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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 18:01

La com'com a connu un nouveau départ très agité.

 

Vendredi 17 juillet, suite aux élections municipales, la communauté de communes Spelunca-Liamone a réélu à sa tête François COLONNA, le maire de Vico. Mais avec 27 voix contre 22 pour François COGGIA, maire de Coggia, candidat inattendu.

 

Jean-Laurent Pinelli, maire de Poggiolo, fait partie des 12 vice-présidents de la communauté de communes.

Jean-Laurent Pinelli, maire de Poggiolo, fait partie des 12 vice-présidents de la communauté de communes.

 

Le président retrouve son fauteuil avec un goût d'amertume. Il accuse "une forte sollicitation de l’exécutif pour influencer les votes de certains élus contre moi. Je regrette qu’on ait politisé une élection qui n’a jamais été politique chez nous" ("Corse-Matin" du 19 juillet).

 

Pascale CHAUVEAU, la correspondante locale, a remarqué que "parmi les critiques avancées, figurent les frais de fonctionnement de la com'com, la gestion des déchets, le projet de centre culturel [à Sagone], le déménagement du FAM (Foyer pour Adultes Médicalisé) de Guagno les Bains vers Vico...".

 

Le dernier point concernant directement la commune de Poggiolo-Guagno les Bains, il est important de bien relever la réponse de François COLONNA:

 

en ce qui concerne le centre culturel et le FAM, cela n’a rien à voir avec la com’com ! Le centre culturel est un projet strictement communal, et le FAM est une structure privée, liée comme l’EHPAD de Vico à l’association HD2A. J’ai créé cet outil qui représente aujourd’hui 64 emplois, ce qui profite à tout le canton. Les emplois seront préservés même si le FAM déménage à Vico. En revanche, les frais de fonctionnement de la structure actuelle coûtent la peau des fesses, et cela permettra aussi de libérer l’espace si les thermes de Guagno les Bains sont relancés.

 

 

L'entrée des thermes

L'entrée des thermes

 

Il est donc bien clair que la municipalité poggiolaise n'a aucun pouvoir de décision sur l'implantation du FAM.

 

Le Foyer partira, à un moment que l'on ne connaît pas encore, et "le serpent de mer" des thermes des Bains sera peut-être relancé à une date que l'on ignore.

 

De toute façon, la décision de relancer la station thermale ne dépend pas de la communauté de communes mais de la Collectivité de Corse.

 

Affaire à suivre, avec attention...

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 08:07

 

 

Ce soir, ouverture du Festival Sorru in Musica

 

L'ensemble du programme est disponible à l'adresse:

http://www.sorru-in-musica.corsica/pdf/PROG-SORRUINMUSICA-20.pdf

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 10:00

La guerre de 1870-1871 est bien oubliée alors qu'arrive son cent-cinquantième anniversaire.

 

Le 19 juillet 1870, le gouvernement français de Napoléon III déclara imprudemment la guerre à la Prusse, laquelle fut aussitôt soutenue par l'ensemble des Etats allemands.

 

Les armées françaises, mal préparées, furent défaites. Les combats prirent fin par l'armistice du 28 janvier 1871. Le traité de Francfort du 10 mai consacra la victoire de l'empire d'Allemagne, proclamé à Versailles le 18 janvier, qui prit l'Alsace et une grande partie de la Lorraine à la France.

 

Actuellement, cet affrontement semble tellement éloigné qu'il semble n'intéresser que quelques historiens.

 

Magazine "L'Histoire" de mars 2020.

Magazine "L'Histoire" de mars 2020.

 

Pourtant, 139.000 soldats français périrent.

 

En faisant dix fois plus de victimes, la guerre de 1914-1918 effaça le souvenir de 1870. Les monuments aux morts qui fleurirent ensuite furent consacrés au souvenir des victimes de la première guerre mondiale. Les morts de la Seconde guerre mondiale y furent ajoutés, ainsi que ceux des guerres d'Indochine et d'Algérie.

 

Mais quelques communes pensèrent à se souvenir de la guerre franco-prussienne. Orto est la seule des Deux Sorru à être dans ce cas. Sur la première ligne des plaques portant par ordre alphabétique la liste des soldats du village morts au combat, on peut lire:

 

 

"PAOLI Ange Mathieu 1870".

