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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 18:00

L'arrêté municipal de 1884 qui refusait, en raison de l'épidémie de choléra, l'admission d'habitants de Saint André d'Orcino à Guagno-les-Bains (voir Poggiolo dit "stop" à l'épidémie), pourrait faire croire à l'égoïsme des Poggiolais. Mais, en l'occurrence, il s'agissait d'une précaution pour éviter la contagion.

A la même époque, le village de Poggiolo aidait les pauvres, les indigents d'Orto. En fait foi la lettre suivante écrite par le maire de cette commune au Préfet de la Corse en 1882.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Monsieur le Préfet,

Une somme de 40 fr ayant été allouée à M. Antonini médecin de Poggiolo pendant l'année 1882, pour que les indigents de la Commune d'Orto puissent profiter de la gratuité de la médecine, j'ai l'honneur de vous prier de faire parvenir au dit médecin les médicaments nécessaires aux indigents et que la bienveillance du gouvernement accorde généralement à ceux qui sont dans le besoin.
Daignez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma très haute considération et l'hommage de mon profond respect.
Le Maire d'Orto
Battesti

En 1882, les pauvres ortigais pouvaient être soignés gratuitement mais il fallait attendre que les remèdes soient envoyés par Ajaccio. Quelques années plus tard, la loi du 15 juillet 1893 instituera l’assistance médicale gratuite.

Un autre renseignement important: cette lette nous apprend qu'il existait alors un médecin résidant à Poggiolo. Mais c'était il y a très longtemps !

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Une autre forme d'aide médicale, mais cette fois résultant d'une initiative personnelle, a existé à la même époque, pas très loin, en Cinarca, dans la même localité de Saint André d'Orcino exclue des bienfaits des eaux de Guagno-les-Bains.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Par ce document publié en 1899, Martin SUSINI, médecin généraliste habitant à  Saint Andrea d'Orcino, annonçait aux habitants de cette commune et des villages voisins qu'ils pouvaient bénéficier, gratuitement ou non selon leurs ressources, pendant deux mois de l'année, de soins de la part d'un ancien "chirurgien chef-interne des hôpitaux de Marseille".

Ce chirurgien était son frère Etienne SUSINI, dont il a été question dans l'article "Pas de vacances pour la propagande" (publié sur ce blog le 1er septembre 2014). Fervent militant socialiste, il parla dans une réunion pomitique organisée en 1906 à Guagno-les-Bains. Pour lui, son dévouement aux autres alliait à la fois son savoir médical et sa foi politique. En tout cas, les habitants de ces villages éloignés d'Ajaccio purent en bénéficier. 

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Merci à André OLIVIERI pour nous avoir fourni ce document sur son arrière-grand-oncle.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:00

Depuis l'an dernier, le développement du virus Ebola a été suivi avec inquiétude par toutes les instances sanitaires et gouvernementales du monde. L'Europe et l'Amérique du Nord ont craint d'être victimes de cette épidémie après l'Afrique de l'Ouest.

Mais rassurez-vous: pour que la population poggiolaise ne soit pas contaminée, la municipalité a pris des mesures radicales.

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A vrai dire, ces mesures ont été décidées en 1884 et concernaient le choléra.

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Dans les siècles passés, les maladies comme la peste ou le choléra firent des ravages. La dernière épidémie de choléra en France eut lieu en 1884. Elle débuta le 13 juin de cette année et aurait été provoquée par l’arrivée dans le port de Toulon d’un bateau venant du Tonkin. Le premier cas marseillais fut déclaré le 25 juin.

Entre juin et octobre, la maladie fit 1777 décès dans la ville de Toulon et 1793 à Marseille. L’épidémie resurgit avec l’été 1885 et fit alors 1259 nouveaux décès dans la population marseillaise.

L’effroi des populations fut grand. Des Toulonnais et des Marseillais s’enfuirent de leurs agglomérations.

A Marseille, la quarantaine fut organisée. Les marins et voyageurs arrivant au port devaient rester au lazaret le temps d'être certain qu'ils n'apportaient pas la maladie. Il n'était possible de leur parler que derrière une double rangée de grilles.

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

La Corse fut touchée au bout de quelques jours. Dans l’île, 6 communes furent atteintes. Il y eut 4 morts en juillet, 16 en août et 6 en septembre. Près de Poggiolo, Saint André d’Orcino fut victime de l’épidémie. Il en fut même question en Suisse, dans la « Feuille d’avis de Neuchâtel » du jeudi 28 août 1884:)

L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia depuis le 22 août.

