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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 18:00

Les Deux Sorru paraissent au bout du monde, ou au moins au bout de la Corse, car la route qui permet d'y arriver est une impasse. Pourtant, il exista un projet pour raccorder le haut-canton à Corte. Noël KRUSLIN l'a rappelé par un article paru dans "Corse-Matin" samedi 27 octobre sous le titre:

La route oubliée de la Corse profonde

 

À la fin du XIXe siècle, elle devait devenir un axe de franchissement de la dorsale montagneuse entre le Centre et les Deux-Sorru. Mais le projet s'est arrêté quelques kilomètres après Guagnu. Un village où le rêve est passé. 

I Dui Sorru, niché entre le littoral sud-occidental et le versant ouest du massif. Sans doute l'un des territoires les plus enclavés de Corse.

Il faut en effet s'enfoncer d'une bonne trentaine de kilomètres vers l'intérieur après avoir tourné le dos à la plage de Sagone, franchir deux cols, accumuler les toboggans et les innombrables virages jusqu'à se rendre compte que le réseau routier, à l'Est, ne conduit qu'à des culs-de-sac. Les populations résidentes, elles, sont depuis longtemps rompues au relief tourmenté de cet espace boisé.

Les touristes, eux, considèrent que l'attrait montagnard en vaut la peine. Dans les Deux-Sorru, l'enclavement géographique aurait pourtant bien pu appartenir à l'Histoire.

Celui qui arrive à Guagnu, Soccia ou Ortu en provenance du Centre-Corse s'entend, aujourd'hui encore, très souvent poser la même question : "Tu es passé par Ajaccio ou par Verghju ? Ah si la route du Manganellu avait pu se faire, ça t'aurait pris une petite heure depuis Corte !"

Paul-Joseph Colonna, sur le tronçon réalisé pendant le mandat de Jean-Antoine Gaffory, son prédécesseur à la mairie de Guagnu. Cinquante ans après, un vieux projet relancé. En vain.  PHOTO N. K.

Paul-Joseph Colonna, sur le tronçon réalisé pendant le mandat de Jean-Antoine Gaffory, son prédécesseur à la mairie de Guagnu. Cinquante ans après, un vieux projet relancé. En vain. PHOTO N. K.

Le fruit des liens historiques avec le Cortenais

Le projet a en effet existé. Le village de Guagnu en a été, en d'autres temps, la base avancée.

" Premier coup de pioche en 1888. " Paul-Joseph Colonna, maire depuis 2008, n'a aucune hésitation.

Cette date aurait pu bouleverser le destin de sa commune, mais l'asphalte aujourd'hui abîmé par le temps s'est arrêté au bout de 4 km sur son tracé vers Bocca Manganellu. "L'ouverture sur Corte, c'est un vieux rêve...".

Un rêve, certes, mais d'abord une aspiration naturelle pour les Guagnais. La grande dorsale montagneuse est une imposante barrière, mais le lac de Melu, perle du Cortenais, est là, derrière la crête, comme Canaglia et Tattone, hameaux de Vivario. Laurent Angelini a toujours regardé là-haut, au petit matin, pour savoir si le temps était au beau ou au gris.

"Je me tourne toujours vers Bocca Soglia, jamais vers le Tretorre", précise-t-il. Mais le lien entre Guagnu et le centre de l'île va bien au-delà, autant conforté par la géographie que par l'Histoire.

"Historiquement, nous avons toujours été très proches du Cortenais, raconte Paul-Joseph Colonna. D'abord du Venacais où s'étendait l'activité de nos éleveurs. Guagnu a toujours appartenu à "A terra di u cumunu", à l'aventure paoliste. On raconte d'ailleurs que Circinellu, notre personnage emblématique et historique, avait franchi Bocca Manganellu avec tout le village pour aller voir ce qui se passait à Ponte-Novu." 

