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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 08:00

 

UNE PETITE VICTOIRE 

 

 Les motifs de satisfaction étaient nombreux pour LE PETIT PROVENÇAL du 19 novembre qui annonça à la suite:

- "Un oncle de Bartoli se constitue prisonnier

- La région de Palneca est désormais « nettoyée »

- L'arrestation de Spada ne saurait tarder"

 

    Mais le troisième point n'était encore qu'un espoir.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 19 décembre: prison, enfer ou paradis?

 

   L'autre journal phocéen, LE PETIT MARSEILLAIS, donnait lui aussi une grande place à cette reddition, l'illustrant par la photo du commandant Philippot qui dirigeait la gendarmerie dans le secteur Guitera-Palneca.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 19 décembre: prison, enfer ou paradis?
Chronique de l'épuration du maquis. 19 décembre: prison, enfer ou paradis?

 

 

LA PRISON D'AJACCIO: ENFER OU PARADIS?

 

   L'HUMANITÉ avait une préoccupation très différente: le sort des Corses emprisonnés à Ajaccio. La prison, où s'entassaient 120 prisonniers, était horrible si l'on en croit le journal communiste qui titrait: "L'enfer de la prison d'Ajaccio".

 

Tribunal de police, palais de justice et prison d'Ajaccio vers 1920 (site corsicamea)

Tribunal de police, palais de justice et prison d'Ajaccio vers 1920 (site corsicamea)

 

   L’article décrit des «femmes (…) soumises à une promiscuité ignoble» où «les règles les plus élémentaires d’hygiène sont inconnues». Des «rixes» et des «tentatives de suicide» ont eu lieu. «Les hurlements qui sortent de l’horrible geôle sont entendus au loin dans la ville».

 

   Il y avait vraiment de quoi être révolté.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 19 décembre: prison, enfer ou paradis?

 

   Mais, la veille, le 17 novembre, LE PETIT PROVENÇAL avait donné une description tout à fait différente.   

 

   D'après son journaliste, même si la prison était pleine, il y règnait un grand calme.

 

   Des prisonniers « s’adonnent à de menus travaux de rempaillage ou de vannerie », ou construisent des bateaux dans des bouteilles.

 

   « Le dortoir des femmes a été transformé en pouponnière et, le soir, des voix mélodieuses, quoiqu’un peu rauques, chantent autour des berceaux pour endormir les petits prisonniers. »

 

   Quelle belle vie !

  

Chronique de l'épuration du maquis. 19 décembre: prison, enfer ou paradis?

 

   La comparaison des deux articles est édifiante.

 

   Qui faut-il croire?

 

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18 novembre 2021 4 18 /11 /novembre /2021 18:00
Entendu à la radio: encore et toujours Oscar Rosembly

 

Affaire sensibles est le titre d'une émission quotidienne de Fabrice Drouelle sur France Inter. Jeudi 18 novembre, le thème était Les manuscrits retrouvés de Céline, ces fameux feuillets dont la redécouverte fut annoncée cet été.

 

Le journaliste a donné le résumé de l'affaire, ce qui est important pour ceux qui raté le début de cette histoire et pour ceux qui la trouvent compliquée. Elle n'est pas compliquée mais  plutôt mystérieuse.

 

L'animateur radio n'a pas manqué de citer Oscar ROSEMBLY et Poggiolo (au  bout de 22 minutes). Dans la seconde partie, il a discuté avec le critique littéraire Emile BRAMI qui explique, à partir de 45 minutes, pourquoi il est persuadé que les documents céliniens furent dérobés par ROSEMBLY lors de la libération de Paris et comment il eut des contacts avec sa fille Marie-Luce.

 

En fin d'émission, Drouelle a adressé un appel aux auditeurs pour que l'un d'eux puisse aider à résoudre la question du rôle du Poggiolais et du trajet des manuscrits après 1945 jusqu'à maintenant.

 

Sera-t-il entendu?

 

Ecoutez l'émission en suivant le lien:

https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-jeudi-18-novembre-2021

 

 

DERNIERE NOUVELLE:

selon le site du journal Le Monde, l'enquête pour "recel de vol", destinée à savoir comment les manuscrits ont pu réapparaître, vient d'être classée sans suite. Le mystère demeure.