 

Cette proximité incita la mairie de Poggiolo à prendre des mesures rigoureuses. Le maire Jules Martin DESANTI signa, trois jours après cet article de presse, le 31 août 1884, l’arrêté suivant :

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

En voici le contenu exact :

Nous, Maire de la Commune de Poggiolo :
Attendu qu’il s’est déjà produit quelques cas de cholera dans la commune de Saint-André d’Orcino et qu’ainsi on ne peut plus permettre sans danger l’accès de Guagno (les Bains), aux habitants de ce village contaminé .
Considérant que cette mesure est de toute utilité,
Arrêtons
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Tous les baigneurs et amateurs venus de la commune de St André d’Orcino à Guagno-les Bains, soit en villégiature soit pour y prendre les eaux, sont priés de quitter le territoire à partir du 1er septembre prochain. Le Maire de Poggiolo est persuadé que les habitants de St André d’Orcino qui se trouvent actuellement aux Bains ou qui pourraient s’y rendre ne le forceront pas à prendre contre eux des mesures de rigueur et qu’ainsi ils se conformeront au présent arrêté.
Il est également défendu aux propriétaires des maisons de recevoir chez eux aucun individu venant de la susdite commune de St André d’Orcino, sans encourir les peines édictées par la loi.
Fait à Poggiolo le 31 août 1884.
Le Maire
Desanti

 

Ce document prouve que la station thermale de Guagno-les-Bains  attirait alors suffisamment de curistes des villages corses pour craindre qu’ils répandent la contagion.

Ce refus d’accueil de non-Poggiolais joua-t-il un rôle important dans le reflux du choléra ?

Toujours est-il que la Corse ne connut que 6 décès de cholériques en septembre et plus rien après. Et les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains furent préservés.

Au total, cette épidémie porta sur 30 départements, surtout dans le Sud, atteignit 477 communes et donna lieu à 7.820 décès dans l’ensemble de la France. Elle continua jusqu’en janvier 1885 en Algérie, où elle provoqua 890 décès. Ces chiffres sont extraits du « Journal de la Société Statistique de Paris » (tome 26,1885) p. 459 http://www.numdam.org/numdam-bin/browse?id=JSFS_1885__26_

 

Nota : Jules Martin DESANTI, auteur de l’arrêté, est né le 20 mars 1831 à Poggiolo, et décéda le 2 janvier 1910 à Soccia. Il fut maire de Poggiolo de 1880 à 1888.

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:56

La demande de photo publiée dans l'article précédent (A la recherche du violoneux) a pu intriguer certains qui n'avaient jamais entendu parler de Martitinu. Toutes les générations ont eu, malgré la dureté du travail, le besoin de s'amuser. Au XIXème et au début du XXème siècle, le violon était l'instrument par excellence de toutes les fêtes.

Dans les villages de Sorru in Sù, Martitinu (qui s'écrit aussi Martinchjinu) eut une grande célébrité ainsi que, avant lui, Cumandante. Ces deux représentants de la culture populaire ont été évoqués dans un article ( de Xavier Paoli?) paru dans "L'info U Pighjolu" de juillet 2007. 

"Evoquons, pour leur rendre hommage, deux de ces modestes artistes qui faisaient danser nos arrière-grands-parents.

Tout d'abord, chronologiquement, Ghjuvan Battistu BATTESTI, natif d'Ortu mais ayant fait souche à U Pighjolu par le mariage. Grand escogriffe, doté de plusieurs surnoms dont un lui allait comme un gant ("Cicala") et un autre ("Cumandante") dont on pouvait se demander où il en avait gagné les galons, lui qui n'avait jamais pratiquement quitté son île. Il était en réalité maçon et sonneur de cloches (aux appointements de 50 francs par an en 1881). Mais il ajoutait à ces multiples et variées occupations un vrai talent de musicien, apprécié dans tout le canton et même au-delà.

Versificateur hors pair, il était très sollicité dans toute la région pour les festivités du carnaval. Mêlant musique et couplets entraînants, l'archet frénétique, le quatrain moqueur à la bouche, il menait la sarabande carnavalesque avec un entrain jamais démenti. Peut-être là est l'origine de son surnom de «Cumandante» (… di Carnavà, disaient les mauvaises langues).

C'est probablement à son école que Ghjuvan Martinu PINELLI (Martinchjinu), né en 1878 à U Pighjolu, semble avoir fait son apprentissage de violoneux. Vigneron, cordonnier, il tenait aussi le Café du village où il vendait le vin et l'eau-de-vie de sa production.