Et Paul-Joseph Colonna de conclure son chapitre historique sur un volet électoral tout aussi significatif.  "Pendant un siècle, Guagnu a voté Giacobbi."

(note de la rédaction du blog: Vivario et Venaco forment le fief électoral de la famille Giacobbi qui a eu un rôle considérable dans la vie politique corse pendant des générations, mais elle n'a pas toujours été favorable à ce projet de route).

 

Vers la Restonica, le pont du Vecchju ou Canaglia

Au village, les lignées familiales sont souvent le fruit du quotidien d'antan, celui d'un village frontalier de la Haute-Corse, d'une vie rythmée par les allées et venues des troupeaux. Fille de Laurent, l'élue de la majorité territoriale Vannina Angelini-Buresi sait précisément où sont ses racines.

"Mon arrière-grand-père était un Angelini de Vivario marié à une Mattei de Guagnu."

Un exemple parmi tant d'autres, révélateurs d'un lien qui justifia, en d'autres temps, une voie de communication plus confortable que les chemins pédestres et muletiers.

"À la fin du XIXe siècle, trois options ont été étudiées à partir de Guagnu, raconte Paul-Joseph Colonna. Pour rejoindre la Restonica, le pont du Vecchju ou Canaglia. Outre les destinations, l'option d'un tunnel a été sérieusement envisagée, sachant que l'objectif était clairement de franchir Manganellu pour aller vers Corte."

Mais au bout de ces 4 km au-delà du village, le projet s'est éteint avant le début de la Première Guerre mondiale.

Les raisons de ce coup d'arrêt demeurent obscures. On invoque aujourd'hui encore la question épineuse d'un tracé en altitude et au coeur d'un environnement remarquable, la prédominance de Vizzavona en tant que voie privilégiée entre Nord et Sud.

Mais au bout du vieux tronçon asphalté, un mur de soutènement colossal construit également avant la Grande Guerre, interpelle encore.

"Il est l'oeuvre d'un entrepreneur italien du nom de Matteo Lizzi, qui avait enlevé l'appel d'offres", rappelle le maire. Un ouvrage de cette envergure s'imposait-il vraiment ?

On raconte aujourd'hui encore, au village, que sa construction releva d'une manoeuvre politique de la part de ceux qui, en désaccord avec le projet de route, lancèrent cette construction pour gréver le budget.

Bien que l'ouverture de la route carrossable au Sud-Ouest fît basculer le centre de gravité de Guagnu vers Ajaccio, on reparlera de la route du Manganellu un demi-siècle plus tard, grâce à Jean-Antoine Gaffory, élu maire de Guagnu en 1965 avant de devenir le conseiller général de l'ancien canton de Soccia.

Gaffory rallongea la voie de trois kilomètres, un morceau de la D23, qui ne sera jamais goudronné.

"Mon prédécesseur s'était appuyé sur le plan forestier français pour mener à bien ce projet", précise Paul-Joseph Colonna. Laurent Angelini, lui, se souvient,  "d'un certain Poli. Probablement un cadre des Eaux et Forêts qui avait réalisé une étude du tracé, avec des détails sur les pentes, etc.".

L'ONF a pris la suite, prolongeant la voie par une piste forestière sur 5 km. La commune travaille aujourd'hui sur un ultime tronçon, également destiné à améliorer les conditions de l'exploitation forestière. Sans pour autant tendre vers l'objectif initial fixé il y a plus d'un siècle, la route oubliée de la Corse profonde a progressé discrètement sous des formes diverses.

"Quand nous aurons achevé cette dernière phase, de bout de piste à bout de piste, Canaglia ne sera qu'à une dizaine de kilomètres." Mais l'ouverture vers Corte restera sûrement un vieux rêve.

Noël KRUSLIN

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Projet cortenais sans suite en 1894...

Le rapport daté de septembre 1894, de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, qui ne fut pas favorable au projet cortenais de prolonger jusqu'à Guagnu, la route de la Restonica.

