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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 18:07

Les villages de notre haut-canton n’ont pas toujours été situés là où ils sont maintenant. Un peu comme les baignoires de Guagno-les-Bains, les habitations se sont déplacées au cours des siècles.

 

POGGIOLO

Avant qu’existe Poggiolo, les hommes du néolithique fréquentaient (vers 4.200 ans avant Jésus-Christ) les hauteurs de Campivu, entre Guagno-les-Bains et les Trois Chemins. Le site était encore occupé pendant l’âge du fer, au IIIème siècle avant notre ère. Voir l’article  «Tout sur Poggiolo et Guagno-les-Bains en cinq pupitres».

Il n’existe pas de vestiges archéologiques permettant de connaître le Moyen Age poggiolais. Ce n’est pas très étonnant car les habitations étaient le plus souvent en bois et surtout car le village fut victime, comme toute la pieve, de la «disabitazione», c’est-à-dire des destructions et des déportations ordonnées par les Génois en 1489 et en 1507 pour punir la population de son soutien aux seigneurs de Leca (voir les articles «Poggiolo les années zéro: 1489»  et «Poggiolo les années zéro: 1501»).

Les familles rescapées purent rentrer vers 1517. En 1530, dans sa "Description de la Corse», l’évêque Agostino GIUSTINIANI, parla du village de "Podiolo" et d'un autre plus petit, les «Soprane», lequel comptait 14 feux sur le registre des "taglie" de 1537. Podiolo doit à peu près correspondre à l’actuel quartier de saint Roch. Le nom de Soprane est utilisé maintenant pour les maisons et terrains qui sont au-dessus de la route, près de Saint Siméon. En fait, les Soprane de l’époque se trouvaient plus haut que l’église. 

Il en reste encore des traces dans le maquis, mais complètement enfouies par la végétation. Seules deux ou trois personnes du village se souviennent encore d’avoir vu quelques pierres il y a très, très longtemps…

 
Les villages actuels sont en jaune. Les emplacements anciens sont en rouge. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Les villages actuels sont en jaune. Les emplacements anciens sont en rouge. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

SOCCIA


Le Soccia actuel est le résultat de plusieurs déplacementss.
Anna-Maria LECA et Noëlle MEDURIO, dans leur "Inventaire préliminaire du patrimoine bâti du Canton des Deux-Sorru” (consultable sur le site de La Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses: http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1163), rapportent que, d’après la tradition orale, la première implantation aurait été "u Petricaghju, proche de la limite communale de Letia, qui aurait été fondé par des habitants fuyant au sujet d’un différent dans leur village de Petricaggio en Castagniccia".
La seconde a été Aghja, sur la rive droite de la rivière
de Filiccioni (surnommée «le fleuve» par les Socciais). Des ruines y sont toujours bien visibles. Le hameau «fut cultivé et habité jusqu'à la fin du siècle dernier (XIXème siècle). Une tuilerie y fonctionnait», précise Jean-Baptiste PAOLI dans «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud». L’érudit socciais répète la tradition orale qui explique la localisation actuelle de Soccia:


«Quatre frères ayant pour prénoms Mainettu, Francu, Lucha et Martinu, issus d’une famille installée à Aghjia, auraient, dit-on, découvert le site du village actuel en suivant leurs chèvres qui fréquentaient volontiers cet endroit particulièrement agréable et ensoleillé».

 

ruines d'Aghjia par Denise Peres, Panoramio (17 mai 2008)

ruines d'Aghjia par Denise Peres, Panoramio (17 mai 2008)

ORTO


Même pour Orto, l’emplacement a connu des variations. Anna-Maria LECA et Noëlle MEDURIO l’ont écrit:

«Orto avait un village premier, San Cervone, dont il ne reste pas de vestiges visibles. La nouvelle implantation présente des édifices de la fin du 18e siècle pour les plus anciens. Le cimetière actuel se trouve sur l’ancien site du village et a, pour mur d’enceinte, les pierres de l’ancienne chapelle. Orto est construit sur un versant rocheux, ce qui lui aurait très certainement valu son nom.»

 

cimetière d'Orto

cimetière d'Orto

Contrairement à ce que l’on peut croire, l’histoire de nos villages a été très active. Mais il reste beaucoup à découvrir.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 18:08

Le four présenté dans l’article intitulé "Le four oublié" est celui de la maison de la Pisciata.

La maison oubliée
La maison oubliée

Ces deux constructions existent bien dans le village de Poggiolo mais sont très peu connues.

Sur la photo aérienne ci-dessous (extraite de Google), le cercle bleu entoure la maison et le four.

