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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 18:00

Monseigneur MAMBERTI, devenu cardinal, a reçu aujourd'hui samedi 14 février, des mains du pape FRANÇOIS, les symboles de sa nouvelle mission: la barrette (bonnet carré), l'anneau et le titre de diacre de San Spirito in Sassia. Pour la première désignation d'un cardinal corse depuis 150 ans, de nombreux Corses ont fait le déplacement à Rome, avec l'évêque d'Ajaccio et le maire de Vico.

Arrighi avant Mamberti
Arrighi avant Mamberti
Arrighi avant Mamberti

Dans l'entretien accordé récemment à Philippe de Casabianca, le futur cardinal Mamberti avait déclaré: "Le village de Vico est aussi un élément important en raison du nombre de prêtres qui sont issus de la région tout comme de trois évêques récents qui en viennent, Monseigneur Arrighi, Monseigneur Zevaco et moi-même." 

Un point commun de l'évêque de Sagone avec le premier cité, Monseigneur ARRIGHI, réside dans une carrière qui s'est presque entièrement déroulée à Rome.

Photo Kyrn

Photo Kyrn

La notice publiée dans l'encyclopédie Wikipedia indique:

"Jean-François Arrighi, né le 1er mai 1918 à Vico en Corse et mort le 1er décembre 1998 à Rome (Italie), est un évêque catholique français, évêque in partibus de Vico Equense de 1985 à 1998, il est vice-président du Conseil pontifical pour la famille au Vatican de 1985 à 1992. 

Prêtre. Après avoir été formé au séminaire des Carmes - Institut catholique de Paris (Licence en théologie et en droit canonique), il est ordonné prêtre le 27 mars 1948 pour le diocèse d'Ajaccio. Jean-François Arrighi est économe de Saint-Louis-des-Français (1949-1954), nommé administrateur des Pieux Établissements de la France à Rome et Lorette (1954). Il devient attaché à la Congrégation pour les Églises orientales (1955-1960) puis sous-secrétaire du Secrétariat pour l'unité des Chrétiens (1960-1985). Il est nommé recteur de l'église et abbaye de la Trinité-des-Monts en 1974.

Évêque. Le pape Jean-Paul II le nomme évêque titulaire de Vico-Equense et vice-président du Conseil pontifical pour la famille au Vatican le 17 avril 1985. Jean-François Arrighi est consacré le 9 juin de la même année par le cardinal Édouard Gagnon. Il reste en poste jusqu'à sa retraite en 1992, où en décembre il est nommé par le pape Jean-Paul II membre du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens. et décède le 1er décembre 1998 à Rome."

Il fut enseveli dans l'église dans l'église Sainte Marie de Vico.

Par ailleurs, dans la revue Sodalitium n°38 de février-mars 1995, M. l'Abbé Francesco Ricossa, reprenant d'autres auteurs, écrit: "Arrighi faisait le lien avec des théologiens français comme Yves-Marie Congar, encore en disgrâce". Le prélat de Sa Sainteté travailla durement à préparer le concile Vatican II. Il se préoccupa surtout de la collégialité et de l'œcuménisme.

 

de gauche à droite: Mgr Arrighi, le cardinal Bea et le pape Jean XXIII (janvier 1961).

de gauche à droite: Mgr Arrighi, le cardinal Bea et le pape Jean XXIII (janvier 1961).

On pourra remarquer l'attention (ou l'humour?) du pape Jean-Paul II qui a confié à cet enfant de VICO, en Corse, le titre d'évêque de VICO Equense en Campanie, près de Naples. 

