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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 18:04

Voici juste un mois, le 9 janvier 2015, s'est éteint l'abbé Paul Filippi, plus connu sous le nom de "Gregale", à l'âge de 93 ans.

Originaire de Tox, il n'avait pas d'attache particulière avec les villages de Sorru. Mais il fut, comme les violoneux évoqués dans deux articles précédents (A la recherche du violoneux et  Cumandante et Martinchjinu), un représentant du chant populaire corse. Après la guerre (pendant laquelle il fut déporté en Allemagne), son rôle fut important par ses compositions, ses disques et l'aide fournie aux chanteurs insulaires, comme Charles Rocchi ou le groupe A Manella qu'il fonda en 1958 et qui fut le premier à chanter une paghiella sur scène. 

Le chanteur et parolier Iviu Pasquali a écrit dans un billet hommage"Il savait avec des mots simples et souvent dans sa langue maternelle capter précieusement l’attention des fidèles émouvoir l’assemblée et ainsi faire passer le véritable message d’Amour du Christ".


 

 

 

Souvenir de Gregale

Pour connaître son œuvre, on peut se référer à la toujours excellente émission "Corsica ... ou la musique corse dans tous ses états", animée par Patricia Baudoux, dont l'édition du 1er février 2015, est une "Spéciale hommage à l'Abbé Paulu Filippi dettu Gregale". 

Liste des chants de l'émission:

Corsica; Petru Guelfucci; Corsica

U re ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Requiem; A-Filetta; Ab eternu

Ritornu in Corti; Gregale; La Corse chantée par Gregale

A musa ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Paghjella in trè; Sarocchi; Orìgine

U païsolu; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Anima; Canta u populu corsu; Altrimenti

U mare ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Gand amore (per tè); Battista Acquaviva; Che notte !

Casa abandonata ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Versu tè; Henri Olmeta; Cuscenza

Moriani; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Gloria; I Fratelli; Gloria

In a torra d'un castellu ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

U me manifestu ; Charles Marcellesi; Corsicaboverde

U tragulinu ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Meridiani; Adjam; Meridiani #1 - Abbaccà si

Dio Vi salvi Regina; Anghjula Potentini; A lettera d'amore

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:57

Cécile GRIMALDI et Poggiolo sont les invités de l'émission "U caffè" cette semaine sur FR3 Via Stella.

Dans "U caffè", Laurent Vitali reçoit chaque semaine un invité qui nous emmène sur les traces de ses origines, du lieu en Corse qui correspond à son identité et à son parcours. Si chaque lundi, l’invité et son village sont les fils conducteurs de l’émission, on refait ensuite le monde avec quatre habitués. Leurs éditos société, culture, réseaux sociaux, patrimoine, mémoire, sont la source d’inspiration des discussions qui animent la terrasse.

L'émission est diffusée à 20 h 10 de lundi 9 février à jeudi 12 février, rediffusée le lendemain à 13h 50. Une compilation de la semaine a lieu le dimanche à 1 h 00.

Vous pouvez la revoir à l'adresse: 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/emissions/u-caffe

Cécile et Poggiolo sont à la télévision

Pour sa première partie, la "joaillière de Poggiolo", ainsi qu'elle a été présentée, a épaté l'animateur en faisant une véritable déclaration d'amour à Poggiolo et à la vie au village. Elle a été bien appuyée dans le reportage de présentation de Poggiolo par l'hymne à la nature de Nicolas MARTINI et par l'optimisme de Marie-Ange PAOLI sur l'avenir du village.

Une émission à suivre et à revoir.

P.S.: du 24 au 28 novembre dernier, Bernard CERVERA avait été l'invité de cette émission pour parler du festival Sorru in Musica et pour présenter son village Rennu.

 

POUR RECEVOIR VIA STELLA, même si vous n'êtes pas en Corse:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/comment-recevoir-viastella.html

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 17:58

En prévision du consistoire du 14 février prochain, à l'occasion duquel Monseigneur MAMBERTI recevra officiellement le titre de cardinal, l'évêque de Sagone a été très sollicité par les médias corses. "Corse-Matin" a publié dimanche 8 février une longue interview de deux pages. Quelques jours auparavant, Philippe de CASABIANCA avait obtenu un entretien dont le texte intégral a été publié sur le site du diocèse d'Ajaccio. Nous en extrayons seulement ce qui concerne Vico et la Corse.