Il est possible d'agrandir ces images en cliquant sur elles.

La maison oubliée

Ces maisons semblent perdues en pleine zone d’arbres et de broussailles. Pourtant, placées entre le cimetière (à côté de l’église cerclée de noir) et la route d’Orto, elles ne sont pas très éloignées des premières habitations du village.

Cette zone s’appelle Pisciata. Elle était bien nommée et représentée sur le cadastre de 1857.

La maison oubliée

Comme sur la photo d’aujourd’hui, l’église St Siméon a été distinguée par un trait noir. La maison est en bleu. Le four, qui était plus visible autrefois, est dans un cercle rouge.

Le plan cadastral permet d’apprendre que Pisciata était le nom d’un ruisseau qui passait en dessous de la maison. Il rejoignait un autre cours d’eau dit Calonica partant approximativement de l’endroit où se trouve maintenant la station de pompage.

Pour s'y rendre, le chemin est difficile à trouver. Une fois les broussailles écartées, la façade de la maison s’offre au visiteur.

La maison oubliée

Ce côté, qui est face au sud, présente deux portes en rez-de-chaussée et trois fenêtres en étage. L’autre côté, orienté au nord, n’a qu’une ouverture.

La maison oubliée

Les murs ont été construits avec des pierres semblables aux autres maisons du village. On peut remarquer la grosseur du linteau. Près de la porte, une niche a été creusée et un anneau est encore fixé au mur.

La maison oubliée

Si les murs paraissent toujours solides, le toit a en partie disparu, surtout dans la partie ouest comme le montre la photo aérienne, et la charpente s’est écroulée ou a été envahie par les ronces.

La maison oubliée
La maison oubliée
La maison oubliée

Pourtant, cette ferme était autrefois le centre d’une assez grande exploitation.

Il semblerait que le dernier agriculteur à l’avoir mise en valeur ait été Pascal “Ignace” MARTINI dit «Calzitone», né le 28 janvier 1869 et décédé le 15 avril 1945 à Poggiolo. Il n’eut pas d’enfant et ses trois frères (Dominique Marie dit Picciatinu, “Jules” François et Toussaint) s’étaient installés en Algérie.

La maison fut donc abandonnée et la végétation la fit disparaître peu à peu. Et elle fut oubliée.

Sic transit gloria mundi.

La maison oubliée

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Photos Michel Franceschetti

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:00

 D’abord unité religieuse, la pieve fut rapidement, notamment sous la domination génoise, une unité administrative. Elle avait surtout une grande unité géographique.

UNITÉ GÉOGRAPHIQUE

Sorru in sù correspond au haut bassin du Liamone, c’est-à-dire le territoire placé à l’intérieur des terres, au-delà du col de Sorru et jusqu’aux montagnes environnantes. Cette situation est bien présentée par la carte publiée en page 14 du remarquable ouvrage «Vico Sagone. Regards sur une terre et des hommes» (éditions Piazzola).

 

 

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

Depuis le col de Sorru, la limite de la pieve remonte le cours du Liamone vers le nordjusqu’au lac de Ninu, puis passe vers le sud-est entre la montagne de la Cimatella et le plateau de Camputile pour atteindre les premiers contreforts du Monte Ritondu. De là, la frontière est constituée par les hauteurs de la vallée du Fiume Grosso: Tritorre, Ciarbellu et Libbiu. La cohérence de l’ensemble est évidente si l’on regarde une carte du relief de cette zone. 

Cette pieve est restée immuable pendant les siècles génois. La «Carte militaire de l'isle de Corse où sont marquées toutes les paroisses et tous les principaux hameaux de chaque pieve / rectifiée en l'année 1740, suivant les ordres de Monsieur le marquis de Maillebois» (chef du détachement français qui venait d’intervenir en Corse) montre que le nom de la pieve était bien connu. Par contre, on peut remarquer quelques incertitudes sur l’emplacement exact de Soccia et Pogiola (!), l’oubli d’Orto et la désignation du lac de Creno comme source du Liamone.

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

DES INSTITUTIONS QUI FONCTIONNENT

Les institutions locales instaurées par les Génois en 1571 fonctionnèrent assez régulièrement.

Les premières élections de podestat et de pères du commun connues à Soccia sont relatées par Jean-Baptiste PAOLI dans son étude «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud». Elles eurent lieu dans l’église paroissiale le jeudi 5 août 1773. Teodoro POLI fut proclamé podestat.