Le numéro de mai 1985 du magazine "Kyrn" écrivait:

"Brillant orateur, conteur attachant, animé de cette antique foi chrétienne qui pendant des siècles fit vibrer la Corse, Jean-François Arrighi connaît mieux que personne l'histoire commune du Saint-Siège et de la Corse. (...) 
Comme il connait l'histoire des Corses à Rome, ces Corses qui eurent le privilège, avec les Suisses, d'assurer la garde du Pape. 
Cette connaissance lui permet d'affirmer que nos traditions religieuses ont les mêmes racines que celles que l'on trouve encore en Toscane et dans le Latium et qui ont forgé le proverbe qui veut que "da Capicorsu à Bonifaziu, aria di Roma è mar di Laziu."
Et d'affirmer également que le français liturgique lui semble étranger à l'âme corse."

Par ailleurs, le bulletin "INSEME" a publié une liste de serviteurs importants de l'Eglise catholique qui sont passés par Vico.

Voir: http://inseme-bulletin.hautetfort.com/media/00/00/3378024614.jpg

Nota Bene: L'évêque Jean-François était le frère de Pascal ARRIGHI qui eut une triple carrière de juriste, d'universitaire et d'homme politique. Né à Vico en 1921 et mort à Toulon en 2004, Pascal ARRIGHI fut résistant, membre des Commandos, blessé en 1944 lors de la campagne des Vosges.

Avocat, professeur, membre du Conseil d'Etat, il fut président de l'Université de Toulon (1970-1975) et de celle de Corte (1975-1981).

Débutant sa carrière comme radical puis étant partisan de l'Algérie Française, il fut député de Corse de 1956 à 1962. En mai 1958, il dirigea le soulèvement de la Corse et son ralliement à de Gaulle. Maire de Vico de 1959 à 1983 et conseiller régional de Corse (1986-1998), il fut aussi député FN des Bouches-du-Rhône de 1986 à 1988.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 17:59

Les quatre parties de l'émission "U Caffè" consacrée à Cécile GRIMALDI ont permis, du 9 au 12 février, d'avoir une présentation de Poggiolo et, surtout, de mieux connaître l'itinéraire de la joaillière. 

Il est quand même dommage de ne pas avoir vu un seul de ses bijoux. Un reportage diffusé sur France 3 Corse Via Stella en mars 2009 avait montré Cécile travailler dans son atelier du village. 

Nous le publions ici. On voudra bien excuser le léger décalage entre les images et les paroles.

Et, surtout, venez voir de près et achetez les œuvres de Cécile lors des foires de cet été! 

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 12:03

Mardi, lors de la seconde partie de la semaine consacrée à Poggiolo et à Cécile Grimaldi par l'émission "U caffè", le dessinateur présent a réalisé un panneau routier présentant le village.

Comment présenter Poggiolo?

On peut remarquer les trous provoquant par les tirs de carabine, ce qui n'est pas original et se retrouve pour d'autres communes.

La partie "Son air pur, ses petits oiseaux" fait référence aux propos de Nicolas MARTINI dans le reportage de lundi.

"Ses massacres de seigneurs" est une forme très résumée, et peu exacte, de l'élément de l'histoire poggiolaise sur laquelle a insisté une animatrice, à savoir la "disabitazione", la destruction de Poggiolo et des villages voisins par les Génois en 1489 à cause de la révolte des seigneurs de la Cinarca.

Chacun aura pu remarquer que tout l'historique cité dans l'émission (la chapelle du Xème siècle, "l'état des âmes" de 1730, les noms de famille les plus fréquents...) est tiré de l'excellent texte de Xavier PAOLI qui est disponible sur ce blog.

Mais une question se pose: peut-on vraiment résumer Poggiolo à ce dessin?

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 18:04

Voici juste un mois, le 9 janvier 2015, s'est éteint l'abbé Paul Filippi, plus connu sous le nom de "Gregale", à l'âge de 93 ans.

Originaire de Tox, il n'avait pas d'attache particulière avec les villages de Sorru. Mais il fut, comme les violoneux évoqués dans deux articles précédents (A la recherche du violoneux et  Cumandante et Martinchjinu), un représentant du chant populaire corse. Après la guerre (pendant laquelle il fut déporté en Allemagne), son rôle fut important par ses compositions, ses disques et l'aide fournie aux chanteurs insulaires, comme Charles Rocchi ou le groupe A Manella qu'il fonda en 1958 et qui fut le premier à chanter une paghiella sur scène. 

