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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 11:48

Les récentes pluies ont été moins violentes dans les Deux Sorru que dans d'autres parties de la Corse. Cependant, elles ont suffi pour augmenter fortement le niveau et le débit du Fiume Grosso. 

Sur Facebook, est parue cette jolie photo, réalisée sous le nom de Christian Battestix, du pont de Guagno-les-Bains.

Le pont des Bains résiste au fleuve

On est loin de la tranquillité que l'on ressent avec cette peinture du même endroit datant de 1857.

Le pont des Bains résiste au fleuve
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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 18:00
Le paysage mystérieux : la solution

Cette image a intrigué plusieurs des lecteurs du blog, surtout par la densité de sa végétation quasi-tropicale. La solution se trouvait sur la marge supérieure qui avait été dissimulée:

Le paysage mystérieux : la solution

Oui, il s’agit bien du lac de Nino (ou de Ninu comme on l’écrit maintenant) qui est fréquenté depuis longtemps par les Poggiolais, Socciais, Ortigais ou Guagnais.

Ce dessin est extrait de l’« Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets », livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863.

L’auteur de cette somme de 600 pages a lui-même dessiné une grande partie des illustrations « de géographie et d’histoire naturelle, les costumes anciens et modernes, les usages, les superstitions, les vues des paysages et des monuments, les plans des golfes et des ports, des vignettes de faits historiques et les portraits des hommes célèbres. » («L’histoire de la peinture en Corse au XIXe et XXe siècles» par Pierre Claude GIANSILY, Colonna Edition).

Le paysage mystérieux : la solution

La représentation du lac de Ninu est signée J. P. Cela pourrait correspondre à Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer ce livre. Très certainement, cette artiste ne s’est pas rendue près du lac et n’a fait qu’imaginer ce que suggérait la description se trouvant à la page 18 :

 

« Moins étendu que le Rotondo, mais plus remarquable pour la beauté des sites qui l’environnent, le lac Nino ou Ino garnit l’une des extrémités du plateau du Campo-Tile. Sa superficie est de 4 hectares 74 centiares ; ses bords, émaillés de fleurs pendant le printemps, sont toujours couverts d’un gazon épais et velouté. Ses eaux sont profondes, limpides et peuplées par des myriades d’excellentes truites. Il donne naissance à la rivière du Tavignano. »

 

Sur l’image, le « gazon épais et velouté » est devenu une végétation épaisse et hirsute. Pour savoir à quoi ressemblent vraiment les paysages du lac, il est possible de se servir de trois photos, prises autrefois par Michel FRANCESCHETTI.

La première, vue du Monte Tozzu en 1973, montre l’ensemble de la forme du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

La seconde, de la même année, montre mieux les plantes. 

Le paysage mystérieux : la solution

La troisième, datant de 2001, est du même endroit que la précédente, mais de l’autre côté des arbustes. 

Le paysage mystérieux : la solution

Une quatrième, cette fois envoyée par Jean-Marc TRAMINI et déjà utilisée dans un article de février dernier, montre, en 2006, celui-ci et Jean-Pierre FRANCESCHETTI sur un autre côté du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

Pas de doute : le réchauffement climatique a fortement transformé les lieux depuis 1863 !

 

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 18:18

Le blog de Poggiolo accueille toujours bien volontiers les documents que ses lecteurs peuvent proposer sur le village ou sur la Corse. Il faut remercier Hervé CALDERONI qui nous montre une image de paysage datant d’il y a un siècle et demi. 

Le paysage mystérieux : une devinette proposée par Hervé

Mais voilà, quel est cet endroit ?

 Regardez bien les détails de cette vue. Beaucoup d’entre vous sont allés s’y promener comme le personnage représenté par l’artiste.

Réponse de la devinette dans le prochain article.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 18:08

D’après les programmes diffusés par le Ministère de la Culture, les activités prévues dans les Deux Sorru, pour les habituelles journées du Patrimoine (19 et 20 septembre), auront lieu à LETIA et à MUNA.