Le rapport daté de septembre 1894, de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, qui ne fut pas favorable au projet cortenais de prolonger jusqu'à Guagnu, la route de la Restonica.

"Ce désenclavement était surtout intéressant de notre côté, souligne le maire de Guagnu, beaucoup moins dans le Cortenais où les communes sont déjà sur les voies dynamiques." Côté Corte, la volonté de s’ouvrir vers les Deux-Sorru a pourtant existé au même moment. Février 1894, le conseil municipal cortenais émet le vœu de voir se dessiner un chemin départemental qui, dans le prolongement de la vallée de la Restonica, aurait franchi le col de Soglia pour arriver "aux bains de Guagnu".

Le conseil général appuya ce projet deux mois plus tard, mais en septembre, l’avis défavorable de l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées sonna le glas de cette volonté d’ouverture. Une route culminant à 1 800 mètres vouée à être en grande partie enneigée et impraticable pendant de longs mois, l’essentiel d’un tracé sans lieux de vie et le peu d’intérêt d’un axe sur le plan commercial, tels étaient alors les arguments avancés pour faire comprendre qu’un tel projet ne pouvait se justifier.

Noël KRUSLIN

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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 18:00

Les Poggiolais et les habitants des villages voisins n'oublient pas leurs morts.

 

Jeudi 1er novembre:

  - Soccia 11h: messe et bénédiction du cimetière

  -  Orto 15h: messe et bénédiction du cimetière

  - Guagno-les-Bains: bénédiction du cimetière à 16h30

Vendredi 2 novembre:

  - Guagno 11h: messe et bénédiction du cimetière

  - POGGIOLO 15h: messe et bénédiction du cimetière

Bénédiction du cimetière de Poggiolo (Toussaint 2013) - ©Michel Franceschetti

Bénédiction du cimetière de Poggiolo (Toussaint 2013) - ©Michel Franceschetti

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 17:45

Dans la série d'articles consacrés aux maisons poggiolaises, les constructions existant dans le village ont été présentées sans faire de lien particulier avec l'ensemble de la Corse.

Nous vous présentons cette fois un texte qui synthétise l'ensemble de l'architecture rurale de la partie de la Corse à laquelle appartient Poggiolo. Il est extrait de: 

"Sevi - Sorru Cruzzini - Cinarca",

ouvrage publié en 2010 par le CRDP de Corse avec le concours du Conseil général de la Corse-du-Sud et dont les auteurs sont Daniel ISTRIA et Mathieu HARNÉQUAUX.

 

Les maisons poggiolaises: 14 - L'architecture rurale

UNE ARCHITECTURE RURALE

En dépit des multiples remaniements qu’ont connus les maisons de village, celles-ci laissent encore apparaître une relative unité dans la simplicité, témoignant de l’association étroite entre les fonctions d’habitation et d’exploitation agricole.

Les éléments qui composent les maisons paysannes obéissent à un même schéma fonctionnel. On trouve généralement un étage de soubassement faisant office de dépendance agricole: abri pour les animaux, réserve, emplacement pour une meule ou un pressoir, cave. Celui-ci ne communique pas avec le rez-de-chaussée surélevé de l’habitation proprement dite auquel on accède soit de plain-pied grâce au dénivelé du terrain, soit par un escalier extérieur auquel s’ajoute parfois un perron (u scalonu) faisant la transition entre les espaces publics et privés. Les escaliers intérieurs n’apparaissent souvent que lors des remaniements que connaît la maison, reliant par exemple deux étages d’habitation lors d’une surélévation.

Jusqu’au XIXsiècle, de la modeste casetta au casonu plus imposant, les habitations font appel aux mêmes matériaux : le granite pour les murs, la tuile canal en argile pour la toiture.

