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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 18:00

A Sagone, les restes de la cathédrale Sant’Appianu sont bien connus depuis longtemps mais ils se dressaient tout seuls près de l’embouchure du fleuve Sagone. Ces dernières années, les travaux de Daniel ISTRIA ont permis de trouver deux baptistères et beaucoup d’autres vestiges (voir l’article de ce blog: le bilan de l'année 2012).

Mais d’autres éléments sont apparus récemment, comme le révèle «Corse-Matin» du 22 janvier.

Le projet «centre-bourg» de la commune de Vico a été choisi par le gouvernement pour faire partie des 52 communes bénéficiaires de subventions étatiques. Il consiste notamment en la création d’un ensemble administratif de 1.400 m2 qui doit s’élever tout près de l’ancien ensemble religieux. Des fouilles préventives ont été réalisées entre août et octobre derniers (2016) par la société Arkémine, connue pour avoir réalisé l’étude du bâti historique du centre ancien de Bastia et pour avoir fouillé le site du village médiéval déserté de Lazer (Hautes-Alpes). Les chercheurs ont très rapidement découvert de nouveaux et nombreux vestiges antiques, paléochrétiens et médiévaux d’un petit quartier artisanal.

Cette zone sera protégée et mise en valeur pour les touristes qui se rendront ainsi compte de l’importance du port de Sagone dans l’Antiquité. 

Se pose alors la question de savoir quelles furent l’importance et la profondeur des relations entre la ville romaine et les villages de l’intérieur. L’influence romaine, puis chrétienne, a-t-elle pu se faire sentir rapidement à Poggiolo?

Sur les photos ci-dessous, extraites l’une du «Corse-Matin» du 22 janvier, et l’autre de Google Earth, la cathédrale est cerclée de rouge, les baptistères sont en jaune et le quartier artisanal découvert cet été est entouré de bleu.

 
Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.

Vous pouvez lire ici l'intégralité de l'article de "Corse-Matin " du 22 janvier 2017.

Photos et article peuvent être agrandis en cliquant sur leur image.

Il suffisait de creuser un peu.
Il suffisait de creuser un peu.
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 18:00

La Journée internationale des droits des femmes ou Journée internationale de la femme vient rappeler une fois par an, le 8 mars, que les femmes ont souvent été (et sont encore souvent) obligées d'accomplir des besognes pénibles.

Ce fut le cas en Corse. On connaît l'image folklorique de la paysanne corse portant la tinella, le baquet rempli d'eau, sur la tête quand il fallait aller chercher de l'eau à la fontaine.

Sur son tableau de la ruelle derrière la chapelle Saint Roch, le peintre RIFFLARD avait représenté une Poggiolaise accomplissant cette tâche (voir l'article "Une rue de Poggiolo").

Les droits des femmes à Poggiolo

Ce portage assuré par les femmes n'était pas un simple thème artistique mais une réalité de chaque jour.

Photo pris à la Teghia et publiée dans "L'info U Pighjolu" en août 2007.

Photo pris à la Teghia et publiée dans "L'info U Pighjolu" en août 2007.

Chaque génération reproduisait l'attitude des précédentes, jusqu'à l'installation de l'eau courante dans les maisons de Poggiolo en 1968.

La photo suivante montre un des derniers moments de cette soumission féminine car elle date du 15 août 1967. Bien que ce fut le jour d'une grande fête religieuse, deux jeunes filles portent de lourds brocs remplis à la fontaine du Lucciu. Rentrant au centre du village, elles viennent de passer devant le monument aux morts. Entre elles, un "macho" sans cœur s'amuse de leur peine et surveille que le travail se fasse vite.

Depuis cinquante ans, il y a prescription de tels faits. Mais il est préférable de laisser anonymes ces victimes, très certainement traumatisées pour le restant de leur vie, et leur infâme bourreau.

Les droits des femmes à Poggiolo
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 18:00

Une bonne nouvelle pour l'ensemble des Deux Sorru:

la pharmacie de Vico, fermée depuis près d'un an, reprend ses activités lundi 6 mars.