Le chanteur et parolier Iviu Pasquali a écrit dans un billet hommage"Il savait avec des mots simples et souvent dans sa langue maternelle capter précieusement l’attention des fidèles émouvoir l’assemblée et ainsi faire passer le véritable message d’Amour du Christ".


 

 

 

Souvenir de Gregale

Pour connaître son œuvre, on peut se référer à la toujours excellente émission "Corsica ... ou la musique corse dans tous ses états", animée par Patricia Baudoux, dont l'édition du 1er février 2015, est une "Spéciale hommage à l'Abbé Paulu Filippi dettu Gregale". 

Liste des chants de l'émission:

Corsica; Petru Guelfucci; Corsica

U re ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Requiem; A-Filetta; Ab eternu

Ritornu in Corti; Gregale; La Corse chantée par Gregale

A musa ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Paghjella in trè; Sarocchi; Orìgine

U païsolu; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Anima; Canta u populu corsu; Altrimenti

U mare ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Gand amore (per tè); Battista Acquaviva; Che notte !

Casa abandonata ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Versu tè; Henri Olmeta; Cuscenza

Moriani; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Gloria; I Fratelli; Gloria

In a torra d'un castellu ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

U me manifestu ; Charles Marcellesi; Corsicaboverde

U tragulinu ; Gregale; La Corse chantée par Gregale

Meridiani; Adjam; Meridiani #1 - Abbaccà si

Dio Vi salvi Regina; Anghjula Potentini; A lettera d'amore

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:57

Cécile GRIMALDI et Poggiolo sont les invités de l'émission "U caffè" cette semaine sur FR3 Via Stella.

Dans "U caffè", Laurent Vitali reçoit chaque semaine un invité qui nous emmène sur les traces de ses origines, du lieu en Corse qui correspond à son identité et à son parcours. Si chaque lundi, l’invité et son village sont les fils conducteurs de l’émission, on refait ensuite le monde avec quatre habitués. Leurs éditos société, culture, réseaux sociaux, patrimoine, mémoire, sont la source d’inspiration des discussions qui animent la terrasse.

L'émission est diffusée à 20 h 10 de lundi 9 février à jeudi 12 février, rediffusée le lendemain à 13h 50. Une compilation de la semaine a lieu le dimanche à 1 h 00.

Vous pouvez la revoir à l'adresse: 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/emissions/u-caffe

Cécile et Poggiolo sont à la télévision

Pour sa première partie, la "joaillière de Poggiolo", ainsi qu'elle a été présentée, a épaté l'animateur en faisant une véritable déclaration d'amour à Poggiolo et à la vie au village. Elle a été bien appuyée dans le reportage de présentation de Poggiolo par l'hymne à la nature de Nicolas MARTINI et par l'optimisme de Marie-Ange PAOLI sur l'avenir du village.

Une émission à suivre et à revoir.

P.S.: du 24 au 28 novembre dernier, Bernard CERVERA avait été l'invité de cette émission pour parler du festival Sorru in Musica et pour présenter son village Rennu.

 

POUR RECEVOIR VIA STELLA, même si vous n'êtes pas en Corse:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/comment-recevoir-viastella.html

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 17:58

En prévision du consistoire du 14 février prochain, à l'occasion duquel Monseigneur MAMBERTI recevra officiellement le titre de cardinal, l'évêque de Sagone a été très sollicité par les médias corses. "Corse-Matin" a publié dimanche 8 février une longue interview de deux pages. Quelques jours auparavant, Philippe de CASABIANCA avait obtenu un entretien dont le texte intégral a été publié sur le site du diocèse d'Ajaccio. Nous en extrayons seulement ce qui concerne Vico et la Corse.