Dans l’"Histoire de l'éducation en Corse" publiée aux éditions Albiana sous la direction de Jacques FUSINA, le chapitre sur "La Corse du début des Temps Modernes à la Révolution française", dû à Antoine Laurent SERPENTINI, nous apprend que, en avril 1783, Francesco FRANCESCHETTI était Podestat de Poggiolo tandis que les padre del comune se nommaient Gio-Stefano PINELLI et Paolo MARTINI.

Les assemblées de la pieve se tenaient à Poggiolo, siège de l’église piévane, avant de présenter des doléances au luogotenente (lieutenant) génois de Vico.

Quand fut créé le royaume anglo-corse (1794-1796), chaque pieve était représentée par deux députés. Pour Sorru in sù, les élus furent le même Francesco FRANCESCHETTI (1750-1818) avec Filippo LECA.

LA CENTRALISATION SOCCIAISE

La remise en ordre napoléonienne, continuant les lois de la Révolution, remplaça les pieve par les cantons. Souvent, ce fut un simple changement de nom. Notre pieve devint le canton de Soccia, du nom de la commune qui devint le chef-lieu. Son territoire fut pratiquement le même. Une fois réglées les contestations entre villages, les limites furent repérées et balisées. Ainsi, comme, en venant de Murzo, la commune de Poggiolo ne commence que dans la descente du col, au pont de Riosecco, le canton ne débute plus au point le plus élevé de Sorru.

Le canton était représenté au Conseil général du département par un conseiller général, nommé puis élu.

Soccia bénéficia des administrations attribuées au chef-lieu: brigade de gendarmerie et justice de paix par exemple. Elle était également la résidence du curé de la paroisse. Le Concordat signé avec le pape en 1801 (et surtout les Articles Organiques ajoutés par Napoléon) calquait la carte paroissiale sur celle des cantons. Les églises de Poggiolo, Orto et Guagno étaient des succursales occupées par des desservants dont le traitement versé par l’Etat n’avait pas le même niveau que celui du curé de la capitale cantonale.

En 1973, la réforme des cantons divisa par deux le nombre de cantons en Corse. Accolés, le canton de Soccia forma avec celui de Vico le nouveau canton des Deux-Sorru.

Depuis 2014, un nouvel agrandissement décida de former le Canton de Sevi-Sorru-Cinarca.

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

La désertification des villages a facilité la création d’un ensemble mélant, malgré la diversité de leur géographie, plusieurs anciennes pieves.

Mais on continue à avoir le sentiment d’être, au-delà de Sorru, dans une zone particulière. Et, si le terme de Sorru in sù est peu employé, on parle toujours du haut canton.

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 19:05

Appelé de façon habituelle «le blog des Poggiolais», ce blog porte en haut de sa page d’accueil le titre «Poggiolo-Guagno-les-Bains, U Pighjolu-I Bagni di Guagnu, Une communauté de Sorru in sù». En effet, il est impossible de décrire le passé et le présent de la communauté poggiolaise si l’on ne mentionne pas son appartenance à une de ces pieves dont la possible renaissance a été récemment évoquée par Eric BOISTARD (voir article précédent : "Faut-il ressusciter la pieve ?").

En l’occurrence, notre village faisait partie de la pieve de Sorru in sù.

Cette pieve regroupait les communes actuelles de Guagno, d’Orto, de Poggiolo et de Soccia.

 

SAINTE MARIE

A l’origine, se trouvait une église qui a disparu mais que Geneviève MORACCHINI-MAZEL avait décrite dans sa remarquable thèse Les Églises romanes de Corse, Klincksieck, 1967 :

 

«On nous a signalé sur place, notamment le Chanoine A. M. Pastinelli, curé de Soccia, le lieu-dit Sant’Anorilla, très bien situé au centre de la vallée à une croisée de chemins muletiers. Les petites pierres bien taillées que nous y avons vues dans les murs des propriétés alentour sembleraient effectivement indiquer un édifice du Xème siècle».

 

Cette église fut donc édifiée pendant la domination pisane. A cette époque, jusqu’au XIIIème siècle, les Pisans organisèrent le réseau des pièves: dans chaque vallée, ils établirent une église-mère, la piévanie, dont dépendaient un baptistère et plusieurs oratoires dispersés, comme San Marcellu (entre Poggiolo et Soccia) ou Santa Maria de Soccia.

Sant’Anorilla était l’église-mère où se retrouvaient les habitants de Poggiolo, Aghja (premier emplacement de Soccia), Guagno, Orto, et Soccia. Elle était située près des Trois Chemins, où se rejoignent les sentiers venant de ces différents villages.

Selon les documents, elle se nomme également Sant Anarilla, Santa Anaria (sur le cadastre de 1857), Santa Naria, Santa Nuria, Santa Noria ou Sannaria. En fait, il s’agit simplement de la déformation de Santa Maria.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Toutes les illustrations de cet article peuvent être agrandies en cliquant sur elles.