Comme l'indique l'article paru dans "Corse-Matin" samedi 4 mars, Philippe BUCHERT, venu de Calvi, a répondu à l'appel à candidature lancée cet été par l'administrateur judiciaire. Des travaux importants ont été entrepris pour augmenter l'espace client et donner plus de place à la pharmacie et aux cosmétiques.

La pharmacie de Vico revit

La pharmacie sera ouverte du lundi au samedi de 8 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 19 h. 

Cette réouverture était indispensable pour tous les habitants des villages de l'intérieur qui devaient se déplacer jusqu'à Sagone.

Tous nos vœux pour la réussite de la nouvelle pharmacie!

 

L'interruption de la pharmacie était d'autant plus grave que l'implantation de cette activité est ancienne à Vico.

Dans le chapitre "A propos de la santé à Vico" de l'ouvrage "Vico-Sagone. regards sur une terre et des hommes", le docteur Bernard ALLIEZ signale qu'il devait exister au Moyen Age un "spiziale" (apothicaire) mais que l'existence d'une pharmacie est bien prouvée par un document officiel du 23 septembre 1833. Le pharmacien était alors Venture (ou Bonaventure) MULTEDO.

A la fin du XIXème siècle, il exista même deux officines. En 1905, Don François BIANCARELLI en racheta une, puis l'autre un peu plus tard. Très aimé de ses concitoyens, il fut maire de Vico de 1919 à 1935. Son nom fut donné au square du monument aux morts.

Bernard ALLIEZ écrit: "Après son décès, en 1944, sa fille Rosine assurera la marche de la pharmacie pendant deux ans sous la "tutelle" du président du conseil de l'ordre des pharmaciens d'Ajaccio jusqu'à ce qu'elle épouse Henri CULIOLI, pharmacien originaire de Petreto, qui reprendra l'officine familiale de Vico jusqu'en 1967".

Il n'est pas dit dans ce livre que leur fille Marie-Dominique, née en 1955, fut, de 1982 à 1996, la première épouse de Nicolas SARKOZY et la mère de ses fils Pierre et Jean.

M. et Mme Culioli et leur fille.

M. et Mme Culioli et leur fille.

Le docteur ALLIEZ indique également que, dans les années 1990, la pharmacie, ayant été reprise par Jean Roch CALLAY, fut déplacée à son emplacement actuel, la maison Colonna.

Photo Google Maps

Photo Google Maps

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 18:00

Le Blog des Poggiolais a maintenant huit ans.

La première publication sur internet a eu lieu le 1er mars 2009 avec la diffusion du film sur la procession du 15 août 1966 à Poggiolo (voir en cliquant ici), suivi le lendemain par un reportage de TF1 sur les commerçants ambulants (voir en cliquant ici).

Depuis, plus de 1900 articles ont permis d’informer les Poggiolais et les amis de Poggiolo sur l’actualité du village et de rappeler les événements et les personnages importants de l’histoire de cette communauté.

La répartition par catégories de ces articles montre qu’ils touchent des domaines très différents:

  • Actualités (460 articles à la date du 2 mars)
  • Chez nos voisins (436)
  • Activités culturelles (322)
  • Patrimoine et traditions (266)
  • Fêtons la vie (209)
  • Faits du XXème siècle (208)
  • Temps fa (190)
  • Natura corsa (155)
  • etc.
Huit ans de blog

Une grande masse d’informations a été ainsi rendue accessible à tous. Mais Poggiolo et les villages voisins, aussi petits qu’ils soient, ont certainement encore de nombreux trésors à révéler.

    Ce blog doit beaucoup aux encouragements et aux documents envoyés par de nombreux lecteurs. Qu’ils en soient remerciés. N’hésitez pas à nous faire parvenir des photos, films ou papiers qui pourraient être utiles à tous les Poggiolais. 

    Mieux connaître son village et ses racines permet de mieux se connaître soi-même.

     

    Le blog est complété: 

    par une page Facebook (https://www.facebook.com/Poggiolo-167056470125907/)

    et par une vidéothèque de 78 films consultables sur Dailymotion (http://www.dailymotion.com/michelfran).

    53 d’entre eux se trouvent aussi sur Youtube.(https://www.youtube.com/user/michelpog).