"Cumandante" se faisant vieux, il avait succédé à celui-ci dans le rôle d'animateur de festivités. Alors qu'il ne jouait plus depuis longtemps, les plus âgés d'entre nous ont pu l'entendre peu de temps avant sa mort en 1950, animer une soirée impromptue où plusieurs couples retrouvant leurs jambes de vingt ans, nous offrirent le témoignage d'une civilisation à jamais disparue." 

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 12:12

Stefanu PINELLI est à la recherche des photos de son arrière-grand-père Martin PINELLI (Martitinu) avec son violon.

Quelqu'un pourrait-il l'aider?
 

A la recherche du violoneux

U VIOLINU
L’instrument principal du bal fut très souvent le violon, même si l’on a le témoignage d’utilisation de cetari (cistres), instruments destinés d’avantage aux gens aisés. Ceux qui ne pouvaient s’offrir un violon fabriquaient un instrument à vent muni d’une anche, la cialamedda, appelée viulinu di i scalzi (violon des pauvres).
Le violon, tout comme la guitare ou l’accordéon, n’est pas un instrument typiquement corse. Il fut cependant certainement introduit dans l’île assez tôt et fut associé au répertoire traditionnel corse par les possibilités qu’il laisse à l’instrumentiste d’accompagner les chanteurs qui passent d’un mode à l’autre, majeur ou mineur, sans se poser de questions. Ici, le fait de ne pas avoir de frettes sur le manche devient un avantage certain. C’est ainsi que longtemps, on n’imagina pas un sirinatu, une danse voire une improvisation sans un violon.
Une étude de la technique ancestrale des anciens sunadori nous porte à croire que le violon remplaça en Corse le rebec ou l’un de ses cousins. Il n’était pas rare et même naturel de jouer deux ou trois cordes en même temps, produisant des accords puissants et forçant la résonnance car il s’agissait d’être entendu en extérieur.
Certains violoneux adoptaient des accords qui aujourd’hui peuvent déranger des oreilles peu habituées à la chose (accords de quinte), ou adoptaient un bourdon continu aigu ou grave selon la note jouée. On retrouve ce jeu dans d’autres campagnes de ce monde.
Peu à peu, les violoneux corses, comme les autres, ont adoptés une technique empruntée à la musique classique et plus à la mode. C’était le temps des valses viennoises. La technique ancestrale faillit disparaître des mémoires villageoises et l’on ne doit sa sauvegarde qu’à l’action de quelques musiciens et collecteurs, célèbres ou inconnus.

"21 pièces pour découvrir la musique corse traditionnelle" CRDP de Corse (2011)

A la recherche du violoneux
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 06:50
Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Toutes nos condoléances à l'épouse, aux enfants et à toute la famille de Jean GAFFORY.

Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Jean GAFFORY, né en 1925, était une personnalité très connue dans nos villages, d'abord en tant que directeur de la Caisse d'assurance-maladie, puis par ses mandats électifs.

Il fut maire de Guagno pendant 43 ans, de 1965 à 2008. Il devint conseiller général du canton de Soccia en 1968, à la mort du maire de Poggiolo Martin PAOLI. Il garda cette fonction jusqu'en 1973, quand la réforme cantonale fit fusionner ce canton avec celui de Vico pour créer les Deux-Sorru.

Homme de conviction (il fut radical de gauche et il parraina la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle de 2002), il était toujours proche des gens et prêt à aider chacun. En 2008, le conseil municipal de Guagno lui avait attribué le titre de maire honoraire. 

Nous vous proposons deux vidéos qui évoquent les deux grands moments de sa carrière:

- l'élection à la mairie de Guagno en 1965 (montage de Marthe POLI)

- l'élection cantonale de 1968 (film de Michel FRANCESCHETTI)

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 14:01

La série "Fora di Strada" est diffusée sur France 3 Corse Via Stella. Cette série documentaire va par les chemins de traverse à la découverte du patrimoine naturel de la Corse en suivant Paul et Karine. Comme l'écrit le site de Via Stella, "Au fil de leurs pas, le long des sentiers de l’île, la Corse d’hier et d’aujourd’hui se raconte, avec ses figures légendaires, ses histoires et ses romances, ses savoir-faire et ses traditions, ses croyances et ses fables…".

L'épisode qui vient d'être diffusé le 24 janvier (et rediffusé le 26) a été tourné par Jean-Michel Martinetti, le réalisateur, cet été sur les bords du lac de Creno.