 

 

 

Un enfant d'Orto mort il y a 150 ans

 

Malheureusement, nous n'avons aucun renseignement sur Ange Mathieu PAOLI. Quelle fut sa carrière? Quand et où est-il mort?

 

Antoine-Laurent DEMARTINI, un enfant de Poggiolo, mourut également pendant ce conflit mais aucun monument, aucune plaque, ne le rappelle.

 

Il fera l'objet d'un article prochain.

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 10:00

 

Toutes nos condoléances.

 

 

Chagrin à Guagno-les-Bains
Chagrin à Guagno-les-Bains

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 18:00

 

Une discothèque est un lieu où l'on se réunit pour écouter de la musique et pour danser. Mais il est impossible d'oublier que l'on y boit, et parfois beaucoup. Il en était évidemment ainsi "chez Fichet", à Soccia. Dans la nuit, de nombreuses bouteilles de toutes sortes étaient vidées. 

 

Mais il ne faut pas oublier que ce lieu était également un débit de boissons dans la journée. On pouvait venir simplement s'y rafraîchir comme ces cinq Poggiolais un après-midi de l'été 1969. De la bière au pastis en passant par la menthe à l'eau, les contenus des verres sont variés. 

La photo peut être agrandie avec un clic.

 

Photo Bernard Franceschetti.

Photo Bernard Franceschetti.

De gauche à droite: Joël CALDERONI, Marie-Claude FRANCESCHETTI, X, Michel FRANCESCHETTI, Hervé OULIÉ.

 

 

La photo est intéressante car il est difficile de trouver un cliché pris en nuitée, et aussi parce qu'elle contraste terriblement avec l'excitation de la nuit. La fatigue de la soirée précédente se faisait-elle encore sentir ou prenait-on des forces avant la prochaine?

 

Pour les sceptiques qui douteraient du lieu où cette photographie a été prise, nous leur conseillons de bien regarder la clôture métallique et les piquets de 1969 et de les comparer avec ce que montre Google Maps en 2008: l'identité est totale.

 

Boire et pas seulement danser
Boire et pas seulement danser

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 18:00

 

 
Alors que certains secteurs ont pu progressivement reprendre leur activité, tous les lieux festifs, clubs et discothèques doivent garder leurs portes fermées jusqu'en septembre. On est loin de la joie de vivre et de s'amuser des "Trente Glorieuses".
 

Pour les membres de la génération 68, cette époque fut symbolisée par Antoine et François DEMARTINI.
 
Les deux frères étaient un symbole, le symbole des soirées que passaient les adolescents qui, de Soccia, Poggiolo, Guagno-les-Bains, Orto, Guagno et des autres villages, allaient "Chez Fichet" pour se rencontrer.
 
 
Cette "boîte" située près du pont à l'entrée de Soccia, entre l'actuelle mairie et l'hôtel "U Paese" (alors en construction), occupait le rez-de-chaussée de la maison photographiée par Google Maps. D'après certains souvenirs, son ouverture aurait eu lieu en 1966.
 
Copie d'écran Google Maps.

Copie d'écran Google Maps.


Ecouter les 45 ou 33 tours de Johnny, de Claude François, des Beatles, etc, danser, jouer au flipper, au baby-foot ou au billard, boire un (ou plusieurs) verres, tout y était possible. 
 
Le dynamisme et le sourire des deux frères donnaient une ambiance très particulière. Combien de flirts ou d'amours sérieux ont commencé là! Combien de fois a-t-on bu un peu plus que la mesure! Combien de discussions se sont enflammées autour des tables dans l'atmosphère de l'après-mai 68!
 
 
Cette photo publiée sur le groupe Facebook du Village d'Orto rend bien cette atmosphère. 
 
 
Quand les discothèques n'étaient pas fermées

 

On aperçoit certaines des affiches et des pochettes de disques (on ne disait pas encore vinyls) qui décoraient les murs. Cette image laisse apercevoir les inconfortables banquettes qui bordaient les côtés: de simples planches recouvertes de tissu rouge et reposant sur des quérons.  