Monseigneur Mamberti et la Corse

 

- Diriez-vous que vos racines corses, que vos liens avec le village d’origine de votre famille, Vico, ont pu vous aider dans votre ministère ?

- Les racines sont fondamentales pour toute personne et cela compte beaucoup pour les Corses. Le fait d’avoir été séminariste du Diocèse d’Ajaccio, d’avoir été ordonné prêtre pour ce diocèse, d’y être revenu régulièrement demeure quelque chose d’important pour moi. Je suis vraiment heureux de voir qu’à l’occasion de ma nomination comme cardinal beaucoup de Corses se sont manifestés pour me rappeler des souvenirs communs.

Le village de Vico est aussi un élément important en raison du nombre de prêtres qui sont issus de la région tout comme de trois évêques récents qui en viennent, Monseigneur Arrighi, Monseigneur Zevaco et moi-même. Le supérieur général des oblats de Marie Immaculée m’a récemment envoyé un livre sur le Père Albini et je crois que les fruits spirituels de ce dernier au couvent de Vico se sont aussi manifestés par ces vocations et par la vie chrétienne dans le canton.


- Malgré des liens anciens avec le Vatican, les cardinaux corses n’y sont pourtant pas si nombreux. Quelle est donc la réalité des liens entre la Corse et le Vatican ?

- Je suis tout de même fier d’être le premier cardinal corse depuis plus d’un siècle. Je suis également qu’une délégation du diocèse vienne au consistoire du 14 février. Cela montre la permanence de mes liens avec le diocèse. J’en suis très reconnaissant à Monseigneur de Germay ainsi qu’aux prêtres et fidèles qui l’accompagneront à cette occasion.

Il y a des liens historiques documentés entre la Corse et le Saint-Siège. Ils se sont développés aussi en raison de la proximité géographique entre Rome et la Corse qui permet plus facilement le pèlerinage au tombeau des apôtres. Mais je crois qu’au delà de cette proximité géographique, il y a une véritable proximité spirituelle. J’ai toujours été frappé de la dévotion des Corses envers le Pape.


- Quel regard portez-vous justement sur la vie spirituelle de la Corse ?

- Il appartient à l’évêque et aux pasteurs qui sont chargés de la vie spirituelle du diocèse de répondre à cette question. Pour ma part, je pense que nous y avons certainement un riche patrimoine spirituel, surtout de religiosité populaire. Les festivités de Notre-Dame-de-la Miséricorde à Ajaccio, la fête de la Saint Joseph à Bastia et tant d’autres exemples en sont les témoins. Mais pour être vraie, la foi doit être intériorisée et vécue. Et cela, chaque génération, chaque personne est appelée à le faire pour son propre compte, puisant dans ce riche héritage et le mettant en pratique jour après jour. Cela nous appelle nous Chrétiens à être davantage cohérents. Si nous vivions davantage l’Evangile notre vie serait meilleure et la société se porterait mieux.


- Serez-vous donc en Corse pour la Miséricorde et la Saint-Joseph les 18 et 19 mars prochains ?

- S’il plait à Dieu, oui. 

 

Mgr Mamberti aux côtés de ses parents lors de son ordination (cathédrale d'Ajaccio, 20 septembre 1981).

Mgr Mamberti aux côtés de ses parents lors de son ordination (cathédrale d'Ajaccio, 20 septembre 1981).

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 09:00

Si vous avez connu

 

Jean-Pierre

 

FRANCESCHETTI

 

Souvenir de Jean-Pierre

    S'il vous manque comme à nous, nous manquent ses rires, ses éclats de voix, ses gestes; 
    Sa présence à cheval du côté de Vaccaghia, ou les vagues qu'il faisait dans le golfe de Porto; 
   Ses cris après sa mule, ou sa précipitation à être entouré d'amis autour de la cheminée, 
    Son intérêt et sa curiosité pour tout. 
   Sa volonté impérieuse d'être proche de sa famille, et surtout de vivre la vie à pleines dents. 
    Il y a sept ans, il nous quittait, vite, trop vite. 
  Mais il nous reste l'image de tout ce qu'il aurait pu faire encore. 
   Et quelquefois, au fond de la plaine de Camputile, résonnent encore la cloche de sa mule et ses éclats de rire. 

(version actualisée de l'avis paru dans "Corse-Matin" le 7 février 2009)

Jean-Pierre Franceschetti et Jean-Marc Tramini au lac de Nino.