Il est intitulé "Découverte du lac de Satan", reprenant l'expression utilisée dans l'article paru dans ce blog (voir "Les légendes de chez nous (1/7): Le lac de Satan").

Les deux randonneurs sont au milieu des pins laricios et Paul POLI, qui est guide de moyenne montagne et spécialiste en environnement, explique les particularités de ces arbres et le rôle économique de leur exploitation d'antan. Mais la forêt est aussi un endroit mystérieux, comme l'atteste la présence de la fourche du Diable.

Le Diable, sa jument, sa fourche et son lac

Cette identification avec une fourche n'est pas celle des randonneurs qui connaissent bien cet arbre, servant de balise pour un sentier particulier, et qu'ils identifient plutôt à une lyre.

Karine et Paul évoquent la légende de la jument de Satan racontée dans l'article "Les légendes de chez nous (5/7): les trois tours du Tretorre", puis celle de l'exorcisme du lac de Creno. 

Un regret est le manque de localisation géographique dans cette émission. Guagno est, à propos de la légende de la jument, le seul village cité. Il n'est pas dit que le sommet fendu par les sabots de la jument est le Tretorre. Les deux protagonistes utilisent le terme de "cette région" sans préciser quelle partie de la Corse est concernée. Le guide commet même l'erreur de dire à un moment: "dans la région? Ici? Dans le Cruzzinu?".

Mais laissons de côté ces petits défauts pour admirer les belles images du lac, de ses mousses et de ses nénuphars. On apprend que les graines concassées de ces plantes aquatiques auraient servi à produire des substances hallucinogènes, ce qui permet à Paul d'évoquer le tabac corse qui était autrefois cultivé dans les villages, même à Poggiolo. Rien n'est dit sur les droseras, ces fameuses plantes carnivores de Crenu, et c'est dommage.

Au total, une demi-heure agréable à suivre, un bon moment de fraîcheur.

Les autres reportages de cette série peuvent être regardés le samedi à 17h55 sur France 3 Via Stella et en se connectant au site suivant:

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 17:59

Dimanche 1er février, vous êtes invités

à la TUMBERA de RENNU.

Mangez du cochon dimanche à Rennu

Cette foire traditionnelle se déroule chaque premier week-end de février au Col Saint-Roch et a pour thème le porc et ses différentes préparations dans la cuisine corse. La Tumbera s'inscrit dans une démarche d'accompagnement des producteurs et des socio-professionnels pour l'obtention d'une AOC charcuterie corse

La « Tumbera di Rennu » a été créée en 1986 pour promouvoir et transmettre le savoir-faire traditionnel de qualité. Depuis 28 ans, elle célèbre, pendant la période idéale d’abattage, les vertus gustatives du fameux figatellu. Roi de la fête : le cochon. Même s’il ne finit plus ses jours sur le champ de foire, réglementation européenne oblige, il est ici, vendu et consommé sous toutes ses formes.

Elle est chaque année le lieu de rencontre des éleveurs qui viennent parler de leurs problèmes et des progrès.

« Tradition ancestrale, la Tumbera (tuaison du cochon) se perpétue encore de nos jours dans la majorité des villages corses. Jadis, la viande et la graisse du cochon se consommaient toute l’année dans les familles, sous forme de prisuttu (jambon), figatelli (saucisse), ou autre sangui (boudin). La Tumbera donnait aux villageois, l’occasion de se retrouver autour de la confection du boudin par exemple, tâche confiée aux femmes du village. » (CTC)

Contact : Comité de Foire A Tumbera  Mairie – 20160 Renno  

Tel : 04.95.26.65.35  Fax : 04.95.26.63.42

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 17:55

François COLONNA, Maire de Vico Sagone, Conseiller Général du Canton des Deux Sorru, Président de la Communauté de Commune du Liamone, adresse ses vœux aux habitants du canton pour l'année 2015.

Les vœux du conseiller général

Un pays, un territoire, c’est un être vivant. L’expérience et la raison sont bien sûr les meilleures conseillères pour orienter sa vie et son devenir. Mais il se trouve aussi que parfois les grandes souffrances ressenties, qu’elles soient individuelles ou collectives, appellent à la réflexion.

Vingt jours après l’horreur et la formidable réaction de notre pays le désarroi est toujours là. Mais il faudra, l’émoi passé, au-delà des indispensables mesures de protection et de prévention, s’atteler au fait que nos jeunes, tous nos jeunes, retrouvent un avenir dans notre société, sur notre territoire, et la possibilité d’y construire leur vie.

