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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 18:00

 

Voici 70 ans, le 11 décembre 1950, mourait MAISTRALE, de son vrai nom Dumenicu Antoniu VERSINI, journaliste et écrivain qui fut surnommé « le barde corse » et eut un prestige immense dans la première moitié du XXème siècle.

 

Il est important à connaître pour son talent… et aussi parce qu’il eut des liens importants avec Poggiolo.

 

 

Maistrale de Marignana (et de Poggiolo?)

 

LES DÉBUTS

 

Né à Marignana le 25 décembre 1872, il fit ses études au lycée de Bastia. Puis, il fut employé d’octroi à Marseille (il habitait 5 rue Jean Martin, dans le quartier Saint Pierre) et instituteur avant de vivre de ses publications.

 

Il paraît qu'il adopta le pseudonyme de MAISTRALE à la mort du poète Frédéric MISTRAL. Comme ce dernier l’avait fait pour la langue provençale, il combattit toute sa vie pour la langue corse.

 

Il fonda le journal « A Corsica », sous-titré « Muzzicone di jurnale di i Corsi a u Fronte », rédigé entièrement en langue corse, et distribué gratuitement aux soldats corses dans les tranchées pendant la Première Guerre Mondiale.

Des renseignements sur ce journal se trouvent à l'adresse:

http://data.over-blog-kiwi.com/0/96/48/01/20140313/ob_4b3758_26-31-acorsica-v3.pdf

 

Maistrale de Marignana (et de Poggiolo?)

 

 

UNE ŒUVRE MULTIFORME

 

MAISTRALE fonda l'Academia Corsa en 1921 et collabora au journal "A Muvra". En 1922, il devint membre du Partitu corsu d'Azzione de Petru ROCCA qui représentait l’autonomisme. En 1928, quand ce parti se rapprocha de l’Italie fasciste, il s’en retira.

 

Esprit vif, il eut une œuvre abondante et diverse, en prose et en vers. Il publia jusqu’à la guerre «l’Almanaccu di Maistrale». Il écrivit des lamenti («Lamentu di u Banditu»), des sirinati («U Sirinatu à i sposi»), des textes satiriques… Son plus grand succès fut peut-être «A CANZONA DI U CUCCU», magnifique ode à la Nature naissante, qui fut rapidement enregistrée sur disque et est toujours chantée.

 

Dumenicu Antoniu VERSINI était très attaché à son village d’origine auquel il consacra le poème «Marignana».

 

Mais il connaissait bien les Deux Sorru et les Deux Sevi.

 

 

 

LES DEUX SORRU ET DEUX SEVI

 

SOCCIA

Il publia en 1924, imprimé par «A Muvra», un texte intitulé "Una prucissione in Soccia", poème comique de 37 strophes de 6 vers qui a été présenté et expliqué dans trois articles de ce blog:

-1- Une belle organisation

-2- La pantalonnade

-3- La maréchaussée intervient

 

 

LETIA

Il écrivit en 1932 «A Letia. San Roccu contru San Martinu» (texte visible en cliquant ici).

 

 

GUAGNO

Le 4 août 1935, inaugurant la plaque du souvenir sur la maison natale de Circinellu à Guagno par un discours en français, il se heurta violemment à Petru ROCCA (avec qui il était en froid depuis la rupture de 1928) qui lui reprocha en langue corse de falsifier l'histoire. Voir à ce sujet l'article de Pasquale MANFREDI dans l'Almanach de A Muvra 1936 (pages 17 à 19).

 

Maistrale de Marignana (et de Poggiolo?)

 

POGGIOLO

Il ne semble pas avoir écrit sur Poggiolo, sauf dans «A Corsica» où il fit une grosse confusion entre Guagno et Guagno-les-Bains, ce qui a été remarqué dans l’article paru dans ce blog en septembre 2011 sous le titre « Attention ! Livre dangereux ! ».

 

 

 

 

LA FAMILLE POGGIOLAISE

 

Il était pourtant marié à une Poggiolaise.

 

Il avait épousé le 12 janvier 1896, à Marignana, Marie-Thérèse LOVICHI, née le 5 septembre 1867 à Poggiolo. Elle était la fille de Giovan Paolo LOVICHI, instituteur dans notre village, et de son épouse Angela Francesca PINELLI. 