Jean-Pierre Franceschetti et Jean-Marc Tramini au lac de Nino.

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 07:14
Adieu Francette
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 18:00

L'arrêté municipal de 1884 qui refusait, en raison de l'épidémie de choléra, l'admission d'habitants de Saint André d'Orcino à Guagno-les-Bains (voir Poggiolo dit "stop" à l'épidémie), pourrait faire croire à l'égoïsme des Poggiolais. Mais, en l'occurrence, il s'agissait d'une précaution pour éviter la contagion.

A la même époque, le village de Poggiolo aidait les pauvres, les indigents d'Orto. En fait foi la lettre suivante écrite par le maire de cette commune au Préfet de la Corse en 1882.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Monsieur le Préfet,

Une somme de 40 fr ayant été allouée à M. Antonini médecin de Poggiolo pendant l'année 1882, pour que les indigents de la Commune d'Orto puissent profiter de la gratuité de la médecine, j'ai l'honneur de vous prier de faire parvenir au dit médecin les médicaments nécessaires aux indigents et que la bienveillance du gouvernement accorde généralement à ceux qui sont dans le besoin.
Daignez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma très haute considération et l'hommage de mon profond respect.
Le Maire d'Orto
Battesti

En 1882, les pauvres ortigais pouvaient être soignés gratuitement mais il fallait attendre que les remèdes soient envoyés par Ajaccio. Quelques années plus tard, la loi du 15 juillet 1893 instituera l’assistance médicale gratuite.

Un autre renseignement important: cette lette nous apprend qu'il existait alors un médecin résidant à Poggiolo. Mais c'était il y a très longtemps !

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Une autre forme d'aide médicale, mais cette fois résultant d'une initiative personnelle, a existé à la même époque, pas très loin, en Cinarca, dans la même localité de Saint André d'Orcino exclue des bienfaits des eaux de Guagno-les-Bains.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Par ce document publié en 1899, Martin SUSINI, médecin généraliste habitant à  Saint Andrea d'Orcino, annonçait aux habitants de cette commune et des villages voisins qu'ils pouvaient bénéficier, gratuitement ou non selon leurs ressources, pendant deux mois de l'année, de soins de la part d'un ancien "chirurgien chef-interne des hôpitaux de Marseille".

Ce chirurgien était son frère Etienne SUSINI, dont il a été question dans l'article "Pas de vacances pour la propagande" (publié sur ce blog le 1er septembre 2014). Fervent militant socialiste, il parla dans une réunion pomitique organisée en 1906 à Guagno-les-Bains. Pour lui, son dévouement aux autres alliait à la fois son savoir médical et sa foi politique. En tout cas, les habitants de ces villages éloignés d'Ajaccio purent en bénéficier. 

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Merci à André OLIVIERI pour nous avoir fourni ce document sur son arrière-grand-oncle.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:00

Depuis l'an dernier, le développement du virus Ebola a été suivi avec inquiétude par toutes les instances sanitaires et gouvernementales du monde. L'Europe et l'Amérique du Nord ont craint d'être victimes de cette épidémie après l'Afrique de l'Ouest.

Mais rassurez-vous: pour que la population poggiolaise ne soit pas contaminée, la municipalité a pris des mesures radicales.

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A vrai dire, ces mesures ont été décidées en 1884 et concernaient le choléra.

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Dans les siècles passés, les maladies comme la peste ou le choléra firent des ravages. La dernière épidémie de choléra en France eut lieu en 1884. Elle débuta le 13 juin de cette année et aurait été provoquée par l’arrivée dans le port de Toulon d’un bateau venant du Tonkin. Le premier cas marseillais fut déclaré le 25 juin.

Entre juin et octobre, la maladie fit 1777 décès dans la ville de Toulon et 1793 à Marseille. L’épidémie resurgit avec l’été 1885 et fit alors 1259 nouveaux décès dans la population marseillaise.

L’effroi des populations fut grand. Des Toulonnais et des Marseillais s’enfuirent de leurs agglomérations.

A Marseille, la quarantaine fut organisée. Les marins et voyageurs arrivant au port devaient rester au lazaret le temps d'être certain qu'ils n'apportaient pas la maladie. Il n'était possible de leur parler que derrière une double rangée de grilles.