Voici comment elles sont présentées sur le site officiel gouvernemental.

 

A MUNA:

Samedi 19 septembre, RANDONNÉE guidée par le Laboratoire Régional d'Archéologie.

Départ à 10 h (prévoir pique-nique, eau).

Le village abandonné de Muna est situé dans la région et canton des Deux Sorru, à la limite occidentale du Cruzzini. Dans une région déserte et escarpée de montagne, à flanc de la Punta di a Sposata (1182 m), le village domine la vallée du Liamone de ses 500 mètres d’altitude, en offrant une vue dégagée sur la plaine et le littoral.

Le village est composé d’une vingtaine de bâtiments dont la plupart ont été édifiés au 18e ou 19e siècle et conservent aujourd’hui encore leurs caractères originaux qui en font tout leur charme.

On découvre à travers leurs fonctions (église, maisons, fours, moulin, remise, enclos) et leurs détails architecturaux (niches, fenêtres, perrons, inscriptions) l’organisation sociale et économique d’une société villageoise des siècles passés.

 

Les Journées du Patrimoine dans les Deux Sorru

A LETIA:

CONFÉRENCE dimanche 20 septembre à 18h00 : « La tradition musicale insulaire dans l’oralité » (église San Martinu).

Projection de diapos, interprétations musicales.

Il s’agit ici de présenter la musique traditionnelle de Corse mais aussi ses principaux instruments. Le thème est abordé par le biais de la transmission orale.

 Les deux intervenants ont baigné depuis toujours dans le milieu dmusical traditionnel.

Intervenants :

- Joseph Figarelli, un pilier du renouveau de la musique traditionnelle, est connue comme le co-fondateur du groupe Caramusa, qui a opéré pour la redécouverte et la valorisation de la musique populaire de Corse.

- Jean-Baptiste Mary (Association pour la Recherche Archéologique en Corse) est le petit-fils du dernier pirulaghju de l’île, Jean-Dominique Poli.

Les instruments comme la cetera, la pifana, la pirula et la cialamella seront présentés et joués pour que les auditeurs apprécient les sons de ces instruments.

 

Par ailleurs, une exposition est organisée ce jour-là sur la Compagnie Arrighi.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 18:28

Le 16 août 2015, le marbre gravé à la mémoire de la compagnie Arrighi a été dévoilé près du monument aux mort, situé sous les voûtes de l'église San Roccu à Letia. Cette plaque porte les noms du capitaine, commandant de la compagnie, des sous-officiers, caporaux et soldats de cette unité de l'armée régulière du Regnu di Corsica qui, sous le généralat de Pascal Paoli, participa aux campagnes de la Truppa Pagata ou armée régulière, auprès des deux régiments existants. Tous venaient de Letia ou des villages environnants.
Après avoir perçu son armement et ses équipements 
le 22 juin 1768, cette compagnie participa à la Victoire de Borgo, du 10 octobre 1768, qui permit de rejeter les troupes de Louis XV au delà de la ligne Saint Florent-Bastia, mettant fin ainsi à la première phase de la guerre.

La bataille de Ponte-Novu, qui eut lieu du 8 au 9 mai1769, est le point final des affrontements entre les troupes de Pascal Paoli et les soldats français.

Une plaque à Letia. Et pourquoi pas à Poggiolo ?

Madame le maire dévoile la plaque du souvenir.

Une plaque à Letia. Et pourquoi pas à Poggiolo ?

Bénédiction de la plaque du souvenir et de la foule par le diacre François Aimé ARRIGHI.

Une plaque à Letia. Et pourquoi pas à Poggiolo ?

La doyenne et madame le maire, après leur discours, ont déposé, aux pieds de la plaque du souvenir, une gerbe de fleurs et un bouquet d'immortelles et de fougères de notre maquis.

Une plaque à Letia. Et pourquoi pas à Poggiolo ?

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Photos fournies par Antoine Martin ARRIGHI.

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L’installation de cette plaque, demandée depuis longtemps par l’association Letia-Catena, est destinée à entretenir l’histoire de ce village, de garder la mémoire des ancêtres.

