sostenere les spese di culto, ed il ministro» (ne peut avec dignité soutenir les dépenses du culte, et du ministre). Il n’était donc pas possible d’appliquer l’article LXVII pour augmenter le traitement.

La deuxième phrase de l’article LXXII permettait de «procurer un logement et un jardin». Mais, en dehors des biens mis aux enchères, la commune n’avait aucune richesse foncière: «non c’é un luogo sufficiente per forti l’orto secondo la legge».

 

Pourtant, cette lettre de réclamation était également constructive. Elle suggérait de concéder au prêtre des parcelles non encore vendues, à savoir les terres et les châtaigniers proches de l’église et le jardin de la Tignosa:

«le terre e castagni della Costa alla Chieja, cioé dal monte alla Canonica ingiù per fino a comprendere il chiojo della Tignosa»

Le conseil municipal osait même avancer que l’on pourrait inclure le morceau de terre dit San Annaria.

En gros, la proposition recouvrait à peu près les numéros 1, 2 et 6 des lots proposés aux enchères. Elle était audacieuse car elle arrivait alors que l’organisation de la vente aux enchères était «bouclée».

Malgré tout, la protestation poggiolaise réussit en partie. Lors de l’adjudication du 24 ventose (15 mars 1803), le Préfet Jean-Baptiste GALEAZZINI déclara au préalable au public que la vente du lot 1, placé à la Tignosa, était suspendue.

Les curés de Poggiolo purent se nourrir grâce au sauvetage opéré au dernier moment par le conseil municipal.

De ce terrain, il reste maintenant Chioso Chiesale, dit aussi «u ouijare», dont il a été question dans un article précédent (voir "Le trésor municipal").

(Fin de la série "La Laïcité en action dans les Deux Sorru")

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 18:00

Sans que le terme de laïcité ait existé à l’époque, la mise à l’écart de l’Eglise par rapport à l’Etat avait débuté en 1789. Après le 14 juillet et l’abolition des privilèges le 4 août, la situation financière du gouvernement était préoccupante. Un financement fut trouvé avec la nationalisation de toutes les propriétés de l’Eglise le 2 novembre 1789. Ses bâtiments et ses terres formèrent les biens nationaux qui servirent à émettre les assignats, rapidement utilisés comme papier-monnaie, et qui furent vendus aux citoyens.

En Corse, ces ventes furent très difficiles à cause des multiples querelles et de la période du royaume anglo-corse (1794-1796).

Finalement, les biens nationaux de Poggiolo ne furent mis en vente qu’en l’an XI de la République, c’est-à-dire en 1803, quinze ans après la confiscation ! Le calendrier révolutionnaire, institué en 1792, resta en vigueur jusqu’au 1er janvier 1806.

Nous sommes bien informés sur cette vente car le procès-verbal de la cession des biens de Poggiolo est resté intact et complet, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous les documents.

Une affiche annonça dès le 18 pluviose (7 février 1803) que la vente de «propriétés nationales (…) provenant de l’Eglise paroissiale de Poggiolo» aurait lieu le 19 ventose dans la grande salle des séances publiques de la Préfecture du département du Liamone, à Ajaccio.

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : Une vente aux enchères bien compliquée (5/6)

UNE LONGUE LISTE POUR LES RICHES

 

Neuf lots étaient proposés (orthographe originale respectée):

1° un bacinate de terres au lieu dit Tignosa, aboutissant au levant avec terres Nationales, et au nord avec françois marie Desanti (estimé à) 60 francs

2° trois mezzinate de terres, quarante deux chataigniers fruitiers, la moitié de deux cent vingt sept non fruitiers, la moitié de dix  noiers non fruitiers, trois noiers fruitiers, et la moitié de cinq petits cerisiers au lieu dit Costa alla chiesa… 415 francs

3° trois mezzinate de terres, vingt huit chataigniers fruitiers, et la moitié de soixante dix chataigniers non fruitiers au lieu dit Griscetto… 245

4° cinq bacinate de terres avec sept chataigniers fruitiers, et quinze non fruitiers au lieu dit Pollastra, bien entendu que la rente ne s’étand qu’à ce qui revient au Curé… 75

5° deux mezzinate de terres, vingt trois chataigniers fruitiers et cinquante non fruitiers au lieu dit Sialello aboutissant au midi aux terres communales, et au nord avec Joseph Defranchi… 180

6° trois mezzinate de terres, et huit chataigniers non fruitiers au lieu dit Santa Maria… 180

7° dix bacinate de terres, et vingt six chataigniers non fruitiers au lieu dit Fango… 120

8° huit bacinate de terres, et trois chataigniers non fruitiers au lieu dit Pesatoggia… 35

9° cinq chataigniers fruitiers au lieu dit Gentilone… 45

Cette énumération permet de connaître l’étendue et la valeur des terres de l’Eglise à Poggiolo.