Monseigneur Mamberti et la Corse

 

- Diriez-vous que vos racines corses, que vos liens avec le village d’origine de votre famille, Vico, ont pu vous aider dans votre ministère ?

- Les racines sont fondamentales pour toute personne et cela compte beaucoup pour les Corses. Le fait d’avoir été séminariste du Diocèse d’Ajaccio, d’avoir été ordonné prêtre pour ce diocèse, d’y être revenu régulièrement demeure quelque chose d’important pour moi. Je suis vraiment heureux de voir qu’à l’occasion de ma nomination comme cardinal beaucoup de Corses se sont manifestés pour me rappeler des souvenirs communs.

Le village de Vico est aussi un élément important en raison du nombre de prêtres qui sont issus de la région tout comme de trois évêques récents qui en viennent, Monseigneur Arrighi, Monseigneur Zevaco et moi-même. Le supérieur général des oblats de Marie Immaculée m’a récemment envoyé un livre sur le Père Albini et je crois que les fruits spirituels de ce dernier au couvent de Vico se sont aussi manifestés par ces vocations et par la vie chrétienne dans le canton.


- Malgré des liens anciens avec le Vatican, les cardinaux corses n’y sont pourtant pas si nombreux. Quelle est donc la réalité des liens entre la Corse et le Vatican ?

- Je suis tout de même fier d’être le premier cardinal corse depuis plus d’un siècle. Je suis également qu’une délégation du diocèse vienne au consistoire du 14 février. Cela montre la permanence de mes liens avec le diocèse. J’en suis très reconnaissant à Monseigneur de Germay ainsi qu’aux prêtres et fidèles qui l’accompagneront à cette occasion.

Il y a des liens historiques documentés entre la Corse et le Saint-Siège. Ils se sont développés aussi en raison de la proximité géographique entre Rome et la Corse qui permet plus facilement le pèlerinage au tombeau des apôtres. Mais je crois qu’au delà de cette proximité géographique, il y a une véritable proximité spirituelle. J’ai toujours été frappé de la dévotion des Corses envers le Pape.


- Quel regard portez-vous justement sur la vie spirituelle de la Corse ?

- Il appartient à l’évêque et aux pasteurs qui sont chargés de la vie spirituelle du diocèse de répondre à cette question. Pour ma part, je pense que nous y avons certainement un riche patrimoine spirituel, surtout de religiosité populaire. Les festivités de Notre-Dame-de-la Miséricorde à Ajaccio, la fête de la Saint Joseph à Bastia et tant d’autres exemples en sont les témoins. Mais pour être vraie, la foi doit être intériorisée et vécue. Et cela, chaque génération, chaque personne est appelée à le faire pour son propre compte, puisant dans ce riche héritage et le mettant en pratique jour après jour. Cela nous appelle nous Chrétiens à être davantage cohérents. Si nous vivions davantage l’Evangile notre vie serait meilleure et la société se porterait mieux.


- Serez-vous donc en Corse pour la Miséricorde et la Saint-Joseph les 18 et 19 mars prochains ?

- S’il plait à Dieu, oui. 

 

Mgr Mamberti aux côtés de ses parents lors de son ordination (cathédrale d'Ajaccio, 20 septembre 1981).

Mgr Mamberti aux côtés de ses parents lors de son ordination (cathédrale d'Ajaccio, 20 septembre 1981).

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 09:00

Si vous avez connu

 

Jean-Pierre

 

FRANCESCHETTI

 

Souvenir de Jean-Pierre

    S'il vous manque comme à nous, nous manquent ses rires, ses éclats de voix, ses gestes; 
    Sa présence à cheval du côté de Vaccaghia, ou les vagues qu'il faisait dans le golfe de Porto; 
   Ses cris après sa mule, ou sa précipitation à être entouré d'amis autour de la cheminée, 
    Son intérêt et sa curiosité pour tout. 
   Sa volonté impérieuse d'être proche de sa famille, et surtout de vivre la vie à pleines dents. 
    Il y a sept ans, il nous quittait, vite, trop vite. 
  Mais il nous reste l'image de tout ce qu'il aurait pu faire encore. 
   Et quelquefois, au fond de la plaine de Camputile, résonnent encore la cloche de sa mule et ses éclats de rire. 