 

Acte de mariage de Dumenicu Antoniu VERSINI et Marie-Thérèse LOVICHI (mairie de Marignana – Archives Pumonti)
Acte de mariage de Dumenicu Antoniu VERSINI et Marie-Thérèse LOVICHI (mairie de Marignana – Archives Pumonti)

Acte de mariage de Dumenicu Antoniu VERSINI et Marie-Thérèse LOVICHI (mairie de Marignana – Archives Pumonti)

 

Marie-Thérèse avait un frère Charles, né en 1862, qui fut sous-préfet en Algérie et dont le fils Jean mourut aux Dardanelles en 1915.

 

Maistrale était donc l’oncle par alliance du jeune héros poggiolais dont l’histoire a déjà été racontée ici (voir l'article "Face au tombeau d'Achille").

 

Il est probable qu’il ait séjourné brièvement à Poggiolo dans la maison de la famille LOVICHI qui est maintenant celle de Xavier et Marie-Ange PAOLI.

 

Maison Lovichi-Paoli

Maison Lovichi-Paoli

 

Dominique Antoniu et Marie-Thérèse eurent une fille, Toussainte, née en 1896. Marie-Thérèse mourut le 31 juillet 1948 à Marignana, deux ans avant son mari, le «barde de la Corse» qui décéda le 11 décembre 1950 à Ajaccio où il avait fait aménager son tombeau longtemps à l’avance.

 
A ce sujet, une anecdote pour terminer:

Un après-midi qu’il s’était assis pour se reposer auprès de sa tombe, une visiteuse, intriguée par sa ressemblance avec la statue lui dit en corse : 
« C’est un parent à vous. Il vous ressemble, non ? » 
Le barde lui répondit : 
« Mais c’est moi ! Il faisait trop frais à l’intérieur alors je suis sorti prendre le soleil. » 
La femme fit un signe de croix et s’échappa épouvantée.

 

Maistrale près de son tombeau

Maistrale près de son tombeau

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 18:00

Mathieu HENRY a présenté son roman "Anna" lors d'un entretien paru dans "Corse-Matin" le 1er décembre. Il s'explique sur son cheminement. Il révèle que le village d'Anna s'inspire beaucoup de Soccia.

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Mathieu s'explique sur Anna

 

Après un recueil de nouvelles fantastiques paru en 2011, Mathieu Henry publie à 34 ans son premier roman, "Anna", publié aux éditions Les trois colonnes.

Une enquête policière dans un village de montagne, sur l’assassinat d’une jeune fille de 25 ans, apparemment sans problème. À travers ses deux enquêteurs, l’auteur va explorer les secrets, les grandeurs et les bassesses des habitants, jusqu’à l’ultime rebondissement.


Deux ouvrages, deux styles différents, et un dénominateur commun : votre village de Soccia en toile de fond. Quelles sources d’inspiration orientent vos choix d’écriture ?
Les nouvelles que j’ai écrites correspondaient aux styles de livres que je lisais à l’époque : horreur, épouvante, histoires fantastiques, avec des auteurs comme Stephen King ou Lovecraft. Tous les personnages que j’avais mis en scène étaient des amis et connaissances, ancrés dans le canton et connus de tous, ce qui m’avait aidé à m’inspirer. Cette fois-ci, tous les personnages sont fictifs, mais on peut retrouver toutefois l’ambiance et l’atmosphère de Soccia, voire y reconnaître certaines maisons. L’écriture de ces nouvelles courtes a été un bon entraînement pour construire ce roman policier de 160 pages, plus long, plus abouti et plus précis. Il contient plus de personnages et de rebondissements.

 

 

Mathieu s'explique sur Anna

 

Sept ans se sont écoulés entre les deux livres. Est-ce le temps qu’il vous a fallu pour écrire Anna ?