     
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    2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 18:47

    La date de l'élection présidentielle se rapproche et les candidats potentiels se préoccupent de rassembler les 500 parrainages d'élus nécessaires pour participer au scrutin.

    Le Conseil Constitutionnel vient de publier sa première série de parrainages à la date du 1er mars. Sur les 1717 signatures validées, une seule émane des Deux Sorru: celle du maire de Guagno.

    Paul-Joseph COLONNA a décidé de soutenir la candidature de Henri GUAINO.

    Henri Guaino

    Henri Guaino

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    1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 18:00
    Solution de la devinette du mois: la plaque mystérieuse

    LE LIEU ET LES RAISONS

     

    La plaque de cuivre proposée par la devinette du mois se trouve dans un  lieu public de Poggiolo, un endroit où tout le monde peut la voir.

    Non, elle n’est pas sur une porte, ni sur une boîte aux lettres, ni sur une tombe.

    Elle est tout simplement dans l’église Saint Siméon.

    Cette plaque a été fixée sur le sommet du dossier d’un prie-Dieu.

     
    Solution de la devinette du mois: la plaque mystérieuse

    «Un prie-Dieu est une chaise qui dispose d'une assise sur deux étages, la première pouvant être relevable pour s'agenouiller. L'assise inférieure sert à poser les genoux, et le dossier sert à appuyer les coudes. Les deux assises sont le plus souvent paillées.»

    (Wikipedia, article «mobilier liturgique»)

     

    «Avant le concile Vatican II qui voit progressivement l'abandon des prie-Dieu dans les églises au profit de simples chaises ou bancs et l'imposition de la position debout à la place de l'agenouillement lors des moments clés de la liturgie, il était d'usage pour les notables de la paroisse d'être propriétaire dans les premiers rangs de leurs chaises avec prie-Dieu sur lesquels ils faisaient graver leurs noms sur des plaques de métal (généralement en cuivre) ou émaillées vissées au dossier des chaises.»

    (Wikipédia, article «prie-Dieu»)

     

    L’église poggiolaise est maintenant équipée de bancs mais ce prie-Dieu a été conservé, ainsi qu’un autre qui sera évoqué à la fin de l’article.

     
    Solution de la devinette du mois: la plaque mystérieuse

    Tous deux se trouvent à gauche, dans les premiers rangs, près de la chaire d’où parlait autrefois le prédicateur.

    Mais qui était la personne dont le nom E. VENTURINI est resté sur ce siège?

     

     

    E. VENTURINI

    La lettre «E» de la plaque est l’initiale du prénom «Elisabeth».

    Marie Elisabeth PINELLI naquit le 8 mai 1894 à Poggiolo. Ses parents, Antoine François PINELLI (1864-1944) et son épouse Marie Dominique MARTINI (1868-1909), s’installèrent à Constantine en Algérie. C’est dans cette ville que sa soeur Antoinette vit le jour en 1897 (elle décéda en 1989). Elle avait aussi un frère, Jean Toussaint, né à Poggiolo en 1891 et mort pour la France en 1918. Son nom figurait à la fois sur le monument aux morts de Poggiolo et sur celui de Constantine (voir l'article "les "poilus" poggiolais de Constantine").

    Elisabeth épousa le 17 mai 1922 à Constantine Emile Richard VENTURINI, né à Nouméa en 1879 et dont la famille était originaire d’Urtaca. Il mourut en 1939 à Poggiolo sans avoir eu d'enfant.

    «Madame VENTURINI», ainsi qu’on l’appelait souvent, était bien connue pour sa gentillesse et sa piété. Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait eu un prie-Dieu à son nom.

    Elle vécut jusqu’au 19 janvier 1996, à 102 ans, et fut inhumée à Poggiolo. 

    Sa sœur Antoinette eut, de son mariage avec Martin OTTAVY (1890-1957), né à Philippeville mais d’origine socciaise, un garçon Marc «Jean», qui fut tué au combat en 1944 (voir l’article "De l'Algérie aux rives du Doubs" ), et Maryvonne qui est la mère de Joël et Hervé CALDERONI.

     

     

    Ce simple prie-Dieu est un témoignage important de la pratique religieuse dans la première partie du XXème siècle. Il permet également d’évoquer l’histoire d’une famille poggiolaise. Il faut espérer qu’il soit conservé encore longtemps comme document historique.