«La bacinata est la superficie de terrain capable de recevoir un bacinu de semence en céréales.

Pour un bacinu déterminé, cette mesure variait en fonction de la qualité de la terre. (…) En comptant l’arpent de Paris 34,18869 ares, on obtient pour la bacinata : 2,44 ares en bonnes terres, 3,19 en terres médiocres, 4,04 en terres mauvaises.

La mezinata = 6 bacinate.» (« Essai sur les anciennes unités de mesure utilisées en Corse avant l’adoption du système métrique » par Anton Dumenicu MONTI, ADECEC CERVIONI 1982).

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : Une vente aux enchères bien compliquée (5/6)

Pour estimer la valeur de ces parcelles et en dresser procès-verbaux, un commmissaire-expert, Jean Noël PINELLI, s’était déplacé sur place avec le maire de Poggiolo, Dominique Félix FRANCESCHETTI, du 20 au 29 frimaire (11 au 20 décembre 1802). La valeur totale atteignait 1.355 francs.

Il faut remarquer que tous les terrains étaient vendus en une seule fois, interdisant aux petits villageois le moindre espoir d’acquérir une parcelle.

Cette situation illustre bien ce qu’écrivaient Antoine CASANOVA et Ange ROVERE à la page 181 de «La Révolution française en Corse» (Privat, 1989) :

«Dans la province de Vico, la vente et l’adjudication des biens nationaux est l’affaire des notables des villages ou de Vico ; les lots sont importants, bien au-dessus des possibilités des petits paysans».

D’autre part, la vente aux enchères se faisait à Ajaccio, bien loin du village.

 

La vente fut compliquée.

Une première adjudication provisoire eut lieu le 19 ventose (10 mars 1803) pour 1.355 francs au profit de François LECA, demeurant à La Mezzana, près d’Ajaccio, qui fut le seul à se présenter. Une seconde vente fut organisée le 24 ventose (15 mars 1803). Le Préfet Jean-Baptiste GALEAZZINI déclara au préalable au public que la vente du lot 1 était suspendue, pour une raison qui fera l’objet du prochain article. Du coup, la valeur totale des biens passait à 1.295 francs, au lieu des 1.355 précédents.

L’EMBROUILLAMINI DU LOT N°4 OU COMMENT LES FRANCESCHETTI PROTÈGENT LEURS INTÉRÊTS

 

Le quatrième lot était également un cas particulier. L’affiche disait: «que la rente ne s’étand (sic) qu’à ce qui revient au Curé».

Après la publication de l’affiche annonçant la future vente, SUSINI, sous-préfet de l’arrondissement de Vico (qui était alors sous-préfecture), reçut une lettre envoyée par Francesco et Anton Francesco Franceschetti, respectivement oncle et père du maire. Elle fut appuyée par une autre lettre de Francesco envoyée au Préfet du Liamone lui-même le 23 ventose, juste la veille de la vente définitive.

Ces documents, trouvés et analysés par Xavier PAOLI, signalaient une subtilité juridique concernant le lot 4.

Un conflit entre la famille FRANCESCHETTI qui avait voulu clôturer un terrain et l’Eglise à qui un morceau appartenait avait été réglé avec un décret pris le 7 février 1775 par Leonardo PIETRAGGI, vicaire général du diocèse de Sagone.

A l’intérieur du champ nommé Pollastra appartenant aux FRANCESCHETTI, une parcelle enclavée, dite Campo d’Ansaldo, qui mesurerait 3 bacinate, venait de la paroisse St Siméon qui en recevait des revenus.

Francesco expliquait dans sa lettre du 23:

«A la lecture de ce décret, vous comprendrez que l’exposant (FRANCESCHETTI) a le droit de pacage (l’erbatico) tant en vertu de ce décret que du fait que la clôture de son propre terrain (stabile) qui protège cette terre.

Du décret précité il résulte aussi que ce terrain ne doit être ensemencé que par l’exposant qui doit donner en contrepartie le quart du fruit des récoltes à la Paroisse et ainsi il a fait jusqu’à présent.

La nation n’a succédé qu’aux droits des anciens paroissiens et l’acquéreur ne doit jouir que des droits que possède la nation.»

La demande fut entendue puisqu’il est bien écrit, dans la liste des terrains affichée à la Préfecture, que l’acheteur ne possédera pas la parcelle mais seulement «la rente», c’est-à-dire la partie de la récolte qui était auparavant versée au curé.

Pollastra se trouve dans la partie supérieure de Poggiolo, plus loin que les Case Soprane.