 

Entendu à la radio: encore et toujours Oscar Rosembly
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18 novembre 2021 4 18 /11 /novembre /2021 08:05

 

LE PETIT PROVENÇAL SE RÉPÈTE

 

   LE PETIT PROVENÇAL publia mercredi 18 novembre 1931 un article de son envoyé spécial sur "Le repaire du bandit Spada", qui n'était en réalité qu'une nouvelle version du texte édité la veille.

Chronique de l'épuration du maquis. 18 novembre: Léon DAUDET le bandit et Léon BANCAL le raisonnable

 

   Il put faire un autre titre avec une bonne nouvelle: Dominique SANTONI, lieutenant de BARTOLI, s'était constitué prisonnier, preuve que l'intervention policière portait des fruits.

 

 

Chronique de l'épuration du maquis. 18 novembre: Léon DAUDET le bandit et Léon BANCAL le raisonnable

 

 

 

LÉON DAUDET LE BANDIT

 

   Ce jour-là, la chronique de Léon DAUDET dans L'ACTION FRANÇAISE eut comme titre: Mémoires d'un "bandit". 

 

   Dans un premier paragraphe, il critiquait l'opération policière en Corse:

"Les communiqués de l'expédition sont baroques et rédigés en prose gendarmique. La population corse, qu'on nous peignait comme enchantée de ce déploiement militaire, commence, si j'en crois ce que l'on dit et ce que l'on écrit, à manifester une vive irritation d'un remède inopérant et qui sera bientôt pire que le mal. Bref, il serait temps, d'une façon ou d'une autre, que cela finit. Sans compter les fatigues effroyables auxquelles pandore est soumis, en raison de la mauvaise saison et du régime météorologique de la montagne corse" (Les premiers jours de l'expédition avaient été marqués par de fortes quantités de pluie).

 

   L'adjoint de Charles MAURRAS rappelait qu'il avait été "bandit et traqué, comme Spada, Caneloni et Ravioli, par la police et la maréchaussée de mon pays, et sur toutes les routes de France."

Chronique de l'épuration du maquis. 18 novembre: Léon DAUDET le bandit et Léon BANCAL le raisonnable

 

 

   Ayant accusé les chefs de la police d'avoir fait assassiner son fils Philippe, il avait été condamné pour diffamation à cinq mois de prison et incarcéré à la prison de la Santé le 13 juin 1927. Grâce à l'aide des Camelots du Roi, les militants de choc de l'organisation royaliste, il s'était évadé le 27 juin et s'était réfugié en Belgique le 1er août. Il rentra en France après avoir été grâcié le 30 décembre 1929.

 

   Dans cet article, il s'identifiait aux bandits corses en mettant en parallèle ses pérégrinations et les échecs des policiers lancés à sa recherche avec la situation corse.

 

 

 

LES REMÈDES DE LÉON BANCAL

 

 

   Beaucoup plus sage, Léon Bancal, le rédacteur en chef du PETIT MARSEILLAIS donna, le 18 novembre, la conclusion de sa douzaine d’articles sur « Le problème du banditisme ».

 

   La veille, il avait rappelé que le problème corse avait été posé pour la première fois en 1789 par le député BARRÈRE. Depuis, des rapports ont été écrits et des commissions envoyées. Mais « les commissions passent, la misère reste ». « Ce qu’il lui faut, c’est un traitement énergique et définitif ».

   

   Pour lui, la démonstration de force actuelle ne servira à rien si l’on n’agit pas, l’action principale étant d’appliquer les lois. Ainsi, les Corses auront confiance en la justice. Il faudrait tirer l’île de sa misère par de grands travaux.

 

   « Et surtout pas de commission !

   La Corse en a trop vu. Deux hommes. Pas plus. Un préfet et un procureur général. Mais tous deux intelligents, énergiques et, avant tout, soustraits par avance aux fluctuations de la politique.

   Le salut de la Corse est là ».

 

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 18:04

 

Une nouvelle fois, le Belvédère de Poggiolo propose une soirée tartiflette.

 

Ce sera vendredi 19 novembre.

 

La tartiflette, spécialité poggiolaise?
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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 08:00

 

   Mardi 17 novembre 1931, la grande vedette du PETIT PROVENÇAL fut André SPADA.

 

   La veille, LE PETIT MARSEILLAIS et L'HUMANITÉ avaient annoncé la découverte d'une cache, d'une "guitoune", du bandit à quelques centaines de mètres de sa maison de la Punta, ce qui lui avait permis d'échapper à l'arrivée de la police.