Ces maisons sont de forme rectangulaire, et leur toiture présente des pans légèrement inclinés qui débordent à peine des murs. L’appareil des murs est irrégulier et peut paraître rudimentaire: les pierres sont de dimensions variées et partiellement retaillées; elles ne sont pas vraiment jointives et sont parfois calées avec des éclats de petite taille (e scaglie), démontrant paradoxalement un certain art de l’assemblage. Les encadrements des baies et les chaînages d’angle sont les parties les plus soignées, pour lesquelles sont utilisées des pierres de plus grande dimension qui constituent souvent les seuls éléments décoratifs de la maison. Les fenêtres de l’étage noble des maisons de notables sont parfois encadrées de niches.

 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 07:00
Appel à nos lecteurs: où sont les restes des héros?

Avec le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, les cérémonies s'enchaînent à un rythme de plus en plus rapide et atteindront leur maximum le 11 novembre.

Les monuments aux morts sont, dans chaque commune, un lieu de rassemblement pour se souvenir des soldats tués dans ce conflit. A Poggiolo, trente noms sont inscrits.

Les familles peuvent également se recueillir, par exemple le 2 novembre, près des tombes de leur parent tombé pour la France. Encore faut-il savoir où se trouvent ces tombes. 

Ce blog a déjà publié les lieux d'inhumation de la majorité des trente héros poggiolais mais la liste est incomplète.

 

 

APPEL À NOS LECTEURS:

où se trouvent les restes des Poggiolais suivants?

 

 

DEMARTINI Dominique François (prénommé seulement François sur le monument aux morts de Poggiolo), né en 1888, mort le 3 novembre 1915 à Massiges (Marne)

DESANTI Jean, né en 1892, mort le 26 février 1915 à Vauquois (Meuse)

MARTINI Martin, né en 1877, mort le 5 septembre 1916 à Cléry (Somme)

MARTINI Noël Ange-François, né le 25 décembre 1890, mort le 5 septembre 1914 à Neufmontiers (Seine-et-Marne)

PAOLI François Antoine, né en 1887, mort le 12 septembre 1915 à Toul (Meurthe-et-Moselle)

PINELLI Jean Baptiste (prénommé Baptiste sur le monument aux morts), né en 1848, mort le 15 juillet 1917 à Paris

PINELLI François, né en 1889, mort le 1er janvier 1920 à Ajaccio

PINELLI Laurent, né en 1893, mort le 28 mai 1918 à Fez

 

 

Merci d'avance à tous leurs descendants qui pourront fournir les renseignements (à l'adresse: larouman@gmail.com).

 

Les endroits où se trouvent les corps des autres morts seront bientôt publiés.

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 18:03

En dehors de la maison dite de Marione, déjà présentée ici, plusieurs maisons de Poggiolo sont abandonnées et tombent en ruines.

Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable
Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable
Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable

 

Les maisons qui ne font pas partie des maisons de notables ont un cachet particulier mais elles sont maintenant négligées car elles sont mal commodes.

A l'intérieur du village, elles n'ont pas de petit jardin. Quand elles ont été partagées par des successions, les logements sont étroits et il faut continuellement passer d'un étage à l'autre par un escalier en bois très raide.

Pourtant, si l'on veut s'en donner la peine, avec un peu de goût et de travail, on peut obtenir un cadre à la fois agréable et traditionnel.

Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable
Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable
Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable
Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable
Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable
Les maisons poggiolaises: 13 -La ruine n'est pas irrémédiable

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 08:50
Décès à Vico

Toutes nos condoléances à la famille FONDEVILLE.

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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 18:51
Epidémie à Poggiolo?

L'article récent sur la grippe espagnole de 1918 se terminait malicieusement par l'équation:

Poggiolo = bonne santé

 

 Il ne faudrait pas en conclure qu'aucune épidémie n'ait jamais touché le village. Le problème est l'absence de documents mentionnant les causes des décès. Pour y remédier, il peut y avoir la tradition comme dans la famille MARTINI. D'après de forts témoignages familiaux, les deux seuls décès enregistrés en octobre (Paule MARTINI, 4 ans) et novembre 1918 (Antoinette MARTINI, 11 ans) à Poggiolo auraient bien été provoqués par la grippe espagnole.

