1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 18:00

L'été est en principe un moment où chacun se repose et se distrait sans se préoccuper des difficultés économiques ou politiques. Mais les militants politiques convaincus peuvent vouloir malgré tout répandre leurs idées auprès des vacanciers. Ils doivent s'adapter aux circonstances et aux lieux.

Il en a été ainsi de la réunion tenue par des socialistes à Guagno-les-Bains voici plus d'un siècle, quand les vacances duraient jusqu'au 1er octobre. 

Elle a été mise en exergue par les historiens Gilles CANDAR et Christophe PROCHASSON dans l'article "Le socialisme à la conquête des terroirs" publié par le numéro 160 (juillet-septembre 1992) de la revue "Le Mouvement Social". Analysant la propagande socialiste dans les campagnes avant 1914, ils font la liste des formes de réunions et des locaux utilisés (salle municipale, café...) et ils écrivent:

Le local pouvait être insolite: ainsi l'établissement de bains de Guagno-les-Bains, le 9 septembre 1906, pour une conférence du docteur Susini, militant socialiste parisien de passage.

 

Des détails supplémentaires se trouvent dans "L'Humanité" du 17 septembre 1906. Le quotidien, fondé deux ans auparavant par Jean JAURÈS, était l'organe officiel de la SFIO, nom du parti socialiste de l'époque.

L'article précise qu'il s'agit de l'initiative de "jeunes gens" du coin et que l'établissement a été "gracieusement mis à leur disposition par l'aimable propriétaire". Le public était constitué par "plusieurs habitants des communes voisines (...) venus se joindre aux nombreux baigneurs". Il comprenait même deux anciens médecins militaires dont un présenta le docteur SUSINI.

Pas de vacances pour la propagande

 

Cet orateur, même s'il était "membre du conseil fédéral de la Seine", n'était cependant pas un inconnu dans cette partie de la Corse.

Dans le "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français" (3e partie, 1871-1914, de la Commune à la Grande guerre : Ras à Z), publié sous la direction de Jean MAITRON, il a droit à la notice suivante:

Etienne Susini (1839-1908) , docteur en médecine ayant d'abord exercé à Marseille puis à Paris, y est enterré. Conseiller municipal à Marseille, il prit part à la proclamation de la Commune en mars 1871. Membre important du Cercle de l'Indépendance qui, après la Commune, groupa les survivants du mouvement communaliste, il fut le disciple de Blanqui dont il était l'ami et le médecin. Elu de Sant'Andréa-d'Orcino, son bourg natal, il fut quelques mois avant sa mort délégué titulaire de la fédération socialiste corse. A ce titre il était fier de se dire le premier élu révolutionnaire de la Corse.

 

Il eut une certaine célébrité en 1886, quand il fut traduit en justice, et acquitté, avec Louise Michel, Jules Guesde et Paul Lafargue pour "provocation au meurtre et au pillage" à la suite d'un meeting de soutien aux mineurs grévistes de Decazeville.

Une brochure du docteur SUSINI ("Plus de Dieu, plus de maître") passe pour avoir inspiré Louis BLANQUI qui en fit "Ni Dieu, ni Maître", devenu le slogan des anarchistes (cité dans "500 citations de culture générale" de Gilbert Guislain, Pascal Le Pautremat et Jean-Marie Le Tallec).

Le responsable venu à Guagno-les-Bains était donc une "grosse pointure" du parti. Cette réunion démontre l'important et précoce enracinement de la gauche dans les Deux-Sorru, et notamment à Poggiolo, comme le montrèrent les élections de 1914 (voir l'article Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise).

Cette réunion s'est déroulée il y a 108 ans. Qui maintenant, quelle que soit son étiquette politique, oserait déranger les estivants pour parler de politique? 

 

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 18:04

Chaque rédacteur de blog a la présomption de croire que les textes qu'il publie sur internet vont intéresser beaucoup de monde. Il va chaque jour regarder avec fièvre ses scores pour savoir si le nombre de connections n'a pas baissé. Il va lire les commentaires tout en sachant que ceux-ci peuvent être manipulés. En fait, l'importance et l'utilité d'un blog se mesurent également par les questions qu'il reçoit directement et qui ne sont pas toujours publiées pour le grand public.