Oh non ! En janvier 2019, j’ai été longuement hospitalisé à Marseille pour un grave problème de santé. L’écriture m’a permis de tenir le coup. J’avais l’idée de départ en tête, et Anna a été écrit en trois semaines. Mais ensuite il m’a fallu un an pour relire, corriger, ajouter et enlever certains passages. Au fil de la réécriture, j’avais sans cesse de nouvelles idées, et j’ai même changé 3 ou 4 fois le coupable, en trouvant des liens plus logiques, des mobiles plus intéressants ou plus inattendus.
Ce travail de relecture n’en finit jamais. Mes deux tantes, Françoise et Marie-Claire, m’ont été d’une aide précieuse, ainsi que l’écrivain Jean-Michel Raffalli qui a bien voulu y jeter un œil. Si j’ajoute le regard de mes parents et de ma compagne, tous ces coups de main ont été essentiels, car, seul, j’aurais sorti le livre dans trois ans. On reste toujours partagé entre l’envie de modifier encore et celle d’en finir. Rendre son bébé est toujours difficile. Même si, au final, j’ai le sentiment que le livre est bien ficelé, j’ai hâte d’avoir les impressions des lecteurs en retour, leurs avis et critiques, savoir s’ils ont été surpris ou s’ils avaient deviné la fin.


Avez-vous rencontré des difficultés pour publier le livre ?
Déjà, pour le premier ouvrage, on m’avait dit qu’il était impossible d’être édité de nos jours si on ne connaît personne dans ce milieu. Éditer à compte d’auteur restait la seule solution. Les éditions Persée avaient toutefois participé à la création de la maquette et aux corrections, et j’avais dû assurer la promotion en participant notamment à la foire au miel de Murzu. Pour Anna, je travaille avec les éditions des Trois colonnes. Outre la librairie La Marge à Ajaccio qui avait constitué un petit stock, le livre doit être précom-mandé chez les libraires locaux et aussi auprès de la Fnac, Amazon, Cultura.


Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
J’ai deux autres projets en tête, dont la première trame est quasiment terminée. L’idée de reprendre les mêmes enquêteurs que pour Anna m’a traversé l’esprit mais, finalement, je repartirai sur des bases nouvelles. En attendant, je continue à lire beaucoup, toujours Stephen King, mais aussi Franck Tillier, Pierre Lemaitre, Harlan Coben… La lecture est la meilleure façon de progresser dans l’écriture, car ce n’est pas ma formation d’origine : j’ai passé un DUT de gestion à Corte. Reste que si l’écriture n’est pas mon métier, cela reste une véritable passion, soutenue et encouragée par mes proches. Et pendant mon hospitalisation, cela a constitué une véritable thérapie

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 18:00

 

 

Le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, est devenu le jour de A festa di a nazione. Martine STOMBONI en a fait le thème du dossier publié vendredi 4 décembre dans la page spéciale Corse "Campà Corsu" de "La Provence".

 

Vous pouvez lire ci-dessous les éléments de ce dossier et notamment l'entretien avec l'historien Antoine-Marie GRAZIANI.

 

 

 

Le 8 décembre, une fête particulière pour la Corse

Le jour où la Corse s’est dotée d’une fête nationale

 

 

Au sujet de A festa di a nazione, beaucoup de choses ont été dites et écrites. Concernant son texte fondateur, ses auteurs ou l’année à partir de laquelle la fête de la nation corse a été célébrée comme telle, le 8 décembre. Mais l’important est ailleurs. Ce qui réunit les Corses ce jour-là, ce n’est pas le souvenir. C’est la conscience. Celle d’appartenir à une terre et de célébrer son histoire, de partager des traditions et une culture commune. La conscience de faire partie d’une même unité, de se retrouver autour d’un hymne, d’un drapeau, d’une langue. La conscience d’être une "nation".

Par Marine STROMBONI

 

 

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A festa di a nazione. Chaque année la Corse célèbre la fête de la nation le 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception. Une date choisie en référence à un texte rédigé lors de la consulta des 6-8 janvier 1735 où les insulaires en lutte contre la présence gênoise se sont réunis à Orezza. Sur ce texte, de nombreuses choses ont été écrites, le mythe prenant souvent le pas sur la réalité historique. Antoine-Marie Graziani est professeur à l’université de Corse, historien moderniste auteur de nombreux articles et ouvrages traitant de la Corse et de la Méditerranée occidentale, il revient sur cette période complexe de l’histoire des révolutions corses.