 

Les actes d'état-civil sont les seuls moyens d'étudier statistiquement, numériquement, la mortalité des périodes passées. Or, ils ne mentionnent pas la cause de la mort.

Il exista pourtant une exception en 1830.

 

Le matin du 6 janvier de cette année-là, le maire consigna sur le registre officiel avoir reçu deux personnes, Jules et Pierre MARTINI, qui ont déclaré le décès de leur beau-frère Jules DESANTI, âgé de cinquante-six ans, la veille à quatre heures du soir. L'annonce est suivie d'une phrase inhabituelle: "On a anticipé l'enterrement dudit Desanti, attendu qu'on a reconnu que la maladie est (?) Epidémique Contagieuse".

 

Epidémie à Poggiolo?
Epidémie à Poggiolo?

 

La maladie devait être particulièrement grave pour que les deux adjectifs aient eu droit à des lettres majuscules et, surtout, pour que l'enterrement ait été très rapide, avant même la déclaration à la mairie, si l'on comprend bien.

Quelle était cette maladie? Aucun autre renseignement n'est donné. On peut cependant remarquer que, une semaine auparavant, le 30 décembre 1829, Antonia, quarante ans, l'épouse de Jules DESANTI, était décédée. Mais son acte de décès ne mentionne pas la cause de la mort et n'évoque pas un enterrement brusqué.

 

Epidémie à Poggiolo?

 

Il est tentant de trouver une relation entre ces deux morts et d'en conclure qu'il y eut une épidémie à Poggiolo. De fait, quatre autres personnes, d'âges différents, dont un enfant mort-né, décédèrent au village dans le seul mois de janvier 1830... et il n'y en eut plus jusqu'en octobre.

 

Mais, bizarrement, les individus les plus proches du couple Jules-Antonia, c'est-à-dire leurs enfants, âgés respectivement de 16, 12, 7 et 4 ans, restèrent vivants. Le fils aîné, Giacomo Antonio, qui vécut jusqu'en 1879, fut même le grand-père de Jean-Baptiste, surnommé Russignolu (1876-1949), déjà présenté dans des articles précédents.

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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 18:04
Mise en garde contre le vandalisme

A la suite d'incidents qui se sont multipliés récemment au détriment des bâtiments et des objets religieux, le diocèse de l'Eglise catholique de Corse met en garde la population en publiant le communiqué suivant:

Mise en garde contre le vandalisme

 

 

Un des derniers faits révélés:

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11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 18:17

La lecture des dates de construction gravées sur les façades des maisons n'est pas toujours aisée. Il faut parfois attendre que les rayons du soleil aient une certaine inclinaison pour arriver à déchiffrer les inscriptions. Ce problème avait été évoqué lors d'un article précédent.

 

La pierre gravée la plus réfractaire à la lecture est celle qui est au-dessus de la porte d'entrée de la construction se trouvant à côté de la maison PINELLI où vivent Dominique et sa sœur Félicie.

Les maisons poggiolaises: 12 - Le secret du séchoir
Les maisons poggiolaises: 12 - Le secret du séchoir

Une seule certitude est la présence de cette petite maison (que Dumè dit être un simple séchoir à châtaignes) sur le cadastre napoléonien de 1857 (en rouge sur le document ci-dessous).

Les maisons poggiolaises: 12 - Le secret du séchoir

Il a fallu essayer, comme à côté de la maison de Louis DEMARTINI, la méthode de la craie: passer un bâton de craie dans les rainures afin de mieux les distinguer. 

Le résultat n'a pas été vraiment probant.

vous pouvez cliquer sur ces photos pour les agrandir.
vous pouvez cliquer sur ces photos pour les agrandir.

vous pouvez cliquer sur ces photos pour les agrandir.

On peut aussi lire "1834" que "1854". La deuxième date aurait la préférence mais le doute est permis.