La Laïcité, le Civisme, la Tolérance, la Responsabilité, la Proximité, l’Ecoute, et la Solidarité doivent être plus que jamais des valeurs modernes. C’est grâce au maintien de ces valeurs, de ces fondements de notre histoire, que nous serons plus que jamais vivants.

Montrer que nous sommes vivants, c’est pour moi continuer à m’investir. A mes cotés, l’Equipe Municipale, les Conseils Communautaires, et le Conseil Général se sont beaucoup investis dans les missions qui leur étaient dévolues. Qu’ils en soient ici publiquement remerciés.

Que soient aussi remerciés les acteurs de nos services publics. Qu’ils soient municipaux, intercommunaux, qu’ils soient gendarmes, enseignants, salariés de la maison de retraite, du Fam, pompiers, facteurs, cadres et agents du conseil général et de l’Etat, du Trésor Public et des diverses institutions qui agissent sur notre territoire.

Merci à nos professionnels de santé, médecins, pharmaciens, infirmières, kiné dont la présence ici nous est indispensable.

Merci à notre clergé dont la tâche est essentielle auprès de la population.

Mesdames et Messieurs les commerçants, artisans, chefs d’entreprise, agriculteurs, merci à vous également de vos investissements personnels et professionnels dans notre commune.

Merci enfin au monde associatif sans qui les manifestations culturelles, sportives et festives ne seraient pas ce qu’elles sont.

Merci à vous tous de partager avec nous l’espérance et la foi d’un monde meilleur où les possibilités de développement et d’attractivité seront enfin données au monde rural, acteur essentiel au sein d’un territoire plus équilibré et plus solidaire.

La vie doit gagner, cette vie incarnée ici par toutes les énergies positives qui œuvrent sur notre territoire.

C’est donc la vie que je vous engage à célébrer.

Winston Churchill disait « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité; un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté ». Je suis pour ma part très optimiste pour cette année à venir car dans ces périodes difficiles nous allons trouver la force d’avancer et d'aller encore plus loin.

Pace è Salute à tutte è à tutti chi l’annu 2015 sia più dolce è più felice.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:00

Les électeurs ajacciens doivent retourner aux urnes le 25 janvier à la suite de l'annulation des élections municipales pour manœuvres frauduleuses. Le tribunal administratif s'est basé sur le grand nombre de procurations délivrées, surtout entre les deux tours, et dont beaucoup comportaient des erreurs troublantes.

 

Dans tout système électoral, les fraudes ont toujours existé  et la Corse a souvent été moquée pour en avoir connu de toutes les sortes.

Autrefois, les tentatives de manipulation étaient peut-être plus grossières. Ainsi, voici un siècle, Vico a connu un cas particulier: le sabotage à l'huile.

L'affaire est racontée dans le quotidien "La Croix" du 5 mai 1914. 

Sabotage à Vico

Il s'agissait, dans le cadre des élections législatives qui se déroulèrent dans toute la France le 26 avril 1914, de désigner le député d'Ajaccio.

Le complot échoua puisque la commission de recensement des votes accepta les "plus de 150 bulletins" tachés. De toute façon, s'ils n'avaient pas été pris en compte, le résultat final aurait été le même: le député sortant Dominique PUGLIESI-CONTI fut réélu dès le premier tour avec 79% des voix de la circonscription.

La carrière de ce député-maire d'Ajaccio et son combat électoral de 1914 ont été racontés dans l'article "Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise", publié le 22 mai 2014.

"L'originalité" de Poggiolo résidait qu'il fut le seul village des Deux Sorru à avoir donné son meilleur score au candidat socialiste et non pas à PUGLIESI-CONTI. Si nos lecteurs s'en souviennent, un chiffre pouvait intriguer dans le tableau de chiffres alors publié.

Sabotage à Vico

Il est noté que 172 bulletins avaient été déclarés nuls à Vico. Ce sont bien les "plus de 150 bulletins" tachés. Mais ce tableau est paru dans le journal "Avanti" du 2 mai 1914. La commission n'avait pas encore pris la décision de compter ces enveloppes, décision qui est rapportée par "La Croix" du 5 mai.

Le désir de frauder pousse à faire preuve d'une forte ingéniosité. Mais, dans le cas de Vico en 1914, ce fut un coup pour rien.

Nous souhaitons aux électeurs d'Ajaccio un scrutin limpide et sans huile.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 18:09

Le centenaire du début de la première guerre mondiale a permis aux médias de s'étaler largement sur le grand nombre de morts, sur l'énergie des soldats, sur les combats sanglants, etc., etc..