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

La Corse fut touchée au bout de quelques jours. Dans l’île, 6 communes furent atteintes. Il y eut 4 morts en juillet, 16 en août et 6 en septembre. Près de Poggiolo, Saint André d’Orcino fut victime de l’épidémie. Il en fut même question en Suisse, dans la « Feuille d’avis de Neuchâtel » du jeudi 28 août 1884:)

L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia depuis le 22 août.

 

Cette proximité incita la mairie de Poggiolo à prendre des mesures rigoureuses. Le maire Jules Martin DESANTI signa, trois jours après cet article de presse, le 31 août 1884, l’arrêté suivant :

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

En voici le contenu exact :

Nous, Maire de la Commune de Poggiolo :
Attendu qu’il s’est déjà produit quelques cas de cholera dans la commune de Saint-André d’Orcino et qu’ainsi on ne peut plus permettre sans danger l’accès de Guagno (les Bains), aux habitants de ce village contaminé .
Considérant que cette mesure est de toute utilité,
Arrêtons
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Tous les baigneurs et amateurs venus de la commune de St André d’Orcino à Guagno-les Bains, soit en villégiature soit pour y prendre les eaux, sont priés de quitter le territoire à partir du 1er septembre prochain. Le Maire de Poggiolo est persuadé que les habitants de St André d’Orcino qui se trouvent actuellement aux Bains ou qui pourraient s’y rendre ne le forceront pas à prendre contre eux des mesures de rigueur et qu’ainsi ils se conformeront au présent arrêté.
Il est également défendu aux propriétaires des maisons de recevoir chez eux aucun individu venant de la susdite commune de St André d’Orcino, sans encourir les peines édictées par la loi.
Fait à Poggiolo le 31 août 1884.
Le Maire
Desanti

 

Ce document prouve que la station thermale de Guagno-les-Bains  attirait alors suffisamment de curistes des villages corses pour craindre qu’ils répandent la contagion.

Ce refus d’accueil de non-Poggiolais joua-t-il un rôle important dans le reflux du choléra ?

Toujours est-il que la Corse ne connut que 6 décès de cholériques en septembre et plus rien après. Et les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains furent préservés.

Au total, cette épidémie porta sur 30 départements, surtout dans le Sud, atteignit 477 communes et donna lieu à 7.820 décès dans l’ensemble de la France. Elle continua jusqu’en janvier 1885 en Algérie, où elle provoqua 890 décès. Ces chiffres sont extraits du « Journal de la Société Statistique de Paris » (tome 26,1885) p. 459 http://www.numdam.org/numdam-bin/browse?id=JSFS_1885__26_

 

Nota : Jules Martin DESANTI, auteur de l’arrêté, est né le 20 mars 1831 à Poggiolo, et décéda le 2 janvier 1910 à Soccia. Il fut maire de Poggiolo de 1880 à 1888.

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:56

La demande de photo publiée dans l'article précédent (A la recherche du violoneux) a pu intriguer certains qui n'avaient jamais entendu parler de Martitinu. Toutes les générations ont eu, malgré la dureté du travail, le besoin de s'amuser. Au XIXème et au début du XXème siècle, le violon était l'instrument par excellence de toutes les fêtes.

Dans les villages de Sorru in Sù, Martitinu (qui s'écrit aussi Martinchjinu) eut une grande célébrité ainsi que, avant lui, Cumandante. Ces deux représentants de la culture populaire ont été évoqués dans un article ( de Xavier Paoli?) paru dans "L'info U Pighjolu" de juillet 2007. 

"Evoquons, pour leur rendre hommage, deux de ces modestes artistes qui faisaient danser nos arrière-grands-parents.

Tout d'abord, chronologiquement, Ghjuvan Battistu BATTESTI, natif d'Ortu mais ayant fait souche à U Pighjolu par le mariage. Grand escogriffe, doté de plusieurs surnoms dont un lui allait comme un gant ("Cicala") et un autre ("Cumandante") dont on pouvait se demander où il en avait gagné les galons, lui qui n'avait jamais pratiquement quitté son île. Il était en réalité maçon et sonneur de cloches (aux appointements de 50 francs par an en 1881). Mais il ajoutait à ces multiples et variées occupations un vrai talent de musicien, apprécié dans tout le canton et même au-delà.

Versificateur hors pair, il était très sollicité dans toute la région pour les festivités du carnaval. Mêlant musique et couplets entraînants, l'archet frénétique, le quatrain moqueur à la bouche, il menait la sarabande carnavalesque avec un entrain jamais démenti. Peut-être là est l'origine de son surnom de «Cumandante» (… di Carnavà, disaient les mauvaises langues).