Aucune des deux solutions n'est contradictoire avec le dessin du cadastre de 1857.

 

Le séchoir garde encore son secret.

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 18:09

Poggiolo a de nombreuses singularités, dans de nombreux domaines, par rapport aux villages voisins. La preuve en fut fournie au niveau sanitaire à la fin de 1918.

Cette année est connue pour être la dernière de la première guerre mondiale. Mais, dans le bilan de la guerre, on oublie souvent les victimes de l’épidémie de grippe, appelée alors grippe espagnole.

"Entre 25 et 40 millions de personnes sont mortes de la grippe espagnole d'avril 1918 au printemps 1919, davantage de victimes que celles causées par la Grande Guerre" (Claude Quétel, "L'Histoire", n°449, juillet 2018).

malades de la grippe dans un hôpital du Kansas

malades de la grippe dans un hôpital du Kansas

La France eut à déplorer 240.000 morts.

Des célébrités comme Edmond Rostand et Guillaume Apollinaire moururent de cette pandémie.

 

 

La Corse ne fit pas exception et fut touchée fin juillet 1918.

"L'on dénombra quatre-vingts morts à Sartène, quarante à Levie et Zevaco, et soixante à Sollacaro. Mais le triste record reste dans la cité paoline", c'est-à-dire Corte, où il y eut 136 morts, écrit Daniel CERANI dans "Corse-Matin" du 7 août 2018.

 

A Corte, la grippe dura du 4 août à fin septembre.

 

La tradition orale rapporte que, pendant l’été 1918, il y eut plusieurs victimes dans le village voisin de Soccia et que l’on entendait tous les jours les cloches des enterrements. Par contre, Poggiolo aurait été épargnée. S'agit-il d'une légende ou de la réalité?

 

 

Pour répondre, il faut étudier la mortalité de ces communes pendant l'année 1918, ce qui est possible avec les tables décennales d’état-civil disponibles sur internet.

Elles montrent effectivement une forte poussée de mortalité à Soccia en septembre et octobre 1918 avec dix-huit décès pour ces deux mois, soit autant que dans l’ensemble de chacune des années précédentes.

A Poggiolo, il n’y eut qu’un décès pour la même période, sur un total annuel de onze, soit moins qu’en 1917 où l'on avait compté quinze morts. 

Il semble que Guagno ait également été touché par l’épidémie car on enregistra dix-neuf morts en octobre 1918, soit exactement la moitié du total de l’année pour cette commune. Il n'y avait eu que onze morts pour toute l'année 1917.

Le tableau ci-dessous compare mois par mois la mortalité en 1918 des quatre communes du canton: Poggiolo, Soccia, Guagno et Orto.

 

 POGGIOLOSOCCIAGUAGNOORTO
janvier1000
février0210
mars0041
avril3021
mai2111
juin0121
juillet0012
août0121
septembre1820
octobre110190
novembre1341
décembre2200
total 19181128388

 

La hausse des morts en septembre et octobre pour Soccia et Guagno est évidente. Même si tous les décès ne viennent pas de cette maladie, la grippe espagnole a bien été présente et Poggiolo en fut épargnée, ainsi qu'Orto.

L'air serait-il donc plus sain à Poggiolo? Pourquoi ne pas le penser?

La mairie aurait-elle pris des mesures coercitives, comme lors de l'épidémie de choléra de 1884 où l'utilisation des thermes de Guagno-les-Bains fut interdite aux habitants de St André d'Orcino?

 

 

Il se peut qu'à l'armée certains Poggiolais mobilisés aient été atteints par le virus mais aucun n’en mourut. Le seul cas certain de malade est François Antoine Demartini. Né à Poggiolo en 1899, il avait été incorporé au 111e régiment d'infanterie le 18 avril 1918, il fut touché par la maladie et en réchappa. Il vécut jusqu'en 1975.

 

Poggiolo = bonne santé

 

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