DES ENCHÈRES ACHARNÉES

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : Une vente aux enchères bien compliquée (5/6)

La vente aux enchères se fit selon le principe traditionnel de la bougie. Une bougie était allumée et, quand elle s’éteignait, une autre prenait sa place, jusqu’à l’extinction de la dernière qui arrêtait les enchères. Pour les biens de la paroisse de Poggiolo, il était prévu sept bougies.

La mise à prix était de 1295 francs, somme sur laquelle persista LECA, l’adjudicataire provisoire de la première vente. Mais il dut se battre à coup d’enchères contre ROSSI (qui formula le plus d’enchères de tous les compétiteurs), CITTADELLA (importante famille de Vico) et PERALDI. A l’allumage de la sixième et dernière bougie, CRISTINACCE et SUBRINI entrèrent dans la danse. Finalement, après 69 enchères acharnées, le vainqueur fut Antoine François CRISTINACCE, habitant Vico, pour 13.540 francs, soit plus de dix fois la mise à prix initiale !

Mais, aussitôt, il déclara avoir agi «en société des citoyens Jean PERALDI de Vico et François FRANCESCHETTI de Poggiolo pour égales portions ici présents». 

Les signatures des vainqueurs

Les signatures des vainqueurs

Les trois compères ne furent pas les seuls à avoir gagné car, pour le fameux quatrième lot, la commande avait été organisée avec Jean Etienne PINELLI (écrit PINNELLI sur le procès-verbal) et Jean Baptiste DEMARTINI de Poggiolo !

Sans aucun doute, cette vente aux enchères avait été l’objet de nombreuses tractations, avant et pendant les enchères.

Mais en est-il différemment à d’autres époques quand l’enjeu est considéré comme important ?

 

(à suivre)

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 18:04

En application de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat vue précédemment (voir les articles "La Laïcité en action dans les Deux Sorru : des inventaires difficiles (1/6)" et "La Laïcité en action dans les Deux Sorru : La fabrique part dans la dignité (2/6)"), tous les biens de l’Eglise de France furent confisqués pendant l’année 1906 après avoir été inventoriés.

Pour ce qui concerne la Corse, «Les «morceaux» de jardins, arbres et autres minuscules propriétés appartenant à la mense épiscopale et aux fabriques paroissiales, remplissent 38 pages du Journal Officiel du 5 mai 1909» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, page 227).

 

Voici ce qui peut être trouvé dans le Journal publié ce jour-là au sujet des villages du canton de Soccia :

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : le trésor municipal (4/6)

A Poggiolo, les «meubles de l’église» furent confiés au curé et le «jardin Chioso Chiesale» devint propriété communale.

Ce terrain était la partie cloturée, «chiusa», qui restait d’une grosse propriété ecclésiastique («chiesale») s’étendant autrefois d’au-dessus de Saint Siméon à la rivière et, sur l’autre versant, jusqu’à Umbriccia. Une grande partie avait été morcelée et vendue en quasi-totalité aux familles DESANTI.

Son nom a été très déformé et il est maintenant devenu «u ouijale» (orthographe phonétique).

Il semble coïncider au territoire d’un lot qui fut exclu de la vente, en 1803, des biens paroissiaux confisqués par l’Etat révolutionnaire (voir le prochain article de cette série).

Ce terrain se trouve très facilement sur le plan cadastral actuel où il correspond à la parcelle numéro 144, c’est-à-dire à une grande partie de l’espace compris entre les maisons FRANCESCHETTI et CALDERONI.

 

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : le trésor municipal (4/6)

Comme un plan est toujours assez abstrait, nous vous proposons plusieurs photos d'époques différentes et d'auteurs différents pour mieux connaître ce terrain.

Le terrain photographié depuis un avion par Joël Calderoni vers 1980.

Le terrain photographié depuis un avion par Joël Calderoni vers 1980.

Le terrain vu du Tretorre en juillet 2013 (photo Michel F)

Le terrain vu du Tretorre en juillet 2013 (photo Michel F)

Le terrain vu depuis la maison Franceschetti en été 1954 (photo J-M F).

Le terrain vu depuis la maison Franceschetti en été 1954 (photo J-M F).

Le terrain vu depuis la maison Franceschetti en juillet 1972 (photo Michèle Genêt)

Le terrain vu depuis la maison Franceschetti en juillet 1972 (photo Michèle Genêt)

 Le terrain fut ensuite longtemps loué à Jean-Antoine FRANCESCHETTI pour y mettre son âne.  

Photo Michel F (1966)

Photo Michel F (1966)

Maintenant, grâce à la loi de séparation de 1905, Chioso Chiesale est le trésor de la municipalité poggiolaise car il est son seul bien en dehors du bâtiment de la maison communale et de la salle des fêtes.

Et il est aussi le seul vestige de la richesse foncière ecclésiastique d’avant la Révolution.

 

 

(à suivre: "Une vente aux enchères bien compliquée (5/6)")

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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
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