 

    L'article de l'envoyé spécial du journal marseillais avait pour titre: "Dans le nid d'aigle du bandit parmi des images de piété". Il débutait par un coup de chapeau à l'intelligence de SPADA qui "était organisé d'une façon remarquable pour l'exercice de son farouche métier qu'il avait élevé à la hauteur d'une entreprise commerciale". Il insistait sur la remarquable situation de La Punta, sur un point culminant près de Calcatoggio et contrôlant les routes des alentours.

 

    Le journaliste décrivit l'extérieur et l'intérieur de la bergerie investie par les gardes mobiles et s'intéressa beaucoup aux objets de piété:

"Des Sacré-Cœurs de Jésus et des Saintes Vierges en chromolithographie. Une statuette en plâtre de Saint Antoine de Padoue avec un chapelet au cou. Enfin, au-dessus de chaque lit, des rameaux d'oliviers, bénits sans doute le jour de Pâques, et posés sur de petits bénitiers de bazar.

(...)

Il est certain que ni Spada, ni Antoinette Leca n'apercevaient rien d'étrange à demeurer pieux dans leur métier de criminels."

 

Chronique de l'épuration du maquis. 17 novembre: quand Spada paradait

 

   La renommée de SPADA était si grande que la reddition d'un bandit, d'ailleurs de seconde zone, Toussaint VALLE, fut reléguée en pages intérieures.

 

    André SPADA avait été l'objet d'une forte médiatisation et était le bandit corse le plus connu sur le continent. LE POPULAIRE du 16 novembre avait annoncé que, à Nice, où un cinéma du Casino municipal devait projeter un documentaire sur le bandit, un commissaire de police avait saisi le film. Le 12, en "une", L'HUMANITÉ avait montré une photo intitulée "Le cinéma au maquis" avec la légende suivante: "ce cliché montre le "bandit" Spada avec un journaliste [en réalité, unE journaliste] dans le maquis. A ce moment, reporters bourgeois s'entendaient fort bien avec les "bandits"".

 

Chronique de l'épuration du maquis. 17 novembre: quand Spada paradait

 

   En février 1931, deux journalistes parisiens du Pathé-Journal, Christiane HUBERT et Harry GRAY, étaient venus en Corse pour rencontrer SPADA, contre une forte rétribution. Ils rentrèrent largement dans leurs frais car ils en tirèrent un film (celui qui fut saisi à Nice) et un livre. L'entretien fut cité dans de nombreux magazines.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 17 novembre: quand Spada paradait

 

   La partie la plus significative de cette interview dans le maquis (en fait, au bord de la route, près du repaire de La Punta) est constituée par les 30 secondes pendant lesquelles André SPADA dit que, pour lui, un "bandit d'honneur" est quelqu'un "qui fait ses affaires honnêtement" !!!

 

 

 

Quelques mois après avoir atteint ce sommet de gloire, SPADA n'était plus qu'un fugitif errant de grotte en grotte dans les Deux Sorru et le Cruzzini.

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 08:05

 

   Afin que ses lecteurs continentaux ne perdent pas pied en lisant des articles avec des noms de lieux exotiques pour eux, LE PETIT PROVENÇAL du lundi 16 novembre 1931 publia une carte de situation des différents fronts policiers.

Chronique de l'épuration du maquis. 16 novembre: Moro-Giafferi et Simonetti

   

   On y voyait nettement que la partie la plus concernée était le centre de l'île, de part et d'autre de la dorsale montagneuse.

    Dans le coin supérieur gauche de la coupure publiée ici, on pouvait aussi lire qu'un navire de guerre avait comme mission d'empêcher une fuite par la mer de SPADA, car celui-ci aurait été vu près de son repaire de La Punta.

 

 

LA RECHERCHE DU PITTORESQUE

 

   Comme, visiblement, la feuille marseillaise ne savait pas quoi annoncer de spectaculaire, elle insista sur la haine entre les deux maîtresses de SPADA, Marie CAVIGLIOLI et Antoinette LECA, qui durent être mises dans deux cellules séparées de la prison d'Ajaccio.

    Pour faire pittoresque, elle publia également une photo de "vieux Corse, regagnant son village et que la chasse aux bandits ne paraît guère émouvoir."