     

     

    NOUVELLE ENIGME

    A côté du prie-Dieu d’Elisabeth VENTURINI, il existe un autre rescapé de ce genre de meuble religieux. Il comporte les lettres «C» et «A» tracées par des alignements de gros clous à tête ronde.

    Qui était ainsi désigné?

    L’animateur de ce blog l’ignore et espère que des lecteurs voudront bien l’éclairer.

     
    Solution de la devinette du mois: la plaque mystérieuse

    ——————————-

    Photos 1, 2 et 4 ont été prises le 21 août 2016; la 3 est extraite du film "Visite de St Siméon" tourné par Thierry CALDERONI en novembre 2008.

     
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    28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:00
    La devinette du mois: la plaque mystérieuse

    Cette plaque en cuivre avec l’inscription «E. VENTURINI» se trouve dans un lieu public de Poggiolo.

    Où est-elle placée exactement et dans quel but?

    Quelle est la personne concernée par cette plaque?

    Sachant que ce nom n’est pas courant au village, il est facile, surtout aux plus anciens, de résoudre facilement l'énigme.

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    26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:00

    Les souvenirs de cinéma itinérant évoqués dans l’article précédent ("Cinema in paese années 60") étaient très précis sur l’été 1965 mais il manquait quelques précisions comme le nom du projectionniste ou la durée de cette activité.

     

    Ces renseignements se trouvent dans l’ouvrage «Vico-Sagone, Regards sur une terre et des hommes». Jean-Pierre MATTEI, fondateur de la Cinémathèque de Corse et réalisateur du film «Filetta Meia ou Le village de mes origines» sur Renno (voir l'article "Parle de ton village"), y signe un chapitre intitulé «Cinéma et image animée dans l’espace vicolais».

    D’après lui, le premier "tourneur" ou projectionniste itinérant dans notre micro région semble avoir été Dominique MASPOLI, exploitant d’un cinéma Pathé Rural Nathan.

     

    «Pendant la période qui va de juillet 1934 à décembre 1934, il sollicite l'accord des maires environnants. Les villages qu'il visite constituent ce que nous avons appelé «l'espace vicolais». Il va de Calcatoggio à Sari d'Orcino, de Casaglione où son père fut maire, à Guagno. Il va à SOCCIA. à Piana et à Cargèse. à Renno et à Vico. Mais sa petite entreprise est peu rentable, et il décide de s'en séparer et de partir «sur le continent» pour travailler dans les industries textiles.»

     

    Un autre essai eut lieu après la guerre avec

    «Dominique PANIGHI et Toussaint SIMONI, ce dernier originaire de Sari d'Orcino. Durant deux ans et demi de 1954 à 1956, avec un appareil 16 mm S.L.D.P., ils ont projeté tous les jours sauf le dimanche. Ils sillonnaient les salles accueillantes des villages de Cargèse, Vico, SOCCIA, Bocognano, Ucciani, Ambiegna et Sari d'Orcino, où Dominique PANIGHI tenait un bar. Mais une fois tous les frais payés, la recette était maigre. Il préféra assurer son avenir en rentrant aux Postes et devint facteur de son village.»

     

    Dans les années 60, évoquées dans l’article précédent, le tourneur était Louis BERTOGLI.

    «Louis BERTOGLI, originaire de Letia Saint Martin et né en 1928, a grandi à Vico où il fréquentait le cinéma animé par l'Abbé FRANCHI.» 

    Abbé Franchi curé de Vico de 1928 à 1955

    Abbé Franchi curé de Vico de 1928 à 1955

    Ce dynamique curé vicolais avait repris la salle ouverte par Dominique MASPOLI pour créer en 1935 un cinéma paroissial appelé Ciné Régina. 

    «À son retour d'Indochine en 1950, M. BERTOGLI travaille au village dans différents domaines, avant d'animer, de 1960 à 1968, le cinéma itinérant de Vico, et de prendre le relais des projections dans l'espace vicolais.»

     

    La description de Jean-Pierre MATTEI se rapproche beaucoup des souvenirs de Michel FRANCESCHETTI de l'été 1965 publiés précédemment:

     

    «On peut reconstituer ce qui sera, durant une décennie, le parcours de notre opérateur ambulant. 