Chaque communauté doit avoir à cœur de permettre la perpétuation des souvenirs. L’installation de plaques n’est pas le seul moyen possible mais il est très efficace.

ET POURQUOI PAS À POGGIOLO ?

A Poggiolo, plusieurs plaques pourraient avoir leur place :

- sur la maison natale de Gian Antonio PINELLI, qui joua un grand rôle pendant la Révolution et l’Empire: voir les articles

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-1-2-67214131.html

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-2-2-113061636.html

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-3-3-113062792.html

- une plaque sur la maison de la famille de Noël PINELLI, le seul ministre d’origine poggiolaise: voir les articles

http://poggiolo.over-blog.fr/article-pinelli-vaut-trois-euros-51367091.html

http://poggiolo.over-blog.fr/le-seul-ministre-venant-de-poggiolo

- sur la maison natale de Hyacinthe DESANTI, gouverneur des colonies du Dahomey et du Mali

http://poggiolo.over-blog.fr/article-un-poggiolais-au-mali-114450559.html

- une plaque pour rappeler que, pendant l’été 1922, le savant suisse Félix SANTSCHI  découvrit à Poggiolo l’explication du sens de l’orientation des fourmis

http://poggiolo.over-blog.fr/les-fourmis-poggiolaises-ont-fait-progresser-la-science

- à Guagno-les-Bains, un souvenir de l’attaque, en août 1931, de l’établissement thermal par le bandit CAVAGLIOLI tuant un curiste et provoquant l’opération militaire qui fit disparaître le banditisme corse.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-mauvaise-pub-pour-guagno-les-bains-n-1-u-69696136.html

- à St Siméon, un rappel des dates de constructions de l’ancienne église et de l’actuelle, ainsi qu’un rappel de l’assassinat qui y fut perpétré au XVIIème siècle.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-eglise-d-en-haut-saint-simeon-44872891.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2013/12/a-quoi-ressemblait-l-ancienne-église-1-2.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2013/12/a-quoi-ressemblait-l-ancienne-église-2-2.html

 

D’autres souvenirs pourraient encore être mentionnés. Poggiolo est loin d’être un village anonyme, sans saveur et sans passé. Mais il faut raviver continuellement la mémoire pour qu’elle ne soit pas perdue.

Autrement, comment la jeune génération poggiolaise, présente à la fête du 22 août, saura-t-elle d'oú elle vient?

Une plaque à Letia. Et pourquoi pas à Poggiolo ?
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 09:36

Olivier FORCONI, qui nous a envoyé les reproductions du plan terrier de Poggiolo (voir article précédent), a eu l'amabilité de transmettre également celles des villages voisins. Nous vous les montrons. Ces images sont celles des villages et pas de l'ensemble des terrains qui en dépendent, mais elles donnent des informations intéressantes sur leur situation à la fin du XVIIIème siècle.

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

Le village de Soccia:

Nos voisins sur le plan terrier

Le village d'Orto:

Nos voisins sur le plan terrier

Le village de Guagno:

Nos voisins sur le plan terrier
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 18:16

Pour savoir à quoi ressemblait le village à la fin du XVIIIème siècle, il existe un document exceptionnel : LE PLAN TERRIER.

Plusieurs articles de blog y ont fait référence mais il faudrait savoir un peu mieux ce qu'est ce document exceptionnel.

Après l’acquisition de la Corse, Louis XV, par un édit royal d’avril 1770, lança un inventaire social, démographique, économique et géographique de l’île, d'abord dans le but de définir les propriétés foncières et d'établir les impositions correspondantes