 

Que s’est-il passé à Corte, du 6 au 8 janvier 1735 ?

1735 est une période un peu difficile pour les révolutionnaires corses. À l’époque, les généraux de la nation, Andrea Ceccaldi, Luiggi Giafferi et Giacinto Paoli (le père de Pasquale) sont en grandes difficultés. Sur cette consulta, qui est la réunion des responsables des différentes pièves (circonscriptions, NDLR) on sait très peu de chose. On sait qu’un texte a été rédigé, un texte relativement important pour l’histoire des révolutions corses. 

 

Que dit ce texte ?

Il existe deux versions. La première est reproduite par l’historien Ambroggio Rossi et au début, il y a une invocation à l’Immaculée Conception ce qui n’est pas étonnant, l’Immaculée Conception étant une sorte de marque de fabrique des franciscains, et il y en avait beaucoup autour de Giacinto Paoli. Ce texte a été conçu dans une période où les généraux devaient reprendre en main le mouvement révolutionnaire. Son objectif était de remobiliser les troupes et il explique comment va fonctionner la Corse libérée de la présence gênoise. Mais le problème est qu’il existe une seconde version de ce texte, provenant des Mémoire de Sebastiano Costa, publiées par madame Luciani en 1972. Dans cette version, la partie religieuse a été expurgée. J’ai retrouvé la version d’Ambroggio Rossi à l’Archivio di Stato de Gênes qui en explique le contexte.

 

Bannière à la Vierge Marie, église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti)

Bannière à la Vierge Marie, église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti)

 

 

Est-ce ce texte qui place la Corse sous la protection de l’Immaculée Conception ?

Oui, tout en sachant que mettre la Corse sous le gouvernement de la Vierge n’est pas une nouveauté. Les Gênois l’avaient déjà fait un siècle auparavant et la France également, sous Louis XIII. On met souvent des choses dans ce texte qui n’y sont pas. Cela fait partie des deux travers relatifs à l’histoire de la Corse.

Le premier est de déplacer les objets. Le second de vouloir tout mettre sous Pasquale Paoli. Ce texte de 1735 pose les bases d’un cadre politique et juridique de la nation corse. Ce jour-là, les éléments de l’État sont posés et il est notamment question de monnaie mais ce n’est pas une constitution. La constitution date de 1755 et pour moi, ce texte n’est pas une constitution. C’est un texte riche, qui comporte beaucoup d’éléments mais plus institutionnel que constitutionnel. Le mot "constitution" d’ailleurs n’y figure pas.

 

Est-ce néanmoins bien ce texte qui est à l’origine d’une fête de la nation célébrée le 8 décembre ?

Le choix de cette date se base sur l’invocation à l’Immaculée Conception en début de ce texte. Et c’est à la fin du XIXe siècle, dans la période de trouble qui en Corse a précédé la loi de 1905 que l’on parle pour la 1ère fois d’une fête nationale le 8 décembre.

 

Propos recueillis par Marine STROMBONI

 

 

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Les étudiants en première ligne des revendications

 

C’est dans les années 1990 que les étudiants de l’université Pascal Paoli à Corte ont remis sur le devant de la scène cette journée du 8 décembre. "Ils ont décidé de prendre une journée, raconte Antoine-Marie Graziani. Comme beaucoup d’événements de ce type, les revendications sont rapidement passées des étudiants aux lycéens."

Et si l’université décide alors de rendre le jour de l’Immaculée Conception férié, il n’en va pas de même pour le rectorat. "D’abord, la réponse a été ’non, poursuit l’historien. Puis le phénomène a été récupéré pour devenir une journée où on parle de la Corse."

Des ateliers et interventions sont organisés sur l’histoire de la Corse, sa musique, ses chants… le 8 décembre devient l’occasion pour les élèves de se réapproprier la culture insulaire.

Aujourd’hui, certaines associations et communes organisent également des festivités ponctuées de débats, conférences historiques et soirées culturelles mais aussi des messes et processions bien que la fête de la nation corse dépasse largement le cadre religieux.

M.S.