Pourquoi cette église n’existe-t-elle plus ?

La tradition orale, rapportée à Michel Franceschetti par son grand-oncle Filippone, raconte que les habitants des différentes communautés ont fini par se disputer et se sont partagés les objets religieux pour l’église de chaque village.

 

SAINT SIMÉON

La date de cette séparation n’est pas connue. Mais elle ne fut pas définitive. En 1545, l’église Saint Siméon fut construite au-dessus de Poggiolo, à un endroit, comme les Trois Chemins, qui était un carrefour de sentiers (voir l’article «A quoi ressemblait l’ancienne église»).

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

 Lors de sa visite apostolique, en 1589, Mgr Nicolò Mascardi, évêque de Mariana, la nomme «l’église San Simeone, canonicat et pieve de Poggiolo de Sorunsù». Il ajoutait : «Les jours de fêtes solennelles, on célèbre dans cette église, à la satisfaction des populations de la pieve» (texte relevé et traduit par le Père DOAZAN). 

L’église poggiolaise était donc bien l’église piévane.

Elle le resta malgré l’interruption temporaire du culte à cause du meurtre abominable commis en 1634 à l’intérieur de Saint Siméon (voir l’article «du sang à St Siméon»).

L’érection, en 1713, de Santa Maria delle Gratie della Soccia en église paroissiale ne changea rien. Les quatre paroisses avaient chacune un curé qui reconnaissait celui de Poggiolo comme leur piévan.

 

 

 

LA QUESTION GUAGNAISE

Par contre, le 26 juin 1781, l’Assemblée des Etats de Corse, étudiant la liste des curés piévans dont la désignation faisait problème, évoqua notre piève :

«Que la Piève de Sorrinsù manque de Piévan de droit ;

Que l’Eglise réputée la plus ancienne est celle de la communauté de Poggiolo, composée de vingt feux environ ;

 

Que Mgr de Guasco (évêque de Sagone) dans sa première visite, n’ayant trouvé dans cette Piève aucun Piévan décoré de ce titre, nomma le curé de Guagno, comme étant le lieu le plus nombreux et faisant par lui-même presque la moitié de la Piève ;

 

Qu’il est à croire que cette paroisse sera plus que les autres, pourvue d’un bon curé et auquel on pourrait attribuer le droit à l’Assemblée.»

 (extrait de «Procès-verbal de l'assemblée des états de Corse convoquée à Bastia le 1er juin en 1781 » par l'abbé Letteron, Ollagnier, Bastia, 1904).

L’Assemblée entérina cette décision. Pourtant, cette rupture avec la tradition se basait sur le seul critère du nombre d’habitants et ne tenait pas compte des difficultés de circulation.

 

A partir du 25 décembre 1783, le curé de Guagno signa désormais tous ses actes de baptême, mariage et sépulture avec le titre «Piev° di Sorroinsu», comme les registres d’état-civil accessibles sur le site du conseil général de Corse-du-sud.

 

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Mais Giovanni Bonifacy, le curé de Poggiolo, continua à signer «Pievano di detto luogo» (piévan du dit lieu) !!!

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Ce problème ne fut pas réglé rapidement par la Révolution.

Le curé de Poggiolo signa simplement «curato» en 1791, quand s’appliqua la Constitution Civile du Clergé. Mais il prit le titre de «curato Pievano» en 1794, quand la Corse se détacha de la République Française. En 1796, quand la France revint sur l’île, la signature fut simplement suivie de «curato del Poggiolo».

(à suivre)

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 18:00

La prochaine suppression des deux départements corses et leur remplacement par une collectivité unique occupe beaucoup l’esprit des hommes politiques insulaires. Dans l’unanimité des discours approuvant cette réforme, une petite musique particulière vient d’être jouée par Eric BOISTARD dans le « Corse-Matin » du 17 octobre.