 

 

Chronique de l'épuration du maquis. 16 novembre: Moro-Giafferi et Simonetti

 

   Lui aussi en manque d'informations, Jean AICARDI, l'envoyé spécial du PETIT MARSEILLAIS, décrivit la découverte "d'une guitoune du bandit Spada" avec force détails, comme si les policiers avaient accompli un grand exploit guerrier.

 

  Plus intéressant, dans sa chronique quotidienne, Léon BANCAL expliqua qu'"il est impossible d'envisager la solution (du banditisme) si l'on ne pose pas le problème corse tout entier" et qu'il faut "d'abord la tirer du passé, dans lequel elle est plongée et où elle s'asphyxie lentement.".

 

 

UN GRAND AVOCAT INTERVIENT

 

   Le plus important se trouvait en page intérieure avec une lettre de Vincent de MORO-GIAFFERRI qui fit grand bruit.

 

   Le célèbre avocat, qui avait été député jusqu'en 1928, publia un texte (dans L'ŒUVRE, semble-t-il) dénonçant la recherche du sensationnel qui animait les policiers et les journalistes. Il eut un très grand succès et il se retrouva dans plusieurs journaux de ces jours-ci, souvent sous le titre "De la mesure dans les mesures"LE PETIT PROVENÇAL du 16 novembre en publia la seconde moitié. Il négligea de reprendre la première partie où de MORO-GIAFFERRI se désolait du sous-développement dans lequel se trouvait son "pauvre pays!".

 

de Moro-Giafferi- Détective, n° 156, 22 octobre 1931

de Moro-Giafferi- Détective, n° 156, 22 octobre 1931

 

   La conclusion est à retenir: "Dans ce département français, entre toutes les terres de France, je supplie qu'on n'oublie pas la vertu essentielle de notre esprit national: la mesure."

 

 

ZAZA ET LE JUSTICIER ASSASSIN

 

  En première page de L'HUMANITÉ de ce jour-là, une photo montrait une autre personnage: SIMONETTI, "le meurtrier de Bartoli".

 

Chronique de l'épuration du maquis. 16 novembre: Moro-Giafferi et Simonetti

 

   Jean SIMONETTI était un exploitant forestier qui avait été racketté plusieurs fois et qui monta une machination. Sous prétexte de négocier avec le bandit Joseph BARTOLI, il le rencontra à PALNECA "en compagnie d'une jolie fille qu'il (avait) fait venir de Toulon et qui servira d'appât" (dixit Jean BAZAL). Les deux hommes quittèrent le village, avec deux ou trois autres personnes, pour se détendre au col de Verde. Et c'est là que BARTOLI fut tué dans des circonstances encore obscures aujourd'hui.

   Pour les communistes, SIMONETTI était un capitaliste qui opprimait et assassinait les prolétaires. Le 16 novembre, on pouvait lire dans L'HUMA:

 

    "Un seul résultat (de tout le déploiement de forces) a été obtenu: la mort de Bartoli. Or, celle-ci a été accompagnée de circonstances telles qu'elles constituent un encouragement au banditisme le plus éhonté.

   Dans cette affaire sanglante, la "victime", c'est le bandit. Simonetti, le gredin capitaliste, qui l'a tué par traîtrise avec le concours d'une femme d'une moralité spéciale, du nom de Zaza, et de deux autres individus, a reçu, pour prix de son assassinat, la somme de 300.000 francs. L'honnête général Fournier (...) vient de faire filer sur le continent, par le paquebot "Cyrnos", l'amazone qui fut en cette affaire collaboratrice zélée des autorités.

      (...)

   Voilà comment on assainit et on épure!

   Contre toutes ces infamies, les prolétaires de France ne peuvent manquer, à l'appel de la C.G.T.U., de se solidariser de plus en plus étroitement avec les travailleurs de Corse, victimes de l'état de siège".

 

   A l'inverse, la presse "bourgeoise" ne tarissait pas d'éloge sur le justicier qui était dépeint par LE PETIT PROVENÇAL du 13 novembre comme un "robuste et charmant garçon de trente ans". Etait-ce vraiment le même personnage?

Simonetti vu par les Actualités filmées Pathé.

Simonetti vu par les Actualités filmées Pathé.

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 18:04

 

Marina CHOVIN a publié dans ARRITTI, l'hebdomadaire nationaliste corse (numéro 2722 du 11 au 17 novembre), un troisième article sur notre village.