 

Malheureusement, les photos de "chez Fichet" sont extrêmement rares car les appareils  n'avaient la légèreté des smartphones actuels... et car on avait bien d'autres choses à s'occuper.

 

Le lieu fut animé jusqu'au début des années 1980 mais Antoine, qui avait enregistré des disques, continua à chanter pour les fêtes de village et dans des cabarets. Il mourut en août 2009, sur la scène du restaurant "U Rasagju" de Cargese, en plein tour de chant.

 

Quelqu'un a, dès le lendemain de son décès, mis sur Youtube un film montrant un extrait de son spectacle de Cargese.
 
Un moyen pour les anciens d'aujourd'hui de se souvenir de leurs 20 ans.
 
 

 

PS: pendant plusieurs années, "Fichet" fut en concurrence avec un autre lieu, "Le Robinson de St Marcel", placé entre Poggiolo et Soccia. Un article lui a déjà été consacré sur ce blog.

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 18:15
Que peut-on manger à Merendellla ?

Le restaurant Merendella de Soccia communique:

 

Cette année nous vous proposons quelques petites nouveautés ...

 

En ce moment...

 

 

Côté entrées :


Croustillant au brocciu et thym,
Frise des pouilles tomates et origan,
Carpaccio de veau,
Beignets de fromage de chèvre,
Clafoutis de courgette. 

 

 

Côté plats :


Tagliata de côte de bœufs désossée aux échalotes confites pimentées,
Quasi de veau aux agrumes,
Filet de volailles fermier au miel de châtaigner 
Jarret de veau corse en civet .

 

 

Du côté sucré, Jean-Christophe vous fera découvrir plein de saveurs que lui procure la nature au travers des herbes et des fruits de saison :


Pavlova à la cerise du jardin,
Les incontournables moelleux au chocolat et châtaigne,
Nougat glacé à la clémentine ou orange confite,
Dôme à la châtaigne. 
Les desserts sont accompagnés de glaces maison.

 

 

Nous sommes heureux de vous accueillir pour le service du midi de 12:00 à 14:00 et le soir de 19:30 à 22:00.


Pour toute réservation, nous sommes à votre disposition au :
0645356153

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 10:00
Généalogistes et historiens sont au chômage technique

Internet a pris une grande place dans de tellement nombreux domaines qu'il est difficile d'imaginer s'en passer. Les généalogistes et les historiens, aussi bien amateurs que professionnels, qui veulent étudier la Corse le constatent amèrement.

Depuis le début du confinement, les archives départementales de Corse-du-Sud sont inaccessibles à cause d'un "bug" informatique. Impossible d'étudier les vieux actes d'état-civil, de scruter le plan-terrier, de prendre des notes sur les fiches des registres matricules militaires ou de lire les journaux insulaires d'avant-guerre.

Depuis deux semaines, on peut accéder à une annonce demandant d'attendre le 29 juin. Mais on arrive à la mi-juillet!!!

Contactés téléphoniquement, les employés des archives ont certifié que les techniciens font de leur mieux pour rétablir la situation. Ils y arriveront mais quand?

Nous souhaitons que le site sera accessible quand vous lirez cette information.

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 09:26

 

 

Le programme du festival est arrivé

 

Bertrand CERVERA l'avait affirmé pendant le confinement: Sorru in Musica aura lieu. La preuve en est fourni par la parution du programme qui est désormais téléchargeable sur le site du festival:

http://www.sorru-in-musica.corsica/pdf/PROG-SORRUINMUSICA-20.pdf

 

ou encore à l'adresse:

https://documentcloud.adobe.com/link/review?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3A0572c379-e06a-4d2d-8113-800cbf159704&fbclid=IwAR3Pg3RkrkbJNPsH81ppvBctN1eG0p3f7UFNxm48mRjFNl-biKDM2IKUJ9A#pageNum=1

 

Les conditions sanitaires font que le festival sera moins nomade que d'habitude: sur dix soirées, trois seulement se dérouleront en dehors de Vico. Elles seront toutes en plein air et les gestes barrières seront bien observés.

Une bonne initiative est à remarquer: 

Compte tenu du contexte économique, l’association Sorru in Musica n’a pas sollicité ses annonceurs pour l’aider à éditer cette brochure. Mais pour les remercier de leur fidélité, l’association Sorru in Musica a pris l’initiative de leur offrir l’espace publicitaire.