Une équipe de 28 ingénieurs, géomètres et dessinateurs, dirigée par Dominique Testevuide, travailla pendant 25 ans, entre 1770 et 1795, pour donner un tableau précis et détaillé dans 17 registres de relevés statistiques, une carte gigantesque au 1/172.800 et une centaine de dessins, sous la forme de 39 rouleaux de 74 centimètres de large, à l'échelle 1/10.800. Les habitations, les zones cultivées, les voies de communication... sont figurées avec une extrême précision, avec de très nombreux toponymes.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Deux jeux seulement ont été réalisés. Le premier se trouve à Vincennes, au service historique de la Défense, et le second, acheté en 1829 au ministère de la Guerre, est conservé aux Archives Départementales à Ajaccio où il a été numérisé et est consultable sur ordinateur.  Mais tout faillit être perdu quand les Anglais s'emparèrent de Bastia (3 prairial an II: 22 mai 1794). Les Français furent contraints de leur remettre les documents du plan terrier, mais avec la faculté d'en prendre copie. Pierre Jacotin, neveu de Dominique Testevuide, réussit à remplir sa tâche de copiste malgré la mauvaise volonté de l'amiral britannique Samuel Hood et put rentrer sur le continent en emportant, avec lui, un dossier complet.

(Renseignements tirés de Wikipedia)

 

POGGIOLO SUR LE PLAN TERRIER

 Un de nos lecteurs, Olivier FORCONI, qui n'est pas du tout Poggiolais, a eu la gentillesse de nous envoyer des photos de la partie du plan terrier concernant Poggiolo.

Cliquer sur les images pour les agrandir.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Cette première image montre la communauté de Poggiolo. Il n'était pas encore question des communes.

Les limites avec Soccia, Orto et Guagno sont marquées par des gros traits rouges. La partie méridionale, avec les pentes du Tretorre et de Libbiu, est en dehors de ce cadre. Ces terres ont d'ailleurs été l'objet de contestations avec les habitants de Rosazia pendant des dizaines d'années (voir l'article "La fièvre monte à Libbiu").

Le relief est rendu par un estompage à l'encre de Chine qui rend parfois la carte difficile à lire. La lecture est parfois ardue par l'emploi d'une écriture manuscrite à l'anglaise et non pas par des caractères d'imprimerie.

Quelques abréviations utilisées:

- Ch: châtaigniers

- B: bois

- Font: fontaine, mais le mot est parfois écrit en entier

- MK: maquis

- OL: oliviers

- P: prés

- T: terres labourables

- V: vigne.

 

Cette seconde photo est centrée sur le village et non pas sur l'ensemble du terroir. Elle montre sept maisons autour de la chapelle St Roch, trois habitations aux Case Suprane et cinq constructions isolées, l'église Saint Siméon étant à part. 

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

ET GUAGNO-LES-BAINS ?

 

L'emplacement de Guagno-les-Bains correspond à la partie ouest de la carte, qui, dans cette troisième reproduction, est entourée d'un cercle rouge.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Le nom de "CALDANE" fait référence aux sources d'eau chaude. Dans le sud de la Corse, près de Ste Lucie de Tallano, une source thermale porte le même  nom.

François VAN CAPPEL DE FREMONT en a réalisé un agrandissement dans son livre "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme". Il y a indiqué les chemins en blanc, le Fiume Grosso et les ruisseaux en bleu, et les constructions en rouge. On peut donc voir la chapelle Saint-Antoine sur la colline, à une croisée de routes comme aujourd'hui. Les fontaines "alle Caldane" et "san antone" sont en dessous.

Poggiolo au XVIIIème siècle grâce au plan terrier

Mais aucune habitation n'est visible. En dehors d'un frère de l'ordre monastique des cordeliers, il n'existait aucun résident permanent. Les curistes étaient abrités par des cabanes en branchages qui étaient édifiées pour la saison estivale. Cette rusticité n'empêchait pas le lieu d'être très fréquenté, même par Pascal PAOLI ou Letizia BONAPARTE comme vu dans un article précédent.

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 17:43

Les documents sur les relations des Corses avec les pirates musulmans au début du Moyen-Age manquent et sont sujets à caution, par exemple sur Ugo COLONNA qui est le personnage principal de la danse moresca présentée dans l'article précédent. Depuis quelques années, la mode est à une histoire angélique selon laquelle la Corse aurait bénéficié des bienfaits d'une civilisation musulmane évoluée. L'étude historique montre que, du VIIème au XIème siècle, la réalité fut conflictuelle. D'ailleurs, en réalité, cette île fut moins touchée que la Sicile ou la Sardaigne car elle offrait moins de possibilités de butin.