Mais, si de nombreux villages perdirent alors leurs jeunes, ce ne fut pas seulement parce qu'ils périrent sous l'uniforme. 

 

UN CANTON PARTICULIÈREMENT SAIGNÉ

De nombreuses publications ont montré l'importance de "l'impôt du sang" versé par la Corse pendant la Grande Guerre.

Si l'on compte que, sur 40.000 mobilisés et 2.500 engagés volontaires, il y eut près de 11.000 morts, la proportion par rapport aux mobilisés atteint près d'un quart, contre 16,5% pour l'ensemble du pays.

On peut aussi rapporter le nombre de tués à la population totale. Le pourcentage est de 3,5% pour l'ensemble de la France. La Corse, quant à elle, déplora la disparition de 3,9% de ses habitants.

Sur la carte suivante, extraite de de "50 DOCUMENTS POUR UNE HISTOIRE DE LA CORSE", publication du CRDP de Corse, 50 cantons ont une moyenne de disparus supérieure à 3%. Mais les deux taches rouges correspondent aux cantons de SOCCIA et de Vezzano qui furent les seuls à dépasser les 6% de morts par rapport à la population totale.

 

Pourquoi les soldats ne sont-ils pas revenus?

Pourquoi ce triste record? Ce serait à étudier attentivement. Il est certain que, ainsi saignées, les communes de Sorru in Sù pouvaient difficilement se relever.

Mais ce ne fut pas tout.

LE NON-RETOUR DES SURVIVANTS

lDes lecteurs ont pu être surpris, en lisant l'article "Ceux qui en sont revenus", d'apprendre que Jean-Antoine FRANCESCHETTI, après sa démobilisation et son mariage, au lieu de s'installer à Poggiolo, alla travailler à Marseille pendant plus d'un tiers de siècle. Grâce à son grand-oncle, le curé Philippe Antoine FRANCESCHETTI (1840-1924), il avait pu suivre à Ajaccio des études un peu plus approfondies que les jeunes du village. Il pu ainsi avoir plus facilement un emploi dans l'administration municipale marseillaise. Dès juillet 1921, Jean-Antoine habita au 7 rue Méolan, près de la Canebière, puis, à partir de 1935, au 25 rue docteur Jean Sicard (actuelle rue Marx Dormoy). Il ne revint s'installer à Poggiolo qu'à sa retraite.

Son cas ne fut pas isolé. Quel que fut leur niveau d'instruction, de nombreux jeunes Corses, après avoir quitté l'uniforme, ne revinrent pas au pays.

Paul SILVANI avait décrit ce phénomène dans le quotidien "Le Monde" du 7 novembre 1998:

"Une grande partie des survivants ne regagneront pas leur ville ou leur village: ils ont pour la plupart gagné des galons et préféré rester dans l'armée ou entrer dans la gendarmerie, les douanes, la police, l'administration coloniale ou pénitentiaire.(...)

Ainsi tous ces Corses tournent-ils le dos à l'économie agro-pastorale de subsistance de l'avant-guerre, c'est-à-dire une vie rude, difficile et sans avenir. La découverte d'un monde nouveau et des perspectives qu'il ouvre à tous ces jeunes gens qui, sans la guerre, n'auraient probablement jamais franchi la mer en masse (...) augure à la fois de carrières prometteuses et du déclin de l'économie des vallées de l'intérieur. (...)

Les conscrits sont très nombreux à ne pas regagner leur île, où il n'y a pas de travail, à la fin de leur temps: 100% EN 1921 POUR LE CANTON DE SOCCIA, 50% dans ceux de Lama et Castifao. (...)

 La guerre de 14-18 constitue ainsi une étape décisive dans le processus de désertification rurale."

 

Notre concitoyen Xavier PAOLI l'a écrit pour Poggiolo dans son "Histoire abrégée du village avant 1914" que l'on peut consulter dans la rubrique "Pour nous connaître" de ce blog: 

"cet harmonieux équilibre entre la nature et l'homme, lentement et patiemment élaboré au cours des siècles, sera brutalement détruit en 1914.
Plus rien n'arrêtera alors la chute inexorable vers ce que nous connaissons actuellement."

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

Vacances de Pâques: du samedi 18 avril midi jusqu'au mardi 2 mai matin.

Début des vacances d'été: samedi 8 juillet midi.

Fête de saint Roch: mercredi 16 août.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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