 

Le programme du festival est arrivé

 

EDITORIAL DE BERTRAND CERVERA

17ème festival !

Festival Sorru in Musica 2020 -17ème édition-

 

 

Et la musique continue de nous faire vivre et vibrer...

Notre viatique de rassembler autour de cet événement est d’autant plus

fort, nécessaire et essentiel cette année.

Nous avons voulu, coûte que coûte, croire en la faisabilité de notre festival.

Avec énergie, et une conviction chevillée au corps que la culture et l’art étaient les meilleurs des remèdes aux maux de notre société. Quels qu’ils soient.

Cette passion qui nous anime et nous relie comme une famille a été la plus forte.

Avec bon sens et prudence, nous allons pouvoir ensemble continuer cette aventure.

Une programmation éclectique comme une marque de fabrique. Des  partenariats toujours renouvelés –Casa di Lume Cinémathèque de Corse, Aria, Festival Links, Estru Paisanu Museu di Corsica, Centre d’Art Polyphonique de Sartène...

Des villages et leurs équipes de bénévoles enthousiastes… Evisa, Coghja, Rennu...

Du Vivaldi, du Mozart, du tango, de la poésie, du théâtre, du cinéma, de l’opéra...

Des notes et des mots.

Une ambiance.

Un partage d’émotions.

Juste le spectacle vivant...

Bon festival à tous !

 

Bertrand Cervera,

Directeur artistique du festival

Président de l’association

SORRU IN MUSICA

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 18:00

 

En 1966, réapparut le même projet d’excursion à Belle e Buone et Bocca-Soglia que l’année précédente (voir le dernier article). Cette fois, il était prévu de passer une nuit dans les bergeries pour avoir tout le temps d’aller jusqu’au bout.

 

 

UNE PRÉPARATION MINUTIEUSE

 

Le tracé fut bien étudié avec les cartes et les guides imprimés. Les quantités et les qualités de nourriture furent minutieusement calculées. Chacun devait avoir le même nombre de biscuits Figolu et les mêmes portions de crème dessert Mont Blanc.

 

Figolu (photo Le Parisien)

Figolu (photo Le Parisien)

 

Comme il était habituel à cette époque, les provisions furent achetées et commandées la veille à Guagno-les-Bains, chez Mimi CANALE. Elles n’arrivèrent pas par le car de Dominique-Antoine comme prévu, ce qui inquiéta les jeunes jusqu’à ce que le paquet, pris dans la boutique par Jean-Pierre FRANCESCHETTI, arrive un peu plus tard par la voiture de Noël SICHI.

 

Car de Dominique-Antoine dans les années 60.

Car de Dominique-Antoine dans les années 60.

 

 

Mercredi 27 juillet 1966, ils furent dix à partir :

- Jean-José et Rose-Marie BARTOLI (maintenant, épouse CHABROLLE)

- Joël et Hervé CALDERONI

- Bernard et Michel FRANCESCHETTI

- Jacques-Antoine et Marie-Thérèse MARTINI (maintenant, épouse LECCIA)

- François ORAZY

- Dominique (dit Doumé) PINELLI (le seul à habiter toute l’année au village)

 

Les CECCALDI et les OULIÉ, pas encore arrivés au village, n’en firent pas partie, de même que certains autres échaudés par l’aventure de l’année précédente. Jean-José et Bernard n’avaient pas connu l’expérience de 1965 car le premier était parti pour un séjour en Angleterre deux semaines auparavant et car le second n’avait pas du tout passé cet été-là en Corse.

 

Aucun des excursionnistes n’ayant d’automobile, le départ eut donc lieu à 3 heures et demi du matin.

 

 

VERS L’OBJECTIF

 

La première partie de l’expédition consistait, comme en 1965, à rejoindre Guagno à pied. Au Fragnu, au début de la route d’Orto, ils prirent l’ancien chemin qui commençait toujours dans le dépotoir de Poggiolo. Ils descendirent jusqu’à la rivière puis grimpèrent pour arriver à Guagno…, bien évidemment dans la décharge municipale (tout cela a été décrit dans l'article précédent). 