Ces idées sont expliquées par Alain VENTURINI, Directeur des Archives départementales de la Corse-du-Sud, dans "Histoire de la Corse, volume 1: Des origines à la veille des révolutions", sous la direction d'Antoine-Marie GRAZIANI, en 2013 (Editions Alain PIAZZOLA).

La Corse, les Sarrasins et les Maures

SARRASINS ET MAURES

 

Organisée par le gouvernement califal puis son représentant en Ifriqiya (actuelle Tunisie), la première phase d'expansion navale musulmane en Méditerranée occidentale dure de 652 à 752. Les attaques visent en premier lieu la Sicile, secondairement la Sardaigne et les Baléares. La Corse a peut-être été également touchée mais les sources écrites sont muettes: le seul indice d'insécurité serait le transfert en terre ferme d'un certain nombre de reliques, dont celle de sainte Julie, de la Gorgone à Brescia.

La seconde période de raids dure de 798 à 813. Connue grâce aux annales carolingiennes et à quelques textes pontificaux, elle est le fait de Sarrasins (Arabes) et de Maures (Berbères), venant d'Espagne et agissant en marge du califat omeyyade de Cordoue. Cette fois, la Corse est attaquée à plusieurs reprises à partir de 806. Après 813, le calme revient pour quelques années, l'action des pirates espagnols se déplaçant en Méditerranée orientale.

L'insécurité touche à nouveau la Méditerranée occidentale à partir de 825 environ et dure au moins jusqu'à la fin des années 850. Placée sous le contrôle du comte Boniface II en 828 puis intégrée à la marche de Tuscia (Toscane) en 846, la Corse n'en est pas pour autant en sûreté: un grand nombre de Corses doit chercher refuge à Rome sous le pontificat de Léon IV.

Une nouvelle période d'accalmie va durer quelques décennies, jusqu'au début du Xème siècle, marqué par une recrudescence des attaques sarrasines. Cependant, comme les fouilles archéologiques ont montré que la vie avait continué à Mariana ou Aléria, on peut supposer que la Corse, terre pauvre, fut sans doute peu concernée par ces attaques dans la mesure où les pirates musulmans avaient des cibles plus tentantes (y compris la Sardaigne voisine).

 À partir de la fin du premier tiers du Xème siècle et jusque vers l'an mil, les attaques deviennent moins nombreuses. Au début du XIème siècle, le prince musulman de Denia, Mujâhid (le re Musetto des chroniques italiennes), crée un nouveau climat d'insécurité en Mer Tyrrhénienne. Mais, s'il conquiert brièvement la Sardaigne, il ne semble pas avoir été vraiment intéressé par la Corse. De toutes façons, en 1016, Pisans et Génois mettent un terme définitif à son entreprise. La Tyrrhénienne ne sera plus ensuite que très occasionnellement perturbée par des expéditions musulmanes parties de Sicile, d'Afrique du Nord ou d'Espagne. Et, au plus tard à compter du traité réciproque de non-agression conclu vers 1150 entre Pise et le roi de Valence, la piraterie sarrasine n'est plus qu'un mauvais souvenir, avant sa reprise dans le dernier tiers du XIVème siècle.

 

Alain VENTURINI

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 18:00

Presque aussi oubliée que la cetera, la moresca était un élément important de la culture corse.

La moresca était une danse racontant la lutte entre les musulmans qui occupaient la Corse et le comte Ugo COLONNA qui aurait été envoyé dans l’île par le pape à l’époque carolingienne. La réalité historique est loin d’être avérée. Mais l’existence de cette danse pendant plusieurs siècles montre combien la mémoire collective corse a été marquée par les attaques barbaresques. Entre Corses et Maures, le voisinage ne fut pas un long fleuve tranquille. Il reste des descriptions de moresca par des voyageurs des XVIIIème et XIXème siècles qui insistent chaque fois sur l’aspect communautaire de ce spectacle auquel toute la population du village participait.