 

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 18:00

 

L'équipe de "INSEME" vient de publier son numéro de décembre et elle vous engage vivement à le lire.

 

Au menu, entre autres articles:

- l'éditorial de Pascale CHAUVEAU ("Voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide")

- les horaires des messes de Noël

- "Noël avant Noël" (Bernard ALLIEZ cherche les origines lointaines de Noël)

- Le 4L Trophy 2021

-"Conte de Noël du monde d'après" par Nathalie PRÉVOST

- "Natale in Corsica!", les traditions corses de Noël, par le Père Jean-Pierre BONNAFOUX

 

Vous pouvez lire "INSEME" en vous connectant sur le fichier PDF joint ou sur le site http://inseme-bulletin.hautetfort.com

 

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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 08:49

 

 

Soccia: décès de Pascal Ottavi

 

 

TOUTES NOS CONDOLÉANCES.

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 17:52
Solution de la devinette: le meuble mystérieux

Ce grand meuble n'est pas connu par de nombreux Poggiolais. Il a pourtant joué un grand rôle pour de nombreuses cérémonies religieuses.

 

Mais il a été reconnu rapidement sur la photo publiée hier par Joël CALDERONI, Guy TRAMINI, Maryse MORETTI et Bernadette PIETRI. Félicitations pour eux!

 

En effet, il se trouve dans la sacristie de l'église Saint Siméon, là où le prêtre se préparait avant le début de la messe.

 

Le prêtre revêtait les habits liturgiques qui étaient posés bien à plat dans les tiroirs de ce meuble qui est un chasublier.

 

Pour les diverses cérémonies et suivant le moment de l'année, les vêtements utilisés ne sont pas les mêmes. Il en faut donc un certain nombre. De plus, il est préférable de bien les poser à plat, et non pas de les suspendre sur des cintres, surtout quand ils sont décorés de fils d'or ou d'argent.

 

Mais on peut ouvrir les tiroirs maintenant: ils sont vides.

 

Quand il n'y eut plus de curé résident dans la paroisse et quand les messes furent de plus en plus rares dans "l'église d'en haut", le chasublier fut oublié. Voici un peu plus de vingt ans, quand le comité paroissial et le comité des fêtes s'activaient pour sauver les églises de Poggiolo, le chasublier fut vidé des chasubles, surplis et aubes qui s'y trouvaient encore. Certains étaient en lambeaux, grignotés par les rats, d'autres étaient simplement très sales. Il semblerait que la grande partie ait été brûlée.

 

De quand date ce meuble? Il n'est pas mentionné de chasublier dans l'inventaire de 1905. Le style très "Arts Déco" des poignées des portes et des tiroirs peut laisser supposer qu'il a été construit entre les deux guerres mondiales.

 

Solution de la devinette: le meuble mystérieux

 

Il faut bien reconnaître qu'il n'est pas de grande valeur artistique.

 

Il n'en est pas de même pour le chasublier du couvent de Vico.

Situé évidemment dans la sacristie, il datant de 1664. Réalisé sur place par un franciscain ébéniste venu de Corte, appelé Paolo Bonagiunta ou Fra Bonaventura de Perelli, il est conçu pour les ornements sacerdotaux et les objets de culte nécessaires pour 7 prêtres ; dans l’écu les armes des Franciscains.

 

Solution de la devinette: le meuble mystérieux
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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 18:00
La devinette du mois: le meuble mystérieux

 

Cette photo montre un simple meuble de rangement, une sorte de bahut, qui se trouve à Poggiolo.

 

Quelle est la fonction de ce meuble?

 

Où est-il exactement?

 

Réponse demain.

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 18:00
Aujourd'hui, c'est Sant'Andria

 

Le 30 novembre est le jour consacré à Saint André, jour qui était traditionnellement important en Corse. Il était l'équivalent de l'américain Halloween.