Des exemples récents l'ont montré pour le Blog des Poggiolais.

Fin juin, l'épouse du descendant du  capitaine de voltigeurs Marinetti qui pourchassa le bandit Théodore Poli (voir l'article http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-exploits-de-theodore-n-5-la-traque-58726284.html) demanda des renseignements supplémentaires sur cet ancêtre. Elle les obtint.

Le 22 août, un Normand faisant des recherches généalogiques a envoyé des remerciements pour témoigner de son émotion d'avoir découvert le visage de son arrière-grand-mère sur la photo de classe de 1900 publiée voici quatre ans.

Il s'agit du n°22, Marie Lilla Vinciguerra.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Le 24 août, une descendante de Hyacinthe Desanti (dont la carrière est présentée dans l'article: "un Poggiolais au Mali") a demandé l'aide du blog. En vacances en Corse, elle désirait savoir quelle branche de sa famille existait encore à Poggiolo et elle n'arrivait pas à contacter la mairie. Le blog lui a permis de trouver les personnes concernées et d'aller visiter la maison familiale.

Dans un registre différent, la page Facebook du blog de Poggiolo (https://www.facebook.com/pages/Poggiolo/167056470125907) a enregistré le 25 août la requête suivante:

Bonjour, je m'appelle Laurence Desanti, je sais que ma famille est originaire de Poggiolo, mais guère plus... Mes grands-parents sont décédés, mon père, pas objectif et peu efficace pour relater. Bref, je sais que mon arrière-arrière grand-père est parti pour la Tunisie, donc, fin 19e... Y'a-t-il quelqu'un qui peut m'aider, me mettre en relation avec des Desanti de Poggiolo ? Merci, j'ai besoin de racines, elles partent toutes...

La demande manque de précision mais certains lecteurs peuvent avoir quelques éléments. Qu'ils n'hésitent pas à fournir cette aide. 

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 18:56

Les activités du 16 août 2014 ne se sont pas limitées comme ces dernières années à la fin de journée.

Le matin, les enfants étaient invités à participer sur l'esplanade de la salle des fêtes à des jeux variés. Près de vingt-cinq garçons et filles ont pu ainsi bien s'amuser. 

SI DES LECTEURS POUVAIENT NOUS ENVOYER DES PHOTOS DE CETTE MATINÉE, NOUS SERIONS HEUREUX DE LES PUBLIER SUR CE BLOG.

A 17 heures, la messe fut célébrée en la chapelle Saint Roch, puis la statue du protecteur de Poggiolo et Guagno-les-Bains fut portée en procession autour du village.

Les personnes présentes dégustèrent ensuite l'apéritif offert par la municipalité et le comité des fêtes, ainsi que les quiches et tartes confectionnées par les volontaires.

Voici un diaporama montrant plusieurs moments de la procession. Il est possible de comparer avec d'autres années en visionnant les reportages des 16 août précédents à l'adresse: http://www.dailymotion.com/user/michelfran/1

 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 18:00

Le traditionnel pèlerinage à la chapelle Saint Elisée aura lieu vendredi 29 août à 10 h 30.

Cette célébration tient une place importante dans notre micro-région, comme déjà indiqué dans l'article Le saint des hauteurs.

Mais il n'existe pas seulement la chapelle de Saint Elisée située au dessus d'Orto.

Martin ARRIGHI, président de l'association LETIA-CATENA, nous l'explique avec la photo suivante et ce texte d'accompagnement:

Suite à votre reportage sur San Eliseu, je vous transmet une photographie d’un ancien oratoire dédié également à ce saint de l’Ancien Testament.
Il existe un ancien oratoire San Eliseu qui domine les hameaux de Letia sur le col U Veralu, à 990m d’altitude . Il est représenté par une croix en fer forgé d’où l’on domine le village et le paysage qui s’ouvre à l’Ouest vers la mer.
C’est par ce col, où avait été bâti l’oratoire, que passe le chemin qui mène de Letia au lac de Ninu et au Niolu en passant par le col san Petru.