C'est probablement à son école que Ghjuvan Martinu PINELLI (Martinchjinu), né en 1878 à U Pighjolu, semble avoir fait son apprentissage de violoneux. Vigneron, cordonnier, il tenait aussi le Café du village où il vendait le vin et l'eau-de-vie de sa production.

"Cumandante" se faisant vieux, il avait succédé à celui-ci dans le rôle d'animateur de festivités. Alors qu'il ne jouait plus depuis longtemps, les plus âgés d'entre nous ont pu l'entendre peu de temps avant sa mort en 1950, animer une soirée impromptue où plusieurs couples retrouvant leurs jambes de vingt ans, nous offrirent le témoignage d'une civilisation à jamais disparue." 

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 12:12

Stefanu PINELLI est à la recherche des photos de son arrière-grand-père Martin PINELLI (Martitinu) avec son violon.

Quelqu'un pourrait-il l'aider?
 

A la recherche du violoneux

U VIOLINU
L’instrument principal du bal fut très souvent le violon, même si l’on a le témoignage d’utilisation de cetari (cistres), instruments destinés d’avantage aux gens aisés. Ceux qui ne pouvaient s’offrir un violon fabriquaient un instrument à vent muni d’une anche, la cialamedda, appelée viulinu di i scalzi (violon des pauvres).
Le violon, tout comme la guitare ou l’accordéon, n’est pas un instrument typiquement corse. Il fut cependant certainement introduit dans l’île assez tôt et fut associé au répertoire traditionnel corse par les possibilités qu’il laisse à l’instrumentiste d’accompagner les chanteurs qui passent d’un mode à l’autre, majeur ou mineur, sans se poser de questions. Ici, le fait de ne pas avoir de frettes sur le manche devient un avantage certain. C’est ainsi que longtemps, on n’imagina pas un sirinatu, une danse voire une improvisation sans un violon.
Une étude de la technique ancestrale des anciens sunadori nous porte à croire que le violon remplaça en Corse le rebec ou l’un de ses cousins. Il n’était pas rare et même naturel de jouer deux ou trois cordes en même temps, produisant des accords puissants et forçant la résonnance car il s’agissait d’être entendu en extérieur.
Certains violoneux adoptaient des accords qui aujourd’hui peuvent déranger des oreilles peu habituées à la chose (accords de quinte), ou adoptaient un bourdon continu aigu ou grave selon la note jouée. On retrouve ce jeu dans d’autres campagnes de ce monde.
Peu à peu, les violoneux corses, comme les autres, ont adoptés une technique empruntée à la musique classique et plus à la mode. C’était le temps des valses viennoises. La technique ancestrale faillit disparaître des mémoires villageoises et l’on ne doit sa sauvegarde qu’à l’action de quelques musiciens et collecteurs, célèbres ou inconnus.

"21 pièces pour découvrir la musique corse traditionnelle" CRDP de Corse (2011)

A la recherche du violoneux
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 06:50
Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Toutes nos condoléances à l'épouse, aux enfants et à toute la famille de Jean GAFFORY.

Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Jean GAFFORY, né en 1925, était une personnalité très connue dans nos villages, d'abord en tant que directeur de la Caisse d'assurance-maladie, puis par ses mandats électifs.

Il fut maire de Guagno pendant 43 ans, de 1965 à 2008. Il devint conseiller général du canton de Soccia en 1968, à la mort du maire de Poggiolo Martin PAOLI. Il garda cette fonction jusqu'en 1973, quand la réforme cantonale fit fusionner ce canton avec celui de Vico pour créer les Deux-Sorru.

Homme de conviction (il fut radical de gauche et il parraina la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle de 2002), il était toujours proche des gens et prêt à aider chacun. En 2008, le conseil municipal de Guagno lui avait attribué le titre de maire honoraire. 

Nous vous proposons deux vidéos qui évoquent les deux grands moments de sa carrière:

- l'élection à la mairie de Guagno en 1965 (montage de Marthe POLI)

- l'élection cantonale de 1968 (film de Michel FRANCESCHETTI)

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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

 

Début des vacances d'été: samedi 8 juillet midi.

Festival Sorru in Musica: du 21 au 30 juillet.

Fête de saint Roch: mercredi 16 août.

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