 

Le soir de Sant'Andria, les enfants des villages allaient de maison en maison solliciter des friandises sous peine de mauvais sort. Un chant particulier existait pour cette occasion:

 

Aujourd'hui, c'est Sant'Andria

 

Cette coutume disparut plus ou moins rapidement après la seconde guerre mondiale. Dans les Deux Sorru, elle existait encore à Soccia en 1959 comme en témoigne Marina CLEMENTI DAVID qui nous a transmis ce souvenir:

 

"En novembre 1959, nous étions au village, à Soccia. Avec ma petite soeur Eva, nous sommes allées à l'école du village, mon meilleur souvenir scolaire; et cette année la, la coutume était bien vivace au village. Nos cousins, plus grands que nous, s'étaient noirci le visage au charbon, avaient revêtu des sacs de pomme de terre en jute et frappaient aux portes, la nuit tombée, munis de bâtons. Tante Angèle-Marie et notre grand-mère avaient prévu des paquets de biscuits à leur donner, sans quoi nous risquions qu'ils nous lancent le mauvais oeil! Jolis et chaleureux souvenirs!"

 

Plus récemment, les jeunes Socciais ont essayé de faire revivre cette tradition. Regardez l'article de Pascale CHAUVEAU paru le 8 décembre 2013 dans "Corse-Matin".

 

Aujourd'hui, c'est Sant'Andria
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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 18:03

 

"Les Mexicains arrivent. Il y a la Riboluzione contre la force armée! Les Mexicains, i Mexicani!".

 

 

En poussant ces cris dans un mélange de français, de corse et d'espagnol, Marc Antoine CECCALDI se mit à courir dans la maison de la famille CECCALDI et dans la rue de Poggiolo. Il fut difficile de le calmer. Il est vrai que, en ce matin du 26 septembre 1892, le village avait un aspect inhabituel. Un groupe d'hommes armés venait d'arriver et se rafraîchissait chez le maire Pierre MARTINI.

 

 

 

UNE EXPÉDITION SANGLANTE

 

Ces hommes n'étaient pas Mexicains mais Guagnais. Sous la direction du maire de Guagno Jean-François LECA, cinquante-deux villageois, dont trente-quatre avec des fusils, avaient monté cette expédition pour aller à Soccia, chef-lieu du canton, s'opposer à la proclamation des résultats de l'élection d'un conseiller d'arrondissement. L'affaire tourna très mal car, à l'entrée de Soccia, ils affrontèrent les gendarmes dont deux furent tués (voir l'article Les Mexicains arrivent (première partie)).

 

L'affaire fit grand bruit dans toute la France et même à l'étranger (voir l'article La conclusion de l'affaire de 1892 dans la presse). En juin 1893, trois Guagnais dont le maire furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, sept à vingt ans de bagne et une dizaine à diverses peines.

 

De Poggiolo au Mexique et retour avec les Ceccaldi père et fils

 

Mais pourquoi l'arrivée de cette troupe avait-elle provoqué un tel émoi chez cet homme de soixante ans?

 

Marc Antoine CECCALDI était né à Poggiolo en 1832. Son père Saverio (1784-1865) avait eu également deux filles, Maria Lilla (1830-1903) et Marie Magdeleine (1836-1898), et un autre fils François Marie, né en 1829.

 

Mais François Marie avait été tué en 1851, à l'âge de 21 ans, dans une bagarre à la sortie d'un bal à Soccia.

 

 

 

LE SÉJOUR MEXICAIN

 

Un peu plus tard, profitant de l'expédition militaire française au Mexique (1862-1867), Marc Antoine s'installa dans ce pays et y resta après le départ de l'armée de Napoléon III.

 

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

La bataille de Camerone (30 avril 1863), le fait d'armes héroïque de la Légion Etrangère pendant la guerre du Mexique.

 

Il s'installa à La Piedad, dans l'Etat de Michoacan, sur la côte de l'Océan Pacifique. C'est là que naquit son fils le 4 janvier 1869. Il l'appela François Marie en souvenir de son malheureux frère. La tradition orale poggiolaise lui donne comme mère une Mexicaine. Mais, sur le registre matricule militaire (fiche 9 NUL 30/2147– Archives Pumonti), il est inscrit le nom de "feue Thérèse COLONNA", une Corse donc, et morte avant 1891, date de la rédaction de sa notice individuelle.