L'autre Saint Elisée
L'autre Saint Elisée

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 17:28

Cet été, votre blog favori prend une nouvelle semaine de vacances supplémentaires.

Nous nous retrouverons mardi 26 août.

Bon repos à tous.

Le repos du mois d'août

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 17:59

"La tête de Maure incarne la puissance et la force". Cette curieuse phrase sert de titre à l'éditorial du numéro de "Inseme" d'août.

Elle fait référence à des articles de journaux et des reportages de télévision selon lesquels de nombreux automobilistes font placer sur la plaque d'immatriculation de leur voiture l'un des numéros des deux départements de la Corse ainsi que le logo de la tête de Maure. Ce choix, autorisé par la réforme de 2009 sur les immatriculations, viendrait de la réputation qu'ont les Corses de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Des gens sans aucune attache insulaire utiliseraient un tel procédé.

Mais il est possible d'aller encore plus loin, comme pour cette voiture dont la plaque a été photographiée le 9 juillet dernier.

Montrer sa force ou faire connaître ses racines?
Montrer sa force ou faire connaître ses racines?

Au symbole corse, a été ajouté le nom du village. Même si la deuxième lettre est un "U" au lieu d'être un "I", on comprend bien qu'il s'agit de "U Pighjolu".

La présence de ce nom ne s'explique pas seulement par le désir de montrer "la puissance et la force" mais aussi de faire savoir d'où l'on vient, quelles sont les racines auxquelles on se réfère. Pour visualiser leurs origines, d'autres Poggiolais utilisent les autocollants créés l'an dernier par l'AACSIS, comme sur les deux véhicules photographiés le même jour. 

Montrer sa force ou faire connaître ses racines?
Montrer sa force ou faire connaître ses racines?

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 17:48
Saint Roch peut vous "en faire baver"

Les messes et les processions en l'honneur de Saint Roch se déroulent d'année en année sans anicroche et sans surprise. Il est donc étonnant d'écrire que l'on peut "en baver" à cette occasion.

Pourtant, cette expression a bien été accouplée au protecteur de Poggiolo par Ghjuvan-Ghjaseppiu FRANCHI dans les colonnes de "La Corse, Mon Hebdo" le 30 avril 2010. Dans le cadre du dictionnaire français-corse qu'il remplissait semaine après semaine, l'écrivain, ancien directeur de la revue "RIGIRU", en était arrivé au verbe "baver" qui, de façon familière, donne l'expression "en baver" et "en faire baver à quelqu'un" qui se dit: "falli vede a San Roccu in lu stagnarone". Littéralement: "lui montrer Saint Roch dans un récipient étamé".

Pour comprendre cette curieuse expression, le rédacteur citait l'explication donnée par le grand universitaire Fernand ETTORI (1919-2001) dans son ouvrage: Anthologie des expressions corses, éd. Rivages, Marseille, 1984.

Saint Roch peut vous "en faire baver"

"Aux fêtes patronales, arrivaient des ermites portant sur la poitrine, suspendu au cou, une sorte de petit cadre en bois dans lequel était exposée, sous verre, l'image du saint qu'ils servaient, le plus souvent saint Roch. Ces cadres s'appelaient "paci" (paix); d'où le nom de "paciaghji" (porteurs de paix) donné dans le sud de la Corse à ces ermites qu'on appelait ailleurs "rimiti".

Moyennant aumône, chacun était admis à baiser l'effigie du saint, tandis que l'ermite effaçait, à chaque fois, avec un chiffon la trace des lèvres. On glissait l'aumône dans une sorte de tronc en fer blanc appelé "stagnalonu" par analogie avec le seau du même nom.

Vénérer ainsi saint Roch était gage de prospérité, mais si quelque jeune impertinent faisait mine d'esquiver l'aumône, l'ermite, furieux, menaçait de le prendre par les cheveux et de lui plonger la tête dans le bidon pour lui faire voir saint Roch".

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 07:59

Cette année, des animations et des jeux pour enfants sont prévus pour le 16 août à partir de 9 h 30 devant la salle des fêtes de Poggiolo . La messe aura lieu à 17 h.