    Chaque lundi, trois bobines de films lui seront remises à Ajaccio par M. Teisseire. Le grand film est sur deux bobines et la troisième propose actualités, documentaire et bandes annonces. Equipé d'une voiture, d'un projecteur Debrie 16 m/m, d'une colleuse, d'une enrouleuse et de quelques affiches de publicité pour annoncer le programme, Louis BERTOGLI va chercher les films à Ajaccio ou à Propriano selon la disponibilité. Chaque semaine, il rayonnera de Vico à Guagno, à Tiuccia, à Sari d'Orcino, à Cargèse ou à Piana *, partout où des salles peuvent être louées. La convivialité règne. Si les chaises manquent, on les emprunte aux voisins. Louis BERTOGLI était entouré de jeunes gens heureux de parcourir la région et de rencontrer un public friand du spectacle populaire qu'est le cinématographe. 

    Trois ou quatre affiches de cinéma réparties dans le village annoncent la séance. Toutes les générations sont intéressées. Films romantiques et westerns ont la faveur du public fidèle et peu exigeant. La pellicule, fragile, casse souvent durant la projection et l'attente de la reprise pimente le silence. Ces interludes donnent une densité et comme une respiration interrogative aux séances.»

    * et, évidemment, à Soccia

     

    Il ne faut pas oublier qu’une salle de cinéma était également exploitée depuis 1929 à Vico, au Café de France (là où se trouvait, et se trouve toujours, la pompe à essence)

    Le Café de France

    Le Café de France

    «À Vico, la salle qui peut contenir 120 places, a été conçue pour les projections cinématographiques. Elle possède un balcon qui n'est utilisé que lorsque la salle est pleine, et, pour accéder au balcon, il faut monter par une échelle installée à l'extérieur!

    Insouciante et délicieuse époque où toutes les normes mises en place aujourd'hui n'existaient pas!».

     

    Les photos sont extraites de «Vico-Sagone, Regards sur une terre et des hommes»

    Cinéma rural (3/3): les tourneurs des Deux Sorru
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    23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 18:00

    L'article sur le cinéma de Marignana ("On a presque honte d'être d'un village") peut faire penser à une autre forme de cinéma rural, qui a malheureusement tout à fait disparu: le cinéma itinérant. Des projectionnistes allaient autrefois l'été de village en village pour montrer des films dans les lieux non encore touchés par la télévision.

     L'article ci-dessous, écrit d'après des souvenirs de Michel FRANCESCHETTI, avait été publié sur ce blog en mai 2009 et a été légèrement remanié. 

    --------------

    Les membres de la génération 68 (ceux qui avaient 20 ans autour de 1968) se souviennent certainement des séances de cinéma qui avaient lieu à Soccia pendant les grandes vacances des années 1960.

    Chaque lundi, la séance était annoncée par une affiche apposée dans les villages de Sorru in Sù. A Poggiolo, elle était fixée par du scotch ou du sparadrap sur la porte de la maison MARTINI ou près de de la boîte aux lettres qui se trouvait alors sur le mur de la route, en face de la maison CECCALDI. Elle y restait jusqu'à ce que le briquet d'un adolescent malicieux la réduise en cendres!!! Mais tous les jeunes avaient eu le temps de la lire et de décider ou non de se rendre à la soirée.

    Photo du 23 juillet 1968. De gauche à droite: Joël Calderoni, Marie-Thérèse Martini et Hervé Calderoni.

    Photo du 23 juillet 1968. De gauche à droite: Joël Calderoni, Marie-Thérèse Martini et Hervé Calderoni.

    La séance débutait vers 21h ou 21h30. De Poggiolo, on se rendait à Soccia en groupe et à pied, évidemment. Qui aurait pensé utiliser un véhicule pour faire trois kilomètres? D'ailleurs, qui avait une voiture?

     On s'asseyait sur des chaises hétéroclites ou un banc en bois qui menaçait de s'effondrer. L'ambiance était bon enfant car tout le monde se connaissait. Après avoir encaissé le prix de l'entrée, le projectionniste ambulant faisait cliqueter son appareil qui montrait toujours une première partie d'actualités ou de reportages avant le grand film. Ce film n'était jamais une nouveauté de l'année mais avait bien déjà 2 à 6 ans d'exploitation en ville.