 

Nous donnons ici la description d’une moresca qui eut lieu près de Guagno. Elle se trouve dans le livre « La vie du bandit Théodore » de Henri PIERHOME, écrit en 1934 pour raconter la vie de Théodore POLI. En 1820, Théodore prit le maquis après avoir tué un gendarme qui l’avait fait arrêter. Ses exploits lui permirent de rassembler de nombreux bandits. En 1823, lors de la création de cette organisation, juste avant de prendre les décisions importantes comme celle d’autoriser l’assassinat du bourreau de Bastia, il offrit aux Guagnais une représentation de moresca. C’est du moins ce qu’indique l’auteur (qui utilise l’orthographe de « Mauresca »).

 

La moresca guagnaise

"La Mauresca était une sorte de fête dansée qui ne se donnait que dans de très rares occasions, et pour des réjouissances publiques vraiment solennelles.

 

C'était, en somme, un ballet où, si l'on préfère, une pantomime chorégraphique destinée à évoquer et à styliser les luttes soutenues contre les Maures. Pendant des siècles, les Corses avaient eu à se défendre contre les Sarrasins, contre les corsaires de l'Afrique du Nord, contre les troupes de Barberousse. Le fameux pirate Dragut, notamment, fut un de leurs plus terribles ennemis. Ses felouques rapides surgissaient subrepticement des profondeurs du large et débarquaient leurs équipages qui se jetaient sur les innocents habitants des côtes, en massacraient une partie et emmenaient le reste en esclavage.

Il est vrai que, parfois, l'esclave devenait le maître... Témoin Davia Franceschini, enlevée à Corbara et qui devint impératrice du Maroc, ou encore Lazare, de Bastia, qui fut par la suite dey d'Alger... Il est vrai, égaIement, que les Corses ainsi arrachés à leurs foyers faisaient de piètres esclaves et que, la plupart du temps, après des négociations laborieuses, ils étaient rendus à la liberté moyennant de fortes rançons. Mais, enfin, la perspective d'un tel sort était particulièrcment angoissante, et c'est pour se défendre contre les incursions incessantes des pirates que les Corses avaient peu à pcu abandonné les côtes et s'étaient réfugiés dans les montagnes, y bâtissant des villages inaccessibles. Des tours solides, qu'ils avaient élevées tout le long du littoral, - où elles subsistent encore - permettaient aux insulaires de la plaine de s'y réfugier en cas d'alerte et d'y résister jusqu'à l'arrivée des secours.

 

Ainsi la Mauresca était une représentation dramatique, une danse guerrière qui évoquait ces combats. Elle se donnait en plein air, exigeait une mise en scène grandiose et un nombre exceptionnel de personnages.

 

*

*     *

 

C'est dans la forêt de Guagno que Théodore avait imaginé de donner ce spectacle qui devait attirer un grand nombre des habitants de la région. Le chef des bandits avait choisi, pour sujet de la Mauresca, "la prise de Mariana par Ugo Colonna".

 

Sur une esplanade très vaste, adossée à la montagne, Théodore avait fait établir un camp de plusieurs tentes figurant l'armée chrétienne commandée par Ugo Colonna, dont il incarnait lui-même le personnage. Dans la châtaigneraie, sur les pentes de la colline, les bergeries habilement transformées représentaient des tours fortifiées, reliées entre elles par des remparts crénelés qui n'étaient autres que de légéres constructions en bois. Bien que rudimentaire, le décor était suffisamlnent évocateur pour donner à l'assistance une intéressante approximation de la réalité. L'espace demeuré libre entre le camp et les remparts représentait le champ de bataille, où les combats allaient se succéder.

Le drame commença par l'arrivée d'une estafette maure annonçant aux sentinelles postées sur les remparts l'approche des chrétiens.