Du nouveau pour saint Roch

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 18:01
Les 15 et 16 août dans les villages

La fête de la Vierge Marie et le jour de Saint Roch sont l'occasion de nombreuses fêtes dans nos villages à la mi-août.

Vendredi 15 août, des messes de l'Assomption seront notamment célébrées à Vico et à Soccia à 11 h, avec une procession à 21 h 30.

Samedi 16, la Fiera di San Roccu di Rennu débutera par la messe traditionnelle à 10 h. Pour le programme des deux jours de cette Foire, consulter le programme à l'adresse:

http://inseme-bulletin.hautetfort.com/media/02/02/3378024614.jpg

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MAIS SURTOUT N'OUBLIONS PAS POGGIOLO:

SAMEDI 16 À 18H: MESSE ET PROCESSION

SUIVIE D'UN BON MOMENT DE CONVIVIALITÉ:

- APÉRITIF OFFERT PAR LA MUNICIPALITÉ

- ACCOMPAGNEMENT SALÉ ET SUCRÉ À L'INITIATIVE DES HABITANTS DE POGGIOLO ET DE GUAGNO-LES-BAINS.

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 18:00

Les lacs ne sont pas toujours les repaires des démons. Même le lac de Crena (ou de Creno), après que Satan en eut été chassé (voir l'article Les légendes de chez nous (1/7): Le lac de Satan), abrite plusieurs fées dont la reine intervient dans le conte ci-dessous.

Cette histoire était racontée dans plusieurs endroits de Corse. Elle a donc plusieurs versions. Certaines localisent la famille de Francescu à Orezza et non pas dans le Niolu. D'autres citent la localité de Cervione, au lieu de Mariana, comme la ville du jeu. Mais il est évident que la seule véritable version que peut être que celle qui concerne les Deux-Sorru!

Le texte est celui de l'"Almanach de la mémoire et des coutumes de la Corse" écrit par Claire TIÉVANT et Lucie DESIDERI (Albin Michel, 1986) et dont sont extraites les deux premières illustrations.

FRANCESCU RENCONTRE LA FÉE

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

Un beau jour, en temps de disette dans le Niolu, un pauvre père de famille dut déclarer à ses douze enfants qu'ils devaient quitter la maison paternelle pour aller gagner de par le monde le pain que le pays ne pouvait leur procurer. Le pauvre petit Francescu, cadet de la famille, se mit à pleurer à chaudes larmes. Comment pourrait-il suivre ses frères, lui qui était boiteux? Le père consola l'enfant, fit promettre à ses fils aînés de ne jamais abandonner leur petit frère et la mort dans l'âme, dit adieu à ses enfants. Ceux-ci décidèrent de gagner Bunifaziu (Bonifacio) afin de s'embarquer pour la Sardaigne. La route était longue et Francescu les retardait. Ils convinrent donc de l'abandonner. Lorsqu'ils atteignirent Bunifaziu, le temps se couvrit. Ils embarquèrent et la tempête se leva. Le bateau fit naufrage et les onze frères périrent en même temps. 

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

Mais retrouvons Francescu qui, délaissé en chemin, avait tant pleuré ses frères qu'il s'était endormi. Lorsqu'il s'éveilla, une vieille femme était assise à ses côtés et il réalisa soudain que sa jambe était miraculeusement guérie. Il comprit alors que la vieille femme avait profité de son sommeil pour lui frotter la jambe avec des herbes merveilleuses, et il lui manifesta une émouvante reconnaissance.

Touchée par la bonne nature de ce garçon, la vieille femme reprit donc son apparence de fée et, avec une grâce infinie, avoua à Francescu qu'elle était la reine des fées du lac de Creno, et proposa, avant de disparaître, de lui accorder deux bienfaits. Francescu obtint ainsi un sac dans lequel pouvait entrer tout ce qu'il désirait, et un bâton qui faisait toutes ses volontés. A peine les avait-il en main que la belle fata disparut. Francescu demanda à son sac une perdrix rôtie qu'il dégusta séance tenante.