    Chaque changement de bobine permettait un entracte plus ou moins long. On houspillait parfois les filles qui passaient devant l'écran pour récupérer leurs sacs que les garçons avaient chipés. 

    1966 fut la première année où les séances se tinrent "chez Marco", ou plus exactement "chez Santa", comme on disait alors, c'est-à-dire dans l'actuel hôtel "U Paese", alors en construction. C'était dans une salle qui est sous la terrasse de l'hôtel.

    Cinéma rural (2/3): Cinema in paese, années 60

    Les années précédentes, les projections avaient eu lieu à l'ancien Hôtel Ste Anne qui était quelques dizaines de mètres plus haut.

    Le mur étant suffisamment blanc pour servir d'écran, il n'était pas nécessaire d'y accrocher des draps de lit (drap à une place pour les films ordinaires, draps à deux places pour les grands films en cinémascope!) comme à l'Hôtel Ste Anne.
    Le prix de la soirée était de 3 Francs, ce qui équivaut à 0,46 euro. Pas de quoi se ruiner!

    Voici, avec les anecdotes qui y sont liées, la programmation que je connus pendant mon séjour de l'été 1966 (en cliquant sur les titres ou les noms d'acteurs, vous aurez des renseignements sur ces chefs-d'œuvre impérissables):
      - lundi 18 juillet: "Tonnerre apache", western avec Charles BRONSON.
     - lundi 25 juillet: "Au bord du volcan",
     film d'espionnage avec Martine CAROL.
     - lundi 1er août: treize jeunes Poggiolais (dont je faisais partie) ne sont pas allés au cinéma car ils préparaient une excursion à Camputile pour le lendemain (et le départ était fixé à 4 heures du matin!).
     - lundi 8 août"Houla-Houla",
     film comique avec Fernand REYNAUD.
     - lundi 15 août: "Les trois sergents", western avec Dean MARTIN, Franck SINATRA et Sami DAVIS jr. Il fallut attendre la fin de la traditionnelle procession aux flambeaux et bougies de l'Assomption pour commencer. Mais certains Poggiolais, lassés des "navets", avaient préféré aller aux "Trois Chemins" écouter des 45 tours à la belle étoile sur un électrophone TEPPAZ à piles, comme ils le faisaient souvent.

    Cinéma rural (2/3): Cinema in paese, années 60

    Joël CALDERONI près d'un électrophone sur la terrasse des Bartoli le 20 août 1966 (extrait du film "Au temps du 45 tours").

     

      - lundi 22 août: "Exodus"film exceptionnel par sa longueur et son thème (super-production hollywoodienne sur les débuts de l'Etat d'Israël). Le prix fut donc exceptionnel: 4 Francs.
      - lundi 29 août: "Le vice et la vertu". Film de Roger VADIM d'après le marquis de Sade, avec Robert HOSSEIN, Annie GIRARDOT et Catherine DENEUVE. Il était en principe interdit aux moins de 18 ans mais cette limitation, à peine entrevue lors de la projection de la bande-annonce le 22 août, n'était pas indiquée sur les affiches.
    lundi 5 septembreséance annulée pour cause d'une panne de courant dans le canton, panne commencée depuis le matin et qui dura jusqu'au lendemain!!! Il y avait toujours une ou deux coupures de cet ordre pendant les vacances.

    Lors d'étés sans télévision (premier poste au village: dans la famille MICHELANGELI en 1965, semble-t-il), ces soirées étaient des distractions qui permettaient de se rassembler, de s'amuser et d'entretenir l'esprit communautaire de l'époque.

     

    Mais c'était il y a très, très longtemps, dans une autre époque, dans une autre société, peut-être dans un autre monde...

     

    (à suivre)

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    23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 00:50

    Félicitations à la nouvelle centenaire d'Orto.

    "Corse-Matin" de mercredi 22 février 2017.

    "Corse-Matin" de mercredi 22 février 2017.

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    • Le blog des Poggiolais
    • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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