Photo José Martinetti (Corse-Matin)

Photo José Martinetti (Corse-Matin)

Rompre avec le nanisme communal

Pour ce maître de conférences en droit, directeur de cabinet du maire de Corte, «la rupture avec le nanisme communal reste la condition sine qua non d’une modernisation totalement aboutie des institutions locales de la Corse». La réforme va créer la collectivité unique et quelques grandes intercommunalités mais les communes de petite taille ne pourront plus vivre :

« Quant à la petite commune, elle va s’affaiblir encore sur les plans démographique et économique, mais elle va devenir une coquille vide dans la mesure où l’ensemble de ses compétences sera transféré à l’intercommunalité. »

Or, « le premier attachement du citoyen vis-à-vis de l’élu, c’est d’abord le maire. Si on ne repense pas cette commune, si on ne lui redonne pas un nouveau rôle dans le cadre des politiques de décentralisation qui ont été conduites, on va en faire des coquilles vides dont on va finir par se poser la question de l’utilité. »

Le juriste propose d’utiliser la solution de la  "commune nouvelle". Le statut de commune nouvelle a été créé par l'article 21 de la loi 16 décembre 2010 sur la réforme des collectivités territoriales, et est destiné à favoriser le regroupement de communes. Dans ce cas, les communes historiques continuent d’exister sous forme de «communes déléguées» avec le nom et le territoire des anciennes communes dont la commune nouvelle est issue ;

L’avantage, d’après Eric BOISTARD, est que «la commune nouvelle permet l’initiative au niveau local, de se regrouper, réfléchir à un destin commun qui pourrait, par exemple, reprendre les territoires des anciennes pieve

Pour les lecteurs qui auraient oublié ce mot de pieve, l’attaché territorial rappelle :

«La pieve a longtemps été la circonscrition administrative de base de la Corse pendant des siècles.

Géographiquement et historiquement, on devrait tendre vers cette alternative.

Les populations ne revendiquent-elles pas, depuis longtemps, une appartenance non seulement à une commune, mais aussi à une entité micro-régionale plus large ?»

Allons plus loin que ce qui est écrit dans «Corse-Matin» pour rappeler la particularité de la pieve.

Genèse et fonctionnement de la pieve

La pieve est bien définie par par Jean–Laurent ARRIGHI, dans «Vico-Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ed. Piazzola (page 164, «Aspects du pouvoir à Vico-De la pieve à la municipalité»):

«Dans la Corse médiévale, tandis que l’habitat rural est très dispersé, même si des communautés villageoises existent déjà, et parfois depuis fort longtemps, la division territoriale et administrative locale la plus importante est la pieve. En effet, dès la fin du XIème siècle, Pise qui a reçu de Rome l'inféodation de l'île, va en réorganiser les structures politiques et religieuses.

L'ensemble du territoire insulaire scindé d'abord en cinq évêchés, dont celui de Sagone, est alors entièrement divisé en pieve (du latin plebs, plebis, « le penple »). Cette appellation de pieve, qui s'applique à l'origine à un groupement humain occupant un même secteur géographique, correspond en général à un territoire bien circonscrit par des limites naturelles comme par exemple celles d'une même vallée.

La pieve, regroupant en son sein plusieurs communautés, constitue ainsi l'unité primordiale du territoire et l'échelon local où s'exerce le pouvoir religieux, juridique et administratif. Ce pouvoir, est alors matérialisé symboliquement par l'église «piévane» (a pieve) où sont administrés tous les baptêmes et où se réunissent des assemblées coutumières.

C'est au niveau de la pieve, qui correspond également à une juridiction placée sous l'autorité d'un piuvanu (piévan: du latin plebanus), que s'organise la vie communautaire et que sont rendus les arbitrages ainsi qu'une justice de proximité. »
 

Faut-il ressusciter la pieve ?

 Les Génois ont utilisé les pieve pour en faire des circonscriptions administratives et judiciaires de base. Xavier PAOLI en a expliqué le fonctionnement dans le mensuel "L'INFO U PIGHJOLU" (numéro d'avril 2008), texte reproduit dans l’article «Tous les maires de Poggiolo»:

«Avant l'annexion de 1768, la gestion des communautés villageoises était régie par les "Statuts civils et criminels de la Corse", textes mis au point par l'administration génoise (et promulgués en 1571).


Sous le généralat de Pasquale Paoli, la communauté était gérée par un Podestat élu par les chefs de famille (qu'ils soient homme ou femme), assisté par 2 pères du commun. L'administration était complétée par un huissier et un chancelier et, en cas de contestation sur la valeur d'un bien, d'un "Stimadore" (élu pour 2 ans). 


L'Ancien Régime conservera en gros les mêmes structures administratives et ce n'est qu'en 1789 que les Constituants créeront les "communes"».

Les podestats étaient les interlocuteurs reconnus pour représenter la pieve auprès des autorités, qu’elles fussent génoises, paolines ou françaises.

Comme ce blog en a la vocation, il sera question dans le prochain article de la pieve de Sorru in Sù, composée de Poggiolo et des autres villages se trouvant au-delà du col de Sorru.