 

Marc Antoine revint en Corse, longtemps après, en 1892, avec son fils François Marie, semble-t-il. Arrivé à Vico en voiture à cheval, il continua à pied. Mais, ayant quitté le village depuis trente ans, il se trompa de route après Sorru et arriva à Guagno, d'où il repartit, toujours à pied, pour Poggiolo. 

 

Il était donc arrivé depuis quelques mois dans la maison familiale quand, le 26 septembre 1892, il entendit le remue-ménage provoqué par la troupe des Guagnais en route pour leur coup de force à Soccia. Surpris par ce bruit et la vue des armes, il s'affola, se crut revenu dans les turbulences mexicaines et se mit crier et à gesticuler comme décrit au début de cet article.

 

 

Fut-ce le choc de cet événement? Toujours est-il qu'il mourut le 21 novembre 1893.

 

 

 

UN MEXICAIN DANS L'ARMÉE FRANÇAISE

 

Que devint le fils de Marc Antoine?

 

François Marie, inscrit sur les listes françaises de recensement militaire, fut déclaré insoumis le 30 juin 1891 pour ne pas s'être présenté au conseil de révision. Mais il obtint un non-lieu en se présentant volontairement au bureau de recrutement d'Ajaccio le 3 juin 1893. Il semble que, avant de quitter le continent américain, il ait servi dans l'armée mexicaine.

 

En tout cas, il fit ensuite carrière dans les troupes coloniales françaises pendant une quinzaine d'années, jusqu'en 1909: 4e, 13e et 4e régiments de marine, puis 22e régiment d'infanterie coloniale. Il servit notamment pendant la seconde campagne de conquête de Madagascar, d'avril 1895 à juin 1900, ce qui lui permit de recevoir plusieurs décorations. Il servit également à La Martinique.

 

François Marie vint habiter à Poggiolo où il était surnommé "El Mexicano". Six mois après avoir quitté l'armée, il se maria le 30 octobre 1909 avec Angèle Françoise MARTINI (1867-1928), veuve de Xavier VINCIGUERRA (1850-1905).

 

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

Médaille commémorative de la seconde campagne de Madagascar (photo Wikipedia).

 

 

 

SOLDAT ET AGRICULTEUR

 

Quand éclata la première guerre mondiale, en août 1914, l'armée française le rappela. Il fut versé dans l'infanterie, puis dans l'artillerie. Contre l'Allemagne, ses états de service enregistrés concernèrent la période du 2 aout 1914 au 23 février 1917. A cette dernière date, François Marie fut "détaché agricole comme propriétaire exploitant à Poggiolo".

 

Libéré de toute obligation militaire le 1er décembre 1918, "El Mexicano" put profiter de sa retraite jusqu'à son décès le 12 novembre 1931.

 

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Certains renseignements qui ont permis de rédiger cet article ont été trouvés dans le registre matricule militaire des Archives de Corse et dans les fiches généalogiques rédigées par Pierre LECCIA sur le site GENEANET. D'autres ont été fournis par Xavier PAOLI.

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Articles en rapport avec l'affaire de 1892:

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 17:53

 

Parmi les Poggiolais qui se battirent très loin de leur village, la palme revient à Jean-Noël Martini (1891-1965), dit «Natale Prete», qui alla vers l’Orient le plus extrême.

 

Si Jean Charles FRANCESCHETTI avait participé à l'expédition de Pékin en 1900, Jean-Noël fut envoyé au fin fond de la Sibérie en 1918.

 

Pourtant, Jean-Noël faillit ne jamais revêtir l'uniforme. Fils de Jean Toussaint Martini et son épouse Marie DESANTI, il naquit le 1er mars 1891 mais le registre d'état-civil de Poggiolo n'en porte pas de trace à cette date-là. Oubli des parents ou du maire de l'époque, Pierre MARTINI?

 

L'erreur fut découverte au moment du conseil de révision et il fallut un jugement du tribunal civil de première instance d'Ajaccio en date du 27 avril 1912 pour rendre la date de naissance officielle.