(version actualisée de l'avis paru dans "Corse-Matin" le 7 février 2009)

Jean-Pierre Franceschetti et Jean-Marc Tramini au lac de Nino.

Jean-Pierre Franceschetti et Jean-Marc Tramini au lac de Nino.

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 07:14
Adieu Francette

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 18:00

L'arrêté municipal de 1884 qui refusait, en raison de l'épidémie de choléra, l'admission d'habitants de Saint André d'Orcino à Guagno-les-Bains (voir Poggiolo dit "stop" à l'épidémie), pourrait faire croire à l'égoïsme des Poggiolais. Mais, en l'occurrence, il s'agissait d'une précaution pour éviter la contagion.

A la même époque, le village de Poggiolo aidait les pauvres, les indigents d'Orto. En fait foi la lettre suivante écrite par le maire de cette commune au Préfet de la Corse en 1882.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Monsieur le Préfet,

Une somme de 40 fr ayant été allouée à M. Antonini médecin de Poggiolo pendant l'année 1882, pour que les indigents de la Commune d'Orto puissent profiter de la gratuité de la médecine, j'ai l'honneur de vous prier de faire parvenir au dit médecin les médicaments nécessaires aux indigents et que la bienveillance du gouvernement accorde généralement à ceux qui sont dans le besoin.
Daignez agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma très haute considération et l'hommage de mon profond respect.
Le Maire d'Orto
Battesti

En 1882, les pauvres ortigais pouvaient être soignés gratuitement mais il fallait attendre que les remèdes soient envoyés par Ajaccio. Quelques années plus tard, la loi du 15 juillet 1893 instituera l’assistance médicale gratuite.

Un autre renseignement important: cette lette nous apprend qu'il existait alors un médecin résidant à Poggiolo. Mais c'était il y a très longtemps !

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Une autre forme d'aide médicale, mais cette fois résultant d'une initiative personnelle, a existé à la même époque, pas très loin, en Cinarca, dans la même localité de Saint André d'Orcino exclue des bienfaits des eaux de Guagno-les-Bains.

L'aide médicale dans les villages de montagne

Par ce document publié en 1899, Martin SUSINI, médecin généraliste habitant à  Saint Andrea d'Orcino, annonçait aux habitants de cette commune et des villages voisins qu'ils pouvaient bénéficier, gratuitement ou non selon leurs ressources, pendant deux mois de l'année, de soins de la part d'un ancien "chirurgien chef-interne des hôpitaux de Marseille".

Ce chirurgien était son frère Etienne SUSINI, dont il a été question dans l'article "Pas de vacances pour la propagande" (publié sur ce blog le 1er septembre 2014). Fervent militant socialiste, il parla dans une réunion pomitique organisée en 1906 à Guagno-les-Bains. Pour lui, son dévouement aux autres alliait à la fois son savoir médical et sa foi politique. En tout cas, les habitants de ces villages éloignés d'Ajaccio purent en bénéficier. 

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Merci à André OLIVIERI pour nous avoir fourni ce document sur son arrière-grand-oncle.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:00

Depuis l'an dernier, le développement du virus Ebola a été suivi avec inquiétude par toutes les instances sanitaires et gouvernementales du monde. L'Europe et l'Amérique du Nord ont craint d'être victimes de cette épidémie après l'Afrique de l'Ouest.

Mais rassurez-vous: pour que la population poggiolaise ne soit pas contaminée, la municipalité a pris des mesures radicales.