 

Après les églises et cimetières de Poggiolo et l'histoire de Guagno-les-Bains, elle revient sur le cas d'Oscar Rosembly, dont le nom a été cité à propos de la redécouverte de manuscrits inédits de Céline.

 

Son texte contient quelques différences avec la biographie telle qu'elle a été publiée sur ce blog (voir ICIICI et ICI). Mais qu'importe, car peut-être bien que, comme il est marqué en conclusion: "tuttu hè falsu".

 

Une précision est à retenir: son surnom de Poulo (et non pas de Paulo) vient du bagne vietnamien de Poulo Condor.

 

 

U Pighjolu (terza parte)

 Oscar Rosembly

 

Salute à tutte è à tutti. Cumpiemu sta settimana a nostra scuperta di u Pighjolu cù una figura impurtantìssima: Oscar Rosembly.

 

St’omu rinumatu da per lu mondu sanu, nascì à u Pighjolu in 1909. A so mamma si dete sempre di rimenu pè a fama di u so figliolu chì u babbu era mortu nanzu à a so nàscita.


Si n’andonu in Parighji. Tandu, stava Oscar ind’u stessu quartieru chè u pittore Gen Paul è u scrittore Louis- Ferdinand Céline. Per amicizia, fece a cuntabilità di Céline ma a so vita era in astrò. U so primu mistieru di prima trinca fù « assistant parlementaire » di u ministru Camille Chautemps. Schjattò a siconda guerra mundiale è Rosembly, ghjudeiu, entrì ind’a resistenza. Turturatu da a Gestapo, messe à scianchighjà. Da quì u so cugnome di Poulo: à l’èpica, ind’u Vietnam, c’era un bagnu chjamatu Poulo Condor chì e cundizioni èranu terrìbile: quellu chì si ne surtia, ciò ch’ùn accadìa micca spessu, era accasciatu. Di 1944, Céline scappò cù moglie è ghjattu in Allemagna. Ma Oscar li fece una prumessa: tenerà i manuscritti accatastati ind’u so appartamentu sin’à u so vultà.

 

Maison d'Oscar Rosembly à Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

Maison d'Oscar Rosembly à Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

A so vita u purtò à viaghjà: fù sottuprefettu di a Martinica, viceconsule di Svezia, direttore d’una sucetà di prudutti oleaginosi, gurù per isse Mèriche ed hè longa a lista di i so successi. Si maritò di 1947 cù a figliola d’un giuvellieru è t’èbbenu una figliola Marie-Luce. Oscar a tenia quant’un tesoru è, quandu scelse di vultà à u Pighjolu, li cunfidò i manuscritti di Céline, postu chì a soia a casa paria un chjostru.


Di fatti, Oscar Rosembly t’avia per mottu « mens sana in corpore sano». Or’dunque, si bagnava tutte e mane ind’a funtana di u Lucciu, sottu à a so casa, nudu è untu d’oliu cum’è in l’Antichità greca. Decidì di stà senza ellettricità è di fà astinenza. Cantava chì paria un rusignolu: sopratuttu òpere taliane, sunendu di pianuforte. Si n’andò di 1990 è, seguitendu e so ùltime vulintà, nimu l’accumpagnò sin’à u campusantu. Quellu chì si ne cumprò a so casa era baulu: ùn sapia micca u valore di tuttu ciò chì Oscar avia passatu parechji anni à buscà: per ellu era tuttu mullizzu, è ghjittò tuttu. Anc’assai chì i manuscritti di Céline èranu à l’agrottu ind’è Marie-Luce in Corti. L’avia tenuti perchè chì Céline vulia ringrazià u so amicu Rosembly. Marie-Luce i deste à un ghjurnalistu tercanu, di gràtisi, da ch’elli fùssinu stampati.


«Hè tuttu falsu!» Cumu hè falsu? «Iè: O amicu lettore, sàppia chì ci hè d’un latu a vita di Rosembly è d’un astru quella ch’ellu vulia campà. Tù ci ai contu u versu d’Oscar. Eo a dicu torna, tuttu hè falsu. » 


Marina Chovin.

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 08:03

  

  "On est sur la piste du bandit SPADA", claironna LE PETIT PROVENÇAL dimanche 15 novembre 1931.

 

   En fait, rien de concret n'était livré. Le fait important consistait en l'arrestation à Guitera, donc loin du domaine de SPADA, du colosse Mathieu FRASSATI (2,10m et 140 kilos!), accusé d'avoir aidé BORNEA.