 

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 18:00

La Maison Bonaparte à Ajaccio est un musée national qui abrite de nombreux documents et objets concernant la famille de Napoléon et aussi l’histoire insulaire, notamment «l’une des plus belles cartes de Corse». Caroline MARCELIN qualifie ainsi, dans  le «Corse-Matin» du 9 octobre dernier, l’œuvre réalisée vers 1741 par Hyacinthe de la Peignia ou de la Peigne, peintre spécialisé dans les peintures de cartes et de batailles.

 

Appel aux photographes

Cette carte de 2,11m de haut et de 4,32m de large aurait été effectuée pour que le roi de France et ses ministres étudient les opérations militaires de l’époque.

Elle est comparable, par ses dimensions et sa qualité artistique, à l’image de la Corse se trouvant dans la galerie des cartes du Vatican. Cette dernière a été montrée sur ce blog dans l’article http://poggiolo.over-blog.fr/2015/05/la-corse-et-sorru-in-su-au-vatican.html

La carte d’Ajaccio présente plus de sept cents toponymes corses. Il serait intéressant de savoir si Poggiolo et Guagno-les-Bains, ainsi que les villages voisins, y sont mentionnés.

 

APPEL AUX PHOTOGRAPHES 

RÉSIDANT OU PASSANT À AJACCIO:

 

Un de nos lecteurs pourrait-il aller à la Maison Bonaparte et photographier la zone des Deux Sorru sur la carte de Hyacinthe de la Peigne? Il serait bon que Poggiolo et les Bains soient pris le plus près possible pour en avoir les détails.

Les photos sont à envoyer à l’adresse : larouman@gmail.com

 

Merci aux bonnes volontés.

 

HORAIRES

La maison Bonaparte est ouverte tous les jours sauf le lundi.


• 1 Octobre - 31 Mars: de 10h30 à 12h30 (dernière entrée à 12h00) et de 13h15 à 16h30 (dernière entrée 16h00)


• 1 Avril - 30 Septembre: de 10h30 à 12h30 (dernière entrée à 12h00) et de 13h15 à 18h00 (dernière entrée 17h30)

TARIFS:

-Plein tarif : 7 €


-Tarif réduit : 5 €

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 18:01

Le cadre des Journées du Patrimoine a été choisi par l’association Letia-Catena pour organiser une présentation du livre « Vico-Sagone. Regards sur une terre et des hommes » le 17 septembre.

La journée du patrimoine à Letia

Cet ouvrage connaît un très grand succès. Le comité de rédaction a tenu à répondre à quelques remarques qui ont été formulées sur son contenu, texte publié dans « Inseme » de septembre.

Une partie des collaborateurs du livre.

Une partie des collaborateurs du livre.

REGARDS SUR UN SUCCÈS COMPLET ...

 

Depuis sa sortie mi-juillet 2016, l'ouvrage collectif sur Vico-Sagone s'est littéralement arraché constituant pour son éditeur Alain Piazzola un de ses plus beaux succès éditoriaux de ces dernières années. L'ampleur du contenu, la qualité des textes et de l'édition ainsi que le prix attractif venant s'ajouter à l'intérêt déjà vif manifesté par les Vicolais pour leur patrimoine historique et culturel sont sans doute les raisons essentielles qui ont été à l'origine de ce véritable engouement populaire.

Le 14 août, pour la présentation officielle de l'ouvrage, la salle polyvalente de Vico était bondée d'un public attentif et passionné venu écouter les deux directeurs de la publication qui sont largement revenus, dans un exposé illustré, sur l'histoire du projet ainsi que sur l'ensemble du contenu du livre. 

L'affluence lors de la réunion du 14 août.
L'affluence lors de la réunion du 14 août.

L'affluence lors de la réunion du 14 août.

À ce jour, peu de critiques sur le fond ou la forme de l'ouvrage sont parvenues directement aux oreilles des auteurs ou du comité de rédaction. Évidemment, certains ne manqueront pas de relever des oublis ou des manques nécessairement inhérents à ce genre de monographie. D'autres trouveront que le tel ou le tel n'est pas cité. Pourtant, tout cela a bien été annoncé et redit plusieurs fois dans l'ouvrage par le comité de rédaction et par les auteurs qui n'ont jamais prétendu à l'exhaustivité complète.