 

Le village traversé, ils marchèrent tranquillement sur le même embryon de route qui avait été tracée pour aller vers Corte, mais qui n’y arrivera jamais.

 

Ensuite, sentier de moins en moins visible, des pentes parfois assez raides, un terrain s’éboulant de temps en temps. En tout cas, on resta groupé et personne ne s’égara. Finalement, les bergeries de Belle e Buone furent atteintes. 

 

 

Vue aérienne des bergeries (image Géoportail)

Vue aérienne des bergeries (image Géoportail)

 

Une partie des bagages y fut abandonnée pour s’alléger et l’on grimpa vers le col de Bocca Soglia. Mais ce fut difficile: on passait de pratiquement 1400 à 2000 mètres d’altitude en peu de distance et la pente était très forte. 

 

Bergeries et col (carte IGN)

Bergeries et col (carte IGN)

 

Après le repas pris à mi-hauteur, trois membres de l’expédition obliquèrent vers un névé, une plaque de neige, pour une bataille de boules de neige (le réchauffement climatique n’existait pas encore) avant de rejoindre les autres, qui s’étaient obstinés à aller directement jusqu’à la crête d’où ils purent admirer le paysage du lac de Melo, bien qu’étant un peu trop à droite. Ils étaient à la limite des deux Corse: le Deça des Monts (ou Cismonte) et le  Delà des Monts (ou Pumonte).

 

Il fallut redescendre précipitamment aux bergeries à cause de la pluie qui se mit à tomber brutalement. Les Poggiolais furent rejoints par des bergers qui apportèrent des planches pour alimenter le feu de la cheminée. Quand, la pluie ayant cessé, ils partirent pour rechercher leurs bêtes, les jeunes s’aperçurent que ces bergers avaient détruit une partie de la table et des bancs de l’extérieur pour servir de combustible ! 

 

 

LA SURPRISE DU MATIN

 

Répartis entre deux cabanes de la bergerie, les randonneurs passèrent une bonne nuit pour se remettre de leur fatigue. Mais, au matin du jeudi, surprise ! 

 

Tout le paysage était caché par le brouillard. Les masses blanches descendaient, montaient, tourbillonnaient, mais elles étaient épaisses et empêchaient de voir au-delà des bergeries et de la source. 

 

Les jours où Poggiolo crut avoir perdu sa jeunesse. 2/2 : en 1966

Cette photo a été prise par Jacques-Antoine MARTINI lors d’une autre excursion, au lac de Goria, en 1968.

Mais elle peut servir à illustrer la surprise du réveil. De gauche à droite : Rose-Marie BARTOLI, Hervé CALDERONI, Michel FRANCESCHETTI, Joël CALDERONI. 

 

 

On sut plus tard que la météo avait prévu un risque de mauvais temps mais aucun membre de l’expédition ne l’avait écoutée à la radio. A cette époque, les prévisions météorologiques étaient encore souvent imprécises

 

En tout cas, tenter de rentrer aurait été une folie. On attendit vainement une éclaircie toute la matinée. François ORAZY et Bernard FRANCESCHETTI prirent leurs sacs pour tenter de rentrer quand même mais ils durent se rendre à l’évidence du danger et rebroussèrent vite le chemin. 


A 15h, il fut décidé de rester et de songer à bien préparer la nouvelle nuit. On choisit une troisième cabane afin d’être moins serré pour dormir. On charria des pierres pour caler les lits de bois. On coupa des fougères pour en faire des matelas. Doumé PINELLI, qui avait l’habitude de la montagne, fut particulièrement efficace dans cette préparation.

 

Dominique PINELLI (avant-dernier à droite) fait partie du conseil municipal élu cette année à Poggiolo.

Dominique PINELLI (avant-dernier à droite) fait partie du conseil municipal élu cette année à Poggiolo.

 

On mit de côté la quantité de bois nécessaire pour l’entretien du feu. Les provisions étaient largement suffisantes pour survivre une journée de plus que prévu.

 

L’ambiance était détendue. Les discussions et les blagues allaient bon train.