 

 

JUSTICIER OU ASSASSIN?

 

   Ce même jour, le quotidien socialiste publia en première page une photo de l'industriel SIMONETTI qui venait de tuer le bandit BARTOLI.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   Il pose souriant avec un fusil dans les mains. Il semble heureux de son titre de gloire. Il est vrai que la presse favorable à la démonstration de force de l'Etat lui a souvent donné le beau rôle: celui du justicier. Mais il est un peu paradoxal de donner comme exemple aux lecteurs continentaux l'utilisation de la force que l'on condamnait chez les Corses.

    Le "justicier" sourit également dans le film d'actualités réalisé à ce moment-là.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   SIMONETTI n'eut absolument aucun souci avec la justice alors que son "exploit" n'était pas de la légitime défense mais ressemblait plutôt à un assassinat programmé. Il n'est pas étonnant que les communistes le mirent plusieurs fois en accusation, comme exemple de la "justice bourgeoise".

 

 

UNE SCÈNE VRAIMENT AMUSANTE  ?

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

  Sur un mode plus léger, la même édition du quotidien marseillais, toujours en page 1, montrait une voiture de police bloquée par un âne. On voulait montrer que tout n'était pas noir et que l'on pouvait voir en Corse "une scène amusante".

 

La caricature de S’Tick publiée en page 2 était dans le même esprit.  

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   Seulement, le journal ajoutait que la «scène amusante» avec l'âne se plaçait "dans un village occupé". Ce dernier mot annule le sentiment que l'on pouvait ressentir au premier regard.

 

   Le "bourrage de crânes" avait eu là un petit raté.

 

 

 

LES COLONNES INFERNALES DE L'HUMANITÉ

 

    Pendant ce temps, les communistes ne décoléraient pas.

 

   L’HUMANITÉ titra le 15 novembre: "Tandis qu'on traque Bornéa, l'opinion de l'île s'émeut de l'action des "colonnes infernales".

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   Il est piquant de relever que le journal communiste utilise, pour condamner leurs activités, le terme de "colonnes infernales". En effet, les colonnes infernales étaient les opérations menées par les armées républicaines du général TURREAU lors de la guerre de Vendée (1793 - 1796), afin de détruire, par les moyens les plus brutaux, les dernières troupes vendéennes royalistes et les populations qui les recevaient.

 

    En tout cas, cet article signalait quelques arrestations mais insistait sur l'hostilité des Corses à toute coopération avec la police. Sa conclusion était:

    "Pour nous, notre opinion se confirme de jour en jour: les opérations actuelles n'ont pas été dictées par une volonté "d'épuration" qui se serait aussi bien manifestée des mois ou des années plus tôt." Argument que Léon DAUDET avait utilisé la veille dans L'ACTION FRANÇAISE.

 

    Les communistes ajoutaient: "Derrière l'invasion policière de la Corse, il y a les "ministres corses", Landry et Pietri qui ont sans nul doute de bonnes raisons politiques... et surtout électorales de se débarrasser de gens qui les gênent."

 

    Ce jour-là, pas d'article de fond dans L'ACTION FRANÇAISE qui insista sur le "temps affreusement pluvieux qui continue à sévir sur la plus grande partie de la Corse" et qui annonça une arrestation à VICO: "Un inspecteur de la police mobile, accompagnant des gendarmes de la brigade de Vico, a procédé à l'arrestation dans cette localité d'un nommé Joseph Carlotti qui, plusieurs fois avait donné asile à l'assassin Caviglioli.»

 

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 18:00

 

A Marseille, la Maison de la Corse abrite

 

une exposition sur les

 

chemins de Compostelle

 

(histoire, tourisme, légende, religion)

 

du 15 au 19 novembre.

 

Maison de la Corse: les chemins de Compostelle
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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 08:00

 

Le 14 novembre 1931, alors que la chasse aux bandits marquait le pas, Léon DAUDET attaqua au vitriol l'expédition policière et le système républicain dans son ensemble.