Certains sujets n'ont pas été traités faute de sources suffisantes ou de documentation disponible, d'autres, faute de spécialistes compétents dans le domaine concerné, d'autres encore par un choix volontaire de la rédaction. C'est le cas par exemple de l'histoire des maires du XXème siècle et du bilan de leurs mandats respectifs. Un tel ouvrage n'est en effet pas destiné à faire le panégyrique de tel ou tel personnage politique et encore moins l'apologie de l'action politique de l'un ou de l'autre. Si revenir sur les oppositions violentes entre partitu et contrapartitu au temps de la Révolution française ne risquait pas de réalimenter de vieilles querelles ou d'ouvrir à nouveau des plaies encore vives, cela aurait pu être le cas avec les rivalités partisanes du XXème siècle. L'histoire ne manquera pas, en son temps, d'y revenir à moins que des auteurs qui en éprouvent le désir ne prennent la plume pour ajouter un nouveau chapitre à la belle histoire de notre commune. Voilà, s'il reste encore beaucoup à chercher et à découvrir, à dire et à écrire sur Vico-Sagone, Ie collectif des auteurs peut être fier du travail déjà accompli et tient à remercier le public pour l'avoir soutenu et pour avoir manifesté un tel engouement pour cet ouvrage.

Le comité de rédaction

 

Erratum: à la page 247, dans le chapitre intitulé «La paroisse Santa Maria Assunta», une erreur a été commise quant à l'identité de l'artisan qui a réalisé, en 2009, les portes extérieures de l'église actuelle. Il s'agit en réalité de Jean-Dominique Bassi, menuisier à Vico. L'auteur de l'article tenait à rectifier cette erreur malencontreuse et à présenter ses excuses à Monsieur Bassi. 

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 18:06

En cette période de rentrée scolaire, les parents espèrent que leurs enfants vont bien travailler et apprendre beaucoup de choses. Il est courant que, le soir, l’enfant ait droit à cette question: «Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui ?». Le chanteur Graeme ALLWRIGHT en avait fait le thème d’une chanson : «Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, mon fils ?» (voir la vidéo en dessous de cet article).. 

 

Si cette question avait été posée à Marie, voici plus d’un siècle, la réponse nous aurait été fournie de façon très concrète, sous la forme de cette splendide broderie dont la photo a été envoyée par Philippe PRINCE que nous remercions vivement.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, Marie ?

Le 30 mai 1904, vers la fin de l’année scolaire, Marie DEMARTINI avait inscrit à l’aiguille toutes les lettres de l’alphabet, avec trois écritures différentes, et les dix chiffres. Le canevas était décoré avec des fleurs, un bateau et un oiseau, en utilisant des fils de couleurs différentes. On peut imaginer que le nombre d’heures nécessaires pour réaliser ce chef-d’œuvre fut considérable.

 

Le plus extraordinaire pour nous qui sommes au XXIème siècle est que cet ouvrage a été réalisé dans le cadre scolaire. D’ailleurs, il est bien signé «Demartini Marie élève de l’école de Poggiolo». Les programmes scolaires de 1882 avaient prévu des cours de couture pour les filles (cours qui restèrent en place jusque dans les années 1960) alors que les garçons avaient droit aux exercices militaires. Marie a montré ainsi qu’elle avait bien appris à l’école.

 

Egalement étonnant est l’âge de cette élève quand elle réalisa ce travail: Marie avait alors onze ans et demi ! Elle était née à Poggiolo le 9 octobre 1892.  La fin de l’obligation scolaire étant alors fixée à treize ans, elle était bien toujours écolière.

 

Elle se nommait exactement Marie Dominique DEMARTINI. Elle est présente sur la photo des écoliers de Poggiolo en 1900 déjà publiée ici le 9 septembre 2010 sous le titre: La cent dixième rentrée scolaire.

Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, Marie ?

Marie est dans la rangée du fond, la sixième à partir de la gauche.

Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, Marie ?

Elle était la fille de François Antoine DEMARTINI et de son épouse Marie Graziosa née DESANTI. Elle se maria le 29 avril 1921 avec Félix Antoine DESANTI, ce qui lui valut le surnom de «Marie de Félix-Antoine» qu’elle garda jusqu’à son décès le 25 juin 1979. Le couple habitait au village près de l’actuelle mairie, dans ce qui est devenu la maison DESANTI-PELÉ.

 

La photo suivante de "Marie de Félix-Antoine" est une copie d’image d’un film de vacances tourné le 15 août 1965. On voudra donc en excuser la mauvaise qualité mais elle ravivera des souvenirs chez ceux qui fréquentaient Poggiolo à cette époque.

Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, Marie ?

Merci Marie d’avoir montré ce que tu avais appris à l’école de Poggiolo !

 

Une suggestion: cette broderie n’est pas la seule à avoir été réalisée autrefois. Certaines familles n’en auraient-elles pas dans leurs malles de grenier ? Il serait sympathique de pouvoir les faire connaître.