Etat actuel de la bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

Etat actuel de la bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

 

UN VILLAGE INQUIET

 

A Poggiolo, la même journée du jeudi avait vu l’inquiétude grandir dans l’après-midi. De plus, le temps y avait été également mauvais. Il faut bien avoir à l’esprit que, en 1966, le téléphone portable n’existait pas et le GPS n’était pas imaginable. Aucune communication n’était possible.

 

Le soir, des voitures avaient été envoyées à Guagno comme l’été précédent tandis que des vieilles, parentes des disparus (notamment Xavière MARTINI, tante de Jacques et Marie-Thérèse, Rosine FRANCESCHETTI, grand-mère de Bernard et Michel, Elisabeth VENTURINI, grand-tante de Joël et Hervé), groupées au pied de la croix du Fragnu, priaient.  

 

D'autre part, il ne faut pas oublier que presque tous ces jeunes étaient mineurs, l'âge de la majorité était alors de 21 ans (il passa à 18 ans en 1974).

 

 

Xavière Martini (copie d'écran extraite d'un film de Michel Franceschetti).

Xavière Martini (copie d'écran extraite d'un film de Michel Franceschetti).

 

Tout le monde finit, avec difficulté, par se coucher. Mais, vers 4 heures du matin, morte d’inquiétude, Xavière alla frapper à toutes les portes.

 

Le groupe des vieilles se reconstitua dans la cour des FRANCESCHETTI et se mit à égréner le chapelet.

 

Gendarmes et gardes-forestiers, prévenus par la mairie, étaient prêts à lancer une expédition de secours.

 

 

UN RETOUR FACILE ET ÉPUISANT

 

Au petit matin, les dix randonneurs quittèrent les bergeries après avoir terminé leurs dernières nourritures. Le retour fut facile: tout le monde avait bien dormi, les sacs étaient très légers et le  brouillard avait totalement disparu. Arrivés à Guagno, au bureau de poste, il leur fut bien sûr impossible d’avoir la communication avec Poggiolo.

 

Mais plusieurs voitures poggiolaises avaient été envoyées en éclaireurs et, en sortant de Guagno, les jeunes rencontrèrent celle de Xavier PAOLI. Ils refusèrent d’être ramenés et, le village allant être prévenu, ils décidèrent de rentrer par eux-mêmes pour montrer qu’ils étaient capables de réaliser seuls toute l’excursion.

 

La dernière montée depuis la rivière, au Canapello, fut très dure, d’autant que midi s’approchait et que le soleil brûlait. La fatigue se faisait de plus en plus sentir. Pour trouver la force de continuer, Michel FRANCESCHETTI, exténué et les pieds endoloris par des pataugas trop serrés, se mit à réciter à haute voix des dates d’événements historiques. Beaucoup s’en souviennent encore.

 

Finalement, le groupe émergea du Fragnu et entra au village en chantant avec aplomb sous les yeux des nombreux Poggiolais sortis dans la rue.

 

Marie, la mère de Michel, eut la présence d’esprit de prendre la caméra de son fils pour filmer le retour. On y voit (ci-dessous) les égarés expliquer leur aventure, notamment à Raymonde, la nounou des BARTOLI, qui s’occupait des enfants alors que les parents n’étaient pas encore arrivés pour leurs congés.

 

Raymonde discutant avec Marie-Thérèse MARTINI (de face : Hervé CALDERONI)

Raymonde discutant avec Marie-Thérèse MARTINI (de face : Hervé CALDERONI)

 

SURSAUT D’ORGUEIL

 

Rassemblant le peu de forces qu’il leur restait, les excursionnistes eurent un sursaut d’orgueil. Ils montèrent la stretta en courant pour rejoindre la véranda des BARTOLI qui leur servait alors de quartier général. Le film montre qu’ils furent accompagnés par François, le frère de Jean-José et Rose-Marie, et par les frères OULIÉ qui venaient à peine d’arriver d’un séjour en Grande-Bretagne. Ils en ramenaient d'ailleurs des talkies-walkies qui furent utiles lors d'une excursion suivante.

 

Tous s’effondrèrent ensuite sur des chaises et burent de nombreux litres d’eau mais l’honneur était sauf: ils avaient montré leur énergie et leur volonté. 

 

D’autres aventures en montagne suivirent mais aucune ne fut plus épique que celles de 1965 et 1966.

 

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
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Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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