Aussitôt, la ville se met hâtivement en état de défense. Les portes sont barricadées, tandis que les créneaux se garnissent de piquiers et d'archers. Dans le même temps, par un portillon dérobé, des Sarrasins courent occuper des retranchements qui ont été aménagés au-devant de la forteresse.

Le son du cor annonce l'entrée en scène des chrétiens. Théodore joue le rôle d'Ugo Colonna: richement chamarré, il approche, monté sur un superbe cheval noir et suivi d'un brillant état-major de chevaliers. Les bannières et les panaches flottent au vent...

A ce moment, les troupes sarrasines sortent de leurs retranchements. Elles sont menées par Brusco qui, pour la circonstance, a revêtu une tenue d'aspect oriental, avec un superbe turban à aigrette et un manteau de soie qui est, visiblement, une nappe d'autel. Mais il n'y faut pas regarder de trop près ...

Les deux phalanges sont magnifiquement costumées et armées. L'imagination naïve des contumaces s'est donné libre cours, et chacun, selon sa fantaisie et les ressources locales, a tenté de réaliser ce que, dans le théâtre moderne, il est convenu d'appeler un rôle de composition. S'il y a quelques défaillances dans le détail, l'ensemble est vraiment réussi. .. 

La danse des bâtons (photographiée ici à Moita en 1954) est un des vestiges de la moresca.

La danse des bâtons (photographiée ici à Moita en 1954) est un des vestiges de la moresca.

C'est alors que commence la danse de la Mauresca, laquelle se déroulera en douze figures, dont chacune traduit une phase du combat. Il y a la figure de l'enveloppemeut par les ailes, où les Sarrasins exécutent une course bien réglée autour de l'armée chrétienne. Il y a la figure de la percée du centre, où les chrétiens arrivent jusque sous les portes de la ville fortifiée. Il y a la figure de la contre-attaque, et celle de la retraite, et celle du combat, où s'affrontent le chef des chrétiens et le chef des Maures en de brillants exercices équestres.

Enfin, voici la dernière figure, la resa, la reddition des Sarrasins. Voyant son armée décimée, le chef maure s'avance au-devant d'Ugo Colonna et, mettant un genou en terre, lui tend son épée.

La foule éclate en acclamations ... La fête est terminée ..."

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 18:00
La renaissance de la cetera

Les personnes qui étaient présentes à un des spectacles donnés à Vico dans le couvent le 17 août 2014 ou à l’église Ste Marie le 4 septembre ont eu la chance d’écouter XINARCA, chanteur et musicien corse qui a la particularité de s’accompagner de la cetera

La cetera, cistre corse à 16 cordes, fut un instrument de musique très populaire jusqu’au milieu du XIXème siècle. Il accompagnait chants et violons dans les veillées. Mais il n’en subsistait pratiquement plus d’exemplaire et son souvenir n’existait plus. Dans «L’info U Pighjolu» de juillet 2007, le très bon article de Xavier PAOLI sur la musique corse est illustré de deux images de cetera mais sans que le texte y fasse la moindre référence. Voir l'article "Cumandante et Martinchjinu".

Il est donc heureux que TF1 ait diffusé le 15 juin, dans le cadre d’une série sur les instruments de musique régionaux, un reportage sur la « tchéterra » (curieuse orthographe !) qui permet de montrer comment cet instrument est en train de renaître.

XINARCA remet depuis plusieurs années la cetera à l’honneur à l’occasion de divers concerts en Corse et sur le continent. Cet été, il sera présent en Provence, notamment au festival «Musique en Dévoluy» le 23 juillet et à «Danses, musiques et voix du monde» à Martigues le 24 juillet.

La renaissance de la cetera

Pour mieux le connaître, il est recommandé d’écouter l’émission qui lui a été consacrée en septembre 2010 sur le blog de "Corsica ... ou la musique corse dans tous ses états" (La musique corse comme vous ne l'avez jamais entendue) animée par Patricia BAUDOUX: 

http://corsica11.podomatic.com/entry/2010-09-05T00_02_46-07_00

XINARCA a également son propre site:

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona).

 

Lundi 13 juillet:

Grand bal au Belvédère.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival 

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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