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Encore une fois, tous nos remerciements à Pierre LECCIA dont les recherches publiées sur Geneanet permettent de retrouver facilement les identités et les liens familiaux des Poggiolais d’autrefois.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 18:00

« Vico Sagone. Regards sur une terre et des hommes » est le grand succès de cet été. Cet ouvrage, qui est riche de renseignements complets et souvent inédits sur l’histoire et le patrimoine de ces deux cités, est d’accès facile grâce à sa présentation en nombreux chapitres écrits par les dix-huit collaborateurs. Il est également d’un prix modeste par rapport à son nombre de pages.

« Corse-Matin » a publié le 24 août un entretien avec Jean-Louis Arrighi, un des coordinateurs du projet.

Une nouvelle présentation du livre aura lieu à Letia le 17 septembre.

Le succès du livre sur Vico
Le succès du livre sur Vico
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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 17:55

L’article précédent a montré que les transports automobiles entre Ajaccio et Vico ont commencé tôt. Mais qu’en fut-il des relations avec le haut-canton ?

Un témoignage important a été publié en avril 2005 dans le bulletin inter-paroissial «Inseme». François Ottavi, de Soccia, y racontait comment sa famille a assuré les transports en commun de Sorru in Sù pendant des dizaines d’années.

«A partir de l'année 1902, mon arrière-grand-père, Simon Ottavi (1853-1950), quitte ses brebis et ses chèvres pour assurer le service postal et voyageurs de Soccia à Vico.

Son fils, mon grand-père Jean Toussaint Ottavi (1882-1960), dit "Tramuntero", après avoir assuré un service de "carri", c'est-à-dire avoir effectué le transport de marchandises avec des camions à traction animale, acheta sa première voiture à moteur en 1927. Il avait appris à conduire à l'armée, mais, pour se refaire la main, il engagea initialement un jeune chauffeur de Murzu, Migaellu Astolfi.

Mon grand-père, épaulé par ses fils Simon, Dominique-Antoine et Ange, assura un transport quotidien Soccia-Ajaccio et une liaison régulière Soccia-Vico. A cette époque, vu l'état des routes, des matériels, mais aussi les aléas: crevaisons multiples où il fallait réparer soi-même, nombreux bars et pas de contrôle d'alcoolémie! le temps du trajet était pour le moins variable ...

Après la guerre, à la fin des années quarante, c'est mon père Dominique-Antoine (1912-1996) qui assura ce service public jusqu'au début des années 80. C'est lui qui, le premier, a imposé des horaires précis et réguliers: départ de Soccia longtemps à 5 heures 30, puis à 6 heures, départ d'Ajaccio à 16 heures. Mon oncle, Toussaint Antonini, beau-frère et associé de mon père, a, durant les trente dernières années, tous les jours sauf le dimanche conduit le car qui effectuait la liaison Soccia-Ajaccio-Soccia. Il a ainsi effectué plus d’un million 400.000 km sur des routes que chacun a connues... pittoresques mais, oh combien!, tortueuses.»

 

Voici le véhicule qui était utilisé dans les années de l’immédiat après-guerre, photographié devant l’établissement de Guagno-les-Bains.

Les autocars d’antan (2/2)

La photo suivante montre ce car au même endroit en août 1950. Entre lui et, au premier plan, Guy et Jean-Marc TRAMINI, il est possible de se rendre compte que la chaussée était constituée d’une sorte de macadam empierré.

Les autocars d’antan (2/2)

L’état de la route est un peu plus visible sur cette photo où Guy, seul, est assis à l’emplacement actuel de l’entrée de l’ex-Hôtel des Thermes.

Les autocars d’antan (2/2)

Le revêtement en goudron fut posé en 1952.

Dans les années 1960, le car de Dominique-Antoine fut célèbre par sa longévité. Chaque fin de journée, l’été, un petit public attendait au bord de la route aux arrêts des Bains, de Poggiolo ou de Soccia afin de guetter qui venait du Continent pour passer ses vacances. Il était très pratique pour les jeunes qui avaient pu se rendre à la plage de Sagone en auto-stop et qui guettaient son passage au Grand Large ou au Santana pour remonter au village pour un prix modique. Et oui, la voiture automobile était une denrée rare !

Les autocars d’antan (2/2)

Maintenant, aucune ligne régulière ne joint Sorru in Sù au reste du monde. Seuls, les autocars Roger Ceccaldi passent quotidiennement par Vico pour se diriger vers Renno, Cristinacce, Evisa et Marignana.

Photo prise à Vico le 10 août 2016.

Photo prise à Vico le 10 août 2016.

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona).

 

Lundi 13 juillet:

Grand bal au Belvédère.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival 

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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