 

Une telle mésaventure (déclaration de naissance non transcrite et décision judiciaire) était arrivée en 1877 à Antoine François FRANCESCHETTI, qui fut ensuite le militaire le plus gradé et le plus décoré des militaires poggiolais morts pendant la guerre de 1914-1918. Voir l'article Les surprises de l'état-civil: le capitaine a failli ne pas exister (1/3)

 

Jean-Noël MARTINI est le numéro 14 de cette photo de l'école de Poggiolo en 1900. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Jean-Noël MARTINI est le numéro 14 de cette photo de l'école de Poggiolo en 1900. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

Incorporé dans les chasseurs à pied, Jean-Noël MARTINI s'engagea en 1913 dans le 23e RIC (régiment d'infanterie coloniale). En avril 1914, il fut envoyé au Tonkin. C'est là qu'il se trouvait au moment de la déclaration de guerre. Il y resta pour des opérations de maintien de l'ordre et fut même blessé par balle à l'épaule droite le 6 octobre 1917, ce qui lui valut une citation. Cette blessure le fit souffrir toute sa vie.

 

Il fut désigné pour faire partie du bataillon colonial sibérien (BCS) constitué le 14 juillet 1918. Le BCS fut envoyé à l'extrémité Est de l'ancien empire russe, officiellement pour aider à l'évacuation de la Légion Tchèque (volontaires armés tchèques et slovaques ayant combattu du côté des puissances alliées) et pour empêcher les Allemands de mettre la main sur le matériel de guerre livré à la Russie avant la révolution communiste d'octobre 1917. En réalité, il s'agissait d'arrêter l'avancée des bolcheviks.

 

Débarquement des troupes coloniales françaises à Vladivostok en août 1918. Site Revue Méthode (http://www.revuemethode.org/sf021725.html)

Débarquement des troupes coloniales françaises à Vladivostok en août 1918. Site Revue Méthode (http://www.revuemethode.org/sf021725.html)

 

Le détachement français avait un effectif de 1140 hommes, puisés dans les troupes d’Indochine dont le 16e RIC auquel appartenait alors Jean-Noël MARTINI. Le BCS débarqua à Vladivostok le 9 août, puis, suivant la voie de chemin de fer du Transsibérien, appuyé par les Tchèques et les Japonais, il traversa toute la Sibérie vers l’Ouest jusqu’à 400 kilomètres de Kazan.

 

Dans le froid hivernal, il s’installa à Tchélianbinsk le 1er janvier 1919 et eut comme mission d’escorter des convois ferroviaires et d’instruire des Russes blancs (les contre-révolutionnaires) dans l’Oural (à Perm et à Ekaterinbourg).

 

Carte Encyclopédie Larousse

Carte Encyclopédie Larousse

Sur cette carte de la Russie actuelle, les villes citées sont entourées de jaune et le trajet approximatif du Transibérien est en rose.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

 

 

La première guerre mondiale était officiellement terminée depuis le 11 novembre 1918 mais notre Poggiolais et le BCS se trouvaient impliqués dans un des 27 conflits violents comptabilisés entre 1917 et 1923 par l’historien Robert Gerwarth (« Les Vaincus », Seuil, 2017).

 

L’armée rouge bolchévique attaqua et battit les troupes blanches en juillet 1919. Les Français durent battre en retraite pour revenir à Vladivostok le 14 septembre. Jean-Noël, qui avait été blessé lors de l’avancée de 1918, fut de nouveau blessé et dut être évacué vers la Chine le 22 juillet 1919.

 

Le BCS quitta la Sibérie en février 1920. A ce moment-là, Jean-Noël MARTINI était rentré en Europe pour participer à l’occupation de la ville allemande de Mayence. Sa carrière continua au Levant et en Afrique jusqu'en 1926.

 

Il rentra à Poggiolo où il décéda le 13 avril 1965. Il était titulaire de la croix de guerre avec étoile de bronze, de la médaille coloniale avec agrafe Tonkin et de la médaille commémorative de la Grand Guerre. Jusqu'à la fin de sa vie, il lui arrivait de raconter quelques anecdotes de sa période sibérienne.

 

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Sur l'histoire du BCS, lire: 

"Intervention en Sibérie" (fiche Wikipedia)

et

"La section photographique et cinématographique de l’armée en Sibérie et Russie du Nord" par Véronique Goloubinoff (Janvier 2010) http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/spca.pdf

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