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A vrai dire, ces mesures ont été décidées en 1884 et concernaient le choléra.

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Dans les siècles passés, les maladies comme la peste ou le choléra firent des ravages. La dernière épidémie de choléra en France eut lieu en 1884. Elle débuta le 13 juin de cette année et aurait été provoquée par l’arrivée dans le port de Toulon d’un bateau venant du Tonkin. Le premier cas marseillais fut déclaré le 25 juin.

Entre juin et octobre, la maladie fit 1777 décès dans la ville de Toulon et 1793 à Marseille. L’épidémie resurgit avec l’été 1885 et fit alors 1259 nouveaux décès dans la population marseillaise.

L’effroi des populations fut grand. Des Toulonnais et des Marseillais s’enfuirent de leurs agglomérations.

A Marseille, la quarantaine fut organisée. Les marins et voyageurs arrivant au port devaient rester au lazaret le temps d'être certain qu'ils n'apportaient pas la maladie. Il n'était possible de leur parler que derrière une double rangée de grilles.

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

La Corse fut touchée au bout de quelques jours. Dans l’île, 6 communes furent atteintes. Il y eut 4 morts en juillet, 16 en août et 6 en septembre. Près de Poggiolo, Saint André d’Orcino fut victime de l’épidémie. Il en fut même question en Suisse, dans la « Feuille d’avis de Neuchâtel » du jeudi 28 août 1884:)

L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia depuis le 22 août.

 

Cette proximité incita la mairie de Poggiolo à prendre des mesures rigoureuses. Le maire Jules Martin DESANTI signa, trois jours après cet article de presse, le 31 août 1884, l’arrêté suivant :

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

En voici le contenu exact :

Nous, Maire de la Commune de Poggiolo :
Attendu qu’il s’est déjà produit quelques cas de cholera dans la commune de Saint-André d’Orcino et qu’ainsi on ne peut plus permettre sans danger l’accès de Guagno (les Bains), aux habitants de ce village contaminé .
Considérant que cette mesure est de toute utilité,
Arrêtons
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Tous les baigneurs et amateurs venus de la commune de St André d’Orcino à Guagno-les Bains, soit en villégiature soit pour y prendre les eaux, sont priés de quitter le territoire à partir du 1er septembre prochain. Le Maire de Poggiolo est persuadé que les habitants de St André d’Orcino qui se trouvent actuellement aux Bains ou qui pourraient s’y rendre ne le forceront pas à prendre contre eux des mesures de rigueur et qu’ainsi ils se conformeront au présent arrêté.
Il est également défendu aux propriétaires des maisons de recevoir chez eux aucun individu venant de la susdite commune de St André d’Orcino, sans encourir les peines édictées par la loi.
Fait à Poggiolo le 31 août 1884.
Le Maire
Desanti

 

Ce document prouve que la station thermale de Guagno-les-Bains  attirait alors suffisamment de curistes des villages corses pour craindre qu’ils répandent la contagion.

Ce refus d’accueil de non-Poggiolais joua-t-il un rôle important dans le reflux du choléra ?

Toujours est-il que la Corse ne connut que 6 décès de cholériques en septembre et plus rien après. Et les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains furent préservés.

Au total, cette épidémie porta sur 30 départements, surtout dans le Sud, atteignit 477 communes et donna lieu à 7.820 décès dans l’ensemble de la France. Elle continua jusqu’en janvier 1885 en Algérie, où elle provoqua 890 décès. Ces chiffres sont extraits du « Journal de la Société Statistique de Paris » (tome 26,1885) p. 459 http://www.numdam.org/numdam-bin/browse?id=JSFS_1885__26_

 

Nota : Jules Martin DESANTI, auteur de l’arrêté, est né le 20 mars 1831 à Poggiolo, et décéda le 2 janvier 1910 à Soccia. Il fut maire de Poggiolo de 1880 à 1888.

 

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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
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