Une fois restauré, le garçon décida que ses pas le mèneraient à Mariana. Combien de fois n'avait-il pas entendu raconter que là-bas, tous les joueurs de Corse et d'Italie venaient jouer leur fortune? On disait encore que le diable, sous l'aspect d'un élégant jeune homme, y était le maître du jeu et que nulle victime, attirée là par l'appât du gain, ne savait lui résister. Ainsi donc, le diable achetait son âme et chaque jour, il trouvait une nouvelle proie. 

LA PARTIE DIABOLIQUE

Fort de son sac et de son bâton, Francescu se dirigeait d'un pas sûr en direction de Mariana. Arrivé aux portes de la ville, Francescu commanda : « Cent mille écus dans mon sac ! » et aussitôt les écus pesèrent de tout leur poids dans le sac. Le diable qui avait l'apparence d'un beau jeune homme n'avait pas tardé à repérer Francescu aux tables de jeu. Il lui proposa de jouer avec lui et, trois jours durant, ne cessa de gagner.

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

Au bout de trois jours, le diable pensa que son adversaire était sur le point d'être ruiné. Il lui proposa donc, s'il voulait recouvrer sa fortune perdue, d'aller violer la jeune fille qu'il lui désignerait. Ainsi achetait-il les âmes ! 
« Saute dans mon sac », s'écria Francescu. Et le diable se retrouva aussitôt prisonnier dans le sac magique. Alors Francescu ordonna à son bâton de frapper le sac sans relâche. Le diable finit par crier grâce et accepta de rendre la vie à tous les jeunes hommes qui, ruinés par ses soins, s'étaient donné la mort de désespoir. Enfin, Francescu donna à chacun d'entre eux une petite somme d'argent pour quitter la ville et aller gagner honnêtement sa vie. Sa mission accomplie, Francescu décida de rentrer au pays. 

LE BON USAGE DE LA MAGIE

En chemin, il corrigea un certain docteur Brancaziu qui refusait de soigner un malheureux vieillard. Puis il arriva chez lui, dans le Niolu. Là, la famine qui l'avait jeté sur les routes avec ses frères continuait à sévir cruellement. Francescu ouvrit une auberge : grâce à son sac et son bâton, il put offrir deux repas par jour aux villageois, jusqu'à ce que l'abondance revînt. Alors il cessa ses largesses pour ne pas rendre son entourage paresseux. On ne peut dire que Francescu vécut heureux. Regrettant ses onze frères, il eut beau essayer de les faire rentrer dans son sac en les nommant un à un, il n'y recueillit que des os. 

Francescu vécut longtemps. Lorsqu'il fut très vieux, la mort vint le trouver. Mais souhaitant revoir une dernière fois la bonne fée qui avait favorisé sa vie, il demanda à la mort de lui accorder un délai. Devant son refus obstiné, le vieux Francescu usa une dernière fois de son pouvoir : 
« Saute dans mon sac », dit-il à la mort. Et celle-ci se trouva prisonnière dans le sac.

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

La reine des fées du lac de Creno lui apparut alors, toujours d'une égale beauté. «Tu as fait si bon usage du sac et du bâton, Francescu, dis-moi comment je puis te récompenser; je peux t'offrir la jeunesse, la richesse, le pouvoir, tout ce que tu désireras». Mais le vieux Francescu s'estimait rassasié de jours. Il demanda donc à la bonne fée que la Corse fût débarrassée à jamais des Sarrasins. Le vœu accordé, la fée disparut pour toujours. 

Quant à Francescu, il prépara un bon feu pour réchauffer ses pauvres membres déjà froids et, libérant la mort, il jeta son sac et son bâton dans le feu, craignant qu'on n'en fit mauvais usage. Et le feu n'était pas encore éteint que la mort était venue faucher la vie du brave Francescu. 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

Dimanche 3 août: conférence sur "L'occupation génoise de la Corse" en l'église San Martinu de LETIA (à 17 h).

Samedi 16 août: FÊTE DE LA SAINT ROCH. A 17 h, messe et procession.

Vendredi 29 août: pèlerinage à Saint Elisée. Messe à la chapelle à 10 h 30.

Mardi 2 septembre: rentrée scolaire.

Dimanche 14 décembre: Marché de Noël

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO


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