 

 

MAISONS ET ATTENTE 

 

   En ce samedi 14 novembre, les lecteurs du PETIT PROVENÇAL purent connaître "Les Hôtes du Maquis", c'est-à-dire la liste des douze bandits recherchés. Et, pour montrer leur dangerosité, le journal publia en première page une photo de la maison de PALNECA d'où BARTOLI avait tiré sur deux gendarmes peu avant sa mort.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République

 

   De son côté, L'HUMANITÉ faisait voir la maison de SPADA sur une photo encadrée par le cliché d'un garde mobile "à l'affut dans le maquis. Il semble bien qu'il n'y court pas grand risque", tout cela sous le titre "Les vrais bandits" qui exprime bien l'opinion du parti communiste.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République

 

   Comme ce policier, l'envoyé spécial du PETIT PROVENÇAL, François PRIEUR, pensait que "Les positions sont prises. Après l'émoi du débarquement et de l'offensive, c'est maintenant l'attente. Chaque jour peut amener sa surprise et de longs jours peuvent s'écouler sous le signe du communiqué bien connu: "rien à signaler"".

 

   En attendant des faits nouveaux, le service des renseignements avait été décentralisé. Deux inspecteurs de police mobile qui étaient à AJACCIO furent détachés "à demeure dans chacun des secteurs investis: à Sari-d'Orcino (région Spada), à Guagno (région Caviglioni) (sic), à Guitera (région Bornéa) et à Palneca (région Bartoli)."

 

 

A BAS LA RÉPUBLIQUE

 

   Le 14 novembre fut aussi le jour d'un nouvel éditorial enflammé de Léon DAUDET, intitulé "Le cabinet Laval et l'énigme corse", dans L'ACTION FRANÇAISE.

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République

   Il commençait par critiquer Pierre LAVAL, "larve montée en "homme d'Etat"" par tous les suce-pieds de la presse de grandissime information" (l'A. F. n'aima jamais LAVAL, ni avant, ni pendant la guerre).

 

  Puis, ce royaliste, qui fut député de Paris de 1919 à 1924, s'en prenait au système électoral: "ce bonneteau grotesque et honteux qui ramène, tous les quatre ans, sa provision de bavards, de cloportes et de filous au Palais-Bourbon".

 

   Pour lui, l'expédition en Corse était "une diversion bien cocasse". Le cocasse venait de la présence comme préfet de MARLIER, que l'écrivain accusait de la mort de son fils Philippe.

 

   Il relevait ensuite des faits troublants:

    - "l'orchestration de presse à grand orchestre" pour faire oublier des erreurs de Paul REYNAUD, alors ministre des Colonies: "Il n'est plus question de ce rat clignotant, tout de blanc habillé, avec le casque, depuis qu'on traque et emprisonne les ravitailleurs de Spada".

    - "le choix de la saison, qui est celle des tempêtes et des pluies, alors qu'il était loisible de procéder à cette épuration en juin, juillet et août, ce qui eût en outre épargné la vie des récentes victimes du banditisme".

    - "Enfin, la rigueur des mesures prises vis-à-vis de toute une population honnête, dont la colère, m'assure-t-on, commence à gronder sourdement."

 

   Il mentionnait ensuite les hommes politiques (ANQUETIL, CELICE, STEEG, SARRAUT, MARLIER) qu'il accusait de crimes dans les colonies, "dans des conditions plus atroces que celles infligées à leurs victimes par les Spada et les Bartoli". Et comme les efforts de moralisation n'aboutissent pas, la France s'affaiblit et les Allemands en profiteront: "un beau matin, on apprendra que les "Casques d'acier" sont entrés simultanément en Lorraine et en Alsace".

 

  La conclusion royaliste s'imposait donc logiquement:

 

   "Tout cela prouve que le mal qui attaque la France est intimement lié au régime; qu'aucun changement de gouvernement, qu'aucune rotation, qu'aucune élection, qu'aucun changement du mode de scrutin ne saurait plus arrêter la marche de la pourriture de démocratie, comparable à la pourriture d'hôpital. Delenda est Republica. Il faut détruire la République. C'est la besogne urgente et nécessaire".

 

Affichette royaliste du XXIe siècle.

Affichette royaliste du XXIe siècle.

 

 

PREMIÈRES CARICATURES

 

   Des caricatures avaient commencé à être publiées, dès le 9 novembre pour LE PETIT MARSEILLAIS. La chasse aux bandits corses inspira de nombreux dessinateurs. Comme exemple, voici le dessin que publia le 14 novembre le journal L'ŒUVRE, dessin qui a été repris par Ralph SCHOR dans sa communication déjà mentionnée. Il fut également publié dans L'ECHO D'ALGER le 16 novembre.

 

 

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République
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